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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Gottschalk, M. Y. (1996). Profil psychologique clinique et organisationnel du terroriste: recherche empirique et étiologique qualitative et quantitative sur

les paramètres critiques de personnalité de 90 terroristes appartenant à 10 organisations terroristes au Moyen-Orient et sur le degré d'homogénéité organisationnelle en termes des caractéristiques psychologiques des individus qui les composent (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des Sciences psychologiques et de l'éducation, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/212263/1/ae13bb95-fc26-4a00-8fe6-012940b51f24.txt

(English version below)

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(2)

UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES

FACULTÉ DES SCIENCES PSYCHOLOGIQUES ET DE L'EDUCATION

P rofil P sychologique C linique et

O rganisationnel du T erroriste

R echerche empirique et étiologique qualitative et

QUANTITATIVE SUR LES PARAMÈTRES CRITIQUES DE PERSONNALITÉ

DE 90 TERRORISTES APPARTENANT À 10 ORGANISATIONS

TERRORISTES AU MOYEN ORIENT ET SUR LE DEGRÉ D'HOMOGÉNÉITÉ ORGANISATIONNELLE EN TERMES DES CARACTÉRISTIQUES PSYCHOLOGIQUES DES INDIVIDUS QUI LES COMPOSENT

Volume 2

La Recherche

Dissertation préparée sous la direction de Monsieur le Professeur A. Lefèbvre

en vue de l’obtention du grade scientifique de Docteur en Sciences Psychologiques

Michel Gottschalk

AOUT 1996

(3)

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

FACULTÉ DES SCIENCES PSYCHOLOGIQUES ET DE L'EDUCATION

P rofil P sychologique C linique et

O rganisationnel du T erroriste

R echerche empirique et étiologique qualitative et

QUANTITATIVE SUR LES PARAMÈTRES CRITIQUES DE PERSONNALITÉ

DE 90 TERRORISTES APPARTENANT À 10 ORGANISATIONS

TERRORISTES AU MOYEN ORIENT ET SUR LE DEGRÉ D'HOMOGÉNÉITÉ ORGANISATIONNELLE EN TERMES DES CARACTÉRISTIQUES PSYCHOLOGIQUES DES INDIVIDUS QUI LES COMPOSENT

Volume 2

La Recherche

Dissertation préparée sous la direction de Monsieur le Professeur A. Lefèbvre

en vue de l’obtention du grade scientifique de Docteur en Sciences Psychologiques

Michel Gottschalk

AOUT 1996

K Z-

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TABLE DES MATIERES (VOLUME II)

DEUXIEME PARTIE : LA RECHERCHE CHAPITRE VI. INTRODUCTION

EPISTEMOLOGIQUE ET METHODOLOGIQUE

A. Q uelques mots sur l ’ approche “ scientifique ” dans

L’ETUDE DE L’ETRE HUMAIN

B. L’ approche qualitative ____________________________________________________ 75/

C. OBJECTIVITE DES OBSERVATIONS____________________________________________152

D. L es DONNEES EMPIRQUES____________________________________________________ 153^

i) L es données generees par les autres cherchei rs dans c : e domaine

ii) L es données comprises dans la litter . ature non scientifique 154 iii) L es données auto generees

E. A ccès public des observation iss

F. REPETITIVITE DES OBSERVATIONS

2. CADRE THEORIQUE GENERAL DE LA RECHERCHE____________1^

A. L e M innesota M ultiphasic P ersonality I nventory - 2 160

(MMPI-2)

i) CRITERES D’INTALIDATION DU PROFIL (1) Style de réyonse déviant

Réponses au hasard

Toutes les réponses sont positives Toutes les réponses sont négatives ii) L es E chelles cliniques

(1) Interprétation des échelles cliniques

iii) L es sous e ( belles du MMPI-2 162

(1) Les sous échelles de Harris & Lineoes, les sous échelles de Ben Porath, Hostetler, Butcher & Grahatn, les échelles de contenu et les échelles

______ supplémentaires __________________________________________________________

iv) C onclusion des sous E chelles cliniques 164

B. L e questionnaire d ’ attitudes et d ’ orientations

c. Q uestionnaire sociologique

D. L’ entretien individuel

(5)

CHAPITRE VIL LES QUESTIONNAIRES: 166 INTRODUCTION AU TRAITEMENT

DES ITEMS

1. METHODE DE PASSATION ET CONTENU DES 166 QUESTIONNAIRES

A. L es questions factuelles et organisationnelles

B. Q uestions d ' attitudes et d ’ opinions ______________________________________

C. L es questions indirectes 168

D. L es items ouverts et semi ouverts

î) L es items ouverts

iî) L es items semi ouverts 169

iii) I tems relatifs a l ’E thnocentrisme 1 70

(1) Echelle d’Ethnocentrisme / 77

iv) I tems relatifs a l ( orientation autoritaire anti hi mamste

(1) Echelle d'autoritarisme J J4

v) I tems relatifs a la pensee magique ^ la superstition , aux stereot \ pes :

_____________ L ieu de C ontrôle E xterne (LOC-E) ________________________________________________

vi) L es sous ECHELLES d ’ orientation externe VS. interne 175 vii) I tems relatifs au perspectfvtsme

(1) Echelle de perspectivisme J 75

viii) I tems RELATIFS AU NON perspectivisme 176

(1) Echelle de non perspectivisme ] 77

ix) I tems relatifs au fond . amentalisme et au fondamentalisme d ’ exclusion

(1) Echelle de fondamentalisme total ] 7 g

Sous échelles de fqndgmentqli^ d Exclusion

x) I tems relatifs a l ’ orientation nécrophile \ s . biophile

xi) I tems RELATIFS AU CONFORMISME puritain 179

él) Echelle de conformisme puritain

xii) I tems relatifs aldc auto perceptions positiv es , neutres et negatwes

(1) Echelle des auto perceptions positives 181

(2) Echelle des auto perceptions neutres

(3) Echelle théorique des auto perceptions et perceptions de l'Autre néeatives xiii) I tems relaties aux attitudes féministes , sexistes et androgvnes

xiv) E chelle d androgynie 182

Sous échelle de sexisme

Sous échelle d [androgynie JS3

xv) I tems relatifs a la vision tunnel ” ( hypothèse de F riedl and ) 1 84

(1) Echelle de la vision tunnel

2. ENTRETIEN CLINIQUE 185

A. B ase de sélection pour l ’ entre tien clinique I 86

i) L e mode

ii) L’ appartenance iDEOLOGico - organisationnelle 187

(6)

RESULTATS 188 CHAPITRE VUE QUELQUES REMARQUES SUR

LES COMPARAISONS INTERCULTURELLES EN PSYCHOLOGIE

1. LES SUJETS 189

A. C omparaison des données sociologiques de la

PRESENTE RECHERCHE AVEC LES DONNEES DE RUSSEL &

M iller

191

B. S ituation familiale

C. AGE 191

D. O rigine urbaine vs . rurale 193

E. S tatut socio professionnel

F. N iveau d ’ éducation 194

CHAPITRE IX. COMPARAISON DES DEUX GROUPES DE CONTROLE

1. ECHELLE DE VALIDITE D’INFREQUENCE - “FB” 196

2. ITEMS DE DETECTION DU MENSONGE - “L ” 3. ECHELLE DE CONTENU DE CONSTRUCTION

MENTALES BIZARRES (BIZ - 23 ITEMS)

