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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Clette, F. L. (1989). Application de la photométrie solaire depuis le sol à l'observation des modes acoustiques globaux en intensité (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/213222/3/73f44d28-df51-4dfc-b3a0-89b445e9336e.txt

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(2)

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES Faculté des Sciences

APPLICATION DE LA PHOTOMETRE SOLAIRE DEPUIS LE SOL A L’OBSERVATION

DES MODES ACOUSTIQUES GLOBAUX EN INTENSITE

Thèse présentée pour

l’obtention du grade légal de Frédéric CLETTE Docteur en Sciences Physiques

Novembre 1989

(3)

J)

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES Faculté des Sciences

APPLICATION DE LA PHOTOMETRE SOLAIRE DEPUIS LE SOL A L’OBSERVATION

DES MODES ACOUSTIQUES GLOBAUX EN INTENSITE

Thèse présentée pour

l’obtention du grade légal de Frédéric CLETTE Docteur en Sciences Physiques

Novembre 1989

(4)

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES Faculté des Sciences

Thèse annexe

Une modélisation hydrodynamique de la phase T Tauri des étoiles de masse faible, incluant une description détaillée de la nucléosynthèse et de l'atmosphère, fournit une représenta­

tion plus fiable de l’évolution de la structure et de la compo sition chimique de ces étoiles jusqu'à la séquence principale.

F. CLETTE

(5)

RESUME

Dans le présent travail, nous introduisons une nouvelle approche à l'observation des oscillations solaires, comple­

mentaire aux mesures spectroscopiques habituelles : la détection, par la photométrie à haute résolution depuis le sol, des variations de l'éclairement solaire (intensité intégrée sur le disque visible) produites par les modes acoustiques globaux. Pour reculer les limites de cette nouvelle technique et tenter de résoudre les principaux problèmes qui surgissent lors de son application pratique, nous avons réalisé, en 1935 et 1986, un grand nombre de séries temporelles d'observations simultanément en deux

sites (Observatoire du Pic-du-Midi, Station du Jungfraujoch) à l'aide de photomètres solaires à faible bruit et d'un équipement d'acquisition automatique réalisés spécialement pour cette étude.

En adaptant le processus de mesure et de traitement des données échantillonnées aux caractéristiques particulières du phénomène observé, nous parvenons finalement à réduire l'écart-type des observations de flux jusqu'à 10 “*^ en inten­

sité relative, pour .quelques séquences diurnes bénéficiant des meilleures conditions atmosphériques. Le fond continu des spectres de puissance correspondants descend quant à lui sous la barre de 10 ~®/H 2 , dans le domaine de fréquence des modes p. Grâce à cette très grande stabilité, nous arri­

vons à identifier, dans des séries d'une durée de moins de 12 heures, les principaux modes p globaux, vers 3,1 mHz, avec des amplitudes relatives comprises entre 1 et 5 . 10 ~ 5 . D'après les niveaux très bas de la perturbation atmosphé­

rique atteints au cours de cette expérience, nous concluons que la photométrie au sol donne effectivement accès aux oscillations solaires, en dépit de leur très faible ampli­

tude, et surtout que la photométrie stellaire à l'aide de grands télescopes terrestres constitue une alternative sé­

rieuse à la spectroscopie pour la recherche des oscillations d'autres étoiles.

L'instabilité de l'extinction atmosphérique s'étant révé­

lée l'obstacle principal à l'identification des modes p solaires, nous proposons en outre une méthode originale qui permet de distinguer avec certitude un signal périodique d'origine solaire (ou astronomique) des autres phénomènes produits localement par l'atmosphère terrestre, grâce à des mesures simultanées recueillies en deux sites géographiques distincts. Les essais de cette méthode sur des données réelles nous ont aussi inspiré une technique supplémentaire par laquelle nous pouvons évaluer expérimentalement la

distance de cohérence des fluctuations atmosphériques.

Enfin, pour établir la nature exacte des fluctuations induites par l'atmosphère terrestre dans nos observations photométriques, nous avons appliqué à certaines de nos

séries temporelles les principes de la théorie des systèmes

dynamiques. Nous révélons de cette manière l'existence d'un

attracteur atmosphérique de faible dimension, comprise entre

4 et 5, montrant ainsi que l'évolution temporelle du milieu

troposphérique est déterministe et probablement chaotique.

(6)

REMERCIEMENTS

Je tiens à adresser avant tout mes plus vifs remerciements à Monsieur André Koeckelenbergh pour le soutien moral, maté­

riel et logistique qu'il m'a apporté tout au long de cette recherche et pour les observations qu'il a bien voulu réali­

ser à la station du Jungfraujoch. Je lui suis en outre personnellement reconnaissant de m'avoir ouvert avec enthou­

siasme la route vers l'astrophysique expérimentale.

Je me dois également de remercier tous ceux et celles qui ont contribué à l'accomplissement de cette thèse. En parti­

culier ,

Monsieur D. Crommelynck de l'Institut Royal Météorologique, pour avoir été l’initiateur de ce projet et avoir mis a

notre disposition le matériel instrumental de base.

Madame C. Nicolis-Rouvas de l'Institut d'Aéronomie

Spatiale, pour l'aide attentive qu'elle m'a apportée dans la réalisation de l'étude de la dynamique atmosphérique.

Monsieur F. De Meyer de l'Institut Royal Météorologique, pour la réalisation de nombreuses analyses spectrales et pour l'introduction qu'il m'a donnée à ces techniques.

Je remercie aussi Monsieur L. Delbouille et Mademoiselle G. Roland de l'Université de Liège, et Monsieur P. Cugnon de l'Observatoire Royal de Belgique, pour leurs conseils et les échanges fructueux que nous avons eus, et également Monsieur B. Andersen, qui m'a aimablement communiqué les observations photométriques de l'ESTEC.

J'exprime toute ma gratitude à Messieurs P. Melchior, Directeur de l'Observatoire Royal de Belgique, et R. Gonze, Chef du Département de Radioastronomie et Physique Solaire, pour avoir accueilli et soutenu la présente recherche, en me permettant de bénéficier de l’infrastructure et des ressour­

ces de cette Institution.

Un grand merci aussi au personnel de l'Observatoire pour son aide pratique, et en particulier. Monsieur

Jean-Luc Dufond, Mademoiselle Caroline Melchers et Monsieur Guy Wijnendaele. Enfin, que Madame S. Clette-Tuytten et Mademoiselle A. Herman soient remerciées pour la relecture détaillée du manuscrit.

Rappelons encore que j'ai bénéficié, au cours de la premi­

ère année de ce travail, d'une bourse de spécialisation (n° 83343) de l'IRSIA, et plus tard, de deux crédits pour bref séjour d'étude à l'étranger du FNRS, qui ont couvert une partie des missions d'observation. Que ces institutions vitales pour la recherche en Belgique soient ici remerciées.

Enfin, la préparation de la thèse annexe a été facilitée par l’accueil et les conseils de Monsieur M. Arnould,

Directeur de l’Institut d'Astrophysique de l'Université

Libre de Bruxelles, et grâce à la collaboration dynamique et

amicale de Monsieur Manuel Forestini qui m'a fait pénétrer

dans les arcanes du calcul d'évolution stellaire.

