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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Chafaï El Alaoui, E. H. (2000). Journaux et périodiques de langue française au Maroc à l'époque du Protectorat (1912-1956) (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/211799/1/869eed52-7c65-4092-ba1f-cdf76b32513c.txt

(English version below)

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U n I versîte

LibRE dE B ruxe U es

Faculté de Philosophie et Lettres Institut de Langues et

Civilisations Orientales

TkÈsE de D octorat d^ETAT

EN

HisTOÎRE CONTEiyipORAÎNE du M a ROC

Journaux et Périodiques de Langue Française Au Maroc A TEpoque du Protectorat

( 1912 - 1956 )

Présentée et Soutenue par

EL HASSANE CHAFAÏ EL ALAOUI

Jury

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

0031156SB

TOME1 2000

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REMERCIEMENTS

Nous remercions tous ceux qui nous ont aidé, conseillé, soutenu, sans l'appui desquels nous n'aurions pu mener à son terme notre thèse.

Nous tenons à témoigner une reconnaissance particulière à Madame le professeur G. Kurgan, notre directeur de recherches pour son encadrement scientifique et les conseils judicieux qu'elle nous a toujours prodigués. Elle a applani toutes les difficultés qui se sont dressées sur notre chemin et a fait preuve d'une patience admirable et d'une profonde compréhension des conditions particulières qui étaient les nôtres. Son concours fut déterminant dans la réalisation de notre étude. Qu'elle trouve dans ce témoignage sincère, l'expression de notre profonde gratitude.

Nous remercions autant Monsieur le professeur Jean-Claude ALLAIN qui, depuis vingt ans qu'il fut notre directeur de thèse de cycle, n'a cessé de nous inculquer les principes de la rigueur dans le raisonnement et de la concision dans l'expression ; principes que notre nature rebelle, expansive et insatiable n'a pu concilier avec notre tendance à l'étalement, à la générosité dans l'effort et au dépassement de soi. Par sa gentillesse, sa compréhension et sa disponibilité, son concours fût pour nous inestimable. Il nous a constamment soutenu, dans un parcours difficile et sinueux, avec foi et confiance en notre possibilité et notre volonté de réaliser une œuvre, certes longue et difficile, mais passionnante et intéressante. Nous lui renouvelons notre profonde gratitude.

Nous exprimons également nos vifs remerciements aux membres du jury

qui ont accepté de prendre la peine de lire et d'examiner un aussi volumineux

travail. Leurs critiques et leurs observations seront d'un apport enrichissant pour

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nous ont aidé et grâce aux précieux concours desquels nous avons pu réaliser cette difficile entreprise. Nous nous faisons une obligation morale de les citer ci- après :

1. A Fès.

Notre doyen Mohamed Chad qui n'a daigné aucun effort pour nous aider et nous soutenir ; nos amis et collègues, le doyen Mohamrd Mezzine, le vice- doyen Abderrahman Tenkoul, notre chef de département Ahmed Meziane, notre ami et collègue Mohamed Bekraoui et tous nos collègues du département ; le conservateur de la bibliothèque de notre faculté Abderrahman Meghraoui ; le conservateur de la bibliothèque de l'université Karaouine de Fès Abdelaziz Debbagli ; le délégué régional du Ministère de la communication à Fès, Abdesslam Zerouali ; l'administrateur de la chambre de commerce et d'industrie de Fès, Labied Azzeddine ; Michel Kamm, publiciste à Fès, fils de l'ancien et illustre journaliste du protectorat, à Fès, Michel Kamm ; les responsables de la bibliothèque municipale de Sefrou et son personnel aussi aimable que qualifié, dirigé par la compétente M™ Naïma.

Nous remercions également nos étudiants aussi bien du IIF'™ cycle que les doctorants qui ont partagé notre passion pour l'histoire et l'étude de la presse et nous ont apporté parfois des documents inédits, de centres lointains comme Oujda et Tanger.

2. Dans les autres villes du Maroc.

- A Rabat, le Révérend Père Ferez, le Révérend Père Levrat et la documentaliste belge Mme Bogaert Françoise, responsables de la bibliothèque de La Source.

- A Salé, Zine el-Abidine Al-Kettani qui nous a aimablement reçu chez

lui et ouvert gracieusement sa bibliothèque privée.

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- A Tétouan, tout le personnel de la Bibliothèque Générale qui a fait preuve d'une grande disponibilité.

- A Tanger, Abdessamad El Achab, conservateur de la bibliothèque privée Abdallah Guennoun.

Nous avons également une profonde pensée pour tous ceux, décédés aujourd'hui, qui nous avaient conseillé, aidé et qui nous avaient ouverts leurs l)ibliothèques et prêté leurs documents : les leaders nationalistes, fondateurs, directeurs et animateurs de nombreux journaux, feu Abderrahim Bouabid, Feu Ali Yata et feu Mohamed Mekki Naciri ; ainsi que feu Azz el Arab el Ouazzani, fils du leader nationaliste Mohamed Hassan El Ouazzani. Nous avons également une profonde pensée pour nos professeurs et chercheurs, décédés, feu Germain Ayache et feu Mohamed Manouni qui nous avaient conseillé et fourni quelques documents.

3. En France.

Nous exprimons nos remerciements à Pierre Albert qui nous a ouvert les j)ortes de l'Institut Français de Presse et nous a fourni certains documents de sa propre bibliothèque, Paul Even conservateur des Archives Diplomatiques de Nantes, Jean-Robert Flenry ex-directeur de l'I.R.E.M.A.M., Michel Nieto responsable de la bibliothèque de l'I.R.E.M.A.M. et Patrick Boulanger conservateur de la bibliothèque de la chambre de commerce et d'industrie de Marseille - Provence.

4. A Bruxelles.

Nous remercions nos amis et parents Alaoui Mohamed et Chkounda

Kacem pour leur hospitalité et leur accueil toujours chaleureux.

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A ma mère Fadila, toujours confiante et affectueuse,

A ma femme Zhor, pour son dévouement et son abnégation,

A mes enfants Amal, Adil, Asmae et Karim pour leur amour et leur compréhension,

A mon frère Abdesslam, pour sa disponibilité et son soutien matériel et moral.

Ce travail n'a pu voir le jour, que grâce à leur appui,

leurs encouragements et leurs sacrifices.

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

C'est en réalisant notre thèse de doctorat de cycle sur l'histoire de la ville de Sefrou à l'époque du protectorat', au début des années quatre vingt, que nous avons eu l'idée de consacrer notre thèse de doctorat d'Etat à l'étude de l'histoire de la presse de langue française au Maroc à l'époque coloniale.

Nous avons été frappé par la profusion, que nous trouvions désordonnée en son temps, des journaux et périodiques du protectorat, par la diversité et la richesse qu'ils fournissaient dans tous les domaines de la vie économique, sociale, culturelle et politique de l'époque. A travers nos premières lectures, nous avions découvert avec surprise et étonnement l'importance du témoignage de la presse de langue française du protectorat, la précision des faits qu'elle rapportait et dont on ne trouvait parfois nulle trace ailleurs et en particulier dans les archives et les documents officiels. Le rôle qu'elle a joué auprès de l'opinion publique dont elle était à la fois l'émanation et la synthèse, fut prépondérant.

De ce fait, et étant donné l'influence considérable que nous lui trouvions, nous avions estimé que la presse du protectorat méritait une attention particulière de la part des chercheurs et que pour les historiens du Maroc contemporain, elle constituait désormais, non pas une source secondaire mais une source principale, pour l'histoire du Maroc.

Les journaux et périodiques sont autant, sinon plus que les documents et les archives, les témoins directs, précieux et irremplaçables de leur époque dont ils restituent la vie, les activités et l'état d'esprit.

