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Attribution des transitions du type (R' = J' ± 2 ← J0) de la bande (ν3 + ν4) du méthane 12CH4

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Academic year: 2021

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(1)

HAL Id: jpa-00208247

https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00208247

Submitted on 1 Jan 1975

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Attribution des transitions du type (R’ = J’ ± 2 J0) de la bande (ν 3 + ν 4) du méthane 12CH4

B. Bobin, J.C. Hilico

To cite this version:

B. Bobin, J.C. Hilico. Attribution des transitions du type (R’ = J’

±

2

J0) de la bande (ν3 +

ν4) du

méthane 12CH4. Journal de Physique, 1975, 36 (3), pp.225-233. �10.1051/jphys:01975003603022500�.

�jpa-00208247�

(2)

ATTRIBUTION DES TRANSITIONS DU TYPE (R’

=

J’ ± 2 ~ J0)

DE LA BANDE (03BD3

+

03BD4) DU MÉTHANE 12CH4

B. BOBIN et J. C. HILICO Laboratoire de

Spectronomie

Moléculaire

Faculté des

Sciences, 6,

boulevard

Gabriel,

21000

Dijon,

France

(Reçu

le 9

septembre 1974)

Résumé. 2014 Deux branches

tétraédriques,

relativement au nombre

quantique

R’, sont mises en évidence dans la bande de combinaison

(03BD3

+

03BD4)

du méthane. Nous les attribuons comme les branches P et R des transitions arrivant sur les niveaux excités (R’ = J’ - 2) et (R’ = J’ + 2)

respectivement.

Les symétries des raies sont définies grâce à une propriété remarquable des symboles 3-j du type

F(3jj’)A2pp’,

dont nous donnons une table pour j’ ~ j ~ 13. Les raies intenses des branches Q

et R, ou Q et P, des sous-bandes sont obtenues à partir des précédentes par de simples différences de niveaux de base. Environ 150 transitions sont attribuées de cette façon, en bon accord avec les

mesures du nombre quantique J0 de l’état de base effectuées par Delorme et Cadot.

Abstract. 2014 Two tetrahedral branches, in terms

of the quantum number

R’, are seen in

the (03BD3

+

03BD4)

combination band of methane. We

assign

them as the P and R branches to the excited states

(R’ = J’ - 2) and (R’ = J’ + 2) respectively. The

symmetries

of the lines are deduced with the aid of a remarkable property of the 3-j symmetrized Clebsch-Gordan coefficients of type

F(3jj’)A2pp’,

of

which we give tables

for j’ ~ j ~ 13.

The most intense lines of the remaining Q and R, or Q and P

branches of the sub-bands are then obtained simply from known differences between

ground

state

levels. About 150 transitions have been

assigned

and agree well with

independent

experimental

estimates of the ground-state quantum number J0 by Delorme and Cadot.

Classification

Physics Abstracts

5 . 444 - 5 .428

1. Introduction et notations. - Cet article est une

contribution à l’étude de certaines transitions de la bande de combinaison

(V3

+

v4)

du

méthane 12CH4.

La méthode utilisée a été décrite succinctement dans

une récente Lettre

[1].

Nous en donnons ici un

exposé plus détaillé,

avec tous les résultats obtenus à ce

jour.

La

complexité

de la bande

(v3

+

v4)

avait

longtemps

résisté aux

approches théoriques.

Le travail de E. Pascaud

[2]

a

permis

de

comprendre

sa structure,

grâce

à une étude de l’hamiltonien au

premier ordre,

et des intensités des transitions

permises. Néanmoins,

la carence de résultats

expérimentaux précis,

notam-

ment concernant le niveau fondamental du

méthane,

n’avait pas

permis

une attribution très sûre des

raies,

le

spectre

étant très

complexe.

Actuellement nous

disposons

de’ spectres de résolution

meilleure,

ainsi

que de spectres froids permettant de déterminer les valeurs du nombre

quantique

de l’état de base

Jo,

mesures effectuées par Delorme et Cadot

[3].

