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Actions sur le cercle. Isabelle Liousse, Universit´e de Lille 1 19 juin 2006

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(1)

Actions sur le cercle.

Isabelle Liousse, Universit´ e de Lille 1 19 juin 2006

Introduction.

Tr`es peu d’´equations diff´erentielles peuvent ˆetre explicitement r´esolues. Par- tant de ce constat, Henri Poincar´e initia la th´eorie des syst`emes dynamiques

“classiques” en substituant au calcul impossible des solutions d’une E.D.O l’´etude qualitative des orbites du champs de vecteur associ´e. Pour d´ecrire l’´evolution du syst`eme au cours du temps, plus particuli`erement pour d´ecrire le comporte- ment assymptotique de ses solutionsφt(x) lorsque le tempst tend vers l’infini, Poincar´e inventa d’importants concepts. En introduisant la notion d’application de premier retour, Poincar´e associa au syst`eme continu : le champs de vecteur sur le tore un syst`eme discret : un hom´eomorphisme du cercle plus maniable et dont les orbites ont les mˆemes comportements. Pour comprendre ces comporte- ments, Poincar´e d´efinit entre autre le nombre de rotation d’un hom´eomorphisme du cercle et montra que“ ρ(f) ∈ Q

Z si et seulement si f poss`ede au moins une orbite p´eriodique.”

Un g´en´eralisation naturelle des syst`emes dynamiques “classiques” consiste `a ne plus imposer au temps d’ˆetre r´eel ou entier mais seulement d’ˆetre l’´el´ement d’un groupe Γ. Le syst`eme est alors param´etr´e par ce groupe. En conclusion, un systeme dynamique general sur un espace topologique X est la donn´ee d’un morphisme d’un groupe Γ dans le groupe des hom´eomorphismes de X, autrement dit d’une action topologique de Γ surX.

(2)

L’´etude des actions sur le cercle b´en´eficie d’un excellent survey de ´E Ghys ([Gh2001]“Groups acting on the circle”, L’Enseignement Math´ematique) qui privil´egie les aspects topologiques (parfois PL). Ici, nous avons choisi de mettre en avant certains aspects et m´ethodes typiques des situations C2 et/ou PL.

Dans le premier chapitre de ce cours, nous d´efinissons les principales notions dynamiques (actions, orbites, minimaux, conjugaison).

Dans le second chapitre, nous ´enon¸cons et montrons un th´eor`eme dit “d’al- ternatives dynamiques” qui d´ecrit les comportements dynamiques possibles pour un groupe G d’hom´eomorphismes du cercle : (1)- G a une orbite finie ou (2)- toutes les orbites de Gsont denses ou (3)- Gposs`ede un minimal exceptionnel (i.e. hom´eomorphe `a l’ensemble triadique de Cantor).

Ensuite, nous donnons des exemples de ces diff´erents types de dynamiques y compris en grande r´egularit´e pour (3) ce qui constitue un ph´enom`ene nouveau par rapport au cas d’un seul diff´eomorphisme. Nous ´enon¸cons et montrons un Th´eor`eme de Sacksteder qui dit qu’un groupe deC2-diff´eomorphismes du cercle avec minimal exceptionnel poss`ede toujours des points hyperboliques. La preuve de ce th´eor`eme illustre bien les m´ethodes utilis´ees en dynamique des actions diff´erentiables sur le cercle (contrˆole de la distortion des d´eriv´ees).

Dans le troisi`eme chapitre, suivant Plante, nous utilisons ce r´esultat de Sacks- teder pour montrer qu’un groupe deC2-diff´eomorphismes du cercle qui pr´eserve une mesure sur le cercle n’a pas de minimal exceptionnel et en d´eduire qu’un groupe deC2-diff´eomorphismes du cercle non ab´elien et qui pr´eserve une mesure a une orbite finie.

Dans le quatri`eme chapitre, nous consid´erons le cas d’actions PL et illustrons par quelques r´esultats l’id´ee que des arguments de nature dynamique permettent de d´emontrer des r´esultats de nature alg´ebrique.

Nous regrettons de n’avoir pu aborder les importants r´esultats de E. Ghys sur les actions de r´eseaux de rang au moins 2 [ ´E Ghys : Actions de r´eseaux sur le cercle,Invent. Math. 137 (1999), 199-231] et de A. Navas sur les actions de groupes de Kazdhan [A.Navas : Actions de groupes de Kazhdan sur le cercle, Ann. Sci. ´Ecole Norm. Sup. 35(2002), 749-758].

(3)

Table des mati` eres

I G´ en´ eralit´ es sur les actions sur le cercle. 5

1 D´efinitions, notations. 5

1.1 Actions de groupes. . . 5

1.2 Dynamique d’une action de groupe. . . 5

2 Premiers exemples. 6 2.1 Le cercle S1. . . 6

2.2 Exemple 1. Action par translations. . . 6

2.3 Exemple 2. Actions par homographies. . . 7

2.4 Exemple 3. Actions PL. . . 7

II Alternatives dynamiques pour les actions sur le cercle 9

3 Ensembles Invariants- Ensembles minimaux. 11 3.1 D´efinition. Ensemble invariant. . . 11

3.2 Propri´et´es. . . 11

3.3 D´efinition. Ensemble minimal. . . 11

3.4 Propri´et´es des minimaux. . . 11

4 Alternatives dynamiques. 12 4.1 Th´eor`eme d’alternatives dynamiques . . . 12

4.2 Preuve du th´eor`eme. . . 12

5 Exemples de dynamiques. 13 5.1 Actions de Z. . . 13

5.2 Autres exemples. . . 14

5.3 Hom´eomorphismes de l’intervalles. . . 14

5.4 Minimaux exceptionnels dansDif f+(S1) etP L+(S1). . . 14

6 Le th´eor`eme de Sacksteder. 17

III Mesures invariantes. 22

7 Mesures invariantes. G´en´eralit´es. 22 7.1 Support d’une mesure. . . 23

7.2 Mesures invariantes, d´efinitions. . . 23

7.3 Existence d’une mesure invariante.([Fathi1994] [Herman1979]) . . . . 24

7.4 Le th´eor`eme ergodique de Birkhoff. (Has.Kat p136) . . . 25

(4)

8 Cas du cercle. Nombre de rotation et mesure invariante. 25

8.1 Nombre de rotation d’un hom´eomorphisme du cercle. . . 25

8.2 L’application nombre de rotation. . . 26

9 Th´eor`eme de Plante. 26 9.1 Enonc´e et corollaires. . . 26

9.2 Preuve du th´eor`eme de Plante. . . 27

10 Th´eor`eme de Margulis. 27

IV Groupes d’hom´ eomorphismes affines par mor- ceaux. 28

11 Hom´eomorphismes affines par morceaux de l’intervalleI = [0,1]. 28 11.1 D´efinitions. Propri´et´es utiles. . . 28

11.2 Le th´eor`eme de Brin-Squier. . . 29

11.2.1 Enonc´e. ([BrSq 1985]) . . . 29

11.2.2 Preuve. . . 29

11.3 Le th´eor`eme de Plante-Thurston en PL. . . 29

11.3.1 Enonc´e. . . 29

11.3.2 Preuve. . . 30

11.4 Le Lemme de Koppel PL. . . 30

12 Sous-Groupes de type fini de PL +(S1). 30 12.1 D´efinitions. Exemples . . . 31

12.2 Isomorphismes entre groupes de Bieri-Strebel. . . 32

12.3 Etude des nombres de rotation. [Li2006] . . . 35

(5)

Premi` ere partie

G´ en´ eralit´ es sur les actions sur le cercle.

