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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Grosfils, K. (1997). Etude de la fonction acinaire pancréatique à l'aide d'agents pharmacologiques (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Pharmacie, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/212129/1/acc58785-f2e1-4787-b6b9-79f30df711de.txt

(English version below)

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--- English Version ---

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(2)

B.PAH.

INSTITUT DE PHARMACIE UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE

Laboratoire de Biochimie Générale et Humaine Professeur J.P. DEHAYE

ETUDE DE LA FONCTION ACINAIRE PANCREATIQUE A L’AIDE D’AGENTS PHARMACOLOGIQUES

Katrina GROSFILS

Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Pharmaceutiques

1997

(3)

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE

INSTITUT DE PHARMACIE

Laboratoire de Biochimie Générale et Humaine Professeur J.P. DEHAYE

ETUDE DE LA FONCTION ACINAIRE PANCREATIQUE A L’AIDE D’AGENTS PHARMACOLOGIQUES

Katrina GROSFILS

Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Pharmaceutiques

1997

(4)

INSTITUT DE PHARMACIE UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES FACULTE DE MEDECINE ET DE PHARMACIE

Laboratoire de Biochimie Générale et Humaine Professeur J.P. DEHAYE

ETUDE DE LA FONCTION ACINAIRE PANCREATIQUE A L’AIDE D’AGENTS PHARMACOLOGIQUES

Katrina GROSFILS

Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences Pharmaceutiques

1997

(5)

REMERCIEMENTS

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Monsieur le Professeur J.P. Dehaye, chef du service de Biochimie Générale et Humaine, pour sa précieuse et indispensable contribution à l'accomplissement de ce travail.

Malgré des débuts techniquement difficiles et dignes de l'époque mésolithique, son enthousiasme coimiunicatif, sa bonne humeur, sa volonté et ses formidables compétences scientifiques ont permis de franchir les âges afin d'atteindre le 21’^ siècle et permettre l'accomplissement de cette thèse. Qu'il trouve ici l'expression de mes sincères remerciements pour son soutien et son enthousiasme.

Je tiens à remercier mon "sponsor" principal. mon cher père;

Monsieur Jacques Grosfils, pour son soutien constant, sa générosité, et sans qui la rédaction de cette thèse n'aurait pas été possible.

Je voudrais remercier mes collègues et membres du service de Biochimie Générale et Humaine ainsi que tous mes collègues de l'Institut de Pharmacie pour leur bonne humeur et leur soutien tout au long de ce travail.

Je remercie Paul-Olivier Dehaye pour le temps qu'il a passé à la réalisation des beaux modèles présentés dans ce travail.

Je remercie le Professeur J. Nève ainsi que les membres du service de Chimie Pharmaceutique Organique de l'Institut de Pharmacie pour m'avoir permis une utilisation prolongée de leur spectrophotomètre. Je remercie le Fonds National de la Recherche Scientifique, le Ministère de la Communauté Française de Belgique et la Société Belge des sciences Pharmaceutiques pour les bourses qu’ils ont bien voulu m’accorder au cours de mon doctorat afin de me permettre de participer à des réunions scientifiques et je remercie la firme Sopar Pharma pour le généreux don du compteur à scintillation Minibeta.

Je remercie tous les membres du corps académique et le

personnel technique, anciens ou actuels, de l’Institut de Pharmacie de

l’U.L.B. pour l’aide qu’ils ont pu m’apporter au cours de ce travail.

(6)

Qu’11 me soit Ici permis de remercier mon cher mari pour son

soutien attentif, sa patience et son dévouement, mes parents et mes soeurs,

mon grand-père et ma tante en Norvège et mes nombreux amis qui ont toujours

su trouver les mots justes pour m’encourager et me soutenir tout au long de

ce travail.

(7)

TABLE DES MATIERES

Chapitre 1: Introduction générale 1

1. Organisation du pancréas 1

1.1. La cellule acineuse 1

1.2. Le système ductal 2

1.3. Organisation de la circulation sanguine au sein du pancréas 3

1.4. Innervation du pancréas exocrine 3

2. Modulateurs de la sécrétion du pancréas exocrine 4

3. Les récepteurs membranaires 5

3.1. Principaux récepteurs retrouvés sur les acini pancréatiques 7

3.1.1. Les récepteurs cholinergiques 7

3.1.2. Les récepteurs à la cholécystokinine 8

3.1.3. Les récepteurs à la bombésine 12

4. Les protéines G 14

4.1. Définition et classement 14

4.2. Mode de fonctionnement des protéines G 15

4.3. Fonctions cellulaires régulées par les protéines G 17

5. Les effecteurs enzymatiques 20

5.1. L’adénylate cyclase 20

5.2. La phospholipase C 21

5.3. La phospholipase Aj 32

5.4. La phospholipase D 35

5.5. La guanylate cyclase 37

5.6. Les canaux ioniques 37

6 . Conclusion 38

But du travail 41

(8)

Chapitre 2: Matériel et Méthodes ^3

1. Matériel 43

1.1. Animaux 43

1.2. Produits 43

2. Méthodes 44

2.1. Préparation des acini 44

2.2. Dosage de l’amylase 48

2.3. Mesure de la libération de la lacticodéshydrogénase 51

2.4. Mesure du calcium intracellulaire 52

2.5. Dosage de l’inositol 1,4,5-trisphosphate 57

2.6. Etude de la fixation de la N-méthyl-pH]-scopolamine 59

2.7. Statistique 60

Chapitre 3: Caractérisation de la préparation cellulaire 61

3.1. Introduction 61

3.2. Résultats 62

3.2.1. Préparation des acini 62

3.2.1.1. Sécrétion d’amylase par des acini pancréatiques préparés avec

les collagénases A et P 62

3.2.1.2. Effet de différentes concentrations de sécrétagogues sur la sécrétion

d’amylase 63

3.2.1.3. Mesure de la [Ca^^jj: mobilisation du calcium intracellulaire en réponse

aux divers agents sécrétagogues 65

3.2.1.4. Comparaison de l’effet du carbachol et du CCK sur la sécrétion d’amylase

et sur la [Ca^'^Jj 70

3.2.2. Perméabilisation des acini 73

3.2.2.1. Effet de la concentration en calcium libre sur la perméabilisation

par la streptolysine O 73

3.2.2.2. Effet de différentes concentrations de SLO en présence de 0,26 pM

de calcium libre dans le milieu 76

3.2.2.3. Effet de deux sécrétagogues sur la sécrétion d’amylase par des

acini perméabilisés 76

(9)

3.3. Discussion 79

3.4. Conclusion 86

Chapitre 4: Interaction entre les sécrétagogues et des agents pharmacologiques 87

4.1. Introduction 87

4.2. Résultats 88

4.2.2. Effet de l’isobutylméthylxanthine (IBMX) 88

4.2.2.1. Effet de l’IBMX sur la sécrétion d’amylase 88

4.2.2.2. Effet de l’IBMX sur la sécrétion d’amylase en réponse aux sécrétagogues 89 4.2.3. Effet de l’IBMX et de la forskoline sur la réponse au carbachol 95 4.2.4. Effet du vérapamil et du diltiazem sur la réponse au carbachol 95 4.2.5. Effet du vérapamil et du diltiazem sur la réponse au fluorure 101

4.3. Discussion 107

4.4. Conclusion 110

Chapitre 5: Caractérisation de la réponse au fluorure des acini pancréatiques de rat 112

5.1. Introduction 112

5.2. Résultats 115

5.2.1. Effet du fluorure sur la sécrétion d’amylase 115

5.2.2. Effet du fluorure sur la sécrétion d’amylase en réponse au carbachol 116 5.2.3. Effet du fluorure sur la sécrétion d’amylase en réponse au CCK 116

5.2.4. Effet du fluorure sur la [Ca^^^li 120

5.2.5. Effet du fluorure sur la [Ca^'^Jj en absence de calcium extracellulaire 120 5.2.6. Effet du CCK sur la [Ca^"^]! 10 minutes après la réponse au fluorure 124 5.2.7. Effet du carbachol sur la 10 minutes après la réponse au fluorure 124 5.2.8. Effet du fluorure sur l’élévation de la [Ca^"^]! en réponse à la thapsigargine 124

