Problème : Endomorphismes échangeurs
Soient E un K-espace vectoriel de dimension nie et u ∈ L(E). On dit que u est échangeur s'il existe deux sous-espaces vectorielsF etG deE pour lesquels :
E=F ⊕G, u(F)⊂Getu(G)⊂F.
On souhaite démontrer la caractérisation suivante des endomorphismes échangeurs.
SoientE un K-espace vectoriel de dimension nie et u∈ L(E). Les assertions suivantes sont équivalentes :
i) u est échangeur,
ii) il existe deux endomorphismes aetb deE tels quea2=b2= 0 etu=a+b. Théorème 1 : Caractérisation algébrique des endomorphismes échangeurs
Partie No1 : i) ⇒ ii) et un résultat préliminaire Soient E un K-espace vectoriel de dimension nie etu∈ L(E).
1. On supposeu échangeur et on noteF etG deux sous-espaces vectoriels deE pour lesquels : E =F⊕G, u(F)⊂Getu(G)⊂F.
On note en outrepF (respectivement pG ) la projection surF (respectivementG) parallèlement àG (respectivementF) et on pose :
a=pF ◦u etb=pG◦u.
Montrer quea2 =b2 = 0 etu=a+b.
2. SoientA etB deux sous-espaces vectoriels deE stables par upour lesquels : E =A⊕B. Montrer que siu|A|Aetu|B|B sont échangeurs alorsu l'est aussi.
La suite de ce problème est entièrement consacrée à la démonstration de l'implication ii)⇒ i).
Partie No2 : Cas d'un automorphisme
SoientE un K-espace vectoriel de dimension nien6= 0etu∈GL(E). On suppose qu'il existe deux endomorphismesaetb deE tels quea2=b2= 0 etu=a+b.
1. Montrer queKer(a)∩Ker(b) ={0}. 2. Montrer queE = Ker(a)⊕Ker(b). 3. En déduire que uest échangeur.
Partie No3 : Cas général.
Dans cette partie, on admet temporairement le résultat tout endomorphisme nilpotent est échan- geur que l'on démontrera dans la partie suivante.
1. SoientE un K-espace vectoriel de dimension nienetu∈ L(E). On souhaite établir le résultat suivant, appelé décomposition de Fitting de E par rapport à u : il existe p ∈ [[1, n]] tel que E= Ker(up)⊕Im(up).
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(a) Montrer que, pour toutk∈N,Ker(uk)⊂Ker(uk+1) etKer(uk) etIm(uk) sont stables par u.
(b) Montrer qu'il existe k∈[[1, n]] tel que Ker(uk+1) = Ker(uk). Cet entier que l'on noterap est appelé l'indice deu.
(c) Montrer que, pour tout k>p,Ker(uk) = Ker(up). (d) En déduire que E= Ker(up)⊕Im(up).
(e) Montrer queu|Ker(u|Ker(upp)) est nilpotent et queu|Im(u|Im(upp)) est un automorphisme de Im(up). 2. On conserve les notations de la question précédente, mais on suppose de plus qu'il existe deux
endomorphismesa, b∈ L(E)tels que a2 =b2 = 0 etu=a+b. (a) Montrer queu2 commute avec aetb.
(b) En déduire que Ker(up) etIm(up) sont stables paraetb. (c) En déduire que uest échangeur.
Partie No4 : Cas nilpotent.
L'objectif de cette partie est de prouver que tout endomorphisme nilpotent est échangeur.
1. Un Résultat préliminaire.
SoientE un espace vectoriel de dimension nien6= 0,(f1,· · ·, fp)une famille libre deE?formée de pformes linéaires et
B={x∈E / f1(x) =· · ·=fp(x) = 0}.
Dans cette question, on cherche à prouver queH est un sous-espace vectoriel deE de dimension n−p.
(a) Montrer queB est un sous-espace vectoriel de E.
(b) Pourquoi est-il possible de compléter la famille(f1,· · ·, fp)en une base(f1,· · ·, fn)deE?. (c) Soit16i6n. Montrer que
∃xi ∈E /∀ 16j6n, fj(xi) =δi,j.
Indication : On pourra utiliser l'applicationψ:E →Kn qui à un vecteurx deE associe le n-upplet (f1(x),· · · , fn(x)).
(d) Montrer que la famille(x1,· · ·, xn) est une base deE. (e) Montrer queB = Vect(xp+1,· · ·, xn).
(f) En déduire que dim(B) =n−p.
2. À présent, soient E un K-espace vectoriel de dimension nie n6= 0 etu∈ L(E). On supposeu nilpotent d'indicep, c'est-à-dire que up−1 6= 0L(E)= etup = 0L(E).
(a) Justier l'existence d'un vecteury de E tel que up−1(y)6= 0.
Calculer la dimension du sous-espace vectorielVect(y, u(y),· · ·, up−1(y)), qu'on notera dé- sormaisA.
(b) En déduire que p6n.
(c) Montrer que sip=nalorsu est échangeur.
Indication : On procèdera par récurrence surn. On prendra garde quendésigne deux choses : la dimension de E et l'indice de nilpotence de u.
Dans la question suivante, on prouve par récurrence forte surn∈N? la propriété qui suit.
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Si E est un espace vectoriel de dimension nalors tout endomorphisme nilpotent deE est échangeur.
3. (a) Initialiser la propriété.
(b) On suppose donnén>2 tel que le résultat soit établi pour tous les entiersk allant de1 à n−1.
E désigne alors un espace vectoriel de dimension n ∈N?, u un endomorphisme nilpotent de E etp son indice de nilpotence.
En vertu de 2.(c), on peut supposer quep∈[[1, n−1]]. i. Justier l'existence de ϕ∈E? tel que ϕ(up−1(y))6= 0.
ii. Montrer que la famille(ϕ, ϕ◦u,· · · , ϕ◦up−1) est libre dansE?. iii. On poseB ={x∈E /∀06i6p−1, ϕ(ui(x)) = 0}.
Montrer queA etB sont stables par u. iv. Montrer queA∩B={0E}.
v. Montrer que E =A⊕B. vi. Conclure.
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