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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository
Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Kirsch-Volders, M. (1972, May). Contribution à l'analyse biochimique des plaquettes vitellines des oocytes de batraciens: caractérisation du DNA et étude des relations entre ce DNA et les protéines du vitellus (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences, Bruxelles.
Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/214760/3/c1514828-5c99-4075-843e-594e1a2a9c7e.txt
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et
Embryologie moléculaires
Contribution à ^analyse biochimique des plaquettes vitellines des oocytes de batraciens :
caractérisation du DNA et étude des relations entre ce DNA et les protéines du vitellus
Thèse présentée pour l'obtention du grade légal de Docteur en
Sciences Zoologiques , o
0.^-^
L-
Micheline KIRSCH-VOLDERS Mai 1972
Titre de la thèse annexe présentée par Micheline KIRSCH-VQLDERS
"DIFFERENCIATION DES CELLULES DE VERTEBRES EN CULTURE"
Qu’il nous soit permis d’exprimer ici toute notre grati
tude envers Monsieur le Professeur J. BRACHET, qui, tout au long de notre travail, n’a pas cessé de nous manifester son intérêt et son at
tention.
Une très grande partie de nos recherches a été effectuée en collaboration avec Elyane BALTUS, Jacqueline HANOCQ-QUERTIER,
Françoise HANOCQ et Gilberte STEINERT. De nombreux problèmes théoriques et pratiques n’ont été résolus que grâce à leur aide et leurs encoura
gements. J’aimerais qu’elles trouvent ici l’expression de ma reconnais
sance.
Nous tenons également à remercier tous les chercheurs et les membres des laboratoires de cytologie et embryologie moléculaires, de chimie biologique, de génétique et de radiobiologie pour les discus
sions qu’ils nous ont accordées dans une ambiance de parfaite camarade
rie. Nous remercions plus particulièrement Alex BOLLEN et A. HERZOG dont la coopération nous a grandement facilité le travail.
Enfin, nous remercions l’Institut pour l’Encouragement de la Recherche Scientifique pour l’Industrie et l’Agriculture dont le soutien financier nous a permis de réaliser cette thèse de doctorat.
9 C O O 7 A
«) O O O
R E
s
U n ENous avons montré que les plaquettes vitellines des oeufs de batraciens contiennent effectivement 50% de l’abondante réserve de ONA présent dans l’oocyte de Xenopus laevis.
Nous avons pu isoler ce DNA vltellln à partir des pla
quettes vitellines d’oocytes ayant ovulé in vitro sans qu’il soit con
taminé par le DNA nucléaire ou le DNA mitochondrial. De plus, chez l’axolo 1, le DNA extrait, cette fois, des oeufs pondus, possède une densité de flottaison en gradient de CsCl, qui le distingue nettement des DNA nucléaire et mitochondrial de la même espèce.
Une caractérisation du DNA vltellin de Xenopus laevis a été réalisée; à cette fin, nous en avons déterminé le poids molécu
laire, le coefficient de sédimentation ainsi que les densités de flot
taison en gradient de CsCl à l’état natif, dénaturé et renaturé.
Nous avons analysé l’association DNA vltellin - protéines vitellines, association qui est suggérée par les nombreux résultats ob
tenus par différents auteurs et par nous-même. Nous avons ainsi pu démontrer que la protéine vitelline qui est extraite "associée" au DNA vltellin est la phosvltlne.
Sur colonne d’albumine méthylée, cette association n’est pas spécifique du DNA vltellin. Par contre, des filtrations sur colonne de Séphadex G-200 nous ont permis de démontrer que le DNA vltellin forme in vivo ou in vitro avec la phosvitine des liens plus résistants que le DNA nucléaire et la phosvitine n’en forment in vitro.
L’flclstence d’une association réelle DNA vltellin -
phosvitine rend de plus en plus probable l’hypothèse formulée par BRACHET selon laquelle le DNA vltellin trouverait son origine dans le foie de la femelle vitellogénique. Il serait transporté dans le sérum sanguin, associé à la phosvitine et absorbé par les oocytes en vole de croissance.
TABLE DES MATIERES
INTRODUCTION GENERALE
A) Etude du DNA vltellln I. Introduction
a) Présence d'un excès de DNA dans l'oocyte mûr de batracien b) Localisation intracellulaire du DNA en excès :
1) DNA Mitochondrial 2) DNA vitellin c) Rôle du DNA vitellin
d) Conclusion et objet du travail
II. Matériel
a) Présentation du matériel biologique utilisé b) Abréviations utilisées
c) Matériel particulier
III. Méthodes
a) Préparation des oocytes et des oeufs en vue des extractions b) Méthode d'extraction du DNA
1) DNA nucléaire 2) DNA vitellin
i) Isolement des plaquettes vitellines ii) Isolement du DNA des plaquettes vitellines 3) DNA mitochondrial
i) Isolement des mitochondries li) Isolement du DNA mitochondrial c) Dosage du DNA
d) Méthodes utilisées dans les expériences de contrôle de la pureté du DNA vitellin
1) Extraction de la chromatine des érythrocytes 2) Culture de cellules de reins de Xenopus laevis
3) Coloration à 1’actinomycine tritiée de préparations cytologi
ques d'oocytes de batracien e) Caractérisation du DNA vitellin
1) Centrifugation préparative en chlorure de caesium 2) Centrifugation analytique en chlorure de caesium 3) Dénaturation et renaturation
4) Microscopie électronique 5) Coefficient de sédimentation
f) Méthodes utilisées dans l’étude des liaisons DNA-protéines 1) Chromatographie sur colonne d'albumine méthylée CM.A.K.l 2) Dissociation et réassociation DIMA-protéines
3) Chromatrographie sur colonne de DEAE et CMC-cellulose (diethylaminoéthyl-cellulose et carboxyméthyl-cellulose) 4) Electrophorèse sur gel de polyacrylamide
5) Dosage de protéines, de phosphore et d'azote
6) Détermination du profil de sédimentation sur gradient de saccharose
7) Filtration sur colonne de séphadex G-2DÜ
IV. Résultat
a) Estimation quantitative par la méthode de Keck du DNA présent dans les oeufs vierges et les oocytes de Xenopus laevis
1) Spécificité et précision de la méthode rie dosage
2) Matériel dosable è l’indole, contenu dans les oocytes et les oeufs vierges de Xenopus laevis
3) Sensibilité à différents enzymes du matériel coloré à l’indole
4.-
b) Isolement du DMA contenu dans les plaquettes vitellines des oeufs de batraciens
1} Extraction du DNA vitellin des oeufs vierges ou d’oeufs indivis
i] chez Xenopus laevis ii) chez Ambystoma mexicanum
2} Extraction du DNA vitellin des oocytes ovariens débarrassés manuellement de leurs cellules folliculeuses chez Xenopus laevis
3) Extraction du DNA vitellin à partir d’oocytes ayant subi la maturation in vitro chez Xenopus laevis
c) Caractérisation du DNA vitellin de Xenopus laevis
1) Dénaturation et renaturation du DNA vitellin en centrifugation analytique
2) Etude au microscope électronique de la longueur des molécules de DNA vitellin et de DNA nucléaire de Xenopus laevis
3) Coefficient de sédimentation du DNA vitellin et du DNA nucléaire de Xenopus laevis
4) Limitation de l’étude
d) Arguments contre la contamination du DNA vitellin par le DNA mitochondrial ou le DNA nucléaire chez Xenopus laevis
1) Par le DNA mitochondrial I 2) Par le DNA nucléaire
j - méthode de coloration du DNA à 1’actinomycine tritiée I - contamination artificielle des oocytes ovulés par de la
I chromatine exogène radioactive
- traitement in toto des oocytes ovulés à la DNAase
i
e) Essais de marquage du DNA vitellin chez Xenopus laevis I
1
!
t I
V. Discussion
a) Présence d’une quantité excessive de DNA dosable dans les oeufs de batraciens
b) spécificité de la méthode de dosage utilisée dans ce travail
c) Présence d'une quantité importante de DNA dosable dans les plaquet
tes vitellines des oeufs de Xenopus laevis
1) Oocytes de Xenopus laevis ayant ovulé in vitro
2) Oeufs vierges de Xenopus laevis et d’Ambystoma mexicanum
3) Rendement de l’extraction du DNA vitellin a partir d’oocytes ovulés in vitro
f) Essais de marquage du DNA des oocytes chez Xenopus laevis
VI. Conclusions
B) Etude des liens éventuels existant entre le DNA vitellin et les protéines vitellines
I. Introduction
a) Etude du vitellus chez les batraciens 1) Composition et structure du vitellus 2) Origine du vitellus
b) Origine du DNA vitellin c) Etude dos phosphoprotéines d) Conclusion et objet du travail
II. Natériel et méthodes : L’ensemble a été décrit dans la section Matériel et méthodes du Chapitre A.II et A. III
6.