R´ ef´ erences

[Gh2001] ´E Ghys : Groups acting on the circle, L’Enseignement Math´ematique 47(2001), 329-407

1 D´ efinitions, notations.

1.1 Actions de groupes.

Soit Γ un groupe et X un espace topologique. Une action (sous-entendue topologique) de Γ surX est la donn´ee d’un morphisme φde Γ dansHomeo(X) le groupe des hom´eomorphismes deX :

φ:

Γ →Homeo(X) γ 7→φ(γ)

Lorsqueφest injective, on dit que l’action estdele. Dans ce casφ(Γ) est un sous-groupe deHomeo(X) isomorphe `a Γ, on dit aussi que Γ estrepresentable dansHomeo(X).

Exemple 0.Se donner une action deZsurX´equivaut `a se donner un hom´eomor- phisme f :X →X. De plus, l’action est fid`ele si et seulement si f est d’ordre infini.

1.2 Dynamique d’une action de groupe.

Soit φune action du groupe Γ sur l’espace topologique X.

Soit x ∈X, on appelleorbite de x pour φ ou φ-orbitele sous-ensemble de X not´e φ(Γ).x d´efini par :

φ(Γ).x:={φ(γ)(x), γ ∈Γ}.

L’action φest ditetransitive si elle n’a qu’une seule orbite.

(6)

L’action φest ditelibresi pour tout x∈X, tout γ∈Γ on aφ(γ).x6=x.

Etudier la dynamique d’une action topologique c’est d´ecrire topologiquement les orbites et leurs adh´erences.

Pour comparer, classifier les actions topologiques d’un groupe abstrait fix´e, on dit que deux actionsφ1etφ2de Γ surX1respectivementX2sontconjuguees s’il existe un hom´eomorphisme h de X1et X2 tel que pour tout γ∈Γ, on ait :

φ2(γ) =h◦φ1(γ)◦h−1

On v´erifie que le type topologique des orbites est un invariant de conjugaison (exercice).

2 Premiers exemples.

2.1 Le cercle S

1

.

A hom´eomorphisme pr`es, le cercle est l’unique vari´et´e compacte connexe de dimension 1. Il peut ˆetre d´efini de diverses mani`eres :

- Le cercle unit´e du plan affine euclidienR2 : C(0,1) ={ (x, y)∈R2:x2+y2= 1}.

- L’ensemble desnombres complexes de module 1: S1={z∈C:|z|= 1 }.

- Le groupe des rotations du plan euclidien: SO(2,R) :={

cosθ −sinθ sinθ cosθ

, θ∈[0,2π[}.

- La vari´et´e R

Z quotient de Rpar son sous-groupe des entiers :

c’est `a dire l’ensemble des classes d’´equivalence pour la relation∼d´efinie surR parx∼y ⇔x−y∈Z.

- La droite projective r´eelle P(R2) : l’ensemble des droites vectorielles de R2, c’est `a dire le quotient de R2\ {(0,0)}par la relation d’´equivalence

(x, y)∼(x0, y0)⇔

x x0 y y0

= 0

- La droite projective r´eelle P(R2) s’identifie `a ladroite r´eelle achev´eeR∪ {∞}

par l’application (bien d´efinie) qui `a la classe du point (x, y) associe xy.

2.2 Exemple 1. Action par translations.

Le groupe SO(2,R) agit simplement transitivement sur le cercle.

Le groupe SO(2,Q) agit sur le cercle et toutes ses orbites sont denses.

(7)

2.3 Exemple 2. Actions par homographies.

Consid´erons la transformation lin´eaire bijective deR2: x

y

7→A x

y

, o`u A=

a b c d

∈SL(2,R), le groupe des matrices 2×2 `a coefficients r´eels et d´eterminant 1.

Cette transformation envoie droite sur droite, donc d´efinit une bijection fA

de P(R2) dans lui-mˆeme, appel´eehomographie. Apr`es identification de P(R2) `a R∪ {∞}, l’homographiefAa pour expressionfA(x) = ax+b

cx+d (on afA(∞) = ac etfA(−dc) =∞).

L’application :

SL(2,R) →Homeo(R∪ {∞})

A 7→fA

est une action deSL(2,R) sur le cercle.

Cette action n’est pas fid`ele car son noyau est{I =

1 0 0 1

,−I =

−1 0

0 −1

}.

Cependant, elle induit une action fid`ele du groupe quotientP SL(2,R) := SL(2,R) {I,−I} . Cette action contient les rotations, elle est transitive.

Pour obtenir des actions par homographies dynamiquement int´eressantes, on se restreint aux groupes Fuchsiens qui sont par d´efinition les sous-groupes discrets deP SL(2,R).

2.4 Exemple 3. Actions PL.

Pour cet exemple, nous identifions le cercle au quotient S1= R

Z et notons Π la projection canonique deRsurS1. Nous munissonsS1de l’orientation induite par l’ordre usuel surRet notons Hom´eo+(S1) le groupe des hom´eomorphismes de S1 qui pr´eservent l’orientation.

Soit f ∈Hom´eo+(S1). On a le diagramme commutatif suivant : R

f˜

−−−−→ R

Π

y Π

 y S1 −−−−→f S1

o`u ˜f est un hom´eomorphisme strictement croissant de R tel que ˜f(x + 1) = f˜(x)+1 appel´ereleve def `aR, unique `a composition au but par une translation enti`ere pr`es. Par cons´equent, la diff´erentiabilt´e, les valeurs des d´eriv´ees (`a droite,

`

a gauche) ne d´ependent pas du choix du relev´e de f et on peut donner les d´efinitions suivantes.

(8)

Un hom´eomorphismef ∈Hom´eo+(S1) est ditane par morceaux ou PL (de l’anglais “piecewise linear”) s’il existe une subdivision finie (di)1≤i≤pde [0,1]

telle la restriction de ˜f `a [di, di+1] est une application affineλix+βi de R. Les di sont appel´es les points de coupure def et lesλi les pentes de f. L’ensemble not´e P L+(S1) des hom´eomorphismes affines par morceaux de S1 pr´eservant l’orientation est un sous-groupe deHom´eo+(S1) qui contient les rotations, son action est transitive. Comme dans le cas pr´ec´edent, on obtient des actions PL int´eressantes en consid´erant des “petits” sous-groupes deP L+(S1).

Nous d´efinirons des groupes de ce type dans le chapitre IV, citons le plus c´el`ebre d’entre-eux legroupe de ThompsonT deshomeomorphismes dyadiques du cercle, c’est `a dire l’ensemble desf ∈P L+(S1) qui ont les propri´et´es suivantes : - les points de coupure de f et leurs images sont des nombres dyadiques c’est `a dire des nombres de la forme 2Ns avecN etsentiers,

- les pentes de f sont des puissances de 2.

On v´erifie (

exercice

) que cet ensemble est bien un groupe. Historiquement, ce groupeT fut invent´e par R.Thompson pour ˆetre le premier exemple de groupe de pr´esentation finie infini simple.

Deux hom´eomorphismes dyadiques.

0 1

2

3

4 1

1 4 1 2

1

0 1

2

3

4 1

3 4

1 2

1

Figure 1.

Exercice.

Calculer les nombres de rotation de ces hom´eomorphismes.

(9)

Deuxi` eme partie

Alternatives dynamiques pour les actions sur le cercle

Dans ce chapitre, le cercle S1est identifi´e au quotient ZR et on noteπ :R→ S1 la projection canonique. On munit S1 de l’orientation induite par celle de R, on note [x, y] l’arc de cercle ferm´e de x `a y orient´e positivement (intervalle circulaire). De mani`ere analogue, on ´ecrit les arcs ouverts et semi-ouverts sous forme d’intervalles.

On munit S1 de la distance d´efinie par :

d(x, y) =||x−y||=inf{|˜x−y|,˜ o`u ˜x,y˜parcourent les relev´es dex, y}.

