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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository
Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Chaput, M. D. (1986). Altérations physiologiques induites par des métabolites réactifs de l'oxygène chez la levure (Unpublished doctoral dissertation).
Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences, Bruxelles.
Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/213540/1/9f5f4587-56e6-49cd-8694-8ce385a541ee.txt
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UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES Faculté des Sciences
Service de Chimie biologique
ALTERATIONS PHYSIOLOGIQUES INDUITES PAR DES METABOLITES REACTIFS DE
L'OXYGENE CHEZ LA LEVURE
Mémoire présenté en vue de l’obtention du grade légal de docteur en
sciences chimiques
Mariella CHAPUT
Février 1986
FACULTE DES SCIENCES
L'épreuve publique pour l’obtention du grade légal de Docteur en Sciences de Me CHAPUT, Mariella, Licencié en
Sciences, pour le groupe des sciences chimiques, aura lieu le :
JEUDI 20 FEVRIER 1306 A 16.00 HEURES.
dans le Grand Auditoire des Bâtiments de l’Université Libre de Bruxelles, 67, rue des Chevaux à 1640 Rhode-St-Genèse.
Me CHAPUT présentera et défendra publiquement une dissertation originale intitulée :
"Altérations physiologiques induites par des métabolites réactifs de l’oxygène chez la levure’’?
et une thèse annexe intitulée :
"L’induction contrôlée de mutants rho chez une souche de levure pet thermosensible doit permettre d’analyser l’évolution du génome mito
chondrial et de démontrer l’importance de la perte de séquences
intergéniques spécifiques pour la stabilisation de l’information
conservée".
thermosensible doit permettre d'analyser l'évolution du génome mitochondrial et de démontrer l'importance de la perte de séquences
intergéniques spécifiques pour la stabilisation de l'information conservée.
constructives, a grandement contribué à la réalisation de ce travail.
Ma reconnaissance va également a Madame J. Brygier po\ir sa collaboration et sa gentillesse.
Enfin, j'ai apprécié la sympathie et la bonne humeur des membres du service de chimie biologique.
Je remercie le Fonds National de la Recherche Scientifique de m'avoir accordé le soutien financier pour accomplir mes
recherches.
RESUME.
Des composés rédox, comme la meradione et le PMS, sont capables d'effectuer un cycle d'oxydoréduction chez la levure Saccharomyces cerevisiae augmentant ainsi la production endo
gène des métabolites toxiques de l'oxygène.
Quelle que soit la localisation intra- ou extracellulaire de la source génératrice de métabolites toxiques de Oj , les dégâts létaux encourus par la levure restent relativement peu importants. La protection enzymatique endogène minimale, sub
sistant, par exemple, après croissance aux dépens du glucose (répression catabolique carbonée) ou développée par la cellule en l'absence d'oxygène, suffit déjà à limiter considérablement les effets toxiques d'une production accélérée d'ions supero
xydes (Oj* ) et de HjO 2 . Cependant, la levure est relativement plus sensible aux effets délétères d'un hydroperoxyde exogène tel le t-butylhydroperoxyde.
Nos expériences ont montré que les catalases intracellu
laires participent activement à la protection de la levure contre HaOjgénéré in situ. Par contre, la très lente diffu
sion de HjOj externe dans le compartiment cytoplasmique suf
fit à minimiser les dégâts internes potentiels d'un flux de HJ O 2 exogène.
Les superoxydes dismutases protègent les levures contre les effets délétères de O 2 * générés tant dans le compartiment intracellulaire que dans l'espace extracellulaire. Ce résul
tat suggère soit que O 2 ' peut diffuser librement au travers de la membrane plasmique, soit l'existence d'xone superoxyde dismutase cyanure-sensible dans l'espace périplasmique.
Les dérivés actifs de l'oxygène sont responsables de
dégâts létaux mais peuvent également induire des altérations
non létales. Ainsi, nous avons mis en évidence que o"* et H O
générés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la cellule entraînent une augmentation très significative du taux de mutants rho~ et sont donc susceptibles d'altérer l'infor
mation génétique.
La perméabilité sélective de la membrane plasmique
peut être également affectée. Cependant, chez la levure, seul le traitement au t-butylhydroperoxyde (tBH) s'est avéré capa
ble de lever, de façon significative, la barrière de perméa
bilité (membrane plasmique) à l'influx de nombreuses substan
ces extracellulaires (acide succinique, p-nitrophénylphosphate).