D’autre

part,

le niveau de base du méthane est maintenant bien connu tant au

point

de vue

théorique, grâce

en

particulier

aux récents travaux de

Michelot,

Moret-

Bailly

et Fox

[4],

que du

point

de vue

expérimental, grâce

à la détermination des constantes

moléculaires,

en

spectroscopie

hertzienne par Curl

[5],

et en infra-

rouge par

Tarrago, Dang-Nhu

et

Poussigue [6, 7].

Ces atouts

supplémentaires

nous ont

permis

d’établir

une

technique

très sûre pour l’attribution de certaines transitions.

Rappelons

tout d’abord

quelques

notations.

1.1 NOMBRES QUANTIQUES. - Le niveau excité

(V3

+

v4)

est défini par les nombres

quantiques

vibrationnels : vi =

0 ;

v2 =

l2

=

0 ;

V3 =

l3

= 1

et v4 =

l4

= 1. Le moment de vibration total

1=13

+

14

a donc pour valeurs propres l’ =

0,

1

ou

2 (1).

. Le moment

angulaire

total J a pour valeurs propres

J’.

Les fonctions de base utilisées par Pascaud

[2]

résultent du

couplage

tensoriel de J et 1. Ceci définit

un moment de rotation total R = J -

1,

dont les valeurs propres sont :

Nous définissons ainsi

cinq

types de niveaux

(J’ ; R’).

Les

positions théoriques

de ces niveaux sont connues

au 1 er ordre

d’approximation,

l’hamiltonien trans- formé

+

h 1 ayant

été calculé par Pascaud

[2],

en utilisant le formalisme tensoriel de

Moret-Bailly [8].

(1) Afin d’éviter toute confusion, les nombres quaritiques

relatifs au niveau excité seront toujours affectés d’un signe prime,

ceux du niveau de base de l’indice zéro.

Article published online by EDP Sciences and available at http://dx.doi.org/10.1051/jphys:01975003603022500

(3)

226

Précisons que, dans cette

étude,

nous ne nous intéresse-

rons

qu’aux

niveaux du

type (J’ ;

R’ = J’ ±

2).

Dans le groupe

Td,

groupe de recouvrement de la molécule

méthane,

la

symétrie

C’ d’un tenseur

irréductible peut être :

et les différentes composantes de ce tenseur sont numérotées par un indice

n’ = 0, 1, 2,

etc...

(que

nous

remplacerons parfois

par un nombre

égal

de

signes prime).

Nous poserons, pour

simplifier

cer-

taines notations :

p’ _ (C’, n’).

Ainsi une raie de

symétrie (C’

=

Fl,

n’ =

1)

sera

notée,

suivant les cas,

F, (1) ou F’

*

1.2 TRANSITIONS. -

L’expression

tensorielle de la

partie

essentielle du moment

dipolaire

dans l’état excité

(V3

+

v4)

est obtenue par

couplage

d’un

opérateur

rotationnel de

degré 1, (rot)l’)(lu),

et d’un

opérateur

vibrationnel de

degré 2, (vib)l’)(2 g) ,

seule

la

partie

totalement

symétrique

étant

conservée,

soit :

, ".1"1} 1 , , i

Les

règles

de sélection sur les nombres

quantiques,

pour les transitions

permises,

ont été établies par Pascaud

[2],

à savoir :

avec la

règle

habituelle en

infra-rouge :

Il

n’y

a pas de

règle

concernant

n’,

ni d’ailleurs R’

qui prend

les valeurs données par

l’éq. (1).

L’intensité de la transition du niveau de base

(zozo

=

Zozo)

vers le niveau excité

(J’ ; R’ ; p’)

est

proportionnelle

au carré des éléments matriciels de

l’opérateur (2), donc,

en

particulier,

au carré du

coefficient de

couplage F (3u Jo R’) (voir

Pascaud

[2]).

