• Aucun résultat trouvé

Disponible à / Available at permalink :

N/A
N/A
Protected

Academic year: 2021

Partager "Disponible à / Available at permalink :"

Copied!
266
0
0

Texte intégral

(1)

- - -

- - -

Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Evinck, S. (1997). Production de la parole en français: investigation des unités impliquées dans l'encodage phonologique des mots (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des Sciences psychologiques et de l'éducation, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/212100/2/d708b015-496f-477e-be5a-5aacb2147948.txt

(English version below)

Cette thèse de doctorat a été numérisée par l’Université libre de Bruxelles. L’auteur qui s’opposerait à sa mise en ligne dans DI-fusion est invité à prendre contact avec l’Université ([email protected]).

Dans le cas où une version électronique native de la thèse existe, l’Université ne peut garantir que la présente version numérisée soit identique à la version électronique native, ni qu’elle soit la version officielle définitive de la thèse.

DI-fusion, le Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles, recueille la production scientifique de l’Université, mise à disposition en libre accès autant que possible. Les œuvres accessibles dans DI-fusion sont protégées par la législation belge relative aux droits d'auteur et aux droits voisins. Toute personne peut, sans avoir à demander l’autorisation de l’auteur ou de l’ayant-droit, à des fins d’usage privé ou à des fins d’illustration de l’enseignement ou de recherche scientifique, dans la mesure justifiée par le but non lucratif poursuivi, lire, télécharger ou reproduire sur papier ou sur tout autre support, les articles ou des fragments d’autres œuvres, disponibles dans DI-fusion, pour autant que :

Le nom des auteurs, le titre et la référence bibliographique complète soient cités;

L’identifiant unique attribué aux métadonnées dans DI-fusion (permalink) soit indiqué;

Le contenu ne soit pas modifié.

L’œuvre ne peut être stockée dans une autre base de données dans le but d’y donner accès ; l’identifiant unique (permalink) indiqué ci-dessus doit toujours être utilisé pour donner accès à l’œuvre. Toute autre utilisation non mentionnée ci-dessus nécessite l’autorisation de l’auteur de l’œuvre ou de l’ayant droit.

--- English Version ---

This Ph.D. thesis has been digitized by Université libre de Bruxelles. The author who would disagree on its online availability in DI-fusion is invited to contact the University ([email protected]).

If a native electronic version of the thesis exists, the University can guarantee neither that the present digitized version is identical to the native electronic version, nor that it is the definitive official version of the thesis.

DI-fusion is the Institutional Repository of Université libre de Bruxelles; it collects the research output of the University, available on open access as much as possible. The works included in DI-fusion are protected by the Belgian legislation relating to authors’ rights and neighbouring rights.

Any user may, without prior permission from the authors or copyright owners, for private usage or for educational or scientific research purposes, to the extent justified by the non-profit activity, read, download or reproduce on paper or on any other media, the articles or fragments of other works, available in DI-fusion, provided:

The authors, title and full bibliographic details are credited in any copy;

The unique identifier (permalink) for the original metadata page in DI-fusion is indicated;

The content is not changed in any way.

It is not permitted to store the work in another database in order to provide access to it; the unique identifier (permalink) indicated above must always be used to provide access to the work. Any other use not mentioned above requires the authors’ or copyright owners’ permission.

(2)

« PRODUCTION DE LA PAROLE EN FRANÇAIS : INVESTIGATION DES UNITES IMPLIQUEES DANS

L’ENCODAGE PHONOLOGIQUE DES MOTS ».

Volume II : Contribution Expérimentale.

par Sylvie Evinck.

Thèse présentée sous la direction de Monsieur le Professeur José

Junça de Morais en vue de l’obtention du grade de

Docteur en Sciences Psychologiques.

Université Libre de Bruxelles.

Décembre 1997.

Lue et approuvée par Monsieur le Professeur José Morais.

Promoteur de thèse.

Salengros P.

Sébastian N.

Content A.

Cleeremans A.

Demolin D.

(3)

« PRODUCTION DE LA PAROLE EN FRANÇAIS : INVESTIGATION DES UNITES IMPLIQUEES DANS

L’ENCODAGE PHONOLOGIQUE DES MOTS ».

Volume II : Contribution Expérimentale.

par Sylvie Evinck.

Thèse présentée sous la direction de Monsieur le Professeur José

Junça de Morais en vue de l’obtention du grade de

Docteur en Sciences Psychologiques.

Université Libre de Bruxelles.

Décembre 1997.

Lue et approuvée par Monsieur le Professeur José Morais.

Promoteur de thèse.

Salengros P.

Sébastian N.

Content A.

Cleeremans A.

Demolin D.

/ 2 ^

(4)

Table des matières

Volume II: Contribution Expérimentale.

* Chapitre premier; technique de préparation. p.l.

Introdution. pl-

1.1. Expérience 1. P-4.

1.1.1. Introduction. P-4.

1.1.2. Méthode. P-8.

1.1.3. Résultats. P- 12.

1.1.4. Discussion. P-17.

1.2. Expérience 2. P-21.

1.2.1. Introduction. P-21.

1.2.2. Méthode. P-22.

1.2.3. Résultats. P-23.

1.2.4. Discussion. P-26.

1.3. Expérience 3. p.30.

1:3.1. Introduction. P-30.

1.3.2. Méthode. p.31.

1.3.3. Résultats. P-33.

1.3.4. Discussion. p.35.

1.4. Expérience 4. p.39.

1.4.1. Introduction. P-39.

1.4.2. Méthode. P-40.

1.4.3. Résultats. P-43.

1.4.4. Discussion. p.51.

1.5. Discussion générale. P-56.

Annexes P-65.

* Chapitre deuxième: tâche d’amorçage implicite. p.79.

Introduction. p.79

2.1. Situation “standard”. P-82

2.1.1 Introduction. p.82.

2.1.2. Méthode. p-83.

2.1.3. Résultats. P-88.

2.2. Expérience 1. P-91.

2.2.1. Introduction. p-91.

2.2.2. Méthode. p.92.

(5)

2.2.4. Discussion. p.94.

2.3. Expérience 2 à 5. p.95.

2.3.1. Introduction. p.95.

2.3.2. Expérience 2. p.97.

2.3.2.1. Méthode. p.97.

2.3.2.2. Résultats. p.97.

2.3.3. Expérience 3. p.lOl.

2.3.3.1. Méthode. p.lOl.

2.3.3.2. Résultats. p.lOl.

2.3.4. Expérience 4. p.l03.

2.3.4.1. Méthode. p.l03.

2.3.4.2. Résultats. p.l03.

2.3.5. Expérience 5. V O

2.3.5.1. Méthode. p.l05.

2.3.5.2. Résultats. p.l05.

2.3.6. Discussion. p.l07.

2.4. Expérience 6 et 7. p.ll3.

2.4.1. Introduction. p.ll3.

2.4.2. Expérience 6. p.ll4.

2.4.2.1. Méthode. p.ll4.

2.4.2.2. Résultats. p.ll4.

2.4.3. Expérience 7. p.ll6.

2.4.3.1. Méthode. p.ll6.

2.4.3.2. Résultats. p.ll6.

2.4.4. Discussion. p.ll8.

2.5. Expérience 8. p.ll9.

2.5.1. Introduction. p.ll9.

2.5.2. Méthode. p.ll9.

2.5.3. Résultats. p.l20.

2.5.4. Discussion. p.l22.

2.6. Expérience 9. p.l23.

2.6.1. Introduction. p.l23.

2.6.2. Méthode. p.l24.

2.6.3. Résultats. p.l24.

2.6.4. Discussion. P-126.

2.7. Expérience 10 et 11. p.127.

2.7.1. Introduction. p.l27.

2.7.2. Expérience 10. p.l28.

2.7.2.1. Méthode. p.l28.

2.7.2.2. Résultats. p.l28.

2.7.3. Expérience 11. p.l30.

(6)

2.7.3.2. Résultats. , p.l30.

2.7.4. Discussion. p.l33.

2.8. Expérience 12. p.l34.

2.8.1. Introduction. p.l34.

2.8.2. Méthode. p.l35.

2.8.3. Résultats. p.l35.

2.8.4. Discussion. p.l37.

2.9. Discussion générale. p.l38.

Figures 2 à 4. p.l53.