III. Résultat
a} Mise en évidence de 1'"association" DNA vitellin - matériel proté
ique chez Xenopus laevis 1] Etude du spectre
2) Etude de la sédimentation en bandes
1) Chromatographie sur colonne d’albumine méthylée
2} Analyse enzymatique du matériel éluant précocement sur colonne de MAK.
b) Nature du matériel protéique "associé" au DNA vitellin extrait d’oocytes ovulés in vitro
1) Etude du spectre
2) Chromatographie sur colonnes de CMC- et DEAE- cellulose 3) Electrophorèse en gels de polyacrylamide
4) Analyse des acides aminés de la fraction protéique
5) Analyse du poids moléculaire de la protéine "associée" au DNA vitellin
6) Détermination du contenu en phosphore total de la protéine
"associée" au DNA vitellin
7) Détermination du rapport azote/phosphore de la protéine
"associée" au DNA vitellin c) Rôle de ce matériel protéique
1] L’élution précoce observée sur colonne de MAK est-elle une propriété réservée au DNA vitellin ?
i} recherche de la présence éventuelle de DNA nucléaire dans la fraction précoce d’ovaires totaux de Xenopus laevis il) Association artificielle DNA-phosvitine réalisée in vitro
2) Analyse du comportement de la phosvitine et du DMA nucléaire en gradient de chlorure de caesium et de saccharose
i) Centrifugation en gradient de chlorure de caesium iil Centrifugation en gradient de saccharose
3) Etude de 1'"association” DNA-phosvitine sur colonne de Séphadex G-200.
IV. Discussion
a) Mise en évidence d’une "association DMA cytoplasmique-nrotéines"
dans l’oocyte de batracien
b] Mature de l’association DMA vitellin-phosvitine 1) Spécificité de l’association
2) Cette association est-elle réelle ou fortuite ?
V. Conclusion
b.-
INTRODUCTIQIM GENERALE
1
Un embryon différencié nait de la fusion, au sein du cyto
plasme de l’oeuf, d’un pronucleus mâle et d’un pronucleus femelle: il est capable de se développer, de se mouvoir, de se nourrir et de donner nais
sance à un adulte. Cette constatation soulève l’un des problèmes les plus fascinants de l’embryologie moléculaire : comment, avec au départ le bagage génétique d’une seule cellule, peut-on expliquer les spécialisations acquises par les cellules des différents tissus de l'embryon ?
La grande complexité et la variabilité des processus de régulation génétique sont telles, au cours de l’embryogénèse, qu’une
approche directe est difficile. Une collaboration étroite entre les cyto- logistes, les généticiens et les biochimistes sera, donc, nécessaire pour fournir une réponse satisfaisante et complète.
Actuellement, les embryolon'istes se sont surtout attachés à l’étude des premiers stades du développement tels que l’oogénèse, la maturation, la fécondation, le clivage, la gastrulation et 1’organogénèse primaire.
Nous nous sommes orientée plus particulièrement vers l’étu
de du DNA présent dans l’oocyte mûr et l’oeuf récemment fécondé des am- phibiens. L’un des faits les plus marquants dans ce domaine, est la pré
sence, dans l’oocyte de batracien, d’une quantité de DNA nettement su
périeure à la quantité diploïde attendue. Nous avons de ce fait, entre
pris l’étude de la nature, de l’origine et du rôle de ce DNA présent en excès dans l’oocyte des batraciens. Cette étude sera présentée en 2 par
ties correspondant aux chapitres A et B du présent travail : A : étude du DNA vitellin
B : étude des liens éventuels existant entre le DNA vltel- lin et les protéines vitellines.
10
A) Etude du DNA vltellin
I INTRODUCTION
Les stades Initiaux du développement (segmentation) d'un oeuf se caractérisent par une succession très rapide de mitoses. En guise d'exemple, rappelons qu'il ne faut que 3 heures 30 minutes è l'em
bryon de l'anoure Xenopus laevis pour passer du stade 2 blastomères au stade blastula moyenne. (500 à 1000 cellules), alors qu'une mitose dans une cellule hépatique dure environ une heure 30 minutes.
Cette accélération du rythme des mitoses est accompagnée par un raccourcissement de l'interphase, période située entre 2 mitoses successives. En effet, si le cycle cellulaire normal comporte une pha
se G^. une phase S de synthèse du DMA et enfin une phase de post-synthè
se G^. on constate que les phases G^ et G^ sont extrêmement raccourcies dans les oeufs en voie de segmentation.
Il était intéressant de déterminer, si dans ces condi
tions de multiplication cellulaire rapide, on peut observer une augmenta
tion importante de la teneur en DNA de l'embryon. Différents laboratoi
res ont étudié cette question. En ce qui concerne les amphibiens, qui constituent notre matériel, ils sont arrivés aux conclusions suivantes :
1. La quantité de DNA contenu dans l'oeuf non fécondé d'am- phibien excède largement la valeur haploïde théorique calculée.
2. Durant la segmentation, il n'existe pas de relation sim
ple entre le nombre de cellules d'un embryon d'amphibien et la quantité totale de DNA qu'il possède.
a) Excès de DNA dans l'oocyte et l'oeuf de batracien
Ainsi que HOFF-J0RGENSEN et 7ENTHEN (1952) l'ont montré en premier lieu, la teneur en DNA d'un oocyte entier d'amphibien (Rana tem- porarla) est bien plus élevé que prévu. Malheureusement, l'estimation de la quantité moyenne de DNA acido-insoluble d'un oeuf de batracien est ren
due difficile par la présence d'une énorme quantité de matériel de réser
ve qui interfère avec les m thodes de dosage.
TABLEAU I
ETUDE COMPAREE DES DOSAGES DE DNA DANS LES OOCYTES ET LES OEUFS DE BATRACIENS
Auteur Matériel Méthode Matériel dosé Résultat en/cgr/oBuf
1) Méthode microbioloç'ique
microbiologique acido-soluble +
acido-insoluble
0.065 HOFF-J0RGENSEN E.
ZEUTHEN E.
1952
Rana temporaria Coocyte ou oeuf
vierge) GREbG J•R•
L0VTRUP S.
1955
Rana pipiens (oeuf fécondé)
microbiologique acido-soluble
acido-insoluble+ Q.0B3 0.002
GRANT P.
1953
Rana pipiens (oeuf fécondé)
microbiologique acido-soluble acido-insoluble
0.020 0.022 KURIKI Y.
et OK.AZAKI R.
1959
Bufovulgaris (oeuf fécondé) Tuturus pynhogaster
(oeuf fécondé)
microbiologique microbiologique
acido-insoluble acido-insoluble
0.0318 0.0274
L0VTRUP S.
1959
^mbystoma mexicanum (oeuf fécondé volumi
neux)
microbiologique acido-insoluble 0.1 j
I
dosage de P.
SZE L.C.
1953
Rana pipiens (oeuf fécondé]
Extr : Schmldt- Thannhauser dosage de P.
acido-insoluble 1 .2
3] riéthodes fluoromét]niques
BALTUS E. Pleurodeles waltlil DABA acido-insoluble 0.069
ERACHET J, (oeuf fécondé) 1962
HANOCg-QUERTIER J. Xenopus laevis DABA acido-insoluble 0.038
BALTUS E. (oocyte ovarien) 1960
HAGGIS A.J. Rana pipiens DABA ( acido-insoluble 0.5
1964 (oeuf fécondé) ( acido-insoluble 0.2
(, DNAose sensible
AMBA £ acido-insoluble 0.2
l acido-insoluble 0.2 ( DNAose sensible
4) Autres méthodes , ■ ... —
BIEBER S. Rana pipiens Extr : Schneider acido-soluble 1 .75
(oocyte) Dosage : Cériotti
SPENCE J.A. acido-insoluble 0.175
HITCHINGS G.H.