1.3 NOTATION DES TRANSITIONS. - Afin d’obtenir des notations

simples

et

explicites,

il nous a paru

plus

cohérent d’utiliser

(par

des

changements adéquats

des indices u et

g)

les

symboles 3-j

du

type F ( 3ij’)

plutôt

que

F Ai p p’.Ceci

a pour

avantage

de conserver

la même classification des

symétries

pour les niveaux de base et excité ayant même valeur du nombre quan-

tique

rotationnel R. Par contre, les transitions seront alors

régies

par la loi de

symétrie :

Une transition sera notée de la

façon

suivante :

a)

N

désigne

le nom de la

branche,

soit

P, Q

ou

R,

suivant que Il = J’ -

Jo

= -

1,

0 ou + 1

respectivement ;

b) Ro

=

Jo

pour le niveau vibrationnel de

base ; c) Co

est obtenu en

changeant,

le cas

échéant,

l’indice de

C’(1

-

2).

Par

exemple : P(2 - 5) F2(O +- 1) désigne

la tran-

sition partant du niveau de base

(Jo

=

Ro = 5 ; Co

=

F, ;

no =

1)

et aboutissant sur le niveau excité

(J’ = 4 ; R’ 2 ; C’ = F2 ; n’ = 0).

2. Méthode utilisée. - Du fait de la

règle

de sélec-

tion

(3)

et des valeurs

possibles

du nombre quan-

tique R’, éq. (1),

le

spectre

de la bande

(v3

+

v4)

comporte a

priori

15 branches différentes : 5 branches

P,

5

Q

et

5 R ;

d’où un

spectre

très

complexe,

s’étalant

de 4 130 à 4 450 cm -1 environ. Mais il est apparu à Husson et al.

[9],

lors de l’étude de la bande

(vl

+

v4), qu’une

structure de branche P

tétraédrique,

apparte-

nant à

(v3

+

V4),

se

développait

dans cette

région.

Par

tétraédrique

nous entendons

qu’il

est

possible

d’affecter à

chaque

structure fine une valeur du

nombre

quantique

rotationnel

R’,

et que les nombres d’ondes des transitions sont, en

première approxima- tion,

des fonctions linéaires des coefficients de Clebsch- Gordan

PA4,1p,’,) adaptés

à la

symétrie tétraédrique ;

ceci est le cas des bandes fondamentales

triplement dégénérées,

ainsi que l’a

exposé Moret-Bailly [8].

L’étude de Pascaud

[2]

a montré

qu’il

devait

s’agir

de la branche P de la sous-bande

correspondant

aux

transitions sur les niveaux excités

(J’ ;

R’ = J’ -

2).

Nous avons

approfondi

cette étude et

dégagé égale-

ment une branche R

tétraédrique correspondant

aux

transitions sur les niveaux excités de

type (J’ ; R’ = J’ + 2).

2.1 NIVEAUX

(J’ ;

R’

=y’ - 2). - Nous

avons

vu, au

paragraphe 1.2,

que l’intensité d’une transition est

proportionnelle

au carré du coefficient

F ( 3 J. R’)

correspondant.

Une table de ces

symboles,

pour

Jo

R’

13,

est donnée en

Appendice.

On constate

la

propriété remarquable

suivante : si

Jo

= R’ +

3,

R’ et

p’

étant

fixés, parmi

tous les

symboles

F ( 3 R’+ 3 R’) possibles

il en existe un et un seul

qui

a une

valeur non

négligeable

par

rapport

aux autres

(le rapport

des carrés étant de l’ordre de 1 à 100 ou 1 à

1 000).

Si nous considérons alors les transitions entre le niveau de base

(Jo)

et le niveau excité

(J’

=

Jo - 1 ;

R’ = J’ - 2

= Jo - 3),

elles seront

pratiquement

en nombre

égal

à celui des niveaux de la structure rotationnelle R’ =

Jo -

3

(les

autres ayant des inten- sités

beaucoup trop

faibles pour être

visibles).

Comme

l’éclatement tétraédrique

du niveau de base est

faible,

on observe en fait la structure fine

complète

du niveau excité. Ceci

explique

l’existence de la branche P

tétraédrique

mentionnée

plus

haut. La

figure

1

permettra

au lecteur de mieux

comprendre

ce

qui

vient d’être

exposé.

