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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository
Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Hers, M.-A. (1976). Exploration archéologique dans la Sierra del Nayar (Mexique): bilan et acquis des recherches (Unpublished doctoral dissertation).
Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres, Bruxelles.
Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/214359/1/c93bc2d1-a98f-4b15-a7eb-04b40d83112f.txt
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UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES FACULTE DE PHILOSOPHIE ET LETTRES
EXPLORATION ARCHEOLOGIQUE DANS LA SIERRA DEL NAYAR (Mexique)
BILAN ET ACQUIS DES RECHERCHES
1
Directeur :
Madame Annie DORSINFi ^NG-SMETS
Thèse présentée pour l'obtention du grade de docteur en Philosophie et Lettres - groupe d'Histoire de l'Art et Archéologie
par
Marie-Areti H ERS.
Année académique : 1975 - 1976.
AVANT-PROPOS
L’étude que nous présentons ici s'inscrit dans ie programme de ia
Mission Archéologique Belge au Mexique. A cette occasion, il nous est agréa
ble d'exprimer notre très vive gratitude aux personnes et institutions qui ont contribué, tant en Belgique qu'au Mexique, à l'heureux déroulement des premiers travaux de la mission.
L'idée d'une tel le mission est née dans le cadre des activités des Accords Culturels Belgo-Mexicains. La réalisation de ce projet a été possi
ble grâce à l'entente des deux parties intéressées.
Le Ministère de la Culture Française, par son Administration des Rela
tions Culturelles Internationales, a assuré le financement des travaux. La Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université Libre de Bruxelles et les Musées Royaux d'Art et d'Histoire ont assumé le patronnage scientifique des
investigations.
Pour situer la mission dans les normes et la politique générale de la 'echerche mexicaine, nous avons passé un contrat avec l'"lnstituto Nacional de Antropologia e Historia". Cette institution nous a, par ailleurs, fourni aimablement les locaux pour l'étude de cabinet. Nous avons ainsi pu nous
installer dans les centres régionaux, au Musée d'Anthropologie de Tepic d'abord et au couvent de Guadalupe de Zacatecas, par la suite.
Enfin, l'Ambassade de Belgique à Mexico nous a apporté une aide précieuse et constante pour maintenir la communication entre ces diverses institutions et parvenir de la sorte à la réalisation d'un projet innovateur, sous bien des aspects.
Nous ne pouvons malheureusement pas citer ici le nom de toutes les per
sonnes qui, au sein de ces institutions, ont contribué de loin ou de près, à la mise sur pied de ce projet. Nous espérons seulement que les résultats acquis et ceux à venir, seront à la hauteur de la confiante qu'elles nous ont témoigné.
Nous songeons tout parti eu Iièrement à Madame Annie Dorsinfang-Smets et à
Mademoiselle Georgette Van Swieten qui n'ont pas cessé d'appuyer et d'orienter les multiples démarches nécessaires à l'aboutissement de ce projet.
Les premières campagnes de prospection sur le terrain et l'analyse du matériel en cabinet, de 1973-74 et 1974-75, ont été réalisées par une équipe comprenant des archéologues des universités de Bruxelles, de Louvain et de Liège. Mesdames Claudine Levie-Deltour et Michèle CaI1ut-Blever. Mademoi
selle Nadine Reginster et Monsieur Eric Ameryckxs, ont apporté au succès de cette étape initiale de la mission, toute leur patience, leur enthousiasme, .
leur expérience et leur bonne humeur pour chevaucher et prospecter dans la Sierra, pour relever et étudier toutes les données disponibles en surface, et, par la suite, pour classer et analyser les informations et le matériel reçue i Mi.
Nous ne pourrions trop souligner combien ce travail, placé sous notre respon
sabilité, a été le fruit d'une collaboration étroite de toute l'équipe. Cette entente cordiale nous a, d'ailleurs, permis d'affronter des conditions de vie sur le terrain souvent Spartiates, parfois difficiles.
Les voyages préliminaires que nous avons effectués dans la Sierra et la prospection archéologique réalisée, ont dépendu étroitement de la bonne
volonté des habitants de la région parcourue. Leur hospitalité nous a permis d'y trouver logement et nourriture; leur sympathie et collaboration ont rendu possibles nos découvertes. Mais, cette fois encore, nous ne pourrions repren
dre la liste trop longue des personnes qui ont, de cette manière, apporté leur aide à la mission.
Pour mener à bien nos recherches personnelles, au sein de la mission, nous avons bénéficié d'une aide considérable qui nous inspire la plus profonde reconnaissance.
Madame Annie Dorsinfang-Smets a soutenu notre candidature au F.N.R.S., a dirigé notre thèse et nous a prodigué ses patients conseils pour la rédiger.
Le Fonds National de la Recherche Scientifique nous a accordé sa confiance par l'octroi des mandats d'"aspirante" qui nous ont permis de participer à la préparation de la mission et à ses premiers travaux, et de réaliser parallèle
ment nos investigations personnelles.
INTRODUCTION 1
CHAPITRE LE MILIEU NATUREL Délimitation de l’aire Cartographie
Hydroqraphie Relief
Climats
GeoIogie et sols Faune et flore Zones écologiques
CHAPITRE II: PERIODE MODERNE, DU XV le SIECLE A NOS JOURS
A. La situation actuelle ... 22
Les Tepecanos... 23
Les Mexicaneros... 24
Les Coras et les Hui choies... 25
B. Aperçu historique ... 59
Composition ethnique, durant l’époque coloniale ... 62
Epoque préhispanique : diverses théories historiques et ethnographiques...'... 71
Intégration de la Sierra au Mexique : les conquêtes successives ... 74
C. Conclusion sur la période moderne... 109
CHAPITRE III: ARCHEOLOGIE DE LA SIERRA DEL NAYAR... 111
A. Les travaux antérieurs... 111
B. Les premiers résultats de la mission archéologique belge...120
1° Le choix de la région... 120
2° Les techniques employées... .... L26 3° Les sites étudiés ... 129
I. Le Bassin du Tenzompa l-A. Le Haut Tenzompa...129
TZ-I, Cerro del Pueblo...130
Les ruines récentes... 155 TZ-V, Rancho Viejo
Les sites d’habitat à ciel ouvert...15 7 TZ-II, Cerro del TIacuache
TZ-VI, village de Tenzompa TZ-VII, (sans toponyme)
TZ-IX, Cerro del Campo Santo TZ-VIII, La Cuchara
Les abris sous roche... 164 TZ-III, Las Cuevas
TZ-lll-1, Cueva del Telar TZ-lll-2, Cueva de las Pulgas TZ-II1-3, Cueva de los Pozos TZ-X, Cueva de los Lobos
l-B. Le premier caÏÏon du Tenzompa...
l-C. La Confluence avec la rivière de San Antonio : la Victorina...