Au niveau moléculaire, les lipides insaturés des struc
tures membranaires de la levure sont sensibles à la peroxy
dation. Nous avons mis en évidence que le système xanthine /xanthine oxydase, la-ménadione et le tBH induisent de telles peroxydations*).L'importance des peroxydations observées est fortement déterminée par la nature de la source de carbone présente dans le tampon d'incubation des cellules. L'analyse de cette relation nous permet de penser que les lipides insa
turés néosynthétisés sont les cibles majeures des peroxydes.
Un effet protecteur éventuel contre les peroxydations exer
cé par des réducteurs physiologiques, produits plus pafticu- lièrement lors du catabolisme de certaines sources de carbone
(glucose, éthanol/cyanure), est également à retenir.
Une altération non létale d'une fonction membranaire plus spécifique a également été étudiée. Le transport actif des purines est surtout affecté par une source génératrice de O 2 * . La vitesse initiale d'entrée de l'hypoxanthine est alors réduite mais sans modification importante de l'accumu
lation de la purine in situ, c'est-à-dire sans affecter la capacité bioénergétique de la cellule.
Notons encore que, dans certains cas : xanthine/xanthine xydase et tBH, nous avons pu établir, par l'action d'agents chélateurs, que les ions ferriques Feparticipent aux
celles dues au tBH étant, toutefois, en grande partie, non lipidiques).
processus cytotoxiques soit en catalysant la dicaux hydroxyles (OH*) soit par stimulation des peroxydations.
formation de ra
de la propagation
o;
HO a*
OH.
•Oa PMS DCIP GSH tBH EDTA
Desféral CCCP pNPP pNP MDA LH LOOH X se DMPO SOD TB A
K3
radical superoxyde radical perhydroxyle radical hydroxyle oxygène singulet
phénazine métosulfate 2 ,6 dichlorophénol indophénol
glutathion réduit thuty 1 hydroperoxyde
éthylène diamine tétraacétate Desférrioxamine méthane sulfone
m-chlorophénylhydrazone carbonyl cyanure p-nitrophénylphosphate
p-nitrophénol malonaldéhyde lipide
hydroperoxyde de lipide xanthine oxydase
5,5 diméthyl -1- pyrroline -N- oxyde superoxyde dismutase
acide thiobarbiturique
ménadione
Table des matières.
Pages
r. ' ' 1
Résumé
Table des matières 5
Introduction - Table des matières 6
Matériels et méthodes 61
Résultats expérimentaux - Table des matières 69
Conclusions et discussion 156
★
Bibliographie 166
INTRODUCTION
Introduction p. 8
. Réactivité des métabolites toxiques de O 2 • p. 10 A. Ion superoxyde, radical perhydroxyle
B. Peroxyde d'hydrogène C. Radical hydroxyle D. Oxygène singulet
B. Complexes oxygénés d'ions métalliques.
. I - Production des métabolites toxiques de l'oxygène 1. Voies physiologiques de la production des espèces
toxiques dérivées de O 2 .
A. Production intracellulaire p. 13 1. Oxygène singulet p. 13
2. Radical superoxyde p. 15 3. Peroxyde d'hydrogène p. 18 4. Radical hydroxyle p. 19
- Présence de fer catalytiquement actif in vivo - Présence de cuivre catalytiquement actif in vivo - Agents complexants les ions ferreux et ferriques - Autres réactions productrices de OH.
B. Production extracellulaire des métabolites de l'oxygène la phagocytose. p. 24
2. Production de métabolites toxiques de O 2 induite par les composés rédox. p. 26
II. Dommages biochimiques et physiologiques causés par les dérivés toxiques de l'oxygène. p. 30
1. Mutagénèse. p. 31
2. Radicaux de l'oxygène et inflammation. p. 31
3. Dégradation de 1'ADN . p. 32 4. Inactivation d'enzymes, p. 34 5. Peroxydation des lipides, p, 35
III - Défenses contre les dérivés toxiques de l'oxygène. p. 40 1. Les superoxydes dismutases. p. 41
2. Les catalases. p. 44
3. Les glutathion peroxydases p. 45 4. Les hémoperoxydases p. 46
5. Autres systèmes de défenses contre les métabolites
toxiques de Oj. p. 47
6 . Ubiquité des systèmes de défense.p. 48
IV - La levure
1. Régulation par l'oxygène et adaptation respiratoire . p, 50 2. Répression catabolique carbonée.
3. Défenses enzymatiques des levures contre la toxicité de 0^
p. 56 1. Les catalases.
2. La cytochrome c peroxydase 3. Les superoxydes dismutases.
V But du travail. p. 61
INTRODUCTION.
Beaucoup de cellules principalement chez les organismes eucaryotes requièrent l'oxygène moléculaire pour leur métabo
lisme énergétique ainsi que pour certaines synthèses vitales.