(7)

TABLE DES MATIERES

ABREVIATIONS

INTRODUCTION GENERALE 1

PREMIERE PARTIE : 7

OSCILLATIONS SOLAIRES ET PHOTOMETRIE : Les fondements

CHAPITRE 1 : HISTORIQUE : L’Hélioséismologie des

origines à nos jours 9

1.1) Des modes de résonance 9

1.2) Les modes de degré 1 élevé 11

1.3) Les modes de degré 1 faible 12

1.4) Les modes de gravité 14

1.5) La structure dynamique du Soleil 15

1.6) Perspectives futures 18

CHAPITRE 2 : LES OBSERVATIONS DE L'INTENSITE 21 2.1) Les modes acoustiques de degré 1 élevé 21

2.2) Les modes globaux 25

2.2.1) Synthèse des observations disponibles 25 2.2.2) Motivation des observations de l'intensité

totale 28

2.2.3) Le spectre des modes acoustiques globaux

du Soleil 29

2.2.4) Extension à 1 ' astéroséismologie 33 2.2.5) Observations terrestres ou spatiales 38 2.3) Turbulence et ondes dans l'atmosphère terrestre 41 CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE : Les objectifs 45

DEUXIEME PARTIE : 47

LE DISPOSITIF INSTRUMENTAL

1) LE PROGRAMME D'OBSERVATION 47

2) LE PHOTOMETRE 49

2.1) La cellule : structure et fonctionnement 49 2.1.1) Caractéristiques mécaniques 49

2.1.2) Caractéristiques optiques 50

2.1.3) Caractéristiques électroniques 53 2.1.3.1) Amplification du signal de la

photodiode 53

2.1.3.2) Régulation en température 55

2.2) Pointage des photomètres 58

2.2.1) Tolérance sur le pointage 58

2.2.2) La monture 58

(8)

3) LE SYSTEME D'ACQUISITION DES DONNEES 63 3.1) Caractéristiques générales du périphérique 63 3.2) Structure générale du périphérique de mesure 65

3.2.1) Mesure en tension 65

3.2.1.1) Principe de la mesure 65 3.2.1.2) Influence de l'intégration sur l'enve­

loppe du spectre : réponse en fréquence 66 3.2.1.3) Fonctionnement de la carte 67

3.2.2) Mesure de la température 68

3.2.3) L'horloge ’ 69

3.2.3.1) Le générateur d’impulsions 69

3.2.3.2) Le garde-temps 71

3.2.3.3) La remise à zéro 71

3.2.4) Section d'entrée/sortie et procédure "poignée

de main" 72

3.2.5) Alimentations 73

3.2.6) Réalisation pratique 73

3.3) Les programmes d'acquisition des données 76

4) LES SITES D’OBSERVATION 79

5) CHOIX DE LA LONGUEUR D’ONDE D’OBSERVATION 83

TROISIEME PARTIE : 87

LES RESULTATS

CHAPITRE 1 : LES OBSERVATIONS 87

1.1) Chronologie des observations 87

1.2) Préparation des données 93

CHAPITRE 2 : ANALYSE D’ENSEMBLE 95

2.1) Calcul des résidus 95

2.1.1) Compensation des dérives lentes 95 2.1.2) Caractéristiques des résidus 98 2.2) Spectre de puissance : séries individuelles 101

2.2.1) Les méthodes 101

2.2.1.1) Le périodogramme 101

2.2.1.2) Autocovariance et spectre de puissance 102

2.2.2) Les résultats 103

2.2.2.1) Spectres 103

2.2.2.2) Profil du spectre et niveau du bruit

de fond 108

2.2.3) Nature et origine du bruit 110

2.2.3.1) Autocorrélation 110

2.2.3.2) Le profil 1/f 112

2.3) Intercorrélation et spectre croisé 114

2.3.1) Mode de calcul 114

2.3.2) Test par la correspondance des phases 117 2.4) Bruit instrumental et coefficient de température 122

2.4.1) Bruit d’obscurité 122

2.4.2) Les fluctuations de la température 124

2.4.3) Estimation du coefficient de température 126

2.5) Conclusion de l’analyse globale 128

(9)

CHAPITRE 3 : LES OSCILLATIONS SOLAIRES EN INTENSITE 131

3.1) Le calcul du spectre 131

3.2) Le mode de filtrage 135

3.3) L'apodisation des données 139

3.4) Analyse des fichiers individuels 142 3.5) Analyses sur plusieurs jours 147

3.5.1) Données concaténées 147

3.5.2) Périodogrammes sommés 150

3.6) Différence entre les flux dans le rouge et le bleu 153

3.6.1) Principe de la méthode 153

3.6.2) Le choix du facteur multiplicatif 154

3.6.3) Périodogrammes 155

3.7) Conclusion 161

3.7.1) Synthèse des résultats 161

3.7.2) Discussion : perspectives futures 162 CHAPITRE 4 : OBSERVATIONS SIMULTANEES ET INTERSPECTRE 171

4.1) Introduction 171

4.2) Calcul des résidus 175

4.2.1) Données JFJ-PDM 175

4.2.2) Données ESTEC 176

4.2.3) Les résidus : comparaison des sites 178 4.3) Spectre croisé ou interspectre 179

4.3.1) Méthode de calcul 179

4.3.2) Le diagnostic 181

4.3.3) Analyse croisée JFJ-PDM/ESTEC 184

4.4) Simulation 189

4.5) Conclusions 193

QUATRIEME PARTIE : 195

FLUCTUATIONS DE TRANSPARENCE ET DYNAMIQUE ATMOSPHERIQUE

INTRODUCTION 195

CHAPITRE 1 : THEORIE DES SYSTEMES DYNAMIQUES 199

1.1) L’espace des phases 199

1.2) Les types d'attracteurs 200

1.3) Attracteurs multiples et théorie des bifurcations 204 CHAPITRE 2 : ANALYSE DYNAMIQUE APPLIQUEE AUX MESURES

PHOTOMETRIQUES SOLAIRES AU SQL 207 2.1) Reconstruction de l’espace des phases 207 2.2) Application aux mesures du flux solaire 210

2.2.1) Les données 211

2.2.2) Calcul de l’exposant de corrélation d 213 2.3) Synthèse et interprétation des résultats 223

2.3.1) Composante variable 223

2.3.2) Composante permanente 225

2.4) Une représentation approchée de la composante colo­

rée du spectre des mesures de l’éclairement solaire 225

(10)

CHAPITRE 3 : COHERENCE A LONGUE DISTANCE 229

3.1) Méthode 229

3.2) Les données 229

3.3) Intercorrélation 230

3.4) Les résultats 233

3.5) Longueur de décorrélation et implications

pour la photométrie 236

CONCLUSION DE LA QUATRIEME PARTIE 243

CONCLUSION GENERALE 245

- Appendice A : Effet sur le spectre de l'intégration des mesures individuelles sur At : réponse

en fréquence A-1

1®) Transformée de Fourier de x(t) A-1 2®) Spectre de puissance de x{t) A-2

3®) L’échantillonnage A-4

- Appendice B : Programmes d'acquisition des mesures et

d’émulation de terminal B-1

REFERENCES R-1

(11)

ABREVIATIONS

ACRIM Active Cavity Radiometer Irradiance Monitor

ASCII American Standard Code for Information Interchange ESTEC European Space and TEchnology Center (ESA)

ETL Equilibre thermodynamique local FFT Fast Fourier transform

GONG Global Oscillation Network Group H-R Hertzsprung-Russell (diagramme de) JFJ Jungfraujoch (Station Scientifique du) NEDL Nombre équivalent de degrés de liberté ORB Observatoire Royal de Belgique

FDM Pic-du-Midi (Observatoire du) SMM Solar Maximum Mission Satellite TF Transformée de Fourier

TFD Transformée de Fourier discrète TTL Transistor-Transistor Logic UV Ultra-violet

V/F Tension-fréquence (convertisseur)

(12)

INTRODUCTION

(13)

1

INTRODUCTION GENERALE

L'étude du Soleil, l'étoile la plus proche et la seule dont les détails de surface nous soient accessibles, est cruciale pour notre compréhension de la structure interne des étoiles et de l'évolution temporelle de celles-ci.