1959
(
DAWID I.D.
1965
Rana pipiens Coeuf vierge)
diphénylamine CBURTON)
acido-soluble acido-insoluble
Ü.0456 0,0084 acido-insoluble en
gradient de CsCl 0.0036 Xenopus laevis
Coeuf vierge)
acido-insoluble en
gradient de CsCl 0.0031 KONG Y.C. et al.
1971
Megalobatrachus Cespèce géante) Long : 1 m
Poids : 3 à 4 kg [oocyte ovarien)
acido-insoluble en gradient de CsCl
43
I
De nombreux auteurs ont cependant effectué des estimations de DNA par diverses méthodes sur les oeufs de plusieurs espèces d’amphi- biens. Leurs données sont reprises dans le Tableau I.
Les idées essentielles qui se dégagent de ce tableau peu
vent se résumer comme suit :
- la méthode microbiologique qui est certainement la plus spécifique, mais d’un emploi malaisé, donne les valeurs les plus faibles : 0.02^gr de matériel acido-insoluble par oeuf d’anoure (HOFF-J0RGENSEN et al. 1952). Les chiffres proposés par BALTUS et BRACHET (1962). HANOCQ, QUERTIER et al. (1960) se rapprochent fort de cette valeur. La méthode fluorométrique utilisée semble donc valable dans ce cas-ci, mais il est indispensable qu’elle soit accompagnée d’un test de spécificité.
- Les autres laboratoires présentent des valeurs nettement plus élevées :
HAGGIS (1966) : Q.2^gr de matériel acido-insoluble par oeuf.
KUTSKY et SZE (1953) : l^gr de matériel acido-insoluble par oeuf.
- DAWID, d’autre nart, a proposé une valeur pour le maté
riel acido-insoluble oarticulièrement faible (O.OOO^gr/oeuf ). tandis que la quantité de matériel acido-soluble qu’il trouve se situe dans la moyenne des résultats obtenus par la méthode microbiologique.
De cet ensemble de données, il semble raisonnable de con
clure qu’un oocyte ou un oeuf non fécondé d’amphibien anoure contient de l’ordre de 0.025^gr de DNA.
Si l’on admet qu’un jeu diploïde de chromosomes de Xenopus laevis contient environ 6 picogrammes de DNA (BROWN et al. 1968), on cal
cule aisément qu’un oocyte mûr de batracien contient au moins 4.000 fois plus de DNA qu’une cellule somatique. Il semble assez séduisant d’établir un parallèle entre l’excès de DNA (4.000 X2n) présent dans les ceufs de batraciens et le nombre des cellules (environ 4.000) qui forment la blas- tula avancée, stable embryologique qui marque la fin de la segmentation.
16.-
et qui ssrait atteint sans modification sensible de la quantité de DNA contenu dans l’embryon entier. Cela suggérerait que le DNA surnuméraire serait utilisé sous forme intégrale ou partielle par les noyaux nouvelle
ment formés.
b) Localisation du DNA extrachromosomial des oocytes de batraciens
La réalité de l’existence du DNA cytoplasmique a été démon
trée par CHEVRENONT dès 1956-1957. Il a pu mettre en évidence du DNA dans le cytoplasme de fibroblastes cultivés in vitro dans certaines con
ditions expérimentales (traitement A la désoxyribonucléase ou par le froid par exemple). Dans ces conditions, les mitochondries deviennent sphériques et donnent une réaction de FEULGEN de plus en plus intense.
Enfin, elles deviennent capables de réaliser une synthèse nette de DNA : elles incorporent en effet, activement un précurseur radioactif spécifi
que de cet acide nucléique, la thymidine.
Des travaux plus récents ont montré qu’en règle très gé
nérale, les mitochondries des plantes supérieures, des levures et des animaux contiennent du DNA.
De nombreux auteurs ont mis aussi en évidence la orésence d’une grande quantité de DNA dans les Kinétoplastes des trypanosomes.
(SINPSON et al. 1971; LAURENT et al. 1971; Revues générales DORST, 1970:
BÜRST et al. 1971).
Un cas assez similaire se présente dans les chloroplastes d’acétabularia (BALTUS et BRACHET, 1963; GIBOR et I7AWA 1963) : ces algues peuvent fa
cilement être anucléées et constituent donc un matériel de choix pour étudier le DNA extra-nucléaire. Des expériences récentes ont montré que le DNA chloroplastique oeut, tout comme le DNA chromosomial, se répliquer HEILPORN-POHL et al. (1966) ont observé, en effet, une synthèse nette de DNA dans les fragments anucléés d’Acetabularia méditerranea.
Passons enfin au cas dss oeufs. Le principal argument en faveur de la présence de DNA cytoplasmique dans les oeufs d’oursins provient des travaux de BALTUS et al. (1365). Ces auteurs ont effectivement mon
tré que les fragments anucléés d’oeufs vierges d’oursins contiennent autant de DNA que leurs contreparties nucléées. La présence de DNA cytoplas
mique en quantité nettement supérieure à celle du DNA nucléaire n’a pas été observée uniquement dans les oeufs d’oursins. C'est ainsi que FRAENKEL- CÜNRAT et al. (1952) ont isolé du DNA des réserves cytoplasmiques de l’oeuf de poule et que SHMERLING (1964) a extrait du DNA cytoplasmique de haut poids moléculaire A partir des oocytes d’esturgeon. Les oeufs de lézard
(GURAYA - 1969), d’Ilyanassa obsoleta (COLLIER et al. 1962) et de droso
phile (BRIGGS et al. 1959) possèdent également des réserves de DNA cyto
plasmique. Dans le même ordre d’idée, PAINTER (1969) a fait une constata
tion curieuse : la gelée royale secrétée par les jeunes abeilles contient du DNA.
Venons en, enfin, aux oocytes de batraciens, objet princi
pal de notre travail. Les résultats énumérés dans le tableau I établis
sent que ces oeufs contiennent un grand excès de DNA, mais ils ne démon
trent pas la localisation cytoplasmique de ce DNA. Il en existe cependant des preuves. Une étude récente réalisée par NAC GREGOR (1968) a, par exemple, montré que la teneur en DNA de la vésicule germinative d’un oocy
te de Xenopus laevis s’élève à environ 43 picogrammes (7 x 2 n) : plus de 90% du DNA total d’un oocyte de batracien se trouverait dès lors dans le cytoplasme. SZE (1953), à la suite d’un calcul assez spéculatif basé sur les volumes respectifs d’un noyau d’hépatocyte et d’une vésicule germinative d’amphibien, estime qu’une vésicule germinative peut contenir au maximum 200 fois la valeur diploïde de DMA. Puisqu’un oocyte contient en réalité 4000 fois la valeur diploïde de DNA, le cytoplasme de l’oocyte doit nécessairement contenir le restant du DNA. (3.800 x 2 n). Enfin DAWID (1965 et 1966) et BALTUS et al. (1968) ont pu respectivement extrai
re du DNA des mitochondries et des plaquettes vitellines de Xeropus laevis.
Ifl.-
S1 le DNA mitochondrial a été étudié de manière approfon
die par DAWID (1965, 1966. 1967, 1960 et 1970) et WOLSTENHOLMEC1967 et 1968). il n’en va pas de même pour le DNA vitellin. En effet, le DNA dans les expériences de BALTUS et al. (1968) a été extrait à partir de plaquettes vitellines d’oocytes ovariens, dont il n’est pas exclu qu’elles fussent contaminées par des noyaux de cellules folliculeuses. Ces résul
tats demandaient donc à être vérifiés.
Les paragraphes suivants analyseront en détail les données bibliographiques qui concernent le DNA mitochondrial et le DNA vitellin des oocytes do batraciens. Il est évident que d’autres localisations du DNA cytoplasmique ne sont pas à exclure.
1) DNA mitochondrial
DAWID (1965) a pu extraire des oeufs non fécondés de
Rana pipiens et de Xenopus laevis, un DNA de haut poids moléculaire, ayant des propriétés identiques à celles du DNA du foie de la même espèce.
Cet "egg DNA”, ainsi qu’il l'appelait alors, a la même densité en gradient de chlorure de caesium, les mêmes profils de fusion et la même teneur en (G + C), 42% que le DNA du foie. Il est en double hélice.