On note |[x, y]|=|]x, y[|=d(x, y) la longueur d’un arc.

Soient f un hom´eomorphisme pr´eservant l’orientation de S1 et ˜f un relev´e de f `a R. La d´erivabilit´e de ˜f, ses d´eriv´ees (`a droite, `a gauche) ne d´ependent pas du relev´e choisi.

Notations - Conventions.

On notef0: [0,1]→Rla d´eriv´ee de la restriction de ˜f `a [0,1] etDf :S1→Rla diff´erentielle de f, elle est reli´ee `af0 parDf(π(x)) =f0(x). Puisquef pr´eserve l’orientation,Df etf0sont `a valeurs positives. Souvent, on fera les identifications suivantes :

- S1 et [0,1[

- x∈[0,1[ etπ(x)∈S1,

- f et la restriction de ˜f `a [0,1[ modulo 1 (voir figure 1), - Df etf0.

En particulier, on appliquera le th´eor`eme des accroissements sur le cercle sous la forme : soient a, b deux points de S1, il existe c ∈ I = [a, b] tel que Df(c) = ||f(I)I ||.

Hom´eo+(S1) est l’ensemble des hom´eomorphismes du cercle qui pr´eservent l’orientation,

Dif f´eor+(S1) –avec r ∈ N∪ {∞}– est l’ensemble des diff´eomorphismes Cr du cercle qui pr´eservent l’orientation,

P L+(S1) est l’ensemble des hom´eomorphismes du cercle affines par mor- ceaux et qui pr´eservent l’orientation.

On suppose connue la th´eorie de Poincar´e-Denjoy.

(10)

L’objet de ce chapitre est de :

- Prouver un th´eor`eme dit “d’alternatives dynamiques” que l’on peut voir comme une g´en´eralisation aux actions de groupes du th´eor`eme “classique” de Poincar´e pour les hom´eomorphismes du cercle. Ce th´eor`eme d´ecrit les minimaux pour une action sur le cercle.

- Etudier quelques limites et g´en´eralisations possibles du th´eor`eme de Denjoy pour les actions de groupe sur le cercle :

- limite : il existe des cantor invariants en r´egularit´e C et PL : les exemples de feuilletages esp`eces rares de G.Hector ;

- une g´en´eralisation : un th´eor`eme de Sacksteder.

R´ ef´ erences.

[Gh2001] ´E.Ghys :Groups acting on the circle,

L’Enseignement Math´ematique 47 (2001),329-407.

[He1976] G.Hector :Quelques exemples de feuilletages esp`eces rares Annales de l’institut Fourier26(1976), 239-264

[Hu1988] S.Hurder : Ergodic theory of foliations and a theorem of Sacksteder Lecture Notes in Math. 1342(1988), 291-328

[Hu1991] S.Hurder : Exceptionnal minimal sets of C1+α-group action on the circle

Erg. Theory and Dynamical Systems11(1991), 455-467

[DKN2006] B.Deroin, V.Klepsyn, A.Navas : Dynamique unidimensionnelle en r´egularit´e interm´ediaire, preprint ArXiv (2006).

[Sa1965] R.Sacksteder : Foliations and pseudogroups, Amer. Jour. Math. 87(1965) 79-102.

(11)

3 Ensembles Invariants- Ensembles minimaux.

Soit X un espace m´etrique compact etG un sous-groupe de Hom´eo(X).

3.1 D´ efinition. Ensemble invariant.

Un sous-ensemble K de X est dit invariant par G ou G-invariant si pour toutg∈Gon a g(K)⊂K.

3.2 Propri´ et´ es.

Soit K,K1 et K2 des ensembles G-invariants. Alors : - pour tout, g∈G on a g(K) =K,

- l’adh´erence K, la fronti`ere ∂K, l’int´erieur int(K) et l’ensemble K0 des points d’accumulation de K sont des ensemblesG-invariants.

- K1∩K2, K1∪K2 sont des ensembles G-invariants.

Preuves.(Exercice)

3.3 D´ efinition. Ensemble minimal.

Un compact non vide G-invariant K est dit minimal si les seuls ferm´es invariants qu’il contient sont∅ etK.

Exemple. Une orbite finie est un ensemble minimal.

3.4 Propri´ et´ es des minimaux.

1. Deux minimaux sont disjoints ou ´egaux.

2. Tout compact K non vide et G-invariant contient un ensemble minimal.

3. L’action poss`ede au moins un minimal.

4. L’orbite de tout point d’un minimal est dense dans ce minimal.

Preuve des propri´et´es.

La propri´et´e 1 r´esulte du fait que l’intersection de deux compacts invariants est un compact invariant.

La preuve de la propri´et´e 2 est bas´ee sur leLemme de Zorn :“tout ensemble ordonn´e dans lequel toute partie totalement ordonn´ee est minor´ee admet un plus petit ´el´ement.”

Soit K un compact non vide G-invariant, consid´erons la collection C des compacts non vides G-invariants contenus dansK munie de la relation d’ordre donn´ee par l’inclusion.

Comme toute intersection de compact est compact, toute intersection d’en- semblesG-invariants estG-invariante et que toute intersection d´ecroissante de

(12)

compacts non vides est non vide,Cv´erifie les hypoth`eses du lemme de Zorn. En r´esulte queK contient un ensemble minimal.

La propri´et´e 3 est une cons´equence directe de la propri´et´e 2 et de l’obser- vation suivante : “l’adh´erence de toute orbite est un compactG-invariant non vide”.

Cette mˆeme observation et la minimalit´e implique la propri´et´e 4.

4 Alternatives dynamiques.

4.1 Th´ eor` eme d’alternatives dynamiques

Th´eor`eme (Poincar´e).Soit G un sous-groupe de Hom´eo+(S1).

Le groupe Gv´erifie l’un des trois cas exclusifs suivants : (1)- G a une orbite finie,

(2)- toutes les orbites de G sont denses

(3)- Gposs`ede un minimalK hom´eomorphe `a l’ensemble triadique de Can- tor. Le minimal K est alors dit exceptionnel.

Dans les situations (2) et (3), le groupeGposs`ede un unique minimal (S1 dans (2) et K dans (3)) qui de plus est l’ensemble d’accumulation de touteG-orbite.

4.2 Preuve du th´ eor` eme.

Soit a un point de S1, l’adh´erence G(a) de la G-orbite G(a) de a est un compact G-invariant non vide. D’apr`es la propri´et´e (2) des minimaux, G(a) contient un minimalK.

L’ensemble K0des points d’accumulation deK et la fronti`ere∂K deK sont des compacts G-invariants. Ainsi par minimalit´e de K ils sont soit vides soit

´egaux `aK. Par cons´equent, on peut distinguer les situations suivantes.

1- K0 =∅ alorsK est discret donc fini. Par cons´equent et par minimalit´e, K est une orbite finie.

2- K0 =K. Autrement dit,K est sans point isol´e. D’autre part, ou bien : - ∂K = ∅ alors K = S1 et toute orbite de G est dense (propri´et´e 4 des minimaux),

ou bien

- ∂K = K alors int(K) = ∅. Par cons´equent, K est un compact non vide d’int´erieur vide et sans point isol´e, il est hom´eomorphe au triadique de Cantor.

Nous devons maintenant ´etablir l’unicit´e de K. Nous montrons la

Propri´et´e.SiGposs`ede un ensemble minimalK infini alors K est l’unique minimal deG et est l’ensemble d’accumulation (G(x))0 de toute orbite G(x).

(13)

Si K =S1, la propri´et´e est claire puisque deux minimaux sont disjoints ou

´egaux et que toute orbite dans un minimal y est dense.