L'essentiel des informations dont nous disposons sur le Soleil provient de sa surface visible, la photosphère, épaisse d'à peine quelques centaines de kilomètres. Ainsi connaissons-nous la rotation différentielle des taches solaires, la granulation liée à la convection turbulente présente en profondeur, les différentes formes de l'activité solaire associée à de grands mouvements de circulation

situés à des milliers de kilomètres sous la surface et enfin les cycles d'activité undécennal et de Haie, de période

double. Ces phénomènes ne représentent cependant que des manifestations superficielles et indirectes de processus qui se déroulent profondément au coeur de l'étoile. De ce fait, la perception que nous avons de ces mécanismes internes

s'avère bien souvent incomplète car il nous faut extrapoler à partir des données en surface.

Pour ce faire, le principal outil d'investigation est la théorie de la structure et de l'évolution stellaire.

Partant de modèles numériques basés sur les équations fondamentales qui décrivent les mécanismes physiques à l'intérieur d'une étoile, il est possible de faire évoluer mathématiquement une hypothétique étoile d'âge zéro jusqu'à l'âge actuel du Soleil, de manière à faire coïncider le rayon, la masse et la luminosité à ceux qui sont réellement observés. C'est ainsi qu'à été obtenu le "modèle solaire standard". qui propose des valeurs pour la pression, la densité, la température et la composition chimique des différentes couches internes du Soleil, ainsi que pour les profondeurs respectives des zones radiative et convective.

Ce modèle standard fut cependant remis en question dès les premières observations donnant directement accès au coeur du Soleil, siège des réactions nucléaires : la détection des neutrinos solaires réalisée par R. Davis, Jr. et al. (1968).

Ces neutrinos, qui émanent directement des processus de nucléosynthèse mis en jeu au centre du Soleil, donnent une mesure immédiate des conditions physiques qui y régnent.

Or, le flux neutrinique mesuré par Davis s'est avéré environ trois fois plus faible que celui prédit dans le cadre du modèle standard. Pour combler ce profond désaccord,

différentes variantes du modèle ont alors été avancées, sans qu'aucune ne résolve jusqu'ici le problème. La plupart

d'entre elles visent à réduire la température centrale du

Soleil par des modifications de sa composition chimique, en

particulier l'abondance de l'hélium. Une autre approche

consiste à attribuer une masse non-nulle au neutrino, qui

changerait alors spontanément d'état, réduisant par là le

(14)

nombre de neutrinos détectables au moment où ils atteignent la Terre (*).

Telle était la situation avant la naissance d'une nouvelle voie d’investigation totalement différente des précédentes : l'analyse des mouvements oscillatoires qui animent

l'intérieur du Soleil. L'existence de telles oscillations, visibles en surface, offre en effet un outil unique et

puissant pour sonder les couches internes du Soleil, d'une manière un peu analogue à l'étude des ondes séismiques en géophysique. Ceci explique l’appellation

d'"hélioséismologie". désormais adoptée pour désigner cette nouvelle discipline. Comme le Soleil est entièrement

gazeux, deux types d'ondes peuvent se propager â l'intérieur de celui-ci : les ondes de pression et les ondes de gravité.

Les premières, aussi appelées ondes acoustiques ou "ondes p", ont pour force de rappel la pression, alors que les

secondes, les "ondes g", sont entretenues par la gravité (la poussée d'Archimède). Leur vitesse et leur direction de propagation dépendent de la température et de la composition du milieu traversé. Elles sont donc susceptibles de nous fournir des indications précises sur les conditions

physiques internes du Soleil.

Lorsque ces ondes parviennent à la surface, elles forcent la photosphère à monter et descendre périodiquement,

induisant ainsi des compressions et décompressions

successives qui modulent la température du gaz de surface.

Il est alors possible de les détecter par le décalage Doppler périodique de la longueur d'onde des raies d'absorption du spectre solaire ou par la modulation

périodique de l'intensité émise. L’importance de ces ondes est limitée, dans le cas du Soleil, à de faibles amplitudes.

Néanmoins, par l'observation Doppler des vitesses radiales, un spectre d'oscillations très riche en composantes a pu être détecté, rendant possible l’étude de la structure statique et dynamique de notre étoile.

Dès lors, 1'hélioséismologie est en mesure de tester à partir d'observations directes les prédictions apportées par le modèle solaire standard et d'élucider le problème des neutrinos solaires en donnant une image de la structure intérieure du Soleil, indépendamment des modèles théoriques classiques.

{*) Note : Tout récemment, la détection de neutrinos

originaires de la supernova SN 1987A dans le Grand Nuage de Magellan, après un temps de parcours de l'ordre de 100.000 ans, semble fortement compromettre la valeur de cette

dernière hypothèse.

(15)

3

Plus récemment encore, le développement parallèle de

l’étude des pulsations d’étoiles lointaines montre déjà que ce nouvel outil pourra fournir une mesure nouvelle et

indépendante de paramètres aussi fondamentaux que la masse, le diamètre, la composition chimique, l’âge et la vitesse de rotation d’astres trop éloignés pour nous révéler le moindre détail de surface. Pouvant ainsi, pour la première fois, évaluer avec précision les paramètres physiques d’un très large éventail d’étoiles de type solaire ou autre, nous serons en mesure de généraliser les processus révélés en détail sur notre étoile. Cette perspective de comprendre le Soleil par les autres étoiles, et réciproquement, illustre parfaitement les vastes potentialités de cette technique encore insoupçonnée il y a seulement 15 ans.

Le travail expérimental que nous présentons ici a pour objectif d’ouvrir une nouvelle voie d’accès aux modes de pulsation du Soleil : l’observation des oscillations

acoustiques globales par la photométrie depuis la surface terrestre. Comme nous aurons l’occasion de le montrer, la principale difficulté de cette approche provient de

l'amplitude très faible de la modulation de flux recherchée.

Le caractère extrêmement ténu du phénomène pose en fait un véritable défi à l’observation, d’autant plus qu'au sol 1 ’atmosphère terrestre impose une perturbation

supplémentaire difficile à maîtriser. C’est pourquoi, parralèlement à notre motivation de nature astrophysique, nous serons amenés à traiter à la fois des problèmes

techniques rencontrés par la photométrie à haute résolution depuis le sol, des méthodes de traitement des données,

adaptées à la recherche d’un signal noyé dans du bruit, et de l’évolution complexe de l’atmosphère terrestre à

l’échelle locale.

Dans la première partie, nous rassemblons les notions de base concernant 1’hélioséismologie. Au cours du chapitre 1, nous situons, en un bref résumé, les acquis et les objectifs principaux de cette nouvelle discipline. Dans le deuxième chapitre, il est question spécifiquement des quelques

expériences réalisées jusqu'ici à l’aide de la photométrie solaire. Nous y recensons les difficultés et les nombreux échecs rencontrés au cours de ces diverses tentatives, pour établir d’après cette synthèse les axes principaux de notre programme d’observation.

La deuxième partie est consacrée à 1’instrumentation mise

en oeuvre pour notre campagne d’observations. Après avoir

précisé les contraintes observationnelles, nous présentons,

sous la forme d’une fiche technique, les différents éléments

intervenant dans la mesure. Le point 2 décrit le photomètre

solaire et son dispositif de guidage, alors qu’au point 3,

c’est le système d’acquisition automatique des données qui

est décomposé en détail. Enfin, les points 4 et 5 traitent

des motifs qui ont présidé au choix délicat des sites

(16)

4

d’observation et de la bande du spectre optique utilisée par les photomètres.