Annexes. P-156.

* Chapitre troisième; tâche d’amorçage masqué.

3.1. Introduction. p.l93.

3.2. Expérience 1. p.l96.

.2.1. Introduction. p. 196.

.2.2. Méthode. p.l96.

3.2.3. Résultats. p.200.

3.2.4. Discussion. p.202.

3.3. Expérience 2. p.204.

3.3.1. Introduction. p.204.

3.3.2. Méthode. p.205.

3.3.3. Résultats. p.206.

3.3.4. Discussion. p.208.

3.4. Discussion générale. p.209.

Annexes. p.213.

* Chapitre quatrième; Discussion générale et conclusion. p.215.

Annexes. p.240.

Références bibliographiques. p.243.

(7)

Chapitre Premier.

Technique de Préparation.

Introduction.

Le but de notre recherche consistait à mettre en évidence les unités de traitement qui sont impliquées dans la phase d’encodage phonologique des mots en Français. En particulier, étant donné les résultats observés en perception de la parole en Français (e.a. Mehler et al., 1981; Kolinsky et al., 1995) et vu la structure de cette langue, nous avons tenté d’investiguer plus spécifiquement le rôle de cette unité.

En ce qui concerne le choix du paradigme expérimental, nous avons décidé d'appliquer le principe de base de la technique de préparation suggérée par O'Seagdha & Dell (1991a et b, 1992), tout en l'adaptant à nos motivations. En effet, cette technique nous semblait intéressante dans la mesure où elle nous permettrait d’investiguer le rôle de la syllabe dans l’encodage phonologique des mots en distinguant les aspects structuraux des aspects de composition segmentale. Nous pourrions donc ainsi distinguer le rôle éventuel de la syllabe en tant que structure et en tant qu’unité phonologique.

Dans la situation originale développée par O'Seagdha & Dell (fig.l), une paire de

mots (paire "verticale", c'est-à-dire un mot en position supérieure et l'autre en position

inférieure) était présentée sur un écran durant 1500 msec. La paire disparaissait

ensuite et laissait place à un intervalle blanc durant 1000 msec. Après cette "pause",

une flèche était exposée à l’écran durant 1000 msec, indiquant la position d'un des

mots de la paire présentée antérieurement. La tâche du sujet consistait à se préparer à

(8)

1500 msec 1000 msec 1000 msec max. 3000 msec

I I

chronomètre réponse du sujet

Fig. 1. Technique de préparation développée par O’Seagdha & Dell (1992).

(9)

(appelé amorce alternative). Après cette phase de préparation de 1000 msec, la flèche disparaissait, et on avait alors deux possibilités. Dans deux tiers des essais, une astérisque était présentée, invitant le sujet à produire le plus vite possible le mot préparé. Dans le tiers restant, un mot cible apparaissait, que le sujet devait prononcer (toujours le plus rapidement possible) à la place du mot préparé. Cette cible était soit liée à l'amorce implicite ou à l'amorce alternative, soit non liée aux mots de la paire.

Dans une expérience, O’Seagdha & Dell avaient manipulé le lien sémantique unissant l’amorce et la cible (ex: “rat-chien”). Dans une autre, c’est le lien phonologique que les auteurs avaient manipulé (ex: “bateau-balai”).

O'Seagdha & Dell observèrent un effet inhibiteur sur les latences de production des cibles lorsque le lien manipulé était de type phonologique, mais pas lorsqu'il était de type sémantique. En outre, il n'y avait pas d'effet de lien "amorce alternative-cible"

que les cibles soient liées sémantiquement ou phonologiquement à cette amorce, ce qui indique que l'effet observé était bien un effet de préparation, et pas un effet de simple exposition aux mots.

Les principales conclusions issues de cette recherche sont les suivantes:

- D'une part, O'Seagdha & Dell ont interprété l'inhibition phonologique comme résultant d'une compétition entre les segments phonologiques non concordants du mot préparé (l'amorce) et du mot présenté (la cible). En fait, en planifiant la production de la cible, les sujets seraient influencés par sa "similarité" avec l'amorce.

Spécifiquement, il y aurait plus de chances que les segments de l'amorce soient

insérés dans le plan phonologique de la cible lorsque les deux mots entretiennent un

lien phonologique. Donc, toute ressemblance entre les plans de production des mots

activés augmenterait les chances de voir les segments discordants se "déplacer" d'un

(10)

et entraînerait un coût au niveau des latences de dénomination ou de toute autre réponse qui dépend de la représentation phonologique de la cible (cf. Bock, 1987).

Par contre, on n'observerait pas d'effet inhibiteur lorsque la cible et l’amorce n'entretieiment pas de lien phonologique, car, dans ce cas là, il n'y a pas de compétition entre les segments du mot à préparer et ceux du mot présenté (puisque tous les segments des deux mots sont différents).

- D'autre part, O'Seagdha & Dell ont interprété l'absence d'effet sémantique tardif

comme reflétant un niveau d'activation sémantique nul ou négligeable dans les phases

tardives (lors de l'encodage phonologique des mots) des mécanismes de production de

mots seuls.

(11)

1.1. Expérience 1.

1.1.1 Introduction.

Comme nous l'avons déjà spécifié, le but de notre recherche visait à mettre en évidence les unités de traitement intervenant durant l’encodage phonologique des mots en Français. En particulier, notre but lors de cette première approche consistait à vérifier l’idée que l'encodage phonologique du Français se fait (séquentiellement ou en parallèle) par "paquets syllabiques", c’est-à-dire que l'encodage phonologique passerait par une phase de décomposition de la structure de surface en une trame de type syllabique (trame dont les encoches syllabiques seraient ultérieurement remplies par des unités infi'a-syllabiques) et, dès lors, que la syllabe correspondrait bien à l'unité de base de cet encodage.

Nous avons donc décidé de manipuler le lien (similitude versus différence) existant au

niveau de la première syllabe (segments et structure) de paires de stimuli par le biais

de la technique de préparation. En d’autres termes, nous avons comparé les latences

de dénomination pour des paires de stimuli qui partageaient la première syllabe

(identité phonologique et structurale) (ex: ca/rafe-ca/rotte), des paires de stimuli qui

étaient liés phonologiquement mais ne possédaient pas la même structure syllabique

(identité phonologique mais pas structurale) (ex: car/touche-ca/rotte), des paires de

stimuli qui possédaient la même structure syllabique mais pas de segments

phonologiques communs (identité structurale mais pas phonologique) (ex: pe/luche-

ca/rotte) et des paires de stimuli qui n’entretenaient aucun lien (pas de similitude, ni

phonologique, ni structurale) (ex: pis/tache-ca/rotte).

(12)

Prédictions.

Sur base des résultats empiriques observés jusqu'à présent, deux conceptions étaient susceptibles de conditionner nos hypothèses (fig.2):

- D’après la conception "d'édition" de planification de la parole (Rosenbaum, 1987;

Rosenbaum & al. 1984), on peut bénéficier, lors de l'élaboration d'un nouveau plan de parole, des “parties” qui étaient déjà présentes dans un plan préalable. Selon cette perspective, un plan est un schéma avec des variables auxquelles sont attribuées des valeurs. Par exemple, dans "lac", les variables et leurs valeurs respectives sont Ci (consonne initiale)=/l/, V (voyelle)=/a/ et Cf (consonne finale)=/c/. Si le mot suivant reprend certaines assignations de ce plan, alors une partie du plan peut être réutilisée.

Ainsi, par exemple, si immédiatement après le mot “lac”, on nous demande de produire le mot "sac" pour lequel Ci=/s/, V=/a/ et Cf=/c/, le /a/ et le /c/ bénéficient du fait qu’ils sont également présents dans “lac” Cette conception prédit donc un bénéfice pour la répétition d'attribution de valeurs pour des variables utilisées dans le plan.