VIC.-I, Cerro de los Difuntos
VIC.-II, Grotte du Cerro de la Mu la VIC.-III, La BoquiIla-
l-D. Le deuxième caïïon du Tenzompa : le caÏÏon de San Diego ... 1^^
Les sites du plateau :...176 S.D.-III, Cerro de la Manga
S.D.-V, Mesita Verde
S.D.-IV, Barbecho del Palo Lobo S.D.-VIII, El Plan
S.D.-VI, El Salto de la Mesa San Julian S.D.-VII, Mesa Yerbabuena
Les sites défensifs : . ... 18^
S.D.-I, Cerro del Metate
S.D.-IX, El Puertecito del Carrizalillo S.D.-X, El Cordoncito del Yeso
S.D.-XI, El Puertecito del Huarachito S.D.-XII, (sans toponyme)
l-E. La Vallée du Zapote... 197 S.D.-II, Cerro de las Borregas
l-F. Le Dernier carTon du Tenzompa : le caïïon
du Zapote... 200 Z.P.-I, Cerro de los Indios
Z.P.-II, (sans toponyme) Z.P.-III, Veladero Sud Z.P.-IV, Veladero Nord Z.P.tV, Mesita del Piloncilo
La Sierra de Tenzompa... 226 TZ-IV, Cerro de los Madera
CAL.-II, sommet Nord du Caipulalta
Le massif de l'Afiladero... 235 lll-A. Rincon San Vicente (Jalisco) ... 239
R. S,V.- Il I, Sommet de l'Afiladero
Sites sur les cols de l'Afiladero :. . . 242 R.S.V.-VI, el Fortin
R.S.V.-XV, el Fortincito
Sites proches des champs :...244 R.S.V.-II, (sans toponyme)
R.S.V.-IV, Banco de los Pîtayos R.S.V.-IX et X, (sans toponyme) R.S.V.-V, (sans toponyme)
R.S.V.-V, annexe
R.S.V.-VII, (sans toponyme) R.S.V.-XI, Banco Guadalupe R.S.V.-I, (sans toponyme) CAR.-V, champs de Base Bail
Mi-B. El Carri.zal (Zacàtécâs) ... . .- . . . . .. . 260, Sites proches des champs :...260
CAR.-Il, (sans toponyme) CAR.-III, (sans toponyme) CAR.-I (sans toponyme) CAR.-IV (sans toponyme)
S i tes particu I i ers... ... 266- R.S.V.-XIII (sans toponyme)
R.S.V.-XIV (sans toponyme)
Les abris sous roche du Rincon San Vicente . • 267 R.S.V.-VI II, (sans toponyme)
R.S.V.-XII, (sans toponyme)
lll-C. Socota (Jalisco) ... 275 SOC.-I, Plage de Socota, rive droite du
ChapaIagana SOC.-I.A, rive gauche
SOC.-III, IV, V, II, chemin entre Socota et I ’AfiIadero
SOC.-VII, banc au pied de la falaise Sud de I’AfiIadero
IV. Alentours de Huejuquilla el AIto(JaIisco)... 285 Hue.-I, Cerro del Temachaco
Hue.-ll, Mesa Las Cuevas Hue.-III, Cerro del Barrabas Hue.-IV, Cerro del Huistle
C. Conclusions des premiers résultats archéologiques
obtenus... 294 I. Unité culturelle des ruines découvertes ... 294
Catégories de Sites
Relations entre les catégories de sites
Distribution et fonctions des types de constructions Homogénéité dans l’architecture des sites
Homogénéité de la région au niveau du matériel de surface
IV
II. Positions chronologique de la culture découverte et ses
relations avec l'extérieur ... 313
III. Discontinuité apparente dans l'occupation des lieux au Postclassique Récent ... 321
IV. Orientations pour les campagnes ultérieures ... . . 324
CONCLUSIONS FINALES . ... . . ... . ... ... 326
BIBLIOGRAPHIE ... 333
En annexe, deux volumes :
I. Cartes, tableaux et plans.
II. Illustrations photographiques.
INTRODUCTION
Lorsque l'on songe aux recherches archéologiques au Mexique, l'esprit se porte spontanément sur les sites prestigieux où la grandeur de l'archi
tecture se mêle aux raffinements des autres arts, en une vaste fresque des hautes cultures mésoaméricaines. Les sites de ce genre sont innombrables et l'archéologie mexicaine est encore loin d'en avoir épuisé l'étude. La recherche sur certains d'entre eux n'a même pas encore été entamée.
Pourquoi, dès lors, ne pas avoir choisi un de ces hauts lieux ? Pour
quoi avoir orienté les recherches de la mission belge dans un sens différent, et même, opposé ? Nous avons opté, en effet, pour une étude régionale, à la frontière nord de la Mésoamérique, loin des grands centres artistiques. Les principales raisons qui ont déterminé l'orientation générale de nos travaux , sont les suivantes.
Depuis un certain temps, déjà, l'archéologie mexicaine ressent le besoin de réviser sa politique de la recherche. Concentrée sur des sites particu
liers, elle offrait le désavantage, même dans le cas des fouilles les plus approfondies, de limiter les connaissances à quelques îlots, dans un terri
toire inconnu.
C'est ainsi que se sont développés divers programmes d'études régionales comme celui de Tehuacan, de la vallée d'Oaxaca ou du PuebIa-TIaxcaIa, pour ne citer que quelques-uns des plus importants. Cette nouvelle orientation s'est appuyée sur des recherches interdisciplinaires.
Si notre choix répondait donc à une tendance actuelle de la recherche au Mexique, il correspondait également mieux aux possibilités offertes à la mission belge que l'ouverture d'un chantier sur un site prestigieux.
En effet, cette dernière éventualité aurait imposé un cadre rigide de contraintes, tant en ce qui concerne l'équipe de chercheurs que les fonds nécessaires. Or, pour reprendre, après une longue léthargie, la tradition américaniste belge et réaIiser les premières expériences archéologiques sur
le terrain, nous devons procéder prudemment afin de ne pas nous trouver, un jour, devant des obligations que nous ne pourrions respecter.
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Une étude régionale, dans ses différentes étapes, peut être planifiée plus souplement, selon l’évolution des possibilités offertes. De plus, la nécessité pour elle de s’ouvrir à d’autres disciplines que l’archéologie, offre aux chercheurs belges, un nouveau domaine d’expérience.
Pourquoi avoir choisi comme région, la Sierra del Nayar ? Parmi les territoires archéologiques encore complètement inconnus, la Sierra del Nayar est remarquable à plus d’un titre.
Elle fait partie de la Sierra Madré Occidentale, au Nord de l’aire culturelle mésoamêricaine. Elle se situe sur une frontière culturelle qui divise encore de nos jours, le pays tout entier. Si les confins nord de la Mésoamérique ont déjà été étudiés de part et d’autre de la cordillère, nous ignorons encore en quel point la limite la traverse. L’étude de la Sierra del Nayar apporte
ra donc de nouveaux éléments pour connaître la nature de cette marche et de ses modifications. Nos recherches s’intégreront dans le vaste problème de
la Mésoamérique septentrionale et des impulsions reçues des cultures centrales.
La région présente également des problèmes internes intéressants.
Ce massif montagneux, particulièrement escarpé, est source, pour l’occupation humaine, de difficultés et de possibilités singulières. De nos jours, encore,
la nature y est incontestablement souveraine. A première vue, les conditions naturelles sont excessivement contraignantes et expliqueraient le dénuement et la dispersion de la population actuelle. A certains moments de son
histoire pourtant, les habitants de la Sierra ont connu une situation nettement plus prospère. Ainsi, cette région pose à la recherche, plus qu’ai Meurs,
la question d’un éventuel déterminisme géographique.
Des investigations spécialisées s’imposent pour préciser les ressources et les limites de ce milieu géographique.
Une analyse approfondie de l’histoire de la Sierra depuis ses origines à nos jours permettra de mieux comprendre les différentes manières dont l’homme a tenté de s’adapter à ce milieu.
La deuxième caractéristique fondamentale de la région est qu’elle n’a pas connu les bouleversements considérables causés en d’autres lieux par la colonisation espagnole. Le relief tourmenté a fourni à l’ancienne popula
tion une citadelle naturelle qui lui a permis de résister dans une certaine mesure aux pressions extérieures et de préserver, mieux que la plupart des populations indiennes du pays, son territoire et son patrimoine. C’est pourquoi, la Sierra offre la possibilité d’intégrer harmonieusement les
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différentes disciplines des sciences humaines, pour dégager une évolution continue, sans changements démographiques importants.
Et ainsi, pourra-t-on confronter les découvertes archéologiques à la réalité actuelle et tenter de connaître la filiation. Cette comparaison rendra sa profondeur historique aux cultures exceptionnel Iementfraditionnelles des Coras et des Huicholes, principales tribus indiennes de nos jours et per
mettra la compréhension de ces groupes humains au-delà de l'apparance d'un conservatisme statique.
Le programme de la mission est donc ample et il prend toute sa mesure quand on considère l'état actuel de la recherche dans les diverses discipli
nes. Pour la géographie, l'histoire et l'archéologie, nous nous trouvons devant une ignorance générale. Seules, les études ethnographiques sont assez nombreuses mais encore incomplètes.
^ Enfin, le territoire pri.s en considération dans ce programme de recher
ches est vaste. A vol d'oiseau, il mesure 165 km, Nord-Sud, sur 135 km,d' Est
er Ouest.
Pour préparer la mise en route de la mission, nous avons effectué diverses incursions de reconnaissance générale qui ont abouti au choix du premier
terrain des recherches archéologiques. Sur ce Iui-ci, nous avons réalise la première étape qui a consisté en trois séjours de prospection de surface, en 1974 et 1975, et deux saisons d'analyse du matériel recueilli. Les résul
tats obtenus ne concernent de ce fait qu'une zone précise, entourée d'inconnu.