5.3. Discussion 132

5.4. Conclusion 136

(10)

Chapitre 6: Effet d’un agent pharmacologique, la mépacrine, sur la sécrétion

du pancréas exocrine de rat 139

6.1. Introduction 139

6.2. Résultats 141

6.2.1. Effet de la mépacrine sur la libération d’amylase dans des acini intacts 141 6 .2.1.1. Effet de la mépacrine sur la sécrétion d’amylase en réponse à divers

sécrétagogues 141

6.2.1.2. Effet de la mépacrine sur la réponse au carbachol 143 6.2.1.3. Effet de la mépacrine sur la réponse au CCK 143 6.2.1.4. Effet de la mépacrine sur la réponse au TPA 143 6.2.1.5. Effet de la mépacrine sur la réponse au fluorure 147 6.2,2. Effet de la mépacrine sur la libération d’amylase par des acini perméabilisés 147

6.2.2.1. Interaction entre la mépacrine et le GTPrS 147

6.2.2.2. Effet de la mépacrine sur la sécrétion d’amylase en réponse à différentes

concentrations de GTP

t

S 150

6.2.2.3. Effet de la mépacrine sur la sécrétion d’amylase en réponse au TPA 150 6.2.2.4. Effet du TPA sur la sécrétion d’amylase en réponse au GTP

t

S 155

6.3. Discussion 157

6.4. Conclusion 162

Chapitre 7: La thapsigargine et la régulation du calcium intracellulaire

dans les acini pancréatiques de rat 164

7.1. Introduction 164

7.2. Résultats 167

7.2.1. Effet de la thapsigargine seule sur la [Ca^'^Jj 167 7.2.1.1. Réponse à la thapsigargine en présence de calcium extracellulaire 167 7.2.1.2. Réponse à la thapsigargine en absence de calcium extracellulaire 167 7.2.2. Interaction de la thapsigargine avec la mobilisation de calcium

intracellulaire en réponse aux agonistes 167

7.2.2.1. Effet de la thapsigargine sur la [Ca^‘^]j 2minutes après une

stimulation par le carbachol 167

(11)

1.2.2.2. Effet de la thapsigargine sur la [Ca^"^]!, 5 minutes après une stimulation

par le carbachol ou le CCK 170

1.2.2.2). Effet de la thapsigargine sur la [Ca^'^Ji 5 minutes après une stimulation par le carbachol, le CCK ou la bombésine en absence de calcium

extracellulaire 171

7.2.2.4. Effet de la thapsigargine sur la réponse au CCK en absence de calcium

extracellulaire 175

1.2.2.5. Effet de la thapsigargine sur la réponse à la bombésine 178 7.2.3. Effet de la thapsigargine sur l’influx de calcium 178 7.2.3.1. Effet de la thapsigargine sur l’équilibre d’influx de calcium extracellulaire 178 7.2.3.2. Effet de la thapsigargine et du carbachol sur l’équilibre d’influx de calcium

extracellulaire 182

7.3. Discussion 184

7.4. Conclusion 189

Chapitre 8: Effet de la caféine sur la réponse à des agents sécrétagogues

du pancréas exocrine de rat 190

8.1. Introduction 190

8.2. Résultats 192

8.2.1. Effet de la caféine sur la réponse au carbachol 192 8.2.1.1. Effet de la caféine sur la sécrétion d’amylase et sur la réponse

sécrétoire au carbachol 192

8 .2.1.2. Effet de la caféine 10 mM sur la sécrétion d’amylase en réponse

au carbachol 192

8.2.1.3. Effet de la caféine 10 mM sur la courbe dose/sécrétion d’amylase

en réponse au carbachol 195

8.2.1.4. Effet de la caféine sur la [Ca^"^]! 195

8.2.1.5. Effet de la caféine 20 mM sur la réponse à la thapsigargine 1 ^tM

en absence de calcium extracellulaire 198

8.2.1.6. Effet de la caféine 1,3 et 20 mM sur l’élévation de la [Ca^"^]) en

réponse au carbachol en présence de calcium extracellulaire 202

(12)

8.2.1.7. Effet de la caféine sur l’élévation de la [Ca^‘^]j en réponse au carbachol

en absence de calcium extracellulaire 202

8.2.1.8. Effet d’une préincubation de 5 minutes avec la caféine sur l’élévation

de la [Ca^"^]; en réponse au carbachol 208

8.2.1.9. Effet de la caféine sur la fixation du pH]-NMS 208 8.2.1.10. Effet de la théophylline sur la sécrétion d’amylase en réponse au carbachol 212

8.2.1.11. Discussion 214

8.2.2. Effet de la caféine sur la réponse aux autres sécrétagogues 217 8.2.2.1. Effet de la caféine 20 mM sur la réponse sécrétoire au CCK 217 8.2.2.2. Effet de la caféine 20 mM sur la réponse sécrétoire à la bombésine 217 8 .2.2.3. Effet de différentes concentrations de caféine sur la sécrétion d’amylase

en réponse à trois concentrations de fluorure 217

8 .2.2.4. Effet de différentes concentrations de caféine sur la sécrétion d’amylase

en réponse à trois concentrations de TPA 220

8 .2.2.5. Effet de la caféine sur la sécrétion d’amylase en réponse à différentes

concentrations de GTP

t

S 220

8 .2.2. 6 . Effet de la caféine sur l’élévation de la [Ca^"^]) réponse à la bombésine 224 8 .2.2.7. Effet de la caféine 20 mM sur l’élévation de la [Ca^'^Jj en réponse

à la bombésine, en absence de calcium extracellulaire 228 8.2.2. 8 . Effet de la caféine sur l’élévation de la [Ca^'^Jj en réponse au CCK 228 8 .2.2.9. Effet d’une préincubation plus courte avec la caféine sur l’élévation

de la [Ca^^^li en réponse au CCK 232

8.2.2.10. Effet de la caféine sur les variations de la [Ca^^]j en réponse au CCK

en absence de calcium extracellulaire 235

8.2.2.11. Effet de la caféine sur l’élévation de la [Ca^^]j en réponse au CCK

ajouté à 5 minutes en absence de calcium extracellulaire 235 8.2.2.12. Effet de la caféine sur l’élévation de la concentration d’IPj cytosolique

en réponse au CCK et à la bombésine 235

8.2.2.13. Effet de la caféine sur la valeur d’équilibre d’influx en réponse au CCK 241 8.2.2.14. Effet de la caféine sur la valeur d’équilibre d’influx en réponse

à la thapsigargine 241

(13)

8.2.2.15. Effet de la caféine sur l’élévation de la [Ca^^]j en réponse à la thapsigargine ajoutée 5 minutes après une stimulation par le CCK et

en absence de calcium extracellulaire 244

8.2.2.16. Effet de la caféine sur la valeur de l’équilibre de l’influx en réponse

à une stimulation par le CCK suivie d’une stimulation par la thapsigargine 247

8.2.2.17. Discussion 249

8.2.2.18. Conclusion 255

Résumé du travail 257

Conclusion générale 259

Liste des abréviations utilisées 261

Bibliographie 263

(14)

(CIMJPITIRE 1

INTROniirTION GENERALE

Le pancréas est une glande digestive située dans le cadre duodénal entre l’estomac, la rate et le duodénum. Elle est constituée d’une tête enchâssée dans l’anneau duodénal, d’un col, d’un corps et d’une queue. C’est une glande à sécrétion mixte à la fois endocrine et exocrine.

Le pancréas est de couleur rosée et apparaît fortement divisé: ces divisions représentent les lobules macroscopiques au sein desquels existent les lobules microscopiques qui sont les unités fonctionnelles du pancréas exocrine. Chaque lobule microscopique est composé d’une large proportion de cellules acineuses qui synthétisent des enzymes digestifs et les emmagasinent dans des granules de zymogènes et d’une plus faible proportion de cellules ductales. Les acini déversent leur sécrétion dans des canaux. L’unité sécrétrice du pancréas exocrine est l’acinus, composé de cellules acineuses bordant la lumière d’un espace centro- acinaire.