Selon cette optique, et en faisant l’hypothèse de l'existence d'un plan de production dont la trame serait de structure syllabique, nous pouvions prédire une facilitation au niveau des latences de production pour les essais phonologiquement liés et de même structure syllabique par rapport aux essais non liés. En effet, dans le premier cas uniquement, les assignations de la première syllabe sont identiques (ex: pour "carotte- carafe", Ci=/c/ et V=/a/ dans les deux cas) et peuvent donc être réutilisées pour la production de la cible. En outre, cette facilitation ne serait pas observée pour les essais phonologiquement liés mais de structure syllabique différente où les assignations de la première syllabe sont différentes (ex: "carotte-carpette": pour

"carotte", Ci=/k/, V= /a/ et pour "carpette", Ci=/k/, V=/a/, Cf=/r/).

(13)

Edition de la planification de la parole.

EX: «LAC» «SAC»

Ci = /1/ Ci = /s/

V = /a/ V = /a/

Cf=/k/ Cf=/k/ J facilitation.

Compétition phonologique.

EX: «LAC» «SAC»

compétition.

niveau lexical.

niveau phonologique.

Fig.£. Modèles de la planification à la base de nos prédictions.

(14)

- L’autre conception est celle du modèle de "compétition phonologique" (O'Seagdha

& Dell, 1992; Peterson, 1991; Peterson & al. 1989). La structure du modèle consiste en un réseau de noeuds, correspondant aux mots et aux phonèmes, reliés entre eux.

Lorsqu'on doit produire un mot, son noeud est activé et l'activation se répand vers les noeuds des composants sonores du mot, les phonèmes. Chaque phonème de la langue est représenté par un noeud unique et, ainsi, les mots qui partagent un ou plusieurs phonèmes sont connectés au(x) même(s) noeud(s) phonémique(s). L'activation se répand de façon bidirectionnelle (du niveau "mot" vers le niveau "phonème" et inversément) et, donc, un mot cible activé envoie indirectement de l'activation, par le biais de ses noeuds phonémiques, vers les autres mots qui partagent des phonèmes avec lui, mots qui envoient à leur tour de l'activation vers leurs propres composants.

Les phonèmes les plus activés sont sélectionnés et insérés dans les encoches d'une

trame phonologique, ce qui termine le plan de production. Donc, la répétition d'un

mot complet est bénéfique (les segments phonologiques de ce mot sont plus

rapidement sélectionnés, leur niveau d'activation résiduelle étant plus élevé, étant

donné leur "utilisation" antérieure), mais la répétition de parties de mots ralentit la

production de ces mots par rapport au cas où les mots sont totalement différents,

lorsque les mots en question sont fréquents où viennent d'être utilisés. En effet, la

répétition de mots qui possèdent des segments communs provoque l'activation des

segments qui sont communs à ces mots, mais également des segments qui ne sont pas

communs à ces mots. Les segments "discordants" activés entrent alors en compétition

lors de la phase de sélection des segments les plus activés et de leur insertion dans la

trame phonologique du mot à produire, ce qui provoque un coût au niveau des

latences de production (ex; si on a présenté "lac" avant "sac", on a une activation des

phonèmes de "sac" qui envoient de l'activation vers le noeud "lac", noeud qui est plus

facilement activé vu son usage récent; le phonème /!/ reçoit donc de l'activation et

entre en compétition avec le phonème /s/ pour occuper la position initiale dans le

mot). En bref, selon l'optique de compétition phonologique, un "indiçage" du plan de

production dû à l'existence de phonèmes communs pour deux mots donne lieu à une

(15)

compétition entre les phonèmes discordants et ralentit l'encodage phonologique du mot à produire.

Selon cette perspective, et dans l'idée d'un encodage de type syllabique, nous nous attendions à observer une inhibition sur les latences de production pour les items liés (ayant donc des phonèmes communs) par rapport aux items non liés (ne partageant aucun phonème) et, plus particulièrement, lorsque les phonèmes discordants correspondent exactement à la deuxième syllabe de l'amorce et de la cible à produire car, si nous supposons que l'encodage se fait par paquets syllabiques, nous nous attendons à observer une compétition entre les syllabes qui ne sont pas communes aux deux mots.

En résumé, nos prédictions étaient les suivantes:

- Nous nous attendions à observer un effet soit de facilitation, soit d'inhibition (selon la conception de la planification) pour les paires "amorce-cible" qui entretiennent un lien phonologique par rapport à celles qui n'entretiennent pas ce lien.

- En outre, si nous supposons que durant l'encodage phonologique il y a élaboration

d'une trame de type syllabique, cet effet devrait être plus important pour les paires de

stimuli qui entretiennent un lien phonologique et possèdent la même structure

syllabique (donc celles dont la première syllabe est identique: "cv,-/cv,-" et "cvc,-

/cvc,-") que pour les paires qui entretiennent un lien phonologique mais dont la

structure syllabique ne "coïncide" pas (donc, les paires de type "cv,-/cvc,-" et "cvc,-

/cv,-").

(16)

1.1.2. Méthode.

Choix des stimuli.

Nous avons construit des séries d'essais de la façon suivante (voir annexe 1):

- Pour chaque série de stimuli, nous avons choisi deux cibles bisyllabiques, dont la suite segmentale (trois premiers segments) était identique, mais dont la structure syllabique différait (ex: ca/rotte- car/pette). Nous avons contrôlé la longueur des stimuli (concordance de la structure des deuxièmes syllabes des mots, les paires étant soit de type cv/cvc-cvc/cvc, soit de type cv/cv-cvc/cv).

- A ces deux cibles nous avons associé une série de quatre amorces qui répondaient aux critères indiqués ci-dessous:

- Deux amorces étaient phonologiquement liées (c’est-à-dire qu'elles partageaient les trois premiers segments) aux cibles, les deux autres étaient non liées à ces dernières.

- Parmi les deux amorces liées, l'une était de type cv,- (ex: “ca/rafe”) l'autre était de type cvc,- (ex: “car/touche”). Donc, chacune de ces amorces était syllabiquement concordante avec une des deux cibles, mais pas avec l'autre (ex: “ca/rafe-ca/rotte”

versus “car/touche-ca/rotte” et “car/touche-car/pette” versus “ca/rafe-car/pette”). Par contre, sur le plan phonologique le lien entre les deux amorces et les deux cibles était constant (concordance des trois premiers segments; ex: /car/).

- En ce qui concerne les deux amorces non liées, nous avons choisi chaque fois une amorce cv,- (ex: “pe/luche”) et une amorce cvc,- (ex: “pis/tache”). Donc, là aussi, la structure syllabique des deux amorces était concordante avec celle d'une des deux cibles, mais pas avec celle de l'autre cible (ex: “pe/luche-ca/rotte” versus “pis/tache- ca/rotte” et “pis/tache-car/pette” versus “pe/luche-car/pette”).

Par contre, nous avons choisi ces deux amorces de façon à ce qu'aucun de leurs segments phonologiques ne soient communs avec ceux des cibles.

Nous avons donc construit sept séries de stimuli (cf annexe 1) respectant les critères

précités. Il y avait 3 blocs expérimentaux chacun constitué de 2 séries de stimuli. Les

(17)

consonnes initiales de ces deux séries étaient de catégories phonétiques différentes, afin d'éviter que le sujet puisse "préparer" la position de ses organes articulatoires pour tous les essais d'un bloc). La série restante a servi pour le bloc d'entraînement.

En ce qui concerne la composition de chaque bloc, nous avions seize essais négatifs (huit par série, dont quatre liés phonologiquement et quatre non liés) et deux fois plus d'essais positifs, c'est-à-dire trente deux. Donc, au total, chaque bloc comportait quarante-huit essais (vingt-quatre par série), et l'expérience globale en comportait cent quarante-quatre (auxquels nous avons rajouté le bloc d'entraînement comportant vingt-quatre essais).

Au sein de chaque bloc, nous avons effectué un mélange pseudo-aléatoire des essais.

Notre situation expérimentale était la suivante (fig. 3):

1) Présentation au centre de l’écran d'une amorce (sous forme de dessin, voir explication ci-dessous) durant 1500 msec.

2) Phase de préparation de cette amorce (avec un point de fixation au centre de l'écran pour "focaliser" l'attention du sujet) durant 1000 msec.