Cependant, nous considérons que cette étape, initiale nous a fourni assez d'informations pour pouvoir en tirer des conclusions et des propositions nou
velles sur une région dont la connaissance scientifique est encore à ses débuts.
L'étude personneIIe que nous présentons ici a été intimement liée à la mise sur pied de la mission et à ses premiers travaux. C'est à ce titre que son objectif principal sera d'en dresser un bilan, afin de pouvoir organiser, sur cette base, les campagnes futures.
Nous présenterons, tout d'abord, un cadre général du milieu naturel de la Sierra del Nayar.
L'allure d'expédition de la fin du siècie dernier, imposée par les
conditions du milieu, a singularisé nos travaux sur ie terrain. Mais, hélas, nous sommes loin de jouir des facultés encyclopédiques des explorateurs savants de cette époque. Aussi, nous nous sommes gardée de nous fier aveugiément à nos interprétations, plus ingénues que bien fondées, dans les disciplines géographiques, qui nous sont étrangères. De ce fait, l'exposé sera un aperçu général se référant aux rares études sur ce thème.
Dans le deuxième chapitre, nous analyserons la période moderne, du XVle siècle à nos jours, marquée par l'intégration de la Sierra à un monde radica
lement différent de la Mésoamérique.
Pour pouvoir comparer cette période moderne à l'occupation préhispanique que nous avons découverte, nous étudierons, dans un premier temps, la situa
tion actuelle. Sur la culture des populations indiennes d'aujourd'hui, nous disposons d'une littérature ethnographique relativement abondante, si nous la comparons à l'état des recherches dans les autres domaines. Néanmoins, nous nous attacherons à certains aspects qui ont été malheureusement négligés par
les auteurs : l'économie traditionnelle et l'influence du monde occidental au travers de l'introduction du bétail et de l'intégration à une économie de marché. Nous tenterons par la suite de définir les répercussions de ces modifications dans I'organisation sociale actuelle. Nous nous concentrerons de cette manière sur les points fondamentaux à connaître avant de tenter une comparaison avec une culture plus ancienne.
Nous étudierons, dans une deuxième partie, le passé colonial qui a
donné lieu à la situation actuelle. Comme une des faiblesses principales de la littérature ethnographique est son désintérêt pour l'histoire coloniale,
nous ne pourrons nous baser à cet effet que sur une analyse critique des rares publications existantes et sur des recherches personnelles dans des archives.
De même que pour l'archéologie de la Sierra, les lacunes de nos connais
sances sur son histoire sont à ce point considérables que son étude exhaustive demanderait, à elle seule, de nombreuses années de recherches. Mais, dans ce domaine, nous estimons disposer déjà d'un certain acquis que nous ne pou
vons renoncer à présenter car il permet de situer les données ethnographiques dans leur contexte chronologique.
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Nous disposerons ainsi d'un tableau général sur la période moderne des populations indiennes de la Sierra.
Notre prospection archéologique nous a amenés à découvrir quelques vesti
ges de cette période moderne, que nous exposons au chapitre III. Mais ce chapitre se consacrera avant tout à l'exposé des données concernant l'occupa
tion préhispanique.
Nous ne reprendrons pas dans notre thèse, toutes les informations obtenues sur le terrain et en cabinet. En effet, l'analyse du matériel recueilli en surface ne sera complète que lorsque nous la comparerons avec les données de fouilles stratigraphiques, dans une nouvelle étape des travaux. Nous nous concentrerons sur l'étude de l'architecture et des caractères généraux
d'implantation des sites. Le matériel de surface nous informera sur l'unité de la région étudiée, la nature de son occupation préhispanique et la posi
tion chronologique de celle-ci.
Pour l'architecture, nous présenterons, en détails, la nature des construc
tions, leur plan et leur distribution sur chacun des sites. Cette partie descriptive sera illustrée de nombreux plans, de tableaux et de photographies, nécessaires à sa compréhension, et qui viendront s'ajouter è une série de cartes sur la région.
Nous pourrons, de la sorte, conclure notre chapitre sur l'archéologie par une analyse de l'implantation préhispanique, de l'homogénéité des sites, de
leur position chronologique et des relations culturelles avec les régions voi
sines de la Sierra.
Sur la base de ce matériel de référence, nous préciserons l'orientation des campagnes ultérieures sur le terrain. Dans le futur, en effet, nous n'au
rons plus à explorer une région pratiquement inconnue mais à élargir l'acquis obtenu et le confronter aux données nouvel les.
Dans nos conclusions finales, nous comparerons la période moderne et
l'occupation préhispanique découverte et tenterons ainsi d'intégrer nos données dans une analyse générale. Nous espérons ainsi respecter un des attraits de
la région où, moins qu'ai Meurs encore, la recherche ne peut négliger arbi
trairement une des disciplines qui s'attache à comprendre l'évolution d'une popuIation.
CHAPITRE I
LE MILIEU NATUREL
Sut aea lieux [chemin entre Sta Tereaa et la Meaa del NayoTt d'où l'on aperçoit le Pacifique]j à prèa de 8,000 pieda au-deaaua du niveau de la mer^
tout était plojcide et tranquille; on n'entendait paa même un souffle de vent. Au bord du sommet^ sur le versant vers la mer^ se dressaient un prunier en fleurs... et quelques chênes. Dans toutes les direc
tions^ on voyait les pinèdes^ immenses et silencieu
ses y qui abritent les CoraSymais on ne distinguait pas la moindre trace de vie humaine. Tout paraissait sereiny pacifiquSy calme et tranquille. Comme
il serait délicieux de s’établir ici ! Ma vie se passerait dans un tel repos. Les Indiens m'aideraient à construire une cabane oùy uni à une de ces belles Coras y ... je :Vivrais sans que n’arrive jusqu'à moi les disputes et les agitations du monde... Quelle splendide occasion pour étudier ce peupley pour le connaître à fond et me familiariser avec toutes ses idées antiques et ses croyances. Je résoudrai
peut-être ainsi un des mystères qui voilent l'activi
té de l'entendement humain. MaiSy pour conquérir cette gloire y je devrais l'acquérir au prix de vivre de "tortillas"y de haricots et de "pinole"... je suis donc revenu à la réalité et j'ai poursuivi mon voyage.
(LUMHOLTZ, ed. 1945, t.l : 484)^
Un des aspects les plus remarquables de la Sierra del Nayar est sa beauté majestueuse. Sans doute, peut-iI paraître surprenant que nous commencions ce chapitre par un point apparemment secondaire, sinon futile. Pourtant, notre expérience sur le terrain nous amène à penser le contraire.
Certes, des archéologues qui s’échappent des villes pour suivre les sen
tiers dans les barrancas et gravir les sommets seront toujours surpris et émerveillés par un monde de grandeur et de silence. Nous pouvions penser que pour les paysans qui sont confrontés journellement aux innombrables obstacles
(I) Traduction de l'auteur.
7
du terrain, ce charme n’en est pas un. Or le plaisir sans cesse renouvelé de contempler la beauté des montagnes s'est maintes fois exprimé lors des conversations avec nos hôtes. Cette même attitude nous explique également, en grande partie, la présence presque automatique de sanctuaires sur les sommets les plus dégagés, dominant une vue Immense, et sur les bords des barrancas^'\ surplombant un vide vertigineux.
Lumhoitz note d'ailleurs que chaque point privilégié du paysage, chaque accident singulier du relief, chaque roche à la forme étrange ou même les simples, particularités d'un arbre revêtent pour les Hulcholes une valeur sacrée
C'est pourquoi, nous estimons que le caractère exceptionnellement tour
menté du paysage n'a pas nécessairement été considéré comme un obstacle acca
blant pour ses habitants, dans une morne lutte pour survivre. Il a également pu être apprécié comme un défi enivrant à relever. Ainsi les jeunes hui choies prennent-ils un plaisir sans mesure de leurs exploits de vitesse en traversant à pied carions et crêtes rocheuses.
Le refief tourmenté, qui est source de difficultés, est aussi la raison fondamentale de l'exceptionnelle variété de climats et de ressources natu
relles.