Le tissu endocrinien du pancréas occupe une partie des lobules et les îlots de Langerhans sont dispersés dans le tissu exocrine. Les îlots de Langerhans sont composés de cellules a, 6 , ô et PP. Les cellules a sécrètent le glucagon, les cellules 6 l’insuline, les cellules ô contiennent de la somatostatine et les cellules PP le Polypeptide Pancréatique. Environ 11 % des cellules du pancréas sont ductales et les îlots occupent 1 à 2 % du volume de la glande. Chaque îlot est composé d’environ 5000 cellules endocrines.

L ORGANISATION DU PANCREAS

1.1. La cellule acineuse

De son origine épithéliale, la cellule acineuse a conservé sa polarité. La polarisation des acini

pancréatiques est fondamentale pour leur fonctionnement. La partie infra et para nucléaire

est occupée principalement par le réticulum endoplasmique rugueux, tandis que l’appareil de

Golgi et les granules de zymogènes sont localisés principalement au pôle apical. Le pôle

basal de la cellule reçoit les signaux extérieurs hormonaux ou neuro-hormonaux émis en

(15)

réponse à la prise de nourriture, ce qui déclenche au pôle apical la sortie des grains de sécrétion. Au pôle apical, les granules de zymogènes se présentent comme de petites vacuoles remplies de protéines. C’est par ces grains de zymogènes que le contenu enzymatique de la cellule est véhiculé vers le milieu extracellulaire, dans la lumière de l’espace centro-acinaire.

L’exocytose est un événement par lequel les granules de zymogènes se rassemblent au niveau de la membrane plasmique du pôle apical et ensuite par un système de reconnaissance inconnu, la membrane plasmique et la membrane du grain de zymogène fusionnent.

1.2. Le système ductal

Les cellules ductales forment un système tubulaire de cellules épithéliales par lequel les sécrétions exocrines arrivent au duodénum. Ces cellules sécrètent un fluide riche en bicarbonate qui permet le drainage des enzymes digestifs jusqu’au duodénum (Case et Argent, 1993). Le système ductal est composé de trois parties majeures:

- les canaux intralobulaires - les canaux interlobulaires - le canal pancréatique majeur

Les canaux intralobulaires

La partie initiale de ces canaux est formée par les canaux intercalaires, composés de cellules centroacineuses. Une des caractéristiques de ces cellules est de pouvoir élaborer des interdigitations aux membranes latérales et basales. Elles ressemblent donc à ce point de vue aux cellules striées des canaux des glandes salivaires.

Les canaux interlobulaires

Ils sont formés par des cellules pyramidales qui projettent des microvillosités du côté luminal et qui contiennent de nombreux granules sécrétoires dans leur cytoplasme apical. Ces cellules sécrètent des mucoprotéines mais on sait peu de choses des fonctions de ces protéines.

Canal pancréatique principal ou canal de Wirsung

Les cellules de ce canal ont les mêmes caractéristiques que les cellules des canaux

interlobulaires. Cependant, elles ont une particularité: il existe un grand turnover des cellules

avec un remplacement continu des cellules mortes. Ce phénomène peut être dû soit au reflux

de sels biliaires et d’enzymes hydrolytiques provenant du duodénum qui détruit les cellules,

soit cette partie du système ductal est spécialement sensible aux facteurs de transformation

(16)

cellulaire. C’est dans le canal de Wirsung que sont déversées les sécrétions enzymatiques.

Le principal canal de drainage de la sécrétion exocrine commence dans la queue du pancréas par une confluence des canaux interlobulaires, passe ensuite dans le corps puis dans le cou et enfin dans la tête du pancréas, y recevant les canaux secondaires. Finalement le canal principal se termine par l’ampoule de Vater et le sphincter d’Oddi aboutissant dans le duodénum. Le canal cholédoque arrivant de la vésicule biliaire est en relation directe avec l’ampoule de Vater. Le canal pancréatique pénètre dans le duodénum en oblique, parallèlement au canal biliaire.

1.3. Organisation de la circulation sanguine au sein du pancréas;

Le pancréas reçoit le sang des branches de deux larges troncs artériels provenant de la surface antérieure de l’aorte: le tronc coeliaque (par ses branches hépatique et splénique) et l’artère mésentérique. Au sein même du pancréas, le sang provenant des îlots passe par des capillaires irriguant le tissu exocrine; alors que le pancréas endocrine ne constitue qu’environ 2 % de la totalité de la glande, 20 % du flux sanguin intrapancréatique passent par les cellules 6 (Lifson et al., 1980). Les plus grosses cellules 6 se trouvent à proximité des vaisseaux sanguins. L’efflux veineux de ces cellules ne passe pas par la partie exocrine. Les cellules B plus petites et plus nombreuses sont localisées à proximité des plus petites artérioles. Le sang veineux provenant de ces artérioles passe par la partie exocrine formant une circulation intrapancréatique (Bonner-Weir et Orci, 1993). Lorsque le sang passe par les îlots, il s’enrichit des hormones des îlots qui peuvent alors diffuser par les capillaires dans les cellules acineuses. Chaque espèce animale possède sans doute un flux artériel direct vers les îlots et vers les acini, un drainage veineux direct des larges cellules des îlots et un système insulo-acinaire portai depuis les petites cellules des îlots.

Le système veineux du pancréas entre dans le système portai hépatique dans la région de formation de la veine portale hépatique par la veine splénique et la veine mésentérique supérieure.

1.4. Innervation du pancréas exocrine

L’innervation du pancréas se fait à partir du nerf vague et du nerf splanchique. Le vague

antérieur et postérieur envoie des branches au pancréas directement ou en passant par le

ganglion préaortique. Le nerf splanchique innerve les vaisseaux sanguins pancréatiques, le

(17)

ganglion et les îlots. Il existe trois plexus intrapancréatiques: le plexus périvasculaire, périacinaire et périinsulaire. Le pancréas est soumis aux mêmes peptides que ceux retrouvés dans le tractus gastro-intestinal (le Vasoactive Intestinal Peptide ou VIP, le Peptide Histidine Isoleucine ou PHI, le NeuroPeptide Y ou NPY et le Gastrin Releasing Peptide ou GRP).

Dans certaines espèces on retrouve également, comme neuropeptides, la galanine, la tachykinine, la substance P et la neurokinine A.

Le système parasympathique a une influence importante sur la sécrétion du pancréas exocrine tandis que l’effet de la transmission adrénergique est moins clair: une grande part des fibres postganglionnaires du sympathique se terminent sur les vaisseaux sanguins intrapancréatiques et donc provoquent une vasoconstriction.

2. MODULATEURS DE LA SECRETION DU PANCREAS EXOCRINE Ces modulateurs sont repris dans le tableau I qui suit.

Tableau I:

Hormones ou peptides

Neuropeptides

Stimulants Sécretine Vasoactive intestinal

peptide (VIP) Cholécystokinine

Neurotensine

peptide histidine

Motiline isoleucineamide (PHI)

Insuline Gastrin-releasing peptide

(GRP) Secretin-releasing peptides

dans le suc intestinal Substance P

CCK-releasing peptides dans Pituitary adenylate le suc intestinal cyclase activating

polypeptide (PACAP) CCK-releasing peptides dans

le suc pancréatique

(18)

Inhibiteurs Pancreatic polypeptide Calcitonine gene-related peptide (CGRP)

Peptide YY

Galanin Somatostatine

Enképhaline Glucagon

Neuropeptide Y Pancreostatine

Thyrotropin-

releasing hormone (TRH)

Certains de ces hormones ou peptides agissent sur les cellules acineuses via des récepteurs transmembranaires spécifiques situés sur la membrane plasmique des cellules acineuses. Ces récepteurs sont couplés à un système permettant le transfert du signal au compartiment intracellulaire. Dans le pancréas exocrine, il semble que tous ces systèmes soient composés d’une protéine G et d’un effecteur enzymatique. Le système de transduction complet est donc composé du récepteur, de la protéine G et d’un effecteur lié à la membrane plasmique.

