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Thèse de doctorat/ PhD Thesis
Citation APA:
Jacquemin, M. (2013). Fer-fonte-acier: l'industrie sidérurgique en Brabant wallon : histoire des Forges de Clabecq des origines à 1939 (Unpublished
doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres – Histoire, Arts et Archéologie, Bruxelles.
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Fer-fonte-acier
L’industrie sidérurgique en Brabant wallon
Histoire des Forges de Clabecq des origines à 1939
Madeleine JACQUEMIN Thèse présentée en vue de l’obtention du
grade académique de
Docteur en Histoire, art et archéologie
sous la direction de Monsieur le professeur
Serge JAUMAIN et de Monsieur le
Professeur Jean-Jacques HEIRWEGH
Université Li bre de Bruxel
Il II III ■ uni ■■ es
Fer-fonte-acier
L’industrie sidérurgique en Brabant wallon
Histoire des Forges de Clabecq des origines à 1939
Madeleine JACQUEMIN
Thèse présentée en vue de l’obtention du
grade académique de
Docteur en Histoire, art et archéologie
sous la direction de Monsieur le professeur
Serge JAUMAIN et de Monsieur le
TABLE DES MATIÈRES
TABLE DES MATIÈRES...5
LISTE DES ANNEXES...11
LISTE DES TABLEAUX...15
LISTE DES ABRÉVIATIONS... 19
REMERCIEMENTS...21
INTRODUCTION GÉNÉRALE...23
PREMIÈRE PARTIE. L’USINE À BATTRE LE FER. 1781-1828...41
CHAPITRE I. LA FONDATION...43
1. La location d’un terrain...43
2. Les acteurs... 44
2.1. Antoine Otton de Flodorp... 44
2.2. Marc Pierre Van Esschen... 45
3. Situation géographique... 47
3.1. Clabecq... 47
3.2. Les régions industrielles... 49
4. Les voies de communication... 51
CHAPITRE II. L’USINE À BATTRE LE FER... 54
1. La construction... 54
2. Le moulin à battre le fer... 54
3. L’énergie... 55
4. La main-d ’ œuvre... 55
5. Son fonctionnement...56
6. Les associés... 57
6.1. Marc Pierre Van Esschen et Nicolas Besme... 57
6.2. Les entreprises et les entrepreneurs... 60
CHAPITRE III. LE DÉVELOPPEMENT DE L’USINE...61
1. Le haut fourneau... 61
1.1. Les hauts fourneaux... 61
1.2. Les forges d’affinage...62
1.3. Les platineries, les « makas » et les fenderies...63
2. Les matières premières... 64
2.1. Le bois, la houille, le minerai et la castine... 64
2.2. Le minerai de Groenendael et de La Buissière... 65
3. Le maintien en activité...67
4. Le bail emphytéotique... 69
5. La vente des terrains... 70
6. La succession... 70
CONCLUSION... 73
DEUXIÈME PARTIE. L’USINE TRANSFORMATRICE. 1828-1908...75
CHAPITRE I. LE SAUVETAGE FINANCIER... 77
1. La société des Forges de Clabecq... 79
2.1. Nicolas Warocqué... 81
2.2. Édouard Guillaume Goffln... 81
3. L’usine de Clabecq...82
4. L’association de 1839... 87
5. La société des Forges et Fonderies de Clabecq... 88
CHAPITRE II. JOSSE GOEFIN ET LES LAMINOIRS DE CLABECQ...90
1. L’achat... 90
2. C. et J. Goffin...92
3. Le développement de l’usine... 94
4. Les directeurs...97
5. Les ingénieurs...98
6. Les expositions universelles... 99
CHAPITRE III. LA SOCIÉTÉ ANONYME FORGES DE CLABECQ...102
1. La constitution... 102
2. L’expansion et le progrès technique : la deuxième industrialisation... 103
2.1. Entre fer et aeier... la lente mutation des Forges de Clabecq... 104
2.2. La concurrence de l’acier sur le fer... 108
3. La crise...109
3.1. Les matières premières et le niveau de production...110
3.2. Les salaires et la main-d’oeuvre... 113
3.3. La concurrence étrangère et les événements politiques... 114
4. Les solutions intermédiaires... 116
4.1. Les travaux... 116
4.2. La substitution du fer par l’acier... 118
4.3. La sidérurgie belge dans le monde... 121
CONCLUSION... 123
TROISIÈME PARTIE. L’USINE PRODUCTRICE. 1908-1914... 125
CHAPITRE I. UNE ACIÉRIE EST-ELLE PROFITABLE AUX FORGES DE CLABECQ?... 127
1. Entre fer et acier, le point de non-retour est franchi...127
2. La mauvaise qualité des aciers achetés...128
3. La production limitée... 128
4. La pénurie des fontes... 129
5. La transformation des usines concurrentes... 129
6. La modification des usines transformatrices... 130
CHAPITRE IL QUELS SONT LES AVANTAGES D’UNE ACIÉRIE ?...132
1. Qu’est-ee qu’une aciérie ?... 132
1.1. Le haut fourneau...133
1.2. L’aeiérie... 134
1.3. Le convertisseur...134
1.4. Le four... 134
1.5. Le laminoir... 135
2. Les avantages d’une aciérie... 135
CHAPITRE III. LES ÉTAPES DE LA MÉTAMORPHOSE... 136
1. Les transformations juridiques... 136
2.1. La valeur de Clabecq...137
2.2. Capital nouveau...139
2.3. Opérations menées...140
CHAPITRE IV. L’ACIÉRIE DES FORGES DE CLABECQ...145
1. L’emplaeement... 145
2. Les bâtiments... 148
2.1. Les hauts fourneaux I et 11... 148
2.2. Le projet de haut fourneau 111... 151
2.3. L’aeiérie... 155
2.4. Les laminoirs... 155
2.5. La centrale électrique... 156
3. Les matières premières...157
3.1. Le minerai... 157
3.2. Le coke... 157
4. La production... 159
CHAPITRE V. LES FOURS À COKE DE VILVORDE...162
1. La constitution... 162
2. La s.a. Fours à coke Semet-Solvay... 163
3. La convention entre Semet-Solvay et Vilvorde... 164
3.1. Les apports de Semet-Solvay... 164
3.2. L ’ actionnariat... 165
3.3. La construction de l’usine... 166
4. La société anonyme Fours à coke de Vilvorde...166
5. L’augmentation de capital... 168
6. La fourniture de coke... 168
CONCLUSION...170
QUATRIÈME PARTIE. LA DESTRUCTION DE L’USINE. 1914-1918... 173
CHAPITRE I. QUAND LA GUERRE DÉTRUIT L’OUTIL INDUSTRIEL !... 175
1. L’économie de guerre... 175
2. L’utilisation des entreprises dans l’intérêt militaire... 177
3. Les réquisitions... 180
4. L’organisation générale de l’exploitation de l’industrie... 188
5. Les saisies dans l’industrie du fer... 188
6. L’enlèvement des machines... 190
7. La fermeture des usines... 194
8. La destruction d’usines... 195
9. La main d’œuvre...198
CHAPITRE H. LA CONSTATATION DES DOMMAGES...199
1. Dans les usines des Forges de Clabecq... 199
2. Dans les usines des Fours à coke de Vilvorde...199
3. Dans les usines productrices de fonte et d’acier...201
CHAPITRE III. L’ÉVALUATION FINANCIÈRE DES DOMMAGES... 205
1. Le droit à la réparation... 205
2. Les réparations allemandes...212
3. L’évaluation des dommages aux Forges de Clabecq...215
3.2. Aux habitations et bureaux... 216
4. L’évaluation des dommages aux Fours à coke de Vilvorde... 219
CHAPITRE IV. LA RÉPARATION FINANCIÈRE DES DOMMAGES... 220
1. Aux Forges de Clabecq... 220
1.1. Le jugement du Tribunal des dommages de guerre... 220
1.2. Le calcul des paiements... 222
1.3. Le remploi...223
1.4. Le paiement des indemnités...228
2. Aux Fours à coke de Vilvorde... 228
CONCLUSION... 230
CINQUIÈME PARTIE. LA RECONSTRUCTION DE L’USINE ET L’ENTRE-DEUX-GUERRES. 1918-1939... 233
CHAPITRE I. LA RECONSTRUCTION ET LE DÉVELOPPEMENT DES FORGES DE CLABECQ... 235
1. Le progrès technique... 235
2. La reconstruction matérielle et la remise en marche des installations... 237
3. L’expansion...241
3.1. Le troisième haut fourneau... 242
3.2. La fonderie et le parc à scories... 243
3.3. Le quatrième haut fourneau... 243
3.4. Le blooming... 245
3.5. Le laminoir à tôles moyennes... 245
3.6. Le train à fils, feuillards et petits fers...245
4. Les matières premières...248
4.1. Le minerai... 248
4.2. Le charbon... 250
CHAPITRE IL LA RESTAURATION ET LE DÉVELOPPEMENT DES FOURS À COKE DE VILVORDE... 253
