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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository
Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Ame, J.-M. (2006). Etude expérimentale et modélisation des choix collectifs chez un insecte grégaire (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences, Bruxelles.
Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/210793/1/04df3a2f-fa8f-4236-a78b-0c1126244223.txt
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D 03418
université Libre de Bruxelles Faculté des Sciences
Service d’Ecologie Sociale
Etude expérimentale et modélisation des choix collectifs chez un insecte grégaire
Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences
Jean-Marc Amé Août 2006
Université Libre de Bruxelles
Université Libre de Bruxelles Faculté des Sciences
Service d’Ecologie Sociale
Etude expérimentale et modélisation des choix collectifs chez un insecte grégaire
Thèse présentée en vue de l’obtention du grade de Docteur en Sciences
Jean-Marc Amé
Août 2006
Remerciements
Je lance tout d’abord un grand merci à tous ceux qui m’ont aidé par leur présence ou leur soutien ou plus simplement par leurs encouragements, mais aussi à ceux qui ne trouveront pas leurs noms dans la suite du texte, pour ceux-là, dites-vous que le premier « merci !» était pour vous.
Il est difficile de commencer à écrire un texte pour remercier autant de personnes en une fois, les idées se bousculent : que va-t-on écrire pour untel ? il ne faudra pas oublier de parler d’un autre, et si je mets l’un avant l’autre... Bref, dans toutes les thèses que j’ai parcourues, les premiers mots de remerciement vont au promoteur, alors finalement on se dit que de toute façon, d’autres l’ont déjà fait et l’on commence par cette même persorme. Ce n’est pourtant pas lui que je souhaite remercier en premier aujourd’hui. Non, celui que je souhaite remercier avant tout autre, c’est un homme que j’ai été très heureux de rencontrer il y a sbc ans (déjà I) et de côtoyer depuis. Je te remercie Jean-Louis, simplement mais chaleureusement. Tu m’as énormément apporté et il n’y a ni lieu commun, ni flagornerie là-dessous. En tant que promoteur, il n’a pas toujours été facile pour toi de canaliser celui qui part dans tous les sens au premier petit “tu pourrais faire...”, je te remercie du chemin que tu m’as aidé à parcourir.
Parmi les personnes qui m’ont permis d’être devant mon écran à écrire ce texte aujourd’hui, qui achève la rédaction du manuscrit que vous tenez entre vos mains, je tiens à vous remercier Colette pour l’aide que vous m’avez apporté tout au long de ce travail. Même si nos échanges furent parcellaires, ils m’ont permis d’aboutir. Je tiens à remercier deux personnes également qui ont cru en moi et qui m’ont permis de rencontrer Jean-Louis à Tours au printemps et d’intégrer son équipe à Bruxelles.
Annie et Guy Le Roux, sans vous, je n’en serai pas là aujourd’hui. Du fond du coeur, merci!
Je tiens également à remercier toute l’équipe du labo, ceux qui sont partis vers d’autres cieux: Arnaud, Stéphanie, Marcello, Raph, Fabrice; et également ceux qui font encore parti de la joyeuse bande de potes du labo qui se retrouvent tous les jours, parfois même à la bastoche le midi, et qui font que l’ambiance studieuse du labo n’est surtout pas que ça. Merci à vous tous: Zack, Etienne, Pablo, Claire, Anne-Cath, Alex, Alexandre, Luc, Greg, Jess et José. Un merci plus particulier pour l’aide qu’ils m’ont apporté dans la rédaction de ma thèse à Luc, Greg, Jess et José (il est où Narco?). Sans les amis, on est pas grand-chose... Un tout grand merci à mes potes de Bruxelles et de Chartres, ça fait du bien de se sentir soutenu! Merci Lau, Pierre, Raph, MC, Claire, Chloé, John, Ronald, Aime, Morgiane, Jérem, Chloé. Merci Franck, Sylvie, Stéphane, Stéphanie, Dany, Oliv.
Mes remerciements vont également à toute la famille Barbeau qui m’a apporté son soutien tout au long de ma thèse, je n’oublierai jamais. Merci Jocelyne, Jean-Yves, Nico et Anne-Marie et surtout un immense merci à toi, Elo :-)
Il y a deux persormes aussi que je veux remercier tout particulièrement et qui sont là
toujours quand il faut, mis amigos, d’une part. Mon Steph (T’inquiètes, ça va marcher!), et d’autre part, Phil, Merci pour Tout, Man! Vous êtes les meilleurs! Merci sincèrement à vous deux pour votre amitié...
Un petit clin d’oeil particulier pour Sophie qui m’a soutenu sur la fin de ce travail quand les nuits et les jours finissaient par se ressembler (C’est le Yeah!).
Je tiens également à remercier les projets européens COSl et Leurre, ainsi que la fondation Van Buuren qui m’ont apporté un soutien financier qui m’a permis de terminer cette thèse.