197

4. ECHELE DE CONTENU DE CYNISME (CYN)

5. ECHELLE SUPPLEMENTAIRE DE FORCE DU MOI (EGO STRENGT - ES) DE BARRON

6. ECHELLE CLINIQUE 8 DE SCHIZOPHRENIE 198

7. ECHELLE CLINIQUE 9 D’HYPOMANIE

8. ECHELLE DE CONTENU D’OBSESSIONNALITE 199

9. ECHELLES SUPPLEMENTAIRES DE ROLES SEXUELS (GM ET GF) DE PETERSON

199

10. SOUS ECHELLE DE BESOIN D’AFFECTION (HY2) 200

11. SOUS ECHELLE D’IDEES DE PERSECUTION (PA 1) 201

12. SOUS ECHELLES D’ACRIMONIE (POIGNANCY PA2 ) 13. SOUS ECHELLE DE NAÏVETE (PA)

14. SOUS ECHELLE D’ALIENATION EMOTIONNELLE (SC2)

15. SOUS ECHELLE DE MANQUE DE MAITRISE MOÏQUE / INHIBITION DEFICITAIRE (SC5)

202

16. SOUS ECHELLE D’EXPERIENCES SENSORIELLES ETRANGES (SC 6)

17. ECHELLE DE CONTENU D’INDICATEUR DE REACTION NEGATIVE AU TRAITEMENT

PSYCHOTHERAPIQUE (NEGATIVE TREATMENT INDICATOR - TRT)

18. NOUVELLE ECHELLE CLINIQUE PS Y 5/2 DE 203

(7)

PSYCHOSE DE HARICNESS, MC NULTY & BEN PORATH

19. NOUVELE ECHELLE CLINIQUE PSY 5/4 DE NEVROSE DE PSYCHOSE DE HARICNESS, MC NULTY & BEN PORATH

20. LIEU DE CONTROLE INTERNE (LOCIN)

CHAPITRE X. COMPARASONS ENTRE

TERRORISTES ET CONTROLE SUR LES ECHELLES QUI DIFFERENT ENTRE LES DEUX GROUPES DECONTROLE

I. TERRORISTES PALESTINIENS VS. CONTROLE PALESTINIEN SUR LES (SOUS) ECHELLES NON GENERALISABLES AUX DEUX GROUPES DE CONTROLE

A. L ieu de contrôle interne (LOCIN)

205

2. DIFFERENCES DE MOYENNES SIGNIFICATIVES ENTRE LEGROUPE DE CONTROLE ISRAELIEN ET LES

TERRORISTES ISRAELIENS SUR LES (SOUS) ECHELLES NON GENERALISABLES.

205

A. E chelle de validité du MMPI-2 (F b ) 206

B. L ieu de contrôle interne

C. E chelle 8 du MMPI-E - S chizophrénie

D. E chelle 9 du MMPI-2 - H ypomanie

207

E. E chelle de contenu d ’ experiences mentai . es bizarres (BIZ)

F. E chelle de contenu de cynisme (CYN)

G. E chelle supplémentaire de force moïque (ES) H. E chelle de contenu d ’ obsessionnalite (OBS)

208

I. S ous echelle de besoin d ’ affection (HY 2)

J. S ous echelle d ’ idees de persécution (PA 1 ) K. S ous echlle d ’ acrimonie (PA2)

209

L. S ous echelle de naïvete (PA 3) 210

M. S ous E chelles de l ’ echelle clinique 8 de

SCHIZOPHRENIE D’ALIENATION EMOTIONNELLE (Sc2), DI- MANQUE DE CONTROLE MOÏQUE (Sc5, INHIBITION

DEFICITAIRE) ET D’EXPERIENCES SENSORIELLES ETRANGES

(SC6)

N. E chelle de cntenu de réaction négative au TRAITEMENT PSYCHOTHERAPEUTIQUE

211

O. N ouvelle echelle clinique PSY5/2 de P sychose de PSYCHOSE DE HARKNESS, MC NULTY & BEN PORATH

212

(8)

CHAPITRE XL COMPARAISONS ENTRE 216 TERRORISTES ET GROUPES DE

CONTROLE FUSIONNES

1 . DIFFERENCES DE MOYENNES ENTRE TERRORISTES 216

ET GROUPE DE CONTROLE SUR LES (SOUS) ECHELLES A VARIANCES DIFFERENTES

(1) Echelle supplémentaire des Problèmes famiUaux (FAM) (21 Fondamentalisme d’exclusion (FONDEXCL)

QL Sous échelle d’orientation sexiste (SEXIST

l^L Echelle d’attitudes sexuelles (SEXA TTIT 215

Echelle d’attitudes non perspectivistes (NPERSPEC (6) Echelle cliniaue N°4 de déviance psvchopathiaue (PD)

(7) Sous échelle de manque de contrôle moïQue des processus coenitifs (SC3)

(8) Sous échelle de lassitude et malaise (HY3) 216

(9) Sous échelle d’inflation moïaue (MA4s)

~2. DIFFERENCES DE MOYENNES ENTRE TERRORISTES 2Ï7

ET GROUPE DE CONTROLE SUR LES SOUS ECHELLES A VARIENCES EGALES

(1) Echelles supplémentaire d’anxiété “A ” de Welsh et de contenu, “ANX”

(2) Echelle de contenu de colère problématique “ANG"

A. Sous ECHELLES PSYCHOPATHIQUES DE PROBLELMES 218

D’AUTORITE (PD2), D’ALIENATION SOCIALE (PD4), D’AUTO ALIENATION (PD5) ET ECHELE DE CONTENU DE PRATIQUES ANTI SOCIALES (ASP)

B. E chelle clinique N°2 de dépréssion _______________________________________

(1) Sous échelle clinique de dépression subjective (Dl) 219

(2) Sous échelle clinique de lenteur mentale, (D4) (3) Sous échelle de rumination (Broodins, D5)

C. E chelle supplémentaire de dominance (DOM)

D. E chelle clinique N°1 d ’ hyi ^ ochondrie (HS)

E.

F.

E chelle devalidite “ k ” de correction

L es echeles supplémentaires suggérant que le

REPONDANT PRESENTE UN SYNDROME DE DESORDRE POSl' TRAUMATIQUE (PK DE KJEANE ET PS DE SCHLENGER)

220

G. E chelle clinique N°7 (P t , N evroseobsessionnelle ) 222

H. E chelle supplémentaire de refoulement ( R )

I. E chelle supplémentaire de responsabilh e sociait (RE) 223

J. E chelle clinique N® 0 d introversion sociale (SI) 224

K. Sous ECHELLE CLINIQUE D’ALIENATION SOCIALE DE NATURE SCHIZOÏDE (Sel ) ET DE MANQUE DE CONTROLE MOÏQUE EMOTIONNEL (CONATIVE, Sc4)

225

L. E chelle PSY5/1 d ’ agressivite

M. E chelle d ’ autoritarisme general (MAINAUT)

fit Sous échelle d’aeression autoritaire (SUBA GA UT)

227

N. E chelle de conforfisme puritain (CONPURIT)

O. E chelle de fondamentalisme générai , et d ’ exclusion

(FONDAMEN ET FONDEXCL)

(9)

P. E chelle d ’E thnocentrisme 228

Q. E chelle de perspectivisme (PERSPECT) 229

R. E chelle d ’ auto perceptions et perceptions de l ’A utre

positives (SELFP), neutres (SELFNEUT) et négative

(SELFNEG)

229

S.

T.

U.

E chelle de contrôle interne vs . externe

E chelle d ’ orientation nécrophile

E chelle de la vision tunnel ( hypothèse de F riedland )

230

CONCLUSIONS DES RESULTATS POUR LA

COMPARAISON ENTRE TERRORISTES ET CONTROLE

231

CHAPITRE XII. COMPARAISONS ENTRE LES GRANDS GROUPES EN FONCTION DE L’APPARTENANCE ETHNIQUE ET / OU ORGANISATIONNELE

A. C omparaisons entre terroristes le long de l ’ axe

ETHNIQUE.