Des expériences d’hybridations moléculaires en gel d’agar (DAWID et WDLSTENHDLME 1968) ont prouvé que le "egg DNA" n’entre pas en compétition avec le DNA des érythrocytes. Il n’existe donc que peu ou pas d'homologie de séquences entre le "egg DNA” et le DNA nucléaire de la même espèce.
Ainsi que l’a montré le Tableau I, la quantité de ”egg DNA” dosée et purifiée par DAWID est nettement inférieure a celle esti
mée par tous les autres auteurs (lODD x 2 n au lieu de 40DD x 2 n).
Se basant sur une méthode de dosage (modification de la méthode à la diphénylamine - BURTON 1956) que nous estimons sujette à caution et que nous discuterons plus loin, il conclut ;
1. que 50% du matériel dosé dans l’oeuf par la méthode à la diphénylamine représente du DNA de faible poids molécu
laire, puisqu'il ne forme pas de bande en gradient de CsCl.
2. que 65 à B0% du DNA total extrait d'un oocyte provient des mitochondries.
3. que le rendement de l’extraction du DNA mitochondrial à oartir des mitochondries est excellent (80%).
4. que le DNA nucléaire pourrait être formé, au cours de la segmentation, aux dépens du DNA de faible poids molécu
laire, mais qu'il n’y a aucune indication en faveur de l’utilisation d'un stock de DNA de haut poids moléculaire pour former le DNA nucléaire.
Au cours de travaux plus récents, WOLSTENHOLNE et DAWID (1967 et 1968) ont réalisé une étude remarquable du DNA mitochondrial d’amphibien. Ce DNA mitochondrial est circulaire et présente une lon
gueur caractéristique de l’espèce ; il existe en effet une nette diffé
rence de taille entre le DNA mitochondrial des urodèles (4.8/t) et celui des anoures (5.8^. Enfin. DAWID (1972) et DAWID et al. (1972) ont pu démontrer l’absence de synthèse de DNA mitochondrial dans l’oeuf de ba
tracien jusqu’cà un stade assez avancé (têtard nageant).
2) DNA vitellin
A la suite de ces travaux, DAWID est donc arrivé à l'idée que le DNA cytoplasmique des oeufs d'amphibiens est localisé princioalement dans les mitochondries. Cette conclusion est essentiellement basée sur le fait que la quantité de DNA qu’il extrait de la fraction mitochon
driale correspond en gros à la quantité de DNA qu’il dose dans l’oeuf entier par une modification de la méthode à la diphénylamine.
20.-
Par contre, en utilisant une technique fluorométrique (Tableau I), HANOCQ-OUERTIER et al. (196Ü) trouvent, pour la teneur en DNA de l'oeuf, des valeurs nettement plus élevées que celles indi
quées par DAWID : 0.02yU.gr a 0.09^Ugr de DNA oar oeuf au lieu de
0.003 gr par oeuf chez Xenopus laevis. De plus, ces auteurs estiment que 63% de ce DNA est lié aux plaquettes vitellines. Ces données bio
chimiques confirment les résultats de BRACHET et FICQ (1965), qui ont observé une forte "coloration" à 1’actinomycine C des plaquettes 14 vitellines, ainsi que ceux de BALTUS et BRACHET (1962) qui ont montré que 65% du DNA cytoplasmique sédimente avec le vitellus et le pigment chez Pleurodeles waltlii. En 1962, également, WALLACE notait la présen
ce probable de DNA dans les plaquettes vitellines d’amphibiens.
La première extraction en gradient de CsCl du DNA vitellin a été réalisée par BALTUS et al. (1968) à partir des plaquettes vitel
lines isolées de fragments d’ovaires ou d’oocytes ovariens de Xenopus laevis. Selon ces auteurs, et contrairement aux résultats de DAWID et al. (1966), il semble y avoir 10 fois plus de DNA dans les plaquettes vitellines que dans les mâtochondries. Nalheureusement, chez Xenopus laevis, le DNA vitellin, le DNA mitochondrial et le DNA nucléaire ont tous la même densité en g^radient de CsCl. Il est donc impossible d’éta
blir par cette méthode que est le degré de contamination éventuelle d’un type de DNA par les 2 autres. Cette situation est aggravée par le fait que les extraits de DNA vitellin ont été réalisés, dans ces pre
mières expériences, sur des oocytes ovariens et que ces oocytes sont entourés de nombreuses cellules folliculeuses dont il est difficile de se débarrasser. Les résultats concernant l’isolement de DNA vitellin à partir d’oocytes ovariens doivent donc être mis en doute et nous ne tiendrons donc pas compte de ces données.
Le second problème posé par l’extraction du DNA vitellin est lié à la présence d’une très faible quantité de DNA au sein d’une énorme quantité de protéines vitellines. Ces protéines compliquent l’extraction et la purification du DNA vitellin.
Les deux problèmes qui viennent d’être mentionnés fe
ront l’objet du présent travail.
c) Rôle du DNA vltellin 1) Hypothèses proposées
Deux rôles possibles sont à envisager pour le DMA vitel- lin.
- MOORE pense (1962) que le DMA cytoplasmique pourrait remplir un rôle génétique : on sait que le DNA mitochondrial peut servir de template pour la synthèse du RNA ribosomial des mitochondries, mais en CB qui concerne le ONA vitellin on ne possède aucune preuve valable de ce genre. En effet, ainsi que nous l'avons déjà dit, les résultats observés par BALTUS et al. (1968) sont sujets à caution du fait de la présence de cellules folliculeuses autour des oocytes ovariens que ces auteurs ont utilisés pour isoler le DNA vitellin. On peut cependant imaginer que le DNA vitellin puisse servir de template pour des RNA impliqués dans la synthèse des enzymes responsables de la vitellolyse.
Ces idées trouvent une confirmation possible dans les travaux de BRACHET et SIX (1971) et de BRACHET (1966). qui ont observé que des agents
qui modifient le DNA, tels que le bromure d'éthidium et la formamide, ralentissent fortement la résorption du vitellus dans les embryons d’amphibien. Malheureusement, ces auteurs n'ont pu déterminer
jusqu’à présent si le bromure d’éthidium, en plus de sa fixation sur le DNA nucléaire, se lient au DNA mitochondrial et/ ou au DNA vitellin,
- Le DNA vitellin pourrait également servir de matériel de réserve (BRACHET 1962, DURAND 1961), ainsi que le suggère l'étude de la synthèse du DNA au cours de la segmentation de l'oeuf amphibien.
Dans ce cas, le ONA vitellin emmagasiné dans l'oocyte serait soit utili
sé en gros fragments, soit hydrolysé en nucléotides qui seraient employé au fur et à mesure des besoins de l'embryon.
On peut se demander alors dans quelle proportion le DNA vitellin con
tribue à l’édification des DNA nucléaires des cellules nêoformées et dans quelle mesure les noyaux sont capables d'utiliser les précurseurs qui leur viennent du cytoplasme.
22.-
Fig. 1 : Synthèse du DNA durant la segmentation de l’embryon d'amphibien
Fig. 2 : Evolution de la quantité de DNA par cellule chez l’embryon de Rana pipiens
//*grDNA cellule embryonnaire -
\/«grDNA noyau de cellule hépatique
24.-
Ces différents problèmes seront discutés dans les para
graphes qui vont suivre.
2) Contribution du DNA cytoplasmique à la formation des DNA nucléaires néoformés dans l’embryon d'amphibien en voie de segmentation
L'importance du rôle accordé au DNA cytoplasmique dans l’élaboration des DNA nucléaires, dans les embryons an voie de segmen
tation, est basée sur deux observations intéressantes :
- Tout d'abord, on ne pense oas qu’il se produise une réelle augmentation de la quantité de DNA par embryon au cours des pre
mières divisions de segmentation. RRACHET (1954), GREGG et LOVTRUP [1955), HOFF-J0RGENSEN et al. (1952) et L0VTRUP (1959) estiment tous qu’il n’y a pas d’augmentation de la quantité totale de DNA par embryon jusqu’au stade blastula. Toutefois. S7E (1953), GRANT (1956) et KUTSKY (1951)
(fig. 1) constatent que la quantité de DNA par embryon s’accroît dès la fécondation. Il est probable que l'éventuelle augmentation de la teneur en DNA au cours des premières mitoses de segmentation est faible et qu'elle se situe de ce fait dans les limites d'erreurs des méthodes de dosage utilisées.