3) Présentation d'une cible (également sous forme de dessin) correspondant à l'amorce (2/3 des cas) ou à un stimulus interfèrent (phonologiquement lié ou non à l'amorce) (1/3 des cas), cible dont le sujet devait produire le nom le plus vite possible. Si le sujet ne fournissait pas la réponse endéans 3000 msec, le stimulus disparaissait de l’écran.

4) Intervalle “blanc” de 4000 msec avant de passer à l’essai suivant.

Les modifications par rapport à la situation originale de O’Seagdha & Dell sont les suivantes:

- Nous avons manipulé l'existence ou non d'un lien phonologique entre la cible et

(18)

amorce cible

1500 mec 1000 msec max. 3000 msec

chronomètre réponse

du sujet

Fig. 3. Technique de préparation, version modifiée.

(19)

sommes concentrés uniquement sur l'étude des processus de traitement intervenant lors de la phase d’encodage phonologique des mots, pas sur la phase d'encodage grammatical, phase durant laquelle les facteurs sémantiques sont susceptibles d'intervenir.

- En ce qui concerne le mode de présentation des stimuli, nous avons présenté des dessins représentant les différentes cibles et amorces. Nous évitions ainsi les effets éventuels des processus phonologiques liés au traitement des mots écrits. Pour maintenir l’homogénéité, l’astérisque utilisée par O’Seagdha & Dell a été remplacée par le dessin représentant l’amorce préparée.

Par ailleurs, l’utilisation de dessins posant le problème de la variabilité possible dans révocation de leurs noms (le dessin d'une carpette peut évoquer, pour certains, le mot

"tapis" plutôt que "carpette", ce qui fausserait toutes nos observations puisque nous ne pourrions plus maîtriser les liens phonologiques entre les cibles et les amorces), nous avons introduit une phase d'apprentissage de 12 paires associées « mot-dessin » au début de chaque bloc expérimental (correspondant aux 12 items différents du bloc).

- La dernière modification que nous avons effectuée se fonde sur le fait que O'Seagdha & Dell (1991a et b, 1992) n’avaient pas obtenu d'effet d'amorçage lorsque la cible était liée (phonologiquement ou sémantiquement) à l'amorce alternative, ce qui suggère que la simple exposition ne suffît pas pour produire un tel effet. Au lieu de présenter une paire de mots dont une amorce implicite préparée et une amorce alternative non préparée, nous avons donc présenté un seul mot amorce qui était toujours préparé. La phase de préparation ne nécessitant plus la spécification, par une flèche, du mot à préparer, nous avons naturellement supprimé la présentation de la flèche.

Procédure.

Les stimuli ont été présentés sous forme de dessins linéaires au moyen de

diapositives. Chaque dessin était présenté à l'écran durant une période déterminée

(20)

Les paires "amorce-cible" étaient séparées par une plage blanche (1000 msec). Les essais étaient espacés de 4 secondes (pour permettre à l'examinateur de noter les latences de réponse des sujets, ainsi que les erreurs éventuelles). Les réponses étaient données par une clé vocale reliée à un chronomètre. Celui-ci s'enclenchait au moment de la présentation de la cible et s'arrêtait dès que le sujet commmençait à produire le nom de cette cible (ce qui correspondait à la latence de production, que l'expérimentateur notait).

En outre, comme nous l'avons déjà précisé, avant le début de chaque bloc, il y avait une phase d'apprentissage, durant laquelle le sujet devait mémoriser les 12 appariements (6 pour l'entraînement) "dessin-mot" correspondant aux items utilisés pour le bloc qui suivait immédiatement cette phase.

Ordre d’administration des blocs d’essais.

Nous avons utilisé le principe du carré latin pour contrebalancer des effets possibles de l’ordre de passation des blocs, y compris de leur séquence. Nous avons envisagé ainsi six groupes de sujets, chacun passant tous les blocs, mais dans l'ordre suivant:

groupe 1 : bloc 1 -bloc2-bloc3. groupe4 : bloc3 -bloc2-bloc 1.

groupe2: bloc3-blocl-bloc2. groupeS: blocl-bloc3-bloc2.

groupe3: bloc2-bloc3-blocl. groupeô: bloc2-blocl-bloc3.

Matériel.

Le matériel utilisé pour la situation expérimentale se composait de trois projecteurs de diapositives de type SIMDA 2000, utilisés pour projeter les dessins sur un écran. Ces projecteurs étaient reliés au chronomètre d'un tachistoscope à trois champs qui déterminait l'ordre d'utilisation des projecteurs ainsi que la durée d'exposition de chaque plage (présentation de chaque dessin, plage blanche et intervalle inter-essais).

Ce chronomètre était lui-même relié à une clé vocale avec micro, qui permettait au

(21)

sujet de produire sa "réponse orale", ainsi qu'à un chronomètre qui servait à enregistrer le latences de production du sujet pour chaque essai (le chronomètre s'enclenchait dès la présentation à l'écran du deuxième dessin, correspondant à la cible).

Sujets.

30 sujets de langue maternelle française ont passé l'expérience (5 par groupe expérimental). Ils étaient tous étudiants en première candidature en Sciences Psychologiques et de l'Education et cette expérience représentait pour eux 2 crédits valorisables dans le cadre du cours de psychologie expérimentale. L’expérience était donc obligatoire et non rémunérée et avait une durée d’environ 60 minutes.

1.1.3, Résultats.

Remarque: en ce qui concerne les analyses que nous avons effectuées, seuls les effets qui étaient significatifs dans que moins une des analyses (par sujets et par items) sont repris dans le texte. Cependant des tableaux reprenant le détail des analyses pour chacune des expériences que nous avons effectuées sont repris en annexe (annexes 4 à

7).

Le but de cette expérience consistait à investiguer le rôle de la syllabe à la fois d’un point de vue structural et d’un point de vue phonologique. Les essais qui nous intéressaient particulièrement étaient donc les essais négatifs, c’est-à-dire les essais où l’amorce et la cible étaient différentes mais étaient soit liées phonologiquement et/ou structuralement au niveau de la première syllabe soit non liées au niveau de la première syllabe. C’est sur ces essais que se sont donc concentrées nos analyses.

Néanmoins, dans un premier temps, nous devions nous assurer que nous obtenions le

profil de résultats généralement observé dans les situations d’amorçage, à savoir des

(22)

identiques (ce qui correspond à un effet d’amorçage appelé “amorçage de répétition”) que pour les essais où la cible et l’amorce étaient différentes. C’est pour cette raison que nous avons donc, dans un premier temps, comparé les latences de dénomination des essais positifs (cible et amorce identiques) à celles des essais négatifs (cible et amorce différentes) afin de nous assurer que les derniers étaient plus lents que les premiers. Notons que, dans ces analyses, le facteur “structure de la cible” n’apparaît pas, car, pour les essais positifs, la structure de la cible et celle de l’amorce étaient confondues puisque la cible était identique à l’amorce. Nous avons néanmoins intégré dans cette première analyse des tests comparant les latences de production des essais positifs en fonction de la structure de leur première syllabe, afin de mettre en évidence un éventuel effet de cette structure sur les latences de production des sujets.

Une première analyse de variance a donc été réalisée sur les latences de réponse avec la “structure de l'amorce” (cv,- et cvc,-) et le “type d'essai” (positif et négatif) comme facteurs principaux.

Les latences de dénomination moyennes (ainsi que leurs écarts-type) sont données dans la figure 1.

Les latences inférieures à 200 msec et celles supérieures à 1200 msec ont été exclues

des données, ainsi que les productions erronées.

(23)

Fig. 1. Latences moyennes des réponses (et écarts-type) de l'expérience 1.

essais nositifs essais nésatifs

amorce cv.- 479,14 649,69 £=564,41

(90,27) (59,18) (114,55)

amorce cvc,- 489,11 629,65 £=559,38

(88,15) (61,35) (103,40)

i= 484,12 ï = 639,67

(89,00) (60,61)

- L'effet principal "type d'essai" était significatif (Fl(l,29)=286,53; p=0,0001). Cet effet reflétait le fait que les latences de réponse des sujets étaient plus courtes pour les essais positifs que pour les essais négatifs.

- L’interaction "structure de l’amorce x type d'essai" était significative (Fl(l,29)=31,90; p=0,0001). Cette interaction reflétait le fait que les latences de production des essais positifs étaient plus courtes lorsque l’amorce était de type cv,-, alors que le contraire était vrai pour les essais négatifs.