SiK est un ensemble de Cantor. Pour avoir la propri´et´e, il suffit de montrer que pour toutx∈S1, l’ensemble (G(x))0des points d’accumulation deG(x) est K·En effet, dans ce cas aucune orbite de Gne pourra ˆetre finie ou dense.

Soit x∈S1.

Cas 1 : x ∈ K. Alors l’ensemble (G(x))0 est un compact contenu dans K, non vide (car contient K \G(x)) et G-invariant donc (G(x))0 = K, par minimalit´e de K.

Cas 2 : x /∈K. NotonsI la composante connexe deS1\K qui contient x, c’est un intervalle ouvert ]a, b[ avecaet bdans K.

Soit y ∈ K. Puisque G(a) est dense dans K, il existe un suite γn(a) qui converge vers y et on peut supposer (quitte `a extraire une sous-suite) que la distance de γn(a) `a y d´ecroit strictement.

Les intervalles γn(I) sont deux `a deux disjoints. – En effet :

- deux tels intervalles sont disjoints ou ´egaux, sinon il existe deux entiers n et n0 tels que γn(I)∩ γn0(I) 6= ∅ et γn(I) 6= γn0(I), alors une extr´emit´e d’un de ces deux intervalles appartient `a l’int´erieur de l’autre intervalle donc au compl´ementaire deK, mais un tel point ´etant bord d’une composante connexe du compl´ementaire de K appartient n´ecesairement `a K.

- s’ils sont ´egaux leurs extr´emit´es sont ´egales, et ceci contredit le fait que la distance de γn(a) `a y d´ecroit strictement.–

Par cons´equent, la longueur desγn(I) tend vers 0. Finalementd(γn(x), y)≤ d(γn(x), γn(a)) +d(γn(a), y) tend vers 0 avecn. Donc γn(x) est une suite non stationnaire qui converge versy.

En conclusion, K ⊂ (G(x))0 et l’´egalit´e r´esulte du fait que les γn(I) ´etant disjoints, un point de (G(x))0 appartient n´ecessairement `a G(a) =K.

| a

| b

| x

| γ1(a)

| γ1(b)

| γ1(x)

| γn(a)

| γn(b)

| γn(x)

| y

5 Exemples de dynamiques.

5.1 Actions de Z .

Lorsque G = Z, les trois situations dynamiques propos´ees par le th´eor`eme d’alternatives dynamiques sont possibles :

La situation 1 est r´ealis´ee par les rotations rationnelles, La situation 2 est r´ealis´ee par les rotations irrationnelles, La situation 3 est r´ealis´ee par les exemples de Denjoy.

Mais, d’apr`es le th´eor`eme de Denjoy, la situation 3 ne se produit pas lors- qu’on suppose suffisament de r´egularit´e pour G = Z, en particulier lorsqu’on

(14)

suppose que G⊂Dif f+2(S1). Nous verrons voir en 5.4 que ceci n’est plus vrai pour un groupe quelconque.

5.2 Autres exemples.

SO(2,Q) etSO(2,Z[12]) agissent avec orbites denses surS1alors que chacun de leurs ´el´ements a des points p´eriodiques.

5.3 Hom´ eomorphismes de l’intervalles.

Exercice.

SoitI = [0,1], montrer que le groupeHom´eo+(I) des hom´eomor- phismes croissants de I s’injecte dans Hom´eo+(S1) (au sens o`u il existe un morphisme injectif i de Hom´eo+(I) dans Hom´eo+(S1)) et n’a pas de torsion.

D´ecrire les minimaux de i(G), pour un sous-groupeG de Hom´eo+(I).

5.4 Minimaux exceptionnels dans Dif f

+

(S

1

) et P L

+

(S

1

).

Ces exemples sont dus `a G. Hector ([He1976]). On consid`ereGle sous-groupe deP L+(S1) engendr´e par les deux hom´eomorphismesR etg repr´esent´es sur la figure ci-dessous, o`uS1est identifi´e au cercle 12R

Zde longueur 12. Un hom´eomor- phisme f de S1 est identifi´e `a une bijection de [0,12[ par f ≡f˜(mod12), o`u ˜f est un relev´e de f `a R. La loi de composition surG est not´ee “.”.

0 1 3 5 7 8 9 11 12

1 3 4 7 9 11

R

R

g g−1

figure 3

(15)

On va montrer queG=< R, g >poss`ede un minimal exceptionnel qui est en fait le compl´ementaire de laG-orbite de l’intervalle circulaireI = [11,12[∪[0,1].

D´ecrivons pr´ecis´ement les g´en´erateurs deGet leurs propri´et´es.

R:x7→x+ 4 (mod12) est une rotation d’ordre 3.

g:





g(x) =x si x∈[11,12[∪[0,1]

g(x) = 13(x−1) + 1 si x∈[1,7]

g(x) =x−4 si x∈[7,9]

g(x) = 3x−22 si x∈[9,11].

L’hom´eomorphisme R ´etant d’ordre 3 et les graphes de g et g−1 ´etant sym´etriques par rapport `a la seconde diagonnale du carr´e (c`ad la droite d’´equation y= 12−x), on a les relations (*) (

exercice

) :

(∗) R3=Id R2=R−1

g−1R=R−1g gR−1=Rg−1 Proposition 1. Soit γ∈Galors :

γ(I) est soit disjoint soit ´egal `a I et siγ(I) =I alorsγ|I =Id|I. Preuve de la proposition 1.

NotonsGer l’ensemble des ´el´ements de Gqui s’´ecrivent : gεpnpRεP ... gε1n1Rε1, avecεi∈ {−1,1}et ni∈N.

Lemme 1.Ecriture “r´eduite”’ des ´el´ements deG.

Soit γ∈G alors il existe γ0∈Ger ∪ {Id}, ε∈ {−1,0,1} et p∈Z tels que : γ = Rε γ0 gp

Preuve du lemme 1. La preuve se fait par r´ecurrence sur la longueur relative

`

a{R, g} de γ.

Soit γ ∈ G, on d´efinit l(γ) comme le nombre minimal de lettres n´ecessaires pour ´ecrire γ comme mot enR et g etl(Id) = 0.

Sil(γ) = 0 alorsγ=Id=R0 Id g0, la propri´et´e est clairement v´erifi´ee.

Soit m∈N, supposons (HR) : tout δ ∈G de longueur au plusm−1 s’´ecrit : δ = Rε δ0 gp

avec ε ∈ {−1,0,1}, p ∈ Z et δ0 ∈ Ger ∪ {Id} et montrons que tout mot de longueurm a aussi une telle ´ecriture.

(16)

Soit γ de longueur m, alors il existe ˜γ de longueur m−1 tel que l’un des deux cas suivant est v´erifi´e :

(1).γ = Rσγ˜ =

(HR)

Rσ Rε γ˜0gp et la propri´et´e est claire puisqueR2=R−1ou (2). γ = gσ ˜γ =

(HR)

gσ Rε ˜γ0 gp o`u σ =±1.

(2.1). Siσε >0 alors on a l’´ecriture souhait´ee.

(2.2). Siσε≤0 alors ou bien :

(2.2.1)- ε 6= 0 alors ε = −σ et γ = Rσ g−σ γ˜0 gp, d’apr`es les relations (*), donc

- si ˜γ0=Id on a γ = Rσ gp−σ = Rσ Id gp−σ, - si ˜γ0∈Ger alors γ˜0 =gζnRζ ... et

γ = Rσ g−σ gζn Rζ ... = Rσ gζn−σ Rζ ... gp orζn−σgarde le signe deζnou s’annule et on a l’´ecriture souhait´ee ; (2.2.2)- ε= 0 alorsγ = gσ ˜γ0 gp = gζn−σRζ ... gp et pour la mˆeme raison que ci-dessus, on a l’´ecriture souhait´ee.

Lemme 2.El´ements errants de G.