1. Le progrès technique...253
2. La restauration matérielle et la remise en marche des installations... 254
3. La modernisation... 257
4. Le financement de la restauration... 259
5. L ’ approvisionnement en charbon...260
6. L’incorporation des Fours à coke de Vilvorde aux Forges de Clabecq... 264
CHAPITRE III. LA PRODUCTION... 267
1. La concentration et l’intégration...267
2. Les produits sidérurgiques...270
2.1. La reprise du travail...270
2.2. La production aux Forges de Clabecq...271
2.3. La production belge au niveau mondial...275
3. Les produits tréfilés... 277
4. L’électricité... 277
4.1. L’électricité en Belgique... 277
4.2. Interbrabant... 278
4.3. La convention Forges de Clabecq-Interbrabant... 280
5.1. Le coke... 283
5.2. Le gaz... 287
6. Les sous-produits de la cokerie... 293
6.1. Le sulfate d’ammoniaque... 294
6.2. Le goudron... 295
6.3. L’huile légère... 297
7. Les bénéfices... 299
CHAPITRE IV. LES VENTES...300
1. La politique commerciale et le commerce extérieur de la Belgique...300
2. Les marchés... 301
3. La Société commerciale de Clabecq...302
4. Les ententes nationales et internationales... 304
4.1. Le Comptoir des Aciéries belges...305
4.2. Le Groupement des Hauts Fourneaux et Aciéries belges...308
4.3. Les Cartels de l’acier... 308
4.4. L’Union des Tréfileries et Clouteries belges et l’Entente belge des dénaturateurs de fil machine... 319
CONCLUSION...322
SIXIÈME PARTIE. L’USINE ET LES HOMMES... 325
CHAPITRE I. LES GRANDES AVANCÉES SOCIALES...327
1. La Belgique économique et sociale... 328
2. La législation sociale... 330
2.1. L’abrogation de l’article 310 et liberté d’association...330
2.2. La règlementation du travail... 330
2.3. La sécurité sociale...331
CHAPITRE IL LE PERSONNEL...334
1. Aux Forges de Clabecq... 334
1.1. Les ouvriers...334
1.2. Les employés... 336
2. Aux Fours à coke de Vilvorde... 338
CHAPITRE III. LE MOUVEMENT SYNDICAL... 340
1. L’évolution des syndicats en Belgique... 340
2. Les syndicats aux Forges de Clabecq...344
3. La grève aux Fours à coke de Vilvorde... 346
CHAPITRE IV. LES RELATIONS ENTRE PATRONS ET OUVRIERS...347
1. Les Conseils d’industrie et du Travail... 347
2. Les commissions paritaires... 348
3. Les conseils de prud’hommes... 350
3.1. L’institution...350
3.2. Les jugements du Conseil de prud’hommes de Tubize...354
4. L’amélioration des conditions d’existence... 356
4.1. La médecine industrielle et le service social d’entreprise... 356
4.2. Les logements...360
4.3. Les progrès techniques... 364
CHAPITRE V. LES SALAIRES...366
1. Les salaires des ouvriers... 366
1.1. Lors de la reprise du travail en 1919... 367
1.2. La grève aux Forges de Clabecq et les conséquences salariales... 369
1.3. La diminution des salaires, 1921-1922... 370
1.4. L’augmentation des salaires, 1922-1930... 371
1.5. La diminution des salaires, 1930-1935... 375
1.6. L’augmentation des salaires, 1935-1940... 376
1.7. Les congés payés...377
1.8. Le tableau des salaires...377
2. Les primes sur bénéfices... 378
3. Les salaires des employés... 378
CONCLUSION... 382
CONCLUSION GÉNÉRALE... 383
SOURCES... 389
1. Guides et inventaires d’archives... 389
2. Sources éditées et imprimées... 396
3. S ources inédites... 403
4. Archives...404
4.1. Administration communale de Berchem-Sainte-Agathe...404
4.2. Administration communale de Tubize... 404
4.3. Archives de l’État à Anderlecht... 404
4.4. Archives de l’État à Liège...408
4.5. Archives de l’État à Louvain-la-Neuve... 408
4.6. Archives de 1 ’État àMons...415
4.7. Archives de l’Université libre de Bruxelles...416
4.8. Archives générales du Royaume... 416
4.9. Archives générales du Royaume 2 - Dépôt Joseph Cuvelier... 417
4.10. Archives de la Ville de Bruxelles... 418
4.11. Banque nationale de Belgique...419
4.12. Bibliothèque royale Albert ...419
4.13. Musée communal de Tubize...419
4.14. Musée royal de Mariemont...422
4.15. Rijksarchief Leuven... 422
4.16. Tribunal du Travail de Nivelles... 422
LISTE DES ANNEXES
Annexe 1. Plan du terrain loué par Marc Pierre Van Esschen au Marquis de Flodorp, 8 novembre 1781.
Annexe 2. Plan de la façade du moulin de Clabecq, XVIIP siècle. Annexe 3. Barrages des Forges de Clabecq.
Annexe 4. Généalogie de la famille Van Esschen. Annexe 5. Eglise de Clabecq.
Annexe 6. Canal de Charleroi.
Annexe 7. Lexique des termes techniques. Annexe 8. Généalogie de la famille Besme.
Annexe 9. Biographie de Jean Besme (1724-1787). Annexe 10. Biographie d’Hubert Lejeune (1761-1829).
Annexe 11. Lettre de la Société des Forges de Clabecq signée par Léopold Besme, 30 octobre 1829.
Annexe 12 : Lettre à en-tête de la Société des Forges et Fonderie de Clabecq, 30 septembre 1837.
Annexe 13. Biographie de Nicolas Warocqué (1773-1838). Annexe 14. Généalogie de la famille Goffm.
Annexe 15. Biographie d’Édouard Guillaume Goffin (1796-1858). Annexe 16. Affiche de la vente des usines de Clabecq, [janvier 1836]. Annexe 17. Plan et coupes de la petite machine à vapeur, 20 mars 1851. Annexe 18. Biographie de Charles Henri Goffin (1827-1861).
Annexe 19. Biographie de Josse Philippe Auguste Goffm (1830-1887).
Annexe 20. Menu du dîner de retour de noces de Josse Philippe Auguste Goffin et Isabelle t’Kint, 1852.
Annexe 21 : Laminoirs, Forges et Fonderies de Clabecq, [1851].
Annexe 22. En-tête de lettre des Laminoirs, Forges & Fonderies de Clabecq, C. & J. Goffm, 1853.
Annexe 23. Plan de situation des Forges de Clabecq, 26 juillet 1854. Annexe 24. Plan général de la Fabrique de fer, 1856.
Annexe 25. Gare de Clabecq.
Annexe 26. Gare et Forges de Clabecq.
Annexe 28. Plan, 20 mars 1851.
Annexe 29. Statue de Josse Philippe Goffm (Jacques de Lalaing, 1888), place de Clabecq. Annexe 30. Description de l’usine, 1863.
Annexe 31. Entrée des Forges de Clabecq. Annexe 32. La Sennette avant son voûtement.
Annexe 33. Plan général des Forges de Clabecq, juin 1871.
Annexe 34. Lettre à en-tête de la société de Josse Goffm, Maître de Forges à Clabecq, 31 mars 1870.
Annexe 35. En-tête de facture des Laminoirs à fers & tôles. Forges & Fonderies de Clabecq, 15 juin 1875.
Annexe 36. Château Thomas, à Clabecq, 1933.
Annexe 37. Faire-part de décès d’Alphonse Simont, 1900. Annexe 38. Faire-part de décès d’Auguste Simont, 1912. Annexe 39. Biographies des premiers administrateurs. Annexe 40. Les administrateurs, [1888].
Annexe 4L Photographie du buste de Josse Edouard Goffm (1860-1942), réalisé par A. Descatoire, 1928.
Annexe 42. Tableau de la production des produits finis, en tonnes par an, 1889-1908.
Annexe 43. Tableau de la production des demi-produits ou fers ébauchés, en tonnes par an, 1894-1908.
Annexe 44. Tableau des chiffres des ventes en francs, 1894-1908. Annexe 45. Faire-part de décès d’Eugène Germeau, 1939.
Annexe 46. Schéma d’un haut fourneau (haut fourneau VI des Forges de Clabecq), 1984. Annexe 47. Biographies des actionnaires et administrateurs, 1909-.
Annexe 48. Biographie de Léon Cassel (1853-1930) et historique de la Banque Cassel et Cie. Annexe 49. Tour d’Hobruges.
Annexe 50. Plan général de l’usine, 1888. Annexe 51. Plan général de l’usine, 1909.
Annexe 52. Profil du haut fourneau n° I, 3 juillet 1942. Annexe 53. Hauts fourneaux, 1912.