3. LES RECEPTEURS MEMBRANAIRES

Les récepteurs ont la propriété de reconnaître avec une haute affinité un ligand, et ils ont la capacité une fois le ligand spécifique lié, de participer au processus d’activation cellulaire.

Ce sont des protéines qui traversent la membrane de part en part avec un versant extracellulaire relié à un versant cytoplasmique par une zone transmembranaire (Figure 1).

La majorité des récepteurs retrouvés sur les cellules acineuses appartiennent à une super famille de récepteurs possédant dans leur séquence d’acides aminés 7 zones d’une vingtaine d’acides aminés hydrophobes et qui sont susceptibles de traverser la bicouche lipidique membranaire (Boege et al., 1991).

Ils sont constitués de protéines glycosylées en chaînes de 460 à 590 acides aminés qui

traversent la membrane plasmique sept fois créant quatre domaines extracellulaires et quatre

domaines intracellulaires. Ils fixent le ligand sur le versant extracellulaire et traduisent leur

message en interagissant avec une protéine fixant la guanosine triphosphate.

(19)

Figure 1: La localisation transmembranaire et la séquence du récepteur muscarinique M2.

La protéine possède 7 hélices a constituant les 7 domaines transmembranaires (I à VII), 4 domaines extracellulaires (o-l à o-4) et 4 domaines intracellulaires (i-1 à i-4). L’aspartate marquée X (dans le domaine transmembranaire III) serait importante dans la fixation de l’agoniste ou de l’antagoniste, La séquence en acides aminés marquée XX indique un site probable de fixation de la protéine G.

(D’après Goyal et al., 1989).

En 1971, Rodbell et al. avaient observé que la présence de GTP était nécessaire pour

l’activation de l’adénylate cyclase. Les intermédiaires dans l’activation cellulaire par une

hormone ou un neurotransmetteur utilisent une protéine capable de fixer du GTP et qui a été

appelée protéine G. En 1976 Cassel et Selinger démontrent l’activité GTPase de la protéine

G. Le système de la protéine G est activé par la fixation de GTP et l’hydrolyse du GTP initie

la désactivation, (voir plus loin)

(20)

3.1. Principaux récepteurs retrouvés sur les acini pancréatiques

3.1.1. Les récepteurs cholinergiques

Les neurones cholinergiques libèrent l’acétylcholine à leur extrémité. Celle-ci stimule la cellule cible en se fixant sur un récepteur spécifique de la membrane cellulaire. Les récepteurs cholinergiques sont de deux types: soit nicotiniques soit muscariniques. Les récepteurs nicotiniques sont retrouvés dans les muscles striés, les ganglions autonomes, la médullo-surrénale et dans le système nerveux central. Les récepteurs muscariniques participent à des processus physiologiques tels que la transmission nerveuse, la contraction des muscles lisses et la sécrétion exocrine et endocrine. Différentes classes de récepteurs muscariniques ont pu être identifiées à ce jour. Le tableau II reprend ces différents classes.

Tableau II (d’après Alexander et Peters, 1997)

Acétylcholine receptors (muscarinic)

Nomenclature*' M, M, M, M, Ms

Sélective antagoniste MT-7 toxin (9.8) telenzepine (9.1) pirenzepine (8.0)

tripitramine (9S) himbacine (8.2) melhoctramine (7.9) AFDXn6(7J)

darifenadn (9.4) HHSiD(8.0) pFHHSiD(7.8)

MT-3 toxin (8.1) tropicamide (7.8) PD102807 (7J)

Radioligands* PHlpircnzepine - - - -

G protein etfector G./, G,/U G./0 G,/,|

Gene/Chromosomal localization

CHRMI/n CHRM2/7q35-36 CHRM3/Iq43-44 CHRM4/Upl2-n.2 CHRA45/15q25

Structure - 7TM h460 P11229 m460 P12657 r460 P08482

h466 P08172 r466 P10980

hS90 P20309 rS89P08483

H479 P08173

‘ m479 P32211 r478P08485

hS32 P08912 r531 P08911

*nomendAtxue *gre«d by the NC*IUPHAR Subcommiitce on Muscarinic Acétylcholine Receplon

VH)(->M>mrthyiacDpoUmineand pHK*')'3K)uinudldinylbvfuiUleafenunsclcctivcradk>ligand»i>fHi hâve values of U»s tlian lilnM al allsubtypvs

ft

Une nomenclature basée soit sur les caractéristiques pharmacologiques, soit sur la structure

(21)

moléculaire existe. Suivant les caractéristiques pharmacologiques, on a cinq types de récepteurs. Ils sont classés suivant leur spécificité pharmacologique et suivant leur affinité pour les antagonistes. On a le type Mj (haute affinité pour la pirenzepine), M 2 (haute affinité pour l’AFDX-116), M 3 (haute affinité pour rhexahydrosiladifenidol(HHSD)), M 4 et M 5 . Suivant les formes moléculaires on retrouve cinq classes: ml, m2, m3, m4, m5. Les formes pharmacologiques M,, M 2 , M 3 , M 4 et M 5 sont assimilables aux formes moléculaires m,, m 2 , mj, m 4 et mj. Les récepteurs de types M,, M 3 et Mj activent la protéine G,/„. Les formes Mj et M 4 sont couplées à une protéine Gj. Ce sont des récepteurs de type pharmacologique M 3 ou moléculaire m 3 qui sont retrouvés sur les cellules acineuses du pancréas exocrine (Louie et al., 1986).

L’étude de la sécrétion d’amylase en réponse à un agoniste muscarinique, le carbachol, montre une courbe dose/effet en forme de cloche. L’étude de la fixation du N-[^H]méthyl- scopolamine (pH]NMS) a permis de mettre en évidence deux composantes de la fixation de l’agoniste sur le récepteur et suggère la présence de deux classes ou d’états différents du récepteur: une classe à haute affinité et une classe à faible affinité pour l’agoniste muscarinique (Dehaye et al., 1984*’).

La fixation d’agonistes cholinergiques sur les récepteurs muscariniques du pancréas induit un turnover immédiat des polyphosphoinositides, une augmentation de la [Ca^"*^]! suivie de l’exocytose de granules de zymogènes. La sécrétion d’amylase est maximale après 5 minutes.

Une plus longue exposition à l’agoniste donne une réponse plus lente et moins grande ("désensibilisation"). Un troisième effet qui survient après plusieurs heures consiste

en une diminution de la population des récepteurs ("downregulation").

3.1.2. Les récepteurs à la cholécvstokinine

La cholécystokinine (CCK) est produite et sécrétée par un type de cellules endocrines de la muqueuse de l’intestin (Buffa et al, 1976) au niveau du duodénum et du jéjunum proximal.

Il semble que ce soit l’interaction de la nourriture ingérée avec la surface apicale de ces

cellules qui mettrait en route le signal de la production et de la sécrétion de cholécystokinine

et sa libération dans le sang par la surface basale de ces cellules. D’autres auteurs ont

suggéré la présence dans le suc intestinal et dans le suc pancréatique de peptides capables de

réguler la libération du CCK à partir des cellules de la muqueuse intestinale (Lu et al., 1989)

(Fushiki et al., 1984).

(22)

Le CCK fut purifié pour la première fois à partir de l’intestin de porc par Mutt et Jorpes en 1968 sous la forme d’un peptide de 33 acides aminés (Mutt et Jorpes, 1968). En fait cette forme comme d’autres formes circulantes, résulte du clivage enzymatique à de nombreux sites d’une préhormone de 115 acides aminés pour donner diverses formes nommées suivant leur nombre d’acides aminés (Deschenes et al., 1984). L’activité biologique est totalement contenue dans l’heptapeptide C-terminal. En effet une sulfatation du résidu tyrosine à la position 7 (comptée à partir du résidu C-terminal) et une alpha-amidation de la fonction carboxylique terminale de la phénylalanine sont nécessaires pour l’activité biologique du CCK. Toutes les formes actives du CCK possèdent donc cette séquence C-terminale.