' CIIAFAÏ i£L ALAOUl (El Hassane). Naissance et développement d'une municipalité marocaine sous le

protectorat français : Sefrou (1912-1956). Tlièse de doctorat de 111'"’' cycle en histoire contemporaine, sous la

direction du professeur Jean-Claude ALLAIN, Université de la Sorbonne - Paris 1. Janvier 1983 inédite. 1081 p.

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De source complémentaire de l'histoire, la presse est devenue essentielle et incontournable. En 1889, déjà, Henri Avenel, propriétaire, directeur et éditeur de l'annuaire de la Presse Française écrivait :

"Personne aujourd'hui ne peut se passer de la presse. Chacun en a besoin ou pour se renseigner, ou pour s'instruire ou pour se plaindre". 2

En feuilletant les journaux et périodiques du protectorat, nous avions constaté que leur apport particulier résidait dans le fait qu'ils traitaient non seulement des événements de la grande actualité politique, économique, sociale ou culturelle mais fournissaient les éléments nécessaires pour l'étude de phénomènes aussi complexes que l'évolution des opinions publiques et leur impact sur les gouvernants, les mentalités, l'attitude de groupes ethniques, religieux ou sociaux, permettant ainsi la compréhension du jeu de phénomènes occultes et de forces souterraines dans l'évolution du protectorat, que ne pourraient expliquer les seules sources traditionnelles dont nous disposons. Nous avons été conforté dans cette conviction par les conclusions du grand historien de la presse française, Pierre Albert qui affirme :

"Tant que l'histoire se cantonnait, pour l'essentiel, à l'étude des institutions, des doctrines et de la présentation des événements de la grande actualité politique, elle n'avait que peu à demander à la presse qui n'était guère qu'une source accessoire, complémentaire. Lorsque sous l'effet de sa dynamique propre et des leçons tirées de la sociologie et de la science politique çontemporaines, elle a porté son attention sur le jeu des forces sociales et économiques, et découvert le rôle croissant des masses dans le jeu politique, elle a été naturellement amenée à utiliser de plus en plus le témoignage des journaux qui devenaient un des rares moyens d'investigation dont elle disposait

a . p : f . is 89.' p - i-

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pour étudier des phénomènes ou des secteurs de la vie sociale qui n'ont laissé que peu de traces dans les archives traditionnelles

Nous avons estimé que l'exploration systématique des journaux et périodiques du protectorat conduirait incontestablement à la reconstitution et à l'éclairage de nombreux aspects du Maroc colonial sur lesquels les sources traditionnelles ne fournissent que des données fragmentaires et permettrait un véritable renouvellement de l'histoire du protectorat.

L'intérêt qu'avait pour nous l'étude de la presse résidait non seulement dans l'importance et la spécificité des renseignements qu'elle fournissait mais également dans le fait qu'elle fut un acteur actif et un facteur déterminant dans l'évolution du protectorat, par l'influence qu'elle eut sur le cours des événements.

Malgré la richesse documentaire extraordinaire que présentaient les journaux et périodiques du protectorat et le témoignage précieux et incomparable qu'ils pouvaient fournir, aucune étude globale ne leur a jamais été consacrée, plus encore il n'existait au début des années quatre vingt aucun inventaire ni répertoire général des journaux et périodiques du Maroc parus avant 1956. Tout chercheur intéressé par un journal ou un périodique avançait dans le brouillard le plus complet et devait s'en remettre au hasard des bibliothèques et des rencontres pour trouver l'oiseau rare qu'il cherchait ou ne jamais l'avoir sous la main. Jusqu'à aujourd'hui encore, il n'existe aucun répertoire de la presse marocaine du protectorat qu'il soit exhaustif ou même partiel. C'est alors que nous avions estimé qu'il était de notre devoir de chercher à rassembler, étudier et présenter ce patrimoine pour mieux le conserver.

Nous avions décidé d'en faire notre sujet de thèse, mais nous ne savions pas alors que nous entrions dans une véritable "jungle" qu'il fallait défricher pour voir clair et que nous nous embarquions dans une mer sans limites qui allait

’ ALBERT (Pierre). "Remarques sur les recherches en histoire de la presse". In Bulletin d'Histoire Moderne et

Contemporaine. N° 9/1975. Paris, pp. 40-41.

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exiger de nous un effort surhumain de recherche, de prospection et d'analyse.

Nous n'avons pas estimé à sa juste valeur le chemin à parcourir et les efforts à réaliser, parce que nous ignorions l'immensité et la densité du corpus auquel nous allions avoir affaire. Nous croyons que notre étude allait porter sur quelques dizaines de titres, peut être 200 ou 300, nous avons rassemblé et traité ) 155 titres. Nous croyons pouvoir compter sur les collections conservées à la Bibliothèque Générale et Archives de Rabat et les traiter en quelques mois, nous avons dû pendant des années parcourir des villes et des pays à la recherche de titres, d'exemplaires et de collections insaisissables. Si nous devions consacrer une seule et unique fiche de présentation à chacun des titres traités, notre thèse aurait au départ 1155 pages, sans analyses ni commentaires, c'est dire le travail fastidieux auquel nous nous sommes astreint.

Ce sont autant de difficultés que nous avons rencontrées pour réaliser cette étude, mais avant de les aborder, il convient de préciser l'objet de notre recherche et d'en délimiter les contours du champ d'investigation.

Tout en étant conscient de la difficulté d'aborder un phénomène culturel et social aussi complexe et aussi divers que l'était la presse du protectorat et que toute étude, dans le stade actuel des connaissances sur la question est incapable d'épuiser son sujet, nous nous sommes tracé plusieurs objectifs à atteindre dont les principaux étaient les suivants :

1. Réaliser une étude générale de la presse de langue française au Maroc à l'époque du protectorat, qui englobe tous les journaux et périodiques qui y sont parus quelle que soit leur origine, leur périodicité, leur genre, leur durée ou leur importance, afin de combler les lacunes des travaux antérieurs, et d'avoir une portée la plus large possible.

2. Etablir un Répertoire général de la presse de langue française au

Maroc depuis les origines à 1956, outil indispensable à toute recherche

dans toutes les disciplines sur le Maroc colonial. 11 n'existe, jusqu'à

aujourd'hui, aucun inventaire ou répertoire, même partiel, des journaux

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et périodiques du protectorat. Notre objectif principal est d'en présenter la liste la plus exhaustive possible et d'en préciser les caractères spécifiques avec les lieux de conservation des collections pour en faciliter l'accès et l'utilisation aux chercheurs. Ce fut un travail de titans au bout duquel nous sommes parvenu à établir l'identité et la carrière exactes des 1155 journaux et périodiques que nous pu recenser et dont les collections sont éparpillées entre un grand nombre de centres de documentation, de fonds d'archives et de bibliothèques publiques et privées, en France et au Maroc. Nous estimons que pour l'utilisation judicieuse d'un journal comme source de l'histoire, il faut non seulement en connaître l'état et le lieu des collections existantes mais également l'origine et l'itinéraire parfois sineux qui permettent de le situer dans son environnement et de mieux évaluer la valeur de ses témoignages et de ses attitudes.

3. Notre but initial n'était pas de faire l'analyse de la presse du protectorat mais seulement d'en faire la présentation et de démontrer l'apport spécifique qu'elle peut apporter à la recherche historique par sa richesse et sa diversité. Nous nous sommes assigné, au fur et à mesure de l'avancement de notre recherche, comme objectif supplémentaire, de contribuer à une réflexion profonde sur la place qu'occupa la presse dans le Maroc colonial et le rôle des journaux et des journalistes à l'époque du protectorat, par l'analyse rigoureuse de collections jusque là peu explorées et de fonds d'archives récemment ouverts ou peu exploités.