- En outre. GRANT (1958) a observé qu'au début du développe
ment embryonnaire, une division cellulaire n’est pas accompagnée d’un
doublement de la quantité de DNA cellulaire. Ce n’est qu'au stade gastula, que chaque division cellulaire se fait après un doublement de cette
quantité. En effet, (fig. 2) jusqu'au stade 17 (blastula de 1000 cel
lules), on assiste à une diminution de la teneur en DNA par cellule de l’embryon. Après le stade 17, la quantité de DNA par cellule semble être égale à celle présente dans une cellule diploïde normale. Cette obser
vation peut s’expliquer par le fait qu’au début de la segmentation, une très lente augmentation de la teneur en DNA par embryon est associée à un taux de division cellulaire très élevé. Le DNA dosé en excès dans l’oo
cyte pourrait donc être utilisé pour l’élaboration du DNA nucléaire des nouveaux blastomères.
3) Synthèse nette de DNA nucléaire au cours du développement des amphibiens
L'existence d'une synthèse de DNA au cours du dévelop
pement a été démontrée, chez les amphibiens, par l'incorporation d'isoto
pes radioactifs et de précurseurs marqués dans les oeufs en sep,mentation.
En effet, KUTSKY C1950} et GRANT (195fl) ont montré que le nhosphate
radioactif injecté dans un crapaud est incorporé dans les noyaux des oeufs dès le début du clivage.
Après injection de thymidine tritiée, dans une femelle de Rana pipiens, MOORE (1959) a observé l'incorporation de ce précurseur dans les chromosomes durant le clivage et le stade blastula. Chez
l'hybride (Rana pipiens x Rana Sylvatica ), elle a observé que l'incor
poration est plus faible que chez les témoins Rana pipiens.-
DIELIAVSKY et TEMCER (1960) ont constaté un autre fait important : l’uridine et la cytidine s'incorporent de manière préfé
rentielle dans le DNA des noyaux au cours de la seg,mentation d'un embryon de Rana pipiens.
Si on fournit des précurseurs radioactifs appropriés à un embryon en segmentation, il y a donc incorporation de ces précurseurs dans le DNA de l'embryon.
Cependant, pour s’assurer qu'une synthèse de DNA se produit réellement in vivo, il faut s'assurer de la présence, dans l'oeuf de
batracien, des précurseurs de la synthèse de DNA.
- Dès 1947. BRACHET a démontré que les produits de l'hy
drolyse du RNA peuvent servir de précurseur au DNA nucléaire. GRANT (1958) a constaté que le turn-over des RNA est très important dans les jeunes embryons, alors qu’il ne décèle aucune synthèse nette de RNA. Les ribonucléotides provenant du RNA seraient donc utilisés pour la synthè
se du DNA.
26.-
- En 1956, GRANT constatait que. durant les 12 premières heures du clivage, le pool des désoxyribonucléotides libres double.
Ces désoxyribonucléotides sont utilisés ultérieurement jusqu'à leur énuisement, de telle sorte que, au stade gastrula. ils ne sont pratique
ment plus décelables.
- KURIKI et al. (1959) ont décrit le pool de précurseurs comme un mélange de mono, di- et tri-désoxyribonucléotides : d’après eux, les nucléotides représentent moins de 10% du pool total.
- STEINERT (1952, 1955) a mis en évidence le rôle des nuclé
otides et sourtout des bases puriques libres dans le développement des amphibiens. Ces bases puriques libres apparaissent dans l'oocyte au cours du grand accroissement. Il a pu démontrer que l'adenine C et l'hyoo- 14 xanthine-C sont incorporées rapidement dans l’A.T.P et les acides 14 nucléiques des gastrules de Rana fusca.
4) Conclusion
Le DNA vitellin pourrait soit servir de template pour des enzymes concernées par la vitellolyse, soit représenter un matériel de réserve pour l’em.bryon en voie de développement. Dans ce dernier cas, le DNA vitellin contribuerait, au mois partiellement, à la formation du DNA nucléaire des nouveaux blastomères. On peut en effet penser
qu’il existe deux sources possibles pour le DNA nucléaire synthétisé au cours du développement.
- un pool de précurseurs acido-solubles, existant déjà dans l'oocyte et accru par une synthèse éventuelle de ces précurseurs au cours des 12 premières heures du dévelop
pement. Ces précurseurs fourniraient 40% du DNA nouvelle
ment synthétisé (GRANT 1956).
- Le DNA trouvé en excès dans l’oocyte et qui serait épuisé après 20 heures de développement. Les 60% restant provien
draient de ce DNA vitellin mis en réserve.
d) Conclusion et ob.jet du travail
Comme lo montrent les différents travaux cités, 1'oocyte d'amphibien accumule dans son cytoplasme une quantité importante de DNA.
Solon BALTUS et al. (1968], au moins 50% de ce DNA se trouve dans les pla
quettes vitellines. Malheureusement, les oocytes ovariens que ces auteurs ont utilisés pour analyser le DNA du vitellin étalent certainement con
taminés par les cellules folliculeurses qui entourent l’oocyte dans l'ovaire. Les observations décrites par BALTUS et al. sont donc sujet
tes à caution et doivent, de ce fait être reconsidérées. A cette fin, nous avons entrepris la recherche d'un système oocytaire non contaminé, ce qui signifie l’obtention d'oocytes de Xenopus laevls débarrassés à 100% de leurs cellules folliculeuses.
Une fois ce système oocytaire trouvé, il s'agira de mettre au point une méthode d’extraction convenable du DNA vitellin.
La caractérisation du DNA vitellin constituera le dernier point de notre travail.
Cette étude a été réalisée en collaboration avec Elyane BALTUS, Jacqueline HANOCQ-QUERTIER, Françoise HANOCQ et Gilberte
STEINERT.
28.
A) Etude du DNA vitellln
II. MATERIEL
photos 2 et 3 : Xenopus laevls : vue ventrale après ouverture des muscles abdominaux.
I
L
3D
photo 4 Coloration au Feulf'en d'oocytes ovariens de Xenopus laevis.
I
t
photo 6 : Coloration au Feulgen d'oocytes de Xenopis laevis, ayant ovulé in vitro.
32
photo 7 : Coloration au Feulgen d’oocytes de Xenopus laevls. ayant ovulé in vitro.
Fig. 3 : Reprosentation schématique comparée de la constitution d'un ovaire, d'un oocyte ovarien, d’un oocyte débarrassé manuelle
ment de ses cellules folliculeuses (S.D.S.), d’un oocyte ayant ovulé in vitro et d'un oeuf vierge de Xenopus laevis
M — • ■■■" ■ I II 1
FIG :
3 Xenopus laevis
34.-
°J- ovaire
oocyfe ovarien
^1_cjra__ ^
by oocyte ovarien
RA. vésicule germinative
ovarien traite
cellules folliculeuses P.V.
RV. dr î1.4mm
dypocyte ayant ovule in vi
^er I
Vitro
1 globule polaire
eypeuf vierge
RA.
1=îi;==
vjl:::::: iiiilliiiiiiiii::::::::::::::iiiiiiiiii iiiii.
f useau de~
maturaf io n
/
V (langue
RV,
RV .
a} Présentation du matériel biologique utilisé
Deux espèces différentes d’amphibicns ont été utilisées au cours de cette étude :
1. Xénopus laevis est un crapaud originaire d’Afrique du Sud dont l’élevage et la reproduction sont assez aisément obtenus en laboratoire. La photo 1 et les photos 2 et 3 montrent une femelle de Xenopus laevis photographiée respec
tivement en vue dorsale et en vue ventrale, après l’ouver
ture des muscles abdominaux.
Des oeufs de cette espèce ont été utilisés A différentes étapes de la maturation :
- des ovaires entiers visibles sur les photos 2 et 3. On remarque que les oocytes ovariens sont disposés dans
des poches ovariennes et entourées par une paroi ovarienne assez souple, (fig. 3a).
- des oocytes ovariens. Les oocytes prélevés des ovaires sont entourés de nombreuses cellules folliculeuses (en
viron 5.000) dont le rôle est de nourrir l’oocyte en cours de croissance (fig. 3b et photo 4). Après un
traitement au SOS, on peut débarrasser ces oocytes ovariens des cellules folliculeuses qui l’entourent A l’aide de fines pincettes (fig. 3c).