Dans la troisième partie, nous abordons les résultats proprement dits et, en particulier, ceux qui se rapportent au Soleil lui-même. Au chapitre 1, nous effectuons tout d'abord une évaluation statistique du rendement de nos missions d’observation, menées en parallèle depuis la Station Scientifique du Jungfraujoch et l’Observatoire du Pic-du-Midi, en 1985 et 1986. Nous présentons ensuite, au chapitre 2 , une analyse d’ensemble portant sur toutes les séries d’observations exploitables. Le calcul systématique du périodogramme, de la fonction d’autocorrélation et du spectre de puissance nous permet d’établir les

caractéristiques principales de ces séries et des spectres correspondants. C’est sur la base de ces premières

indications que sera orientée toute la suite de notre investigation.

Dans le chapitre 3. nous passons au processus même de

détection des modes solaires. Nous reconsidérons d’abord le choix du mode de calcul du spectre, du filtrage et de

l'apodisation des données, pour adapter parfaitement le

traitement numérique au type particulier de signal rencontré dans cette expérience. Après avoir ainsi construit une

procédure d’analyse originale, nous l’appliquons à nos

meilleures séries individuelles, ainsi qu’à quelques séries de données particulières, construites soit par

l’accumulation de plusieurs séries individuelles soit par la soustraction des éclairements solaires mesurés simultanément à deux longueurs d’onde différentes. Dans quelques séries d’observations parmi les plus stables, nous parvenons

effectivement à identifier les modes p globaux, avec

cependant un rapport signal/bruit sensiblement plus faible que pour les observations Doppler des vitesses de pulsation.

Disposant ainsi d’une valeur expérimentale du niveau de stabilité nécessaire à la détection des modes p solaires en intensité, nous examinons au cours d’une discussion si la photométrie au sol constitue une véritable alternative à la spectroscopie et, en particulier, si elle peut contribuer efficacement à l’exploration future des oscillations

stellaires.

Ayant constaté le rôle dominant de l’instabilité atmosphérique par rapport aux autres sources de bruit rencontrées, nous proposons au chapitre 4 une méthode originale qui a pour but de mieux séparer le signal

périodique d’origine solaire des fluctuations désordonnées associées à l’atmosphère terrestre. Elle repose sur le spectre croisé entre les mesures d’éclairement solaire réalisées en deux sites géographiques distincts. Par des essais sur des données réelles ou simulées, nous évaluons la capacité de discrimination de cette technique, qui peut

d’ailleurs s’appliquer à divers signaux astronomiques autres

que les oscillations solaires. Au cours de ces essais, nous

avons pu aussi corréler et comparer les données récoltées en

(17)

5

nos deux stations à celles d'une troisième station indépendante.

La quatrième et dernière partie complète l'exploitation de nos mesures d'éclairement spectral solaire au sol par une étude de la dynamique de l'atmosphère terrestre fondée sur les fluctuations de la transparence, qui constituent

l'essentiel des variations de flux que nous enregistrons.

Après une brève présentation des notions fondamentales de la théorie des systèmes dynamiques au cours du premier

chapitre, nous appliquons celles-ci à quelques-unes de nos séries d'observations dans le chapitre 2. Grâce à une procédure permettant d'établir le type de dynamique d'un système à partir de la connaissance d'une seule observable, nous parvenons à déduire si l'évolution locale de

l'atmosphère est déterministe ou stochastique. L'impact du filtrage des données brutes sur la dynamique résultante est également étudié. A partir des informations accumulées au terme de toutes les analyses, nous formons finalement une interprétation cohérente de la composante continue présente dans l'ensemble de nos spectres.

Enfin, dans le troisième chapitre, nous quittons

1 'approche purement dynamique pour suggérer une méthode d'intérêt pratique, complémentaire de celle présentée à la fin de la troisième partie, qui permet d'évaluer

quantitativement la distance de cohérence des fluctuations internes de l'atmosphère. En utilisant de nouvelles

observations du flux solaire réalisées dans ce but depuis le plateau d'Uccle, nous explorons dans cette ultime expérience la possibilité intéressante de mettre en relation les

échelles spatiale et temporelle des phénomènes locaux dans

la troposphère.

(18)

PREMIERE PARTIE

(19)

7

PREMIERE PARTIE

OSCILLATIONS SOLAIRES ET PHOTOMETRIE : Les Fondements

Au cours de cette section, nous allons tout d'abord évoquer les acquis et les perspectives de

1'hélioséismologie. Nous nous limiterons à un rappel

général des modèles de base de la théorie des oscillations non-radiales (un traitement détaillé dépasse le cadre de notre propos) pour nous concentrer sur les apports

spécifiques des diverses techniques d'observation, qui ont été créées puis perfectionnées au fil des découvertes qui ont jalonné ces dernières années.

Nous allons ensuite nous intéresser spécifiquement aux expériences destinées à l'observation des faibles pulsations de l'intensité solaire. Cette voie d’investigation, dont nous révélerons des aspects originaux, a été marquée

jusqu’ici par une succession d'échecs. En étudiant les procédés utilisés pour cette application particulière de la photométrie à 1 'hélioséismologie, nous tenterons de situer les limitations sur lesquelles bute la photométrie en

général, lorsque celle-ci est réalisée depuis le sol.

Enfin, sur cette base, nous définirons les objectifs de l’expérience nouvelle que nous avons élaborée. Nous

pourrons alors aborder, en deuxième partie, la description

proprement dite de cette expérience.

(20)

9

CHAPITRE 1 : HISTORIQUE : L’hélioséismologie des origines à nos jours

C'est au début des années soixante que Leighton, Noyés et Simon (1962) ont mis pour la première fois en évidence des oscillations périodiques à la surface du Soleil, au cours d'une étude des champs de vitesse du gaz photosphérique par

la méthode du "Dopplergramme". Celle-ci consiste à cartographier le décalage par effet Doppler d'une raie d'absorption du spectre solaire par voie photographique, à l'aide d'un filtre à bande passante très étroite.

Les mouvements observés, au lieu d'être chaotiques, se révélèrent périodiques avec une période dominante voisine de 5 minutes, d'où l'appellation d'"oscillations de 5 minutes".

Cette découverte inattendue est restée sans explication durant plus de dix ans. La conception de l'époque était en effet celle d'un Soleil globalement stable. En outre, comme

la distribution générale de ces oscillations, telles qu'on les observait à l'origine, était en apparence désordonnée et que les oscillations apparaissaient par trains d'onde de courte durée (< 30 minutes), le phénomène fut assimilé à la réponse locale de l'atmosphère solaire aux mouvements

aléatoires de la convection sous-jacente.

1.1) Des modes de résonance

C'est en 1970 qu'une explication vraisemblable fut avancée indépendamment par Ulrich (1970) et par Leibacher et Stein

(1971). Ils appliquèrent au Soleil des modèles théoriques dont les fondements remontent aux études de stabilité des modes non-radiaux animant, entre autres, les étoiles

variables Céphéides (Cowling, 1941; Ledoux et Walraven, 1958).

Leurs conclusions montraient que l'intérieur du Soleil peut se comporter comme une cavité résonnante pour les ondes acoustiques (fig. 1.1). La limite supérieure de la cavité est située juste sous la surface visible, où la diminution brutale de la densité a pour effet de réfléchir les ondes acoustiques. Lorsqu'une telle onde se propage vers

l'intérieur, elle rencontre des couches de température

croissante. Ceci entraîne un accroissement de la vitesse du son en profondeur. Par conséquent, l'onde est réfractée et suit un arc intérieur pour finalement remonter en surface.