Si γer ∈Ger alors γer(I)⊂]1,3[∪ ]9,11[ =: J, donc γer(I) est disjoint de I.

Preuve du lemme 2.

Fixonsγer =gpnpRp... g1n1R1 ∈Geret notonsgk=gknkRk ... g1n1R1. On va montrer, par r´ecurrence sur k= 1, ..., p, quegk(I)⊂J.

Pourk= 1, on ag1=g1n1R1. Donc g1(I) =g1n1R1(I) =

gn1(]3,5[)⊂]1,3[⊂J si 1= 1 g−n1(]7,9[)⊂]9,11[⊂J si 1=−1 Supposons maintenant que gk−1(I)⊂J et montrons quegk(I)⊂J.

On a gk(I) =gknkRkgk−1(I)⊂gknkRk(J), par hypoth`ese de r´ecurrence, d’o`u gk(I)⊂gknkRk(J) =

gnk(R(J)) si k= 1 g−nk(R−1(J)) si k=−1

=

gnk (]5,7[∪]1,3[) ⊂ gnk(]1,7[) ⊂]1,3[⊂J si k= 1 g−nk(]5,7[∪]9,11[)⊂g−nk(]5,11[)⊂]9,11[⊂J sik =−1.

Preuve de la proposition 1.

Soit γ∈G, d’apr`es le lemme 1, γ(I) =Rεγ0gp(I), avecγ0∈Ger∪ {Id}.

Si γ0 ∈ Ger alors γ(I) = Rεγ0(I) ⊂ Rε(J) ⊂]1,3[∪]5,7[∪]9,11[ est bien disjoint deI.

(17)

Si γ0=Id alorsγ|I =Rεg|Ip =Rε. Si ε6= 0 alors γ(I) est encore disjoint de I et siε= 0 on aγ|I =Id|I.J

G poss`ede un minimal exceptionnel.

Fait 1. G n’a pas d’orbite finie.

En effet, sinon il existe x0 ∈S1 tel que G(x0) est finie, en particulier la g- orbite dex0 est finie,x0 est un point p´eriodique de g, mais d’apr`es le th´eor`eme de Poincar´e tous les points p´eriodiques de g ont la mˆeme p´eriode, org(0) = 0 doncg(x0) =x0 par suitex0∈ [11,12[∪[0,1] l’ensemble des points fixes de g.

Mais la suite gnR(x0) d´ecroit strictement vers 1, donc{gnR(x0), n∈N} est infini, ce qui contredit la finitude de G(x0).

Fait 2. G n’a pas d’orbite dense.

En effet, sinon il existe x ∈ S1 tel que G(x) = S1, en particulier on peut trouver deux points distinctsx0etx00=γ(x0) deG(x)∩I, mais alorsγ(I)∩I 6=∅ etγ|I 6=Id|I ce qui contredit la proposition 1.

Conclusion.Le th´eor`eme d’alternative dynamique montre que seule la situa- tion (3) est possible, autrement dit queG a un minimal exceptionnel.

Le cas C.On peut modifiergdans des demi-voisinages des points 1+, 7, 9+, 11 de mani`ere `a la rendre C et de sorte que la sym´etrie par rapport `a la seconde diagonale soit pr´eserv´ee. Dans ce cas les relations (*) sont pr´eserv´ees ainsi que la preuve de l’existence d’un minimal exceptionnel.

6 Le th´ eor` eme de Sacksteder.

Th´eor`eme de Sacksteder.SiGest un sous groupe de type fini deDif f2+(S1) pr´eservant un minimal exceptionnel K0 alors il existe x0 ∈ K0 et γ0 ∈ G tels que γ0(x0) =x0 et|Dγ0(x0)|<1.

On dit que x0 est un point hyperbolique deG.

Preuve du Th´ eor` eme de Sacksteder.

Soient G un sous-groupe de Dif f+2(S1) pr´eservant un minimal exceptionnelK0etI0=]a, b[ une composante connexe du compl´ementaire deK0. On rappelle que deux composantes connexes du compl´em´entaire de K0 sont disjointes ou ´egales.

Plan de la preuve du th´ eor` eme.

Pour montrer l’existence d’un point hyperbolique dansK0, nous allons montrer que : \il existe un intervalle ferme V0 contenant strictement I0 et g G tels que g(V0)⊂V0 et Dg|V014."

Ainsi, d’apr`es le th´eor`eme du point fixe, il existe un unique x0∈V0

tel que g(x0) =x0. En fait {x0}=∩gn(V0). Cet ensemble ∩gn(V0) contient les valeurs d’adh´erence de la suite {gn(a), n ∈ N} ⊂ K0. Donc limgn(a) existe et vautx0 et puisqueK0 est ferm´e on a x0= limgn(a)∈K0.

(18)

D´efinitions.

Fixons S ={g1, ..., gs} un syst`eme de g´en´erateurs de G. On d´efinit ls :G → N, la fonction qui `a un ´el´ement γ de G associe le nombre minimal d’´el´ements de S n´ecessaires pour ´ecrire γ.

Soit x∈G(a), on d´efinit k(x) =inf{lS(γ),o`u γ∈Γ et γ(a) =x}.

Par hypoth`esea∈K = (G(a))0 (th´eor`eme d’alternatives dynamiques). Donc, il existe une suitewn d’´el´ements deG telle que :

(i) wn(a)→a,

(ii) la suite wn(a) est strictement monotone, au sens o`u la suited(wn(a), a) d´ecroit strictement vers 0,

(iii) quitte `a changerwnsans changerwn(a), on peut supposer quek(wn(a)) = lS(wn).

On voit que la suitek(wn(a)) n’est pas born´ee. En effet, sinon l’ensemble des k(wn(a)) serait fini et l’ensemble des wn(a) aussi ce qui contredit (ii). Par cons´equent, quitte `a extraire une sous-suite, on peut supposer de plus que :

(iv) la suite k(wn(a)) est strictement croissante et tend vers +∞.

On pose Ik(wn(a)) = wn(I0) et Wk(wn(a)) = wn. Les Im sont deux `a deux disjoints. –En effet, sinon il existem < m0 tels queIm=Im0 et puisque l’orien- tation est pr´eserv´ee on aWm(a) =Wm0(a) et la minimalit´e de m0=k(Wm(a)) est contredite.– Par suite, leurs longueurs |Im|=|Wm(I0)|tendent vers 0.

Proposition 1.SoientGun sous-groupe de type fini deDif f2+(S1) pr´eservant un minimal exceptionnel,]a, b[une composante connexe de son compl´ementaire et wn une suite d’entiers comme ci-dessus.

Alors il existe deux constantes C et δ0 > 0 telles que, pour tout m ∈ {k(wn(a)), n∈N} et pour tout x∈V0= [a−δ0, a+δ0]on a :

DWm(x)≤C |Wm(I0)|.

Conclusion : existence de l’intervalle de contraction V0. Maintenant, on choisitm∈ {k(wn(a)), n∈N} assez grand pour que :

- |DWm(x)| ≤ 14, pour x∈V0:=]a−δ0, a+δ0[ et

(un tel choix est possible d’apr`es la proposition 1 et puisque|Wm(I0)| →0) - Wm(a)∈]a− δ20, a[ (un tel choix est possible d’apr`es (ii)).

Il ne nous reste plus qu’`a v´erifier queWm(V0)⊂V0.

On a |Wm([a−δ0, a+δ0])| ≤ 14|[a−δ0, a+δ0]| = δ20 et Wm(a) ∈ Wm([a−δ0, a+δ0]) donc V0 ⊂ [Wm(a)− δ20, Wm(a) + δ20] ⊂ [a− δ0, a+δ0] =V0 car Wm(a)∈]a−δ20, a[.

(19)

Preuve la proposition 1.

