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Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Werenne, J. (1969). Mode d'action des acridines: Perturbation par la Proflavine des fonctions de l'acide ribonucléique de transfert (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences, Bruxelles.
Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/215033/3/b64154ad-4eb1-4b31-8768-79bd329e4735.txt
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UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES
FacultÉ des Sciences
Service de Chiniie Biologique
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COMMUNiCATiON AUTORISEE
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MODE D'ACTION DES ACRiOINÉS ;
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Perturbation par la Prollavine des tonctions de
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Mémoire présenté pour l'obtention du
grade de Docteur en Sciences Chimiques
Service de Gliimie Biologique
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MODE D'ÂCTION DES ACRIDINES ;
Perturbation par la Prollavine des tonctions de
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Mémoire présenté pour l'obtention du
grade de Docteur en Sciences Chimiques
WERENNE John
Nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance à Monsieur
le Professeur Chantrenne f tout au long de ce travail, il n'a
cessé, par ses conceils judicieux, de nous encourager à pour
suivre cette étude, dans la voie qu'il nous a laissé choisir
en toute liberté.
Nous remercions Messieurs les Professeurs Brachet, Errera,
Jeener, Thomas et Schram de nous avoir permis de profiter de
l'équipement de leur laboratoire. Bien souvent aussi, nous avons
pu emprunter dans le service de Monsieur le Professeur Wiame
l'un ou l'autre produit qui nous manquait ; nous le remercions
bien sincèrement de sa bienveillance.
Nous avons pu effectuer certaines expériences dans le labo
ratoire du Professeur Desreux à l'Université de Liège où le Pro
fesseur Fredericq nous a toujours accueilli avec une extrême ama
bilité dont nous le remercions vivement ; nous avons pris grand
plaisir à travailler dans ce laboratoire en collaboration avec
Monsieur Houssier dont l'expérience des techniques utilisées et
la gentillesse, nous ont toujours facilité la tâche.
Nous remercions Monsieur le Professeur Ebel de nous avoir
proposé d'effectuer un stage de recherche dans son laboratoire.
Les expériences effectuées à Strasbourg ont été réalisées en
collaboration avec Madame Befort que nous tenons à remercier tout
spécialement ; nous avons bénéficié en outre de l'expérience et
des conseils de tous les chercheurs de ce laboratoire, ainsi que
de toute l'aide technique souhaitable en dépit des événements de
mai 1968 pendant lequel ce séjour fut effectué» Nous avons au cours de ce séjour, également eu d'intéressantes discussions
avec Messieurs les Professeurs Daune et Chambron ; nous les re
encoura-retiré beaucoup de profit des nombreuses discussions que nous
avons eues et des expériences que nous avons effectuées en col
laboration avec lui.
Que tous nos camarades du laboratoire et tout spécialement
Charlier, Lurquin, Van Humbeeck et Verhulst qui se sont intéres
sés de près à l'étude des fonctions du tRNA, sachent combien il
nous fut agréable de passer de nombreuses heures de travail en
leur compagnie.
Au cours de ce travail nous avons bénéficié de l’appui maté
riel de l’Institut pour l’Encouragement de la Recherche Scienti
fique dans l’Industrie et l’Agriculture (l,R.S,I,A.), de l’Eu-
ropean Molecular Biology Organization (E.M.B.O,) et du Fonds Na
tional de la Rechehche Scientifique (F.N.R.S.),
aa acide aminé
RNA acids ribonucléique
R RNA RNA ribosomial
m RNA RNA messager
s RNA RNA soluble
t RNA RNA de transfert
aa tRNA aminoacyl-tRNA tRNA aa,tRNA
1
aa. aa^tRNA ^2
aa DNA ^tRNA spécifique de 1'aa^
tRNA spécifique de 1 • aa^^ acylé par 1 ' aa^^
tRNA spécifique de 1 * aa^^ acylé par l'aa^
acide désoxyribonucléique
TCA acide trichloroacétique
Tris tris hydroxyméthyl aminométhane
EDTA ethylène diamine tetraacétate de Na
I.P.M. impulsions par minute (dosage de la radio
activité),
tic
microcurieme millicurie
D.O. densité optique
S
coefficient d'extinction molairepoly A Acide polyadénylique
poly U Acide polyuridylique
poly UG copolymère acide polyuridylique - poly-
guanylique.
pHMB parahydroxymercuribenzoate
PEP phosphoenolpyruvate
DNA se desoxyribonucléase
Enz aa^ aa AMP Enz aa.AMP Enz
1
aa. aa^AMP En^ aa^ CE CE-DEAE AS, AS^ AS,Enzyme d'activation spécifique de 1 ' aa^^
complexe aminoacyladénylate-Enzyme
complexe aminoacyl^^adénylate-Enzyme d'ac
tivation spécifique de 1 '
complexe aminoacylgadénylate-Enzyme d’ac
tivation spécifique de 1 ' aa^^ extrait enzymatique brut
extrait enymatique purifié par passage sur
colonne de DEAE cellulose
extrait enzymatique purifié par 1 préci pitation au (NH^)gSOj^
extrait enzymatique purifié par 2 préci pitations au (NH^)gS02^
RESUME
Les principales acquisitions de ce travail peuvent se résumer
comme suit t
l)
Les acridines n*ont pas pour seul effet d'inhiber la
synthèse du RNA. L'inhibition de la synthèse des protéines par
ce type de colorants, que nous avons décelée dans des conditions
où elle ne peut pas être une conséquence de l'épuisement du RNA
messager, met l'accent sur les Interprétations erronnées qui
pourraient résulter de l'emploi des acridines dans la détermina
tion de la durée de vie du RNA messager.
2)
Les acridines forment un complexe avec les RNA de
transfert. La fixation se fait par deux mécanismes différents t
- intercalation entre paires de bases des réglons
en double hélice.
- fixation extérieure.
Les propriétés particulières du complexe Proflavine-tRNA que nous
avons mises en évidence, nous ont permis de définir certains
critères caractérisant la structure du tRNA, Pour rendre compte
de l'ensemble de nos observations, les divers tRNA devraient
avoir une structure asymétrique t cette structure loin d'ôtre
figée, pourrait fluctuer autour de conformations privilégiées.
3)
La proflavlne
(3t6~diamlnoacrldlne), peut être consi
dérée comme un nouvel outil dans l'étude des interactions du tRNA
avec différentes enzymes et particulièrement avec l'aminoacyl-
tRNA- synthétase.
Les particularités cinétiques de la fixation de proflavine sur
le tRNA sont probablement partiellement responsables de la spé
cificité d'action de l'inhibiteur que nous avons mise en éviden
ce ; cette spécificité dépendant du tRNA et de la fonction bio
logique étudiée, indique qu'une structure totalement définie et
rigide de l'acide nucléique, n'est pas essentielle à l'accomplis
INTRODUCTION = = sss: = ss:=:ss=:=s:
MECANISME DE LA BIOSYNTHESE DES PROTEINES
Avant d’aborder la description des problèmes qui ont fait
l’objet de notre travail, nous retracerons brièvement le chemi
nement qui a conduit à l’élaboration du schéma général de la
biosynthèse des protéines qui est aujourd’hui connu dans ses
grandes lignes, La compréhension du mécanisme fondamental de la
biosynthèse des protéines a nécessité une succession d’études
s’échelonnant sur un bon nombre d’années.
1 Théorie du messager génétique.
S’il est établi depuis les expériences de transformation
bactérienne (AVERY et al 19^^) que c’est le DNA qui contient
l’information génétique nécessaire à la synthèse des protéines,
il apparaissait déjà auparavant que la présence du DNA n’est
pas indispensable à la synhtèse des protéines. Dès 19^1»
BRACHET et CASPERSON, ont indépendamment conclu à l’interven
tion du RNA dans la synthèse des protéines. Ces auteurs obser
vèrent en effet que les cellules synthétisant d’importantes
quantités de protéines contenaient dans leur cytoplasme une
grande quantité de RNA. La proposition d’intervention du RNA
dans La synthèse des protéines impliquerait donc que cette
synthèse se réalise dans le cytoplasme. L’exactitude de cette
svqpposltion fut abondamment démontrée par la suite, notamment
par l’observation de la synthèse des protéines dans le cyto
des ribosomes, particules contenant 60 ^ de RNA et 40 ^ de pro
téines et constituant la partie principale des microsomes, que
se forment les protéines (SIEKEVITZ et PALADE I96O - Mc QUILLEN et al 1959).