IDENTITE: SOUS ECHELLE DE DEPRESSION SUBJECTIVE (DI )______________________

B. E chelles de validité “L”, “F” et “K” 236

C. E chelle clinique N°3 d ’ hysterie (H y ) 237

D. Sous ECHELLE DE BESOIN D’AFFECTION (H y 2)

E. Sous ECHELLE D’ALIENATION SOCIALE (PD4)________________________

F. E chelle de contenu de pratiques anti sociale (ASP) 238

G. Sous ECHELLE D’IDEES DE PERSECUTION (PA I )

H. Sous ECHELLE DE NAÏVETE______________________________________________________

I. Sous ECHELLE D’INHIBITION DEFICITAIE (SC5) 240

J. E chelle de contenu de constructions mentales

BIZARRES (BIZ)

K. E chelle clinique N°9 d ’ hypomanie (M a )_________________________________

L. E chelle de contenu de cynisme (CYN) 241

M. N ouvelle echelle clinique de psychose (P sy 5/2)

N. Sous ECHELLE D’AGRESSION AUTORITAIE ___________________________

O. A utoperceptions et perceptions de l ’A utre negativts 242

(SELFNEG), ET POSITIVES (SELFP)

P. O rientation nécrophile ______________________________________________

Q. P erspectivisme (PERSPECT) 243

R. F ondamentalisme d ’ exclusion (FONDEXCL)

S. E chelle d ’ intolerance de l ’ ambiguïté (TUNNEL)____________ 2^

2. CONCLUSION DE LA COMPARAISON LE LONG DE 245 L'AXE ETHNIQUE_________________________________________________

3. COMPARAISON ENTRE LES GRANDS GROUPES EN 248 FONCTION DE L’APPARTENANCE

ORGANISATIONNELLE ET/OU IDEOLOGIQUE

A. T erroristes " révolutionnaires et intégristes

religieux "

(10)

i) (Sous) ECHELLES DISTINCTIVES DES TERRORISTES "RE%'0LUTI0NNAIRES" SLR

l ' axe IDEOLOGIQUE DES GRANDS GROUPES

(1) Sous échelle de mangue de contrôle des processus cognitifs (Sc3f

248

(2) Echelle supplémentaire de responsabilité sociale (RE) 249

ii) (Sous) ECHELLES SUR LESQUELLES LES TERRORISTES "REVOLUTIONNAIRES" ET INTEGRISTES RELIGIEUX SE DISTINGUENT DU GROUPE DE CONTROLE

ai. Echelle clinigue N°6 de désordre paranoïaque (Pa)

QL Echelle clinigue N°9 d'hvpomanie (Ma) 250

(3) Echelle clinigue N°7 de névrose obsessionnelle (Pt} 251

(IL Nouvelle échelle clinnigue de névrose (Psy(/4)

QL Sous échelle de rumination CD5)

iii) (Sous) ECHELLES SUR LESQUELLES LES TERRORISTES INTEGRISTES RELIGIEIX SE 253

DISTINGUENT DU GROUPE DE CONTROLE

(1) Sous échelles de dépression subjective (DU, de lenteur mentale (D4) et échelle de contenu de dépression eénérale (DEP)

(2) Sous échelles clinique d'hystérie: Besoin d'affection (Hv2), et d'inhibition de Vaeression (Hv5) ______________________________________________

(3) Sous échelle clinigue de discorde familiale (PDI), échelles de contenu de discorde familiale (FAM) et de pratigues anti sociale (ASP)

254

(4) Sous échelles clinigues d'orientation paranoïde d'acrimonie (Pa2) et de naïveté (Po3)

255

(S) Echelle clinigue de schizophrénie (Sc) et sous échelles de mesures schizoïdes d'aliénation émotionnelle (Sc2), de mangue de contrôle moïgue émotionnel (Sc4), d'inhibition déficitaires (Sc5), et d'expériences sensorielles étranges (Sc6)

256

(6) Echelle clinigue N° 0 d'introversion sociale (SI) et sous échelles clinigues d'évitement social (SI2), d'aliénation de soi et des autres (SI3), et échelle de contenu d'inconfort social (SOD)

(7) Echelle supplémentaire de dominance de Cough & Mc Closkv (DOM)

257

(8) Nouvelle échelle clinigue de psvchose (Psv5/2)

(9) Nouvelle échelle clinigue de la dimension d'émotivité positivr/extraversion (PsvS/5)

258

(10) Echelle d'intolérance de l'ambiguité (TUNNEL) 259

4. CONCLUSION DE LA COMPARAISON LE LONG DE L'AXE IDEOLOGIQUE POUR LES GRANDS GROUPES

5. COMPARAISON ENTRE TERRORISTES PRISONNIERS 261 ET LIBRES

A. Sous ECHELLE PD4 D’ALIENATION SOCIALE

B. Sous ECHELLE D'INTOLERANCE DE L’A^MBIGUÏTE

(11)

CHAPITRE XIII. COMPARAISONS ENTRE LES PETITS GROUPES EN FONCTION DE L'APPARTENANCE

ORGANISATIONNELLE ET IDEOLOGIQUE

1 . PROFILS INDIVIDUELS ET PROFILS DE GROUPES

262

2. CONFIGURATIONS INDIVIDUELLES ET COLLECTIVES 267

3. CONCLUSION DE LA COMPARAISON ENTRE LES

DIFFERENTS GROUPES BASEES SUR LES FREQUENCES DE SCORES CLINIQUES ELEVES (T( mmpi 2)>64),

RELATIVEMENT ELEVES (59<T( mmpi 2)<64), ET INDICATEURS GLOBAUX DE TENDANCE

274

4. BASEES SUR LES MODES DES TROIS ECHELLES CLINIQUES LES PLUS FREQUENTES EN PREMIERE, DEUXIEME ET TROISIEME POSITION

CONFIGURATIONNELLE)

277

5. DIFFERENCES ET CARACTERISTIQUES ORGANISATIONNELLES

280

A. E chelle I d ' hypochondrie

B. E chelle 2 de dépréssion

C. E chelle 3 d ' hysterie

281

D. E chelle 4 de déviance psychopathique

E. E chelle 6 de désordre paranoïaque

F. E chelle 8 de schizophrénie

G. E chelle 9 d ’ hypomanie

H. E chelle 0 d ' introversion sociale

282

CONCLUSION ET DISCUSSION

TERRORISME = PSYCHOPATHOLOGIE?

REFLEXIONS D’ORDRE PEDAGOGIQUE

E ducation a la démocratie en tant que mesure préventive contre le

TERRORISME

299

LIBERTE DE LA PRESSE, DROIT DE SAVOIR ET TERRORISME 306

POSTFACE: ODYSSEE D'UN CHERCHEUR OU DE CE QUI SEPARE LE DISCOURS DE SON OBJET

309

REFERENCES

312

(12)

Le Profil Psychologique du Terroriste Vl-148

DEUXIÈME PARTIE : LA RECHERCHE

Chapitre VI - INTRODUCTION ÉPISTÉMOLOGIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE

1. APPROCHE MÉTHODOLOGIQUE

Une approche clinique visant à «typifien> le terroriste en tant qu'entité psychoclinique distincte oblige le chercheur à adopter deux approches méthodologiques de l'intégration desquelles pourra dériver un profil généralisable (du moins plus généralisable que ceux qui existent actuellement): l'une dite scientifique, quantitative l’Autre qualitative et forcément subjective.

A. Q uelques mots sur l ' approche « scientifique » dans

L'ÉTUDE DE L'ÊTRE HUMAIN

Avant de tenter de décrire ou de proposer une méthodologie censé nous aider à construire un modèle de processus comportementaux, psychosociaux et intrapsychiques pour le terroriste que les résultats de cette recherche suggéreraient, il est important de faire quelques remarques sur l'application et l'utilisation en Sciences Humaines -et pour ce qui me concerne, en Sciences humanistes- des instruments de mesures empruntés aux sciences exactes.

La démarche scientifique et les outils de la science ont été initialement inventés par l'humain essentiellement pour tenter de comprendre et de façonner son environnement non humain dans les limites de ce que ses instruments de mesure lui permettent de percevoir. La démarche scientifique est donc nécessairement une démarche réductionniste de la nature. Le réductionnisme et la simplification sont d'ailleurs l'objectif principal de la science et l'objectivité est la condition première et obligatoire de la fiabilité et de la validité de l'observation.