Le point le plus profond atteint par l'onde acoustique définit la limite inférieure de la cavité.

La connaissance de la période de l'onde et de sa longueur

d'onde horizontale permettent de déduire la vitesse du son

dans la cavité subphotosphérique. En effet, les ondes

acoustiques confinées dans une cavité, vont subir des

résonances et former des ondes stationnaires. Celles-ci

seront appelées "modes acoustiques" où "modes p". Etant

donné la symétrie sphérique de la cavité, un mode devra

subir un nombre entier de réflexions le long d'un grand

cercle. De même, entre deux reflexions successives à la

surface, il faudra un nombre entier de cycles le long de

(21)

10

* -

l’arc parcouru. Ces deux conditions doivent être

satisfaites afin que l’onde retrouve sa phase initiale après avoir parcouru une circonférence. Elles déterminent une longueur d’onde horizontale spécifique à chaque mode.

Compte tenu de la vitesse du son dans la cavité associée à ce mode, il correspond à cette longueur d’onde horizontale une période bien précise.

Figure 1.1 : La propagation des ondes acoustiques à

l’intérieur du Soleil : au-dessus, une représentation

schématique du mécanisme de réfraction (les traits

représentent des surfaces de phase constante); en

dessous, les trajectoires de deux modes différents,

pénétrant à des profondeurs différentes sous la surface

solaire.

(22)

11

Les modèles avancés prévoyaient donc qu'un spectre de

puissance à deux dimensions, donnant l'amplitude en fonction de la période et de la longueur d'onde horizontale, devrait montrer les modes d'oscillations comme une série de bandes étroites, représentant les combinaisons engendrant une résonance.

1.2) Les modes de degré 1 élevé

En 1975, F.L. Deubner réussit les premières observations dont la résolution était suffisante pour faire apparaître dans le spectre de puissance la structure en bandes

attendue. Le spectre ainsi obtenu apporta une confirmation définitive de la théorie des oscillations acoustiques, d'où l'appellation de "diagramme de diagnostic" {aussi appelé diagramme k-a>) .

Les observations ultérieures ont révélé l'existence de centaines de milliers de modes acoustiques différents. En se superposant, ces modes produisent en surface des

mouvements oscillants apparemment sans cohérence globale, tels qu'ils furent détectés par les premiers observateurs vers 1960. Ces modes ont des périodes s'étendant de 3 à 6 minutes et des longueurs d'onde allant de 1000 km jusqu'à la circonférence même du Soleil {4,5.10® km). L'amplitude en vitesse d'un mode isolé s'élève à peine à 15 cm/sec.

Etant donné que la cavité résonnante se trouve dans un Soleil sphérique, la structure spatiale d'un mode individuel peut être représentée simplement à l'aide d'harmoniques

sphériques, pour la configuration en surface, multipliées par une fonction propre radiale. Dès lors, chaque mode peut être identifié à l'aide de trois valeurs propres {n,l,m) :

- n est l'ordre radial et définit le nombre de noeuds le long d'un rayon.

- le degré 1 donne le nombre de lignes de noeuds superfi­

cielles .

- l'ordre azimutal m indique le nombre de lignes de noeuds croisant l'équateur solaire.

Cette classification est très semblable à celle des

orbitales électroniques dans les modèles atomiques. Etant donné que la profondeur de la cavité résonnante s'accroît avec la longueur d'onde horizontale et avec l'inverse de la période, ce sont les modes de degré 1 petit et d'ordre n grand qui pénétrent le plus profondément dans le Soleil.

Pour 1=0, l'onde de pression atteint le centre même du

Soleil. Les modes existent pour des degrés 1 pouvant

atteindre 1000. Ils sont alors confinés dans les couches

superficielles de la photosphère.

(23)

12

Figure 1.2 : Diagramme k -

ck

obtenu par Deubner et al.

(1979) : les contours correspondent à des niveaux de puissance constante et les courbes pointillées

représentent les fréquences prédites par la théorie.

Celles-ci montrent un léger désaccord avec les observations.

Dès la parution des premières observations, des

différences systématiques sont apparues entre les périodes observées et celles calculées à partir du modèle solaire standard par Ando et Osaki (1975). L’accroissement de la vitesse du son sous la surface s’est avéré plus faible que prévu. Ceci avait pour implications successives un gradient de température moins important nécessitant l’augmentation de l’épaisseur supposée de la couche convective et, pour

compenser, l’augmentation de la fraction d’hélium dans le coeur du Soleil. Le flux de neutrinos s’en trouvait accru, ce qui aggravait encore le problème du déficit de neutrinos solaires.

1.3) Les modes de degré 1 faible

Les modes de degré 1 petit ont fait l’objet d’une

attention particulière. Ils peuvent être isolés facilement

des modes de degré 1 élevé simplement en effectuant des

mesures du décalage Doppler dans la lumière intésrée sur

l’ensemble du disque solaire. En outre, ils pénètrent

profondément sous la surface (pour certains, presque

jusqu’au centre) et présentent un spectre plus simple.

(24)

13

Les vitesses de ces modes sont particulièrement faibles ce qui a nécessité l'introduction de techniques spectroscopi­

ques nouvelles pour pouvoir les détecter. Les spectromètres à cellule gazeuse ont permis d'obtenir les mesures les plus précises. Leur principe de fonctionnement consiste à

comparer les raies d'absorption du sodium ou du potassium dans la photosphère en mouvement avec ces mêmes raies produites par du gaz contenu dans une cellule en

laboratoire. Deux groupes ont fait appel à cette nouvelle technique avec succès : le groupe de l'Université de

Birmingham dirigé par G. R. Isaak et H. B. Van der Raay et celui de E. Fossat et G. Grec à l'Observatoire de Nice.

Bien que la structure du spectre soit simple, les modes

d'oscillations s'y distribuent en groupes de fréquences très voisines. Pour pouvoir distinguer les modes individuels et les identifier, il est nécessaire d'observer pendant

plusieurs jours en évitant les interruptions nocturnes des observations solaires, qui introduisent des fréquences

parasites dans le spectre. Deux solutions furent envisagées à ce problème. En 1979, les chercheurs de Nice réalisèrent des observations depuis le Pôle Sud géographique durant l'été austral. Ils obtinrent des séquences continues couvrant jusqu'à 5 jours consécutifs avec le Soleil à hauteur quasi constante sur l'horizon. Le groupe de

Birmingham installa deux stations à des longitudes opposées (îles Canaries et lie d'Hawaï) pour obtenir des observations presque continues pouvant s'étaler sur plusieurs mois.

Les spectres obtenus sont constitués de groupes de pics régulièrement espacés à intervalles de 67,8 /uHz, avec des amplitudes de 0,2 m/s environ. Il s'agit d’une succession de groupes de modes de degré 1 alternativement pair ou

impair (fig. 1.3). Cette structure fut comparée par J. Christensen-Dalsgaard et D.O. Gough aux fréquences

prédites sur base de la théorie asymptotique, introduite par M. Tassoul en 1980. L’écartement des fréquences observées était légèrement inférieur aux prévisions, mais seulement d’une fraction de pourcent, apportant cette fois une

confirmation très nette que notre compréhension des intérieurs stellaires et des oscillations est

fondamentalement correcte. L'observation même des modes d’oscillation cohérents, dans le temps sur une durée de

plusieurs jours et dans l'espace sur l'ensemble du globe solaire, apportait la preuve du caractère global des modes résonnants.