Ces dernières observations, bien que mettant clairement en évi
dence l'importance du RNA dans le processus d'élaboration des
protéines, ont conduit à assimiler le RNA des ribosomes à l'in
termédiaire transférant l'information du DNA aux chaînes poly-
petidiques.
La multiplication des virus à RNA étant arrêtée par l'incorpora
tion d'analogues de bases (JEENER et ROSSEELS 1953) et l'induc
tion d'enzymes dans la levure (CILVNTRENNE 1956a) étant accompa
gnée par l'incorporation d'Adénine dans le RNA, il était clair
à cette époque que la synthèse des protéines paraissait étroi
tement associée à la synthèse d'un nouveau RNA possédant une struc
ture définie. Par contre, le bloquage de la synthèse de DNA par
des doses de lumière ultraviolette insuffisantes pour arrêter la
synthèse de RNA, n'entraîne pas l'arrêt de la synthèse des pro
téines (ILINAZIR et ERRERA 1954). Ainsi l'idée émise dès 1951 par
CHANTRENNE (l952) selon laquelle c'est le RNA qui assurerait
l'arrangement correct des acides aminés dans les protéines re
çoit ses premières indications expérimentales.
Mais la confusion, née de l'identification du porteur d'informa
tion au RNA des ribosomes^a certainement retardé l'élaboration
de la théorie permettant d'interpréter avec exactitude ces ob
servations .
C'est seulement en 1956 que l'idée d'un RNA porteur d'informa
tion distinct de l'ensemble du RNA ribosomial a pu naître ;
VOLKIN et ASTRACHAN (1956) ont en effet montré que lors de l'in
fection de bactéries par un phage, le RNA qui se forme a une
composition en base différente du RNA bactérien dont la majeure
en base voisine de celle d^^ DNA du phage. Ces auteurs ont montré
de plus, que dans les bactéries non infectées, une petite frac
tion du RNA est instable et se renouvelle rapidement. Un tel RNA
qui se marque rapidemment fut peu après mis en évidence chez la
levure (YCAS et VINCENT i960). RILEY et al (l96c) lors de l'étu de du systèmede la -galactosidase, ont été conduits à consi
dérer qu'un intermédiaire instable était nécessaire au transfert
d'information du DNA aux ribosomes ; le candidat susceptible de
remplir cette fonction ne peut être ni le RNA ribosomial ni le
4"i
RNA soluble découvert entre temps, puisque ces deux macromolécules sont chimiquement stables.
L'ensemble de ces données a permis l'élaboration par JACOB e t"; r
MONOD (1961) de la théorie du messa-g^ar génétique qui a eu le^ ' ^ mérite d'unifier les interprétations des phénomènes observés
aussi bien lors de l'infection de bactéries par un phage que lors
de l'induction d'enzymes.
Les propriétés que l'on peut attendre d'un tel porteur d'infor
mation sont dès lors clairement posées ;
- les messagers sont des polynucléotides certainement très
hétérogènes quant au poids moléculaire, et ils sont as
sociés au moins temporairement aux ribosomes.
- la composition en base du messager devrait mimer celle du
DNA.
- il devrait se renouveler rapidement dans la cellule.
Ces deux dernières caractéristiques bien qu'elles ne soient pas
rigoureusement exactes, ont contribué dans une large mesure à
mettre le RNA messager en évidence, notamment par la technique
d'hybridation de RNA rapidement marqué avec le DNA, mise au point
par SPIEGELMAN.
On sait aujourd'hui que la totalité des deux fibres du DNA n'est
pas transcrite ; il n'y a dès lors aucune raison de penser que
D'autre part,il ne paraît pas justifie d'inclure la notion de
durée de vie brève dans la définition du mRNA 5 en effet, bien que le mRNA se marque généralement plus rapidement que les au
tres espèces de RNA en présence d'un précurseur marqué, son ins
tabilité métabolique ne semble pas être nécessaire à sa fonc
tion. Les problèmes relatifs à la durée de vie du mRNA seront
discutés plus amplement dans l'introduction du chapitre I
Mis à part ces restrictions, la théorie du messager génétique
a été jusqu'à présent confirmée dans ces grandes lignes, La
mise en évidence de polyribosomes (MARKS et al, I962) dans les réticulocytes de lapin et par la suite, dans toute une série de
cellules (voir CHANTRENNE 1965a) a permis de visualiser le messa
ger génétique et d'identifier celui-ci à la fibre de RNA unissant
les ribosomes entre eux. Le sujet ayant été abondamment discuté,
(cf. revue par SINGER et LEDER I966) nous n'approfondirons pas plus cette question.
2, Théorie de l'adaptateur et code génétique
Avant même que l'idée du messager génétique ne soit bien é-
tabljfi, CRICK (1958-1969) émit l'hypothèse prémonitoire que le transfert de l'Information contenue dans les acides nucléiques
vers les protéines, se fait par l'intermédiaire d'un adaptateur.
Sa vision du mécanisme qu'il proposait, laissait prévoir que
chaque acide aminé devrait se combiner sous l'action d'un enzy
me particuJder avec une petite molécule capable de former des liens
hydrogènes spécifiques avec l'acide nucléique modèle.
Cette conception, basée uniquement sur des considérations d'or
dre logique, reçut peu après une première confirmation par la
découverte des RNA de transfert qui peuvent fixer les acides ami
L’acceptation de l'hypothèse de l'adaptateur, permit d'aborder
de façon valable l'étude du mécanisme de la traduction du lan
gage des acides nucléiques (combinaison de quatre nucléotides)
dans le langage des protéines (combinaison de vingt acides ami
nés ) .
Le problème fondamental du déchiffrement du code génétique avait
déjà fait couler beaucoup d'encre (cf. ¥OESE
1967) ©t de nou
velles données permirent d'abandonner définitivement les méca
nismes proposant une interaction directe de l'acide aminé avec
la séquence de l'acide nucléique imposant son arrangement dans
les protéines (ce qui fut appelé "codon" par la suite). L'obten
tion de "chimères" d'aminoacyl-tRNA (tRNA estérifié par un aci
de aminé différent de celui dont il est l'adaptateur) par vole
chimique (CHAPEVILLE et al, I
962) ou par une erreur d'estérifi
cation enzymatique dans un système hétérologue, (BARNETT et
JACOBSON 1964 - JACOBSON et BARNETT I
966) permit de démontrer
que c'est le tRNA qui possède dans sa structure la clef du code
génétique,
La spécificité de la formation des amlnoacyl tRNA est ainsi fon
damentale pour la synthèse correcte des protéines ; parmi les
macromolécules biologiques, le tRNA est donc probablement la
molécule dont la détermination de la structure et des fonctions
peut nous apprendre le plus au sujet de la nature fondamentale
du code génétique et de son évolution, La taille du codon, ou
ensemble de nucléotides, du mRNA spécifiant la nature d'un aci
de aminé défini, a été également déterminée par CRICK et ses
collaborateurs (
1961),
tation, et l’expression de cette partie du gène ne peut plus s'ex
primer .
La combinaison d'un mutant "délétion" avec un mutant "addition"
provoque la remise en phase du message après la seconde mutation,
et la fonction du gène est restaurée. En combinant trois muta
tions d'un même type on observe le même effet, ce qui démontre
que les codons sont constitués par un triplet de nucléotides.
A côté de cette importante conclusion, ces élégantes expériences
apportèrent une précision fondamentale sur la nature du code
génétique, en établissant son haut degré de dégénérescence ; en
effet, pour que l'expression de la fonction du gène puisse être
restaurée, il faut que la séquence déphasée entre les mutations
extrêmes, ait une signification et permette la synthèse d'une
protéine complète.
Les méthodes qui ont permis d'établir in vitro le code génétique
par fixation d'aminoacyl-tRNA sur les ribosomes sous la stimu
lation de trinucléotides (NIRENBERG ET LEDER 1964) ou par la syn
thèse de polypeptides sous la stimulation de polynucléotides syn
thétiques de séquence définie et répétée (KHORANA et al I966) ont amplement confirmé les résultats de CRICK.