- En ce qui concerne les essais positifs, nous avons réalisé un test-t afin de comparer les latences de production des mots cibles dont la première syllabe est de type cv,- à celles des mots cibles dont la première syllabe est de type cvc,-. L’effet “type de cible” était en fait significatif (t(l,29)=7,05; p=0,0128), les mots cibles dont la première syllabe était de type cv,- étant produits plus rapidement que les mots dont la première syllabe était de type cvc,-.

Les essais qui nous intéressaient particulièrement étaient les essais négatifs. En effet,

ces essais étaient ceux qui pouvaient éventuellement faire ressortir un effet de type

syllabique et ce pour deux catégories d'essais, à savoir ceux qui possédaient des

segments phonologiques en commun et ceux qui n'en partageaient pas.

(24)

Dans un premier temps, afin d'observer les résultats globaux obtenus pour les essais négatifs, nous avons réalisé une analyse de variance à trois facteurs sur les latences de production des sujets avec le “type de segments” (communs ou non), la “structure de l'amorce” (cv,- ou cvc,-) et la “structure de la cible” (cv,- ou cvc,-) comme facteurs principaux.

Les latences moyennes de dénomination (ainsi que leurs écarts-type) sont données dans la figure 2.

Les latences inférieures à 200 msec et celles supérieures à 1200 msec ont été exclues des données, ainsi que les réponses erronées.

Fig. 2. Latences moyennes des réponses (et écarts-type) aux essais négatifs de l'expérience 1.

seements communs segments non communs

am cv.-Zci cv 643,43 654,44

X

= 651,33

(66,60) (59,33) (53,15)

am cv.-/ci cvc.- 674,01 628, 65

X

= 651,25

(68,89) (60,90) (69,36)

am cvc.-/ci cv.- 619,21 621,10 x = 622,17

(69,61) (67,13) (55,13)

am cvc.-/ci cvc.- 635,01 642,59

X

= 640,33

(65,00) (64,28) (50,34)

x= 644,63 x = 637,92

(61,12) (53,42)

- L'effet principal "type d'amorce" était significatif dans l’analyse par sujets

(Fl(l,29)=22,432; p=0,0001). Les latences de réponse étaient en fait plus courtes

(25)

nuancer car il n’a pas été confirmé dans l’analyse par items (F2(1,5)=2,1'77;

p=0,2001).

- L'effet principal "type de cible" était marginalement significatif dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=4,888; p=0,0351). Les latences de production étaient en fait plus courtes pour les cibles de type cvc,- que pour les cibles de type cv,-. Ce résultat est, lui aussi, à nuancer car il n’était pas confirmé dans l’analyse par items (F2(1,5)<1).

- L'interaction "type d'amorce x type de cible" était significative dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=5,748; p=0,0232), reflétant le fait que les latences de réponse étaient plus courtes lorsque la structure de l’amorce et celle de la cible étaient différentes que lorsqu’elles étaient identiques. Ce résultat est néanmoins à relativiser car il ne ressortait pas dans l’analyse par items (F2(1,5)<1).

- L'interaction "type de segments x type d'amorce" était significative dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=l 1,153; p=0,0023). Les latences de production étaient en fait plus courtes lorsque les cibles étaient de type cv,- que lorsqu’elles étaient de type cvc,- pour les essais où l’amorce et la cible possédaient des segments communs alors qu’elles étaient plus courtes lorsque les cibles étaient de type cvc,- que lorsqu’elles étaient de type cv,- pour les essais où l’amorce et la cible ne possédaient pas de segments communs. Ce résultat est néanmoins peu fiable car il ne ressortait pas dans l’analyse par items (F2(l,5)=2,560; p=0,1705).

- L'interaction "type de segments x type de cible" était significative dans l’analyse par sujets (F 1(1,29)= 19,955; p=0,0001) mais pas dans l’analyse par items (F2(l,5)=4,049;

p=0,1004).

- Enfin, l'interaction “type de segments x type d'amorce x type de cible” était significative dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=19,886; p=0,0001) mais pas dans l’analyse par items (F2(l,5) <1).

Nous avons ensuite effectué des analyses de variance à deux facteurs (le “type

d'amorce” (cv,- versus cvc,-) et le “type de cible” (cv,- versus cvc,-)) sur les latences

(26)

communs" et "segments phonologiques non communs" afin d’examiner dans chaque cas l'effet de la structure syllabique (congruence versus incongruence).

1) Essais comportant des segments phonologiques conununs.

- L'effet principal "type d'amorce" était significatif dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=31,778; p=0,0001). Les latences de production étaient en fait plus courtes pour les amorces de type cvc,- (627 msec en moyenne) que pour les amorces de type cv,- (659 msec en moyenne), résultat à nuancer car non confirmé dans l’analyse par items (F2(l,5)- 3,106; p=0,1383).

- L'effet principal "type de cible" était significatif dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=18,820; p=0,0002) et tendait vers la signification dans l’analyse par items (F2(l,5)=5,845; p=0,0603). Les latences de production tendaient en fait à être plus courtes pour les cibles de type cv,- (631 msec en moyenne) que pour les cibles de type cvc,- (655 msec en moyenne).

2) Essais ne comportant pas de seements phonologiques commims.

- Seule l'interaction "type d'amorce x type de cible" était significative dans l’analyse par sujets Fl(l,29)=24,202; p=0,0001) et dans l’analyse par items (F2(l,5)=12,677;

p=0,0162). Cette interaction faisait ressortir le fait que les latences de dénomination des sujets étaient plus courtes lorsque la structure syllabique de la cible et celle de l’amorce étaient différentes (essais cv,-/cvc,- et cvc,-/cv,-) (624 msec en moyenne) que lorsqu’elles étaient identiques (essais cv,-/cv,- et cvc,-/cvc,-) (649 msec en moyeime).

1.1.4. Discussion.

Sur base des résultats que nous avons obtenus, pouvons tirer les conclusions

suivantes:

(27)

- Les latences de dénomination des sujets étaient significativement plus courtes pour les essais positifs que pour les essais négatifs. Ceci nous a permis de reproduire l'effet bien connu d'amorçage de répétition. Notons cependant que l'importance de cet effet d'amorçage de répétition peut être liée, en partie, au nombre d'essais "de répétition".

En effet, rappelons que les proportions d'essais positifs et négatifs étaient respectivement de 2/3 et 1/3. Il est possible que le nombre important d'essais positifs ait renforcé les chances de voir apparaître cet effet et il n'est pas certain que, si on diminuait le nombre d'essais positifs, l'effet serait aussi important.

- En ce qui concerne les essais positifs, les latences de dénomination des sujets étaient significativement plus courtes pour les mots cibles de type cv/cvc que pour les mots cible de type cvc/cv, donc, en d’autres termes, pour les mots dont la première syllabe était de type cv,- par rapport au cas où elle était de type cvc,-.

- Pour interpréter les analyses des essais négatifs, nous avons observé les résultats suivants:

1) Pour les essais possédant des segments phonologiques communs, nous nous

attendions à observer un effet de congruence syllabique, c’est-à-dire une interaction

entre le type de structure syllabique de l'amorce et celui de la cible, avec une

facilitation ou une inhibition (selon la conception de planification) sur les latences de

production pour les essais dont les stimuli partageaient la même structure syllabique

par rapport aux essais où la structure syllabique des stimuli était différente. Nos

résultats ne sont pas cohérents avec ce type d'interprétation. En effet, nous observions,

d’une part, que la production des mots cible était plus rapide lorsque l’amorce était de

type cvc,- que lorsqu’elle était de type cv,-, résultat à nuancer car non confirmé dans

l’analyse par items et, d’autre part, que la production des mots cible était plus rapide

lorsqu’ils étaient de structure cv,- que lorsqu’ils étaient de structure cvc,-. Par contre

les latences de production des mots cible ne dépendaient pas du type d’amorce (cv,-

versus cvc,-) qui précédait, ce qui ne confirme pas l’idée d’un effet d’amorçage

syllabique.