En plus des nombreuses interrogations se rapportant à la presse et

auxquelles nous devions trouver réponse comme les conditions générales,

économiques, financières, culturelles, politiques et juridiques qui ont présidé à la

création et à l'évolution des journaux, le rôle réel, apparent ou supposé que ceux-

ci ont joué, leur impact sur les autorités politiques et militaires d'un côté et sur

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les populations française et marocaine de l'autre, nous devions répondre à la question ; qui étaient les véritables acteurs de cette presse ? qui étaient les journalistes du protectorat ? quelle était leur mentalité ? ont-ils Joué le même rôle au Maroc que leurs confrères dans la métropole ? quel était leur impact véritable sur le cours des événements ? Nous avons tant que possible essayé de répondre à ces questions.

4. La diversité des genres de presse et la richesse et la spécificité de leur contenu nous ont amené au fur et à mesure de la progression de notre recherche, à nous fixer un nouvel objectif qui est de réaliser une étude approfondie de la presse spécialisée du protectorat. La grande presse d'information et d'opinion ayant été excellemment présentée, développée et analysée par notre ami et collègue Jamaâ Baïda'*, nous avions à tenter une classification des autres genres de presse, sans exceptions, et d'en présenter les caractères spécifiques, les grands titres et l'apport à l'histoire du protectorat. Certains genres de presse nous ont particulièrement passionné comme la presse associative, la presse culturelle, la presse magazine et la presse féminine.

5. Le dernier objectif qui s'est imposé à notre recherche, fut de réaliser une première approche de la presse régionale du protectorat, domaine difficile et rébarbatif pour beaucoup de chercheurs, mais combien passionnant. Jusqu'à aujourd'hui, nous ne disposions d'aucune étude sur la presse régionale, qu'elle concerne tout le Maroc ou qu'elle se limite à une région donnée.

Les Journaux et périodiques régionaux du protectorat, plus que ceux de province en métropole, furent des plus vivants et des plus colorés de leur époque et d'un apport déterminant à la vie politique, économique et culturelle de leurs régions respectives. Us constituent aujourd'hui une mine de renseignements et

'' BAIDA (Janiaâ). La presse marocaine d'expression française des origines à 1956. Thèse tie Doctoral d'Iïtat en Histoire du

Monde Contemporain. Université de Bordeaux III. 1995.484 p.

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une source incontournable et inépuisable pour l'étude des diverses régions du protectorat et particulièrement des colonies françaises qui y vivaient. L'étude de la presse régionale du protectorat a nécessité de notre part des efforts supplémentaires de plusieurs mois, voir de plusieurs années, mais nous ne regrettons pas de l'avoir faite.

Pour réaliser ce programme ambitieux et atteindre ces nombreux objectifs, nous avons défini un sujet de thèse qui puisse les englober tous : Journaux et périodiques de langue française au Maroc à l'époque du protectorat 1912-1956.

Le choix des termes "journaux" et "périodiques" que nous avons préféré au terme "presse" est délibéré. Alors que la définition de ce dernier est généralement circonscrite dans des limites étroites aux seuls quotidiens d'information et hebdomadaires politiques et d'opinion, ou, du moins elle est ainsi communément admise, les termes "journaux" et "périodiques" englobent expressément toutes les publications périodiques et les organes de presse quels que soient leur périodicité, leur genre, leur finalité, leur durée ou leurs promoteurs ; n'excluant ni journal, ni revue, ni bulletin et encore moins un magazine. Notre but, étant d'englober dans notre étude, pour la première fois, tous les genres et tous les organes de presse, sans exclusion.

Le corpus que nous allons traiter porte exclusivement sur les journaux et

périodiques de langue française malgré l'existenee d'organes de presse en

d'autres langues, notamment en arabe, en espagnol, en anglais, en allemand, en

italien et en hébreu. Le choix des publications de langue française s'explique par

la prédominance de celle-ci dans le protectorat, aussi bien sur la langue arabe

que sur les autres langues européennes. Elle fut la langue de l'administration et

des autorités civiles et militaires de la nation protectrice, et celle de la colonie

européenne du Maroc, la plus nombreuse, la plus influente et celle qui fut

présente dans toutes les villes et régions du Maroc. Alors que la plupart des

journaux de langue arabe ne furent autorisés à paraître que pendant quelques

années, particulièrement entre 1937 et 1952, les journaux de langue française

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l'urent les plus anciens organes de presse parus à Tanger dès 1883 et à Casablanca dès 1908 et furent les plus nombreux, constituant environ 90% des titres de presse du protectorat. Enfin, la presse de langue française est la plus représentative de l'évolution du protectorat puisqu'elle concerna tous les domaines et toutes les régions, alors que la presse de langue arabe fut essentiellement culturelle, religieuse ou nationaliste et la presse des autres langues européennes, fort limitée, visait à représenter les intérêts des colonies européennes parlant ces langues. Mieux encore la langue française fut choisie comme moyen d'expression de journaux fondés par des marocains, des belges, des suisses, des anglais et même des allemands.

Les limites de l'espace que couvre notre recherche sont celles de tout le Maroc et non seulement de la zone de protectorat français. Nous y incluons Tanger devenue en 1923 zone d'administration internationale, qui fut le berceau de la presse de langue française au Maroc et qui connut jusqu'en 1956 une presse régionale parmi les plus importantes. Quant à la zone de protectorat espagnol, nous ne l'avons pas incluse, étant donné qu'aucun journal de langue française n'y est paru.

La période sur laquelle porte notre étude est celle du protectorat français sur le Maroc, de 1912 à 1956. Au fil de nos recherches et de l'avancement de nos travaux, nous nous sommes rendu compte qu'il nous était impossible de

"couper" la presse du protectorat de ses origines métropolitaines, tangéroises et

casablancaises antérieures à 1912. D'ailleurs les grands noms qui ont pérennisé

et même immortalisé la presse de langue française au Maroc étaient "là", bien

ayant le protectorat, comme Daniel Saurin, Christian Houel, Hubert Jacques,

Gustave Babin ou le Dr Frédéric Weisgerber ; et les grands journaux qui

s'imposèrent par leur valeur historique, politique et médiatique sont nés avant le

protectorat, l'ont accompagné et ont survécu à sa disparition, comme La

Dépêche Marocaine fondée à Tanger en 1905 ou La Vigie Marocaine fondée à

Casablanca en 1908. Pour ces raisons et pour la clarté de l'exposé, et une

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9

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meiHeure compréhension de nos développements nous sommes remonté aux origines. Nous avons ainsi débordé les limites temporelles que nous nous sommes fixées initialement en remontant, en amont jusqu'en 1883, date de la parution effective du premier journal français du Maroc, à Tanger : Le Réveil du Maroc ; et en aval jusqu'en 1971 date de disparition effective et définitive de la presse Mas de Casablanca : Le Petit Marocain et La Vigie Marocaine.

Toutefois, malgré ces "dépassements", l'essentiel de notre thèse porte sur la période de 1912 à 1956.

Dans l'énoncé de notre sujet de thèse, nous avons préféré utiliser la formule "journaux et périodiques de langue française au Maroc" au lieu des formules "presse française" ou "presse marocaine" qui parfois prêtent à confusion. Nous ne pouvions qualifier notre corpus de "presse française" car nous estimons que la presse française est, soit celle de la métropole, paraissant sur le sol français puis diffusée au Maroc ; soit celle dont des français vivant au Maroc étaient les fondateurs, les propriétaires ou les promoteurs. Quant à la formule "presse marocaine", elle s'applique en priorité aux journaux et périodiques fondés et dirigés par des marocains et leur appartenant, pour les différencier de la presse française appartenant à des français et fondée par eux.