Depuis que NIRENBERG et MATTHAEI (1961) ont établi que la syn thèse de polyphénylalanine était stimulée in vitro par le poly
U, indiquant par là que l'un des codons correspondant à la phé-
nylalanine était UUU, un grand nombre de travaux ont permis de
déchiffrer totalement le code génétique (cf. Cold Spring Harbor
Symp. Quant. Biol.
21.*
1966). En I966, le code génétique avaitété établi par des expériences effectuées in vitro } on a pu
démontrer depuis pour la plupart des codons, que ces triplets
étaient effectivement utilisés 1n vivo. Cette confirmation
provient pour une part de la comparaison des séquences des pro
téines normales et des protéines mutées soit spontanément soit
de ce type connus, ce sont les mutants du t^'-pe acridine qui ont
le plus éléêP-nmesiit confirmé l'exactitude du catalogue de codon ;
STREISINGER et al (1966) en étudiant les mutants du lysozyme du phage et YANOFSKY et al (1967) en déterminant la séquence de mutants similaires de E, coli dont la tryptophane synthétase
est affectée, ont montré que le déphasage dans la séquence de
nucléotides, conduisait à des remplacements d'acides aminés
compatibles avec le code tel qu'il fut déterminé in vitro.
Les évidences de la dégénérescence du code, et la connaissance
de la séquence du tRNA de l'Alanine contenant selon toute vrai
semblance de l'inosine dans le triplet de nucléotides constitu
ant l'anticodon, (HOLLEY et al I965) ont permis à CRICK de pré dire que certains tRNA pouvaient reconnaître plus d'un codon.
CRICK (1965) postule un mécanisme particulier d'interaction co don - anticodon par lequel les appariements des deux premières
bases se feraient strictement selon le schéma de VATSON-CRICK
tandis qu'une certaine fluctuation d'appariement de la troisiè
me base serait possible.
Ainsi selon cette hypothèse du "VOBBLE", l'appariement dans la
troisième position du codon se ferait respectivement avec G, U,
A ou G, U ou C, UouC ouA, selon que la base correspondante de
l'anticodon est C, A, U, G, I,
L'étude de la spécificité du tRNA dans la reconnaissance du co
don à fourni des données entièrement en accord avec l'idée du
"VOBBLE" (SOLL et al. I967), mais tout récemment REEVES et al, (1968) ont purifié un tRNA alanine de levure ne contenant pas d'Inosine et se fixant aux ribosomes sous la stimulation de qua
tre triplets différents, ce qui est contraire aux prévisions de
CRICK.
Il faut encore signaler une exception à l'hypothèse du wobble,
qui se rencontre chez E. coli dans les tRNA spécifiques de la
Bien que l’anticodon de ces tRNA soit constitué par la séquence
CAU qui permettrait selon l'hypothèse de CRICK l'appariement
avec GUA et GUG, le forraylmethionyl-tRNA s'apparie avec le co
don AUG et GUG. La fluctuation d'appariement pour ce tRNA ini
tiateur aurait lieu pour la première base et non pour la troi
sième, Il faut signaler également que l'on suppose que ce tRNA
ne se fixe pas au même site du ribosome que les autres aminoa-
cyl-tRNA, et qu'il ne possède pas de base modifiée à côté de
l'anticodon, La première de cette propriété permet de comprendre
l'absence d'ambiguité que l'on s'attendrait à observer puisque
GUG code également pour la Valine, Quant à la seconde proprié
té, on a imaginé qu'elle était à mettre en relation avec la
fonction d'initiation, ce qui laisserait supposer que le tRNA
spécifique de la Valine de levure qui n'a pas de base modifiée
à côté de l'anticodon non plus, serait l'initiateur dans cet
organisme.
Ces spéculations intéressantes méritent d'être envisagées de plu
près,mais nécessiteront encore bien des études avant de permet
tre une discussion plus approfondie.
3• Aminoacyl-tRNA-synthétase - Activation des acides aminés et
formation des aminoacyl-tRNA.
Bien avant la découverte du RNA de transfert, on savait que
la synthèse des liaisons peptidiques nécessite de l'énergie. L'é
nergie cellulaire est fournie par l'ATP } LIPMANN (1949) et CHAN
TRENNE (1951) supposèrent que c'est l'acide aminé activé par phosphorylation qui serait l'intermédiaire indispensable à la
synthèse des protéines.
une fraction enzymatique (qu’il appela "enzyme d'activation")
32
qui catalyse un échange ATP-PP^ . Ce résultat, suggérait que
l'entité activée était constitué par un aminoacyl AMP, Cet
aminoacyl ^ AMP semble protégé vis-à-vis de 1'hydroxylaminoly-
S6 } HOAGLAND et al, (1956) supposent donc que l'acide aminé activé reste lié à l’enzyme avant de réagir avec un accepteur
cellulaire naturel qui pourrait être "un transporteur nucléoti
dique ou l'acide nucléique du microsome". L'accepteur de l'aci
de aminé activé n'est autre que l'adaptateur de CRICK identifié
par la suite au RNA de transfert (HOAGLAND et al 1958),
Le complexe aminoacyl-adénylate-Enzyme d'activation fut isolé
plus tard dans le cas de la thréonine (ALLENDE et al 1964) et
de l'isoleucine et valine (NORRIS et BERG 1964), ce qui con
firmait les idées de HOAGLAND. L'étape initiale de la synthèse
des protéines est dès lors connue ; il s'agit de la formation
de 1'aminoacyl-tRNA qui se fait en deux étapes successives :
1° Activation de 1'acide.aminé. Mg^'*’
aa + ATP + Enzyme ° ^ Enzyme , , . . aa-AMP + PP^
2°
Transfert de l'acide aminé du complexe aminoacyl-adénylate-enzyme au tRNA _
Enzyme ... aa-AMP + tRNA aa-tRNA + AMP + Enz.
Puisque c'est le même enzyme d'activation spécifique de l'acide
aminé qui catalyse ces deux réactions, il paraît plus logique
de l'appeler désormais amlnoacyl"tRNA-synthétase en raison de la
nature du produit final de la réaction globale dont il catalyse
la formation s
aa+ATP+tRNA -Mg
2
+aa-tRNA+AMP+PPi
L'activation des 20 acides aminés par l'une des 20 synthétases spécifiques, et le tranfert de cet acide aminé activé au tRNA,
Jouent donc un rôle primordial dans la biosynthèse des protéines
L'activation des acides aminés ne se fait pas toujours avec une
peuvent parfois activer un acide aminé erroné § c’est le cas no
tamment pour 1’isoleucyl-tRNA synthétase qui peut former un com
plexe Valyl-AMP-Enz^^^^ (NORRIS et BERG 1964) et pour la valyl-
tRNA synthétase capable d'activer la thréonine (BERGMANN et al
1961).
Par contre, les seules aminoacylations enzymatiques erronnées
qui ont été observées jusqu'à présent résultaient de l'emploi
de conditions très peu physiologiques s fixation de la phényl-
alanine sur les tRNA de E. coli spécifiques de la valine ou de
l'Alanine par la phénylalanyl-tRNA-synthétase de Neurospora
(JACOBSON et BARNETT 1Q66) et formation à très haute températu
re, de valvl'tRNA.. dans un système de Bacillus stearothermo-lleu ---philus (ARCA et al 196?).
Le transfert de l'acide aminé au tRNA, à part ces cas très par
ticuliers, manifeste une spécificité quasi absolue ; ainsi lors
de l'addition de tRNA au complexe erroné Valyl-AMP-Enz^^^^^,
celui-ci est rapidement hydrolysé sans donner lieu à la forma
tion d'un valyl-tRNA, Les erreurs éventuelles commises lors de
l'activation de l'acide aminé peuvent donc être corrigées par
la présence du tRNA.
Dans tous les cas où il a pu être mis en évidence, le complexe
aminoacyl-tRNA-synthétase - tRNA s'est avéré être très spécifi
que (LAGERKVIST et al 1966 - YARUS et BERG 1967 - OKAMOTO et KAWADE 1967 - SEIFFERT et al I968).