Hypoth`eses G´en´erales. SoientG=< g1, ..., gs >un sous-groupe deDif f+2(S1) pr´eservant un minimal exceptionnel K0 et ]a, b[ une composante connexe du compl´ementaire deK0. On pose θ= sup

i=1,...,s

|gi00 g0i|.

Soient m ∈ N et W ∈ G tels que k(W(a)) = lS(W) = m. On ´ecrit W = gim◦...◦gi1. On poseh0=Idet pourj= 1, ..., mon posehj =gij◦...◦gi1, en particulierW =hm. Pourx∈S1, on notexj =hj(x).

Remarques. - L’hypoth`ese de r´egularit´e C2 implique que θest finie.

- Pour tout j= 0, ..., m, on ak(hj(a)) =j (

Exercice

).

Lemme 1 (lemme de distortion).Sous les hypoth`eses g´en´erales.

Pour tous x, y∈S1, pour tout0≤p≤m on a :

−θ

p−1

X

j=0

|xj −yj| ≤log

Dhp(x) Dhp(y)

≤θ

p−1

X

j=0

|xj −yj|.

Preuve du Lemme 1.

|log

Dhp(x) Dhp(y)

|=|logDhp(x)−logDhp(y)|=

=|logD(gip ◦...◦gi1)(x)−logD(gip◦...◦gi1)(y)|= – Or D(gip◦...◦gi1)(x) =Dgip(gip−1◦...◦gi1(x))×...×Dgi1(x)

=Dgip(xp−1)×...×Dgij(xj−1)×...×Dgi1(x).

log

Dhp(x) Dhp(y)

=

p−1

X

j=0

logDgij(xj)−logDgij(yj)

p−1

X

j=0

|logDgij+1(xj)−logDgij+1(yj)| ≤

p−1

X

j=0

|(logDgij)0(cj)||xj−yj|.

Pour cj ∈ [xj, yj], d’apr`es le th´eor`eme des accroissements finis. Et par d´efinition de θ, on a

|log

Dhp(x) Dhp(y)

| ≤θ

p−1

X

j=0

|xj−yj|.J

Lemme 2. Sous les hypoth`eses g´en´erales, on a (a)

m−1

X

p=0

Dhp(a)≤C0:= eθ

|I0|, (b) DW(a)≤C0|W(I0)|.

(20)

Preuve du Lemme 2. Notons Jp = hp(I0), pour p = 0, ..., m. Puisque k(hm(a)) =m, pour tout p= 0, ...m, on ak(hp(a)) =p(exercice).

Par cons´equent les Jp sont deux `a deux disjoints et

m

X

p=0

|Jp| ≤1.

D’autre part, d’apr`es le th´eor`eme des accroissements finis, pour toutp= 0, ..., m il existe dp∈Jp tel queDhp(dp) = |J|Ip|

0|. Donc : (∗)

m

X

p=0

Dhp(dp)≤ 1

|I0|.

En utilisant le lemme 1, on obtient pour tout p= 0, ..., m: (∗∗) Dhp(a)≤Dhp(dp) exp ( θ

p−1

X

j=0

|aj −dpj|)≤Dhp(dp)eθ,

car lesaj etdpj appartiennent `aJj et lesJj sont disjoints donc

p−1

X

j=0

|aj−dpj| ≤1, - Par suite, en sommant pourp= 0, ..., m−1 et en utilisant (∗), on obtient :

m−1

X

p=0

Dhp(a) ≤

m−1

X

p=0

Dhp(dp) eθ ≤ eθ

|I0| :=C0. - Par ailleurs, (∗∗) avec p=m s’´ecrit :

(∗∗) DW(a) ≤ DW(dm) eθ ≤ eθ|Jm|

|I0|. Finalement, Jm=W(I0) et on a le (b). J

Lemme 3. Sous les hypoth`eses g´en´erales. Fixons λ > 1 et δ > 0 tels que eλδθC0≤λ. Alors pour tout x∈[a−δ, a+δ]on a :

DW(x)≤λDW(a).

Remarque:λ=eetδ = θC1

0 conviennent.

Preuve du Lemme 3. Fixons λ >1 et δ >0 tels queeλδθC0 ≤λ.

PuisqueW =hm, on doit montrer queDhm(x)≤λDhm(a).On va montrer par r´ecurrence sur p= 0, ..., mqueDhp(x)≤λDhp(a), pour toutx∈[a−δ, a+δ].

Pourp= 0, on ah0=Id et l’estimation voulue est clairement v´erifi´ee.

Soit p∈ {0, ..., m}, on suppose que pour tout j∈ {0, ..., p−1}et pour tout x0∈[a−δ, a+δ], on aDhj(x0)≤λDhj(a).

(21)

Soit x∈]a−δ, a+δ[. D’apr`es le lemme 1, on a : Dhp(x)≤Dhp(a) exp(θ

p−1

X

j=0

|xj −aj|)≤Dhp(a) exp (θ|x−a|

p−1

X

j=0

Dhj(ej)), avecej ∈]a−δ, a+δ[ donn´e par le th´eor`eme des accroissements finis.

D’autre part, on a|x−a| ≤δ et pour toutj= 0, ....p−1, par hypoth`ese de r´ecurrence, Dhj(ej)≤λDhj(a). Par cons´equent :

Dhp(x)≤Dhp(a) exp (θδλ

p−1

X

j=0

Dhj(a))≤Dhp(a)eθδλC0, d’apr`es le lemme 2.

Or, par hypoth`ese surλetδ, on aeθδλC0 ≤λet finalement Dhp(x)≤λDhp(a).J

Preuve de la Proposition 1. Choisissonsδ0 etλcomme dans le lemme 3.

Pour tout x∈V0= [a−δ0, a+δ0], on a par le lemme 3 : DW(x)≤λDW(a)≤λC0|W(I0)|.

par le lemme 2 (b). Pour conclure, il suffit de poserC=λC0.J

G´ en´ eralisations.

En classe interm´ediaire (entre C1 et C2). Le probl`eme de la validit´e en classe inf´erieure `aC2a ´et´e initi´e par Hurder ([Hu 1988] et [Hu 1991]) et prolong´e tout r´ecemment par Deroin-Klepsyn-Navas ([DKN2006]) qui am´eliorent aussi la conclusion en prouvant l’existence dans G d’´el´ements n’ayant que des points fixes hyperboliques.

Remarque sur le cas PL.Il est facile de voir qu’avec de l´eg`eres modifications des preuves, on peut avoir les estimations voulues sur l’intervalle [a, a+δ]. Par contre, pour les estimations sur l’intervalle [a−δ, a] les arguments du casC2ne fonctionnent plus. En effet, le lemme 1 (de distortion) et par suite le lemme 3 utilisent fortement la continuit´e des d´eriv´ees des ´el´ements deG. Ils ne sont plus valables dans le cas PL lorsque le minimal contient un point de coupure d de l’un des g´en´erateurs, en effet l’orbite dedrencontre [a−δ, a] une infinit´e de fois etDWm pour m assez grand pourrait avoir un grand nombreNm de sauts sur [a−δ, a] et la majoration de DWDW(x)(a) d´ependrait deNm.

Exercice.Trouver des points hyperboliques dans l’exemple de la section 5.3.

(22)

Troisi` eme partie Mesures invariantes.

L’objet de ce chapitre est d’´etudier les groupes d’hom´eomorphismes (diff´eo- morphismes) du cercle qui ont la propri´et´e de pr´eserver une mesure finie.

Nous rappelons quelques g´en´eralit´es sur les mesures : support, invariance, th´eor`eme de Krilov-Bogolioubov. Les r´ef´erences principales pour ces g´en´eralit´es sont : [Fathi1994], [Has-Kat1995], [Herman1979] et [Walters1985].