(28)

2) Pour les essais ne possédant pas de segments phonologiques en commun, nous avons pu observer un effet d’incongruence syllabique, c'est-à-dire que les latences de dénomination étaient plus courtes si les stimuli avaient une structure syllabique différente que si ils avaient une structure syllabique identique.

Comme nous l'avons déjà souligné dans l'introduction, toute une série de recherches, notamment en Néerlandais, ont suggéré que l'encodage phonologique des mots se base sur l'utilisation de structures syllabiques (décomposition du message en une trame composée de "noeuds" syllabiques auxquels sont ultérieurement associés les segments phonologiques appropriés).

Nous avons tenté de reproduire ces résultats par le biais de notre expérience (qui correspondait en fait à une situation d'amorçage non masqué). Malheureusement, nous n'avons pas obtenu de résultats cohérents avec ce qui a déjà été préalablement observé. Nous devons, dès lors, remettre en question deux types d'aspects:

- 1) Nous pouvons remettre en question les afïïrmations qui ont été faites dans la littérature concernant le rôle de la syllabe dans l'encodage phonologique des mots.

Ainsi, nous pouvons envisager, par exemple, que l'effet ne pourrait s'observer que dans des conditions bien spécifiques, et plus exactement lorsqu'on induit, consciemment ou inconsciemment, une réponse de type syllabique (en présentant, par exemple, une amorce correspondant à une syllabe).

- 2) Nous pouvons remettre en question notre situation expérimentale et envisager certains artéfacts ayant pu interférer dans cette situation et la façon de la construire.

En particulier, cette situation est peut-être trop complexe pour faire ressortir un effet syllabique.

Notre démarche ultérieure a donc consisté à remettre en question ces deux aspects du

problème, commençant par les aspects méthodologiques.

(29)

En ce qui concerne notre situation expérimentale, il est possible que des effets de recherche en mémoire des noms de stimuli aient pu masquer les effets de structure phonologique du matériel. En effet, comme nous l'avons souligné, nous avions opté pour la présentation de dessins plutôt que de mots. Ceci a impliqué le recours à une phase d'apprentissage durant laquelle le sujet devait apprendre à apparier, avant chaque bloc expérimental, une série de 12 dessins avec leurs noms respectifs. Ces 12 dessins correspondaient aux amorces et aux cibles utilisées dans le bloc d’esais suivant directement l'apprentissage. Or, dans ce bloc, une série de dessins revenait très souvent (les dessins utilisés en amorce pour les essais négatifs, ainsi que les dessins correspondant aux essais positifs), alors que d'autres n'apparaissaient que rarement (les dessins correspondant aux cibles des essais négatifs qui n'apparaissaient que 4 fois sur 48 essais). Il est possible qu'il y ait eu une sorte de désapprentissage, de la part des sujets, des noms à produire pour les dessins correspondant à ces “cibles négatives” et que, lors de la présentation de ces dernières, le sujet ait dû fournir un travail de recherche en mémoire beaucoup plus important que pour les autres stimuli, ce qui aurait pu ralentir les latences de production du nom de ces essais et éventuellement masquer des effets dus aux liens phonologiques existant entre les cibles et les amorces.

Nous avons donc envisagé de reproduire notre expérience en utilisant des stimuli

correspondant à des mots écrits plutôt que des dessins afin de contrôler les éventuels

aspects mnémoniques liés à l'utilisation d'une tâche d'apprentissage.

(30)

1.2. Expérience 2.

1.2.1. Introduction.

Comme nous venons de le souligner, dans l’expérience 1, le fait de devoir mémoriser une série d'appariements "dessin-mot" avant chaque bloc expérimental a pu influencer les résultats que nous avons obtenus, en "masquant" les éventuels effets d'amorçage phonologique par des effets dus à la durée de recherche en mémoire des mots associés aux dessins présentés. Nous avons donc décidé de reproduire cette expérience en présentant les stimuli sous forme de mots écrits et plus de dessins.

Prédictions.

La raison pour laquelle nous avons décidé de présenter des stimuli “mots” plutôt que des stimuli “dessins” était liée au fait que nous avions suspecté que la phase d'apprentissage, nécessaire pour l'utilisation de stimuli dessins, avait été susceptible d'introduire des biais dans nos résultats et de masquer les effets d'amorçages escomptés. Ayant supprimé cette source d'interférence, nous avons donc émis les mêmes prédictions que pour la situation précédente:

- Nous nous attendions à observer un effet de facilitation (en cas d’un processus

“d’édition de la planification”) ou d'inhibition (en cas d’un processus de “compétition phonologique”) pour les paires "amorce-cible" qui entretiennent un lien phonologique par rapport à celles qui n'entretiennent pas ce lien.

- En outre, si nous supposons que durant l'encodage phonologique il y a élaboration

d'une trame de type syllabique, cet effet devrait être plus important pour les paires qui

entretierment un lien phonologique et possèdent la même structure syllabique (donc

celles dont la première syllabe est identique: " cv,-/cv,-" et "cvc,-/cvc,-") que pour les

(31)

paires qui entretiennent un lien phonologique mais dont la structure syllabique ne

"coïncide" pas (donc, les paires de type "cv,-/cvc,-" et "cvc,-/cv,-").

1.2.2. Méthode.

Choix des stimuli.

Nous avons conservé les mêmes stimuli que dans l’expérience 1 où nous présentions des dessins.

Procédure.

La façon dont nous avons construit les différentes séries et blocs de stimuli était identique à la démarche que nous avions adoptée pour élaborer les différentes séries et blocs expérimentaux avec les stimuli pictoriels (dessins). En outre, la procédure adoptée pour le testing était identique à celle de l’expérience 1.

Plan expérimental.

Le plan expérimental était identique à celui que nous avions appliqué dans la situation

"dessins".

Matériel.

Le matériel utilisé se composait d'un PC 4.86 (Colam) sur l'écran duquel étaient

présentés les mots. Le PC était relié à une clé vocale avec micro, qui permettait au

sujet de produire sa "réponse orale". Cette clé vocale était elle-même raccordée à un

chronomètre qui s’enclenchait dès que le mot cible était présenté à l’écran et s’arrêtait

dès que le sujet fournissait sa réponse (cet intervalle correspondait à la latence de

production).

(32)

Le recours à l’utilisation d’un PC plutôt que de projecteurs de diapositives était justifié par le fait que, lors de la première expérience où les stimuli étaient présentés sous forme de dessins, nous avions dû recourir à l'utilisation de diapositives et d'un tachistoscope suite à des problèmes techniques liés au "scanning" de dessins. Ici, les stimuli étant des mots, le problème ne se posait donc pas et nous avons pu recourir à une présentation des stimuli sur PC.

Nous avons utilisé le programme Mel pour mettre au point cette situation expérimentale.

Sujets.

30 sujets ont passé l'expérience. Ils étaient tous étudiants en première candidature en Sciences Psychologiques et de l'Education et étaient de langue maternelle française.

Cette expérience représentait pour eux 2 crédits valorisables dans le cadre du coms de psychologie expérimentale. Elle était donc obligatoire et non rémunérée et avait une dmée d’environ 60 minutes. La répartition des sujets en différents groupes auxquels les blocs expérimentaux étaient administrés dans un ordre précis était identique à celle de l’expérience 1.

1.2.3. Résultats.

La démarche que nous avons adoptée pom effectuer nos analyses était la même que celle que nous avons suivie dans l’expérience 1.

En vue de comparer les latences de dénomination des essais positifs à celles des essais

négatifs, une première analyse de variance a été réalisée sm les latences de réponse

avec la “structme de la cible” (cv,- et cvc,-) et le “type d'essai” (positif et négatif)

comme factems principaux.

(33)

Les critères d’exclusions des données étaient identiques à ceux de l’expérience 1.

Les latences de dénomination moyennes (ainsi que leurs écarts-type) sont données dans la figure 1.

Fig. 1. Latences de réponse moyennes (et écarts-type) pour l'expérience 2.

essais nositifs essais négatifs

amorce cv.- 506,06 551,45 X = 532,68

(73,52) (66,66) (75,65)

amorce cvc,- 512,54 559,30 X = 531,98

(81,33) (69,07) (76,29)

X = 509,30 X = 555,36

(76,94) (67,42)

- L'effet principal "type d'essai" était significatif (Fl(l,29)=23,38; p=0,0001). Cet effet reflétait le fait que les latences de production étaient plus courtes pour les essais positifs que pour les essais négatifs.