Structure du CCK et des peptides apparentés (Williams et Blevins, 1993):

Peptide Structure

Porcine CCK-33 Lys-Ala-Pro-Ser-Gly-Arg-Val-Ser-Met-Ile-Lys-Aen-Leu-Gln-Ser-

so,

Leu-Asp-Pro-Ser-His-Arg-Ile-Ser-Asp-Arg-Asp-Tyr-Met-CIy-Trp-Met-Asp-Phe-NHf Haman gastrin-17 Glp-Gly-Pro-Trp-Leu-Glu-Glu-Glu-Glu-Glu-Ala-Try-Gly-Trp-Met-Asp-Phe-NH,

Câerulein

SO,

Glp-GIn-Asp-Tyr-Thr-Gly-Trp-Met-Asp-Phe-NH,

CCK-8

SO,

Asp-Tyr-Met-Gly-Trp-Mel-Asp-Pbe-NH,

JMV-180

SO,

t-BOC-Tyr-Nle-Gly-Trp-NIe-A8p-2-phenylethyl ester

OPE-CCK

SO,

D-Tyr-Gly-As|>-TVr-Nle-Gly-Trj>-Nle-A8p-2-phenylethy: ester CCK, choiccystokinin; t-BOC, tcrt-butoxy-carbonyl.

La fonction physiologique connue du CCK dans le pancréas est secondaire à sa liaison avec

le seul récepteur CCK A. Il existe deux grandes classes de récepteurs à CCK: le récepteur

CCK A et le CCK B codés par deux gènes distincts. Le pancréas de rat n’exprime que le

RNA messager du récepteur de type A. Le récepteur est constitué d’une protéine de 444

acides aminés de masse moléculaire relative de 49600 (Wank et al., 1992). La séquence

indique quatre sites potentiels de glycosylation sur des régions du récepteur qui seraient

extracellulaires. Ce récepteur fait également partie des récepteurs possédant 7 domaines

transmembranaires. Deux autres peptides naturels sont capables d’interagir avec les

récepteurs à CCK; il s’agit de la caeruline (isolée à partir de la peau d’une grenouille) et de

(23)

la gastrine (hormone polypeptidique sécrétée essentiellement par des cellules G de l’anse gastrique).

L’étude de la fixation du CCK sur son récepteur a permis de mettre en évidence deux états du récepteur au niveau du pancréas exocrine; un état à haute affinité (Kd = 65 pM) mais à faible capacité et un autre état à faible affinité (Kd= 21 nM) mais à grande capacité. Un troisième état a été suggéré qui serait similaire à l’état à haute affinité mais peut être différencié par sa capacité à lier la *^^1-Gastrine. Ce troisième état serait formé de récepteurs à gastrine qui lient le CCK avec une forte affinité et ne serait pas rétrouvé chez la souris et le rat. L’occupation du premier état correspond à l’élévation de la sécrétion d’amylase tandis que l’occupation du deuxième état est liée à la diminution de la sécrétion observée sur la courbe dose/effet de l’agoniste. Il y a donc une sécrétion submaximale d’amylase en présence de doses supra-maximales de CCK. La désensibilisation du récepteur résulte d’une altération dans le fonctionnement des récepteurs couplés aux protéines G. Les récepteurs au CCK seraient soumis à certains mécanismes de contrôle impliquant le GTP, une phosphorylation par la protéine kinase C activée par la bombésine ou par l’agoniste muscarinique (Zhu et al., 1994). Le CCK peut lui-même induire une désensibilisation de son récepteur mais son action ne serait pas liée uniquement à l’activation de la protéine kinase C (Rao et al., 1997).

Sur une cellule acineuse isolée, l’activation des récepteurs à haute affinité induit des oscillations de la [Ca^^Ji (Tsunoda et al., 1990) et il semble que ces récepteurs soient couplés à une phospholipase (Tsunoda et Owyang, 1995“). La fixation du CCK sur les récepteurs à plus faible affinité induit une activation de la phospholipase C et donc une mobilisation de calcium intracellulaire. Cette mobilisation est rapide: une élévation de la [Ca^"^]; est détectée endéans les 5 secondes en présence de CCK. De fortes concentrations de CCK entraînent une élévation de rAMP^yciique dans des fragments de pancréas et acini dispersés (Deschodt- Lanckman et al., 1975).

Le CCK est principalement responsable de l’activation de la sécrétion d’amylase par les acini

pancréatiques. Mais cette hormone a également d’autres effets sur la cellule acineuse. En

réponse à du CCK endogène ou exogène, le pancréas peut s’hypertrophier. Le CCK est

mitogène pour les cellules acineuses et ductales. Le CCK stimule la synthèse des enzymes

digestives, active une forme de la kinase S 6 (responsable de la phosphorylation de sous-unité

protéique ribosomale 40S) et élève l’expression de facteurs de transcription tels que c-myc,

c-jun et c-fos (Lu et Logsdon, 1992). Cette action du CCK semble médiée par l’activation

(24)

de la Mitogen-Activated Protein Kinase ou MAPK (Duan et Williams, 1994) avec un maximum d’activité entre 1 et 10 nM en CCK. Deux classes d’agonistes sont capables _ d’activer les MAP kinases; les facteurs de croissance dont les récepteurs possèdent une activité tyrosine kinase intrinsèque (RYK) ou sont associés à une telle activité et certains récepteurs couplés à une protéine G. Le CCK est responsable de la phosphorylation de diverses protéines vraisemblablement par l’intermédiaire de la PKC, mais une phosphorylation de tyrosine en réponse au CCK a également été mise en évidence indiquant la présence d’une activité tyrosine kinase distincte de RYK (Duan et al., 1994). Seuls, la bombésine, le carbachol et le CCK sont capables d’activer la MAP kinase dans les acini pancréatiques indiquant que l’hydrolyse des polyphosphoinositides membranaires par la phospholipase C est responsable de cette cascade d’événements. Cette MAP kinase est activée par une MAP kinase kinase qui phosphoryle la MAP kinase sur des résidus thréonine et tyrosine. Cette MAP kinase kinase est elle-même activée par les Raf-1 kinases qui sont elles- même activées par la formation d’un complexe avec Ras en réponse à l’activation des RYK.

Cette MAP kinase kinase est également activée par une kinase qui serait activée par la protéine kinase C. Le CCK est capable d’activer la MAP kinase kinase et Ras et cette action serait médiée par la protéine kinase C (Duan et al., 1995). Récemment, Dabrowski et al.

(1996) suggèrent que l’activation de Ras par le CCK est induit par la phosphorylation par l’intermédiaire de la protéine kinase C activée par le sécrétagogue, d’une tyrosine de la protéine Shc. Cette dernière fonctionne en fait comme adaptateur, intermédiaire pour l’activation de Ras. Cette protéine Shc contient un domaine SH2 qui lui permet d’interagir avec une tyrosine phosphate d’un RYK mais elle peut également être directement phosphorylée sur un résidu tyrosine. Une autre protéine intermédiaire (Grb2) associée à SOS (qui est un activateur de l’échange du guanyl nucléotide sur la proteine G de faible poids moléculaire tel que le Ras) s’associe à cette protéine Shc. Ces interactions entre protéines induit la translocation de SOS du cytosol vers la membrane plasmique où est localisé le Ras.

Lorsque Ras est activé, il active la kinase Raf-1. Le substrat principal de cette dernière

kinase est la MAP kinase kinase. Les résultats de Dabrowski et al. (1996) indiquent que 1e

CCK induit la formation du complexe protéique Shc-Grb2 par un mécanisme qui dépend de

la protéine kinase C. Le lien existant entre l’activation de la protéine kinase C et la

phosphorylation de Shc n’est pas connu. Il est possible que des kinases de la famille Src

interviennent. D’un autre côté, Tsunoda et al. (1996) montrent que le CCK peut stimuler

(25)

l’activité de la Src kinase (qui est une protéine tyrosine kinase non associée à un récepteur à tyrosine kinase) et ces auteurs suggèrent que cette activité est couplée à la sécrétion d’amylase en réponse au CCK.