Mais cette formule s'appliquait par extension à tous les journaux et périodiques, quelle que soit leur langue d'expression et quelle que soit la nationalité de leurs propriétaires, parus sur le sol marocain à l'époque du protectorat. Ainsi le sens de la formule "presse marocaine" se rétractait ou s'élargissait selon qu'on lui appliquait le critère de la nationalité ou celui de la territorialité.

Pour éviter ce genre de confusion nous avons préféré retenir le seul critère

linguistique ; le corpus de notre thèse portant sur tous les journaux et

périodiques de langue française au Maroc à l'époque du protectorat, quelle que

soit la nationalité de leurs propriétaires ou de leurs promoteurs. Il nous est

cependant arrivé, dans des situations "de force majeure", d'utiliser l'un ou l'autre

sens de la formule "presse marocaine", selon les cas.

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Nous adopterons la démarche thématique, seule susceptible, à notre avis, de permettre une vue d'ensemble de toute la presse du protectorat et de présenter, au delà de l'évolution chronologique, des synthèses selon les principaux genres de presse. Dans la dernière partie de notre thèse, nous ajouterons à cette démarche une approche monographique dont le but est de cerner les particularités de chaque région et de mieux comprendre la spécificité de sa presse locale et régionale.

Notre but est, que les éléments nouveaux que nous apportons soient complémentaires des travaux antérieurs et en particulier de l'œuvre de notre ami et collègue Jemaâ Baïda, afin de contribuer ensemble à enrichir l'édifice de la nouvelle et jeune discipline de l'université marocaine, l'histoire de la presse marocaine.

Sur le plan méthodologique, nous nous sommes basé sur notre propre expérience dans le domaine de la recherche historique tout en nous inspirant des méthodes d'analyse de ceux qui nous ont, depuis longtemps, précédé dans l'étude de l'histoire de la presse, qu'elle soit française ou maghrébine, comme Pierre Albert'^ ou Christiane Souriau - Hoebrechts.^ Notre méthode s'articula autour de trois axes principaux ;

1. Elle fut progressive. Notre recherche, avant d'aborder le contenu des journaux eux-mêmes, a essayé de tracer le cadre et de connaître l'environnement autour du journal, dans lesquels il est né et a évolué.

Cette approche fut réalisée à partir des autres sources de l'histoire, en particulier des témoignages de l'époque et des archives diplomatiques et militaires ainsi que des textes régissant les domaines des journaux et

^ ALBERT (I^ierre). ”Rewarques sur les recherches en histoire de la presse". In Bulletin d'Histoire moderne et contemporaine. N°9./I975. pp. 39-72.

SOURIAU - HOEBRECHTS (Christiane). "Métiiodes de recherche en histoire de l'information. Le cas de la

presse écrite du Maghreb.". In Revue tunisienne de conuimnication . Tunis. n° 5. 1984. pp. 51-72.

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- Il -

des journalistes et dont la plupart ont été publié dans le Bulletin Officiel du Protectorat.

2. Elle utilisa la presse comme source de sa propre histoire, en procédant au traitement et à l'analyse approfondie de son contenu. On ne peut écrire une histoire de la presse sans en référer aux journaux eux-mêmes qui sont une source importante de renseignements.

Etant donné l'immensité du corpus à traiter et l'état lacunaire des collections existantes, nous avons évité de trop nous étaler dans des analyses quantitatives trop fastidieuses auxquelles nous avons préféré la méthode d'analyse qualitative qui privilégie l'étude d'échantillons larges, choisis selon l'intérêt qu'ils présentent. Nous avons traité particulièrement certains numéros qui réservent une place plus ou moins grande à la vie du journal, comme le premier et le dernier, les numéros d'anniversaires, ceux qui précèdent ou suivent les rectifications de titres, les changements de propriétaire, de direction, d'imprimerie, de rédacteur en chef ou de lieu, ou ceux qui correspondent à un événement politique important et aux temps forts de l'actualité de l'époque.

Notre attention a également été retenue par certains éditoriaux ou certains articles qui évoquent le passé du journal, ses objectifs et sa ligne de conduite. La lecture des journaux et périodiques de l'époque et le traitement de leur contenu a nécessité de notre part de longues années d'efforts, mais nous estimons qu'il s'agissait d'un travail utile, l'analyse qualitative étant le fondement des études de presse.

3. Notre méthode d'investigation ne fut pas seulement descriptive mais

également analytique. Nous avons essayé, tant que possible

d'accompagner la présentation des journaux et périodiques d'analyses

de leur contenu, en liaison avec leur environnement social, politique,

culturel et économique, exemples, comparaisons et citations à l'appui.

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Notre étude, à la fois exploratoire et analytique, visait à présenter les caractéristiques propres de chaque journal, tout en soulignant les interférences des titres dans leurs réactions entre eux et dans leurs rapports avec les contextes ambiants.

Notre attitude devant le Journal fut triple :

Nous l'avons considéré en tant qu'élément de compréhension de sa propre histoire, en tant qu'acteur et élément actif de l'évolution du protectorat et enfin en tant moyen de compréhension et d'explication de l'histoire du protectorat.

Ainsi :

"À sa fonction première qui est de restituer la vie des journaux et de préciser le rôle qu'ils ont joué dans l'évolution de la société, l'histoire de la presse ajoute une sorte de fonction dérivée, celle d'aider les historiens à utiliser

le témoignage des journaux".

Etant donné que notre recherche ne s'inscrit ni dans le cadre des sciences de l'information et de la communication, ni dans celui de la science politique, nous avons évité de longs développements sur les techniques journalistiques et le fonctionnement des entreprises de presse, notre étude se limitant à une perspective strictement historique.

Pour la réalisation de notre thèse, notre démarche a consisté à tracer d'abord le cadre général de notre recherche à partir d'une bibliographie générale de l'histoire du Maroc à la veille et à l'époque du protectorat, nous permettant ainsi de situer les conditions générales de la naissance, de l'évolution et des flux et reflux des journaux et périodiques du protectorat, en liaison avec les grands événements et les grandes mutations de l'époque. Dans ce cadre nous avons essayé de cerner la personnalité des Résidents généraux afin de mieux saisir leurs relations avec la presse.

’ Al-BliRT (Pierre) et TERROU (T.). Histoire de la presse. P.U.F. Collection Que sais-je ? n° 368. Paris 1974. p.6.

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La seconde phase a consisté en la délimitation et l'établissement du corpus. La recherche des journaux et périodiques, leur rassemblement, leur classement et leur traitement, avant la réalisation de leur répertoire général, ont été pour nous les phases les plus pénibles. Elles ont demandé beaucoup d'efforts, beaucoup de temps et beaucoup de moyens. Nous avons d'abord utilisé comme instruments de travail les Annuaires, Répertoires, Nomenclatures et périodiques spécialisés appelés communément "Presse de la presse", nous avons ensuite consulté les fichiers et les catalogues des grandes bibliothèques. Au Maroc, il n'existe aucune bibliographie générale de la presse marocaine, ni inventaire, répertoire ou catalogue des journaux et périodiques du protectorat. Le seul périodique, utile à consulter et qui nous a fourni une mine de renseignements fut Le Bulletin Officiel du Protectorat dont nous avons consulté et dépouillé la collection entière, de 1912 à 1956, grâce à l'amabilité et à la disponibilité des responsables de la bibliothèque municipale de Sefrou. Il contient en particulier tous les textes législatifs et réglementaires sur la presse ainsi que les décisions de création et les ordres de saisie ou d'interdiction des journaux.

C'est en France que nous avons pu consulter les répertoires des journaux et périodiques de langue française qui nous ont été d'une grande utilité, et dont les principaux furent les suivants :

1. L’Annuaire de la Presse Française.

Fondé en 1880 par Henri Avenel, il constitue depuis une véritable encyclopédie de la presse de langue française parue en France et dans le Monde.