Annexe 54. Lettre à en-tête de la société anonyme des Fours à coke de Vilvorde, 1928. Annexe 55. Plan Vilvorde-Bruxelles-Clabecq.
Annexe 56. Vue des Fours à coke de Vilvorde.
Annexe 58. « État des lieux descriptif des usines et installations de la société anonyme des Forges de Clabecq à Clabecq, dressé le 31 juillet 1917 par Monsieur Eugène François, Ingénieur et Professeur à l’Université de Bruxelles, commis comme expert par Monsieur le Président du Tribunal de Nivelles », 31 juillet 1917.
Annexe 59. Hôtel des aciéries.
Annexe 60. Hôtel des aciéries et cité des Forges, 1911.
Annexe 61. « État des lieux descriptif des usines et installations de la société anonyme des Forges de Clabecq à Clabecq, dressé après l’occupation allemande ».
Annexe 62. Liste des réquisitions et enlèvements divers aux Fours à coke de Vilvorde, 1917- 1918.
Annexe 63. Tableau des administrateurs et commissaires de la s.a. Forges de Clabecq, 1888- 1948.
Annexe 64. Scories Thomas produites à Clabecq. Annexe 65. Hauts fourneaux et Cowpers.
Annexe 66. Tableau des administrateurs et commissaires de la s.a. Fours à coke de Vilvorde, 1912-1928.
Annexe 67. Description des Fours à coke de Vilvorde, au 31 août 1927.
Annexe 68. Convention « charbon » passée entre la société anonyme Forges de Clabecq et la société anonyme Fours à coke de Vilvorde, 10 août 1926.
Annexe 69. En-tête de lettre de la société anonyme des Fours à coke Semet-Solvay & Piette, 1921.
Annexe 70. Vue des Fours à coke de Vilvorde, XX^ siècle. Annexe 71. Vue des Forges de Clabecq, 1956.
Annexe 72. Tableau de la production en tonnes, 1919-1940.
Annexe 73. Tableau de la production annuelle en tonnes, 1919-1940.
Annexe 74. Tableau de la production annuelle d’acier des usines sidérurgiques belges, 1932- 1935.
Annexe 75. Production de clous. Annexe 76. Fil galvanisé.
Annexe 77. Tableau de la production de la s.a. Fours à coke de Vilvorde, 1920-1928. Coke métallurgique.
Annexe 78. Tableau de la production de la s.a. Fours à coke de Vilvorde, 1920-1928. Gaz fourni à la Compagnie de Saint-Josse.
Annexe 79. Tableau de la production de la s.a. Fours à coke de Vilvorde, 1920-1925.
Annexe 81. Tableau des administrateurs et commissaires de la s.a. Société commerciale de Clabecq, 1933-1957.
Annexe 82. Tableau du droit de production du groupe belge, 1933. Annexe 83. Extraits du règlement d’ateliers des Forges de Clabecq, 1924. Annexe 84. Ouvriers des Forges de Clabecq dans la galerie des machines, 1902. Annexe 85. Ouvriers des Forges de Clabecq.
Annexe 86. Ouvriers des laminoirs des Forges de Clabecq.
Annexe 87. Couverture de la brochure intitulée Forges de Clabecq s.a.. Règlement de la
Caisse de secours, Bruxelles, 1889.
Annexe 88. Cité des Forges de Clabecq. Annexe 89. Cité des Forges de Clabecq.
Annexe 90. Tableau des salaires horaires moyens payés aux ouvriers, 1919-1940. Annexe 91. Tableau des salaires des ouvriers, 1®"^ janvier 1938.
LISTE DES TABLEAUX
Première partie : L’usine à battre le fer. 1781-1828Tableau 1. Dénombrement des usines des Pays-Bas autrichiens, des pays de Liège et de Stavelot, en 1790 (p. 50).
Deuxième partie : L’usine transformatrice. 1828-1908
Tableau 2. Salaires, par tonne produite, 1891-1902 (p. 113).
Tableau 3. Fours, trains de laminoirs, marteaux-pilons, machines à vapeur, personnel, 1863- 1899 (p. 116).
Tableau 4. Prix moyen des matières premières à la tonne produite, en francs, 1904-1908 (p. 118-119).
Tableau 5. Production de fer et d’acier, en Belgique, 1864-1904 (p. 120).
Tableau 6. Pourcentage de la production de fonte en coke par bassin, 1847-1913 (p. 121).
Troisième partie : L’usine productrice. 1908-1914
Tableau 7. Relevé des bénéfices bruts, 1889-1906 (p. 138).
Tableau 8. Propriétaires des 5.400 nouvelles actions, 22 janvier 1909 (p. 141).
Tableau 9. Actionnaires des Forges de Clabecq présents lors de l’assemblée générale extraordinaire du 9 février 1911 (p. 142-143).
Tableau 10. Répartition des 1.600 nouvelles actions, 1914 (p. 144). Tableau 11. Propriétés, en 1888 (p. 145-146).
Tableau 12. Nouvelles propriétés acquises entre 1888 et 1914 (p. 146-147). Tableau 13. Nombre de hauts fourneaux en Belgique, 1830-1930 (p. 151).
Tableau 14. Production des Forges de Clabecq, en tonnes, de juillet 1911 à juillet 1914 (p. 160).
Tableau 15. Situation métallurgique (commandes, en tonnes, et prix, en £), d’août 1912 à juillet 1914 (p. 161).
Tableau 16. Les Fours à coke Semet-Solvay en 1913 (p. 164). Tableau 17. L’actionnariat, 1912 (p. 165).
Quatrième partie : La destruction de l’usine. 1914-1918
Tableau 18. Liste des réquisitions, 1916-1918 (p. 183-184). Tableau 19. Classes des objets réquisitionnés (p. 186-187).
Tableau 21. Dégâts subis par les usines productrices de fonte et d’acier pendant la guerre (p. 202-204).
Tableau 22. Dommages de guerre subis par la Belgique (p. 215). Tableau 23. Dommages subis au 30 juin 1918 (p. 215-216). Tableau 24. Occupation des maisons, 1916-1918 (p. 217).
Tableau 25. Évaluation des dégâts subis par l’explosion de 10 novembre 1918 (p. 218). Tableau 26. Valeurs accordées par le jugement, 1924 (p. 221).
Tableau 27. Indemnités de réparation et complémentaires soumises à remploi d’autres sociétés métallurgiques, 1922-1923 (p. 222).
Tableau 28. Récapitulation des indemnités accordées et justifiées, en francs (p. 225-227).
Cinquième partie : La reconstruction de l’usine et l’entre-deux-guerres. 1918-1939
Tableau 29. Dépenses, 1919-1923 (p. 241).
Tableau 30. Réserves incorporées, 18 novembre 1936 (p. 247). Tableau 31. Personnel occupé entre 1914 et 1923 (p. 272). Tableau 32. Production annuelle, en tonnes, 1923-1940 (p. 273).
Tableau 33. Production annuelle d’acier des usines sidérurgiques belges, en tonnes, 1932- 1935 (p. 275).
Tableau 34. Production de fonte, en tonnes, 1913-1939 (p. 276). Tableau 35. Production des tréfilés, en kilos, 1937-1939 (p. 277).
Tableau 36. Production de coke métallurgique, en tonnes, et nombre de défoumements, 1920- 1928 (p. 286).
Tableau 37. La production de gaz, en m\ 1920-1928 (p. 291). Tableau 38. Bénéfices, en francs, 1920-1926 (p. 291).
Tableau 39. La production de sulfate d’ammoniaque, en kilos, 1920-1928 (p. 295). Tableau 40. La production de goudron, en kilos, 1920-1928 (p. 297).
Tableau 41. La production d’huile légère, en kilos, 1923-1928 (p. 298).
Tableau 42. Bénéfices cumulés de la production de sulfate d’ammoniaque, de goudron et d’huile légère, en francs, 1922-1928 (p. 298).
Tableau 43. Bénéfices sur la production, en francs, 1928-1940 (p. 299).
Tableau 44. Part de la Belgique dans l’exportation mondiale, 1928-1938 (p. 301). Tableau 45. Exportations d’acier, en tonnes, 1937-1939 (p. 302).
Tableau 46. Pourcentage des commandes du Comptoir par aciérie belge, 1907 et août 1914 (p. 307).
Tableau 48. Production effective, en tonnes, 1927-1928 (p. 311). Tableau 49. Deuxième cartel de l’acier, 1933 (p. 316).
Tableau 50. Droits de production des usines belges, 1933 (p. 316). Tableau 51. Parts dans l’exportation (pays fondateurs), 1933 (p. 317).
Sixième partie : L’usine et les hommes
Tableau 52. Personnel occupé, 1914-1939 (p. 334).
Tableau 53.Pourcentage des ouvriers dans les différentes divisions, 1927 (p. 335). Tableau 54. Pourcentage des ouvriers dans les différentes divisions, 1939 (p. 336).
Tableau 55. Pourcentage des affaires traitées par le Conseil de prud’hommes de Tubize concernant les Forges de Clabecq par rapport au total des affaires, 1914-1932 (p. 354).