Pourtant, des écarts en fréquence significatifs subsistent et montrent la nécessité de remanier les modèles.

Différentes approches ont été proposées, qui visent toutes à modifier les proportions d'hydrogène et d'hélium au centre du Soleil. En modifiant ainsi la masse moléculaire moyenne du milieu, il est possible de modifier légèrement la vitesse du son attendue à l'intérieur du Soleil et donc les

fréquences des modes d'oscillation. Par exemple, un excès

d’hélium par rapport à sa proportion cosmologique de 25% ou

un phénomène de diffusion turbulente entraînant une

(25)

14

composition homogène au centre du Soleil ont été invoqués.

Cependant, les modes acoustiques étant pour la plupart peu sensibles aux conditions dans les régions voisines du centre du Soleil, ces tentatives d’explication restent spéculatives

(pour une revue de ces questions, voir : Deubner et Gough, 1984; Roxburgh, 1985; Cox, 1988).

Figure 1.3 : Spectre des modes globaux observé par Fossat et al. en 1980 depuis le Pôle Sud, d’après des mesures du décalage Doppler du disque entier couvrant une période continue de cinq jours.

1.4) Les modes de gravité

Il existe une seconde classe d’oscillations, les modes de gravité, ou modes g, qui présentent une amplitude maximum près du centre du Soleil plutôt qu’à sa surface, à l’inverse des modes p. Ces modes ne peuvent en effet se développer que dans des zones de stratification stable c’est-à-dire sous la couche convective. La période de chaque mode dépend, dans ce cas-ci, de la fréquence de Brunt-Vàisalà, qui est la fréquence d’oscillation d'une parcelle de fluide

autour de sa position d’équilibre lorsqu'on l’écarte verticalement de cette position. Cette fréquence est fonction des gradients de densité et de pression.

Les modes g sont difficiles à observer en surface. Les seuls qui puissent y montrer une amplitude sensible sont les modes de degré 1 faible, qui sont le moins atténués lors de

leur traversée de la couche convective. Or, ces modes sont

nombreux et de fréquences très voisines. Leur période est

(26)

15

de plusieurs heures, ce qui nécessite des temps

d'observation de plusieurs mois. Leur recherche est donc extrêmement délicate car il faut disposer de détecteurs assurant une très haute stabilité à long terme. Plusieurs groupes ont annoncé la détection d'oscillations qui

pourraient être des modes g. C'est ainsi que Severny, Kotov et Tsap (1976) et l'équipe de Brookes (1976) ont observé une oscillation de 160,01 minutes de période, dont l'existence a été confirmée plus tard par Scherrer et Wilcox (1979) de

l'Université de Standford. En dehors des oscillations à 5 minutes, c'est jusqu'ici la seule période qui ait été

clairement mise en évidence. Il est néanmoins surprenant qu'un seul mode soit excité alors que la théorie en prévoit une multitude. Bien que l'origine solaire du mode à 160,01 minutes ait été mise en doute, il semble maintenant qu'un consensus se soit fait sur sa réelle présence au sein du Soleil.

Les spectres des observations de Standford présentent d'autres candidats possibles, quoiqu'à un niveau marginal.

Delache et Scherrer (1983) ont tenté quelques

identifications sur base des prédictions de la théorie, selon lesquelles les modes g d'ordre 1 faible devraient

avoir des périodes également espacées. Les écarts entre les périodes observées et celles de la théorie semblent indiquer que les gradients de densité et de pression sont plus

faibles que dans le modèle standard, indiquant un certain mélange de l'hélium dans le coeur du Soleil. Si ceci était confirmé, ce résultat serait en contradiction avec les

conclusions tirées des modes p de faible degré 1. Ce désaccord appparent montre la nécessité de paj'faire notre compréhension des oscillations elles-mêmes et de leur interaction avec le milieu où elles sont entretenues. Il est clair que nous n'avons pu accéder jusqu'ici qu'à une fraction de l'information réellement contenue dans les

oscillations détectées. En effet, les indices qu'apporte le spectre des pulsations sont multiples et entremêlés, ainsi que l'illustrent les développements les plus récents.

1.5) La structure dynamique du Soleil

A ses débuts, l'étude des oscillations solaires s'était attachée à établir la structure statique radiale du Soleil, mais cette technique est également sensible aux mouvements horizontaux sous la surface : la rotation d'ensemble ou le mouvement des gaz à 1 'intérieur de cellules convectives à grande échelle. Une meilleure connaissance des flux de matière sous la photosphère pourrait nous révéler la

dynamique complexe qui anime la couche convective ainsi que le mécanisme de l'interaction entre rotation et convection.

Cela pourrait mener à une meilleure compréhension des

phénomènes d'activité solaire et du cycle de 11 ans, dont le mécanisme reste à ce jour mal expliqué (voir le Volume n“117 de la revue Solar Physics, 1988, qui offre une synthèse

récente sur l'état de nos connaissances à ce sujet).

(27)

16

Lorsque les ondes acoustiques se propagent dans un milieu en mouvement, leur fréquence propre est légèrement décalée.

Dans ce cas, la théorie prévoit l'apparition d'une

démultiplication en fréquence des modes acoustiques, car la dégénérescence en m, l'ordre azimuthal, est levée. La

présence de cellules de convection pourrait ainsi être révélée par une croissance et décroissance des séparations entre modes sur quelques jours, le temps nécessaire pour que des cellules successives disparaissent ou apparaissent sur

la face visible du Soleil sous l'action de la rotation.

Hill et al. (1983), en collaboration avec Gough et Toomre (1984), semblent avoir détecté de telles variations. Ces observations suggèrent des vitesses de circulation de l'ordre de 100 m/s, juste sous la surface. En outre, la confrontation récente d'observations réparties dans le temps sur plus de 5 ans révèle une dérive de l'ensemble des

fréquences propres, en synchronisme avec le cycle undécennal lui-même (Gelly et al., 1988).

Figure 1.4 : Variation moyenne des fréquences propres (en juHz) avec le cycle solaire : diverses valeurs observées

au voisinage du minimum d'activité sont ici comparées à la fréquence de référence mesurée en 1980, lors du

dernier maximum en date. Elles montrent un écart systématique de -0,36

/liHz

environ.

Parallèlement, les oscillations constituent une sonde unique pour connaître la rotation interne du Soleil. Nous connaissons la période de rotation superficielle du Soleil qui est, en moyenne, de 25 jours à l'équateur et de 33 jours près des pôles. Cependant, il est probable qu'à l'origine le Soleil tournait bien plus vite sur lui-même. A sa

surface, le Soleil- a dissipé peu à peu son moment angulaire

(28)

17

par l'éjection du vent solaire alors que l'intérieur n'était pas sujet à de telles pertes. Par conséquent, il est

raisonnable de supposer que, sous la couche convective, qui a pu redistribuer le moment angulaire, le coeur du Soleil tourne nettement plus rapidement.

En 1984, Duvall, Jr. et Harvey ont mesuré les séparations en fréquence pour un grand nombre de modes acoustiques de degré différent, pénétrant â des profondeurs différentes sous la photosphère. Leur analyse suggère qu'il y a un léger accroissement de la vitesse de rotation juste sous la surface. Ensuite, la rotation reste presque constante pour augmenter près du centre du Soleil (fig. 1.5). Ce dernier résultat est incertain vu la pénétration limitée des modes acoustiques près du centre.