On retiendra donc que tous les niveaux fins fonda- mentaux

(Jo)

ne donnent pas des transitions sur les niveaux excités

(R’

= J’ - 2 =

Jo - 3),

mais seule- ment un nombre

égal

à

Jo -

3. De

plus,

la

disposition

(4)

FIG. 1. - Schéma des transitions P(6 +- 9). La partie (a) de la

structure Jo = Ro = 9 est analogue à une structure de nombre quantique égal à 6; c’est la seule donnant lieu à des transitions visibles sur le niveau excité (R’ = Jo - 3 = 6). Celles-ci s’effectuent entre des niveaux ayant la même position relative dans chacun des groupes. L’ensemble de raies P(6 +- 9) ressemble donc à une struc-

ture fine P6 d’une fondamentale.

des niveaux actifs n’est pas

quelconque,

comme on

peut le voir sur la

figure

1. Ceci est lié à une

propriété

des coefficients

F ( 4R 1’R1’)

que nous

précisons

dans

l’Appendice.

°

L’attribution des nombres

quantiques

J’ et R’ à

chaque

structure

tétraédrique

P visible étant

faite,

celle des

symétries

à l’intérieur de

chaque

structure

est effectuée comme pour une

fondamentale, compte

tenu du choix

qui

a été fait au

paragraphe

1.3. La

valeur de l’indice no du niveau de

départ

est déterminée

par la

propriété

citée

plus

haut pour les

symboles

F(3JoJo-3). A2 Les nombres d’ondes des raies étant

Po p’ .

connus ainsi que les

énergies

des niveaux fondamen- taux,

grâce

aux travaux de

Tarrago et

al.

[6, 7],

il est

aisé d’en déduire les valeurs de tous les niveaux

d’énergie

excités du type

(J’ ; R’

= J’ -

2).

Si nous considérons maintenant les transitions sur

les mêmes niveaux excités mais venant des niveaux de base

(Jo - 1)

et

(Jo - 2),

nous obtenons

respecti-

vement les branches

Q(Jo -

3 *--

Jo - 1)

et

Les nombres d’ondes de ces raies s’obtiennent très

simplement

en

ajoutant

aux transitions

P(Jo -

3 -

Jo)

les différences

adéquates

de niveaux de base. Ainsi :

L’intensité de cette transition est

proportionnelle

à

L’exemple correspondant

à R’ = J’ - 2 = 6 a été traité en détail dans le

précédent

article

[1].

Il faut bien noter que les branches

Q

et R ainsi

déterminées ne sont pas

tétraédriques,

car les sym- boles

F ( 3j j)

ne

présentent

pas

pour j - j’ -

1 ou 2

la même

propriété

que

pour j - j’ =

3. L’intérêt de cette méthode réside donc dans la faculté d’attribuer des raies de

façon

certaine à l’intérieur de structures très

complexes.

Le critère de choix est très fort car nous ne pouvons

admettre,

entre les nombres d’ondes calculés et

mesurés,

des différences

supérieures

à la

résolution du spectre utilisé. Notons que l’incertitude dans les calculs est conditionnée

uniquement

par la

précision

des mesures

expérimentales,

l’incertitude sur

les niveaux

d’énergie

de base étant

négligeable.

2.2 NIVEAUX

(J’ ;

R’ = J’ +

2).

- Par un rai-

sonnement

analogue

à celui que nous venons de

tenir,

il

apparaît

que la branche

R(Jo

+ 3 -

Jo)

sera aussi

tétraédrique. L’expérience

le confirme.

Toutefois,

le

problème

est

plus complexe : Jo

étant inférieur à R’

= Jo

+

3,

on n’atteint pas tous les niveaux excités par des transitions de

type R,

mais une

partie

seule-

ment. Cette structure rotationnelle

Jo

+ 3

tronquée

ressemble à une structure

tétraédrique Jo.

Ceci pro-

vient,

d’une part de la

propriété

des

symboles

F(3JoJo+3)

A2 PO P’ énoncée

plus haut,

, et d’autre part d’une

propriété

des

symboles F ( 4R1’R1’)

que nous

expliquons

dans

l’Appendice (ces symboles

ont été tabulés par

Moret-Bailly

et al.

[10]).