La satisfaction esthétique d'observer et d'admirer, le défi à relever et ces ressources toujours différentes, donnent une dimension particulière aux relations entre les habitants de la Sierra et la nature. Toute occupation de ces lieux austères, et leur défense acharnée sembleraient le fruit d'une obstination obtuse si nous n'en tenions pas compte. Or si nous ne trouvons pas ici le fl crissement artistique des grands centres cérémoniels, la relation harmonieuse et complexe avec une nature impossible à dompter, est sans doute un art qu'ont appliqué les cultures successives de la Sierra, avec succès.
Dans la région que nous avons prospectée, quatre sites occupent ces lieux privilégiés pour le dialogue entre l'homme et la nature. Deux d'entre eux sont des sanctuaires préhispaniques, le troisième appartient apparemment à l'époque coloniale et le quatrième témoigne de la persistance jusqu'à nos jours de l'harmonieuse intégration des Indiens à leur Sierra.
(i ) Nous employons le terme"barranca" pour les gorges les plus larges, les vallées encaissées entre deux falaises; le terme "caÏÏon" sera réservé pour les défilés étroits.
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DEL IMITATION DE L'AIRE
Pour tracer les limites de l'aire, nous avons tenté d'harmoniser les frontières naturelles et culturelles, qui ne coïncident pas toujours. La forme générale ainsi définie est triangulaire, avec la pointe vers le Sud.
A l'Est, la coupure est nette entre le bassin du Mezquitic-BoIaïïos et les hauteurs planes de Monte Escobedo, Colotlan et Teul de Gonzalez Ortega.
Elle marque la limite, en ligne continue, presque droite, depuis la hauteur de Huejuquilla el Alto jusqu'au rfo Grande de Santiago.
Au Sud-Ouest, la Sierra s'arrête à la barranca profonde du rfo Grande de Santiago, depuis sa confluence avec le Bolariios jusqu'à celle du Huaynamota.
Au Nord-Ouest, l'unité du réseau hydraulique est brisée car, pour englober le territoire Cora dans sa totalité, nous devons élargir notre frontière jusqu'à une partie du bassin du San Pedro, cours d'eau indépendant du rfo Grande de Santiago.
Au Nord, la situation est inversée, puisque les limites naturelles nous emmènent bien au-delà des tracés culturels. En effet, si nous considérons
le Jésus Maria et le Chapalagana jusqu'à leurs sources, nous devons remonter au Nord, pénétrant profondément dans l'état de Durango. Or, nous entrons alors dans le territoire des Tepehuanes. Ce groupe ethnique n'a pas de rela
tions historiques ou culturelles importantes avec les populations de la Sierra del Nayar. S'il est englobé dans le programme actuel de développement, mis en oeuvre par le gouvernement mexicain, le "Huicot", c'est en raison de simili
tudes circonstancielles : même importance de la population indienne, même isolement, même pauvreté, et richesses potentielles semblables en bois et en élevage. C'est pourquoi, afin de préserver l'unité culturelle de l'aire des recherches, la frontière Sud du territoire tepehuan marquera notre
limite septentrionale. Une ligne droite arbitraire part de là pour rejoindre la zone de Huejuquilla, actuellement métisse. Cette ligne est évidemment provisoire et sera définie au cours des travaux sur le terrain même et par
la poursuite de nos recherches historiques qui nous permettront peut-être de définir plus précisément cette frontière culturelle.
L'aire ainsi délimitée s'étend sur quatre Etats. La majeure partie se trouve en Jalisco et en Nayarit, mais, au Nord, des parties du Zacatecas et du Durango y sont incluses également.
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Le nom, "Sierra del Nayar" que nous lui avons donné,'nous permet,de, I a distinguer des divisions politiques actuelles. Nayar (ou Nayarit) est le nom d'une figure importante pour les Coras. Ce fut un personnage historique mais aussi une divinité dominante de leur panthéon. Nous en parlerons dans
la partie historique.
L'unité culturelle de la région que la mission se propose d'étudier, apparaîtra dans le chapitre suivant, consacré à son évolution historique.
Notons dès maintenant, qu'elle se base principalement sur deux des groupes ethniques qui la caractérisent de nos jours encore, les Huicholes et les Coras
CARTOGRAPHIE
Malgré son isolement, la région est bien fournie en documents cartogra
phiques de qualité. C'est, en effet, une des premières étudiées par le CETENAL (Centre d'Etude du Terri toire. NationaI) qui a entrepris récemment
l'étude complète du territoire mexicain.
La couverture de photos aériennes est complète. * Nous avons ainsi pu disposer de paires stéréoscopiques au 25.000ème pour une meilleure compréhen
sion du terrain.
Parmi la série de cartes que cette institution a dressées sur la base de ces photos, les relevés orohydrographiques, qui sont déjà publiés, nous ont été d'un secours inestimable pour nos recherches archéologiques. Leur échelle, au SO.OOOème, nous a permis d'y trouver les détails nécessaires et seules quelques erreurs, inévitables, ont été relevées.
A plus petites échelles, nous avons également disposé de cartes au SOO.OOOème et, surtout, la série publiée par le "Plan Lerma" (PLAT, 1971).
Nous présentons, en annexe, une série de cartes basées sur celles du CETENAL pour la zone prospectée et sur celles du PLAT pour l'ensemble de la région.
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HYDROGRAPHIE
Les principaux axes fluviaux de la Sierra appartiennent au réseau du Lerma-Santiago. Le Lerma commence son cours à l'Ouest de la capitale du pays, près de Toluca et se jette dans le lac de Chapala (à proximité de GuadaIajara). Il en ressort, appelé alors le Grande de Santiago. Après avoir longé le côté Sud-Ouest de la Sierra, il bifurque vers l'Ouest pour se déverser dans le Pacifique.
Le premier affIuent.qu'iI reçoit de la Sierra est le Mezquitic-Bolaïïos.
Celui-ci prend ses sources au Sud de Valparaiso, s'enfonce dans la vallée étroite de Mezquitic pour sillonner ensuite le profond caïïon de Bolaïïos. Il conflue dans le rio grande à l'endroit où ce fleuve atteint la pointe Sud de
la Sierra.
Le deuxième affluent rejoint le fleuve au moment où celui-ci abandonne la Sierra pour traverser la plaine côtière. Le Huaynamota naît de l'union de deux autres cours d'eau importants de la Sierra, le JésCîs-Marfa et le Chapa-
lagana. Comme le Mezquitic BolaÏÏos, ils courent du Nord vers le Sud, mais ils n'irriguent que la partie Nord de la Sierra. Tous deux prennent leurs sour
ces dans l'état de Durango. Le Chapalagana (ou Atenco) traverse la limite Nord de notre région, à la hauteur de San Juan Capistrano et de Huejuquilla e’ Alto. Au moment où il change de direction, vers l'Ouest, pour rejoindre le Jésûs-Marfa, il reçoit les eaux du Huajimic qui draine une grande partie des ruisseaux de la partie Sud de la Sierra.
Le Jésûs-Marfa entre dans la région à hauteur de Guazamota, provenant du territoire tepehuan.
Le San Pedro est indépendant des cours d'eau précédents. Une grande par
tie de son réseau s'étend au Nord de la Sierra. La partie de son coürs qui nous intéresse est celle qui traverse les terres des Coras. Ensuite, le fleuve change brusquement de direction, et, courant parallèlement au rfo Grande de Santiago, il termine sa course dans le Pacifique, un peu plus au Nord.
Le lit de ces cours d’eau, presque partout encaissé au fond de gorges sinueuses, est encombré d'un chaos de roches roulées. La navigation est
impossible. Seuls, par endroits, le Santiago ou le San Pedro permettent le trafic de canoés légers. Mais, même durant la saison sèche, lorsque la
vitesse des eaux est moindre, il faut une grande dextérité pour ne pas briser l'embarcation sur les roches des rapides. Durant la saison des pluies, la force torrentiel le des eaux qui charrient de nombreux débris d'arbres, rend
la navigation très périlleuse.
Bien qu'elles ne favorisent pas les communications, les voies d'eau ne constituent pas non plus des obstacles insurmontables. En saison sèche, les gués sont nombreux et aisés. Mais à l'arrivée des pluies, beaucoup d'entre eux deviennent dangereux et mêmes infranchissables durant toute la saison.