Rivard et al. (1994) observent que le CCK active une activité tyrosine kinase dans le pancréas, que cette activation peut être en partie associée à la sécrétion enzymatique.

L’activation durable de cette tyrosine kinase, l’activation d’une phospholipase D et de la phosphatidylinositols 3-kinase spécifiquement en réponse à la caeruline indiqueraient que ces trois enzymes sont impliqués dans la cascade de réactions menant à la croissance du pancréas. De plus, ces auteurs montrent une corrélation entre l’activité tyrosine kinase et phospholipase D. Nous savons que le CCK active une phospholipase D dans les acini pancréatiques (Rydzewska et Morisset, 1995) et que l’action de la phospholipase D sur les phosphatidylcholines membranaires produit de l’acide phosphatidique qui semble être un signal mitogène dans différents systèmes cellulaires. D’autre part, l’acide phosphatidique peut être transformé en diacylglycérol par une phosphohydrolase. Ces diacylglycérols pourraient activer la protéine kinase C. L’activation de la MAP kinase pourrait entre autres activer une phospholipase Aj. L’activation de la PLAj sera expliquée plus loin.

Il faut aussi noter avant de clore la présentation du CCK, qu’a été synthétisé un analogue du CCK: le JMV180. Dans ce composé, le lien entre l’acide aspartique et la phenylalanine terminale est modifié et la fonction amide terminale est supprimée. Ce composé présente une stimulation monophasique de la sécrétion d’amylase, pas d’inhibition de la sécrétion à des concentrations supra-maximales et il se lie sur tous les états du récepteur à CCK avec une affinité similaire (Sato et al., 1989). Il se peut qu’il se comporte comme agoniste sur les sites à haute affinité et comme antagoniste sur les sites à faible affinité (Stark et al., 1989). Ce composé n’aurait pas d’effet sur la phospholipase C et n’induirait donc pas de production d’inositol trisphosphate (Matozaki et al., 1990).

3.1.3. Les récepteurs à la bombésine

La bombésine est un tétradécapeptide purifié en 1971 à partir de la peau d’une grenouille:

Bombina bombina (Anastasi et al, 1971). Depuis lors, de nombreux peptides similaires ont

été isolés à partir de sources diverses et divisés en trois familles en se basant sur le tripeptide

terminal. On distingue les familles: bombesine, ranatensine et phyllolitorin. Chez les

mammifères, les seuls peptides similaires isolés sont la Gastrin-Releasing Peptide (GRP) de

(26)

la famille bombésine et la neuromedine-B (NMB) de la famille des ranatensines. L’activité biologique de la bombésine et des substances apparentes est localisée dans le nonapeptide C-terminal de ces peptides (Deschodt-Lanckman et al., 1976). Ces peptides provoquent une grande variété de réponses biologiques: sécrétion gastrique et de mucus, régulation de la contraction des muscles lisses et modulation de la vitesse de la transmission nerveuse. Ces peptides exercent leurs effets en se fixant sur des récepteurs spécifiques à haute affinité de la surface cellulaire. Ces récepteurs appartiennent à la famille des récepteurs possédant sept domaines transmembranaires et couplés à une protéine G.

Le clonage et le séquençage du récepteur au GRP (Battey et al., 1991) a révélé une protéine de 384 acides aminés de masse moléculaire relative de 43000. Le récepteur à NMB fut également identifié comme une protéine de 390 acides aminés et de masse moléculaire relative de 43000. Ces récepteurs comportent sept domaines hydrophobes correspondant aux sept domaines transmembranaires; il y a deux à quatre sites extracellulaires de glycolysation.

Dans le domaine intracellulaire, on retrouve la séquence Cys-Cys proximale qui serait le site de palmitoylation, fournissant un ancrage de la molécule dans la membrane et permettant la création d’une quatrième boucle intracellulaire.

Le RNA messager du récepteur au GRP a été détecté dans le pancréas et le cerveau de souris, le colon, le pancréas et le cerveau de rat (Battey et al., 1991). Le RNA messager du récepteur à NMB est également détecté dans les tissus nerveux, endocrines et gastrointestinaux. Sa distribution est différente de celle du récepteur au GRP. L’expression de ces types de récepteurs est importante dans les tissus en développement suggérant que cette famille de récepteurs joue un rôle majeur dans le développement (Li et al, 1994).

L’étude de la fixation de la bombésine sur les récepteurs dans les acini pancréatiques a montré que la courbe est monophasique. Ceci indique qu’il n’existe qu’une seule classe de récepteurs à la bombésine dans les acini pancréatiques (Jensen et al., 1978). Cependant, la courbe dose/réponse montre que la sécrétion enzymatique devient maximum malgré qu’il n’y ait qu’une fraction des récepteurs à bombésine qui soit occupée. Cette observation indique que dans le pancréas exocrine, il existe des récepteurs de réserve pour la bombésine.

Dans le pancréas exocrine la fixation de la bombésine sur son récepteur induit l’activation

de la phospholipase C et la mobilisation subséquente de calcium intracellulaire par l’inositol

1,4,5-trisphosphate produit. L’effecteur principal activé en réponse à la bombésine est donc

la phospholipase C (un effet de la bombésine a été observé sur l’accumulation d’AMP^y^uqu^

(27)

(Millar et Rozengurt, 1992)).

Les récepteurs ci-dessus appartiennent à une catégorie qui est principalement couplée à l’activation de la Phospholipase C. Il faut noter que des sites de fixation pour la sécrétine, le VIP (peptide intestinal vasoactiO (Walsh, 1987), le PACAP (pituitary adenylate cyclase activating polypeptide) (Kashimura et al., 1993), le CGRP (Calcitonin Gene-Related Peptide) (Seifert et al., 1985), pour la somatostatine (Garry et al, 1989), pour l’endotheline (Hildebrand et al., 1993) et pour l’EGF (epidermal growth factor) (Korc et al., 1992) ont été mis en évidence sur les cellules acineuses. Au cours de notre travail, nous avons essentiellement utilisé du CCK, du carbachol et de la bombésine.

4. LES PROTEINES G

4.1. Définition et classement

Ces protéines sont les entités responsables de la transduction du signal hormonal. Elles interviennent dans l’activation de l’enzyme responsable de la génération du message intracellulaire. Ce sont les médiateurs des processus de signalisation cellulaire lorsque ceux-ci sont stimulés par une certaine classe de récepteurs neuro-hormonaux appartenant à la famille des récepteurs comportant sept domaines transmembranaires.

Les protéines G transductrices du signal hormonal sont des hétérotrimères constitués d’une sous-unité a qui fixe le GTP et de deux sous-unités appelées B et

t

qui auraient une fonction régulatrice. Il semble que les protéines G diffèrent l’une de l’autre essentiellement par la forme de la sous-unités a, mais diverses formes de B ainsi que de

t

existent (Clapham et Neer, 1993). Les protéines G sont toutefois classées selon la forme de la sous-unité a.

Elles sont également différenciées par la possibilité d’être ADP-ribosylées sur la sous-unité

a par l’entérotoxine cholérique ou par la toxine pertussique ou par leur insensibilité à cette

ADP-ribosylation. L’autre entité de la protéine G, Gu, est un dimère qui ne se dissocie que

dans des conditions dénaturantes. L’association de B et de

t

semble être spécifique: seules

certaines formes de B s’associent avec certaines formes de

t

(Schmidt et al., 1992). En fait,

le rôle exact du dimère Br n’est pas bien défini. Des travaux récents ont pu montrer que la

sous-unité B

t

pourrait interagir directement avec des récepteurs, des effecteurs tels que

l’adénylate cyclase et certaines formes de phospholipase C mais également avec des kinases

couplées aux récepteurs qui sont eux-mêmes couplés à une protéine G (Pitcher et al., 1992).