Les

positions

des niveaux manquants

peuvent

être évaluées en utilisant

l’hypo-

thèse

tétraédrique,

c’est-à-dire en

supposant

que les

énergies

sont fonctions linéaires des coefficients F( 4R’R’)

"

Alp p

Comme

précédemment,

les raies

Q

et

P,

dans ce

.cas, sont déduites des raies R par de

simples

différences

d’énergies

du niveau de base. Comme les niveaux non

atteints par des raies R

donnent,

presque

toujours,

une

raie Q

et une raie P

chacun,

la

comparaison

avec

les raies

expérimentales

permet de

préciser

les

posi-

tions réelles de ces niveaux.

La

figure

2 montre

l’exemple

des transitions sur le niveau excité

(R’

= J’ + 2 =

8),

à

partir

des niveaux de base

(Jo

=

5,

6 et

7).

Le tableau 1 donne les résul- tats

numériques correspondants.

Les raies

marquées

d’une

astérisque

sont celles

qui

sont attribuées a

priori.

On pourra vérifier sur cet

exemple

toutes les

propriétés

qui

ont été énoncées.

(5)

228

FIG. 2. - Transitions entre les niveaux de base

(Jo

= 5, 6, 7) et

le niveau excité (R’ = J’ + 2 = 8). Les raies R(8 *-- 5) ont servi de base au calcul des fréquences des transitions P(8 - 7) et Q(8 +- 6),

dont seules ont été représentées celles qui sont observées sur les spectres dont nous disposons.

TABLEAU 1

Transitions sur le niveau excité

(R’

= J’ + 2 =

8).

On a

posé

F -

F(3J.R,).

Les lettres

B,

H et G se On a

posé

F =

FÂ2 poP’)’

Les

lettres B,

H et G se

réfèrent

aux spectres

[11], [9]

et

(2) respectivement.

Les nombres d’ondes sont en

cm-1. L’astérisque

marque les raies dont l’attribution est

définie

a

priori

et sert de base aux autres calculs.

2.3 SPECTRES UTILISÉS. - Nous devons faire ici

une remarque concernant les nombres d’ondes uti- lisés dans cette étude. Ne

disposant

pas d’une spectre

unique

pour toute la

région concernée,

nous avons dû utiliser :

a)

pour la

région

au-delà de 4 290

cm-1 (jusqu’à

4 410

cm-1 environ)

le

spectre publié

par

Brégier [ 11 ],

et dont la

précision

de

pointé

ne

dépasse guère 0,005 cm-l ;

b)

pour la

région

de 4 130 à 4 290

cm-1,

le

spectre

de la bande

(vl

+

v4) enregistré

par Husson et al.

[9],

pour

lequel

le

pointé

des raies peut être considéré

comme connu à moins de

0,002

cm-1

près ;

c) enfin,

pour certaines raies de très faible intensité

n’apparaissant

pas sur le spectre

précédent,

nous avons

utilisé les mesures effectuées par Guelachvili

(2) ;

ce

spectre

non

publié,

que nous avons

déjà

utilisé pour l’étude de la bande

(v,

+

v4) [12],

a été réalisé

par spectroscopie

de

Fourier ;

le

pointé

des raies est donné

avec une

précision

bien inférieure à

10-3 cm-1.

Dans toute la

suite,

notamment dans les

tableaux,

les lettres

B,

H et G se référeront à ces trois

spectres respectivement.

Notons que l’utilisation de données

expérimentales

obtenues dans des conditions très différentes les unes

des autres n’a pas

posé

de

problèmes importants,

mais nous a

obligés

à

adopter

des critères de choix

plus

ou moins fins suivant la résolution du spectre utilisé dans

chaque région.

3. Résultats. - 3.1 NIVEAUX D’ÉNERGIE ET TRAN- SITIONS. - Par la méthode décrite aux

paragraphes précédents,

il nous a été

possible

de déterminer les niveaux

d’énergie

excités de

(v3 + v4) correspondant

aux valeurs des nombres

quantiques

R’ = J’ - 2 = 0 à 8 d’une part, et R’ = J’ + 2 = 3 à

8,

d’autre part. Le tableau II

donne,

en

cm-1,

les

positions

de ces niveaux.