Comme aussi durant ces mois, l'état même des sentiers qui dévalent les pentes, décourage tout mouvement, la Sierra se paralyse.
En plus de ces cours d'eau principaux, d'autres moins importants gardent aussi un certain débit durant toute la saison sèche. C'est le cas, par
exemple, du Tenzompa - affluent du Chapalagana au Sud de Huejuquilla - où nous avons concentré nos premières recherches sur le terrain.
Cependant, la majeure partie des ramifications du réseau hydraulique est constituée par des torrents intermittents qui ne coulent que quelques heures, le temps d'une tornade, ou quelques mois, durant la saison des pluies.
Ceux qui persistent durant une partie de la saison sèche sont beaucoup plus rares.
RELIEF
Le réseau hydraulique épouse les accidents d'un relief exceptionnellement escarpé. Nous ne trouvons aucune plaine véritable. Seules les vallées de Huajimic et de Camotlén, dans la partie Sud de la Sierra, ou les hauts pla
teaux de Santa Teresa, au Nord Ouest, sont des étendues planes de quelque importance.
Tout le reste est une succession de ca?ions profonds et de sommets escarpés.
On passe ainsi, en quelques heures de marche, d'une altitude inférieure à 800 m, à plus de 2.000 m sur les hauteurs, et aux 3.000 m sur les points les plus élevés. Les principales crêtes montagneuses sont toutes dirigées Nord- Sud. Nous n'avons trouvé aucune publication géomorphologique qui aurait porté sur une étude particulière de la région, au relief tourmenté et spectaculaire.
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CLIMATS
Un relief aussi escarpé entraîne évidemment une variété considérable de climats. Cette mosaïque se trouve, de plus, accentuée, par les influences contrastées qui proviennent de l'extérieur : les alizées humides, de mai à octobre, venant du Pacifique et les vents secs soufflant du plateau central, à I'Est.
Nous disposons d'une étude spécialisée sur les climats qui affectent la région irriguée par le Lerma-Santiago (Jauregui, 1966). Néanmoins, elle ne s'est guère attardée sur cette partie méconnue du réseau. Le chercheur ne comptait qu'avec les données de huit stations climatiques, en fonction depuis peu de temps. De plus, il ne semble pas qu'il y ait eu un complément d'infor
mations prises sur le terrain même. Cette étude est, de ce fait, loin d'être définitive en ce qui concerne la Sierra et elle simplifie à l'extrême la situa
tion réel le.
Quatre cIimats sont reconnus. En général, le fond des barrancas connaît un climat tropical. Pour la station de BolaîTos, cependant, il est semi-aride, comme d'ailleurs dans la zone plus élevée de Huejuquilla el Alto, où se sont déroulées nos recherches. Les hauteurs bénéficient d'un climat tempéré chaud, avec des zones de tempéré froid sur les parties les plus élevées.
Les pluies se distribuent de juin à octobre, avec des maxima en juillet et en septembre. Durant le mois d'août, les précipitations connaissent une récession et peuvent, certaines années, se réduire à tel point qu'il dagit d'une petite saison sèche intercalée entre les pluies.
Nous n'avons trouvé citée nulle part une autre saison de pluies que nous avons pu expérimenter plusieurs fois. Il ne s'agit que d'une durée très courte, d'une à trois semaines, mais que les paysans attendent avec beaucoup d'intérêt. Ces pluies peuvent venir depuis décembre jusqu'en mars et sont très utiles pour reverdir les pâturages, au milieu de la saison sèche. Si elles sont inutiles aux cultures, efgênent parfois même la levée des récoltes, elles permettent au bétail de mieux soutenir la longue épreuve de la saison sèche.
En plus des vents dominants que nous avons cités, il faut noter le mou
vement perpétuel, anabatique et catabatique, qui ventile les barrancas. Le passage de cyclones sur la côte perturbe toute la région; les pluies alors peuvent durer plusieurs jours sans arrêt.
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La partie orientale, et en particulier la Nord-Orientale, sont les moins bien assurées contre les sécheresses. Nous avons pu constater directement,
les conséquences d'une saison des pluies insuffisante. Même sur les meilleu
res terres de la région où nous avons travaillé (Rincdn San Vicente), du trio classique maTs-haricot-calebasse, seul le maTs avait fournit une récolte
infime. Durant toute l'année, les autres aliments de base ont été un luxe qu'il fallait acheter à haut prix à l'extérieur. Plus à l'intérieur de la Sierra, l'année agricole n'avait pas été aussi éprouvante.
Toute la région cependant, quelle que soit l'altitude, peut être affectée par cette canicule d'août qui chaque année risque d'entraîner la perte des récoltes.
Une étude climatique détaillée n'est pas seulement nécessaire pour une P ianification rationnelle d'un développement futur de la région. Elle peut également aider à une connaissance plus approfondie de son évolution histori
que.
Depuis i'époque coloniale, l'économie de la région a été profondément bouleversée par l'introduction du bétail, bovin et caprin surtout. Le déboi
sement qui en résulte, aggravé par la pratique séculaire de la culture sur brûlis, a sans doute eu des répercussions notables dans les climats de la région, particulièrement dans la partie orientale plus sensible à des varia
tions mêmes légères de l'humidité au sol.
GEOLOGIE ET SOLS
En ce qui concerne la géologie et les sols, nous n'avons trouvé aucune publication consacrée à la région. Les seules informations précises nous sont fournies par le CETENAL. En plus de la couverture de photos aériennes et des cartes orohydrographiques, cette institution publie des séries, bien
tôt complètes, concernant•Ia géologie, la couverte végétale, les sols, les usages qu'il en est fait et les usages potentiels. Il s'agit là d'une base indispensable pour des études spécialisées. Mais personnellement, nous sommes évidemment incapables de confronter ces données avec la réalité sur
le terrain, de les corriger éventuellement et d'en tirer une définition détaillée des conditions naturelles qui se présentent à l'habitat humain.
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Les premières questions qui nous viennent à l'esprit et qui pourraient trouver une solution dans ces études, sont importantes pour pouvoir tracer
l'histoire de la région. Quelles possibilités sont offertes à l'agriculture pratiquée avec le bâton planteur ancestral, qu'emploient encore d'ailleurs très souvent les Indiens ? Quelle est l’importance du dé lavement du sol ?
Une carte détaillée des roches disponibles nous permettrait de connaître les sources d'approvisionnement de la lithique préhispanique et les possibles réseaux commerciaux.
Dès la première étape de nos travaux, nous avons rencontré la nécessité de connaître les ressources minières, sous forme de minerais natif en
surface - seule source exploitée à l'époque préhispanique -. C'est en effet par l'hypothèse d'une richesse en métaux précieux que nous tentons d'expliquer
la présence d'un des ensembles de sites que nous avons découverts (voir chapitre III).
Pour localiser les terres cultivables et en estimer leur valeur relative, nous nous sommes basés certes sur nos propres observations mais surtout, nous nous sommes confiés aux dires des cultivateurs des lieux. Sur ce point
d'ailleurs, les connaissances de notre guide nous ont été, une fois de plus, ü'une grande utilité.
FAUNE ET FLORE
Nous resterons dans le domaine des voeux pieux en ce qui concerne les études de la flore et de la faune. Et pourtant, le relief tourmenté, la mosaïque de climats, et la grande variété d'unités éco.logiques que cela
suppose, ont de quoi attirer l'intérêt des biologistes. Malheureusement, les seules informations disponibles sont incomplètes et accidentelles. Depuis
les chroniques anciennes comme celles de Arias y Saavedra (ed. 1898) ou de Ortage (ed. 1944), jusqu'aux monographies récentes publiées par l'I.N.I.
(Institut National d'indigénisme), les études se limitent, toutes, à des listes jamais systématiques, de plantes et d'animaux. A cet égard, les voca
bulaires publiés sont particulièrement utiles, comme par exemple celui de Diguet (1911),puisqu'iIs peuvent citer des espèces aujourd'hui disparues.