Cette interaction très spécifique entre le tRNA et son enzyme
d'activation, en plus d'assurer la conservation de la fidélité
de la réaction, pourrait avoir une fonction de régulation,
A ce propos LOFTFIELD et EIGNER (1965) ont montré que la présen ce du tRNA spécifique de l'Isoleucine supprimait l'activation
de la valine par 1'isoleucyl*tRNA-synthétase, tout en accélérant
le tRNA vis-à-vis de la synthétase.
L'activation de la Glutamine (RAVEL et al, I965 - DEUTSCIIER
1967) et de l'arginine (MITRA et MEHLER I966 et I967) dépend de
manière absolue de la présence de tRNA } ces données pouvants'interpréter par une modification de configuration de l'enzyme
induite par le tRNA, suggèrent fortement un mécanisme du type
allostérique.
Mc ELROY et al. (1967) introduisent le terme d'homostérie pour décrire les propriétés de toute une série d'acyladénylate syn
thétase, ce terme indiquant que la modification de configuration
de l'enzyme résulte, comme leurs données le suggèrent, de la fi
xation du substrat ou d'un composé de structure similaire^à l'en
droit même du site catalytique de l'enzyme. Quoiqu'il en soit,
le problème de l'élucidation du mécanisme de la reconnaissance
du tRNA par les enzymes d'activation est certainement d'impor
tance fondamentale, car c'est de cette étape que dépendra l'éla
boration de protéines actives. C'est pourquoi ce problème a re
tenu toute l'attention de notre laboratoire. Dans ce travail,
nous avons voulu définir la nature des sites du tRNA responsa
bles de l'efficacité de 1'arainoacylation (cf. Introduction
chapitre III) ; les résultats que nous avons acquis, sont indis
sociables d'une étude effectuée conjointement par H, GROSJEAN en
vue de préciser le mécanisme d'action des enzymes d'activation.
4, Transfert des acides aminés dans les protéines
Depuis les résultats de DINTZIS (1961) il est établi que la synthèse des protéines se fait séquentiellement à partir de 1 • ex
trémité NH^ terminale.
L'intervention des aminoacyl-tRNA dans l'arrangement des acides
mécanls-me de mise en phase de la lecture du mécanls-message génétique.
La détermination des acides aminés N terminaux des protéines syn
thétisées dans un système acellulaire de E. coli indique que 47^
des protéines commencent par de la méthionine (WALLER - 1963)9 ce qui suggère que le tRNA spécifique de la méthionine, joue un
rôle dans l'initiation de la formation de liens peptidiques.
La mise en évidence de formylmethionyl-tRNA dans les extraits
de E. coli (MARCKER et SANGER 1964) et son incorporation dans
les positions aminoterminales des peptides (CLARK et MARCKER I965) a permis d'identifier le triplet AUG au codon d'initiation. Dès
19639 NAKAMOTO et al. ont montré que la formation des liens pep
tidiques dépendait de la présence de GTP et de deux fractionsenzymatiques au moins. Depuis ces premières données, de nombreu
ses études ont permis de définir la succession d'événements né
cessaires à l'allongement des polypeptides avec plus de précision.
Tout d'abord il se formerait un complexe initial entre le mRNA,
le formylmethéonyl tRNA et la sous-particule rlbosomlale 30
S
(NOMURA et LOVRY 196?). Une fois le complexe d'initiation formé
une sous-unité 50 S vient s'y ajouter afin de former un ribosome
70 S attaché au mRNA dont le codon d'initiation AUG interagit
correctement avec le formylméthionyl-tRNA,La présence simultanée d'un peptldyl-tRNA et d'un aminoacyl-tRNA
sur le ribosome en fonctionnement, conduit WATSON (1964) à pos
tuler l'existence de deux sites de fixation du tRNA sur le ribo
some ;
1) le site de décodage où se fixe 1'aminoacyl-tRNA,
2) le site de condensation où reste attaché le tRNA maintenant
la chaîne peptidique en formation.Le RNA messager est fixé au 30 S (TAKANAMI et OKAMOTO I963) ©t le peptldyl-tRNA, lors de la dissociation des ribosomes, reste
associé au 50 S (GILBERT I963) dont un composant a été identifié
à la formation des liaisons peptidiques. Juste après la formation
de la liaison peptidique, le peptidyl-tRNA allongé d'un acide
aminé, doit être maintenu temporairement par le tRNA fixé au site
de décodage.
Pour que le cycle de réactions puisse continuer, le peptidyl-tRNA
doit nécessairement être déplacé vers le site de condensation, et
le messager doit avancer par rapport au ribosome, de façon à met
tre un nouveau codon vis-à-vis du site de décodage.
Ce mécanisme nécessite la présence d'une fraction enzymatique
(HERSHEY et THACH I967) et de GTP qui est hydrolysé au cours du processus. Les propriétés particulières du formylméthlonyl-tRNA,
lui permettent de se fixer au site de condensation avant que la
première liaison peptidique ne se soit formée.
Ce mécanisme d'initiation, démontré chez les bactéries et d'une
manière générale dans les organismes possédant des ribosomes 70 S
comme les mitochondries par exemple (SMITH et MARCKER I968), ne peut pas à l'heure actuelle être généralisé aux organismes supé
rieurs, En effet, aucune activité de transformylase n'a été dé
celée ni chez les mammifères ni dans le cytoplasme de levure ;
le formylméthionyl“tRNA obtenu in vitro avec des tRNA de ces
organismes a toujours nécessité l'emploi d'une fraction enzyma
tique de E. coli (CASKEY et al I967 - TAKEISHI et UK ITA I968), Des modèles mécaniques du déplacement relatif des sous-unités
ribosomiales permettant l'avancement du messager ont été propo
sés récemment (BRETSCHER 1968 - SPIRIN I968), Ces modèles sché matiques, permettent de visualiser le mécanisme de l'initiation
qui est aujourd'hui compris dans ses grandes lignes.
Les élégantes expériences de reconstitution des ribosomes 30 S
à partir de leurs protéines et de leur RNA dissociés, ont per
mis à TRAUB et NOMURA (1968) d'identifier les protéines du ri bosome responsable de diverses fonctions biologiques t fixation
d'acides aminés dans les protéines.
Le mécanisme de la terminaison de chaîne et la libération de la
protéine complète n'est pas encore élucidé.
L'existence de tRNA suppresseurs permettant l'incorporation d'a
cides aminés aux endroits où des mutations non-sense ont provo
qué l'apparition de triplets UAG (Amber) - UAA (Ochre) ou UGA
(opale) au sein d'un message, a conduit à supposer pendant un
temps qu'il existait un tRNA particulier capable de lire les
codons de terminaison de chaîne, et de provoquer par un proces
sus particulier la libération de la protéine. BRETSCHER (1968) ayant montré que ce n'était pas le cas, on suppose aujourd'hui
que c'est une protéine mise en évidence il y a quelques années
déjà (GANOZA 1966) et purifiée par CAPECCHI (1967) qui est im pliquée dans le processus de terminaison de chaîne.
En fait deux facteurs différents semblent nécessaires, le pre
mier actif en présence des triplets UAA ou UAG et le second en
présence des triplets UAA ou UGA (SCOLNICK et al I968),
Si l'on commence à pouvoir se faire une idée assez précise de la
séquence d'événements nécessaires à la formation des protéines dans
Ja cellule , bien des points restent à éclaircir.
Parmi les problèmes qui retiennent particulièrement l'attention
de bon nombre de laboratoires, il faut citer l'étude des propri
étés des composants des ribosomes 50 S et notamment du RNA 5 S
dont la fonction reste mystérieuse bien que sa structure primai
re soit déterminée (BROWNLEE et al. I967 - FORGET et VEISSMAN
1967). Signalons encore le rôle Inconnu de l'extrémité pCpCpA
terminale des tRNA et du RNA de phage (de WACHTER et PIERS I969) et du turn-over de l'entièreté de cette séquence terminale observée avec le tRNA en présence de phosphorylase, et de l'addi
tion de l'A final du RNA de phage après le processus de réplica
reconnaissance du tRNA par 1'aminoacyl-tRNA synthétase.