N

1

1.0

0.5

0

Figure 1.5 : Profil de la vitesse de rotation interne du Soleil déduit de l'observation des modes p de degré 1 = 1 à 100 et d'ordre azimuthal m = +1 et - 1 .

r:R

Les observations de Brown (1985) complètent ces résultats en montrant que la vitesse ne varie pas avec la latitude sous la surface, en contraste avec la rotation différenti­

elle de la photosphère, connue depuis longtemps. Ces modèles de rotation, confirmés par d'autres observations plus récentes, remettent en question diverses conclusions basées sur les pertes supposées du moment angulaire.

De surcroît, l'absence d'une forte augmentation de la vitesse de rotation à l'intérieur du Soleil affermit l'une des preuves expérimentales de la théorie de la gravitation d'Einstein : la précession du périhélie de l'orbite de Mercure. En effet, une rotation rapide du Soleil entraîne une rupture de la symétrie sphérique du champ de gravité solaire. Celle-ci peut à son tour contribuer à la

précession observée, ce qui pourrait conduire à une révision

de la théorie d'Einstein. D'autres observations, menées par

le groupe de l'Université d'Arizona sous la direction de

H.A. Hill depuis 1976, visent à détecter des fluctuations de

(29)

18

l’intensité du bord du Soleil (c’est-à-dire du "diamètre"

solaire) sous l’action des modes p et g. D'après ces

données, Hill (1982) déduit une rotation bien plus rapide, capable d'introduire une distorsion sensible de la

sphéricité du Soleil. Cependant, les résultats obtenus par ce groupe sont encore controversés actuellement, étant donné les faibles amplitudes détectées ( 0 , 01 " d'arcs) en regard de l’importante perturbation de l'atmosphère terrestre sur ce type de mesures.

1.6) Perspectives futures

Depuis son apparition, 1'hélioséismologie a déjà renforcé sensiblement notre connaissance de l’intérieur du Soleil, démontrant ainsi l’intérêt pratique du procédé pour sonder les intérieurs stellaires. C’est pourquoi, certains

chercheurs ont déjà envisagé d’étendre cette technique à d’autres étoiles. Les premiers résultats, bien que limités à quelques objets brillants, semblent encourageants : Les observations de aCentauri et Procyon par Fossat et ses

collègues (1984), et de e Eridani par Noyés et al.(1984) ont révélé un spectre d’oscillations similaire à celui du

Soleil.

Nous ne pourrions assez souligner l’intérêt considérable • d’une telle méthode qui permet, pour la première fois,

d’explorer l’intérieur d’étoiles isolées et stables, situées sur la séquence principale du diagramme de Hertzsprung-

Russell, c’est-à-dire dans la phase la plus longue de la vie d’une étoile, celle de la combustion de l’hydrogène. En effet, de tels objets se prêtent difficilement aux

techniques classiques d’observation, au point que nous ne disposons jusqu'ici que d'indices épars et fragmentaires quant à leur constitution physique. En revanche, ils

constituent l'énorme majorité de la population stellaire : celle des étoiles normales dont fait partie le Soleil

lui-même.

Cependant, pour exploiter à fond les indices fournis par les modes d’oscillation solaire, il faut encore améliorer les modèles théoriques. Par exemple, deux approches ont été jusqu’ici suggérées quant à la nature de l’excitation des modes acoustiques : une excitation par des variations de

l’opacité du milieu où se propagent les modes acoustiques (self-excitation ou mécanisme

k

) (Ando, Osaki, 1975) ou par la turbulence liée à la convection (Goldreich, Keeley, 1977a et 1977b). A ce jour, aucune de ces deux hypothèses ne

s’est révélée entièrement satisfaisante.

En outre, il est indispensable de rendre les observations plus détaillées encore. Pour résoudre complètement le

spectre très dense des modes d’oscillations et pour suivre son évolution en synchronisme avec le cycle d’activité

solaire, il est nécessaire de disposer de données continues couvrant plusieurs années. C'est pourquoi différents

réseaux de stations d'observation sont en cours de

réalisation, sous l'impulsion des groupes de Nice, de

(30)

19

Birmingham et du National Optical Astronomy Observatories des USA.

Afin de s’affranchir des effets de l’atmosphère qui, entre autres, limitent la détection des modes de degré 1 élevé en déformant les fins détails à la surface du Soleil, des

observations depuis l’espace sont actuellement en projet.

La position idéale, pour un satellite destiné à de telles observations, serait le point de Lagrange interne, situé entre la Terre et le Soleil. Outre la faible vitesse radiale de ce point vis-à-vis du Soleil, qui faciliterait les mesures de faibles vitesses radiales par effet Doppler, sa position permettrait des observations ininterrompues. Un tel satellite devrait être mis en service durant les années 1990, conjointement par la NASA et 1’ESA (projet SOHO).

Combiné avec un réseau d’observation terrestre, ce satellite permettrait de pousser très loin cette technique et les

diagnostics qu’elle est susceptible d’apporter quant à notre

connaissance de l’intérieur du Soleil.

(31)

21

CHAPITRE 2 : LES OBSERVATIONS DE L’INTENSITE

Les observations des oscillations solaires en intensité peuvent être séparées en deux catégories : les mesures

locales (haute résolution spatiale) et les mesures globales (disque entier). Ces deux modes d’observation font appel à des techniques très différentes et apportent des

informations sur des couches distinctes de l’intérieur solaire. Ils seront présentés dans les deux paragraphes suivants. Les observations dë l’intensité locale seront présentées brièvement afin de situer dans un contexte général les mesures globales, qui nous intéressent ici.

2.1) Les modes acoustiques de degré 1 élevé

Jusqu’à présent, l’observation des oscillations solaires a été menée essentiellement par des méthodes spectroscopiques à haute résolution, mesurant le décalage des raies

d’absorption du spectre solaire par effet Doppler pour en déduire la vitesse radiale du gaz photosphérique.

Simultanément à ces mesures Doppler, certains groupes (Leighton et al., 1962; Evans, Michard, 1962a; Tanenbaum et al., 1969) ont réalisé, dès les années 60, des mesures de l’intensité au centre de la raie spectrale étudiée. Un

grand nombre d’études similaires ont été réalisées depuis et constituent une facette importante de l’étude des

oscillations acoustiques solaires.

Elles ont deux caractéristiques fondamentales:

- l’intensité étant mesurée au centre d’une raie, on

échantillonne une couche particulière de l’atmosphère superficielle du Soleil entre le bas de la photosphère et le sommet de la chromosphère.

- l’intensité est mesurée à travers une ouverture réduite couvrant une zone de disque solaire allant de 1” à 5" et ne permet dès lors que l’observation des modes p de

degré 1 élevé, qui restent confinés dans les couches externes de l’atmosphère solaire.

Ces observations constituent donc, avant tout, un outil pour suivre la propagation des ondes acoustiques dans la photosphère et la chromosphère, et pour déterminer les

conditions qui y régnent localement. Les résultats, passés en revue notamment par Holweger et Testerman (1975) et

Beckers, Canfield (1975), ont permis de préciser certains aspects de la dynamique de l’atmosphère solaire (stabilité et propagation des ondes) et d’évaluer le flux d’énergie associé aux ondes acoustiques (excitation des modes).

Il est maintenant établi que les ondes stationnaires,

constituant les modes p dans une cavité subphotosphérique,

deviennent évanescentes dans la photosphère. A ce niveau,

les oscillations prennent un caractère non-adiabatique car

les échanges radiatifs y sont importants sur des échelles de

(32)

22

distance de l’ordre de la longueur d'onde spatiale des modes de degré élevé (quelques milliers de kilomètres). Ces

échanges ont pour conséquence de limiter l'amplitude des fluctuations locales de température à quelques kelvins et le temps de relaxation acoustique à seulement une fraction de la période moyenne de 300 secondes des modes acoustiques.