Enfin, il y a quatre personnes que je ne saurai pas dissocier de cette aventure parce que
c’en fut une aussi pour eux. Ce n’est pas seulement leur patience, leur aide de tous les
instants, leur amour que je veux remercier, c’est eux en particulier, je suis ce qu’ils ont
fait de moi et ce qu’ils ont fait pour moi. Un immense merci, tout simplement... Cette
thèse est dédiée à Georges et Maryvonne, à Rosa et à Télesphore.
Table des matières
Introduction... 1
1. Le phénomène d’agrégation... 3
1.1. Causes ultimes... 5
1.2. Causes proximales... 7
1.2.1 Agrégation en réponse à des facteurs exogènes au groupe... 7
1.2.2 Agrégation en réponse à des facteurs endogènes au groupe... 8
2. De l’agrégation par interattraction aux phénomènes collectifs... 10
2.1. Morphogenèse chez l’amibe sociale Dictyostelium discoideum... 11
2.2. Les comportements collectifs chez les arthropodes... 13
2.2.1 Exemples de communication par signal chimique...18
2.2.2 Un exemple d’indice : le fil de soie chez les araignées... 20
2.2.3 Les modifications de l’environnement comme mode de communication.21 2.3. Les comportements collectifs chez les vertébrés...24
3. Émergence de la socialité... 25
4. Objectifs et présentation de la thèse... 33
Méthodologie...35
1. Modèle biologique et méthode d’expérimentation...35
1.1. Le modèle biologique : Blattella germanica (L.)...35
1.2. Méthode d’expérimentation... 36
1.2.1 Méthodologie générale... 36
1.2.2 Expériences réalisées... 37
2. Modélisation théorique des comportements collectifs...40
2.1. Approche déterministe et continu... 41
2.2. Approche stochastique...46
2.2.1 Simulations de Monte Carlo...46
2.2.2 Equations maîtresses... 48
Chapitre I. Agrégation chez les blattes basée sur la reconnaissance de l’odeur de souche...49
Chapitre II. Capacité de discrimination individuelle et prise de décision collective...60
Chapitre III. La prise de décision collective basée sur
l’amplification sociale conduit à la formation optimale de
groupe... 73
Table des matières
Chapitre IV. Prise de décision collective basée sur la
capacité de discrimination individuelle chez les insectes pré
sociaux... 84
Discussion...110
Références bibliographiques...126
Résumé
Introduction
L’agrégation est un phénomène largement répandu dans la nature. La structuration et l’organisation d’éléments dans un univers donné, ont été le sujet de nombreuses études dans des disciplines aussi diverses que la chimie, la physique, la biologie ou encore les sciences humaines. La définition la plus basique de l’agrégation est l’assemblage d’éléments formant en groupe un tout adhérent et cohérent. Ce phénomène est omniprésent et dépend de l’environnement des particules et des mécanismes d’interactions entre les particules formant les agrégats. Il s’observe notamment de l’étude de l’infiniment petit avec l’agrégation des atomes pour former des molécules à l’étude de l’infiniment grand avec la formation et l’agrégation des étoiles dans les systèmes galactiques. En général, les propriétés des groupes formés diffèrent des propriétés individuelles des éléments qui composent ces assemblages : les structures spatio-temporelles complexes de ses formes émergent de la non- linéarité des processus d’interactions et s’expliquent par la coopérativité des processus individuels, c’est-à-dire par la dichotomie entre la somme des éléments formant les patterns et les patterns pris comme un tout. Bien que les fonctionnalités des propriétés émergeantes soient très diverses, elles sont toutes liées à la répartition des éléments du système dans l’environnement et aux interactions locales entre ces éléments. Elles peuvent être ainsi expliquées par la réponse collective que constitue l’agrégation.
Les premiers écrits relatant l’observation de ce phénomène dans le règne animal nous
vierment de l’Antiquité grecque grâce à l’Histoire des animaux d’Aristote et de son
observation du grégarisme chez l’abeille. Dans l’étude du Vivant, l’agrégation a été
observée tant chez les unicellulaires que chez les pluricellulaires. De par la
structuralité et les fonctionnalités des patterns qu’il produit et les liens qui peuvent
exister entre ces deux aspects, le phénomène d’agrégation occupe une place centrale
en biologie. En effet, les «quatre questions» de Tinbergen (1963) ont mis en
évidence deux questions centrales concernant l’analyse éthologique : le « comment »
qui traite des causes proximales et donc des mécanismes mis en œuvre ; et le
Introduction
« pourquoi » qui traite des causes ultimes et donc de la valeur adaptative des comportements. A ces deux premières questions s’ajoutent deux autres questions, l’une portant sur l’ontogenèse, et l’autre sur la phylogenèse.