5« Utilisation des acridines dans l'étude du mécanisme de la
biosynthèse des protéines.
Tout au long de ce travail nous avons été amené à utiliser la
Proflavine pour préciser certains aspects du mécanisme de la bio
synthèse des protéines.
L’orientation de notre étude fut en fait double. D'une part,
certains de nos résultats ont rais en évidence des propriétés
biologiques inattendues du colorant (cf. Chapitre l). D'autre
part, ces propriétés particulières, nous ont incité à utiliser
la Proflavine en tant qu'outil permettant d'aborder par une voie
nouvelle l'étude des relations existant entre la structure du
tRNA et certaines de ses fonctions biologiques (cf. Chapitre III ) ,
La liaison entre ces deux problèmes de nature différente, n'a pu
être faite que grâce à la caractérisation des interactions Pro-
flavine-tRNA qui fait l'objet du chapitre II de ce travail. Les
colorants basiques du type acridine, doués de propriétés chimi
ques particulières (cf. ALBERT I966), dont les solutions colorées sont souvent fluorescentes, manifestent, en raison de la tendance
à l'association des molécules entre elles à forte concentration,
une déviation à la loi de Beer-Lambert, Ces composés mutagènes
et bactérlostatiques, peuvent être antimitotiques ou bien au con
traire cancérogènes (dans le cas des benzacridines)
5 ce vaste
éventail de propriétés chimiques et biologiques, dont nous n'a
vons donné qu'un aperçu, suffit à mettre en évidence la comple
xité du mécanisme d'action de ces substances et l'intérêt de
l'étude de leur action au niveau moléculaire, A côté de ses pro
d’avoir contribué à la compréhension d'importants aspects de la
biologie moléculaire ; il en est de même pour des substances
apparentées comme 1'Actinomycine ou l'Ethidium (Fig l) qui ont pour cette raison été bien souvent associées aux acridines dans
les conclusions de la littérature.
Fig, 1 Structure des composés affectant la fonction des
a-cides nucléiques
Actinomycine
Ethidium (bronmre) : 2,7 diamino - 9 “ phényl -10 - ethyl phenan-tridine Proflavine : 3.6 diaminoacridine
Acridine orange R
3.6 bis dimethylamino - 9 phényl-acrldine.
En remontant dans le temps, nous pourrons nous remettre en
mémoire certains faits marquants qui évoqueront la contribu
tion de l’emploi de ces agents chimiques à la compréhension de
toute une série de caractéristiques cellulaires.
Depuis l’introduction en 19^0 de la tedmique permettant 1’ob -
servation de la fluorescence sous le microscope (STRUGGER 19^0) ,
l’acridine orange (3»6-bisdimethylaminoacridine) est utilisée
comme colorant histologique. Cette méthode permit dès cette épo
que de différencier les cellules vivantes des cellules mortes.
La combinaison de l’acridine aux acides nucléiques, in vivo.
permit également de différencier dans une certaine mesure le DNA
du RNA (KRIEG 195^) grâce aux propriétés métachromatiques du co
lorant (production de plusieurs couleurs par un colorant pur).
THOMAS (195^) lors de la caractérisation de la dénaturation du DNA constata que la coloration de l’acide nucléique par un colo
rant histochimique dépend du degré de structure secondaire du DNA ;
la chute de l'affinité du colorant pour le DNA put dès lors être
attribué à la perte d'un espacement régulier et approprié des
fonctions acides phosphoriques.
La relation entre la structure secondaire du DNA et l’affinité
du colorant permit détablir certains critères auquels devrait
répondre la structure du DNA pour rendre compte de cette obser
vation.
Bien que ces seules études n’aient pas permis de proposer à cette
époque un modèle de structure cohérent pour le DNA, l’interac
tion des composés qui nous ont Intéressés avec le DNA, fut d’une
grande utilité par la suite pour déceler les DNA circulaires et
pour déterminer le degré de super structure (super-hélice) pro
clrcu-laire de DNA sur elle-même (CRAVFORD et ¥ARING 196? - HUDSON et
VINOGRAD 1967 - BAUER et VINOGRAD I968).
L'action mutagène particulière des acridines, a permis l'obten
tion de toute une série de mutants intéressants pour l'étude fon
damentale de propriétés génétiques. Très peu d'exemple intéres
sants de mutation acridine ont été décrites pour les bactéries ;
pour la levure une classe de mutants très importants a été obte
nue par action de l'acridine s il s'agit des déficients respira
toires "petites colonies" abondamment décrits par EPHRUSSI (l953).
Cbst dans le domaine de la génétique de phage que les acridines
ont été employées le plus utilement ; l'obtention des mutants
résultant du déphasage de lecture du code génétique a en effet
permis d'identifier le codon à un triplet de nucléotides (CRICK
et al 1961) et plus récemment, a permis de déduire la nature des codons utilisés in vivo (BERGER et al I968), L'affinité particu lière de l'acridine pour les épisomes non intégrés dans le géno
me de l'hôte (CAMPBELL I962) permet d'aborder l'étude du mécanis me du tranfert génétique (JACOB et al I963). L'interaction des Acridines, et de composés apparentés , avec le DNA, conduit éga
lement à l'inhibition de l'activité de la DNA et de la RNA poly
mérase (HURWITZ et al. 1962) ; cette propriété, malgré certaines
difficultés que nous discuterons au chapitre I, a permis d'éva
luer, dans certains cas avec succès, la durée de vie du mRNA et
d'analyser les processus de la morphogénèse (BRACHET I968). L'inhibition de la formation de particules virales Infectives
par la Proflavine, peut être observée dans des conditions où la
synthèse de DNA n'est pas affectée (SUSMAN et al. 1965) ; cette observation suffit à montrer qu'il peut être dangereux d'attri
buer exclusivement les effets biologiques des acridines à l'inhi
bition de la synthèse des acides nucléiques, comme bien souvent
cela a été fait.
actions Acridine-RNA qui avaient été négligées jusqu'alors j no
tamment l'interaction des acridines avec les ribosomes (MORGAN
et RHOADS I965) fut étudiée dans l'espoir d'apporter certaines précisions quant à la conformation du RNA au sein des ribosomes
(FURANO et al I966 - COTTER et al I967 - MIALL et VALKER 196? ). Les données obtenues à ce propos sont encore trop fragmentaires
pour permettre des conclusions définitives (cf. Chapitre II).
Ainsi, l'emploi de ces substances dans l'étude des mécanismes
cellulaires fondamentaux^ apparaît comme indissociable de la dé
termination de son mécanisme d'action au niveau moléculaire.
Lorsque le présent travail fut amorcé, les connaissances en bio
logie moléculaire étaient bien entendu encore plus sommaires qu'au
jourd'hui, Ainsi, si la théorie du messager génétique était é-
tablie, le problème de sa durée de vie soulevait encore bien des
discussions. Quant au tRNA on ne pouvait encore imaginer à cette
époque aucune hypothèse raisonnable permettant d'expliquer la
spécificité de ses fonctions biologiques ; aucune séquence de
tRNA n'avait été déterminée, et le modèle de structure qui pré
valait était celui proposé par CANTONI qui attribuait au tRNA la
forme d'une épingle à cheveux. C'est en fait l'intérêt que nous
avons manifesté pour ces problèmes particuliers qui a orienté
MATERIEL ET METHODES
Appareillage et Produits utilisés
Compteurs à Scintillation Nuclear Chicago
Packard TriCarb Beckman Ultracentrifugeuse SPINCO L50 Analytique SPINCO E Spectrophotomètre CARY 15 GILFORD BECKMAN DU et DB
Broyeur de cellules BRAUN
Presse de FRENCH
Extrait de levure (Bacto Yeast Extract DIFCO)
Casamino acids ; (hydrolysat de caséine) DIFCO
Glusulase : Enzÿme d'Hélix pomatia de l'Industrie biologique fran
çaise .
Le Tris, l'Adénoslne triphosphate (diK) et le pyrophosphate inor
ganique proviennent de la Sigma Chemical Company.