Nous élaborons des théories sur la nature et inventons les outils qu'elles suggèrent le plus souvent, non pas pour vérifier la théorie mais pour la mesurer, non pas pour la confirmer ou l'infirmer mais pour connaître les limites utiles de son applicabilité. Nous savons depuis Einstein que la Physique Newtonienne -toujours enseignée dans nos écoles- est essentiellement fausse, mais qu'elle se vérifie par les instruments qu'elle a inventés. Cette physique ne nous a pas empêcher, mais au contraire, a inspiré les plus grandes révolutions intellectuelles, philosophiques et technologiques de l'histoire de l'humanité en ce qu’elle a largement contribué au développement de la disposition intellectuelle qui a rendu possible la naissance de la Physique moderne. Si Copernic peut être considéré comme le précurseur de l’indépendance du penseur par rapport au dogme, Galilée, comme le pionnier de la démarche expérimental iste selon laquelle devient faux ce que Y observation dément « Epur, si muove », et Newton, comme l’inspirateur des principes de la démarche scientifique moderne, révolutionnaire car elle remplaçait le dogme - irréftitable et absolu- par la théorie, fraîchement libérés des dogmes imbéciles, nous, utilisateurs et adhérents des méthodes scientifiques, avons souvent tendance à oublier que les instruments de la théorie ne font pas que mesurer ses concepts et nous aider à façonner et mieux comprendre le monde: ils façonnent également notre perception du monde en la réduisant à ce qu'ils mesurent comme le faisait le dogme, mais plus subtilement.

Quand ces instruments de mesure scientifiques sont utilisés par l'humain sur lui même, quand il est à la fois

l'observateur et l'observé, il est essentiel dans tout communiqué «scientifique» de nuancer ses conclusions en

soulignant que la première et plus importante condition de la démarche scientifique -l'objectivité, l'indépendance

de l'observateur vis-à-vis de son objet d'observation- n'a pas été satisfaite. Deuxièmement, il est important en

Sciences Humaines, de s'interroger sur la façon dont des instruments de mesures empruntés à des méthodologies

de la physique -science du non vivant, du rationnel et du logique- altère notre perception d'un objet d'observation

dont la première caractéristique se résume dans une prémisse irrationnelle: la vie, et dont la deuxième -du moins

quand il s'agit de l'humain- «le libre arbitre». Les manifestations -observables ou non- de ces deux prémisses, ne

peuvent néanmoins être regardées comme analogues au principe -déterministe- de la Physique des Quantiques

(13)

Le Profil Psychologique du Terroriste VI-149 d'indétermination, sans automatiquement -logiquement- enlever à notre existence l'essence même de sa valeur à nos yeux.

Les résultats de cette recherche, s'ils suggéreront quelques «lois naturelles» propres à nous donner le sentiment de mieux cerner leur objet d'observation, n'en sont pas moins réductionnistes, donc faux et mensongers. Ils mettent en évidence une proportion infinitésimale de propriétés de notre humanité, scientifiquement inexistantes car mesurées par les instruments d'un champ conceptuel aux prémisses diamétralement opposées à celles des sciences humaines. Cette approche de la motivation et du comportement humain, enfermée dans le paradigme physicaliste de sa soumission à des lois naturelles et soumises aux règles de la démarche positiviste réductioniste de la science objective indépendante de ce qu'elle mesure -conditions préalables de la validité de ses résultats- exclut de la recherche en Sciences Humaines toutes les autres propriétés humaines (subjectivement réelles mais indéfinissables telles la créativité et la spontanéité) qui ne peuvent être selon le paradigme scientifique, que les résultantes de prémisses définies par la théorie, sinon, elles interfèrent avec la recherche.

Turner', dans l'introduction de sa recherche sur la «personnalité radicale» critique la démarche scientifique en sciences humaines en ce qu'elle limite le chercheur aux aspects les plus triviaux et les moins intéressants de son objet:

«Ce que les êtres humains considèrent comme important dans leurs vies sont leurs activités nouvelles et non répétitives, mais ce qui donne aux chercheurs en sciences humaines le sentiment d'être des scientifiques, sont leurs modèles comportementaux invariables et précis [...]. Aussitôt qu'un événement important pour le genre humain intervient, nous avons de fortes chances de rencontrer des comportements exploratoires imprévisibles.

Prenons l'observation d'Archimèdes prenant son bain.. Il s'assoit dans sa baignoire en faisant un grand plouf comme il l'a toujours fait auparavant, se savonne dans une séquence d'actions identiques: tout ceci est précis, prévisible, invariable. Puis, à notre grande contrariété, il crie «Eurêka!», saute sur ses pieds, court et franchit les portes de sa demeure, nu et dégoulinant, faisant complètement s'effondrer notre expérience en infirmant nos hypothèses. Solennellement, nous décidons la prochaine fois d'instituer un «meilleur contrôle» et écrivons un court article sur 'le danger toujours présent de l'effet Eurêka '. Les aspects les plus nobles de l'humain sont de cette façon catalogués comme les dangers de la recherche»^.

Ce qui néanmoins Justifie cette approche dans l'étude de l'être humain, est paradoxalement ce qui également constitue un argument contre la validité de l'observation scientifique du monde physique. Cette critique consiste à dénoncer comme mensongère toute observation, fut ce d'une pierre- car notre perception du monde est une projection, le résultat d'une construction mentale. Si d'une part nous voyons la nature, l'univers entier comme obéissant à des lois universelles et inaltérables dont les effets sont observables et quantifiables, en tant qu'éléments de cet univers, n’est il pas présomptueux de notre part de nous croire entièrement soustraits aux lois qui le régissent? Voir dans le comportement d'un matériau, l'effet observable d'une force en physique ne nous oblige-t-il pas, suivant le même processus de construction mentale, de voir dans un comportement humain, l'effet mesurable d'une motivationl Force physique et motivation psychologique ne constituent-ils pas l'un comme l'autre, des concepts théoriques basés sur une perception essentiellement intuitive et artificiellement objectivable de nos univers, respectivement physique et psychologique?

C'est dans cette disposition d'esprit que l'approche quantitative a été utilisée dans cette recherche. L'approche quantitative codifiée par les lois de la mathématique a ceci pour avantage qu'elle est un langage symbolique permettant de résumer esthétiquement et de façon concise et précise une pensée, une démarche intellectuelle.

Mais son application en sciences humaines semble être devenue si systématique, si automatique que les prémisses et les limites de son applicabilité semblent trop souvent avoir été oubliées par ses utilisateurs. Cette recherche - comme toutes les recherches en science humaines qui font usage des mathématiques- interprète l'essentiel de ses données en se basant sur deux prémisses centrales en mathématique, mais essentiellement mensongères en sciences humaines: (1) la prémisse selon laquelle sont contenues dans un seul élément d'un champ d'analyse (un nombre), toutes les qualités du champ auquel il appartient; (2) la prémisse de l'additivité des éléments qui constituent son matériau; (3) une démarche logique cartésienne linéale où la pensée est structurée sur le mode

«si...alors» (si A, alors B, si B, alors C, etc.). Les erreurs qui découlent de l'acceptation implicite de ces prémisses en sciences humaines sont (1) l'acceptation implicite du principe de la divisibilité de l'être psychologique en traits

1 2

Op Cil

Turner. C H., Op. Cil, p. 9.

(14)

Le Profil Psychologique du Terroriste VI-150 qui le résument^; (2) l'additivité de ces traits en une entité qui ne serait ni plus ni moins que le résultat de leur addition; (3) l’emprisomiement intellectuel dans une démarche expérimentaliste et -quand il est question de santé (mentale et/ou physique)- clinique. Hors, l’expérimentalisme, la quantification est, comme l’écrit Bateson'', «le moyen de torturer la nature pour qu’elle vous réponde selon votre épistémologie, et non pas selon une épistémologie déjà immanente de la nature...»^, et la démarche clinique, «n’est Jamais qu’un moyen d’éviter l’ouverture d’esprit ou de perception qui vous permettrait de découvrir la globalité des circonstances ou prend place ce qui vous intéresse...»* *: les modèles d'idées qui ont amené le sujet humain étudié à être comme il est, plutôt que l’étiologie, les causes de son état actuel. En cherchant à décrire la personnalité d'un individu en termes de combinaison de traits, de caractéristiques séparés, nous leur imposons implicitement les propriétés axiomatiques des nombres d'additivité,.d'associativité^ et de cumulativité*.