11 donne une évaluation globale de l'ensemble des titres de la presse publiée au

Maroc, selon un classement méthodique, .en fonction de leurs particularités et

suivant un ordre alphabétique. Il contient également des renseignements

intéressants sur les syndicats et les agences de presse et les syndicats de

journalistes, ainsi que sur l'organisation politique et administrative du

protectorat, avec la liste détaillée des hauts fonctionnaires et services du

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protectorat. Nous en avons fait le dépouillement systématique (1880-1963) à la B. N. F. au cours de plusieurs séjours à Paris entre 1991 et 1994.

Nous en avons retiré des centaines de fiches des journaux et périodiques du protectorat. Malgré l'intérêt de ses données, l'/4.P.F. souffre de nombreuses lacunes et parfois d'erreurs et d'inexactitudes.

2. Nonienclatiirc des journaux, Revues, Périodiques Français paraissant en France et en langue française à l’étranger.

Elle est publiée par l'Argus de la presse, la plus ancienne administration d'extraits de presse du monde, fondé en 1879. Nous avons dépouillé les sept éditions de la nomenclature, parues entre 1917 et 1937 qui traitèrent de la presse marocaine. Nous y avons recueilli d'importants renseignements qui comblèrent parfois certaines lacunes de l'A.P.F.

3. Répertoire des périodiques de langue française philosophiques, historiques, philologiques et juridiques.

Publié par la Fédération des Sociétés Savantes de Paris, nous en avons consulté l'édition de 1935 qui nous a fourni de nombreux renseignements sur la presse culturelle, scientifique et des sociétés savantes.

4. Annuaire - Tinéo (Journaux, revues et périodiques)

Instrument bibliographique pratique, il contient un grand nombre de titres de presse classés par ordre alphabétique, suivis d'un index par spécialité. Nous avons consulté la première édition de 1936 que nous avons utilisée comme complément à l'A.P.F.

5. L’Echo de la presse et de la publicité.

Fondé en novembre 1945, il publie d'utiles études sur la presse. Nous

avons en particulier utilisé ses études documentaires publiées sous formes de

fiches techniques de journaux et revues.

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En plus de ces répertoires et périodiques de la presse, nous avons consulté de nombreux numéros des revues spécialisées dans les études de presse, en particulier, la revue Cahiers de la presse publiée par l'Institut de science de la presse de l'université de Paris, la revue Etude de Presse publiée par l'I.F.P. de l'université de Paris II et La Gazette de la presse de langue française publiée avec le concours de l'Union Internationale des journalistes et de la presse de langue française.

En plus de ces répertoires d'institutions privées ou particulières et de ces revues spécialisées, nous avons consulté les fichiers et catalogues des grandes bibliothèques.

Au Maroc, il n'existe aucun catalogue complet et à jour des collections de Journaux et périodiques conservées dans les bibliothèques du pays. Le ficher des périodiques de la B.G. A. de Rabat contient environ 60% des titres de journaux et périodiques de langue française parus au Maroc à l'époque du protectorat mais chaque fiche ne contient que de minces renseignements, parfois à peine le titre, le lieu de parution et la date du premier numéro existant à la bibliothèque. Quant aux collections, elles sont dans état lamentable n'étant ni répertoriées, ni classées et par conséquent peu aptes à la consultation.

La B.G.T. de Tétouan dispose d'un fichier moins fourni, contenant en particulier les titres, journaux et périodiques en langues européennes, en français et en arabe, parus à Tanger, en zone de protectorat espagnol et quelques uns de la zone de protectorat français. Elle publia un inventaire des titres de presse

Q

qu'elle conserve en langue espagnole, en 1953 , où, les inexactitudes sont nombreuses et qui induisit en erreur bon nombre de chercheurs. Depuis l'indépendance il n'a été ni corrigé, ni réédité, ni retiré de la circulation. *

* Invenicirio Provisional de la Hemeroteca del Protedorado.

Direccion de Archives y Bibhotecas del protectorado. Alla Comisria de Espana. Tetuan. 1953 (292 p.).

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En Fiance, la Bibliothèque Nationale de Paris, contient les collections les plus importantes et les plus complètes des journaux et périodiques du Maroc colonial. Malheureusement la dispersion de ces collections entre le Département des imprimés qui contient les périodiques les plus anciens, celui des périodiques, créé en 1945 et le département annexe au château de Versailles complique souvent la tache du chercheur. Toutefois, la réunification des services de la B.N.F. et l'information de son fichier depuis quelques années offrent de nouvelles perspectives et notamment une classification impeccable de tous les titres de journaux et périodiques de langue française parus au Maroc à l'époque du protectorat et conservés par la bibliothèque.

En plus de son fichier des périodiques, la B.N.F. dispose de trois outils de travail qui peuvent être d'une grande utilité pour le chercheur :

1. Le catalogue collectif des périodiques (1789 - 1939).

2. Le répertoire de la presse et des publications périodiques françaises.

3. Bibliographie de la presse française politique et d'information générale (1865 - 1944).

Deux autres fichiers de bibliothèques nous ont été précieux, celui de ri.R.E.M.A.M. à Aix - En - Provence, informatisé depuis longtemps, et celui de la bibliothèque de la chambre de commerce de Marseille.

C'est à partir des indications et renseignements fournis par ces répertoires, inventaires, catalogues, annuaires et fichiers que nous avons entrepris l'établissement d'une première liste des journaux et périodiques de langue française parus au Maroc à l'époque du protectorat et la recherche des différentes collections pour les traiter et les analyser.

Les collections de journaux et périodiques sont dispersés, voir éparpillés à

travers un grand nombre de bibliothèques publiques et privées, de fonds

d'archives et de centres de documentation au Maroc, en France et même dans

d'autres pays comme l'Espagne ou l'Algérie. Toutefois, aucune de ces

bibliothèques ne possèdent toutes les collections, ni même quelques collections

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du premier au dernier numéro. Dans certaines bibliothèques, en particulier au Maroc, le contenu des fichiers ne correspond pas à la réalité des collections conservées. Parfois, il nous a fallu suivre l'itinéraire sineux d'un journal et en reconstituer patiemment la collection dont les titres et sous-titres avaient été rectifiés à quatre ou cinq reprises et dont la recomposition par recoupements et assemblages de nouvelles séries et sous-séries, avait pris, parfois, des mois entiers.

Nous avons fourni cet effort pour les journaux et périodiques à impact déterminant et à longévité remarquable mais également pour les titres les plus divers, en raison de leur originalité ou de leur spécificité, même quand il s'est agi de feuilles éphémères dont nous avons tenu à pérenniser l'existence.

Nous avons dépouillé systématiquement un grand nombre de journaux et périodiques sur de longues périodes ; pour d'autres, nous avons procédé à de vastes sondages.

Les collections les plus importantes sont conservées dans trois grandes bibliothèques. Au Maroc, à la B.G.A. de Rabat et à la B.G.T. de Tétouan, en France à la B.N.F.. Certaines collections sont conservées dans certains petits centres de documentation ou bibliothèques, ignorés du grand public, nous les signalons ci-après pour les chercheurs intéressés.

Les bibliothèques publiques au Maroc.

La B.G.A. de Rabat contient les collections de journaux et périodiques du protectorat les plus importantes du Maroc, s'élevant à plusieurs centaines de titres. Elles remontent aux premières années du protectorat mais elles ne deviennent plus régulières qu'à partir de 1932, étant depuis, cette date assujetties au dépôt légal^. Dans la réalité, ces collections sont en mauvais état, sont pratiquement toutes incomplètes, souvent déclassées, mal conservées, avec des

’’ Cf. daliir du ^ octobre 1932 portant réglementation du dépôt légal. (B.O. n° 1046 du 11 novembre 1932, p. 1289).