Le phénol (MERCK) utilisé pour les déprotélnlsation d'acides nu
cléiques est fraîchement redlstillé avant l'emploi,
La Desoxyrlbonucléase (EC3.1.^.5«) utilisée est fournie par Vor-
thlngton Biochemical Corporation, elle est ensuite purifiée par
Les autres produits utilisés sont des produits commerciaux de
pureté analytique.
Les produits radioactifs utilisés proviennent soit du
RADIOCHE-MICAL CENTER, AMERSHAM, soit de SCHWARZ BioResearch, soit de NEW
ENGLAND NUCLEAR.
32
l’ATP P que nous avons utilisé a été préparé à Strasbourg ;
nous remercions le Professeur Mandel de nous l'avoir aimablement
offert,
LEVURE
Souche de Levure
Saccharomyces cerevisiae Yeast Foam normale
(yf 237)
Conservée à 4° C sur gélose inclinée est repiquée tous les mois.
Culture des levures
2
Le milieu est stérilisé 20' à l'autoclave 2kg/cm (Glucose sté
rilisé à part pour éviter la formation de bases de Schiff), La
composition de ce milieu a été décrite précédemment (WERENNE 1964),
La préculture est effectuée en boîtes de Roux contenant 50 ml de
milieu,ensemencé6 à l'anse de Pt et agités 24 heures à 30° C,
g
La préculture contient finalement dans ces conditions 1,5 10
cellules/ml. La culture est effectuée en fioles coniques de 100 ml
par inoculation d'I ml de préculture de 24 h, dans 9 ml de milieu.
dioactivité se retrouve dans les acides nucléiques et dans les
composés puriques acido-solubles (CHANTRENNE et DEVREUX I956 _ H. CHANTRENNE 1956).
L'incorporation de ce précurseur permet donc de suivre aisément
la synthèse des acides nucléiques chez la levure. Les prises de
0,5 ml effectuées au cours du temps sont précipitées à 0° C par
1 ml de TCA 20 ^ et 0,5 ml d*Adénine 2^m/ml,- détermination de 1^ radioactivité incorporée dans la somme
RNA+DNA.
Le précipité est filtré après 30 minutes sur membranes Milli
pores (diamètre des pores 0.65^), lavé trois fois par 5 ml TCA 5 contenant de l'Adénine froide ; la radioactivité est déter
minée au compteur de GEIGER à fenêtre mince,
La majeure partie de la radioactivité ainsi mesurée est due à l4
l'incorporation d'Adénine-8 C dans le RNA, puisque la quanti
té de DNA ne représente que 5 à 10 ^ des acides nucléiques chez
la levure.
Une détermination précise de la radioactivité Incorporée dans
le RNA nécessite la détermination de la radioactivité du DNA ;
par simple différence de la radioactivité incorporée dans l'en
semble des acides nucléiques et la radioactivité incorporée dans
le DNA, on obtient la radioactivité incorporée dans le RNA.
- détermination de la radioactivité incorporée dans le DNA
Après 30' le précipité TCA est centrifugé (lO' à 2000 tours/mln.) j le culot obtenu est incubé 15 heures à 37® G dans
1 ml de NaOH 0,5 M. Le RNA est ainsi totalement hydrolysé et le
par 1 ml de TCA 20 ^ en présence de RNA froid (500 As) servant
d'entraîneur. Le précipité est filtré après 1 heure et lavé com
me décrit plus haut,
- détermination de la radioactivité des composés acido-solubles,
Les prises de 0,5 ml effectuées au cours du temps sont re
cueillies dans des tubes à centrifuger contenant 1 ml de NaCL
0,9 ^ et maintenus à 0° C, Les prises sont homogénéisées immé
diatement et les opérations suivantes sont effectuées à la cham
bre froide (0-4° C),
Après 5 minutes de centrifugation à 2000 tours/minutes, les cu
lots sont lavés deux fois par 1 ml de NaCl 0,9
Les trois surnageants résultant des centrifugatioiïs sont rassem
blés et consitituent la fraction permettant de déterminer la ra
dioactivité des composés acido-solubles du "milieu".
Les culots obtenus sont ensuite extraits au TCA 10 ^ pendant 1 h, ;
après 5 minutes de centrifugation à 2000 tours/minute
,
les cu-loté sont lavés deux fols au TCA 5 ^ et les trois surnageants
rassemblés fourniront la radioactivité des composés acido-solubles
présents dans la levure.Après 3 extractions des surnageants (étherlvol)
une partie aliquote de la solution aqueuse est évaporée sur pla
quette de cuivre ; la radioactivité est ensuite déterminée au
compteur de Geiger à fenêtre mince. Une fraction aliquote de la
fraction "milieu" est évaporée telle quelle sur plaquette de cui
vre afin d'en déterminer la radioactivité,
/ l4
Incorporation de Phénylalanine C dans les protéines syn
thétisées par la levure.
Les prises (0,5 ml) effectuées au cours du temps dans le milieu l4
dans 1 ml de TCA 10 ^ et 0.5 nil de Phénylalanine non marquée
(lyiM) 5 la phénylalanine déjà estérifiée au tRNA est hydrolysée par 45 minutes d* ébuUition. Les précipités sont filtrés et lavés comme précédemment et la radioactivité en est déterminée au comp
teur de Geiger.
Préparation de sphéroplastss de levures
Les sphéroplastes sont obtenus par traitement des levures S, ce-
revisiae par un extrait enzymatique provenant de l'escargot Hélix
pomatla. La méthode utilisée est dérivée de celle décrite par
DUELL et al (1964). Les levures récoltées en phase exponentielle
de croissance, sont resuspendues dans 3 ml (l g de levure poids
humide/ml) d'une solution de tampon citrate-phosphate 0.1 M
(pH 5«8) et 0.63 M en Sorbitol - O.O3 M 2-mercaptoéthylamine,
4.10 M EDT. contenant 33 mg de Glusulase (l'enzyme provenant
d'un extrait préparé par l'Industrie biologique française est
clarifié par 10* de centrifugation à 3*500 g et le surnageant comportant la glusulase -100 mg par ampoule - est additionné
d'un dixième de son volume, d'hydrochlorure de cystéine 1 9^,
pour inactiver le merthiolate destiné à stabiliser la préparation
enzymatique).
Après une incubation de 40 minutes à 30® G, les sphéroplastes
sont centrifugés à 0® C avec précaution (lO' à la SERVALL à
1.000 g). Les sphéroplastes sont ensuite lavés par 3 ml de SOR-
BITOL 0.63 M 5.10"^M en MgCl^.
Les sphéroplastes sont resuspendus dans 10 ml de tampon
isotoni-—2
que d'incubation (2.10 M KNa - PO^^ pH 6.3 rendu O.63 M en sor- bitol et contenant par ml^lO mg de glucose, 10 mg de casamino
acids DIEGO et 5/<-moles de MgGl^).
Après 20' d'incubation à 30® G dans ces conditions isotoniques
Isolement de polyribosomes de sphéroplastes de levure
/
,
f
/1^
Les sphéroplastes incubés en présence ou non d*Adénine-8 C sont centrifugés 5 minutes à 1.000g. Le culot obtenu est resuspendu
_2
dans 2.5 ml de tampon hypotonique pH 7.^ (Tris HCl 2.5 • 10 M-3
5.10 M MgCl^. Le lysat ainsi obtenu est débarassé des débris
cellulaires par 15 minutes de centrifugation à 10.000g.
200/<'l de ce lysat (contenant environ 2 DO de matériel absorbant
à 260 m/^ ) sont déposés au sommet d'un gradient linéaire de saccha- rosel7.3^ ^ (w/v) en Tris 2.5 . 1L0"^M MgCl^ 5.10”^M pH 7.4, éta bli dans un tube de rotor S¥ 39»
Après deux heures de centrifugation à 32.000 tours/minute (SPIN-
CO L50 - rotor S¥ 39) le diagramme de sédimentation est détermi né. Après traitement du surnageant de lyse à la RNAse (O.l^g/ml-
1 minute à 30° C) , les polysomes sont détruits.
Estimation de la proportion de mRNA chez la levure
Deux voles différentes ont permis d'estimer la proportion de mRNA
chez la levure
1° Estimation basée sur la quantité de polyribosomes isolables
Plusieurs hypothèses sont nécessaires pour pouvoir effectuer cette
estimation.