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Tous les auteurs sont évidemment frappés par l’extrême variété et les contrastes surprenants des différents milieux naturels. Ainsi, lorsque l’on descend au fond des barrancas, on trouve le guamuchil, le bambou, le figuier,
l’avocatier, le guayavo, le tamarindo, le chicozapote, le nanche, le zapote blanco, le bananier, le papayer, les citriques et la canne à sucre, pour ne citer que quelques-unes des plantes originaires ou implantées, directement utiIes à I’homme.
Lorsqu’on gravit les pentes de la montagne, le pitayo, le mezquite, le /
nopal, le chêne, et enfin, le pin, sont parmi bien d’autres, les plantes qui se succèdent selon l’altitude. Les pitayos qui couvrent le bas des versants, réservent aux habitants de la contrée des jours de fête durant le mois de mai.
Les fruits de ce cactus sont attendus avec plaisir et impatience car ils mûrissent à la fin de la saison sèche, lorsque le raccord entre les deux années'agricoles se fait difficilement. Le nopal, avec ses jeunes rameaux et ses fruits est également apprécié. Parfois, on en trouve plantés en vergers près des maisons. Le chêne, trapu, noueux et cassant, procure des branchages abondants pour les foyers. Le pin, de diverses espèces élancées, fournit du bon bois pour la construction.
Le sotol et le maguey sont des agaves mis à profit pour fabriquer des boissons alcoolisées. Ils étaient assez abondants autrefois pour que ces produits puissent non seulement animer les fêtes mais aussi être.vendus à l’extérieur (Arias y Saavedra, éd. 1898 : 9; Ortega, éd. 1944 :12). Mais ceci ne sont que des exemples parmi d’autres. En fait, l’éventail des plantes sylvéstres offre des ressources très variées. Malheureusement, nous sommes
loin d’avoir les connaissances d’un botaniste ou d’un paysan de la Sierra, pour pouvoir dresser ici le cadre un tant soit peu systématique du soutien qu'apporte la flore sylvestre à la population, de nos jours encore. Nos séjours sur le terrain, nous ont permis d’appréciser l’importance que lui attachent les paysans et de partager quelques-uns des plaisirs qu’elle offre pour égayer une vie austère.
En contraste avec le peu d’informations dont on dispose sur la flore en général et sur les ressources qu’eIIe offrait à la cueillette, activité certainement très importante autrefois, il existe une surabondance de réfé
rences à une plante particulière. Tous les auteurs qui traitent en détails
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ou superficiellement de la Sierra, la citent. Il s'agit évidemment du fameux peyote, cactus hallucinogène (Lophophora Williamsii; décrit dans
l'étude botanique de Dîguet, 1928). L'impossibilité de transplanter ce cactus dans la Sierra, les pèlerinages annuels pour en ramasser, très loin, à l'Est, dans l'Etat de San Luis Potosi (voir par exemple Di guet, 1907);
et l'importance de premier rang qu'elle a dans la vie des Indiens, nous ex
pliquent l'intérêt tout particulier que suscite le peyote. Certes, l'usage du peyote est très répandu puisqu'on le retrouve depuis les Tepehuanes jusqu'aux Indiens du Sud-Ouest des Etats-Unis. Mais le rôle exceptionnel qu'il Joue dans la vie des Huicholes, fait qu'on associe traditionnellement cette plante à ces habitants de la Sierra. Que ce soit pour blâmer les . oeuvres du démon (Arlegui, éd. 1851 : 144) ou par fascination pour les hallu- cigonènes (Benzi, 1972), les auteurs reflètent clairement les préoccupations de leurs temps. Aucun ne reste indifférent à cette plante.
La faune a connu des bouleversements considérables. Du moins, le suppo
sons-nous. Mais en l'absence d'informations précises sur la situation actuelle et l'ancienne, nous ne pouvons pas en mesurer l'importance, tant pour le milieu naturel que pour l'occupation humaine.
Il suffit de considérer l'importance rituelle du cerf dans la vie actuelle des Huicholes - le cerf forme, avec le peyote et le mats, la trilo
gie sacrée vitale - pour nous imaginer le rôle capital de la chasse, autrefois Dès l'arrivée des Espagnols au pied de la Sierra, un premier changement en profondeur s'est opéré, avec l'implantation du bétail. Avant même la conquête de la Sierra, ses habitants avaient compris tout l'intérêt des ani
maux qui accompagnaient Ieurs nouveaux voisins.
Mules ânes et chevaux furent rapidement adoptés pour le transport des marchandises; bovins, chèvres et moutons - ceux-ci dans une moindre mesure - entrèrent dans l'économie indienne. Sans parler des conséquences que ce
changement peut avoir eu dans l'organisation sociale, l'introduction des animaux domestiques allaient transformer aussi les relations des hommes avec
les espèces sauvages.
Le déboisement consécutif changeait peu à peu le paysage, bouleversant l'équilibre entre les territoires des diverses espèces. Les carnassiers allaient être combattus non seulement pour Ja défense personnelle mais aussi pour la sécurité du cheptel. Les nouveaux venus a II aient empiéter sur les
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pâturages, s'attaquer aux jeunes pousses, aux feuilles tendres. Le gibier allait devenir petit à petit plus rare.
Cette lente évolution a connu une accélération brutale dans les années '20 et '30. C'est alors, en effet, que les armes à feu de gros calibre se sont généralisées dans la Sierra. Les premiers troubles qui ont surgi avec
la révolution de 1910, se sont poursuivis durant la guerre des Cristeros de sorte que la Sierra n'a plus connu de paix véritable qu'à partir de la fin des années '30. Indiens et métis, pauvres ou riches, guérilieros, soldats réguliers ou "pacifiques", tout le monde a voulu s'armer.
Avec un tel arsenal, l'arc et la flèche, le filet ou les pièges devenaient bien dérisoires pour la chasse.
Des espèces de carnassiers furent complètement exterminées, comme le loup, ou devinrent très rares, comme le puma, le jaguar, le lynx. Ceci a sans doute favorisé l'essor de multiples espèces de rongeurs. De nos jours,
les cultures doivent être surveillées nuit et jours pour les protéger contre les blaireaux, les ratons laveurs, les techalotes et bien d'autres espèces.
Malgré ces précautions, le paysan peut voir sa récolte réduite de moitié à cause des déprédateurs. Autrefois, le problème n'était peut-être pas aussi aigu. Ce ne sont pas seulement à ces espèces que se sont attaqués les pay
sans, maintenant bien armés. Le gros gibier, le sanglier, mais surtout le cerf, est devenu très rare. C'est sans doute en grande partie le fait des métis pour lesquels le cerf n'a aucune signification sacrée. De nos jours,
la chasse au cerf peut mener très loin de sa communauté un huichol qui doit l'offrir pour quelque raison religieuse; les animaux domestiques sont de plus en plus souvent sacrifiés à sa place.
Le remplacement progressif du gibier par le bétail pourrait faire croire que de nos jours les paysans de la Sierra ont des sources plus abondantes, et mieux assurées, de protéines. Dans la pratique, il n'en est rien. Nous sommes même tentée de supposer l'inverse. En effet. Indiens ou métis, la grande majorité des gens est trop pauvre pour sacrifier une tête de bétai I à
la consommation familiale. La viande n'entre que très rarement dans le régime alimentaire, presque exclusivement à l'occasion des principales fêtes.
Le péril que représentaient certaines espèces comme les loups, est de nos jours un souvenir presque totalement effacé. On peut encore cependant faire quelques rencontres malheureuses. On pense évidemment tout d'abord
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aux scorpions. De tailles et de couleurs très diverses, ils semblent être tous réellement dangereux, surtout pour les enfants. Les gens sont intarissa
bles à ce sujet, car il est rare qu'au sein d'une famille, un des membres n'ait Jamais été piqué et la réaction de chacun est très diverses à cette désagréable expérience.
Le corail Mo et le crotal, deux serpents au venin partieuIièrement vio
lent, sont évidemment craints de tous mais les accidents sont beaucoup plus rares.
Une petite salamandre bleue, la "sa I amanquesca", est réputée pour son venin et partage la triste réputation de ces serpents. Mais elle semble très rare et l'on ne nous a jamais cité de cas de morsure. Bien plus abondantes, mais discrètes, les "capulinas", les "veuves noires", sont connues pour être des araignées peu commodes, nous n'avons rencontré toutefois aucune de leurs victimes.