(28)

Quatre classes de protéines G ont été identifiées (Hepler et Gilman, 1992) (Conklin et Bourne, 1993). Cette classification est basée sur la similarité de la séquence en acides aminés de la sous-unité a. Chaque classe comprend une ou plusieurs sous-unités a différentes : la classe comprend G^ et G^,f; la classe comprend : les G^ ( G^,,G^,G„à 3 ), les G^

(G^, G,^), les G,^ (G^

a

, G^

b

), G<^,, et G^; la classe G^ comprend G^, G„„, G„, 4 ,G „,5 et G„, 6 ; et une classe comprenant G „,2 et G„, 3 .

Les protéines de la famille G^ sont les intermédiaires de la stimulation hormonale de l’adénylate cyclase et de la fermeture de canaux calciques; ces protéines G sont activées par la toxine cholérique. La famille G<^ est généralement impliquée dans l’inhibition de l’adénylate cyclase et l’ouverture de canaux potassiques; elle est inhibée par la toxine pertussique. G^ intervient dans la stimulation de la phosphodiestérase du GMP cyclique, et G^ intervient dans l’inhibition du turnover des phosphatidylinositols et la fermeture de canaux calciques. La famille G<^ est impliquée dans la stimulation du turnover des phosphatidylinositols; elle est insensible aux deux toxines. Pour les autres familles, les effecteurs ne sont pas encore bien définis. La protéine G^ est constituée de deux domaines;

le domaine GTPase et le domaine caractérisé par une hélice a. Le domaine GTPase est constitué de 5 hélices a entourant six feuillets plissés B et contenant la séquence impliquée dans la fixation du GTP: la boucle fixant le phosphate, le site fixant l’ion magnésium et le site de fixation de la guanine (Rens-Domiano et Hamm, 1995) (Figure 2).

4.2. Mode de fonctionnement des protéines G

L’initiation de l’activation débute par la fixation du ligand sur le récepteur spécifique. Ce

récepteur "activé" est à ce moment capable d’interagir avec la sous-unité a. L’interaction du

récepteur avec la protéine G induit un échange GDP - GTP ce qui permet la dissociation de

a de B

t

et de la protéine G du récepteur. En effet, il semble que l’affinité du complexe a-

GTP pour le complexe B

t

est faible. a-GTP est alors capable de réguler l’effecteur. La sous-

unité a possède une activité GTPase, hydrolysant le GTP en GDP et provoquant l’arrêt de

la stimulation. A ce moment, le complexe a-GDP peut se réassocier au complexe Br

(Birnbaumer et al., 1990).

(29)

Insert 3

Figure 2: Structure cristalline de la sous-unité a de la protéine G de la classe G^.

(d’après Rens-Domiano et Hamm, 1995).

(30)

L’activation des protéines G hétérotrimériques peut être réalisée indépendamment d’un ligand pour le récepteur en activant directement la protéine G soit par des analogues non- hydrolysables du GTP tels que le GTP

t

S et le Gpp[NH]p soit par du fluorure en combinaison avec l’aluminium.

4.3. Fonctions cellulaires régulées par les protéines G

Les effecteurs enzymatiques tels que l’adénylate cyclase et la phospholipase C sont activés par une protéine G. La phospholipase Aj et la phospholipase D pourraient aussi être activées via une protéine G (Cockroft, 1992). Certains canaux ioniques sont régulés par des protéines G (Sato, 1989) et l’influx de calcium consécutif à la vidange des pools à calcium intracellulaires pourrait faire intervenir une protéine G (Fasolato et al., 1993). Dans les cellules sécrétrices le signal enclenchant la fusion des grains de sécrétion avec la membrane plasmique pourrait également faire intervenir une protéine G (De Lisle et Howell, 1995).

Dans le pancréas exocrine, les agents sécrétagogues agissent sur les effecteurs par l’intermédiaire de protéines G. Les effecteurs décrits dans le pancréas exocrine sont l’adénylate cyclase, la phospholipase C, la phospholipase Aj et la phospholipase D. Le facteur de croissance mitogène, l’EGF (Epidermal Growth Factor), est synthétisé et sécrété par les acini pancréatiques et par les cellules ductales (Korc et al., 1992) et pourrait également agir sur la fonction pancréatique par l’intermédiaire de son récepteur à tyrosine kinase. Cependant, il semble également pouvoir interagir avec des protéines G et cette action dépendrait d’une phosphorylation sur une tyrosine (Stryjek-Kaminska et al., 1996).

Il existe également des protéines G de faible poids moléculaire tels que les produits des gènes ras et des gènes apparentés ral et rab, les protéines rap, les membres de la famille rho et les protéines de la famille rab. Ces deux dernières familles sont les moins homologues de ras.

Les protéines ras, rap et ral sont importantes dans le contrôle de la croissance et le développement cellulaire, et certains membres de la famille sont impliqués dans les processus d’exocytose, et de dommages oxydatifs (oxidative burst). Les protéines rap sont retrouvées dans le réticulum endoplasmique et dans l’appareil de Golgi et seraient capables de supprimer l’action mutagène de ras (Denhardt, 1996).

Les protéines de la famille rab sont généralement impliquées dans le transport vésiculaire à

l’intérieur de la cellule et dans la régulation de l’exocytose. Cette famille comprend au moins

30 membres différents. Dans les acini pancréatiques, des protéines G de faible poids

(31)

moléculaire ont été caractérisées sur les granules de zymogènes. Deux de ces protéines étaient aussi retrouvées au niveau du cytosol (Gôke et al., 1992). Ce type de protéines G seraient impliquées dans les processus d’exocytose des grains de sécrétion. Cependant, les protéines de type rab-3 sont susceptibles de réguler la phospholipase C sur des acini perméabilisés (Piiper et al., 1994) par l’intermédiaire de la protéine rab3B ou rab3D (Piiper et al., 1995). Ohnishi et al. (1996) ont localisé des protéines rab3D sur les granules de zymogènes des acini pancréatiques.

Les membres de la famille rho jouent un rôle dans la régulation du cytosquelette.

Ces protéines sont activées en réponse à un signal extra- ou intracellulaire, qui permet la liaison du GTP à la protéine. Comme pour les protéines G hétérotrimériques, l’hydrolyse du GTP par la GTPase intrinsèque termine le signal généré par la protéine. Des protéines de type GAP (GTPase-activating proteins) qui activent l’activité GTPase de la protéine G et les protéines de types GEF (guanine nucléotide exchange factors) qui activent l’élagage du GDP (ce qui permet au GTP de se fixer et d’activer la protéine G) sont les modulateurs principaux de l’activité de ces protéines G. D’autres facteurs tels que des protéines servant d’intermédiaire de par leur fixation sur des sites particuliers, permettant l’activation de ces protéines G, interviennent également.

Nous avons classé les principaux agents agissant sur la fonction acineuse en renseignant les effecteurs activés et les actions de ces agents. Cette classification est présentée dans le tableau III.

Tableau III:

Hormone ou neurotransmetteur ACTIVATEUR

Effecteur membranaire

Messager intracellulaire

Actions

Acétylcholine Phospholipase Aj ?

Phospholipase C (2) Ca^+, DAG Sécrétion d’enzymes digestifs, sécrétion de suc

pancréatique

riche en (Tl ,

synthèse

d’enzymes

digestifs.

(32)

Cholécystokinine (CCK)

Phospholipase AjCl)

Phospholipase C (2) Phospholipase D (3)

Acide

arachidonique.

Ca+ + ,DAG Acide

phosphatidique et choline

Sécrétion d’enzymes digestifs, croissance et action

mitogène.

Bombésine et peptides apparentés.

Phospholipase C (2) Ca++, DAG Sécrétion d’enzymes digestifs.

Sécretine

VIP

Adénylate cyclase

Adénylate cyclase

AMPcyclique

Stimulation et/ou

potentialisation de la sécrétion d’enzymes digestifs, sécrétion de suc

pancréatique.

Hormone ou Neurotransmetteur INHIBITEUR

Somatostatine Pancreatic polypeptide, Peptide YY, Neuropeptide Y

7 7

A M Pcyclique >

Ca'+.