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pages déchirées et des liasses entremêlées. Elles sont tout simplement impropres à la consultation. Mémoire collective et patrimoine journalistique du Maroc, ces collections doivent être sauvées. Elles ne sont encore ni classées ni répertoriées, leurs titres ne sont pas encore informatisés et il est urgent que la B.G.A. soit équipée en matériel technique performant et en personnel suffisant pour répondre à l'attente de dizaines de chercheurs.

Les bibliothèques privées ou d'institutions particulières.

Le Centre d'Etudes Arabes de Rabat ou C.E.A., spécialisé dans la documentation historique sur le Maroc colonial dispose d'une bibliothèque très bien organisée et qui conserve des dizaines de collections de revues et périodiques de langue française datant du protectorat. Faisant suite à la Société d'Etude et de Bibliographie marocaines S.E.B.M., qui avait été fondée sous les auspices de la mission universitaire et culturelle française au Maroc, elle eut le privilège d'accueillir en son sein de nombreux fonds et collections que lui ont légué les anciens français du Maroc dont le précieux fond Kamm'°, entièrement consacré à l'histoire et à la presse du protectorat.

La bibliothèque des Pères dominicains à Rabat, appelée La Source dispose de nombreuses collections de journaux et périodiques du protectorat, dans un excellent état. Elle conserve en particulier les principales publications catholiques parues au Maroc.

La Bibliothèque Générale de Tétouan est très riche et mieux organisée que la B.G.A. Elle possède la plupart des journaux et périodiques de langue française à Tanger depuis les origines jusqu'en 1956 et les premiers numéros des journaux européens de Tanger parus en 1883, ainsi que les publications

Michel Kciiiim fut pendant 35 ans journaliste à Fès où il anima de nombreux Journau.x.

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périodiqiies de l'ancienne zone de protectorat espagnol, mais elle est pauvre en titres de presse de la zone de protectorat français.

La Bibliotlièque de l’Université Karaouine à Fès a la particularité de conserver certains journaux anciens, aussi bien en langue française qu'en langue arabe, en particulier ceux en provenance d'Algérie, de Tunisie et du Moyen- Orient. On peut y consulter également l'un des très rares exemplaires du premier numéro de l'édition arabe du Bulletin Officiel du Protectorat. Elle conserve également le premier numéro de l'édition française.

La Bibliothèque de la Chambre de Commerce et d'industrie de Fès"

conserve en plus des archives du protectorat, de précieuses collections de la presse régionale de Fès dont certains titres comme le Bulletin Semestriel des sociétés La Truite de l'Atlas et Fishing-club de Fès qui n'existe nulle part ailleurs. Elle a le privilège en plus de conserver la collection entière et complète du premier au dernier numéro, du quotidien régional de Fès Le Courrier du Maroc (1929 - 1962), que ne possède ni la B.G.A., ni la B.N.F. Elle conserve en outre de nombreuses collections des périodiques corporatifs, professionnels et des chambres élues de nombreuses villes, dont Fès, de l'époque du protectorat.

La bibliothèque municipale de Sefrou constituée depuis 1926, abrite un grand nombre de collections de revues et périodiques du protectorat que l'on peut consulter dans d'excellentes conditions. Elle a également le privilège de conserver la collection entière du Bulletin Officiel du Protectorat pour toute la période de 1912 à 1956, que l'on peut consulter et même reproduire dans des conditions idéales.

" Cf. CHAFAI EL ALAOUI (El Hassane). "La bibliothèque de la chambre de commerce et d'industrie de Fès,

un i)etit centre de documentation et d'archives du protectorat". In Les Archives du Protectorat. Publication de la

Faculté ides Lettres et des Sciences Humaines. Rabat. Série Colloques et Séminaires n° 57. p. 193-202. (Actes du

colloque des 29 - 30 mai 1955).

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Ln bibliothèque privée de feu Mohamed Mekki Naciri à Rabat, que nous avions consultée de son vivant, conserve un grand nombre de collections de journaux en langue arabe et en langue française, rares, voir introuvables dans les grandes bibliothèques publiques, comme le journal Lissan Al Maghrib paru à Tanger en 1908 et l'organe nationaliste La Voix du Maroc que feu Mohamed Mekki Naciri avait publié à Tanger en 1946 - 1947 et qu'il nous avait permis de reproduire intégralement, du premier au dernier numéro.

La bibliothèque privée de Zine El Abidine El Kettani'^ à Salé est l'une des plus riches en archives et collections de journaux. Elle conserve notamment des exemplaires rares des premiers journaux en langue arabe parus à Fès en 1906, 1907 et 1908 et de nombreuses collections dont celle du journal officieux, en langue arabe, Essaâda. Elle conserve également de nombreux exemplaires des premiers journaux européens de Tanger.

La bibliothèque privée Abdallah Guennoun, à Tanger, ouverte en 1985, conserve un grand nombre de documents et de revues et périodiques parus à Tanger depuis le début du siècle.

En plus des collections de journaux et revues, conservées dans certaines bibliothèques privées ou d'institutions particulières, nous avons relevé de rares archives de certaines entreprises de presse ou maisons d'édition qui ont conservé certaines collections dans d'excellentes conditions. Les plus importantes sont celles de certains journaux locaux et régionaux de Tanger, conservés aux Editions nationales et Internationales de la ville ; les collections de l'ancienne presse Mas, en particulier des quotidiens Le Petit Marocain et La Vigie Marocaine conservées au siège des journaux qui les ont remplacé aujourd'hui,

'■ Zine el Abidine el Kettani est l'auteur du premier ouvrage publié en langue arabe en 1969 sur l'histoire de la

presse marocaine sous le titre : As-Sahafa al-Maghribiya. Ncich atiiha wa lalawurulia (1820 - 1912). (La presse

marocaine: naissance et évolution 1820 -1912). Op.cit.

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Le Matin du Sahara et Maroc Soir ; et les collections des journaux nationalistes L’Opinion du Peuple et Al-Istiqlal conservées au siège des journaux du parti de l'Istiqlal Al Alam et L'Opinion.

En France, les principales collections des journaux et périodiques de langue française parues au Maroc à l'époque du protectorat sont conservées à la B.N.F. où se trouvent les titres les plus anciens et ceux de Tanger ; et son département annexe à Versailles où se trouvent les journaux du protectorat.

L'ensemble des titres est fiché sous la cote Jo suivi du numéro affecté au journal.

Nous y avons consulté la quasi totalité des collections existantes au cours de nombreux, coûteux et longs séjours à Paris au début des années quatre vingt dix, et grâce au service parfait, rapide et efficace et à l'amabilité et la compétence du personnel de l'annexe de Versaille nous avons pu réaliser des centaines de reproductions grâce auxquelles nous disposons aujourd'hui de la reproduction des centaines de titres que nous avons recensé pour la période du protectorat.

Malgré un fichier informatisé, un service parfait et un personnel affable et compétent nous avons souffert de l'éloignement de Versailles qu'il fallait joindre quotidiennement par navette depuis Paris, de l'exiguïté de la salle de consultation et surtout de la répartition de certaines collections entre la B.N.F. et son annexe de Versailles et du fait que l'écrasante majorité des collections ne débutent qu'en 1932, date de la prescription du dépôt légal au Maroc.

En plus de la B.N.F., deux autres bibliothèques nous ont permis

d'effectuer d'importantes et fructueuses investigations grâce aux collections de

journaux et périodiques du protectorat qu'elles possèdent. A Aix - En -

Provence, la bibliothèque de l'Institut de Recherches et d'Etudes sur le Monde

Arabe et Musulman, LR.E.M.A.M. concerne les collections de journaux et

périodiques du protectorat les plus importantes après celles de la B.N.F. Nous y

ayons consulté et reproduit la plupart des publications officielles du protectorat

ainsi qu'un grand nombre de revues et périodiques à vocation culturelle.