- Des comparaisons de moyennes ont, en outre, fait ressortir des latences de production ne différant pas significativement pour les deux types d'essais positifs (cv,- et cvc,-) (t(l,29)<l). Les latences de dénomination n’étaient doncpas signifîcativement différentes pour les stimuli positifs dont la première syllabe était de structure cv,- et pour ceux dont la première syllabe était de structure cvc,-.

Afin d'observer les résultats globaux obtenus pour les essais négatifs, nous avons

réalisé une analyse de variance à trois facteurs sur les latences de production des

sujets avec le “type de segments” (communs ou non), la “structure de l'amorce” (cv,-

ou cvc,-) et la “structure de la cible” (cv,- ou cvc,-) comme facteurs principaux.

(34)

Les latences de dénomination moyennes (ainsi que leurs écarts-type) sont données dans la figure 2.

Les critères d’exclusions des données étaient identiques à ceux de l’expérience 1.

Fig. 2. Latences de réponse moyennes (et écarts-type) pour les essais négatifs de l'expérience 2.

sesments communs seements non communs

am cv,-/ci cv 547,01 538,58 X = 542,80

(83,97) (76,6) (79,80)

am cv,-/ci cvc,- 570,63 580,98 i = 575,80

(91,35) (119,23) (105,43)

am cvc,-/ci cv.- 539,38 539,63 X = 539,51

(74,56) (97,80) (86,22)

am cvc.-/ci cvc.- 566,66 559,99 X = 563,32

(98,35) (87,71) (92,45)

X = 555,92 x = 554,79

(87,39) (96,97)

- Seul l'effet principal "type de cible" était significatif dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=15,796; p=0,0004) et dans l’analyse par items (F2(l,5)=13,498; p=0,0144).

Les latences de réponse étaient en fait plus courtes pour les cibles de type cv,- que pour les cibles de type cvc,-.

Nous avons ensuite effectué des analyses de variance à deux facteurs (le “type

d'amorce” (cv,- versus cvc,-) et le “type de cible” (cv,- versus cvc,-)) sur les latences

de production des sujets en séparant les essais de type "segments phonologiques

(35)

communs" et "segments phonologiques non communs" afin d’examiner dans chaque cas l'effet de la structure syllabique (congruence versus incongruence).

1) Essais comportant des segments phonologiques communs.

- Seul l'effet principal "type de cible" était non significatif, mais tendait à l’être dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=3,639; p=0,0664). Les latencess de production tendaient en fait à être plus courtes pour les cibles de type cv,- (543 msec en moyenne) que pour les cibles de type cvc,- (569 msec en moyenne). Mais ce résultat est à nuancer car non confirmé dans l’analyse par items (F2(1,5)<1).

2) Essais ne comportant pas de segments phonologiques communs.

- Seul l'effet principal "type de cible" était significatif dans l’analyse par sujets (Fl(l,29)=12,264; p=0,0015). Les temps de production étaient en fait plus rapides pour les cibles de type cv,- (539 msec en moyenne) que pour les cibles de type cvc,- (570 msec en moyenne). Ce résultat est cependant à nuancer car il n’a pas été confirmé dans l’analyse par items (F2(l,5)=3,778; p=0,1095).

1.2.4. Discussion.

Sur base des résultats que nous avons obtenus, nous avons pu tirer les conclusions suivantes:

- Les latences de dénomination des sujets étaient significativement plus courtes pour les essais positifs que pour les essais négatifs; ceci nous a permis de reproduire l'effet d'amorçage de répétition.

- En ce qui concerne les essais positifs, les latences de dénomination des sujets n’étaient pas significativement différentes pour les mots de type cv,- et pour ceux de type cvc,-.

- L'interprétation que nous avons pu effectuer sur base des résultats que nous avons

(36)

1) Rappelons que pour les essais possédant des segments phonologiques communs, nous nous attendions à observer un effet d’amorçage syllabique, c'est-à-dire une interaction entre le type de structure syllabique de l'amorce et celui de la cible, avec une facilitation ou une inhibition (selon la conception de planification) sur les latences de production pour les essais dont les stimuli partageaient la même structure syllabique par rapport aux essais où la structure syllabique était différente.

Nos résultats ne sont pas cohérents avec ce type d'interprétation. En effet, ici, seul l'effet "structure de la cible" tendait à être significatif En d’autres termes, les latences de production des sujets pour ce type d'essais (essais où amorce et cibles étaient différentes, mais dont les segments phonologiques initiaux étaient identiques) étaient uniquement liées à la structure de la cible, à savoir qu’elles tendaient à être plus courtes pour les essais dont la cible était de structure cv,- que pour les essais dont la cible était de structure cvc,- (et ce quelle que soit la structure de l'amorce). Nous n’observions donc pas de facilitation (inhibition) lors de la présentation d’une amorce qui a la même structure syllabique que la cible, ce qui soutiendrait l'idée d'un traitemement de type syllabique (pas d’amorçage syllabique en termes de composition structurale et segmentale).

2) Pour les essais ne possédant pas de segments phonologiques en commun, nous avons également pu uniquement observer un effet lié à la structure de la cible. En effet, les latences de production des sujets étaient plus courtes pour les essais dont les cibles étaient de type cv,- que pour les essais dont les cibles étaient de type cvc,- (indépendamment de la structure de l'amorce). Les latences de production de paires de stimuli ne possédant aucun segment commun dépendaient donc uniquement de la structure de la cible (pas d'effet d’amorçage lié à la composition structurale seule).

A ce niveau de la recherche, une remarque importante s’est imposée à nous. En effet,

jusqu’alors, nous avions basé l'interprétation de nos résultats sur les données issues de

létude menée par l'équipe de Mehler et al. (e.a. 1981) en perception de la parole. Pour

rappel, cette dernière consistait en une tâche de détection de segments où l'amorce

(37)

consistait en une syllabe (de type cv,- ou cvc,-) à détecter le plus rapidement dans ime cible consistant en un mot. Cette amorce syllabique correspondait soit exactement à la première syllabe du mot cible, soit à la première syllabe du mot cible plus ou moins un lettre. Les résultats obtenus par Mehler et al. (1981) étaient que les temps de réaction étaient plus rapides lorsque la syllabe amorce correspondait exactement à la première syllabe du mot cible que lorsque ce n'était pas le cas. Ceci avait mené les chercheurs à conclure que la segmentation (perception) de la parole en Français était basée sur la syllabe. En outre, les récentes recherches effectuées en production de la parole en Français (Ferrand et al., 1994, 1996) se sont basées sur le même modèle théorique et ont développé une situation d’amorçage masqué qui correspond à une adaptation en production de la tâche de détection de segments développée par Mehler et al. (1981). Ces auteurs ont ainsi reproduit en production de la parole, les effets d’amorçage syllabique qui avaient été observés en perception de la parole, ce qui les avait menés à conclure que la syllabe constitue une unité fonctionnelle dans l’encodage phonologique des mots en Français.

Nous avons, quant à nous, tenté de mettre en évidence le même de profil de résultats via la technique de préparation développée par O’Seagdha & Dell. Pour ce, nous avons tenté de vérifier si la production d'une cible (mot ou dessin) est facilitée par la présentation d'une amorce dont la structure syllabique et la composition phonologique sont identiques à celles de la cible à produire. Malheureusement, aucun des résultats que nous avons obtenus n’allait dans ce sens.

Après réflexion, il nous a semblé nécessaire de réaliser une expérience plus proche des situations de Mehler et al. (1981) (perception) et de Ferrand et al. (1994, 1996) (production) afin de pouvoir prétendre tirer des conclusions basées sur ce modèle.

Nous avons donc décidé de reproduire notre expérience "mots", mais en présentant en

amorce la première syllabe du stimulus et non plus le mot entier. Nous nous

(38)

lexicale et non plus par une unité lexicale, situation qui est plus comparable à celle qui avait été adoptée par Mehler et al. (1981) et par Ferrand et al. (1994, 1996).