7

Inhibition de la sécrétion (5) et ( 6 ).

EGF Phospholipase C (4) Inhibe la

sécrétion

d’amylase.

(33)

(1) Tsunoda Y et Owyang, 1995*.

(2) Williams et Yule, 1993.

(3) Rydzewska G. et al., 1995.

(4) Stryjek-Kaminska et al., 1995.

(5) Ohnishi et al., 1994.

( 6 ) Grandt et al., 1995.

5. LES EFFECTEURS ENZYMATIQUES

5.1. L’AdénvIate Cvclase

L’adénylate cyclase est une protéine de masse moléculaire relative de 120000. Elle comporte une courte extrémité N-terminale située dans le cytoplasme suivie par six domaines transmembranaires et enfin un large domaine cytoplasmique. Ce motif est répété. Six isoformes ont pu être isolées (Il-VI et VIII). La similarité de séquence d’acides aminés entre les différentes isoformes est d’environ 50 %. Deux régions (C,a et CjJ sont conservées jusqu’à 93 %. Il semble que ces domaines soient le site de l’activité catalytique de synthèse de l’AMPcycUque (pout revue; Taussig et Gilman, 1995). Toutes les isoformes sont activées par la sous-unité a de la protéine G, mais aussi par un diterpène isolé à partir de racines de Coleus Forskholii, la forskoline (Seamon et al., 1981). L’adénylate cyclase est régulée par deux sous-unités, Gg et Gj, qui fixent du GTP et assurent le couplage de l’unité catalytique;

elle est activée par la protéine Gs et inhibée par la protéine Gj (Katada et al., 1984).

L’association de a, actif avec l’adénylate cyclase, convertit donc celle-ci en sa forme

catalytiquement active. Quand l’unité catalytique est activée par la sous-unité de la

protéine stimulatrice G^, elle convertit l’ATP cytoplasmique en AMPj^eUque et libère du

pyrophosphate. Des modifications dans la [Ca^'^li changent la concentration d’AMP^,,uque- Les

types I et VIII sont stimulés par des concentrations nanomolaires de Ca^"^/calmoduline. Les

autres isoformes sont insensibles à la calmoduline. Toutes les isoformes sont par contre

inhibées par des concentrations de calcium supérieures à 100 ^M. Les types V et VI sont

inhibés par des concentrations de l’ordre du micromolaire. La concentration cytoplasmique

d’AMPcyeUque dépend également de l’état de phosphorylation de composant du système (le

récepteur, l’enzyme elle-même) de l’adénylate cyclase. Cette phosphorylation peut être

induite par la protéine kinase AMP^yeiique-^^épendante, permettant un rétrocontrôle, ou encore

(34)

par la protéine kinase C.

Dans le pancréas exocrine, la stimulation de l’adénylate cyclase peut se faire par des récepteurs à la sécrétine, au peptide intestinal vasoactif (VIP) ou au peptide histidine isoleucine (PHI). Ces agents élèvent le taux d’AMPey^uque dans les cellules acineuses et cette augmentation stimule la sécrétion d’amylase.

L’AMP^yciique formé se fixe sur une protéine kinase (la protéine kinase A qui est aussi appelée

"AMP^euque dépendante") et agit comme régulateur allostérique de son activité. La protéine kinase A activée phosphoryle les enzymes au niveau des résidus sérine et thréonine ce qui permet la réponse cellulaire. L’AMP^^q^^ produit est dégradé par une phosphodiestérase des nucléotides cycliques en 5’-AMP. Le signal intracellulaire ne persiste que durant le laps de temps où l’hormone est fixée à son récepteur. L’introduction d’inhibiteurs de phosphodiestérase dans le milieu d’incubation des cellules permet de potentialiser l’effet de l’AMPgycuquj produit en réponse à la stimulation de l’adénylate cyclase.

5.2. La Phospholipase C

L’isolement et le clonage des différentes isoenzymes de la phospholipase C (PLC) par Rhee et al en 1989 permit la compréhension du mode d’activation de cette enzyme. Il existe trois types d’enzymes désignés 6 ,

t

et ô suivant leur structure primaire. Les isozymes 5 ont une masse moléculaire relative plus faible (85000) que les types 6 (150000) et r (145000). Chez les mammifères, le type 6 comprend les 6 ,, 62 ^ 63 et 84 , le type

t

est retrouvé sous forme de r, ou 7j et le type h sous forme ôj, 62, Ô 3 et Ô 4 . La majorité des PLC sont cytosoliques. Seule la PLC de type B1 serait associée à la membrane. Les autres PLC sont recrutées au niveau de la membrane soit par les protéines G soit par un RYK.

Les différents types présentent peu d’homologie de séquence, mises à part deux régions nommées X et Y. Le domaine X est constitué d’environ 170 acides aminés et le domaine Y d’environ 260 acides aminés. Des plasmides codant pour une PLC

t

dont les régions X et Y sont supprimées, ont montré que ces deux domaines sont impliqués dans le site catalytique de l’enzyme (Emori et al., 1989).

La PLC de type

t

possède en plus trois domaines dont deux semblables au domaine SH 2 et

un au domaine SH 3 (SHj et SH 3 pour scr homology 2 et 3). Ces domaines ont été identifiés

pour la première fois comme des séquences conservées d’une partie non-catalytique de la src

(35)

tyrosine kinase. D’autres protéines impliquées dans la transduction du signal neuro-hormonal possèdent également des domaines SHj et/ou SH 3 . La PLC de type r possède également un domaine appelé PH (Pleckstrin homology) qui est présent dans de nombreuses protéines impliquées dans les signaux cellulaires. La PLC de type

t

est cytoplasmique et son activation par phosphorylation est précédée par une association avec le RYK et donc un rapprochement de la membrane plasmique. Elle est régulée par les RYK.

Les PLC de type B sont activées par l’intermédiaire des protéines G, soit par la sous-unité a de la protéine G de la famille G, (Lee et al., 1992), soit par le dimère Br (Noh et al., 1995). La PLC de type B, peut également être inhibée par la sous-unité Br de la protéine G (Litosch, 1996). La classe des protéines G, est insensible à l’ADP-ribosylation par la toxine pertussique. Dans cette classe, il semble exister une spécificité d’activation par les membres des différents types de PLC B. Cette spécificité pourrait conduire à des réponses spécifiques suivant le type de récepteur activé. Autrement dit, le type de récepteur activé détermine la protéine G et donc détermine la PLC B activée et donc la réponse spécifique.

Le mode d’activation de la PLC de type ô n’est pas bien défini.

Toute les formes de phospholipase C (PLC) catalysent l’hydrolyse de polyphosphoinositides membranaires. La spécificité de la PLC pour ces polyphosphoinositides n’est pas totale; en effet certaines formes de PLC hydrolysant également les phosphatidylcholines ont été partiellement purifiées (Wolf et Gross, 1985 et Sheikhnejad et Srivastava, 1986). Le principal substrat de la PLC est le phosphatidylinositol-4,5-bisphosphate. L’hydrolyse des phosphatidylinositols 4,5-bisphosphate par la phospholipase C conduit à la formation d’inositol 1,4,5-trisphosphate et de diacylglycérol.

a) Le diacylglycérol

Le diacylglycérol induit une réponse cellulaire en stimulant la protéine kinase C (PKC), Il

agit vraisemblablement en augmentant l’affinité de la PKC pour le calcium. La PKC peut être

activée par des phospholipides (comme la phosphatidylsérine) mais est surtout sensible au

calcium (Nishizuka, 1984). Elle est également activable par des esters de phorbol,

promoteurs de tumeurs tel que le TP A (12-(9-tétradécanoylphorbol 13-acétate) (Castagna et

al, 1982). La PKC ne serait active que lorsqu’elle est associée à une membrane. En effet en

traitant les cellules par le TPA, Bazzi et al (1989) ont observé une translocation de la PKC

du cytosol vers la membrane plasmique et sa fixation à celle-ci.

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