Tableau 56. Biens immobiliers situés à Vilvorde et Grimbergen, 1928 (p. 364). Tableau 57. Salaires des ouvriers des Fours à coke de Vilvorde, 1919 (p. 367). Tableau 58. Variations des salaires par rapport à l’index, 1936- (p. 376). Tableau 59. Durée des congés payés, 1937 (p. 377).
Tableau 60. Salaires des employés des Forges de Clabecq, 22 mai 1919 et janvier 1924 (p. 379-380).
ACB ACT AEA AEL AELLN AEM AG AGR AGR2 AMI AMB AVB CA CG éd. FàCV FFC fr. hp Ibidem Idem Infra KBR Kilo(s) loc.cit. m MB MCT mm MRM nO(s) op.cit. P-PIGM/Mons PV RBPH RCC RCCCl RCCT RT s.a. s.d. SGB
LISTE DES ABRÉVIATIONS
Administration communale de Berchem-Sainte-Agathe Administration communale de Tubize
Archives de l’État à Anderlecht Archives de l’État à Liège
Archives de l’État à Louvain-la-Neuve Archives de l’État à Mons
Assemblée générale
Archives générales du Royaume
Archives générales du Royaume - dépôt Joseph Cuvelier Administration des Mines série (ancien fonds)
Annexes du Moniteur belge
Archives de la Ville de Bruxelles Conseil d’administration
Conseil général Éditeur
Fours à coke de Vilvorde Fonds Forges de Clabecq francs belges
horsepower ou cheval-vapeur
même auteur et même ouvrage que le référence précédente même auteur que la référence précédente
ci-dessous
Bibliothèque royale Albert Kilogramme(s)
même auteur, même référence et même page que la référence précédente mètre(s)
Moniteur belge
Musée communal de Tubize millimètres
Musée royal de Mariemont numéro(s)
même ouvrage page(s)
Première inspection générale des mines. Mons Procès-verbal(aux)
Revue belge de Philologie et d'Histoire
Registres des séances du conseil communal de Berchem-Sainte-Agathe Registres des séances du conseil communal de Clabecq
Registres des séances du conseil communal de Tubize
Revue du travail
société anonyme sans date
s.l. sans lieu
Supra ci-dessus t. tome(s)
TDGBxl Tribunal des dommages de guerre de Bruxelles TDGN Tribunal des dommages de guerre de Nivelles ULB Université Libre de Bruxelles
vol. volume(s)
REMERCIEMENTS
L’idée de cette thèse est née il y a plusieurs années, mais elle ne pût se concrétiser qu’en 2008. Je ne pouvais alors pas me douter que je me lançais dans un projet qui serait à l’origine de nombreuses rencontres. Ce travail n’aurait pu être réalisé sans l’aide de nombreuses personnes et institutions auxquelles je tiens à exprimer ma profonde gratitude.
Je remercie l’établissement qui m’emploie, les Archives générales du Royaume, et plus particulièrement l’Archiviste général Karel Velle qui a encouragé la réalisation de cette thèse, dans des conditions exceptionnelles, et Monsieur Michel Van der Eycken qui en a suivi chaque étape.
Toute ma reconnaissance va à Monsieur le Professeur Jean-Jacques Heirwegh, mon promoteur de thèse, qui m’a fait confiance et dont les conseils et le soutien moral furent précieux. Mes sincères remerciements s’adressent également aux membres de mon comité d’accompagnement de thèse. Messieurs les Professeurs Kenneth Bertrams, Jean-Pierre Devroey et Serge Jaumain, pour avoir suivi cette thèse avec intérêt, pour leurs conseils éclairés. Leurs remarques et critiques furent stimulantes.
Je tiens à exprimer mes plus vifs remerciements aux curateurs de la faillite des Forges de Clabecq, Maître Gilbert Demez, Maître Dominique Jossart et Maître Gérard Leplat, qui m’ont permis, en 2000, d’accéder aux archives des Forges de Clabecq, de les trier et qui ont accepté leur versement aux Archives de l’État à Louvain-la-Neuve. Sans leur précieux concours, il n’y aurait plus, à l’heure actuelle, d’archives des Forges de Clabecq. Comme les bâtiments, elles auraient été détruites !
J’aimerais également remercier mes collègues des Archives générales du Royaume (dépôts de la rue de Ruysboeck et Joseph Cuvelier), des Archives de l’État à Anderlecht, à Liège, à Louvain-la-Neuve et à Mons, ainsi que des Rijksarchief Leuven, qui m’ont souvent fait gagner un temps précieux en m’ouvrant leurs dépôts d’archives.
Ma gratitude va aussi à Monsieur Frédéric Boquet et au personnel des Archives de la Ville de Bruxelles, ainsi qu’à Monsieur Arnold De Schepper, archiviste de la Banque Nationale de Belgique, et au personnel des Archives de l’Université Libre de Bruxelles et du Tribunal du Travail de Nivelles, qui m’ont bien agréablement accueillie et ont facilité mes recherches.
J’ai consulté des archives, capitales pour la thèse, au Musée royale de Mariemont et dans les Administrations communales de Berchem-Sainte-Agathe et de Tubize. Que leur personnel reçoive ici toute ma reconnaissance. Leur accueil et leur intérêt m’ont été précieux.
Je remercie également très chaleureusement le Directeur, Monsieur Luc Delporte, et le personnel du Musée communal de Tubize, avec qui j’ai eu des échanges fructueux au sujet de Clabecq, ses forges et son environnement. Son projet « Clabecq : la Mémoire des Forges », réalisé en collaboration avec Monsieur Patrice Niset, est exceptionnel. Les textes et interviews proposés sur le site internet m’ont fourni l’inspiration nécessaire à cette thèse. Je souhaite donc vivement remercier toutes les personnes qui collaborent à ce projet.
J’adresse mes remerciements au personnel de la Bibliothèque Royale Albert des bibliothèques universitaires de l’ULB, de l’UCL et de Saint-Louis et de la bibliothèque des Archives générales du Royaume, pour leur collaboration.
Plusieurs spécialistes des Forges de Clabecq ont fait preuve dès le début d’une grande générosité en n’hésitant pas à me communiquer des informations. Monsieur Claude Brohée, Monsieur Jean-Pierre de Caluwé, Monsieur Antonio Sestu et son épouse, ainsi que Monsieur Jean-Louis Van Belle m’ont également transmis leur passion pour l’histoire des Forges de Clabecq. Je ne les remercierai jamais assez.
Je voudrais remercier mes collègues, et plus particulièrement les doctorants, avec qui j’ai pu échanger sur mes sentiments, tout au long de ces laborieuses années. Que Luis Angel reçoive mes remerciements chaleureux pour son amitié. Je remercie Geert pour tous ses conseils.
Le manuscrit de ce travail a été relu par Paul, Pierre-Jean et Claude. Ils ont essayé de rendre ce texte parfois technique plus accessible. Maîtrisant assez bien le français pour me rendre compte de toutes les imperfections de mon texte, je reconnais l’ampleur de leur effort et je leur suis à tous particulièrement reconnaissante pour leurs commentaires rigoureux.
Mais surtout, je souhaite remercier plus particulièrement quelques personnes, chères à mon cœur : mes parents, pour leur confiance et leurs encouragements sans faille, ainsi que mon époux, Pierre-Jean. Sans son indéfectible soutien, aussi bien sur le plan humain que scientifique, ce travail n’aurait jamais abouti ! Enfin, je ne saurais terminer sans remercier mes chers enfants, Aurélien et Adélie, ainsi que leurs amis Baptiste, Fanny, Gandhi, Thibaut et Valentin, de même qu’Axelle, Victoria et leur nouvelle maison, et tous les membres de ma famille, qui m’ont permis de ne pas me noyer dans cette recherche. A tous « Big kiss » !
INTRODUCTION GÉNÉRALE
Une thèse-Un inventaire/Un inventaire-Une thèseDepuis quatorze années, nous portons deux casquettes professionnelles complémentaires, à savoir celle d’historienne et celle d’archiviste. Nous avons voulu relever le défi de réaliser une thèse qui réunisse ces deux volets complémentaires. Elle s’inscrit dans un courant né voici plus de vingt ans visant à sauvegarder, inventorier et mettre en valeur les fonds d’archives d’entreprises^ Le premier pan est l’inventoriage du fonds, déposé aux Archives générales du Royaume par la curatelle de la société anonyme Forges de Clabecq, entre 2002 et 2006, et comportant 300 mètres linéaires d’archives. Le second est la rédaction, à partir de toutes les sources disponibles, d’une monographie consacrée aux Forges de Clabecq, avec comme fil rouge le développement de l’entreprise de la fin du XVIlL siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale.
À travers cette double démarche, nous souhaitons démontrer, d’une part, si besoin en est encore, l’importance de la sauvegarde des archives et en particulier celles d’entreprises et, d’autre part, faire (re)connaître le rôle et la place des Forges de Clabecq dans l’histoire de la sidérurgie belge.