La densité décroît rapidement en montant vers la

chromosphère, ce qui réduit la contribution des échanges radiatifs et augmente le temps de relaxation des modes acoustiques.

A l’altitude du minimum de température (H = 400km

au-dessus de l'opacité

''^5000

= 1 ) qui marque la base de la chromosphère, les ondes acoustiques sont à peu près

adiabatiques. Les observations chromosphériques montrent que le déphasage entre les vitesses Doppler et l'intensité est de 90°, indiquant que les maxima de température

coïncident avec la phase de compression maximum. La

modulation de la température est beaucoup plus forte qu'à la base de la photosphère et peut être évaluée d’après

l'amplitude en vitesse Av par (Lindsey, 1977; Dicke, 1978) : AT/T

q

= ( V - 1) . AV / C

o

(2.1) où AT = amplitude de la température

T

q

= température du milieu {~ 5500 K)

C

q

= vitesse du son (=;5,6 km/s dans l'atmosphère solaire) y = exposant adiabatique 5/3

Cela donne la relation: AT(K) = 550 . Av (km/s) (2.2) Les fluctuations totales (tous les modes combinés) de vitesses observées étant voisines de 0,5 km/s, il s'avère que l'amplitude en température dans la chromosphère peut atteindre 200 K. Si de plus, nous supposons que le milieu rayonne comme un corps noir (équilibre thermodynamique local), intensité et température sont liés par la loi de Stefan :

I = CT ce qui implique :

AI/I = 4 AT/T (2.3)

Cependant, la chromosphère ne peut se trouver en équilibre thermodynamique local (ETL) car la densité et l'opacité y sont faibles. Dans ce cas, le coefficient de proportionna­

lité sera nettement inférieur à 4 (Hill et al., 1977). En synthétisant les résultats observationnels, on constate qu'il doit valoir entre 0,1 et 1 .

L'implication principale du modèle précédent pour les observations est que la détection des oscillations en intensité sera beaucoup plus difficile dans la partie continue du spectre, formée à la base de la photosphère, qu'au centre des raies, associé à des couches plus élevées.

En dépit d'un nombre restreint d'investigations (Frazier,

1968; Tanenbaum et al., 1969; Cha, Orall, 1973) qui se sont

attachées à la mesure de l'intensité du continu, on est

(33)

néanmoins parvenu à y détecter des modes p. Si les

amplitudes relatives de l'intensité au centre des raies vont de 0,001 à 0,1 selon la fenêtre spatiale utilisée, elles ne dépassent jamais 0,005 dans le continu. Cela donne un

rapport raie/continu situé aux environs de 5, valeur

confirmée récemment par les observations d’Andersen (1984).

Bien que plus faibles, les oscillations sont donc bien détectables dans le spectre continu. Enfin, des

observations récentes, réalisées par Brown et Harrisson

(1930), par Kneer et al. (1982), par Nishikawa et al. (1986) (continuum, voir figure 2.1) et par Duvall et al. (1988) (raie), ont permis d'établir un diagramme k-w dérivé de

l'intensité au lieu de la vitesse radiale (modes de degré 1 = 20-400). Ces analyses permettent d'estimer l'amplitude d’un mode P individuel : celle-ci s'élève à 5.10“® en intensité relative pour 0,2 m/s en vitesse radiale, soit un rapport intensité/vitesse de 2 . 10 “® environ.

Les valeurs précédentes présentent un intérêt dans le cadre des observations des modes globaux qui vont nous occuper à partir du paragraphe suivant. En effet,

l’amplitude des modes devrait être quasi indépendante du

degré 1 pour 1 < 100 (voir Christensen-Dalsgaard et Gough,

1982; Libbrecht et al., 1986). Il est donc probable que les

valeurs susmentionnées constituent une estimation plausible

des amplitudes des modes globaux (1<3). Ce fait semble

confirmé par les calculs théoriques récents de Toutain et

Gouttebroze (1988).

(34)

I•'|•ül|llnlcy

( m il/ )

24

0.2 0.3 0.4

Horizontal wavenumber ( Mm” ' )

Figure 2.1 : Diagramme k - a» pour des observations de

l'intensité du continuum dans la bande UV à 375 nm,

accumulées sur 7 jours. Les courbes en trait continu

représentent les fréquences théoriques. Le bruit de

fond est important et rend difficile l'identification

des modes {comparer avec la figure 1 . 2 ).

(35)

25

2.2) Les modes globaux

2.2.1) Synthèse des observations disponibles

Les observations de l'intensité, non plus locale, mais intégrée sur le disque solaire entier sont nettement moins nombreuses que les précédentes. Pourtant, Deubner en 1977 et Isaak en 1980 suggéraient que les modes globaux, déjà observés par le truchement des vitesses Doppler, devraient produire également de petites fluctuations de l'éclairement énergétique ou spectral solaire (appelé communément dans la littérature, intensité globale, ou intégrée, ou totale, ou du "Soleil non-imagé", ou du "Soleil-en-tant-qu'étoile") avec des amplitudes relatives de l'ordre de 10“®. Le désintérêt vis-à-vis de cette approche s'explique

principalement par les difficultés d'une telle mesure; la principale étant l'instabilité de la transparence de

l'atmosphère terrestre qui affecte les instruments au sol.

Il en sera question aux paragraphes suivants.

Les premières tentatives réalisées en 1977 par voie spectroscopique (Livingston et al., Beckers et Ayres dans une raie, Musman et Nye dans le continuum) n'ont pas pu détecter d'oscillations ayant une amplitude dépassant le seuil de sensibilité de 2.10“'^. En 1977, Deubner mesure l'intensité réfléchie par les planètes Uranus et Neptune alors que l'équipe de Claverie, en 1981 au Pic-du-Midi, et celle de Schmidt-Kaler et Winkler, en 1984 à la Silla, sont les premiers à utiliser des photomètres mesurant

l'éclairement du Soleil non-imagé. Grâce à une réduction d'un facteur 2 à 4 du niveau de bruit, le seuil de détection est réduit à 5.10“® en amplitude, ce qui permet à Deubner et à Schmidt-Kaler et Winkler (fig. 2.2) d'annoncer

l'identification de quelques modes solaires. Cependant, le taux de signification des pics présents dans les spectres publiés est tellement marginal qu'ils ne peuvent être considérés comme significatifs. Deubner (1983) a mis d'ailleurs en doute ses propres conclusions de 1977.

Parallèlement à ces observations photométriques terrestres, Woodard et Hudson publient en 1983 les observations radiométriques solaires réalisées par

l'expérience ACRIM (Active Cavity Radiometer Irradiance Monitor) à bord du satellite SMM (Solar Maximum Mission).

Ces mesures de l'éclairement bolométrique révèlent cette fois clairement la structure des modes acoustiques de degré 1 =0, 1 et 2. Cette détection est restée, depuis, la plus fiable car elle a bénéficié de l'absence de perturbation atmosphérique. Il faut néanmoins relever que cette

performance n'a été possible que grâce à une intégration sur une durée exceptionnelle de 290 jours car cet instrument, le seul actuellement actif dans l'espace, n'avait pas été conçu pour cet usage : sa résolution (13 bits, soit ~10'* niveaux) et sa fréquence d'échantillonnage (~7,6 mHz, At = 131 s) sont mal adaptées à l'étude des modes p (amplitudes

AI/I < 10“®, fréquences = 2 à 5 mHz).

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