L’origine

des

énergies

est

prise

au niveau fondamental

Jo

= 0. On constatera que l’éclatement des niveaux

TABLEAU II

Positions,

en

cm -1,

des niveaux

d’énergie (R’= J’+ 2)

de la bande

(V3

+

v4). L’origine

est

prise

au niveau de

base

Jo

= 0.

(6)

répond

bien à

l’hypothèse tétraédrique,

du moins en

première approximation. Toutefois,

il convient de faire

exception

des niveaux

(R’ = J’ - 2 = 7

et

8).

En

effet,

ceux-ci se trouvent très

perturbés

par les niveaux

(J’ = 9 ; R’ =10)

et

(J’ =10 ; R’ =11)

relatifs à la bande voisine

(vl

+

v4).

La coïncidence des niveaux appar- tenant aux deux bandes est presque totale. Cette réso-

nance forte

explique :

d’une part le

décalage

vers les

basses

fréquences

des structures P10 et P11 de

(vl

+

v4) (voir [9, 12]),

et d’autre part l’absence de structure

régulière

des niveaux

(R’

= J’ - 2 =

7, 8)

de

(V3

+

v4). Néanmoins,

les

positions

que nous affi- chons pour ces derniers sont les seules donnant des résultats cohérents pour les différentes transitions

qui

y aboutissent. Nous pouvons donc les considérer

comme à peu

près

certaines.

TABLEAU III

Transitions sur les niveaux excités

(R’

= J’ +

2)

de la bande

(V3

+

v4).

Les nombres d’ondes et les

différences

sont en

cm-1.

Les lettres

B,

H et G se

réfèrent

aux spectres

[11 ], [9]

et

(2) respectivement.

L’astérisque

marque les raies dont l’attribution est

définie

a

priori

et

qui

servent de base au calcul.

(7)

230

Le tableau III

présente

l’ensemble des transitions

qui

ont été attribuées. Elles sont au nombre de

149,

classées par nombres d’ondes croissants. La nota- tion des raies est conforme à

l’expression (4).

La

dernière colonne

indique

la différence entre les nombres d’ondes observé et calculé

(observé-calculé)

dans

chaque

cas.

L’astérisque précise

une raie

ayant

servi de base au

calcul,

c’est-à-dire attribuée a

priori.

3.2 DIscuSSION. - L’examen du tableau III montre que les différences entre les nombres d’ondes obser- vés et calculés sont faibles. En

règle générale

elles ne

dépassent

pas la résolution du spectre

(ce qui

consti-

tuait le critère de choix des

raies),

sauf pour

quelques

raies mal résolues ou de faible intensité mais dont l’attribution ne

peut

faire de doute. Le niveau de base du méthane étant connu avec une incertitude de l’ordre de

10-4 CM-1

pour

Jo 12, grâce

aux constantes

moléculaires déterminées par

Tarrago et

al.

[6, 7],

seule

la

précision

sur la mesure des

fréquences

limite théori- quement la méthode

exposée

ici. Nous pensons d’ail- leurs que la

précision

obtenue aurait été sensible- ment améliorée si nous avions pu

disposer

d’un spectre

unique,

à haute

résolution,

pour l’ensemble de la

FIG. 3. - Spectre de (v3 + v4) entre 4 265 et 4 290 cm-1. De haut en bas sont représentés : (a) le spectre expérimental d’après Husson et

al. [9] ; (b) l’ensemble des raies actuellement interprétées, rappelées sur (a) par un trait gras, et dont l’intensité est simplement reprise de (a) ; (c) les raies appartenant à la bande (v, + v4) d’après Bobin [12] ; en (d) et (e) respectivement, les transitions sur les niveaux excités

/ T’. n i m 11, -..» D’ - T’ 1 ’11 A- 1... 1...

(8)

FIG. 4. - Spectre de (v. + v4) entre 4 341 et 4 358 cm-1. Les notations sont identiques à celles de la figure 3. Le spectre (a) est dû à Bré- gier [11]; la ligne (c) n’apparaît pas, la bande (v, + v4) n’atteignant pas cette région.

région étudiée,

les différences

d’étalonnage

entre les

trois

spectres

utilisés étant une source d’erreur.