Si dans cette situation d’amorçage syllabique nous obtenons des effets de type syllabique, nous pourrions, d'une part, tendre vers l'idée d'un encodage phonologique des mots passant par une activation d'unités de type syllabique (parallèlement à ce qui se passe en perception, vu les liens étroits qui semblent exister entre les deux phénomènes), d’autre part, nous devrions soulever la question de savoir pourquoi nous obtenons des résultats de type syllabique uniquement lorsque nous utilisons des amorces de type infra-lexical (syllabe) et pas lorsque nos amorces correspondent à des unités lexicales. Ceci renvoie à l'idée qui suggère qu'un effet de type syllabique ne pourrait être observé que dans des situations bien particulières où on induit en quelque sorte une réponse de type syllabique (par présentation - amorçage - d'une unité de ce type). Dans ce cas, les effets observés seraient conditionnés par les contraintes liées aux situations expérimentales et pourraient ne pas refléter réellement (ils seraient donc artéfactuels) les processus intervenant lors de l'encodage phonologique.

Si, au contraire, nous n'obtenons pas d'effets de type syllabique, nous devrons

remettre en cause notre paradigme expérimental (durée de présentation des stimuli,

choix des stimuli, articulation de la cible uniquement mais pas de l'amorce, etc), ce

qui impliquerait, dès lors, de remettre en question les interprétations des résultats

observés jusqu’à présent en production, (du moins ceux qui sont basés sur le même

modèle et l'utilisation du même type de paradigmes) ainsi que les conclusions

théoriques qui en découlent.

(39)

1.3. Expérience 3.

1.3.1. Introduction.

Afin de pouvoir mettre nos résultats en parallèle avec les résultats observés, en perception de la parole, par Mehler et al. (1981) et, en production de la parole, par Ferrand et al. (1994, 1966), nous avons décidé de nous mettre dans une situation plus comparable à celles qu'ils avaient adoptées, c'est-à-dire d'opter pour une situation d'amorçage où les amorces correspondaient à des unités infra-lexicales, à savoir des syllabes et plus à des unités lexicales (mots).

Nous avons donc décidé de reproduire la situation que nous avions adoptée avec les stimuli mots mais en ne présentant, cette fois, en amorce que la première syllabe des mots amorce que nous avions utilisés, les mots cible, quant à eux, restant identiques.

Prédictions.

Notre but était de pouvoir mettre en évidence des effets similaires à ceux observés par Mehler et al. (1981) et par Ferrand et al. (1994, 1996), c’est-à-dire des effets de congruence syllabique, mais en production de la parole cette fois. Nos prédictions étaient donc les suivantes:

- Nous nous attendions à observer un effet de facilitation poin les paires "amorce- cible" qui entretiennent un lien phonologique par rapport à celles qui n'entretiennent pas ce lien.

- En outre, si nous supposons que durant l'encodage phonologique il y a élaboration

d'une trame de type syllabique, cet effet devrait être plus important pour les paires qui

entretiennent un lien phonologique et possèdent la même structure syllabique (donc

celles dont la première syllabe de la cible est identique à l'amorce) que pour les paires

(40)

qui entretiennent un lien phonologique mais dont la structure syllabique ne "coïncide"

pas (donc, les paires dont la cible possède les même segments initiaux, mais pas la même structure syllabique que la syllabe amorce).

1.3.2. Méthode.

Choix des stimuli.

Nous avons conservé les mêmes stimuli que dans les deux situations antérieures. Les paires de stimuli étaient donc identiques, hormis le fait que les amorces correspondaient aux premières syllabes des amorces que nous présentions auparavant.

La liste de stimuli que nous avons utilisés dans cette expérience est présentée en annexe 2.

Procédure.

La façon dont nous avons construit les différentes séries et blocs de stimuli était identique à la démarche que nous avions adoptée pour élaborer les différentes séries et blocs expérimentaux pour les situations antérieures.

Notons que, dans cette situation, nous n'avions plus d'essais positifs à proprement

parler, c’est-à-dire des essais où l'amorce et la cible étaient identiques, mais

uniquement des essais où les segments initiaux de la cible étaient identiques à

l'amorce et des essais où les segments initiaux de la cible n’étaient pas identiques à

l'amorce. Or, pour conserver l'homogénéité de notre plan expérimental, nous devions

présenter 2/3 d'essais positifs et 1/3 d'essais négatifs. Nous avons donc décidé de

présenter deux fois plus d'essais où l'amorce et la cible partagaient des segments

phonologiques que d'essais où l'amorce et la cible n’étaient pas liées

phonologiquement, car ce premier type d'essais semblait se rapprocher le plus de la

catégorie "essais positifs" des situations antérieures (notons que ce type d'essais faisait

partie de la catégorie "essais négatifs " dans les deux premières expériences). Pour

(41)

cette expérience, nous ne faisons donc pas référence à des essais positifs versus négatifs, mais à des essais de type "segments communs" versus “segments non communs”.

Etant donné l’absence d’essais positifs au sens strict du terme, nos blocs de stimuli comportaient deux fois moins d'essais que dans les situations antérieures. Nous avons donc décidé de présenter deux foix chaque essai, afin de maintenir des blocs de 48 essais.

Plan expérimental.

Le plan expérimental était similaire à celui que nous avions appliqué dans les expériences précédentes.

Matériel.

Le matériel utilisé était identique à celui de l’expérience 2.

Sujets.

30 sujets ont passé l'expérience. Ils étaient tous étudiants en deuxième candidature en Sciences Psychologiques et de l'Education et étaient de langue maternelle fi’ançaise.

Ils passaient cette expérience dans le cadre des travaux pratiques du cours

d’introduction à la psycholinguistique. Cette expérience était donc obligatoire et non

rémunérée et avait une durée d’environ 60 minutes. La répartition des sujets en

différents groupes auxquels les blocs expérimentaux étaient administrés dans un ordre

précis était identique à celle des expériences précédentes

(42)

1.3.3. Résultats.

La démarche que nous avons adoptée pour effectuer nos analyses était la même que celle que nous avions suivie dans les expériences précédentes. Cependant, cette

expérience ne comportant pas à proprement parler d’essais positifs, nous sommes immédiatement passés à l’analyse des essais négatifs.

Afin de d’observer les résultats globaux obtenus pour les essais négatifs, une analyse de variance à trois facteurs a été réalisée sur les latences de production avec le “type de segments” (communs ou non), la “structure de l'amorce” (cv,- ou cvc,-) et la

“structure de la cible” (cv,- ou cvc,-) comme facteurs principaux.

Les latences de dénomination moyennes (ainsi que leur écart-type) sont données dans la figure 1.

Les critères d’exclusion des données étaient identiques à ceux des expériences précédentes.

Fig. 1. Latences de réponse moyennes (et écarts-type) de l'expérience 3.

Références

Documents relatifs

Hormis les principales fibres de synthèse utilisées actuellement, les fibres de chrysotile présentent, de par leurs caractéristiques mé- caniques, un potentiel important d'agents

oeuvre commune. C'est la pratique surtout qui a suggéré l'idée et le fond du manuel. Là, sont réunies des remarques personnelles ti­ rées de l'expérience, rédigées sous forme

enfant ou un adolescent sur ses loisirs, il ne pensera pas à l'école, qui lui semble le plus souvent comme une contrainte, mais bien au temps dont il dispose librement après

lignes; mais on doit tenir compte du gonflement extraordinaire de la paroi anté- rieure du vajçin et du col de la vessie, qui avait disparu en grande partie après la délivrance et

résista pas longtemps à ces secousses nouvelles et sou- vent répétées, et il fut bientôt affect é du délire des ivre-.. Sa femme le fit contenir par plusieurs hommes;

Les il;l3tances I~2~4-&#34;5-6 sont beaucoup plus importantes dans le crâno ratle que dans le crâne femelle ; le gorille mâle possède donc une face plus développée que la femelle ;

L’œuvre ne peut être stockée dans une autre base de données dans le but d’y donner accès ; l’identifiant unique (permalink) indiqué ci-dessus doit toujours être utilisé

° Parallèlement, l'érosion des forces classiques des partemires de l'Alliance s'est poursuivie sans discontinuer pour des raisons diverses, de nature économique, de