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scientillque, associative et de société. La bibliothèque contient également une étonnante "concentration" d'études, rapports, mémoires, thèses, actes de colloques et communications sur le Maroc contemporain en général, celui du protectorat en particulier. Des fichiers y sont informatisés et les conditions de travail idéales.

A Marseille, nous avons eu l'agréable surprise de découvrir la majorité des collections des Journaux et périodiques à caractère économique, financier, professionnel, corporatif et des chambres d'agriculture, de commerce et d'industrie du protectorat, conservées dans un excellent état, bien classées et numérotées.'^ Grâce à l'amabilité du conservateur de la bibliothèque, Mr Patrick Boulanger, nous avons pu consulter la quasi totalité des collections sur place et en reproduire la majorité pour notre propre documentation. On y trouve également toute la presse coloniale traitant du Maroc à la veille et pendant le protectorat, parue à Paris, Lyon et Marseille.

Après une "collecte" certes longue, fatiguante et coûteuse mais fructueuse des collections des Journaux et périodiques qui constituèrent notre corpus, nous nous sommes attelé à compléter notre documentation et nos informations sur l'objet de notre étude par la consultation de fonds d'archives, d'ouvrages, et en faisant l'état de la question selon les travaux, mémoires et thèses antérieurs.

Archives et documents

A. Au Maroc nous avons consulté plusieurs fonds d'archives et centres de documentation dont les principaux furent les suivants :

1. Les Archives de la B.G.A. (Rabat). Nous fondions de grands espoirs sur l'important fond des archives du protectorat et particulièrement celles des

Cf. BÔÜLÂNGER (Patrick). "Répertoire des revues utiles pour l'histoire du Maroc à la Chambre de

caiiinierce et d'industrie de Marseille - Provence". In revue Maroc - Europe. \992. n° 2. pp.277 - 285.

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services de la Résidence Générale. Les difficultés d'accès et le désordre général dans lequel elles étaient disposées nous ont fait lâcher prise.

Après la consultation de quelques dossiers et quelques sondages infructueux au milieu d'archives entreposées pèle - mêle, nous nous sommes retiré en attendant qu'elles soient classées et répertoriées un jour.

2. La Direction des Archives Royales (Rabat).

La consultation d'archives du Makhzen, de lettres chérifiennes et de correspondances avec les provinces nous ont peu édifié sur notre sujet.

3. Les Archives de la Bibliothèque Générale de Tétouan : contiennent essentiellement des archives diplomatiques et consulaires et des correspondances qui concernent le Maroc pré-colonial.

4. Documents et Archives de l'Agence Maghreb Arabe Presse. (Rabat).

Les services de documentation de l'Agence MAP à Rabat contiennent quelques dossiers de presse, des articles de journaux sur la presse du protectorat et la reproduction de quelques journaux anciens.

5. Documents et Archives du Ministre.de l'Information (Rabat). Les services de documentation et d'archives du ministère de l'information disposent de quelques documents et dossiers de presse en langue arabe et de l'importante collection du journal officieux du protectorat, en langue arabe ESSAADA dont le ministère a hérité.

6. Documents et archives du C.N.D.

(Centre National de Documentation). Rabat.

Les services de documentation du C.N.D. disposent de nombreux

documents du protectorat portant sur le régime juridique et la réglementation de

la presse ainsi que la reproduction de nombreux dossiers et articles de presse. Ils

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peuvent également fournir un listing des travaux de recherche réalisés sur la presse marocaine.

B. En France : Quatre fonds d'archives principaux nous ont été d'une utilité extrême.

1. Le Centre des Archives Diplomatiques de Nantes, (A.D.N.) dispose d'une documentation inépuisable sur le Maroc à l'époque du protectorat, d'une importance et d'une richesse inestimables. L'intérêt que présentait ce fond pour notre étude, l'amabilité, la disponibilité et le professionnalisme du personnel du centre nous on amené à y effectuer plusieurs séjours pour y puiser le maximum d'informations et de renseignements. Nous y avons consulté des dizaines de cartons, liasses et registres de la légation de France à Tanger (1870 - 1956) et des divers services du protectorat. Nous y avons découvert des documents de première importance sur la politique d'information et le monde de la presse du protectorat et parfois des exemplaires de journaux qui avaient été saisis ou interdits et qui ne figuraient pas parmi les collections des grandes bibliothèques.

La série Maroc - Bureaux territoriaux et Maroc - Régions (Meknès, Fès, Oujda, Marrakech, Rabat, Casablanca), nous ont été d'un apport précieux pour l'étude de la presse régionale 18 séries correspondant aux grands services centraux du protectoraux et aux régions et 3800 liasses couvrent la période du protectorat avec des milliers de documents et de dossiers sur la presse. Nous n'en avons exploré et reproduit qu'une partie.

2. Les Archives Diplomatiques du Quai d'Orsay. (A.Q.O.). Paris. Nous

y avons consulté le fond Maroc relatif,aux rapports mensuels du Résident

Général et à la correspondance politique, en particulier les volumes reliés

portant les cotes 262 NS à 266 N.S.

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3. Le Service Historique de l’Armée de Terre (S.H.A.T.). Vincennes.

Paris.

Les Archives du Ministère de la Défense concernant le Maroc et rassemblés dans la série H qui compte plus de 2000 cartons ont été présentées dans un répertoire réalisé par Menditte Armand et Nicot Jean.' '

Grâce à cet outil de travail précieux, nous avons relevé les cotes des carions traitant de la presse, de l'information et des journaux et périodiques du Protectorat. Nous avons consulté un grand nombre de cartons ayant trait au rôle des autorités militaires dans la propagande, l'information, le contrôle de la presse, le cinéma ; en particulier ceux portant les cotes 3 H 131 à 3 H 479.

Malgré une documentation abondante et précieuse, au S.H.A.T. comme aux A.D.N., la joie de disposer d'instruments de travail "perfectionnés" et d'excellentes conditions de recherche a été souvent affectée en raison du refus des responsables de nous communiquer certains dossiers ou documents.

"Tabous" incompréhensibles, certains cartons étaient carrément non communicables ("N.C.") comme au S.H.AT., ceux des cotes 3 H 480, 481, 483 et 484. Parfois, quand le dossier passait, des dossiers ou des documents en étaient soustraits sous nos yeux, il s'agissait souvent de ceux-là mêmes que nous désirions consulter.

4. Le CARAN : Centre d'Accueil et de Recherche des Archives Nationales. (Paris)

Ce centre contient plusieurs fonds d'archives traitant en totalité ou en partie du Maroc à l'époque du protectorat, comme le fond Lyautey et le fond de l'Agence Havas (et de l'O.F.I.) qui nous intéresse. Ce dernier a été révélé au Maroc dès 1982 grâce au mémoire de D.E.A. réalisé par Tayeb Boutboukalt sur

MENDl'ITE Armand et NICOT Jean. Répertoire des archives du Maroc. Série 3 H (1877 - I960) ; Fascicule 1, Ministère de la Défense. Etat-major de l'Armée de Terre, Service Historique, Château de Vincennes, 1982.

Paris.

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les activités de l'Agence Havas au Maroc.Le fond Havas avait été classé et présenté, depuis 1969, dans un guide élaboré par Isabelle Brot.'*’ En 1993, après avoir sollicité et obtenu l'autorisation de l'agence A.F.P. de consulter le fond Havas - Maroc dont elle est héritière et propriétaire, nos investigations qui ont porté sur des dizaines de dossiers, de documents manuscrits ou imprimés et même des exemplaires de journaux rares nous ont permis, à notre tour, d'appréhender les relations de l'agence Havas avec le Maroc et son rôle dans le protectorat.