Ensuite, nous prouvons un r´esultat de J. Plante ([Pl1975]) qui dit qu’un groupe deC2-diff´eomorphismes qui pr´eserve une mesure ne peut avoir de mini- mal exceptionnel.

R´ ef´ erences.

[Fathi 1994], A. Fathi, cours de l’´ecole d’´et´e, Grenoble 1994.

[Herman1979], M. Herman :Sur la conjugaison diff´erentiable des diff´eomorphismes du cercle `a des rotations, Inst. Hautes Etudes Sci. Publ. Math., 49, (1979), 5- 234.

[Has-Kat1995], B.Hasselblatt et A.Katok :Introduction to the modern theory of dunamical systems, Cambridge University Press (1995)

[Ma2000], G. Margulis : Free subgroups of the homeomorphsim group of the circle.; C.R.A.S331 (2000) 669-674

[Pl1975], J.Plante :Measure preserving pseudogroups and a theorem of Sackst- der, Ann. Inst. Fourier25 (1975), 237-249.

[Walters1985], P.Walters An introduction to Ergodic Theory, Springer-Verlag (1985).

7 Mesures invariantes. G´ en´ eralit´ es.

Soit X un espace m´etrique compact muni de B(X) la tribu des bor´eliens de X. SoitG un sous-groupe du groupeHom´eo(X) des hom´eomorphismes deX.

(23)

7.1 Support d’une mesure.

D´efinition. Soit µ:B(X)→ R+ une mesure bor´elienne finie, on appelle sup- port de µ le sous-ensemble de X not´e suppµ d´efini par suppµ := {x ∈ X tel queµ(U)>0, pour tout ouvert U contenant x }.

Propri´et´es du support.

(1) - suppµest compact.

(2) - µ(X\suppµ) = 0.

(3)- Si µ(A) =µ(X) alorssuppµ⊂A.

En d’autre termes, on peut voir le support d’une mesure comme le plus petit ferm´e de µ-mesure pleine.

Preuves.(

exercice

)

7.2 Mesures invariantes, d´ efinitions.

Soit µ:B(X)→R+ une mesure bor´elienne finie.

Propri´et´es-D´efinitions. Soit g ∈ Hom´eo(X). Les propri´et´es suivantes sont

´equivalentes :

- la mesure image gµ de µparg est ´egale `a µ, - pour tout bor´elienA on a µ(g−1(A) =µ(A), - pour tout bor´elienA on a µ(g(A)) =µ(A), - pour tout fonction continue φ:X→R, on aR

X(φ◦g) dµ=R

Xφ dµ.

Lorsque ces propri´et´es sont v´erifi´ees, on dit queµ estinvariante par g.

Exercice

: les preuves.

D´efinition.On dit que la mesure µest invariante parG, si pour tout g∈G, la mesureµest invariante parg.

Propri´et´es. Soit µune mesure finie invariante par G.

(1)- Le support de µ est un ensemble invariant parG.

(2)- Le point a∈X est un atome de µsi et seulement si laG-orbite deaest finie.

(2’)- Si x /∈G0(x) (i.e il existeV un voisinage de xtel que G(x)∩V ={x}) etx∈suppµalors G(x) est finie.

(3)- Lorsque X = S1, si G n’a pas d’orbite finie alors µ est sans atome et son support est l’unique minimal deG(cercle ou Cantor).

Preuves.

(1) (2) et (2’) : Exercices.

(3)- Le fait que µsoit sans atome r´esulte du point pr´ec´edent. D’apr`es (1), le support deµest un ferm´e,G-invariant non vide il contient donc l’unique minimal de G, si ce minimal est S1 alors suppµ=S1 et on a fini. Si ce minimal est un

(24)

CantorK, on doit montrer que le support deµest contenu dansK. Sinon, soit x∈suppµ∩(S1\K) et ]a, b[ la composante connexe du compl´ementaire deKqui contientx. Par d´efinition du support on aµ(]a, b[) =δ >0 etµ(g(]a, b[)) =δ >0 pour tout g ∈ G, par invariance de µ. MaisS1 ⊂ [

g∈G

g(]a, b[ est de µ-mesure infinie car peut-ˆetre ´ecrit comme r´eunion infinie (car l’orbite de a est infinie) d’ouverts deux `a deux disjoints tous deµ-mesureδ. Ce qui contredit le fait que µsoit finie.

7.3 Existence d’une mesure invariante.

([Fathi1994] [Herman1979])

Th´eor`eme de Krilov-Bogolioubov. SoitX un espace m´etrique compact, on note B(X) la tribu des bor´eliens de X. Soit f :X → X un hom´eomorphisme, alors il existe une mesure de probabilit´e sur (X,B(X))invariante parf.

Preuve. Par compacit´e pour la topologie faible de l’espace M(X) des me- sures bor´eliennes de probabilit´e surX on a :

Pour toute suite µn ∈ M(X) et toute suite d’entiers mn → +∞, il existe une suitenj →+∞telle que la suite de mesures 1

mnj

mnj

X

i=0

fiµnj converge, quand j→+∞ vers une mesure invariante par f.

En particulier, si xn est une suite de points dans X, on peut trouver une suite nj → +∞ tels que la suite de mesure 1

mnj

mnj

X

i=0

fiδxnj converge, quand j→+∞ vers une mesure invariante par f.

Th´eor`eme de Markov-Kakutani. Soit X un espace m´etrique compact, on noteB(X)la tribu des bor´eliens deX. Soitf, g:X →Xdeux hom´eomorphismes commutant, alors il existe une mesure de probabilit´e sur (X,B(X)) qui est in- variante par f et parg.

Si on applique le fait ci-dessus en choisissant comme suite de mesuresµ(p,q)= δfp◦gq(x0) = δgq◦fp(x0) on obtient comme limite une mesure qui est `a la fois invariante parf etg.

Comme corollaire, on obtient que tout groupe ab´elien de type fini pr´eserve une mesure.

Exercice.

Montrer que si G poss`ede une orbite finie alors G pr´eserve une mesure.

Un exemple de groupes sans mesure invariante.

Exercice.

Soit f est un diff´eomorphisme du cercle avec une dynamique nord-sud. Montrer que siµf est une mesure invariante parf alors le support de µf est {N, S} les deux points fixes hyperboliques de f. En d´eduire un groupe engendr´e par deux ´el´ementsf etg ne poss`ede pas de mesure invariante.

(25)

7.4 Le th´ eor` eme ergodique de Birkhoff.

(Has.Kat p136)

Soit (X, µ) un espace de probabilit´e et T :X → X une transformation qui pr´eserve µalors pour toute fonction φ∈L1(X, µ) on a :

1 n

n−1

X

k=0

φ(Tk(x))→ Z

X

φdµ

pour µpresque tout pointx∈X.

8 Cas du cercle. Nombre de rotation et mesure invariante.

Nous reprenons les hypoth`eses, conventions et notations du chapitre II.

8.1 Nombre de rotation d’un hom´ eomorphisme du cercle.

Proposition-d´efinition du nombre de rotation.

Soit g ∈Hom´eo+(S1) et ˜g un relev´e deg `a R. Alors la suite n1(˜gn(x)−x) converge uniform´ement vers une constante ρ(˜g).

De plus, π(ρ(˜g))∈S1 ne d´epend pas du choix de relev´e ˜g de get est appel´e lenombre de rotation de g.

Th´eor`eme Soit g ∈ Hom´eo+(S1) et ˜g un relev´e de g `a R. La fonction φ˜:= ˜g−IdR ´etant Z-p´eriodique s’´ecrit φ˜=φ◦π, o`u φ:S1→ R est unique `a composition au but par une translation enti`ere pr`es.