Afin d’illustrer cet

exposé,

nous

présentons

deux

parties

du spectre de la bande

(V3

+

v4).

La

figure

3

montre la

région

de 4 265 à 4 290

cm-1,

avec de haut

en bas : le spectre

expérimental,

le

spectre théorique (dont

les intensités sont

simplement reprises

du

précé- dent),

et

l’interprétation

des différentes transitions. Les raies

appartenant

à la bande

(VI

+

v4)

sont situées

d’après

la récente

analyse

de Bobin

[12].

Les raies non

encore attribuées

peuvent appartenir :

d’une part à

la bande

(vi

+

V4)

dont l’extrémité de la branche R est très difficile à

préciser;

d’autre

part

aux autres sous-bandes

(J’ ;

R’ =

J’, J’

+ 1 -

Jo)

de

(v3

+

v4).

La

figure 4, organisée

suivant le même

schéma, présente

la

région

de 4 341 à 4 358

cm-1, proche

du

centre de la bande. On peut constater que de nom-

. breuses raies intenses sont

déjà interprétées.

Nous

devons toutefois noter que certaines attributions sont différentes de celles de Pascaud

[2].

Il est intéressant de confronter nos résultats avec

les mesures connues du nombre

quantique Jo

du

niveau de base. Ces mesures, effectuées par Delorme et Cadot

[3]

pour un certain nombre de raies

simples,

résultent de la

comparaison

des intensités à chaud

TABLEAU IV

Comparaison

entre les valeurs de

Jo

mesurées par Delorme et Cadot

[3]

et les valeurs attribuées dans le

présent

article. Le3 numéros des raies

correspondent

à la nomenclature de

Brégier [11].

(9)

232

(300 K)

et à froid

(100 K).

Le tableau

IV,

établi pour les 16 raies

concernées,

montre une très bonne concor- dance entre la théorie et

l’expérience,

compte tenu de la

précision

des mesures.

4. Conclusion. - La méthode très

simple

que nous

venons

d’exposer

a

permis l’attribution,

de

façon quasi certaine,

d’environ 150 raies de la bande

(v3

+

v4).

Son

application

semble

envisageable

à toute bande

du même type

(avec

l’ =

2),

dès lors

qu’il

est

possible

de

dégager

un certain nombre de structures

simples.

C’est le cas, par

exemple,

des bandes

(2 V4)

et

(v2

+

V3)

du méthane. Pour les niveaux excités du type

(J’ ;

R’ =

J’,

J’ ±

1)

de

(V3

+

V4)

cette

application paraît plus difficile,

aucune structure évidente ne se

déga-

geant du spectre. Toutefois une étude

théorique plus complète

de ces

niveaux,

avec l’aide des résultats

exposés

ici et des mesures d’intensités mentionnées

plus haut,

est en cours. D’autre part, la connaissance des niveaux

d’énergie (J’ ;

R’ = J’ ±

2)

nous sera

fort utile pour l’étude de la résonance vibrationnelle entre les bandes

(V3

+

v4)

et

(v,

+

v4)

du méthane.

APPENDICE

Nous avons

énoncé,

au

paragraphe 2.1,

une pro-

priété remarquable

des

symboles

de

couplage

F(3jj’)A2pp’ :

pour

j’ = j - 3, j’ et p’

étant

fixés,

il existe

un et un seul indice p tel que le

symbole

correspon- dant ait une valeur non

négligeable

par

rapport

aux

autres

symboles possibles.

Cette

propriété

est à la base

de la méthode

exposée

dans le

présent

article. Le

tableau V donne les valeurs

(3)

des

symboles F(3jj’)A2pp’

pour j’ ~ j ~

13.

Rappelons

que :

TABLEAU V

(4)

Symboles 3-j

du type

F(3jj’)A2pp’

(10)

La méthode de calcul et les

propriétés

de ces

symboles

ont été

exposées

par Hilico

[13].

Considérons maintenant la classification des niveaux

d’énergie

telle

qu’elle

a été faite par Moret-

Bailly [8]

pour un niveau excité

triplement dégénéré.