Les mathématiques et les théories statistiques qui en sont dérivées dans l'état actuel des sciences humaines, sont le moyen considéré comme le plus valide et le plus fiable pour proposer des «lois universelles». C'est à partir d'elles que seront suggérées les généralisations relatives à ce qui distingue le terroriste, en tant qu’entité psychologique, du non terroriste. Nous empruntons donc artificiellement à la démarche positiviste le détachement qui sied à la reconnaissance de la recherche qu'elle inspire, et abordons sur le plan méthodologique dans la prise en compte des données quantitatives de cette recherche, la différenciation entre «terroriste» et «non terroriste»

comme presque aussi triviale qu'entre «blonds de cheveux» et «non blonds de cheveux» ou entre hommes et femmes, en ce sens si des fi^agments de leur personnalité, motivations, pourraient les distinguer les uns des autres, sans théorie(s) justifiant cette distinction et sans théorie(s) méthodologique(s) scientifiquement validée(s) par la communauté scientifique pour la tester quantitativement, elle est fantaisiste et scientifiquement inexistante. Il n'en reste pas moins que même si nous sommes justifiés d'utiliser des procédés méthodologiques empruntés aux sciences naturelles, si les objets physiques restent pour ce qui les concernent, indifférents à nos attentes, nos théories et nos comportements, il n'en va pas de même pour les êtres humains. Si le principe du détachement scientifique consistant à regarder le monde comme une série d'événements et d'objets sans liens avant qu'une corrélation significative entre eux justifie l'élaboration d'une théorie -et non d’un dogme- de ce qui les assemble, peut-on honnêtement parler du détachement du chercheur en sciences humaines? Regardons nous les comportements de nos semblables, ou les regardons nous comme une série d'individus dont les productions -entre autre verbales- sont sans relations entre elles, sans signification jusqu'à preuve statistiquement significative du contraire? Et dans la mesure où nous pourrions réellement être détachés, ce détachement à -t’il le même effet sur les pierres que sur nos semblables? Je ne le crois pas, pas plus d'ailleurs que ne le croit le sujet humain de l'observation dite scientifique.

Le sujet humain d'une recherche, en sa qualité d'être humain pas moins pensant et théorisant que le chercheur qui l'interroge ou l'observe peut il croire en la réalité du «détachement scientifique» du chercheur? Non, il lui attribue une motivation, une intention peut-être même antagoniste aux siennes qui influencera consciemment ou inconsciemment son comportement et ses attitudes (observés par le chercheur). Bannir du discours des sciences humaines et de la recherche les motivations du chercheurs est une illusion. C'est cette considération relative à

Tumer. (op. Cit. , p. 12) va même plus loin en affirmant que cette prémisse est également mensongère dans le champ des choses.:

« même une machine, écrit-il, réduite à ses éléments constituants n'est pas explicable par ces deniers. Avec tout le savoir du monde en Physique et en Chimie nous ne pourrons jamais expliquer une horloge sans nous identifier au but de son créateur en faisant l'horloge.

Son "horlogité" est un phénomène hollistique humain qui est perdu quand séparé de son objet. Ce n'est qu'en connaissant le but du créateur de l'objet, que notre connaissance de la physique peut en améliorer les fonctions. Il en va de même pour l'animal et l'étre humain. Notre reconnaissance de l'humanité dépend d’une norme de véracité[ .]. Un humain est indivisible -c'est ce que le mot

"individu" signifiait à l'origine».

^ Bateson. G,. « Epistémologie et Ecologie » dans Une Unité Sacrée: Quelques cas de plus vers une écoloeie de l esprit ». Op. Cit.. p 227- 345.

* Bateson. G., Op. Cit.. p. 266.

* Idem.

’ Principe mathématique selon lequel les même nombres groupés de différentes façons donnent toujours le même total.

* Par cumulativité est faite allusion au principe selon lequel une série de nombre, prise dans n'importe quel ordre donne toujours le même

résultat

(15)

Le Profil Psychologique du Terroriste V1-I5I l'impossible indépendance du chercheur en sciences humaines vis-à-vis de son objet de recherche qui a inspiré l'approche qualitative que J'ai adoptée dans la méthodologie de la recherche.

B. L 'APPROCHE QU ALITA TIVE

La méthodologie quantitative inspirée des Sciences exactes exige que les conditions de l'observation soient scrupuleusement «contrôlées» de manière à permettre la réplication ou l'altération systématique des résultats sous respectivement les mêmes conditions ou conditions prédéfinies de leurs manipulations. Dans un tel contexte, le sujet est confiné à réagir dans un environnement -physique et conceptuel- entièrement déterminé et unilatéralement contrôlé par le chercheur. Le sujet n'a d'autre choix (inconscient) que celui d'infirmer ou confirmer des hypothèses de recherche basées sur une «théorie-croyance» du chercheur, ignorée par son sujet dont les croyances et théories ne sont ni moins humaines, ni moins légitimes, ni même moins valides -dans le cadre de ce qui constitue pour lui les conditions de la validation d'une croyance- que celles du chercheur. En d'autres termes, l'infirmation ou la confirmation de l'hypothèse de recherche n'appartient en fin de compte qu'au chercheur, puisque le sujet observé est maintenu dans l'ignorance de la théorie du chercheur pour éviter une autre interférence à la recherche qui est «l'effet de la connaissance de la théorie du chercheur» risquant à son tour d'être la variable ayant déterminé les résultats plutôt que celle(s) manipulée(s) par la recherche. Cela ne signifie évidemment pas qu'aucun savoir important pour l'humanité ne peut résulter d'une telle procédure, mais qu'il y a des savoirs probablement aussi importants qui ne peuvent en résulter.

L'approche qualitative de cette recherche (par les items ouverts du questionnaire qui sera détaillé plus bas, et par l'interview partiellement construite) a également été adoptée pour obtenir des réponses à des questions qui n’ont pas été posées. Car la principale restreinte de la méthodologie scientifique est celle qui limite les réponses du sujet aux questions qu'on lui pose.

Un autre aspect de la méthodologie qualitative adoptée dans cette recherche est celle de la façon dont le chercheur a présenté ses motivations.

On peut faire «avaler» à un étudiant en psychologie que le seul «esprit de recherche scientifique en psychologie» anime le chercheur en laboratoire de Psychologie expérimentale. D'autant plus si -comme c'est souvent le cas- l'étudiant en question, en se rendant au laboratoire de Psychologie Expérimental se soumet au règlement de sa Faculté exigeant qu'il comptabilise un nombre d'heures en tant que cobaye de laboratoire^. Mais à Gaza, dans les Territoires Occupés, dans une prison israélienne ou dans une implantation juive de Judée- Samarie, on est soit un agent à la solde du Shabak'®, soit un sympathisant effectif ou potentiel.

Pour obtenir la collaboration des sujets de ma recherche, il était indispensable que je me présente sous le jour qui me donnerait le plus de chances de ne pas être renvoyé d'où j'étais supposé venir. J'optai donc pour un principe inspiré de mes considérations relatives à la contre vérité" que constitue le principe du détachement du chercheur par rapport à son objet d'observation. Afin d'obtenir les réactions les plus authentiques possibles, plutôt que de me présenter sous le même jour à des sujets aux motivations que je savais différentes sur la base de leur idéologie et de la nature de leurs relations avec les médias locaux et étrangers, j'optais pour un principe que j’appellerai de «proximité psychologique». Celui qui s'intéresse aux attitudes et au profil psychologique de

«combattants armés», s'il veut mener sa recherche à bien, ne peut afficher un «détachement» par rapport à son objet de recherche, surtout s'il a connaissance de la littérature relative à l'hypothèse de la qualité paranoïdoformes du caractère de ses sujets.

