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ENDOMORPHISMES AUTO-ADJOINTS ET AUTOMORPHISMES ORTHOGONAUX

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Academic year: 2022

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Texte intégral

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CHAPITRE 5

ENDOMORPHISMES AUTO-ADJOINTS ET AUTOMORPHISMES ORTHOGONAUX

Dans ce chapitre,kdésigneRouC. On fixe en outre un espace vectorielEde rang fini surk, muni d’un produit scalaireh,i.

5.1. Endomorphisme auto-adjoint

Définition 5.1. — Soit f : E → E un endomorphisme. On dit qu’un endomor- phismef estadjoint àϕsi pour tout couple(x, y)∈E2 on a

(5.1) hf(x), yi=hx, f(y)i.

Il s’avère que tout endomorphisme deV admet un unique endomorphisme adjoint. Si (ei)ni=1 est une base orthonormée deV, alors la matrice de f sous cette base est la conjuguée-transposée de celle def (sous la même base). On dit que l’endomorphisme f est auto-adjoint sif=f.

Lemme 5.2. — Soitf :E→E un endomorphisme auto-adjoint deE. Si F est un sous-espace vectoriel deE qui est stable parf, alors F est aussi stable parf. Démonstration. — Soitxun vecteur dansF. Pour touty∈F on ahx, yi= 0, d’où

∀y∈F, hf(x), yi=hx, f(y)i= 0, d’oùf(x)∈F.

Proposition 5.3. — Soit f un endomorphisme auto-adjoint de E. Alors il existe une base orthonormée de E qui consiste de vecteurs propres de l’endomorphisme f. En outre, toutes les valeurs propres def sont réelles.

Démonstration. — Le résultat est trivial lorsqueEest l’espace vectoriel nul. Dans la suite, on suppose queE est non-nul. Pour toutx∈E, on a

hx, f(x)i=hf(x), xi=hx, f(x)i.

Donchx, f(x)i ∈R.

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40CHAPITRE 5. ENDOMORPHISMES AUTO-ADJOINTS ET AUTOMORPHISMES ORTHOGONAUX

SoitSl’ensemble{x∈E : kxk= 1}. On considère la fonction(x∈S)→ hx, f(x)i.

Cette fonction est continue et donc atteint son maximumλmaxà un pointx∈S. Soit y un autre point deS. Pour toutt∈R, on a

hx+ty, f(x+ty)i6λmaxkx+tyk2, d’où

hx, f(x)i+ 2tRehx, f(y)i+t2hy, f(y)i6λmax(kxk2+ 2tRehx, yi+t2kyk2) et donc

2Rehx, f(y)i+thy, f(y)i6λmax(2Rehx, yi+tkyk2).

On obtient donc

Rehx, f(y)i6λmaxRehx, yi.

En remplaçanty par−y, on obtient l’inégalité au sens inverse. Donc Rehf(x), yi= Rehx, f(y)i=λmaxRehx, yi,

où la première égalité provient de l’hypothèse que f est auto-adjoint. Comme y est arbitraire, on obtient f(x) =λmaxx.

Par le lemme précédent, l’espace vectoriel (kx) est stable par f. De plus, la restriction de f à cet espace vectoriel est encore auto-adjoint. Par récurrence on obtient donc le résultat.

Proposition 5.4. — SoitF un sous-espace vectoriel deE. La projection orthogonale pF :E→F ⊂E est auto-adjoint.

Démonstration. — Soient xety deux éléments deE. On a hx, pF(y)i=hpF(x), pF(y)i=hpF(x), yi.

5.2. Automorphismes orthogonaux

Dans ce paragraphe, on suppose quek=R.

Définition 5.5. — On dit qu’un automorphismef :E→E isorthogonal si

∀(x, y)∈E2, hf(x), f(y)i=hx, yi, ou de façon équivalentf=f−1.

Proposition 5.6. — Soit F un sous-espace vectoriel de E. La symétrique orthogo- nalesF est un automorphisme orthogonal.

Démonstration. — L’endomorphismepF étant auto-adjoint,sF l’est aussi. En outre, on as2F = IdE. DoncsF est un automorphisme orthogonal.