Nous avons considéré que
%
a) seulement 70 ^ des ribosomes sont sous forme de polyribosomes et l'entièreté du mRNA est associé aux polyribosomes.
b) Dans les polyribosomes, le mRNA est saturé s les ribosomes
se touchent,
c) il y a 10 de tRNA par rapport au R.RNA
d) le poids moléculaire du R-RNA de levure est Identique à celui
de E. coli (cf. KURLAND I96O - CLICK et TINT 19^7)
Les hypothèses c et d semblent pouvoir être considérées comme
Les hypothèses a et b conduisent à une sous-estimation de la quan
tité de mRNA j en effet, il semble se confirmer que la totalité
des ribosomes soient dans la cellule associés entre eux et que
le mRNA n'est pas saturé par les ribosomes. Le tassement maximum
des ribosomes sur la fibre de mRNA n'a été observé par microsco
pie électronique que dans le cas de polyribosomes extraits de
certaines tumeurs (SHELTON et KUFF I966) ; d'une manière
géné-0
raie, on observe plus souvent une séparation de 50 à 150 A en
tre les ribosomes (SLAYTER et al I963 - RICH et al I963 - STAE- HELIN et al 1964) ou encore 75 à 105 nucléotides distribués par
ribosomes (PADAYATTI et ROLFE I968), Bien que certaines variations quant au nombre de ribosomes fixés sur un mRNA donné soit possi
bles, nos résultats indiquant que la densité de mRNA par riboso
me est constante en moyenne, nous permettent à bon droit de con
sidérer comme valable une distribution régulière des ribosomes
que l'hypothèse b implique. Nous obtiendrons donc ainsi une es
timation minimale de la proportion de mRNA. Si on considère donc
qu'il y a 65 nucléotides par ribosomes (distance entre 2 nuclé-
o O
otides = 3.4 A - Diamètre des ribosomes 220 A),
On a en calculant en poids moléculaire 65 x 300 unités de masse moléculaire de mRNA par ribosome,
6 6
Pour le R-RNA d'un ribosome, on a 2 x 0,55 x 10 + 1.1 x 10 =
2.2 X 10 unités de masse moléculaire de R-RNA par ribosome.
m_RNA ^
6p ^
;00 ^
^ _gRNA--- „
^
R-RNA
Z.2
x10°
R-RNA+sRNASi on n'a que 70
^
de ribosomes sous fôrme de polyribosomes onaura donc
mRNA
0.62 ^
mRNA c: 0.56 ^L'estimation minimale de la proportion de mRNA nous donne une
valeur voisine de 0,6
De toutes récentes données (KAZAZIAN et FREEDMAN 1968) ont montré que les ribosomes pouvaient être bien plus tassés sur le mRNA
que ne le supposaient les données antérieures.
2° Estimation basée sur la radioactivité qui s'incorpore rapide
ment dans le RNA
D'après la Fig, 26 on peut déterminer la radioactivité incorporée l4
en 5 minutes lors d'un marquage à l'Adénine-8 G. Certaines hypothèses sont également nécessaires :
a) l*adénine-8 C assimilé par la levure, n'entre dans le RNA que sous forme d'Adénine, On considère également que la distri
bution de chaque nucléotide dans le RNA qui se marque rapidemment l4
est statistique et que l'Adénine-8 C entre dans le RNA avec la radioactivité spécifique du marqueur ajouté,
b) le RNA rapidement marqué est exclusivement du mRNA,
c) pendant les 5 minutes d'incorporation, on peut négliger la dégradation de RNA et l'augmentation de radioactivité est effec
tivement une mesure de la synthèse de RNA. On considère en outre
que dans les sphéroplastes l'augmentation de la quantité de mRNA
suit la même cinétique que dans les cellules Intactes.
Cette hypothèse c conduit probablement à sous-estimer la propor
tion de mRNA ; en effet, les synthèses de macromolécules sont
plus lentes dans les sphéroplastes et on peut considérer ceux-ci
comme physiologiquement équivalents à des cellules en absence
de croissance (DE KLOET I961), Les hypothèses a et b par contre entraînent une surestimation de la valeur calculée j en effet
La fig. 26 montre que l'on incorpore dans une fraction de 0,125 l4
ml, 10 IPM d'adénine-8 G 4^C/|cmole pour une DO correspondan
te de 0,1 dans une cellule de 3 mni de trajet optique. En consi
dérant un rendement de 50 ^ du compteur à scintillation, la
quantité d'adénine incorporée dans le niRNA = ---——mole/ml, X 1Q ^
te d'adénine
incor-poréex
k
sï 0.0727 X 10 K. mole/ml.1^0
Sachant que E, pour les ribosomes de levure est 113 (YIN i960)
1cm
'et en considérant qu'il ya 60 9“ de RNA par ribosome, la quantité de nucléotides dans le R-RNA
_ 0,1 X 3.3 X 10 X 60 X 10"^
113 X 100 X 300
= 58.4 X 10"^ mo le/ml donc mRNA ^ 0,0727 x 10 .-3-3
ou mRNA ir 0.0727 X 10-3
R RNA 58,5 X 10 R RNA + sRNA 64,24 x lo"^
= 0.00113
kt Il y a donc 0,113 9“ de mRNA nouvellement synthétisé.
Mais cette quantité ne représente qu'une fraction du mRNA, On
peut considérer que la quantité de mFNA -varie suivait 3a fonction Me
ou M est la quantité de mRNA au temps tsso et “ = temps de géné-iC ration (II6') M e t O kt M* . ~ 1.04 la quantitité de mRNA
marqué ne représente que
4 de la quantité de mRNA
RETICULOCYTES DE LAPIN
Préparation des réticulocytes de lapin
Les lapins sont anémiés par quatre injections sous-cutanées jour
nalières de phénylhydrazine (la solution à 2,5 ^ est injectée à
raison de 0.3 ml/Kg. Les lapins dont la réticulocytose est ainsi
provoquée selon la méthode de BORSOOK et al (l952) sont sacrifiés
deux jours après, sous anesthésie (injection dans la veine mar
ginale de l»oreille de NEMBUTAL additionné d'HEPARINE).
Le sang est récolté et centrifugé pendant 15' à, 2.800 g j après
deux lavages par une solution isotonique (NaCl l4.10 M, KCl
"“3 / ”3
5.10 Acétate de Mg 5*10 "^M) , la majorité des leucocytes
constituant la couche supérieure du culot est éliminée.
Système d'incorporation acellulalre d'acides aminés
Les réticulocytes centrifugés et lavés sont lysés par 2 volumes
de solution hypotonique (Tris-HCl 10 M pH 7»^ - contenant HCl
1,5 .10 M et acétate de Mg 5.10 "^M). Après 30 secondes dans
cette solution, 1'Isotonlclté est rétablie par addition de sac
charose (85 mg par ml de lysat). Cette manière de procéder évi
te dans une large mesure la lyse des leucocytes contaminants.
Le surnageant résultant d'une centrifugation de 15* à. 17.500 g
constitue le lysat de réticulocytes qui permet d'étudier la for
mation acellulaire des protéines. Les conditions d'incubation
de ce lysat sont dérivées de celles décrites par LAMFROM et
KNOPF (1964), La cinétique de synthèse des protéines est étudiée dans un volume total de 1 ml comprenant 0,8 ml de lysat et 0,2
ml de milieu d'incubation comprenant 4ftmoles MgCl^, 8^moles KCl,
lOftmoles Tris HCl (pH 7.8), 8^moles GSH, Ift-mole ATP, 0.25 /U.
mole GTP, 5moles de phosphoenolpyruvate, environ 50^g de pyru-
l4
20^ 1 de leucine ou valine C et 30^1 d'une solution de Profla-
vlneO L'incubation se fait à 37° G, Pour les cinétiques d'incor
poration, des prises de 0.1 ml sont effectuées au cours du temps
et précipitées par 2 ml de TCA 5
Conditions d'incorporation des acides aminés dans les
réticulocytes entiers
Les réticulocytes centrifugés sont resuspendus dans
4
volumesde milieu d'incubation (Ce milieu d'incubation contient les com
posants suivants pour 50 ml NaCl 9 30 ml de tampon phosphate
10 pli
7*4,
20 mg de glucose,5
nig de CASAMINO acids DIFCO +1,5 mg de Trytophane).