Ne parlant pas l'Arabe et pouvant difficilement prétendre à l'identité palestinienne, aux sujets palestiniens, je me suis donc présenté comme un chercheur belge ayant vécu de nombreuses années en Israël, ayant eu un père diplomate dans ce pays, et de nombreux amis palestiniens et israéliens qu'une hostilité affligeante et préoccupante

^ Dans l'université de Haïfa où j'ai fait une double license en Psychologie et en Sociologie/Anthropologie, la faculté de Psychologie conditionnait le passage de première candidature à la deuxième candidature -en plus de la réussite aux examens- la participation de l'étudiant à 200 heures de participation en tant que sujet aux recherches de la Faculté

Service de contre-espionnage et de lutte anti terroriste israélien

' ' Que je qualifierais d 'nsultante tant pour l'intelligence du chercheur que de son sujet humain

(16)

Le Profil Psychologique du Terroriste VI-152 pour moi semblait à jamais séparer. Je leur présentai ma recherche comme une recherche sur les combattants armés dans le -cadre de la lutte armée non étatique, leur décrivis l'état actuel de la recherche dans ce domaine relativement aux hypothèses psychosociales différentiant ou non différentiant le combattant armé non étatique du non combattant dans le même groupe culturel, religieux, ethnique ou national. La présentation des objectifs de ma recherche -hormis le remplacement de «terroriste» par «combattant armé non étatique» était une présentation exacte (mais incomplète) . Ma présentation personnelle s’est faite en fonction de ce principe de proximité psychologique; il me fallait être psychologiquement -en terme de mes motivations perçues - le plus proche possible des sujets de manière à ce qu'ils «m'embrigadent», ou à ce qu'ils perçoivent en moi au moins un sympathisant potentiel. J'adoptai donc la perplexité du sympathisant potentiel, s'interrogeant (les interrogeant) sur la nature «réelle» du Juif et de l'Israélien et sur leurs «réelles» motivations dans le processus de paix.

Aux sujets Juifs israéliens fondamentalistes. Je me suis présenté comme un Israélien, vétéran et réserviste gradé d'une unité d'élite de l'armée israélienne (que Je suis également). Comme chercheur en Psychosociologie menant une recherche sur la «lutte armée non étatique». Je Justifiai ma recherche à partir d'une université belge plutôt qu'israélienne par la nature de mes sujets palestiniens et israéliens et donc par le manque de fiabilité que les résultats de ma recherche auraient s'ils étaient issus d'une université israélienne. La Belgique n'étant relativement pas inquiétée par la «lutte armée non étatique», Je ne risquais aucune interférence idéologique relative aux conclusions de ma recherche de la part d'un directeur de thèse belge, personnellement pas impliqué dans la problématique idéologique locale de ma recherche, et dont la critique serait constructive car limitant ses interventions uniquement au niveau théorique, méthodologique, et de la qualité synthétique du travail, mais pas au niveau des conclusions que les résultats de cette recherche m’amèneraient à faire sur les uns et sur les autres.

Je me présentai comme un Israélien naïf de Galilée (que Je suis) s'interrogeant sur l'utilité de la lutte armée non étatique alors que l'armée israélienne est si efficace. Je me présentai également comme un israélien perplexe par rapport au processus de paix, s'interrogeant (les interrogeant) sur les motivations «réelles» des Palestiniens».

La démarche positiviste eût exigé que Je me présente de la même façon à tous les sujets de la recherche et cela afin d'assurer une même perception du chercheur par les sujets. C'est précisément ce que le «principe de proximité psychologique» que J'ai adopté était destiné à atteindre et à atteint plus sûrement à mon sens que si Je m'étais invariablement présenté comme un simple chercheur belge. En outre, la participation des sujets à la recherche était invariablement conditionnée par leur satisfaction aux réponses que Je leur donnais relativement aux motivations tant académiques que personnelles de ma recherche et peut donc suffit à Justifier cette approche qualitative.

C. O bjectivité des obser va tions '^

Les deux principales caractéristiques requises d'une observation pour satisfaire au critère d'objectivité sont (a) que l'observation n'affecte pas son objet et (b) que ce qui est observé n'affecte pas l'observateur.

Ces critères sont idéaux et impossibles à satisfaire et quels que soient le contexte et l'objet de l'observation, il n'existe pas d'assurance contre les distorsions résultant de « l'effet Rosenthal'^ »

Rackover'" propose la solution idéale selon laquelle l'observateur ignore l'explication théorique de l'observation qu'il doit faire. Mais comme ceci est impossible car c'est la théorie qui détermine l'objet d'observation et sélectionne l'attention du chercheur en fonction des variables qu'elle décrit comme pertinentes, afin d'interférer le moins possible avec le phénomène observé, il suggère de minimiser le contact avec l'objet d'observation, le limitant à celui qui est impliqué par la méthodologie. En plus de suivre son conseil, à défaut de

Les considérations relatives au statut scientifique des observations en termes d'objectivité, accès public et répétabilité de l'observation sont principalement tirées de Rackover, S.S., MeiaDS\'choloe\- - Missine links in behavior. mind and science. Paragon House (ed). 1990.

New-York. U.S.A. et de Rosenthal, R., "Expérimenter bias in behavioral research". Appleton Centurv-Crofts (ed). 1966. New-York.

U.S.A.

Rosenthal, R & Fode. K. L., Op.Cii.

Rackover, S. S., "How Psychology is done today (!): Theory-data relationships, constraints on observation and scientific progress dans S S. rackover Metaosvcholoex’ - Missim links in behavior. mind and science. Paragon House (ed), 1990, New-York, U.S.A., p. 115-152;

voir aussi dans le même volume par le même aureur : "Where the problem lie (I): Private behavior, introspection, free will and the mind-

body problem", P 191-235.

(17)

Le Profil Psychologique du Terroriste VI-153 pouvoir ignorer les orientations théoriques sous jacentes à l'observation, la solution que j'ai adoptée est de les prendre toutes en compte et d'observer l'objet de façon kaléidoscopique de manière à tendre autant que possible vers cet idéal scientifique d'objectivité. Cependant, même quand de telles résolutions sont prises, le chercheur dans le domaine du terrorisme doit faire face à de nombreuses contraintes ayant trait à son indépendance vis-à-vis des paradigmes idéologiquement et/ou théoriquement orientés qui prédominent dans ce domaine et qui présentent le danger de l'entraîner dans une sélection de données et d'analyses qui ferait de lui plus l'instrument d'une démarche politique qu'un collecteur de données réellement indépendant.

D. L es DONNÉES EMPIRIQUES

Il existe trois sources de données empiriques sur le terrorisme qui présentent chacune des problèmes méthodologiques qui leur sont particuliers:

Toute recherche commence par la confrontation des doimées déjà existantes. Cette situation renferme déjà une première contrainte car elle constitue une oeillère à la fois théorique et méthodologique limitant l'éventail des questions pertinentes à leur champ respectif Par exemple, la plupart des recherches empiriques et des banques de données concernant le terrorisme international ne sont limitées qu'aux incidents terroristes ayant une portée internationale. Elles ne permettent donc que l'élaboration de modèles méthodologiques statistiques répondant à des questions de probabilités d'incidences et le développement de fonctions de régression dont les paramètres sont des quantités et les résultats, des corrélations ne permettant pas l'établissement d'une relation causale entre ses paramètres. Gurr’^ ajoute que vu que l'unité d'analyse est Yincident, on ne peut l'utiliser pour l'estimation de la probabilité de l'émergence de nouveaux groupes terroristes ou dans le cadre de questions relatives à toute forme de causalité.