Historiographie de la sidérurgie
Le terme « sidérurgie » (du grec sideros, fer) désigne à la fois les techniques d’obtention de la fonte, du fer et de l’acier à partir du minerai, mais aussi l’industrie qui les met en œuvre. La création du terme « sidémrgie » est liée à la nécessité de distinguer la métallurgie du fer dans le vaste domaine de la métallurgie en général^.
L’histoire de la sidérurgie et de certaines entreprises sidérurgiques a connu une importante production historiographique. Les ouvrages scientifiques y consacrés, tant en Belgique qu’à l’étranger, sont importants. En effet, même si l’on ne prend en compte que la Belgique et ses pays limitrophes, force est de constater que le sujet a été traité à de multiples reprises, surtout après la Seconde Guerre mondiale, à travers une dizaine de thématiques.
La technique métallurgique subit une profonde transformation entre 1750 et 1850. La production sidérurgique, en particulier, après avoir atteint, à la fin du XVII® et au début du XVIII® siècle un état d’équilibre à peu près parfait, connaît, pendant cette période, un bouleversement presque total de ses conditions techniques, alors que le travail des autres
' Voir notamment les guides d’archives d’entreprises, les inventaires publiés par les Archives générales du Royaume et le travail mené par l’Association pour la Valorisation des Archives d’Entreprises, créée en 1985 en étroite liaison avec les AGR. COPPEJANS-DESMEDT Hilda, Guide des archives d’entreprises conservées dans
les dépôts publics de Belgique, Bruxelles, 1975. COPPEJANS-DESMEDT Hilda, LUYCKX Chantal,
VAN OVERSTRAETEN Daniel, WELLENS Robert, Guide des archives d’entreprises accessibles au public en
Belgique, Bruxelles, 1998. DELVAUX Aime-Catherine, Guide des archives de la sidérurgie liégeoise, AGR,
Bruxelles, 2012. JACQUEMIN Madeleine, SIX Caroline, VANCOPPENOLLE Chantal, Guide des archives
d’associations professionnelles et d’entreprises en région bruxelloise, 2 t., Bruxelles, 2001.
^ ELUERD Roland, Les mots du fer et des lumières. Contribution à l’étude du vocabulaire de la sidérurgie
métaux n’évolue qu’assez lentement^. Ces deux siècles riches en secousses et rééquilibrages ont fait l’objet de nombreuses études"^. Ces progrès techniques restent marqués par les contraintes locales^. En effet, la localisation^ des premières usines sidérurgiques était soumise à des contraintes liées à l’énergie hydraulique utilisée et aux principales matières premières nécessaires, soit le combustible (charbon de bois et ensuite la houille) et le minerai. C’est ainsi que s’est constitué, en Belgique, l’axe du bassin industriel wallon, au sud du sillon Haine-Sambre-Meuse.
La sidérurgie désigne également l’industrie qui façonne la fonte, le fer et l’acier. Cette industrie implique la mise en œuvre de capitaux de plus en plus importants. Ceux-ci
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sont apportés, dans un premier temps, par les maîtres de forges . L’industrie sidérurgique emploie de nombreux ouvriers^, une main-d’œuvre importante, liée au nombre élevé d’équipements très variés, exigeant chacun un personnel de fabrication et un personnel de manutention.
^ GILLE Bertrand, « L’évolution de la métallurgie », dans Histoire générale des techniques, t. III : L'expansion
du machinisme, Paris, 1968, p. 585.
BELTRAN Alain et GRISET Pascal, Histoire des techniques ai4x XW et XX siècles, Paris, 1990. DAUMAS M. et A., Histoire générale des techniques, t. III-V, Paris, 1968, 1978, 1979. GILLE Bertrand, Histoire de la
métallurgie, Paris, 1966. HENDERSON W.O., Britain and industrial Europe. 1750-1970. Studies in british influence on the industrial révolution in Western Europe, Liverpool, 1954. La sidérurgie aux XVIIf et XIX siècles : aspects technologiques, économiques et sociaux, Colloque de Mariemont, 12 et 13 décembre 1985, La
Louvière, 1987. LEBRUN Pierre, BRUWIER Marinette, DHONDT Jan, HANSOTTE Georges, Essai sur la
révolution industrielle en Belgique. 1770-1847, Bruxelles, 1979. Mutations de la sidérurgie du XVT siècle à 1960. Wandlungen der Eisenindustrie vom 16. Jahrhundert bis 1960. Actes du colloque international organisé aux facultés universitaires Notre-Dame de la Paix par la fondation Meuse-Moselle, septembre 1995,
WYNANTS Paul et HERRMANN Hans-Walter (sous la dir. de), Namur, 1997. VIAL Jean, L'industrialisation
de la sidérurgie française, 1814-1864, Paris, 1967. WORONOFF Denis, L'industrie sidérurgique en France pendant la Révolution et l'Empire, Paris, 1984.
^ GILLE Bertrand, La sidérurgie française au XIX siècle. Recherches historiques, Genève, 1968. INSTALLE M., « L’industrie sidérurgique en Belgique », dans Courrier hebdomadaire du CRISP, n° 660-662, Bruxelles, 1974. POLARD Sydney, The métal fabrication and engineering industries. Oxford, 1994. PROST Ernest, La
métallurgie en Belgique et au Congo belge, Paris, 1936. Terres rouges: histoire de la sidérurgie luxembourgeoise, BARTHEL Charles et KIRPS Josée (sous la dir. de), 21., Luxembourg, 2009 et 2010. YANTE
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® ANDRE J., La Belgique et la sidérurgie maritime, Liège, 1961. Formation et mutations des bassins industriels
en Europe. Impacts sociaux et environnementaux, LEBOUTTE René et LEHNERS Jean-Paul éd., Luxembourg,
1997. LEBOUTTE René, Les bassins industriels en Europe : production et mutation d'un espace. 1750-1992, Florence, 1993. Idem, Vie et mort des bassins industriels en Europe. 1750-2000, Paris, 1997. MICHOTTE Paul L., « La loealisation de la grande industrie en Belgique », dans Bulletin de la Société belge d'Études
géographiques, t. I, n° 1, Louvain, mai 1931, p. 107-114. Idem, «Localisation de la grosse sidérurgie belgo-
luxembourgeoise, avant et après 1830 », dans Bulletin de la Société belge d'Études géographiques, t. II, n° 1, Louvain, mai 1932, p. 41-73.
^ BRUWIER Marinette, « La prépondéranee de la grande industrie », dans La Wallonie. Le pays et les hommes.
Histoire-économies-sociétés, t. II, p. 93-115. DARQUENNE R., Histoire économique du département de Jemappes, Mons, \965. L'industrie en Belgique. Deux siècles d'évolution. 1780-1980, Bruxelles, 1981.
* BARTHEL Charles, Bras de fer : les maîtres de forges luxembourgeois entre les débuts difficiles de TUEBL et
le Locarno sidérurgique des cartels internationaux. 1918-1929, Luxembourg, 2006. MOINE Jean-Marie, Les Barons du fer. Les maîtres de forge en Lorraine du milieu du 19" siècle aux années trente. Histoire sociale d'un patronat sidérurgique, Nancy, 1989. PASLEAU Suzy, John Cockerill. Itinéraire d'un géant industriel, Liège,
1992. RAISTRICK Arthur, Dynasty of Iron founders : the Darbys and Coalbrookdale, Ironbridge Gorge Muséum Trust, 1989.
’ CHLEPNER B.-S., Cent ans d'histoire sociale en Belgique, Bruxelles, 1956 (5° éd.). Les sidérurgistes, Charleroi, 1989. NEUVILLE Jean, La condition ouvrière au XIX siècle, t. 1 : L'ouvrier objet, t. 2 : L'ouvrier
La production et la commercialisation du fer, de la fonte, et de l’acier connaissent également une évolution**’. Parallèlement au développement quantitatif se produit une amélioration de la qualité des produits, marquée par la mise au point de nouvelles nuances.
Certaines entreprises sidérurgiques ont fait l’objet de quelques études*'. En ce qui concerne la Belgique, celles-ci concernent principalement les bassins de Liège et de Charleroi . Avec la fermeture et la disparition progressive des usines sidérurgiques, des
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historiens et des historiens de l’art se sont intéressés à leur patrimoine .