- Des oocytes ayant ovulé in vitro. Les oocytes ovariens peuvent être déposés dans du Rlnger contenant de la pro
gestérone et un extrait hynophysiaire. Au contact de ces hormones, l’oocyte ovarien subit sa maturation et son ovulation in vitro; elles; semblent être oarfalternent identiques au processus existant in vivo. Ces oocytes, que nous appellerons oocytes ayant ovulé In vitro, ne sont plus entourés de cellules folliculeuses et se trouvent en mé- taphase de la seconde division de maturation (fig. 3d).
36.
- Oeufs vierges ou osufs fécondés. Ce sont les oeufs re
cueillis après la ponte de la femelle. Les oeufs vierp.es (fig. 3e) et fécondés sont entourés d’une gangue dont il faut se débarrasser par un traitement chimique
(cystéine-papaïne ou mercapto-éthanol) ou à l’aide de fi
nes pincettes.
2. Ambystoma mexicanum (photo 5) est un urodèle d'origine mexicaine dont nous n’avons Jamais utilisé que les oeufs vierges. La gangue a été éliminée a l’aide de fines pincettes.
b] Abréviations utilisées
AMBA = Méthode fluorométrique de dosage de DNA mise au point par ROBERTS et FRIEDKIN [1953).
A.M.S.
A. T.P.
B. E.
cpm
CMC-oellulose CsCl
DABA
□EAE-cellulose
Aminosalicylate de sodium Adénosine tri-phosphate Bromure d’éthidium coups par minute
carboxyméthyl-cellulose Chlorure de caesium
Méthode fluorométrique de dosage de DMA mise au point par KISSANE et ROBINS (1958).
di-éthyl-amino-éthyl-cellulose DNAose = désoxyribonucléase
E.D.T.A.
HOLFRETER
MAK PDPÜP PPO PVP
= acide éthylène-diamine-tétra-acôtique
= milieu utilisé pour les oeufs pondus de batraciens et dont la composition est la suivante :
0,35 gr CaCl^
5 mgr KCl pour 100 ml H^O 10 mgr CaCl^
= colonne d’albumine méthylée
= (1.4 bis 2-5 nhényloxaz lyl) benzène
= 2-5 Diphényloxazol
= Polivinylpyrrolidone
Ringer = milieu utilisé pour les oocytes de batraciens et dont la composition est la suivante :
0.66 gr MaCl 0.015 gr KCl 0.015 gr CaCl^
pour 100 ml H^O
38.
RNAase SBI SOS Sevag
SSC
TCA
TEAE-cellulose tpmn
Tris
ribonucléase
Inhibiteur de la trypsine provenant des graines de soja sodium dodécylsulfate
mélange déprotéinisant = chloroforme - alcool isoamy- lique (24/1)
milieu salin dont la composition est la suivante :
□ .15(1 NaCl
Ü.ni5d citrate de Na acide trichloracétique
tri-éthyl-amino-éthyl cellulose tours par minute
tri-hydroxyméthyl-aminométhane
e] Matériel particulier
- Le bromure d’éthidium nous a été généreusement offert par le Dr. G. WGOLFE (BQOTS PURE DRUG C° Ltd. Nottingham) - Le professeur GRUBER (Universiteit van Groningen -
Nederlanden) a eu la gentillesse de nous donner de la phosvitine de poulet purifiée dans son laboratoire.
- La souche de culture de cellules de reins de Xenopus laevis vient du laboratoire du Professeur BIRNSTIEL CEdimburg).
- La caséine utilisée est un produit DIEGO (bacto- isoélectrique].
14 14
- Formiate - C = formic acid - G Na Soit Amersham 59 mGi/mH poudre 0.25 mGi/SOD 1 Ringer Thymidine - H,3
Thymidine - i\l 43 Amersham
5 Gi/mfi ou 26 Gi/mN 1 .0 mCl/ml
Uridine - H3
Uridine - T - C6) Amersham 1.0 Gi/mri 1 mGi/ml , . ,J4
serine - G i\l F N
0.08B1 mg/0.1 mGi L
A) Etude du DMA vitellin
III. n E T H 0 D E S
) Préparation des oocytes et des oeufs en vue des extractions
Lss prsmiers isolements de DNA vitellin ont été réalisés à partir d’oocytes de Xenopus laevis traités pendant 15 minutes au S.D.S.
(sodium dodécylsulfate) 0.3% et débarrassés ensuite de leurs cellu
les folliculeuses a l’aide de pinces fines.
La plupart des isolements de DNA vitellin ont été ensuite effectués cà partir d’oocytes ayant ovulé in vitro, ce qui élimine en principe les cellules folliculeuses attachées à l'oocyte ovarien. Pour ce faire, des fragments d’ovaires ont été prélevés à partir de femelles adultes de Xenopus laevis et les membranes des poches ovariennes ont été ouvertes. Les ovaires ont alors été placés dans une solution de Ringer, contenant, par litre, 10 mg de progestérone et un homo- génat de 4 hypophyses de xénopes. Ces 2 traitements hormonaux in
duisent la maturation et l’ovulation. Après 5 heures, les ovaires ont été transférés dans une solution de Ringer stérile et laissés durant une nuit à 20°C, en chambre stérile et dans de grandes boites de Pétri ouvertes. Les oocytes tombés des ovaires et qui présentent une tacho de maturation ont été rassemblés et lavés 5 fois dans une solution fraiche de Ringer. Des contrôles microscopiques, après co
loration au Feulgen, ont montré que les oocytes ovules recueillis sont î èrns
en métaphase, vraisemblablement de la 2 division de maturation qu’ils sont totalement débarrassés des cellules folliculeuses qui les en
touraient dans l’ovaire (ohotos 6 et 7).
Une solution de cystéine (3%) - papaïne (0.2%) à pH = 7.0 ou de mercapho-éthanol 0.25N a été utilisée pour le dégangage chimique des oeufs vierges de Xenopus laevis. En ce qui concerne les oeufs
d’axolotl (Ambystoma mexicanum), la gangue a été éliminée manuellement à l’aide de pinces fines. Les 2 types d’oeufs ont toujours été main
tenus dans du milieu de Holfreter dilué 10 fois.
42.-
b) Méthode d'extraction du DNA 1) DNA nucléaire
Le DNA nucléaire de Xenorus laevis.a, en général, été isolé à partir d’érythrocytes. Dans ce but, du san>7 a été recueilli dans du 2XSSC; les érythrocytes ont été recueillis par centrifugation à 5.000 tpmn pendant 5 minutes, puis lavés dans le même milieu. Les hématies ont alors été suspendues dans un tampon Tris O.D5M, E.D.T.A.
O.OIM [pH = 8) auquel on a ajouté du S.D.S. en concentration finale) et du perchlorate de sodium (IM en concentration finale).
Des extractions successives avec un même volume du mé
lange de SEVAG (chloroforme -alcool isoamylique 24/1) ont été réalisées jusqu’A ce qu’il n’apparaisse plus d’interphase. Après la centrifugation à 10.000 tpmn, pendant 10 minutes, le dernier surnageant a été précipité par 2 volumes d’éthanol froid. Le précipité a été enroulé sur une
baguette et dissous dans du 0.1 X SSC.
Le précipité a été purifié ultérieurement par 2 centrifu
gations successives de 48 h chacune à 40.000 tpmn en gradient de chlorure de caesium d’une densité moyenne de 1.7 et dans un rotor Spinco SW5Q.
2) DNA vitellin
Dans certaines expériences, les plaquettes vitellines ont été isolées selon la méthode de OAWID (1965). Les morceaux d’ovaires, les oocytes ou les oeufs ayant ovulé in vitro ont alors ôté broyés dans un tampon Tris 0.G3M
(pH = 7.4), E.D.T.A.0.1M. sucrose 0.25M. L’homogénat a été filtré sur gaze puis centrifugé ^ 2.500 tpmn pendant 15 minutes. Le culot a été remis en suspension dans le même tampon avant de subir une nouvelle centri
fugation .
Les purifications du DNA vitellin. avant de le caractériser ont été réalisées à partir de plaquettes vitellines iso
lées selon la méthode de WALLACE et KARASAKI (1963). Cette méthode d’isolement a l’avantage de fournir des plaquettes vitellines très propres, dont on peut exclure toute conta
mination par les autres fractions subcellulaires; malheu
reusement, le rendement de cette méthode est nettement plus faible que celui de la technique de DAWID (1965).