i) Les données générées par les autres chercheurs dans ce domaine

Actuellement, beaucoup des chercheurs basent leurs collectes de données sur une définition du terrorisme dont l'agent est la «Force d'intervention des Etats Unis». La prépondérance de ce paradigme dans la littérature académique empirique a sa source dans la dépendance matérielle du chercheur vis-à-vis des institutions publiques qui sont les meilleurs clients de sa recherche, les plus enclins à l'aider à la financer. Schmid'* note que parmi les 50 auteurs les plus souvent mentionnés comme références sérieuses dans le domaine du terrorisme, les sociologues et psychologues Jenkins, Wilkinson, Laqueur, Alexander, Bell, Gurr, Merari et Friedland, sont (ou ont été) tous, à des postes gouvernementaux opérationnels clefs dans la lutte anti terroriste. Conséquemment, beaucoup de chercheurs développent (consciemment ou inconsciemment) des projets de recherche propres à favoriser le paradigme de ceux qui lui fourniront les ressources matérielles pour les faire aboutir, ou sont influencés par les données et analyses théoriques de ces auteurs dont la fonction gouvernementale aura pu être déterminante dans leur accession à la notoriété dans le domaine du terrorisme. Cela ne signifie pas que le paradigme occidental soit nécessairement faux ou non valide (il n'y a pas de faux paradigmes, ou plutôt, selon la définition que Karl Popper fait de la Science, il n'y a que des faux paradigmes'^) et qu'il faille automatiquement le rejeter, mais que son évaluation critique doit être entreprise avant de constituer le cadre théorique de recherche appliquée et de recommandations qu'il inspire. La critique la plus courante formulée contre la définition officielle du terrorisme est qu'elle n'inclut que les seules formes d'oppositions insurrectionnelles qui sont contraires aux intérêts politiques et économiques de l'Occident.

Gurr, T.R., "Empirical research on political terrorism : the State of the art and how it might be improves", dans R.O. Slater. & M Stohl.

Current Persoeclives on Inlernanonal Terrorism. Op. Cit .p 1

Schmid. A.P., Political Terrorism. North Holland Publishhing Company, 1983, Amsterdam, Holland, p. 419.

Popper, K.R., The Ooen Societ\' and ils Ennemies. New York Basic Books (ed.), 1972, New York, U.S.A.; Popper, K.R., Obieciive Knowledge: An Evolulionnan Aoproach. Clarenton Press (ed.), 1972, Oxford, Great Britain; Popper, K.R., Conjectures and Réfutations.. Harper, (ed.) 1963. New York. U.S.A.Popper, K.R., The Logic of Scienlifie dtscoverv. Willey (ed ), (1934), réédition de

1972, New York. U S A.

(18)

Le Profil Psychologique du Terroriste Vl-154 Afin d'échapper, autant que faire se peut, au paradigme dominant actuellement la recherche, la première chose à faire est tout d'abord d'en prendre conscience. Ensuite, d'essayer de s'en dégager pour formuler, comme nous l'avons fait, une définition la plus indépendante possible, tout en ayant conscience de son évidente dépendance des images mentales et des interprétations connues qui l'ont précédée'®.

Un autre problème lié à cette source de données empiriques est que quand une recherche empirique a été entreprise (fait rare dans ce domaine), pour des raisons esthétiques, de lisibilité et de concision, ne sont communiquées que les données qui ont retenu l'attention du chercheur. La quasi inexistence de données «brutes»

prévient toute possibilité de leur réinterprétation tant statistique que théorique.

Schmid” , citant un cadre de la C.l.A. affirme qu'il existe «des myriades de banques de données (brutes) recueillies par les services gouvernementaux de tous les pays occidentaux...»^®, cependant, elles sont maintenues secrètes et très peu accessibles sans que la valeur de leur contenu n'ait pu être déterminée de façon valide. «Les données sont là, -écrit Schmid-, attendant d'être judicieusement disséminées».

ii) Les données comprises dans la littérature non scientifique

La littérature terroriste, la presse et les communiqués et comptes-rendus gouvernementaux génèrent des données ou divulguent des informations devant servir les objectifs de leurs sources. Le moins qu'on puisse en dire est que de par leur nature, elles sont loin d'être conformes aux normes d'objectivité et d'impartialité requises d'un chercheur en Sciences Humaines. De façon anecdotique, Schmid, déplore que pratiquement tous les chercheurs en ce domaine soient opposés au terrorisme et n'aient jamais participé à des actes de terrorisme. Selon lui «sur le plan du discours intellectuel, cela est regrettable»^' et même curieux au même titre que serait curieux le fait que les grands ouvrages de stratégie militaire que consulteraient des généraux seraient écrits par des objecteurs de conscience. Implicites à la remarque anecdotique de Schmid sont ses implications logiques : (1) l'impartialité scientifique dans le domaine des Sciences Humaines est un leurre et nous ne pouvons parler tout au plus que d'une partialité codifiée par des critères scientifiques empruntés à des disciplines scientifique pures (telles la Physique ou la Biologie) étrangères, selon lui, aux Sciences Humaines; (2) conséquemment, les théories des terroristes eux-mêmes doivent être prises en compte et analysées, tant dans leurs aspects, rationnels qu'irrationnels, au même titre que l'ont été celles de ceux qui ont inspiré les terrorismes d'état, de gauche (tels que Marx, Engels, Lénine, Trotsky, Mao), de droite (tels que Mussolini, Hitler et Franco) et de l'intégrisme islamiste (Iran, Soudan) pour satisfaire à l’exigence scientifique de (pseudo) impartialité.

iii) Les données auto-générées

Pour que la recherche empirique sur le terrorisme soit efficace elle doit être cumulative. Afin de le devenir, la récolte des données qu'elle génère doit être basée sur des critères d'uniformité méthodologique rendant possible la comparaison de ses résultats. Heureusement, de tels critères existent en Psychologie, permettant au chercheur de générer ses propres données par l'utilisation de tests psychologiques et statistiques valides, fidèles et fiables, de questionnaires construits de façon à ce que les réponses fournies par différents groupes culturels puissent être comparables. Mais malheureusement, ici aussi, le problème -en plus de financier- est l'accès aux données, l'accès au terroriste (libre ou incarcéré), tenu(es) au secret dans lequel le(s) maintient le paternalisme incompréhensible des autorités d'états démocratiques vis-à-vis des scientifiques «non initiés» qui pourtant défendent les mêmes valeurs démocratiques, le même système social que ceux qui leur interdisent l'accès à des données dont ils ne savent que faire. Conséquemment, la recherche est très rare, et quand elle utilise des instruments de récolte de données standardisés (comme le MMPI, le 16P.F., ou des tests projectifs tels que le T.A.T. ou le Rorschach), elle le fait d'une façon très ponctuelle, sans se soucier de clairement définir le groupe testé et parfois même sans

'® Rackover, S.S., "Hypothesizing from interprétations: A model of the rôle of mental entities in Psychological explanations". Journal of the lheorv of Social Behavior. 1983. vol 13, pp. 211-230

Schmid. A.P., Polilical Terrorism. North Holland Publishhing Company, 1983, Amsterdam, Holland, p 275.

Idem

-' Schmid, A.P . Polilical Terrorism. North Holland Publishhing Company. 1983, Amsterdam, Holland, p. 418

(19)

Le Profil Psychologique du Terroriste VI-I55 inclure de groupe(s) de contrôle^^

D'autre part, même quand les portes de la prison lui ont été ouvertes, ou qu'il a réussi à rencontrer des sujets

«en liberté», le chercheur se trouve confronté à un autre problème épineux. Comme l'écrit Reich,

«Pour de bonnes raisons, beaucoup de terroristes croient que toute tentative d'expliquer leurs motivations en termes psychologiques, diminue la validité de leurs actions et de leur être. Si leur engagement à leur cause est sérieux et qu'ils ne nourrissent aucune illusion quant à leur capacité à convertir le chercheur qui demande à les voir, à leurs vues, - un chercheur qui sera très probablement perçu comme un représentant du gouvernement, de la société ou de la classe contre laquelle ils ont organisé leurs actions-, il est probable qu'ils refusent de le rencontrer...Accepter de rencontrer un psychiatre ou un psychologue a plus de chance de se produire quand les terroristes ont déjà commencé à avoir des doutes quant à leur décision d'adopter la carrière terroriste; et dans un tel cas, l'information fournie, aussi riche qu'elle puisse être, est inévitablement affectée par le changement d'orientation psychologique»^^.