Or, malgré cette abondante historiographie, il est curieux de constater que les travaux historiques portant, en totalité ou en partie, sur les Forges de Clabecq sont très rares*'*, d’autant plus pour la période étudiée. Aucune étude de fond n’y a été consacrée. Les Forges de Clabecq n’ont pas fait l’objet d’un ouvrage significatif. L’histoire de l’entreprise est quelques fois évoquée dans des ouvrages, mais toujours de manière superficielle, ou dans le cadre restreint d’articles, ce qui en réduit forcément l’approche. Jean-Louis Van Belle a consacré un article à ses origines*^. Quelques auteurs ont relaté son déclin*^, mais dans des articles rédigés quasi « à chaud ». Nous avons retracé brièvement, dans un article précurseur de cette thèse, l’histoire des sociétés des Forges de Clabecq, particulièrement celles du XIX® siècle*’. Une étudiante de l’Université Libre de Bruxelles a interrogé plusieurs membres du
HANSOTTE Georges, La métallurgie et le commerce international du fer dans les Pays-Bas autrichiens et la
Principauté de Liège pendant la seconde moitié du XVIIP siècle, Bruxelles, 1980. L’acier en France : produits et marchés, de la fin du XVIIF siècle à nos jours, MIOCHE Philippe et WORONOFF Denis (sous la dir. de),
Dijon, 2006. REUSS Conrad, KOUTNY Emile et TYCHON Léon, Le progrès économique en sidérurgie.
Belgique. Luxembourg. Pays-Bas. 1830-1955, Louvain, 1960. RJEBEN Henri, DE SELLIERS Philippe,
KÜDERLI Willi, Des ententes de maîtres de forges au plan Schuman, Lausanne, 1954. WIBAIL A., «L’évolution économique de la sidérurgie belge de 1830 à 1913 », dans Bulletin de l’Institut des sciences
économiques, Louvain, novembre 1933, p. 31-61.
" ARBED, Dudelange. L’usine centenaire. 1882-1982, Luxembourg, 1982. BUYST Erik, SOETE Antoon et VERHOOSEL Hans, Sidmar 1962-2002 : vertig jaar staalproductie in Vlaanderen, Tielt, 2002. Les Schneider,
Le Creusot. Une famille, une entreprise, une ville (1836-1960), SCHNEIDER D., MATHIEU C., CLÉMENT B.
(sous la dir. de), Paris, 1995.
BUSSIÈRE Éric, « La sidérurgie belge durant l’entre-deux-guerres : le cas d’Ougrée-Marihaye (1919-1939) », dans Revue belge d’histoire contemporaine, t. XV, 3-4, 1984, p. 303-380. CAPRON Michel, « Cockerill Sambre (1989-1997) : le développement d’une sidérurgie intégrée », dans Courrier hebdomadaire du CRISP, n° 1719- 1720, Bruxelles, 2001. Idem, « La sidérurgie en Wallonie entre Usinor, Duferco et Arcelor », dans Courrier
hebdomadaire du CRISP, n“ 1786-1787, Bruxelles, 2003. Forges de la providence: Société anonyme des Laminoirs, Hauts fourneaux. Forges, Fonderies et Usines de la Providence. 1838-1963, Marchienne-au-Pont,
1963. HALLEUX Robert, Cockerill. Deux siècles de technologie, Liège, 2002. PASQUASY François, Les hauts
fourneaux d’Ougrée. Histoire d’une usine à fonte, Liège, 2008. WILLEM Léon, 450 ans d’Espérance. La SA métallurgique d’Espérance-Longdoz de 1519 à 1969, Alleur, 1990.
Par exemple : DEVILLERS Christian, HUET Bernard, Le Creusot : naissance et développement d’une ville
industrielle. 1782-1914, Paris, 1981.
Voir infra la bibliographie.
VAN BELLE Jean-Louis, Le 8 novembre 1781 naissaient les Forges de Clabecq, Bruxelles, 1982.
CAPRON Michel, « Forges de Clabecq : la survie inattendue », dans L’année sociale 1997, Bruxelles, 1998, p. 69-113. Idem, La reprise des Forges de Clabecq, Les Cahiers de la FEC-FOPES, décembre 1997, n° 4. Idem,
« Les Forges de Clabecq. Chronique d’une survie fragile (1992-1996) », dans Courrier hebdomadaire du CRISP,
n° 1529-1530, 1996. Idem, «Les Forges de Clabecq jusqu’au bout de la nuit», dans L’année sociale 1996, Bruxelles, 1997, p. 129-155. ZENNER Alain, La saga de Clabecq du naufrage au sauvetage, Bruxelles, 1998.
JACQUEMIN Madeleine, « Les sociétés des Forges de Clabecq », dans Annales du Cercle d’Histoire
personnel de l’entreprise dans le cadre de son mémoire en Journalisme écrit et audio-visuel**. Trois historiennes de l’art ont décrit une partie de leur patrimoine*^. L’entreprise elle-même a publié des plaquettes à des fins historico-publicitaires .
Nous ne pouvons épingler qu’un seul article consistant rédigé par Robert Mangelinckx , il y a cinquante ans déjà ! L’article est divisé en trois parties. La première traite, pour Tannée 1961, de questions très intéressantes concernant l’entreprise de Clabecq, comme sa production, sa main-d’œuvre, les matières premières utilisées, ses débouchés et les transports. La deuxième partie est consacrée à l’origine et au développement des Forges de Clabecq. La troisième partie décrit les Forges à travers le village de Clabecq. Si l’auteur était manifestement bien documenté, ce seul article ne suffit pas, surtout lorsqu’on connaît le riche passé de l’entreprise clabecquoise.
Nous pouvons donc nous poser la question de cette quasi absence historiographique. Un élément d’explication réside sans doute dans la non-accessibilité des archives de l’entreprise... jusqu’il y a peu. Nous sommes la première à utiliser l’imposant fonds d’archives de la s.a. Forges de Clabecq, que nous avons classé et inventorié^^. Un second élément de réponse est certainement une des caractéristiques spécifiques des Forges de Clabecq, c’est-à-dire sa localisation en dehors des principaux bassins industriels belges, puisque l’usine est construite sur les communes de Clabecq et Tubize, c’est-à-dire dans le Brabant wallon, au nord du sillon Haine-S ambre-Meuse. Les Forges de Clabecq manquent souvent dans les études consacrées à la sidérurgie. L’entreprise brabançonne y est rarement décrite ou même citée.
Le phénomène est d’autant plus remarquable que les Forges de Clabecq sont connues du grand public, en tout cas en Belgique. Les Forges de Clabecq... À cette évocation, deux images viennent à l’esprit immédiatement. La première est celle du syndicaliste Roberto D’Orazio et de la lutte syndicale des années 1996-1997. La seconde image est celle de la démolition de l’usine des années 2010-2012. Pour les habitants du lieu, les Forges de Clabecq évoquent également le travail, le bruit, la poussière, les hauts fourneaux, les grèves. Mais finalement, on en sait peu de choses...
FRESON Katel, La mémoire des travailleurs des Forges de Clabecq, Mémoire en Journalisme, Information et Communication (section Journalisme écrit et audio-visuel), ULB, 1998-1999.
DHEM Catherine, « Tubize, Clabecq. Les Forges de Clabecq, la cité et le château des Italiens », dans Le
patrimoine industriel de Wallonie, Liège, 1994, p. 370-375. HAZARD Florence, La réaffectation de l’architecture industrielle. Le site des Forges de Clabecq, Mémoire de fin d’études ISACF-La Cambre,
septembre 2005. ROSENOER-KUMMER Magali, Des bas fourneaux aux Forges de Clabecq, Tubize, 1987.
Étude sur la S.A. des Forges de Clabecq. Supplément au Bulletin financier de la Banque de Bruxelles, n° 4,
Banque de Bruxelles, Bruxelles, 28 janvier 1956. Forges de Clabecq. Mémoires, s.l., 1988. «Historique de la société », dans Usines et industries, février-mars 1965, p. 3-4. Les Forges de Clabecq : le présent qui forge
l’avenir, s.l.s.d.
MANGELINCKX Robert, « Clabecq et sa sidérurgie », dans Revue belge de géographie, 1963, n° 87, p. 259- 344.
La sidérurgie, le Brabant wallon et les Forges de Clabecq
Notre thèse s’efforce donc de combler un vide en traitant l’histoire des Forges de Clabecq, sujet local belge qui se replace dans le contexte plus général de l’historiographie de l’industrie en Belgique et plus particulièrement de la sidérurgie en Brabant wallon. Mais notre démarche est empreinte d’humilité. Nous voulons ajouter une pierre au monumental édifice de l’histoire des entreprises en Belgique et plus particulièrement des entreprises sidérurgiques, et non le rebâtir bien sûr. Nous n’apportons d’ailleurs pas de découverte révolutionnaire sur l’histoire de la sidérurgie en tant que telle, mais bien un ensemble d’éléments qui affinent la vision que l’on a du rôle et de la place des Forges de Clabecq dans l’histoire de la sidérurgie en Belgique. Car l’histoire des Forges de Clabecq est très intéressante à plus d’un titre. L’usine n’a pas atteint le développement de certaines usines allemandes, françaises, ni même belges mais son point fort est d’avoir survécu, sur une très longue période, dans un environnement, à priori non propice à son développement, et d’être à l’origine, en partie, du développement de toute une région, à priori non sidérurgique, l’Ouest du Brabant wallon.