Les deux approches comment/pourquoi s’avèrent complémentaires ; et bien qu’inutilement opposées pendant longtemps, elles tendent aujourd’hui à se rapprocher vers une nouvelle approche intégrée (Alcock & Sherman, 1994) :
« it ’s not very fruitful to discuss the évolution of « rejection » without specijying the mechanisms, because these will détermine the costs and the benejits involved. Studies of mechanisms and function must go hand in hand » (Krebs & Davies, 1997);
« self-organisation is a powerfull mechanism to guide evolutionary dynamics... we speculated that the generated self-organised patterns of behaviour might serve as the pre-pattern on which évolution opérâtes » (Hogeweg, 2005).
L’analyse des comportements animaux doit donc tenir compte des explications mécanistes et adaptatives de ces comportements, les deux causalités étant liées entre elles par une relation de cause à effet (Campan & Scapini, 2002). L’étude des mécanismes individuels (niveau local du système) impliqués dans la formation des structures collectives (niveau global) est indispensable car c’est par leur intermédiaire qu’agit la sélection naturelle (Parrish et al, 1997). Néanmoins, l’étude des causes ultimes de l’émergence de ces structures et de leurs fonctionnalités est fondamentale pour comprendre leur maintien, leurs valeurs adaptatives, et celles des processus mis en œuvre dans leur apparition.
Afin d’étudier dans le règne animal la relation entre la distribution des individus et leirr environnement, les quatre questions de Tinbergen peuvent être reformulées de la manière suivante en plaçant le phénomène d’agrégation comme la problématique centrale (Hamner & Parrish, 1997) :
Quelles sont les causes proximales expliquant la formation de groupes ? Quelle est la valeur de survie, ou le bénéfice ultime, de l’agrégation?
Comment le comportement agrégatif est appris durant l’ontogenèse ?
Comment le comportement agrégatif évolue au cours de la phylogenèse ?
Introduction 1. Le phénomène d'agrégation
Dans le présent travail, nous discuterons les deux premières questions en nous basant sur révolution de la socialité chez les arthropodes grégaires et sur les mécanismes impliqués dans la formation des agrégats chez les insectes présociaux et eusociaux.
Notre objectif est d’étudier les dynamiques d’agrégation et de montrer que la prise de décisions collectives basée sur des phénomènes d’amplification sociale influe sur l’émergence de patterns collectifs permettant d’expliquer la distribution des individus dans des sous-groupes indépendamment de l’espèce considérée. Le modèle phénoménologique étudié dans ce travail de thèse est issu de la science du non- linéaire. Ce type de modélisation a prouvé sa robustesse notamment dans l’étude des systèmes sociaux (revues dans Theraulaz & Sptiz, 1997 ; Hemelrijk, 2005a), dans l’étude des regroupements de végétaux qui peuvent s’apparenter des phénomènes similaires (Lejeime et al., 1999 ; Lefever et al, 2000), mais également à tous les niveaux de la complexité biologique (Glansdorff & Prigogine, 1971 ; May, 1973 ; Murray, 1993).
1. Le phénomène d’agrégation
L’agrégation est un phénomène central dans la répartition spatiale et temporelle des
individus chez presque tous les organismes vivants (Allee, 1931), on le retrouve dans
tous les taxons depuis les micellulaires jusqu’aux grands vertébrés. Ce phénomène
joue un rôle majeur puisqu’il conditionne le niveau d’interaction entre les individus,
et plus particulièrement la structuration ainsi que l’organisation des populations
(Okubo, 1980). Il peut être défini comme la distribution spatiale d’individus
conduisant à la formation d’un groupe dont la densité locale d’individus est
supérieure aux régions avoisinantes (Southwood, 1966). Depuis Grassé (1952), de
nombreuses classifications ont été proposées. Ces regroupements d’individus que l’on
qualifie d’agrégation sont nommés différemment selon l’espèce et selon les auteurs,
on parlera de ; bande, troupe, meute, horde, banc, essaim... Dans le cas des groupes
résultant de phénomènes sociaux, différents termes en relation avec les
comportements observés dans ces groupes ont été cités : équipe (Anderson & Franks,
2001), congrégation (Parrish et al, 1997)...
Introduction 1. Le phénomène d’agrégation
A titre d’exemple, Romey (1997) établit une classification des regroupements d’individus (Fig. 1). Ces regroupements peuvent être permanents ou transitoires en réponse à différents facteurs abiotiques ou biotiques. On peut citer notamment : les regroupements transitoires des amibes sociales du genre Dicîyostelium (Alcantara &
Monk, 1974 ; Shapiro & Dworkin, 1997), les chaînes de Crepidula (Le Gall & Lubet, 1972), les arthropodes (Eickwort, 1981), les bancs de poissons (Soria, 1997), les dortoirs d’oiseaux (De Shutter, 1997), l’agrégation chez certains mammifères (Gérard
& Loisel, 1995)... Ces exemples illustrent particulièrement bien la forte diversité des regroupements en termes de structuration et de fonctionnalité qui peuvent être observés à toutes les échelles du vivant.
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groupe non-restrictive - reconnaissance inter
individuelle limitée
- mutualisme grégaire - entrée et sortie du
groupe restrictive - reconnaissance inter
individuelle - communication - coopération
- structuration àge/sexe
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