Si µest une mesure de probabilit´e invariante par g, alors on a : ρ(˜g) =

Z

S1

φdµ.

Preuve. Soit x∈R, on ´ecrit :

˜

gn(x)−x= ˜gn(x)−g˜n−1(x) +...+ ˜g(x)−x=

n−1

X

i=0

˜

gi+1(x)−g˜i(x) =

n−1

X

i=0

φ(˜˜ gi(x)) =

n−1

X

i=0

φ(π(˜gi(x)) =

n−1

X

i=0

φ(gi(π(x))).

Par cons´equent, 1

n(˜gn(x)−x) = 1 n

n−1

X

i=0

φ(gi(π(x))).

Par d´efinition du nombre de rotation le terme de gauche tend versρ(˜g) pour tout x et le terme de droite tend vers R

S1φdµ pour µ-pp π(x) (donc pour au moins une valeur dex) d’apr`es le th´eor`eme ergodique de Birkhoff. J

(26)

8.2 L’application nombre de rotation.

Th´eor`eme.Soit G un sous-groupe deHom´eo+(S1) et µune probabilit´eG- invariante,

alors l’application nombre de rotation ρ:

G →S1

g 7→ρ(g) est un morphisme.

Preuve. Nous allons utiliser le th´eor`eme pr´ec´edent.

Soient f [resp. g] un hom´eomorphisme du cercle, ˜f [resp.˜g] un rel´ev´e de f [resp. g] et φf [resp. φg] : S1 → R choisie pour que ˜f −IdR = φf ◦π [resp.

˜

g−IdRg◦π].

Fait. On peut choisir φg◦fg◦f +φf. –En effet, ˜g◦f˜est un relev´e de g◦f et

(˜g◦f˜−IdR)(x) = ˜g( ˜f(x))−x= ˜g( ˜f(x))−f˜(x) + ˜f(x)−x

= (φg◦π◦f)(x)+(φ˜ f◦π)(x) = (φg◦f◦π)(x)+(φf◦π)(x) = ((φg◦f+φf)◦π)(x).

Finalement, l’application φg◦f +φf convient.–

Conclusion.D’apr`es le th´eor`eme pr´ec´edent, on aρ( ˜g◦f) = R

S1φg◦f dµ=R

S1φg◦f +φf dµ=R

S1φg◦f dµ + R

S1φf dµ=ρ(˜g) +ρ( ˜f), apr`es changement de variabley=f(x) dans la premi`ere int´egrale.

Exercice. Montrer que le groupe de Thompson T ne pr´eserve pas de mesure sur le cercle.

9 Th´ eor` eme de Plante.

9.1 Enonc´ e et corollaires.

Th´eor`eme de Plante. Si G est un sous-groupe de type fini de Dif f+2(S1) qui pr´eserve une mesure de probabilit´e sur S1 alors G n’a pas de minimal ex- ceptionnel.

Corollaires au th´eor`eme de Plante.

(1) Si G est un sous-groupe de type fini de Dif f+2(S1) qui pr´eserve une mesure de probabilit´eµ sur S1 alors ou bien Ga une orbite finie ou bien G est ab´elien.

(2) Si G est un sous-groupe ab´elien de type fini de Dif f+2(S1) agissant li- brement sur S1 alors l’action de G est minimale.

Preuve du Corollaire.

(1)- En effet, siGn’a pas d’orbite finie, le th´eor`eme de Plante combin´e avec le th´eor`eme d’alternative dynamique indiquent que G a pour unique minimal S1. Ainsi le support de µ est ´egal `a S1 (d’apr`es la propri´et´e 3 des mesures invariantes). D’autre part la mesure µ est sans atome, car G n’a pas d’orbite finie (propri´et´e 2 des mesures invariantes). Par cons´equent :

(27)

Exercice.

L’application d´efinie parh(x) =π(µ([0, x[), lorsqueµest une me- sure sans atome et de support total est un hom´eomorphisme deS1qui conjugue G`a un sous-groupe d’hom´eomorphismes deS1qui pr´eservent la mesure de Haar.

Puisqu’un hom´eomorphisme de S1 qui pr´eserve la mesure de Haar est une rotation, le groupeG est conjugu´e (donc isomorphe) `a un groupe de rotations, ainsiG est ab´elien.

(2)- Exercice.

9.2 Preuve du th´ eor` eme de Plante.

Par l’absurde, d’apr`es le th´eor`eme de Sacksteder, il existex0∈K0 un point hyperbolique deGassoci´e `aγ0∈G.

Fait 1.Il existe un intervalle ]a, b[ qui contient x0 tel queµ(]a, b[) =µ{x0}.

– En effet, Soit I = [a, b] un intervalle ferm´e contenant x0 et sur lequel Dγ0 < 1. On a µ(]γ0n(a), γ0n(b)[) = µ(]a, b[) pour tout n ∈ N et l’intersection d´ecroissante \

n≥0

0n(a), γ0n(b)[= {x0} donc µ({x0}) = µ(\

n≥0

0n(a), γ0n(b)[) = limn µ(]γ0n(a), γ0n(b[) =µ(]a, b[).–

Fait 2. L’ensemble [

g∈G

g(]a, b[) =S1.

–Car le compl´ementaire de cet ensemble est un ferm´e G-invariant qui ne contient pasx0, il est vide, car sinon il contiendrait un minimal qui ne contient pasx0 ce qui est impossible car l’unique minimal est K0.–

Conclusion. Si µ{x0} = 0, alors 0 = µ([

g∈G

g(]a, b[) = µ(S1) ce qui est impossible. Donc µ{x0} >0 ce qui est impossible car l’orbite de x0 est infinie (puisque dense dansK0).

Nous terminons cette section par l’´enonc´e d’un th´eor`eme qui pr´ecise des sous-groupes de Hom´eo+(S1) admettant des mesures invariantes : ce r´esultat peut se voir comme une “alternative de Tits dynamique “.

10 Th´ eor` eme de Margulis.

Si Gun sous groupe de Hom´eo+(S1)ne contient pas de sous groupe libre de rang 2 alors G pr´eserve une mesure sur S1.

(28)

Quatri` eme partie

Groupes d’hom´ eomorphismes affines par morceaux.

Dans ce chapitre, nous allons par quelques th´eor`emes illustrer l’id´ee que des arguments de nature dynamique permettent de d´emontrer des r´esultats de nature alg´ebrique.

R´ ef´ erences.

[BS1985] R. Bieri and R. Strebel :On groups of PL homeomorphisms of the real line.Preprint, Math. Sem. der Univ. Frankfurt, Frankfurt am Main (1985).

[BrSq1985] M. G. Brin, C. Squier :Groups of piecewise linear homeomorphisms of the real line.Invent. Math.79 (3), 485–498 (1985).

[CFP1996] J. Cannon, W. Floyd, W. Parry : Introductory notes on Richard Thompson’s groups.L’Ens. Math. 42, 215-256 (1996).

[GhSe1987] ´E. Ghys, V. Sergiescu :Sur un groupe remarquable de diff´eomorphismes du cercle.Comm. Math. Helv.62, 185-239 (1987).

[Li2006] I. Liousse :Rotation numbers in Thompson-Stein groups and applica- tions.preprint ArXiv (2006)

[St1992] M. Stein :Groups of piecewise linear homeomorphisms, Trans. A.M.S.

332, 477-514 (1992).

11 Hom´ eomorphismes affines par morceaux de l’intervalle I = [0, 1].

11.1 D´ efinitions. Propri´ et´ es utiles.

Soit f un hom´eomorphisme deI (ouS1). On note : F ixf l’ensemble des points fixes def,

suppo(f) le support ouvert def c’est `a dire le compl´ementaire de F ixf, [g, f] := g◦f ◦g−1◦f−1le commutateur de f etg.

Références

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