Lors de la faillite de la société, l’usine s’étendait sur une superficie de 81,7 hectares^^. Depuis quelques années, la majorité des bâtiments ont été détruits, dans le cadre du projet de réhabilitation du site par Duferco Développement^'*, sort réservé à de multiples usines, tant en Belgique qu’à l’étranger. À partir de ce constat, nous nous sommes interrogée principalement sur l’occupation du site.
Notre principal questionnement est donc lié à l’implantation de l’entreprise à Clabecq du point de vue géo-économique : comment cette aventure industrielle a-t-elle débuté et comment s’est-elle maintenue et développée ? Comment l’usine s’est-elle construite ? Pourquoi ? Dans quel environnement ? En effet, l’histoire des Forges de Clabecq est longue : 216 ans ! Malgré les nombreuses crises qui jalonnent ces deux longs siècles, l’entreprise a résisté et a réussi, incontestablement, à se placer dans le peloton de tête des entreprises sidérurgiques belges. Quel est son secret ?
Notre première hypothèse de travail est le maintien de la direction de l’entreprise dans le giron d’un nombre limité de familles. Jusqu’en 1942, les Forges de Clabecq ont été successivement la propriété personnelle de trois familles de maîtres de forges, les Van Esschen, les Besme et les Goffin, cette dernière ayant régné à elle seule pendant 114 ans ! Qui sont ces personnes qui ont investi leurs capitaux dans l’usine de Clabecq ? D’où viennent- elles ? Quel est leur parcours personnel ? Quelle est la place des Eorges de Clabecq dans leur vie ? Quelle est leur place dans l’histoire de l’entreprise ? Sans ces entrepreneurs, aurait-elle résisté aux crises ? Mais vu l’importance des investissements nécessaires, l’argent de ces familles a-t-il suffit ou ont-elles dû faire appel à des capitaux extérieurs ? Quels étaient les montants des capitaux essentiels à une telle entreprise ? Qui y a placé de l’argent ? Pourquoi ? D’où provenaient ces capitaux ? Quand ont-ils été nécessaires ?
Sans compter l’usine d’Ittre qui est la propriété de NMLK Clabecq s.a.
DUFERCO BELGIUM, DIVISION DIVERSIFICATION, Master plan pour le réaménagement du site des
Forges de Clabecq, 22 juin 2012. DUFERCO DEVELOPPEMENT, JNC INTERNATIONAL, BUREAU
GREISCH, BIANCHET Brunot, SERVAIS Luc, Réaménagement du site des Forges de Clabecq. Master plan,
Nous souhaitons également étudier la contribution du personnel, tant les employés que les ouvriers, au développement de l’entreprise.
L’évolution de la technique est un point très important dans l’histoire de la sidérurgie. Depuis la fin du XVIII® siècle, l’industrie sidérurgique a connu de nombreuses (r)évolutions techniques, comme la Révolution industrielle et la deuxième industrialisation. Nous nous interrogeons donc sur les progrès techniques aux Forges de Clabecq. Quels sont les différents appareils utilisés au fil du temps ? Quelles sont les énergies utilisées ? Quelles sont les matières premières nécessaires ? Les Forges de Clabecq ont-elles ou non suivi les progrès techniques ? Dans l’affirmative, est-ce une raison de leur maintien ?
Enfin, toute usine sert à produire. Quels sont donc les produits fabriqués à Clabecq ? Pour quel(s) marché(s) ? Ont-ils évolué au fil du temps ? Ont-ils été utiles au développement de l’entreprise ?
Nous avons choisi d’analyser le développement de l’usine des origines à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le cadre temporel de cette étude débute donc en 1781 lorsque le terrain sur lequel sera construit le moulin à battre le fer, point de départ de l’entreprise, est loué par Marc Pierre Van Esschen au seigneur de Clabecq. Il s’étend jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la société atteint sa vitesse de croisière. « On ne saurait contester qu’une phase importante de l’histoire nationale se soit close en 1939, avec le déclenchement de la guerre européenne appelée à se transformer plus tard en une nouvelle guerre mondiale Il en est de même pour l’histoire des Forges de Clabecq et de la sidérurgie en général. « La Première Guerre mondiale et ses conséquences économiques placent la sidérurgie dans des nouvelles conditions de travail. La période de l’entre-deux- guerres correspond à un long mouvement de baisse. Cette période caractérisée par des taux d’accroissement de la production voisins de zéro, recouvre en fait la vigoureuse période de reconstruction et d’expansion des années 1920-1929 et la grande dépression qui suit» . L’année 1939 est également un tournant important dans la géographie de l’industrie métallurgique en Belgique avec le creusement du canal Albert, entre Anvers et Liège, qui marque le début de la politique de « maritimisation » de la sidérurgie wallonne . Le 12 décembre 1939, l’administrateur-délégué des Forges de Clabecq, Eugène Germeau, décède, après avoir dirigé la société pendant plus de trente années. Josse Goffin, président du conseil d’administration de la société depuis 1888 et dernier de la lignée des Goffin dans l’histoire des Forges de Clabecq, depuis 1828, s’éteint le 24 mars 1942, au lendemain de son 81® anniversaire. En l’espace de quelques mois, deux des personnes les plus importantes de l’histoire de la société anonyme disparaissent. La Seconde Guerre mondiale ouvre fondamentalement une nouvelle ère de l’histoire de la société des Forges de Clabecq.
BAUDHUIN Fernand, Histoire économique de la Belgique. 1914-1939,1.1 : Grandeurs et misères d'un quart
de siècle, Bruxelles, 1946, p. 5.
REUSS Conrad, KOUTNY Émile, TYCHON Léon, op.cit., p. 94-95.
L’acquisition des archives
Jusqu’à la faillite de 1997, les archives de la s.a. Forges de Clabecq étaient conservées dans divers bâtiments, à l’intérieur du site des Forges de Clabecq. Certaines séries étaient entreposées au premier étage de l’ancienne tréfllerie, sur le site de Clabecq : la comptabilité, des archives concernant le personnel, les maisons, les syndicats, les nombreux dossiers concernant la production et les différents travaux effectués sur les sites des usines, etc. D’autres se trouvaient toujours dans les bureaux du service du personnel. En présence de Maître Demez, avocat-curateur de la faillite, un tri a été effectué sur place. Il est alors décidé de céder aux Archives générales du Royaume les livres des ouvriers et des dossiers récapitulatifs ainsi que les très intéressants dossiers concernant les grèves de 1987 à 1997. Des coffres forts contenaient les registres des procès-verbaux des assemblées générales (la série complète de 1888 à 1996), des dossiers concernant les financements de la société anonyme, etc. Un autre local situé près de la « cave à vin » dans la tréfllerie, contenait des documents comptables récents, quelques volumineux livres comptables anciens ayant été présentés lors de l’exposition du centenaire en 1988, les rapports des assemblées générales des actionnaires et un endroit clos contenant des dossiers de dommages de guerre, des dossiers produits lors des assemblées générales, les Atlas d’Armengaud aîné. Le déménagement de ces 150 mètres d’archives a été réalisé en deux jours, les 12 et 14 mars 2002, par l’équipe et le camion des AGR.
Dans le courant de l’année 2003, nous avons repris contact avec Antonio Sestu, « ancien » des Forges de Clabecq et la direction de Duferco Clabecq afin de pouvoir microfilmer les deux chartes du XVIlL siècle et de refaire un tour de l’usine en vue de retrouver d’autres documents. Lors d’une visite dans la « cave à vin », nous avons découvert à peu près un mètre de documents concernant les Forges de Clabecq avant la formation de la société anonyme en 1888. Le même jour ont été récupérés des documents découverts dans des coffres par Antonio Sestu et concernant les titres et des conseils d’administration de 1996. De nouveaux tris d’archives ont eu lieu durant les derniers mois de l’année 2003.
Le mardi 20 avril 2004, ont été transférés environ huit mètres d’archives triées qui étaient entreposées dans la cave à vin, ainsi que vingt-trois caisses de dossiers du personnel qui se trouvaient dans l’annexe de la tréfllerie, soit 910 dossiers. Ce même jour, un local à archives, toujours fermé, a été ouvert. Dans ces trois pièces, se trouvaient des archives intéressantes comme celles des assemblées générales, statuts, livres du personnel, dossiers concernant les maisons et la faillite, mais encore des dossiers concernant les sociétés annexes à la s.a. Forges de Clabecq telles que la Sococlabecq, Clabecqlease, Immoforges,... Le déménagement de ces archives soit environ douze mètres linéaires d’archives a eu lieu le jeudi 6 mai 2004.
constitués par le géomètre René Debont dans le cadre de son travail. Ces dossiers, avec plans, couvrent la période allant des années 1960 aux années 1990 et concernent les travaux, le mesurage et le bornage.