Mais si l'utilisation de l'oxygène moléculaire comme accepteur terminal d'électrons dans les processus oxydatifs est avantageu
se pour la cellule, elle est également une source potentielle de dangers.
Toutes les formes de vie sont sensibles à la toxicité de l'oxygène. Si l'oxygène hyperbarique endommage très cer
tainement toutes les cellules, une pression normale de O, semble déjà provoquer des altérations qui ne se manifestent que très lentement et dont l'importance varie considérablement avec le type d'organisme utilisé ( 1 ).
Dans son état fondamental, (état triplet * Z O 2 ) , l'oxygène y
est une substance radicalaire avec 2 électrons non appariés,
,
*,
de meme spin, loges dans des orbitales x differentes. Cette structure électronique implique que O, ne peut pas accepter une paire d'électrons d'un autre atome au cours d'une oxyda
tion car ces électrons devraient être de spins parallèles.
Cette restriction de spin explique que la réduction de l'oxy
gène s'effectue préférentiellement selon des chemins réaction
nels à 1 électron plutôt qu'à 2 électrons et ralentit ses ré
actions avec les substances non radicalaires. Donc, quoique Oj soit thermodynamiquement un oxydant puissant, des contraintes
cinétiques et surtout la restriction de spin rendent sa réac
tivité assez faible; des catalyseurs efficaces sont générale
ment requis dans les réactions impliquant 0 j(l, 2 ).
Beaucoup d'effets toxiques de l'oxygène sont attribua
bles à des molécules activées de l'oxygène ou à des radicaux
provenant de sa réduction incomplète plutôt qu'à O 2 lui-même dans son état fondamental. Plusieurs mécanismes d'activation de l'oxygène conduisent à la formation de ces espèces réacti
ves capables d'induire des dommages aux systèmes vivants.
La réactivité de O 2 peut être accrue si un électron singulet est excité. L'oxygène activé obtenu se trouve alors dans l'état singulet 'O 2 (D.
Une autre voie d'activation de O 2 fait intervenir sa réduction incomplète. La réduction totale de O 2 en eau re
quiert 4 électrons, mais le processus séquentiel univalent fournit 3 intermédiaires réactifs : 02 ~ , H 2 O 2 , OH., selon le schéma suivant (3) :
e"+ 2H‘
H 2 O 2 e + H
V OH. e + H
H 2 O H 2 O
Ces métabolites réactifs de l'oxygène ou des entités
dérivées de ceux-ci : peroxydes organiques (ROOH), radicaux
alkoxy (RO.), radicaux peroxy (ROO.), complexes oxygénés
actifs d'ions métalliques etc... sont également capables de
détruire l'architecture chimique de la cellule.
Réactivité des métabolites toxiques de O 2 .
A. Ion superoxyde, radical perhydroxyle.
L'ion superoxyde Oj se comporte comme un radical et comme un nucléophile; il peut être oxydant ou réducteur. Ses réactions sont lentes et sa réactivité est fortement modifiée par son envi
ronnement : solvant, contre-ion et surtout les ions métalliques oxydoréducteurs ( 2 ).
L'ion superoxyde est instable en solution aqueuse où il ne peut donc s'accumuler.
Il ne réagit en tant qu'oxydant que vis-à-vis des donneurs de H : catéchol, ascorbate, atocophérol (1). Il se comporte dès lors, le plus souvent, comme un réducteur. Or les systèmes bio
logiques sont généralement endommagés par des attaques oxydati
ves. Il est donc peu probable que 0/ soit l'espèce majeure res
ponsable de la toxicité de l'oxygène (4).
Le pouvoir oxydant de O/ diminue lorsque le pH croît. L'a
cide conjugué HO 2 ’ (radical perhydroxyle) est donc meilleur
oxydant que O 2 ' tandis que 02 * est meilleur réducteur que HO/ (5).
Etant plus oxydant, H 02 ' est plus actif que O
2. Mais le pK de cet acide étant de 4.8, au pH physiologique ( _ pH 7) la proportion de HO 2 ’ est très faible (inférieure à 1 %) . Mais certains micro-environnements possèdent un pH nettement plus acide. Ainsi, à la surface des membranes où la charge négative de surface cause une chute du pH de la région immédiatement ad- . jacente à la membrane, la concentration en HO 2 * serait nettement plus élevée que dans le cytosol. En outre, dans un environnement non polaire (membranes) H 02 * non chargé peut diffuser et exercer ses effets délétères (4, 6 ).