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5.3. ORTHOGONAL GROUP 41

Proposition 5.7. — Soitf :E →Eun automorphisme orthogonal. SiH = Ker(f− IdE)est un hyperplan, alorsf est la symétrique orthogonale par rapport àH. Démonstration. — Soit x un vecteur de norme 1 qui est orthogonal par rapport à H. Comme f préserve le produit scalaire et f(y) = y pour touty ∈H, on obtient quef(x)est orthogonal àH et est de norme1, d’oùf(x) =−x. Le résultat est donc démontré.

5.3. Orthogonal group

On désigne parGL(E)l’ensemble des automorphismes deE. C’est un groupe. Soit O(E)le sous-ensemble deGL(E)des automorphismes orthogonaux.

Proposition 5.8. — Le sous-ensemble O(E)deGL(E)est un sous-groupe.

Démonstration. — Si f etg sont deux éléments dansO(E), alors on a (g◦f)◦(g◦f) = (f◦g)◦(g◦f) =f◦f = IdE.

En outre, sif ∈O(E), alors

f∗∗◦f=f◦f= IdE.

DoncO(E, φ)est un sous-groupe deGL(E).

Sif est un automorphisme orthogonal, alors

1 = d´et(IdE) = d´et(f◦f) = d´et(f)2.

Doncd´et(f) = 1or−1. On désigne parSO(E)le sous-groupe deO(E)des automor- phismes orthogonauxf tels que d´et(f) = 1. SoitO(E) = O(E)\SO(E).

Proposition 5.9. — L’ensemble O(E)contient toutes les symétriques par rapport aux hyperplanes.

Démonstration. — Soient H une hyperplane et xun élément deE orthogonal àH. Soiteune base deH. Alors la base desH sous la base{x} ∪eest diag(−1,1, . . . ,1).

Doncd´et(sHx) =−1.

Définition 5.10. — On appelleréflexion toute symétrique orthogonale par rapport à une hyperplane dans E.

Théorème 5.11 (Cartan-Dieudonné). — Tout endomorphisme symétrique f : E → E s’écrit comme la composition d’au plus r réflexions, où r est le rang de E. En particulier, le groupeO(E)est engendré par les réflexions.

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42CHAPITRE 5. ENDOMORPHISMES AUTO-ADJOINTS ET AUTOMORPHISMES ORTHOGONAUX

Démonstration. — On raisonne par récurrence surr. Le cas oùr= 0est trivial. Dans la suite on suppose que le résultat est démontré pour les espace vectoriel de dimension

< r.

Premier cas : On suppose qu’il existe un x ∈ E \ {0} tel que f(x) = x. Soit H ={x}. Pour touty∈H on a

hx, f(y)i=hf(x), f(y)i=hx, yi= 0.

Donc H est invariant par f. Par l’hypothèse de récurrence, il existe des réflexions s1, . . . , sn (avecn∈ {0, . . . , r−1}) dansO(H)telles que

f|H =s1◦ · · · ◦sn

Pour touti∈ {1, . . . , n}, soitesi:E→E prolongeantsi et telle queesi(x) =x. On a Ker(sei−IdE) = Ker(si−IdH)⊕kx.

Doncesi (i∈ {1, . . . , n}) sont des réflexions. En outre, on a f =es1◦ · · · ◦esn

commexest invariant paresi et parf.

Second cas :On suppose quef(x)6=xpour toutx∈E\ {0}. Soient x∈E\ {0}, y=x−f(x)etH ={y}. On a

hx+f(x), x−f(x)i=hx, xi − hf(x), f(x)i= 0, d’oùx+f(x)∈H. On obtient donc

sH(f(x)) = 1

2(sH(x+f(x))−sH(y)) = 1

2(x+f(x)−y) =x et

x+f(x) =sH(x+f(x)) =sH(x) +sH(f(x)) =x+sH(x).

On obtient donc quesH exchangexet f(x)et doncsH◦f est tombé dans le premier cas. Il existe donc des réflexionss1, . . . , sn avecn6r−1telles quesHf =s1◦ · · · ◦sn. On obtient doncf =sH◦s1◦ · · · ◦sn.

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