L’isolement des plaquettes vitellines selon WALLACE (1963) a été effectué selon le processus suivant. Les oocytes ayant ovulé in vitro ont été homogénéises à pH 7 dans un milieu 0.25W en saccharose et 5% en polyvinylpyrrolidone
(P.V.P.); 10 ml de ce milieu ont été utilisés pour un millier d’oocytes. L’homogénat a été déposé sur un même volume de saccharose N - p.V.P. 5% (pH = 7) et centrifu
gé pendant 20 minutes A 2.000 tomn. Le culot a été remis en suspension dans un milieu 0.25(1 saccharose, 5% P.V.P,
(pH = 7) et recentrifugs de la même manière.
ii) isolement_du_DNA_des_çlaguettes_yitellines
La méthode de KIRBY et COOK (1967) a été utilisée pour les premières extractions du DNA vitellin à partir
d’oocytes traités au S.D.S ou d’oeufs vierges de Xenopus laevis.
Au cours des expériences, nous avons été amenée a uti
liser différentes méthodes et a mettre au point une nouvelle méthode propre à l’extraction du DNA vitellin
(modification de la méthode de KIRBY et COOK 1967).
Cette méthode qui sera décrite ci-dessous, a été aopli- quée surtout aux oocytes ayant ovulé in vitro.
44.-
Le culot de plaquettes vitellines a été mis en suspension dans le tamponà la glycine précisé ci-dessous (IGml
de tampon pour les plaquettes vitellines de 1.000 occytes ovulés).
glycine 0.114
E.D.T.A. 0.1(4 pH = 10.6 4 - aminosalicylate de sodium 6%.
NaCl 1%
Triton x 100 1%
Ce tampon alcalin dissout rapidement les plaquettes vitel
lines sans dénaturer le DI4A. Après dissolution, un
volume égal du mélange suivant est ajouté aux olaquettes :
phénol 85%
crésol distillé 11%
hydroxyquinoléine 0.07
Après une agitation douce de 30 minutes à température ordinaire, le mélange a été centrifuté durant 10 minutes à 10.000 tpmn. Le surnageant a ôté précipité par
l’addition de 2 volumes d'éthanol glacé. Le précipité
a été laissé pendant une nuit à 4°C, puis récolté et dissous dans 1 X SSC. La solution a été centrifugée à 16°C pen
dant 48 heures à 40.000 tpmn dans un rotor Spinco SW50, après l’addition de chlorure de caesium jusqu’à l’obten
tion d’une densité moyenne de 1.55 et de bromure d’ethidium (BE) (150 gr/ml). La bande de DNA fluorescent a été recueil
lie sous une lampe Allen A 405; ce DNA a été ensuite recen
trifugé de la même manière dans un nouveau gradient de CsCL - BE. Le bromure d’éthidium a été éliminé par 3 extractions successives avec de l'alcool isoamylioue (C07- 7ARELLI et al. 1968]. La solution de DNA a alors été dia
lysée pendant 5 heures contre du 0.1 x SSC ou du 1 x SSC.
31 DNA mitochondrial
i) I§9l§ni§nt_des_mitgchondries
Lgs mitochondries ont été isolées selon la méthode décrite par DAWID (1965]. Le surnageant des plaquettes vitel
lines a été recentrifugé pendant 20 minutes à 10.000 tpmn.
Le culot de mitochondries obtenu a été remis en suspen
sion dans un tampon 0.25(1 en saccharose. 0.03(1 en Tris et 0.1(1 en E.D.T.A. (pH = 7.4]. La suspension a été recentrifugée de la même manière.
ii] Isolement_du_DNA_mitochondrial
Les mitochondries obtenues ont été lysées dans le tampon à la glycine. Le DNA mitochondrial a ensuite été extrait selon la méthode décrite ci-dessus pour le DNA vitellin.
afin de pouvoir comparer le ONA mitochondrial et le.
DNA vitellin de manière plus rigoureuse.
46
c3 Dosage du DNA
Le dosage du DNA a ôté effectué selon une modification de la méthode de KECK (1956). Pour estimer la teneur en DNA de l'oocyte entier. 75 oocytes ayant ovulé in vitro ont été homogénéisés dans 2ml de saccharose 0.25N. Tris D.03N (pH = 7.4), E.D.T.A. n.lN. 2ml de TCA à 10% froid ont été ajoutés à l’homogénat. Après 15 minutes à 4°C, le précipité a été centrifugé et lavé au TCA à 5% à froid. Les lipides ont été éliminés par des lavages successifs de 10 minutes avec de l'al
cool 94°C à froid, de l'alcool 94°C à 50°C, du butanol normal a 50°C, de 1'alcool-éther (3/1) à 50% et finalement avec de l'éther à tempéra
ture ordinaire.
Le culot ainsi obtenu a été extrait durant 20 minutes a 100®C avec BÜOyUl de TCA à 5% avant d'être centrifugé. La teneur en DNA des culots a été estimé selon la méthode de KECK (1956) : 250^1 du réactif à l'indole (0.03% d’indole dissous dans HCl 1.25N) a été ajouté aux 250/41 de surnageant. Le mélange a été chauffé durant 10 minutes à 10°C. puis extrait 3 fois par un volume d'acétate d'amyle. Les lec
tures ont été réalisées à 490 nm au spectrophotomètre de Deckman.
La courbe étalon a été obtenue en incubant d'une manière analogue 250/x,l d'une solution de DMA standard (0 à 20/4g/ml) avec 250^1 de réactif à l'indole.
La teneur en DNA des culots de plaquettes vitellines a été estimé selon un processus semblable, en partant de culots de plaquettes vitellines correspondant à 150 oocytes.
Pour certaines expériences de dosage, des traitements enzymatiques des différentes fractions d'oeufs de Xenopus laevis ont dû être faits. Dans ce cas. la fraction en question (homogénat total, pla
quettes vitellines ou surnageant postvitellin) a été traitée durant
1 heure 30 minutes à 37°C soit à la ONAase (100/^gr/ml) soit à la trypsine (250/4gr/ml), soit après la trypsine (250/zgr/ml), au S.B.I. (inhibiteur
de la trypsine 250yUgr/ml) puis à la DNAase (150^gr/ml).
Les fractions d'oocytes témoins, ainsi que les fractions qui devaient être traitées à la trypsine ont été mises en suspension dans du tampon Tris 10 M -3 pH = 7.4
E.D.T.A. 10“^n Sacch. 2.5
Quant aux fractions d’oocytes devant subir un traitement a la DNAase, elles ont été mises en suspension dans le tamoon Tris
NgCl^ 10”^N, saccharose 2.5 10"^M pH = 7.4.
Après ces traitements enzymatiques, les fractions d’oocytes ont été remises dans le tampon normal et le dosage a été réalisé comme on l’a décrit ci-dessus.
Des tests de spécificité de la méthode seront présentés dans la partie expérimentale.
48.
DNA vitellln
1) Extraction de la chromatine d'érythrocytes
La chromatine d’f5rythrocytes de batraciens a été isolée selon la méthode de PAUL et GILNQUR (1968) par un choc osmotique en eau distillée.
2) Culture de cellules de reins de Xenopus laevis
Des cellules de reins de xénopes ont ôté cultivées in vitro durant 3 jours dans le milieu HANSE 12 en l'absence ou en la présen ce de thymidine tritiée C15^c/ml de milieu; 26 c/mM). Ensuite, une chasse de 1 jour a été effectuée dans les cultures radioactives au moyen de thymidine froide (4.6yugr/ml de milieu).
Quand il y avait lieu de broyer les cellules, elles ont été homogénéisées à l’aide d'alumine dans une solution de Ringer. La chromatine a été séparée des débris membranaires par une centrifuga
tion à faible vitesse.
Les comptages ont été réalisés dans le liquide de scintillation suivant :
1/3 volume de Triton x 100 2.3 volume POPOP o.5 gr
PPO 5 gr Toluène IL
Le compteur à scintillation était un Packard modèle 3375 avec un ren
dement d'environ 50% pour le tritium.