Dans des cas d'urgence de ce genre, les métis sont beaucoup plus dépourvus que les Huicholes. Entre une invocation à une image miraculeuse et la simple aspirine, il essaie une gamme ample de remèdes, sans grand succès. Le chaman huichol, avec le peyote principalement, semble avoir des résultats plus satis
faisants. Les vaccins modernes commencent peu à peu à êtreappIiqués. Pour protéger les enfants en bas âge, plus sensibles à ces venins, l'espace devant
la maison est nettoyée des pierres et balayé régulièrement afin de faire place nette.
Une richesse naturelle qui ne semble pas avoir été épuisée, sont les eaux généreuses des principaIes ,rivières. On y trouve diverses espèces de poissons, des tortues, des écrevisses. La pratique de plus en plus courante de la dynamite ou du poison, risque pourtant de faire disparaître un jour cette ressource. Autrefois, on trouvait des caïmans dans le rio Grande de Santiago. Mais son souvenir même a dû s'effacer dans la mémoire des riverains.
Une dernière ressource de la montagne, à laquelle d'ailleurs nous n'avons pas non plus manqué de goûter, est le miel de certaines guêpes. Il figure dans la liste des produits que les Coras échangeaient sur la côte pour se procurer du sel (Arias y Saavedra, éd. 1899 : 13; Ortega, éd. 1944 : 12).
Il est certain qu'actueIIement, et autrefois plus encore, l'homme pouvait trouver dans la faune et la flore d'innombrables ressources pour se nourrir, se vêtir, se loger, se meubler, s'outiller, s'armer, se soigner, s'orner et se divertir. Sans doute aussi, a-t-il rencontré des dangers et des difficultés auxquels nous n'avons pas songé. Cependant, même si nous avions disposé des
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informations suffisantes pour dresser un tel tableau systématique, notre exposé serait resté encore incomplet. En effet, les habitants de la Sierra ne se sont sans doute pas limités à considérer uniquement ce qui pouvait
leur être utile ou néfaste. Ils ont aussi chercher à comprendre cet univers, à trouver leur place dans ce paysage spectaculaire et l'ont interpréter dans
leur mythe et dans leur religion.
Les communautés indiennes de la Sierra ont su préserver jalousement ce patrimoine culturel. Il appartient certes aux sciences humaines de comprendre
la logique profonde de leur interprétation du milieu naturel. Mais des études spécialisées dans ce domaine nous permettraient de la déchiffrer avec plus de précision.
ZONES ECOLOGIQUES
En l'absence de ces études spécialisées nécessaires, les publications ethnographiques ne manquent pas, en général, de rappeler les principales caractéristiques écologiques de la Sierra. Une de ces oeuvres s'attache particulièrement ce problème et nous présente avec plus de détails une- première sériation des zones qui, d'après nos expériences sur le terrain, nous semble proche de la réalité.
Il s'agit de l'étude de Weigand sur l'organisation sociale des Huicholes en relation avec l'agriculture. Nous pouvons élargir ses considérations
(1972 :7H4) à la région entière. Ce qui varie principalement alors c'est l'importance relative de chacune des cinq zones que cet auteur définit.
Au bord dès grands cours d'eau qui sillonnent la Sierra et sur le cours inférieur de leurs tributaires, soit à une altitude entre 700 et 900 m, les possibilités offertes varient évidemment selon la nature du profil des riviè
res. Lorsqu'il s'agit du fond encaissé d'un caTion, la zone est inhabitable.
Les chaleurs intenses en font de véritables étuves. Les moustiques, en nuages, laissent peser la menace du paludisme. Scorpions et serpents abondent et
rendent ces lieux peu amènes. Impropres à l'habitat et à l'agriculture, ces lieux ne sont pas sans intérêt puisqu'ils sont très propices à la chasse - les animaux peuvent s'y abreuver toute l'année - et è la pêche. Le Chapala- gana, sur la majeure partie de son cours, nous donne un bon exemple, d'un milieu de cette catégorie.
Mais les principaux cours d'eau coulent aussi par endroits, dans des vallées rric i ns . enca i ssées. Les rnêrries inconvénients y découragent I'habitat.
Cepe.ndcnt: sur les her'oes, nioins exiguës, on peut pratiquer I’agricu I ture.
Certes, les terres cultivables ne sont jamais très étendues et la qualité aes sois sablonneux est en gOiier-j! asses irédiocre. L'attrait pour le
paysan est l'huniidité permanente assurée par la proximité de l'eau. Or; peut ainsi y voir pousser des cultures moins assujetties aux caprices d'une saison des pluies. Parfois même, elles en sont compièrement iiidépendantes et se dérouieni drirant le saison sèche, grâce à cette humidité du soi.
cstr-e 900 ci î .uoo r,, i.-jc vci-eorils qui suruiombenl' les grandes riviér'es et je cours moyen de ioui's affiuonrs corist i'Ojont la deuxième zone. L'habitat y est rare car les inconvénients que i ' en éprouve en contrebas, persistent dans une certains masure. Les torros, eiieS; sont isirgement mises à profit pour ''aar'ieu !ture, La zone est pi us aride. La forte inclinaison des pentes et les tempér-aiures élevées fevorisenj' le nj j ssc M ament' torrent» si et Méva“
poration des eaux. La couverte végétale est de ce fait beaucoup plus sensi
ble aux variations et déficiences de la ;;aison des pluies.
Entre les i . 300 et 1.900 ni, on pénèlTe dans ce que Weigand appelle I‘"intrabarranca” au relief tourmenté. lO'est un enchevêtrement de petites barrancas où l'on iTouve cependant aussi ries cuvettes, des parties moins
inclinées. C'est la zone la plus habitée et cuiTivée.
Des chaleurs pics bénignes, un ■terrain par endroits moins abrupt, permettent une me i i ! eur'e pér.ÛTi'a'i'i rri des eaux de ijiuies, puisque i’év-sperat ion et le ru i SS3 ! I ement diiïéiijorO. évec celte augmerri'at ion de l'humidité, les récoites sont supérieures et cioins sujet^'cs s la sécher'ess-e qu'en corvtrebas. Néanmoins ci' pour les méines rrmaons, la ccuvar'l'c vécé'raie os+ évicemment aussi favorisée Le débo i sernen't et le net'toycye dos d'mrup'S exigent ce fs! i'i' un travail
plus cor;s i dér a :.î i s.
Au-dela des i.300 et 2..00c m, M afp'': eu ; tu*-e irad i't i onne I 1 e se voit
limitée par les gelées qui pouveiri sur'venir avant la fin du cycle des variétés de mats employées.
Au-rroiois, comisenca :‘I' sans drrjts ici [.m vaste torri-ioire de chasse, qui s'élcudnit Juovju'aux sommcl s les plus éirjvou.
Les quatrième et cinquième zones que WeigancJ distingue entre les 1.800 et 2.500 m, d'une part, et les 2,500 et 3.200 m,. se différencient essentielle
ment par leur climat tempéré - tempéré chaud dans la quatrième zone et tempéré froid dans la dernière -, et par l'é'lenoue des coi i Inès et des pla
teaux entrecoupés de ravins.
De Tios jours, le bétai i b rerîipiacé le grand gibier qui devîeni' extrêmement rare. Dans ia quatrième zone, on allume chaque année, en avril et en mai, de Qi'ands feux de prairies afin que les pçfu‘-ages reverdissent plus vigour'eux avec les pluies dç: juin. On peut aisoment imaoiner qu'une telle pratique a profondément bouleversé ia flore et !a faune.
La cinquième et dernière zone, ia meiriaure zone pour l'élevage puisqu'sl est pourvue de sources intarissables, a été en grande partie cédés de gré mais surtout, de force aux éleveurs métis,
LS tableau général que nous avons repris de Weigand, nous a permis de r'ôcap i-tü I er les caractères gênéreu.x du milieu qui s'offre à l'occupation humaine. Avant rriême de pouvoir disposer de ces recherches spécialisées qui font défaut, nous pouvons déjà estimer l'importance du paysage de.ia Sierra.
Plus qu'un décor impassible où se déroule son histoire, il en est certaine
ment un des acteurs principaux.