Le début de l'incorporation est déterminé par l'addition de
lOfil
(pour 1 ml de solution d'incubation) d'un mélange d'acides aminés
(Hydrolysat de protéines reconstitué - SCH¥ARTZ),
L'incubation se fait à
37°
G sous agitation occasionnelle,et desprises de 0.1 ml sont effectuées au cours du temps et précipitées
par
2
ml de TCA5
Détermination de la radioactivité des protéines synthéti
sées dans les systèmes de réticulocytes.
Le précipité
TCA
est porté pendant30
minutesà 90°
G et filtrésur mlllipores (0.65^) après refroidissement, et lavé par du
ESCHERICHIA COLI
Souches de Escherichia coli
La souche 112 - 12 gai cys his su (WOLLMAN 1953) provient
du laboratoire du Professeur R, THOMAS j cette souche dérive
de
La souche ML 308 que nous avons utilisée à Strasbourg provenait
du laboratoire de F, GROS.
Culture de Escherichia coli
Les bactéries sont cultivées aérobiquement à 37® 0 dans un milieu
à base de tryptone semblable à celui décrit par KAISER (l955)
_2
excepté qu'il contient du MgCl^ 10 M.
Pour la préparation de grandes quantités d'enzymes d'activation,
des cultures intensives de E, coli ont été fournies par le pro
fesseur WELSCH de l'Université de Liège,
Préparation du DNA de E. coli
Le DNA est obtenu par une modification de la méthode de MARMUR
(1961), Après le traitement à la RNAse, la solution est agitée à deux reprises en présence de phénol 90 ^ (^/^) à 40° C,
Après la dernière déprotéinisation, le DNA de la phase aqueuse
est précipité par addition d'I volume d'éthanol.
Les fibres de DNA sont récoltées sur une baguette de verre et
exprimées pour en extraire le maximum de solution liquide } le
DNA est ensuite lavé deux fois à l'éthanol 80 ^ et il est conser
vé dans l'éthanol au congélateur.
Le DNA est dissout avant utilisation dans un tampon Tris-HCl
Préparation des ribosomes de E, coll 112,12
-2
Une suspension de E, coli dans un tampon Tris-HCl 10 M MgCl_
-2
, ^
10 M pH 7.4 est broyé à la presse de FRENCH comme lors de la
préparation des enzymes d'activation.
Le surnageant d'une centrifugation à 20.000 g, constitue la
source d'obtention des ribosomes.
Ces ribosomes sont contenus dans le culot d'une centrifugation
à 105.000 g (2 h à 30.000 tours/minutes à la Splnco L 50 en
rotor
4o).
Le culot est lavé deux fois avec un tampon Trls-HCl10”^M MgCl^ 10“^M pH
7.4.
Le culot résultant est constitué essentiellement de ribosomes
70 S } il est conservé dans l'azote liquide. Lorsque les
bac-—2
téries sont broyées en présence de tampon Tris-HCl 10 M MgCl„
-4
10 M pH 7.4, on peut obtenir^en faisant toutes les opérations
dans ce même tampon, les sous-unités ribosomiales } ces sous-
unités ribosomlales sont séparées par centrifugation en gradient
de saccharose 5-20 comme décrit à la Fig, 4l,
Chacun des pics est récolté séparément.
Les ribosomes 30 S et 50 S provenant de plusieurs centrifugations
de ce type sont rassemblés et dialysés contre du tampon Tris-HCl
-2
-410 M MgCl^ 10 M pH 7.4.
Après cette dialyse, les ribosomes subissent deux cycles de la
vage et centrifugation à 105.000 g dans le même tampon.
Ils sont conservés dans l'azote liquide sous forme de culot jus
qu'au moment de leur utilisation.
Les coefficients d'extinction par mole de phosphore à 260 m^ sont
respectivement de 7.710, 7,^50 et 7.810 pour les 30,50 et
JO
S(MIALL et WALKER I967).
Ces données nous permettent de comparer les interactions de la
Proflavlne avec des quantités de sous-unités contenant la même
Système acellulaire de synthèse des protéines
Pour l'étude de l'incorporation d'acides aminés dans un système
acellulaire sous la dépendance de l'addition de polynucléotides
de synthèse , nous avons utilisé la souche de E. coli ML 308
originaire du laboratoire de F, GROS,
L'extrait utilisé provient de 10 g de bactéries récoltées en
phase exponentielle de croissance et resuspendues dans 12 ml
de tampon Tris-HCl 10 M ^pH 7«^)f contenant j Acétate de Mg^^
—2 —1 ~3
2,10 M, saccharose 2,10 M, Hercaptoethanolamine 6,10 et
KOI 10“^M,
Cette suspension est broyée par l'30" d'agitation sous refroi
dissement dans le BRAUN (en présence de 30 g de billes de verre
de 0 11-12), Le broyât obtenu est centrifugé 20' à 17.000 g
et le surnageant constitue l'extrait brut.
Cet extrait est préincubé 45 minutes à 37° 0 afin d'épuiser le
mRNA endogène dans un milieu contenant pour 15 ml d'extrait,
WgSO^ 30^moles, KCl 60 ^ moles, ATP 20/^ moles, PEP 5/^ moles,
pyruvate kinase 100 1 ^mole de chacun des 20 acides aminés
et DNA se 50^ g.
L'extrait ainsi préincubé est dialysé pendant l6 heures à 4° C
contre du tampon Tris-HCl 10”^M (pH 7.4), Acétate de Mg 2.10”^M
-2
et KCl 10 M, Le milieu réactionnel d'incorporation des acides
aminés contient pour 1 volume total de 0,425 ml (en ^ moles) j
Tris HCl pH 7.4,20 - MgSO^, 4 - KCl, 50 - GTP, 0.1 - ATP, 2
- PEP,4 - Pyruvate kinase 15 /tg $ 0,1 de chacun des acides
aminés (sauf celui dont on étudie l'incorporation), et 0.1 ml
d'extrait dialysé et préincubé.
L'incubation se fait en présence de Proflavine ou de Bromure
d'Ethidium, avec du poly U (25 ^g) et de Phénylalanine J’^C-tRNA
(l50y<.g - 4,300 IPM ^^C) ou de poly UG (25 ^ g) et de Valyl -
^^C-tRNA (150^g - 28,348 IPM ^^C).
arrêtée par addition de 1 ml de TCA 10 Après 30' à 90° 0, le
précipité est recueilli par centrifugation et lavé deux fois au
TCA 5 ^ et deux fois par 5 ml d'Ethanol 95 Le précipité est
finalement dissous dans 0.3 ml d'H^O et repris par 10 ml d'un
mélange scintillant (BBOT 4g, naphtalène 80g, toluène 600 ml,
méthylcellosolve 400 ml) et sa radioactivité est mesurée au comp
teur à scintillation BECKMAN.
Dans ces conditions, le poly U stimule plus de 50 fois l'incor
poration de Phé. Pour chaque concentration de Proflavine ou de
bromure d'éthldium utilisée, un blanc comprenant exactement les
mêmes composants excepté le polynucléotide, a été déduit de la
valeur obtenue en présence du polynucléotide.
RNA DE TRANSFERT UTILISES
Le tRNA de levure
Le tRNA de levure utilisé est une préparation commerciale BOEH-
RINGER, Les tRNA de levure purifiés utilisés ont été obtenus dans
le laboratoire de Chimie Biologique de l'Université de Strasbourg
par distribution à contre courant de ce tRNA commercial (DIRHEI-
MER et EBEL 1967),
Les tRNA des réticulocytes de lapin
sont obtenus par extraction au phénol (KIRBY 1965) d'une suspen sion de réticulocytes (l volume de cellules sédimentées pour 8
volumes du milieu suivant s 0.1 M NaCl - 6.10"^M KCl - 1.5 . 10"^M
- MgCl^ contenant 0,1 ^ de glucose). Le tRNA déprotélnisé est en
suite précipité à l'éthanol et purifié par passage sur une colon