En

première approximation,

les

positions

de ces

niveaux sont des fonctions linéaires des coefficients de Clebsch-Gordan

diagonaux F AI p p

si R

désigne

le

nombre

quantique

rotationnel associé à

chaque

struc-

ture.

Dressons,

dans le tableau

VI,

la liste des niveaux par

énergies

croissantes

l’intérieur de

chaque

struc-

ture)

en fonction de

(-1)R F( 4RR)@

ceci

pour, R

= 3 à 8

par

exemple.

Les valeurs des coefficients de Clebsch- Gordan sont dues à

Moret-Bailly

et al.

[10].

On note

la

propriété

suivante :

lorsque

l’on passe de R à R +

3,

on retrouve une

disposition

de niveaux ana-

logue,

mais

complétée

suivant les cas : par un doublet F2-F 1 si R est

pair;

par un

triplet

A2-F2-E ou

E-F 1-A 1 si R est

impair.

Ces niveaux

supplémentaires

sont très détachés de la

pseudo-structure

R. Ceci

explique pourquoi,

par

exemple,

une structure

tétraédrique

de nombre quan-

tique R

= 8 ressemble à une structure R =

5, complé-

tée par un

-triplet

très serré. Cette

propriété

a été uti-

lisée pour mettre en évidence la branche

R(Jo

+ 3 -

Jo)

décrite au

paragraphe

2.2

(voir

la

figure 2).

De

plus,

la

correspondance

entre un niveau de la structure R et le niveau de même rang de la structure R + 3 n’est pas

quelconque :

elle est déterminée par la valeur maximale des

symboles F ( 3R+3R) possibles.

Par

exemple,

le

premier

niveau relatif à R = 5 est

Fi ;

il en résulte que le

premier

niveau

correspondant

à

R = 8 est

F2,

car le

symbole F( 3 8 5)

est

beaucoup plus grand

que le deuxième

symbole possible F ( 3 Il 5)

(voir

la

figure

2 et le tableau

V).

TABLEAU VI

Classification

des niveaux rotationnels R = 3 à

8,

par valeurs croissantes des

symboles

de Clebsch-

Gordan

( - 1 )R F(4RR)

Cette

propriété,

tout à fait

générale,

a

permis d’iden-

tifier les

symétries

des niveaux

d’énergie

entre

lesquels

s’établissent les transitions étudiées ici. Sa

justifica-

tion

théorique, entreprise

au Laboratoire par Mlle

Michelot,

fera

l’objet

d’une

publication

ultérieure.

Bibliographie

[1] BOBIN, B. et HILICO, J. C., J. Physique Lett. 35 (1974) L-65.

[2] PASCAUD, E., Thèse, Dijon (1972) A. O. 6853.

[3] DELORME, R., Thèse 3e Cycle, Dijon (1972) ;

CADOT, J. and DELORME, R., J. Mol. Spectrosc. 48 (1973) 443.

[4] MICHELOT, F., MORET-BAILLY, J. and Fox, K., J. Chem.

Phys. 60 (1974) 2606.

[5] CURL, R. F. Jr, J. Mol. Spectrosc. 48 (1973) 1965.

[6] TARRAGO, G., DANG-NHU, M. et POUSSIGUE, G., C. R. Hebd.

Séan. Acad. Sci. B 278 (1974) 207.

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Spectrosc. 49 (1974) 322.

[8] MORET-BAILLY, J., Thèse, Paris (1961); et Cah. Phys. 15 (1961) 237.

[9] HUSSON, N., POUSSIGUE, G., VALENTIN, A. et AMIOT, C., Revue Phys. Appl. 7 (1972) 267.

[10] MORET-BAILLY, J., GAUTIER, L. and MONTAGUTELLI, J., J. Mol.

Spectrosc. 15 (1965) 355.

[11] BRÉGIER, R., Thèse, Dijon (1970) A. O. 3665.

[12] BOBIN, B., J. Physique Lett. 35 (1974) L-121.

[13] HILICO, J. C., Thèse, Dijon (1969) A. O. 3666.

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