3) Coloration à 1'actinomycine tritiée de préparations cytologiques d’oocytes de batraciens
d] néthodes utilisées dans les expériences de contrôle de la pureté du
Des oocytes ovariens et des oocytes ayant ovulé in vitro
ont été fixés par la méthode de "freeze-substitution". Des coupes de 10 ont été plongées, pendant 60 minutes, dans une solution d'actinomy- cine H (20^c/ml,- 8.4 c/mH), lavées pendant 60 minutes dans une solu3 tion d'actinomycine froide (3/Agr/ml) et rincées pendant une nuit dans l’eau courante. Avant d’être plongées dans 1’actinomycine radioactive, certaines coupes ont été traitées à la ONAase (0.1 mgr/ml) pendant 90 minutes à 37°C dans un tampon Tris 0.01M (oH = 7.4), flgSO^ ImM.
De l’émulsion Ilford a été déposée sur les prépara
tions cytologiques et les autoradiogrammes ont été développés après 8 jours d’exposition selon la méthode de ficq (1955).
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e) Caractérisation du DNA vitellin
1 ) Centrifugation préparative en p.radisnt de chlorure de caesium Les DNA extraits des plaquettes vitellines par la méthode de KIRBY et COOK modifiée ont été purifiés sur des gradients de CsCl dont la densité moyenne était de 1.700. La densité moyenne de ces gra
dients a été abaissée à 1.550 lorsqu'ils contenaient du bromure d'éthi- dium ( 150^,gr/ml ) .
Les échantillons ont alors été placés dans un rotor Spin- co SW50 et centrifugés à 15°C pendant 4fl heures à 40.000 tpmn. L’em
ploi du bromure d'éhidium dans les gradients de CsCl présente deux avan
tages ; tout d'abord, un simple éclairage par uns lampe Allen A405 permet la visualisation et le prélèvement de la bande de DNA. Ensuite, cette technique de centrifugation sépare le DMA circulaire fermé
(DNA mitochondrial] du DNA linéaire (DNA vitellin, nucléaire ou mito
chondrial ouvert). Le DNA circulaire fermé fixant moins de molécules de B.E. que le DNA linéaire est, de ce fait, moins allégé et présente donc en gradient de CsCl une densité de flottaison plus élevée que le DNA linéaire.
2] Centrifugation analytique en gradient de chlorure de caesium Les solutions contenant le DNA à analyser ont été dialy
sées contre du 0.1 x SSC. Du CsCl Suprapur a ensuite été ajouté jus
qu’à l’obtention d’une solution de densité moyenne de 1.700. Du DNA de Nicrococcus lysodeikticus (d = 1.731) a été utilisé comme référence.
La centrifugation a été réalisée à 44.770 tpmn pendant 20 heures à 20°C dans une ultracentrifugeuse analytique Spinco modèle E. Des Photographies ont été prises à 265rmet enregistrées grâce à un microdensitomètre Joyce- Loeb. La densité de flottaison du DNA a été calculée selon la méthode de SCHILDKRAUT et al. (1962).
31 Dénaturation et renaturation
De 1 à 3^gr de DNA ont été dissous dans 750^1 de 0.1 x SSC. Lors de la dénaturation thermique, les solutions ont été chauffées pendant 15 minutes à 100°C et ensuite immédiatement refoidies à -5‘’C.
Lors de la renaturation thermique, les solutions de DNA dénaturé ont été amenées, après le chauffage, à une concentration saline de 4 x SSC et incubées une nuit à 60°C.
Du DNA de phage a été traité de la même manière et utilisé comme contrôle de la validité des méthodes.
Les préparations obtenues après dénaturation et renaturation ont alors été étudiées par centrifugation analytique ainsi qu'il l'a
été décrit précédemment.
4) Microscopie électronique
L'étalement du DNA a été réalisé selon une modification de la méthode de KLEINSCHMIDT et ZAHN (1959). On a ajouté 25^1 de formol à 40% (pH = 7) à 75^1 de la solution de DNA à étaler (l^gr/mlî.
Au mélange précédent, on a ajouté 100^1 d'acétate d'ammonium 2M et en
fin 200^1 de cytochrome C (0.02% dans de l’acétate d’ammonium molaire) au moment de l'étalement. L'hypophase utilisée était de l’acétate d’ammonium O.IM contenant 0.5% de formaldéhyde.
Après étalement et ombrage des grilles à l'oxyde d’ura
nium, le DNA a été examiné au microscope électronique AEI modèle EM6B.
5) Etude des coefficients de sédimentation
Les estimations du coefficient de sédimentation du DNA ont été réalisées dans le laboratoire du professeur G. BERNARDI, auquel nous sommes très reconnaissante»
Les mesures ont été faites dans une ultracentrifugeuse de
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BecKman modèle E. On a appliqué la méthode de centrifugation de VINOGRAD et al. (1963]. A cette fin, un échantillon de DNA (25/à1 de Tris 0.01(1 (pH = 7.4) contenant O.S^gr de DiMA] a été déposé par cen
trifugation sur un coussin de NaCl 11, Tris O.OIM (pH = 7.6). Des
cellules de VINOGRAD avec un système central K.E.L.F. ont été utilisées.
La plus grande partie des mesures a été faite à 30.000 tpmn.après une accélération initiale de 7.000 tomn. permettant le dépôt de la solution de DNA sur le coussin de NaCl 11.
Les estimations des densités optiques aux différents points de la cellule ont été enregistrées toutes les 4 minutes automatiquement.
Après une correction tenant compte de la vitesse de la centrifugation, de la température et de la viscosité de la solution, les coefficients de sédimentation ont été calculés à l’aide d'une calcula
trice électronique.
L'étude des densités optiaues et des spectres des frac
tions obtenues par chromatrographie a été réalisée au CARY modèle 15.
1) Chromatrographie sur colonne d’albumine méthylée (HAK).
Le DNA à étudier, mis en solution dans du tampon au phosphate O.DSN (pH = 6.7), 0.1(1 en NaCl, a été déposé sur une colonne de NAK CNANDELL et HERSHEY 1960} et élué à 20°C par un gradient linéaire d'une solution de NaCl dans le tampon phosphate 0.05N (pH = 6.7).
En général, des fractions de 2 ml ont été recueilliss.
2) Dissociation et réassociation DNA-protéines
Lorsqu’un matériel nucléo-protéique devait être dissocié en acides nucléiques et protéines, il a été dissous dans du tampon Tris O.IN (pH = 8). NaCl 311. Une centrifugation sur coussin de saccharose molaire durant 17 heures à 40.000 tpmn a permis ensuite de séparer le DNA des protéines qui l’accompagnaient.
Les réassociation Of'JA-protéines ont été réalisées selon la méthode d’OHLENBUSCH et al. (1967), qui ont préconisé le cycle suivant de dialyses en présence d’urée :
- dialyse d’1 x 12 heures contre NaCl 2N Tris 0.1(1 urée 511 pH = B
" 1x4 heures ” ” 0.8i1
’’ 1x4 heures ” " 0.611 ”
" 1x4 heures ” ” 0.4(1 ...
" 1x4 heures ” ” n,2N ...
- 3 dernières dialyses successives contre le tampon désiré (SSC ou 0.1 x SSC) : CBS dialyses étaient destinées à éliminer l’urée.
f] néthodes utilisées dans l'étude des liaisons DNA-protéines
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3) Chromatrographie sur colonne de DEAE et de Cnc-cellulose La DEAE cellulose {diéthylamlnoéthylcellulose) a été conditionnée dans un tampon - Tris O.OIM pH = 8
- méthylamine 34.5%
- urée 6M
- mercapto-éhanol 2.1%
L’élution du matériel protéique a été effectuée suivant un gradient linéaire de NaCl mis en solution dans le tampon décrit ci-dessus.
La chromatrographie sur colonne de cnc-cellulose (carboxyméthylcellulose) a été réalisée dans un tamoon
- méthylamine 34.5% pH = 5.6 - urée 6!4
- mercapto-éthanol 2,1%
Pour l’élution. le NaCl a été remplacé par de l’acétate de sodium.
4) Electrophorèse sur gel de polyacrylamide
Les protéines étudiées se trouvaient dans un tampon
- Tris O.Oiri pH = 0
- méthylamine 34.5%
- urée 6M
- mercapto-éthanol 2.1%
Dans certains cas, un des échantillons a été soumis à un traitement réducteur plus sévère de 2 heures à 37°C au mercapto-éthanol 6.10‘^n.
Des gels cylindriques de polyacrylamide 7.5% à pH = fl.7 et à pH = 4 ont été préparés pour l’étude des composés protéiques.