C'est pourquoi je me présentai comme Psychosociologue (ce que ma licence en Sociologie/Anthropologie de l'Université de Haïfa m'autorise à faire) et justifiais mon utilisation d'outils d'appréciation psychologique comme une récolte de données pouvant servir à démontrer qu'il n'y a pas de rapport obligatoire entre structure psychologique et activité politique -ce qui par ailleurs est effectivement la contre hypothèse (ou l’hypothèse nulle ) de la présente recherche.

Finalement, si le «paternalisme» des autorités pénitentiaires vis-à-vis de la recherche scientifique a été mentionné plus haut, le chercheur -indépendant- pour lequel les portes ont été ouvertes se trouve confronté à un problème moral relatif à la portée et aux implications que peuvent avoir les résultats de ses recherches, risquant d'être utilisés comme instruments d'une politique contraire aux valeurs auxquelles il adhère.

E. A CCÈS PUBLIC DES OBSER VA LIONS

Une observation reçoit le statut d'évidence scientifique, non seulement quand elle satisfait au critère d'objectivité, mais aussi quand la même observation faite par différents observateurs aboutit aux mêmes résultats, assurant de la sorte l'indépendance des résultats vis-à-vis des biais idyosyncratiques de l'observateur unique.

Comme de par sa nature, l'observation affecte la perception de l'observateur, la rigueur scientifique exige que le même phénomène puisse être observé par différents chercheurs -affecte leur perception de la même manière- et c'est le niveau de congruence des perceptions subjectives des différents chercheurs qui déterminera la réalité ontologique du phénomène observé.

Comme il l'a déjà été mentionné, le problème particulier de cette recherche est que pour des raisons de sécurité, très peu de personnes sont autorisées à approcher ceux que l'état a emprisonnés pour avoir porté atteinte (ou attenté) à la vie de personnes innocentes pour des raisons idéologiques et donc que l'accès à l'observation directe est restreint à ceux que l'état identifie comme «initiés». Quand les sujets sont en liberté (soit après avoir été libérés, soit toujours dans la clandestinité), ici aussi, le chercheur est soumis à un processus de sélection qui déterminera si l'observation pourra ou non se faire. Dans les deux cas, bien que conscient des variables indépendantes pouvant altérer les résultats de ses observations, le chercheur est contraint de s'en accommoder. En conséquence, la validité des données repose en grande partie sur la crédibilité du chercheur, sur la confiance que place la communauté scientifique en son honnêteté intellectuelle et sa rigueur scientifique.

F. R épétitivité des obser va tions

Selon ce critère, toute procédure expérimentale ou examen destiné à récolter des données doit pouvoir se répéter en d'autres lieux et temps et aboutir à des résultats significativement (statistiquement) similaires, ceci pour

Par exemple, Dagan -dans Dagan. Y., La Corrélation Entre les Caractéristiques Psvcholoeioues et Démoeraphiaues des Terroristes Palestiniens et le Niveau d'Extrémisme quant à laur Attitude vis-à-vis de la Résolution du Conflit palestino-israélien (en Hébreu), Thèse de Doctorat., Université de Tel-Aviv. 1984. p. 9-, définit les sujets de sa recherche comme terroristes en ne se basant que sur ce qu'il appelle des "indications claires" attestant de leur appartenance à une organisation terroriste. La majorité de ses sujets étaient des combattants palestiniens faits prisonniers par l'Armée israélienne lors de la Guerre du Liban, donc en situation typiquement non terroriste. Rappelons que l'appartenance à une organisation terroriste n'est une condition ni nécessaire, ni suffisante pour être inclus dans le critère de définition

Reich, W., "Understanding terrorist behavior : The limits and opportunities of psychological inquiry", dans W. Reich, Origins of

Terrorism : Psychologies, Idéologies, States of Minds, Op. Cil., p. 274.

(20)

Le Profil Psychologique du Terroriste VI-156 pouvoir éliminer la probabilité que des facteurs environnementaux -autres que ceux proposés par la théorie- soient responsables des résultats obtenus.

Dans le domaine de la personnalité, des attitudes et des motivations, cela implique qu'elles sont de nature essentiellement statique, ce qui est fondamentalement faux dans un monde où tout est soumis aux mêmes lois naturelles de forces en mouvement perpétuel. Même la Physique, à travers la théorie des quantiques, admet l’indéterminisme inhérent à tout phénomène naturel, et en Sciences Humaines, les notions mêmes de choix, de motivations, de liberté renferment en elles-mêmes la reconnaissance de la qualité essentiellement dynamique, changeante, créative et imprévisible de la nature humaine.

Ceci n’exclut évidemment pas la recherche de ces lois que précisément un degré de répétitivité perçue nous fait découvrir afin de nous permettre d'appréhender le monde en ce qu'il a de cohérent et prévisible, mais non pas d'inaltérable.

Les résultats d'un test de personnalité, d'une interview, d'un examen psychoclinique ont leur maximum de validité à l'endroit et au moment de leur passation; au fur et à mesure que le temps passe, même sans manipulation externe, même si entre deux passations du même test (ou d'un test similaire explorant le même aspect psychologique du sujet), le sujet n’a fait que dormir, les résultats perdent de leur validité, de leur actualité.

Ce que nous appelons personnalité sont donc ces «traits» comportementaux, ces attitudes de la personne -et de nous-mêmes- que nous percevons comme relativement constants, et quand un nouveau trait nous apparaît, notre premier réflexe est de le faire résulter logiquement et biographiquement de ceux que nous connaissons et auxquels nous l'intégrons.

Cette recherche, par l'utilisation du MMPl-2 (que nous justifierons plus bas), d'un questionnaire sociologique, psycho-organisationnel et d’attitude, et d'une interview (qui seront détaillés plus bas) a donc pour but de déterminer des orientations perceptuelles et d'attitudes en corrélation avec des profils cliniques, laissant ouverte et sujette au jugement du lecteur-examinateur la question de la significance de ses résultats, la significance statistique n'étant qu’un critère (scientifiquement le plus important dans le cadre de la démarche déductive nosologique) parmi d'autres.

2. CADRE THÉORIQUE GÉNÉRAL DE LA RECHERCHE

La collecte des données de cette recherche ne s'inscrit pas dans le cadre d'une théorie psychologique spécifique, et dans sa démarche épistémologique elle ne s'apparente à aucun «camp» scientifique, ou plutôt, elle est éclectique en ce sens que comme on a pu le constater de la lecture du chapitre précédant, elle emprunte à toutes les orientations épistémologiques (que j'ai apprises), les outils susceptibles d'apporter les éléments d’informations propres à éclairer son objet sous le maximum d'angles possibles dans l'espoir autant d'apporter des réponses aux questions induites par ces cadres de références épistémologiques que de provoquer les objections nécessaires pour faire naître de nouvelles questions à l'origine de nouvelles hypothèses dont l'examen infirmera, confirmera, nuancera, et de toute façon ajfinera les conclusions du présent travail.

La raison pour laquelle aucune position théorique partisane n'a été développée jusqu'ici s'inscrit dans ma volonté de ne pas occulter la qualité essentiellement artificielle des constructions théoriques dans leurs descriptions et explications du monde et de son «ordre ». Les théories, en tant que systèmes idéalisés ne peuvent décrire et expliquer tous les aspects d'un phénomène ou d'une réalité, mais seulement ses attributs particuliers passant par le filtre de sa perception qu'elle nomme ses variables, responsables à elles seules (ou principalement) du comportement observé. Cependant, si les théories ne nous fournissent en fait qu'en hypothétiques descriptions d'un phénomène sous certaines conditions idéales -donc décrivent en fait un phénomène inexistant dans la réalité- , elles nous fournissent aussi en théories auxiliaires conçues pour tester le niveau de congruence existant entre le modèle théorique idéal et notre observation.

Nous ne reviendrons pas sur la question du statut scientifique de cette recherche, comme toute la recherche dans le domaine du comportement humain (et même animaP'') ayant trait aux critères de base relatifs à la validité

Rosenthal. R & Fode. K. L., "The effect of expérimenter bias on performance of the albino rat". Behavioral Science. 1963. vol 8, p

183-189.

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