Le 20 février 2006, par l’intermédiaire d’Antonio Sestu ont été versés aux Archives générales du Royaume, vingt-cinq dossiers et registres qu’il avait sauvés lors de la faillite en 1997, dont les registres des procès-verbaux des séances du conseil d’administration (1912- 1970), les dossiers des procès-verbaux des séances du conseil d’administration (1970-1990) et les dossiers des procès-verbaux des séances du Comité directeur (1973-1989).
C’est ainsi qu’après plusieurs années de négociations et de tri dans les divers locaux des Forges de Clabecq, environ 300 mètres linéaires d’archives ou 6.945 articles de la s.a. Forges de Clabecq et de ses sociétés filiales ont pu, heureusement, être sauvegardées. Nous les avons classées et ensuite décrites dans un inventaire qui fait partie intégrante de cette thèse^*.
L’inventaire des archives de la s.a. Forges de Clabecq
Les archives couvrent la totalité de la période d’activité de la s.a. Forges de Clabecq ainsi que de ces prédécesseurs en droit, soit de 1752 à 2001, pour les dates extrêmes. L’inventaire est divisé en cinq parties.
La première partie de l’inventaire concerne les archives antérieures à la constitution de la société anonyme, en 1888. Celles-ci sont peu nombreuses . De ce fait, ces archives sont très précieuses.
La majeure partie des archives du fonds concerne la société anonyme Forges de Clabecq et couvre l’ensemble de son existence, de 1888 à 1997. Les archives de la s.a. sont
■JA
décrites dans la deuxième partie de l’inventaire qui est composée de quatorze chapitres . Les archives concernant la s.a. Fours à Coke de Vilvorde ont été rassemblées dans la troisième partie de cet inventaire , qui est composée de sept chapitres .
La quatrième partie de l’inventaire regroupe les archives du groupe Clabecq (1993- 1996) et de ses neuf sociétés filiales, à savoir la s.a. Société commerciale de Clabecq « Sococlabecq » (1933-1996), la Socovest U.S. Inc. (1982-1992), la Socinvest Luxembourg (1982-1994), la s.a. Clabecqinvest (1981-1985), la s.a. Clabecqlease (1987-1996), la Société de Participations industrielles de Clabecq s.a. « Socindus » (1988-1993), Forges Finances s.a.
JACQUEMIN Madeleine, Inventaire des archives de la s.a. Forges de Clabecq. 1752-2001, AGR, Bruxelles, 2013.
Ibidem, n“ 1-43.
Ibidem, n“ 44-6.139. Ces chapitres sont : Inventaire des archives ; Forme juridique ; Assemblées générales ;
Conseils, collège et comité ; Gestion du patrimoine ; Assurances ; Gestion des contentieux ; Gestion du persoimel et des salaires ; Gestion financière ; Comptabilité ; Production et recherche ; Gestion commerciale ; Organes de concertation ; Documentation.
^‘/N•^/ew,n“ 6.140-6.260.
(1987-1996), la Société immobilière des Forges de Clabecq s.a. « Immoforges », la Centrale électrique des Forges de Clabecq s.a. « Forgenerg », la Centrale électrique de Duferco Clabecq «Duferco Clabecq Énergie» (1989-2001), et Clabecq Coordination Center s.a. (1990-1996)^1
La cinquième partie regroupe les archives d’organismes dans lesquels la s.a. Forges de Clabecq était impliquée d’une manière ou d’une autre, à savoir, la n.v. Brugse Scheepssloperij, le Groupement des Hauts Fourneaux et Aciéries belges asbl, le Groupement de la Sidérurgie asbl, la s.a. Européenne d’Oxycoupage « Euroxy », le Groupement des Producteurs belges de Scories de déphosphoration asbl « Probesco », le Syndicat belge des Scories Thomas « Sybesco s.c. » et la Centrale d’Affrètements et d’Expéditions « Centrafex s.c. ».
Enfin, pour clore l’inventaire, les dossiers concernant d’autres sociétés ou associations ont été rassemblés. Ils concernent les Charbonnages de Houthaelen, l’Union des Tréfileries ou Clouteries belges, l’Association des Centrales électriques industrielles de Belgique, la Fontainoise (société anonyme pour la Fabrication des Pointes Clous et tous dérivés du Fil, de Fontaine-1’Évêque), le Syndicat de l’Oxygène du Bassin métallurgique du Hainaut, la Société des Produits et Matériaux au Congo, la Société métallurgique des Procédés Wamant, la Handelmaatschappij Clabecq, la s.a. Ciment de Clabecq, les Chantiers navals de Bruges, Sitram, le Comité de la sidérurgie belge (Cosibel), le Comptoir belge de l’Azote (Cobelgaz), E.B.E.S., Le Centre international de documentation des producteurs de scories Thomas, le Service agronomique des producteurs belges et luxembourgeois de scories Thomas, le Groupement immobilier (Groupimmo), Cockerill Sambre, Carrefour 2000, Georges et Cie, Nivelinvest s.a., la F.B.I., Usinor, les Usines Gustave Boël, le Groupement de la sidérurgie, le Centre d’information de l’acier Belgique-Luxembourg, etc.^"^.
En ce qui concerne les conditions d’accès, toutes les pièces d’archives de plus de trente ans et relatives à des personnes décédées ou non sensibles sur le plan de la vie privée sont librement consultables. Les chercheurs doivent demander l’autorisation de l’Archiviste général ou de son délégué, remplir une fiche d’identification et signer un formulaire de recherche pour consulter les archives de plus de trente ans contenant des données à caractère personnel. La consultation des pièces de moins de trente ans est soumise à l’autorisation écrite préalable délivrée par l’Archiviste général du Royaume ou son délégué, après l’examen d’une demande motivée. Les pièces numérotées 6.040 à 6.045 ne pourront pas être consultées avant le 1" juillet 2032.
Ce fonds d’archives est conservé aux Archives de l’État à Louvain-la-Neuve.
Les sources
Les limites de notre enquête historique dépendent largement des sources, tantôt nombreuses et prolixes, tantôt beaucoup moins loquaces. Ainsi, le fonds d’archives des Forges de Clabecq^^ [ne] contient [que] quarante-trois documents pour la période avant la constitution de la société anonyme Forges de Clabecq, soit 1888. Pour rédiger les première et deuxième parties de cette thèse, nous les avons donc abondamment utilisées, particulièrement les actes constituants les diverses sociétés , les archives concernant la gestion administrative^^ des Forges de Clabecq, les archives relatives à la gestion du patrimoine^* et les documents de gestion des comptes*^.
Néanmoins, d’autres documents, conservés dans ce fonds d’archives, postérieurs à 1888, nous ont été utiles, pour rédiger ces deux parties, comme les statuts de la société anonyme'*'^, les annexes au Moniteur belge''\ les registres'*^ des procès-verbaux des séances des assemblées générales, les dossiers'** d’achat de terrains et de bâtiments, le registre'*'* des inventaires et bilans (30 juin 1901-30 juin 1920), la brochure'** publiée en 1889, réalisée à l’occasion de l’inauguration de la statue de Josse Goffm, le 30 septembre 1888, par ses ouvriers et employés et la brochure'*^ publiée à l’occasion du quarantième anniversaire de présidence de Josse-Édouard Goffm au conseil d’administration de la société anonyme des Forges de Clabecq, les pièces'*^ concernant la maison sise au n° 30 de la rue des Drapiers à Ixelles, siège social de la société anonyme, etc.
Pour compléter ces informations, nous avons utilisé les répertoires et minutes des notaires conservés aux Archives de l’État à Anderlecht et aux Archives de l’État à Louvain- la-Neuve'**. Les Forges de Clabecq ont passé des milliers d’actes, principalement chez des notaires de Tubize et Bruxelles'*^. Bien que la série d’archives de ce type conservée dans le fonds Forges de Clabecq*** semble assez complète, d’autres actes sont conservés dans les dépôts des Archives de l’État, essentiellement, à Anderlecht et Louvain-la-Neuve.
Désormais, ce fonds d’archives sera désigné par les initiales « FFC », suivi de la ou des cote(s) d’inventaire et, éventuellement, d’une brève description.
FFC, n“ 2-9. ” FFC,n“ 10-14. FFC,n“ 15-39. FFC, n“ 40-43. ““ FFC, n° 49. FFC, n° 58. FFC, n“ 350-351. FFC, n“ 20-27, 597-606. FFC, n° 4905. FFC, n° 6087. FFC, n° 6089. FFC, n“ 2338-2342.
GODINAS Julie et HÉNIN Catherine, Archives de l’État à Louvain-la-Neuve. Guide des fonds et collections, t. 2, AGR, Bruxelles, 2009, p. 373-569. LAURENT R. et VANRIE A., Archives notariales de la Région
bruxelloise, AGR, Bruxelles, 1999.
Particulièrement chez les notaires Guillaume Henri Armez, Auguste Jean Bourgeois, Nérée Carlier, Nérée Joseph Carlier, Ignace Lambert Morren, Daniel Sacasain et Albert Van Bevere.