CHAPITRE II
PERIODE MODERNE, DU XVIe SIECLE A NOS JOURS
"Le massif montagneux découpé de profonds ravins formant te labyrinthe inextricable qui représente aujourd'hui le Nayarit, constitue une localité offrant par elle-même et par ses habi
tants un vaste champ pour les investigations scientifiques. Maintenue par les difficultés de pénétration dans un profond isolement... cette
localité a pu dans des sites abrupts^ conserver en grande partie^ malgré les événements^ ses anti
ques coutumesJ sa religion^ sa tradition^ au point d'offrirJ aujourd'hui encore, toute une série de matériaux dont l’étude approfondie pourra fournir un jour de précieux renseignements pour l'histoire et l'archéologie de certaines contrées du Mexique dont le passé est encore si peu connu.
(DIGUET, 1899:62)
A. LA. SITUATION ACTUELLE
Comme au temps de Léon Di guet et des autres voyageurs de la fin du siècle passé et du début du nôtre, la population indienne de la Sierra est encore proportionnellement importante, bien que depuis lors, les métis sem
blent être devenus plus nombreux et avoir élargi leur territoire.
Les Indiens appartiennent à quatre groupes différents. Les Tepecanos et les Mexicaneros sont aujourd'hui sur le point de disparaître pour se con
fondre avec leurs voisins. Les Huicholes et les Coras, au contraire, sont remarquables par la vigueur avec laquelle ils maintiennent leur identité culturel le.
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Les Tepecanos
Cari Lumhoitz a été le premier à visiter cette communauté indienne du caTion de BolaîTos (éd. 1945, Il : 122-124) Il fut suivi peu de temps après par Aleè Hrdiiïka (1903). Celui-ci s'est attardé plus de temps.parmi eux et
leur réserva une grande partie de son article. Mason, ensuite, fut le troi
sième à I es étud i er (19 13) . Les caractéristiques linguistiques de leur dia
lecte, certains aspects de leur vie matérielle et religieuse, sont décrits par ces auteurs. Appartenant à la même famille Pima que les Tepehuanes du Sud, leur langage ne présentait que des variations mineures. De même, ce qui subsistait, très fragmentai rement, de leur culture les rattachait à ce groupe ethnique qui vit au Nord de notre région.
Aujourd'hui, les Tepecanos et les Tepehuanes n'ont aucune frontière com
mune mais les nombreuses affinités laissent supposer que leur séparation est récente et ne remonte qæpeu de temps avant l'arrivée des Espagnols.
De nos jours, les Tepecanos ont virtuellement disparu. Dans leur ultime réduit d'Azqueltén, leur langue même tend à s'oublier (Riley, 1969:814). Leur culture s'est confondue avec celle de leurs voisins métis. Azqueltén est main
tenant considéré comme un village métis (PLAT, 1971:147).
L'ethnographie ne peut donc nous fournir qu'une image très partielle des Tepecanos, puisqu'ils avaient déjà perdu presque la totalité de leur territoire
lorsqu'ils furent l'objet de ces études. Ceci, évidemment, ne facilitera guère les comparaisons que l'on pourrait établir avec les sites archéologiques de leur ancien territoire.
Nous reparlerons de ce groupe lors de notre exposé historique.
Notons cependant, que les données ethnographiques nous permettent de supposer que les Tepecanos reliaient culturellement la Sierra avec une ethnie plus au Nord.
Rappelons, à ce sujet, que la frontière Nord de notre région est délicate à tracer, d'autant plus lorsqu'il s'agit d'une limite culturelle, toujours fluctuante. Durant l'époque coloniale, les Tepecanos ont vu leur destin
(1) Nous citons dans notre étude, l'édition espagnole de 1945, qui nous a été le plus accessible. Elle est identique à la première de 1904, qui a été faite de l'oeuvre originale en anglais de 1902.
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étroitement lié à celui des Huicholes et des Coras. Ils furent un des ac
teurs importants de l'histoire de la Sierra. Mais, comme nous le verrons, ils étaient aux premiers rangs pour subir l'impact du développement minier du carion de Bolarios. Nous reparlerons d'eux également lorsque nous aborde
rons le problème de la filiation avec les occupants de la Sierra à l'époque préhispanique.
Les Mexicaneros
Les Mexicaneros sont encore pratiquement inconnus actuellement.
Lumhol tz(éd1945:461-468) les distingua clairement de leurs voisins Tepehuanes et Coras, lorsqu'il passa par leur territoire. Avec Preuss (1912) ensuite,
ils sont restés les seuls à nous donner les détails sur certaines croyances et rites anciens.
Aujourd'hui, les Mexicaneros occupent deux enclaves au Nord de la commu
nauté cora de Santa Teresa : San Buena Ventura et San Pedro Xicoras. Leur nombre est extrêmement réduit, de 300 à 400 individus, selon les chiffres donnés par le PLAT (1971:169).
Lumhoitz les appellent les "mexicanos" ou, les "aztecas". Il note que les vieux seulement parlent encore bien leur langue mais que la religion est profondément influencée par celle des voisins Tepehuanes. Conrad Preuss a réuni, par la suite, des informations sur ce groupe nahua. Depuis, aucun chercheur ne leur a consacré une étude. Leur isolement extrême et leur nombre très réduit, ont sans doute découragé les chercheurs. D'autant plus, que dans leur voisinage, les Coras et les Huicholes offrent encore de nombreux aspects de leur culture à élucider.
Pour les époques antérieures, nous n'avons pas retrouvé de références sur ce groupe. Nous nous contenterons donc de noter sa présence dans l'espoir que des recherches futures viendront un jour le situer dans l'évolution de
la Sierra.
En fait, les groupes qui dominent aujourd'hui la scène sont les Coras et les Huicholes, sans compter bien sûr les métis. Ces derniers, bien qu'ils ne puissent évidemment nous éclairer directement sur l'histoire ancienne de
la région, peuvent néanmoins nous aidera mieux saisir le caractère spécifique de la culture huichole et cora, puisqu'ils partagent avec ces Indiens les mêmes conditions géographiques et économiques.
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Les Coras et les Huicholes
L’ethnographie des Coras et des Huicholes est l’aspect le plus étudié de la Sierra. Les études dans ce domaine sont encore loin d’être complètes mais, en comparaison avec celles très rares consacrées à son histoire, son archéologie ou son milieu naturel, elles marquent un progrès considérable.
Il peut êtreutilede faire l’historique de ces recherches. Elles ont en effet étroitement dépendu de circonstances qu’il est intéressant de noter.
Les pionniers qui ont défriché les premiers ce terrain, sont au nombre de trois : Lumhoitz, Diguet et Preuss. Leurs explorations se situent à une époque où la Sierra a connu une certaine tranquillité, entre deux époques marquées par des affrontements tragiques : la révolte de Lozada qui s’achève en 1874 (Meyer, 1969) et la révolution de 1910. En fait, si durant ces années, les armes sont enterrées, si la vie normale reprend son cours, les
luttes sourdes se poursuivent. Les Indiens conservaient leurs craintes de perdre leurs terres. On pouvait cependant circuler sans danger dans la région et Cari Lumhoitz est le premier chercheur à y pénétrer en 1895.
Le récit de ses séjours successifs et prolongés chez les Coras et les Huicholes (1902) est un Journal de voyage des plus plaisants à lire. Il fournit des informations dans des domaines très divers, bien que l’auteur se soit intéressé surtout à l’ethnographie. Ce pionnier est un exemple des esprits à la curiosité encyclopédique de cette époque. Ses autres publications se consacrent plus particulièrement aux Huicholes, à leur art et à leur vie rituelle. C’est d’ailleurs le groupe de la Sierra Madré Occidentale avec
lequel il a le plus longtemps vécu, partageant avec eux leurs conditions de vie.
AIeg Hrdiitka est le deuxième explorateur envoyé par le Musée d’Histoire Naturelle de New York. Mais ses randonnées l’ont porté exclusivement dans la partie orientale de la Sierra. Nous avons cité son étude concernant les Tepecanos; nous reparlerons de lui lorsque nous présenterons ceux qui nous ont précédé dans la recherche archéologique.
Léon Diguet est un autre de ces esprits curieux. Son séjour dans le Nayarit s’inscrit dans une série d’autres voyages qui l’ont mené aux quatre coins du pays, étudiant indifféremment les plantes ou les hommes.