Les documents que nous avons consulté, remontent pour le plus ancien à 1905 (carton 5 AR 395) et pour le dernier à 1940 (carton 5 AR 407), quant à ceux de l'O.F.I. (Office Français de l'Information), ils couvrent la période de

1940 à 1943.

5. Le C.H.E.A.M. Paris. Le Centre des Hautes Etudes sur l'Afrique et l'Asie modernes contient 4495 rapports et mémoires, pour la plupart inédits,

dont plusieurs dizaines avaient été rédigées par des administrateurs civils, d'anciens stagiaires et des fonctionnaires du protectorat. Nous y avons relevé de nombreux mémoires et rapports qui ont porté sur certains aspects de la vie sociale, culturelle, associative et politique du protectorat, en relation avec le monde de la presse. Parmi les plus importants, citons ceux de Roger Le Tourneau sur la société et la jeunesse fassies et l'article d'Aspinion sur la presse marocaine en 1948, (cote : 1277).

BOU'I'BOUKALT (Tayeb). Les activités de l’Agence Havas au Maroc sous le protectorat. Mémoire de D.E.A.

cil sciences de l'Information et de la Communication. Université de Paris II. 1982.

HRO’f (Isabelle). Les archives de l'agence Havas (branche information) conservées ati.x Archives Nationales

(5 AR) ; Publication du Ministère des Affaires Culturelles, Direction des Archives de France, Ed. S.E.V.P.E.N.,

Paris, 1969, 270 p.

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6. Le Centre des Archives d'Outre-mer. Aix - En - Provence. Ce centre conserve les archives des anciennes possessions françaises, transférées en

métropole. Il dispose en particulier des collections de journaux et périodiques d'Algérie (1832-1962), du Maroc Oriental et la plupart des publications officielles du protectorat. La sous-série 30 H contient des articles extraits de la presse algérienne et portant sur le Maroc. Les sous-séries 31 H et 32 H contiennent de nombreuses notices sur le Maroc Oriental, Oujda, Taza et Fès.

Orientation bibliographique

L'histoire de la presse marocaine est une discipline neuve. Même en France, elle ne prit son élan qu'au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Dans les départements d'histoire des facultés des lettres marocaines, les chercheurs ne se bousculent pas pour aborder un tel thème. Avec notre ami et collègue Jamaâ Baïda du département d'histoire de la Faculté des Lettres de Rabat, nous constituons les deux seuls et uniques "spécialistes" de l'histoire de la presse marocaine dans le Maroc, indépendant depuis bientôt quarante cinq ans ; c'est très peu. Avant nous, à la fin du protectorat, un historien avait abordé l'histoire de la presse marocaine d'une manière partielle, en traitant la période des origines à 1929*^ : Roger Falcou, il fut le seul. Certes, quelques autres historiens comme Jean-Louis Miège ont abordé certains aspects de la presse marocaine du siècle ou du protectorat mais ce fut dans le cadre étroit d'articles ou de communications limitées dans le temps et dans l'espace.

La thèse de doctorat de Ilf cycle de Chidstiane Sourian - Hoebrechts sur la presse maghrébine soutenue en 196?'^ et l'ouvrage en langue arabe publié par

” FALCON (Roger). La presse périodique de langue française au Maroc des origines à 1929. D.E.S. Histoire [ l'oulouse, 1956], (130 p.)-

MIEGE (Jean-Louis). "Journaux et journalistes à Tanger au XIXème siècle". Hespéris. 1" et 2^'"' trimestres 1954. pp. 191 -228.

Cf. SOURIAU - HOEBRECHTS (Christiane). La presse Maghrébine (Lyhie, Tunisie, Algérie, Maroc).

Evolution historique et situation en 1965. Ed. du C.N.R.S. Paris. 1975. (369 p.).

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Zine al Abidine Al Kettani sur les origines de la presse marocaine jusqu'en 1912“”n'apportèrent que des éclairages épars et parfois contestables, sans jamais traiter de l'histoire de la presse marocaine en profondeur et dans ses prolongements politiques, diplomatiques, juridiques, humains, journalistiques et dans sa globalité.

Depuis les années soixante dix, deux instituts universitaires spécialisés dans les Sciences de l'Information et le journalisme ont été à l'origine de la réalisation d'un certain nombre d'études et de mémoires sur la presse marocaine aussi bien actuelle que du protectorat. Mais ces études ont toujours étaient faites dans une perspective des sciences de l'information et de la communication et non dans une perspective historique. Elles étaient en plus réalisées par des "non - historiens". A Rabat, ce rôle incomba au Centre de formation des journalistes, devenu Institut vSupérieur de Journalisme. En France, L'înstitut Français de

P i •esse et des Sciences de Plnformation de l'université de Paris II, abrita, sous la houlette de son ancien professeur et directeur Pierre Albert, d'une compétence et d'un dynamisme remarquables, des dizaines de mémoires et de thèses sur différents aspects de la presse marocaine, dont certains, d'excellente facture, comme ceux de Tayeb Boutboukalt et Latifa Aldiarbach que nous présentons dans la liste ci-après des ouvrages, études, mémoires et thèses antérieurs qui nous ont permis de faire l'état de la recherche sur l'histoire de la presse marocaine.

A. Etudes, Mémoires, Thèses et publications.

Si les ouvrages des deux pionniers de la presse européenne à Tanger, Meaking (Budget), The Moorish Empire. A Historical Epitome ; Swan Sonnenschein and C°, Lim, London, 1899, (576 p) et Laredo (Isaae D),

■ KETTANi (Zine al-abidine. Al). As-Sahafa al-Maghrihia Nach-atuha wa lalawuniha. (1820 - 1912). (La presse marocaine ; naissance et évolution. 1820 - 1912). Publication du Ministère de l'information, Rabat, s.d.

[1969], (249 p.)

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Memorias de un viejo Tangerino, C. Bermejo Impresor, Madrid, 1935 ; peuvent être considérés comme les précurseurs de l'écriture sur l'histoire de la presse européenne au Maroc, ce n'est que dans les années cinquante, que l'histoire de la presse marocaine du protectorat et en particulier celle de langue française est abordée en profondeur et parfois en exclusivité par un certain nombre d'ouvrages, des témoignages, de mémoires et de travaux de thèses portant aussi bien sur l'évolution historique que sur certains aspects politiques ou juridiques du protectorat en liaison étroite avec le monde de la presse. Parmi ceux-ci nous avons utilisé un certain nombre d'ouvrages qui nous ont aidé à réaliser notre thèse, dont les plus importants furent les suivants ;

1. Rezette (Robert). Les partis politiques marocains. Thèse de D.E.S. en droit. Bordeaux. 1954. (338 p). Elle consacre de longs développements à la presse des partis politiques marocains qu'ils soient nationalistes ou

"collaborationnistes" et à leurs principaux animateurs et fournit de précieux renseignements sur un grand nombre de journaux et périodiques du protectorat.

2. Houel (Christian). Mes Aventures marocaines. Ed. Maroc-Demain.

Casablanca. 1954. (277 p.). Cet ouvrage peut être considéré à lui seul comme le récit de l'histoire vécue de la presse marocaine du protectorat. 11 s'agit d'une œuvre magistrale et d'un témoignage vécu et saisissant d'un acteur direct de la naissance et du développement, non seulement de la presse mais de tout le protectorat français au Maroc. Il demeure le principal document de base qui retrace l'historique détaillé de la presse de langue française au Maroc, de ses relations avec les autorités et avec les populations et du rôle joué par les journalistes.

3. Falcou (Roger). La presse périodique de langue française au Maroc

des origines à 1929. D.E.S. Histoire. [Toulouse, 1956]! (130 p.). Ce

mémoire constitue la première recherche universitaire exclusivement

consacrée à l'histoire de la presse marocaine de langue française. Elle

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