Etant peu réactif, O 2 ' peut migrer sur des distances plus longues et atteindre des cibles vitales plus efficacement que HO 2 ' ou des substances plus réactives (4). A proximité des mem
branes O
2serait converti en une espèce plus réactive ( H 02 ‘ )
responsable des dommages ( 6 ).
B. Peroxyde d'hydrogène.
H 2 O 2 est peu réactif et peut, en général, diffuser librement à travers les membranes.
Beaucoup de réactions associées à Oj' et Hj Oj dépendent de la présence d'ions métalliques oxydoréducteurs qui augmen
tent fortement la réactivité de ces métabolites. Comme l'oxy
gène moléculaire, O 2 ' et Oj apparaissent comme des précur
seurs d'espèces plus toxiques ( 2 ).
C. Radical hydroxyle.
Le radical hydroxyle (OH") est un oxydant extrêmement puissant. Il réagit, non spécifiquement, avec presque toutes les molécules, à des vitesses proches de la vitesse de diffu
sion. Il provoque une inactivation générale d'enzymes et de systèmes membranaires. Son temps de vie est inférieur à 1 ^sec.
et son trajet libre moyen est très court (7). Dans un système biologique, étant donné l'abondance des cibles moléculaires, il est peu probable que OH* échappe à un piège non discrimi
nant. Il ne pourra donc survivre un temps suffisamment long pour attaquer spécifiquement des macromolécules critiques ( 8 ).
Les dégâts causés par OH* seront limités à l'environnement immédiat de son site de production.
D. Oxygène singulet.
Ne subissant plus de contraintes de spin, 'possède une réactivité comparable à celle de OH* grâce à une orbi
tale vide qui lui confère un caractère électrophile très prononcé. Mais il est plus discriminant que OH* dans ses réactions et est donc davantage susceptible de causer des dommages à des cibles critiques ( 6 , 8 ).
E. Complexes oxygénés d'ions métalliques.
Les formes oxygénées de sels métalliques semblent être impliquées dans la toxicité de l'oxygène. Les ions ferryl
(Fe O ou Fe OH*"^) et Cupryl (Cu o'*’ ou Cu OH*'*’) sont des
oxydants puissants (2, 6 ). Ils peuvent être considérés comme des complexes OH* - ions métalliques leur conférant ainsi la réactivité de OH* mais avec un plus grand degré de sélectivi
té ( 6 ). Les ions perferryl ( Fe* "**-02 * ) et percupryl (Cu *''’-02 *)
sont nettement moins réactifs.
I. Production des métabolites toxiques de l'oxygène.
I. 1. Voies physiologiques de la production des espèces toxiques
dérivées de O 2 .
A. Production intracellulaire.
La majeure partie de l'oxygène consommé par les cellules aérobies est réduit complètement en eau sous l'action de la cytochrome oxydase sans libérer d'intermédiaires. Parallèle
ment, une fraction faible, mais non négligeable, de l'oxygène moléculaire est utilisée dans des réactions métaboliques oxy
datives conduisant à la libération de sous-produits toxiques de O 2 . La réduction uni- ou bivalente de O 2 est la conséquence de processus oxydatifs ayant leur siège dans certains compar
timents subcellulaires particuliers.
1 ) Oxygène singulet.
Le mécanisme le plus probable et le moins controversé en ce qui concerne la production de ^ O 2 sont les réactions de photosensibilisation. L'illumination de certains pigments : chlorophylles, rétinal, flavines, porphyrines, en présence d'oxygène provoque l'excitation de cet oxygène. Des chercheurs ont montré que in vivo, les chloroplastes illuminés, le cris
tallin et la rétine de l'oeil de mammifères produisent ^Oj( 1 , 6 ).
D'autres réactions ont été proposées comme génératrices d'oxygène singulet
a) La dégradation d'hydroperoxydes de lipides (LOOH) au cours de la propagation de la peroxydation pour
rait générer *-02 par un mécanisme qui n'est pas cla
rifié (9 - 12) mais où la réaction : 2 LOO* - LOOL +
pourrait intervenir ( 6 ).
b) La réaction catalysée par la myéloperoxydase ( 6 , 13) : H, + Cl“ ^ HjO + 0 Cl“
+ 0C1“-, HjjO + Cl" +
c) La dismutation spontanée de ' (14 - 17) 20 a' + 2 H"^ ^ O, + ^ Oj
d) La réaction de Haber-Weiss catalysée par les ions ferriques ( 8 , 18)
Fe* +
Oj • + H, O, ——k "O, + OH • + OH
Bien que les 2 dernières réactions soient thermodynami
quement possibles (19) leur contribution à la production de
^Oj in vivo est très controversée (1, 6 ). Les quantités for
mées par ces voies semblent très faibles et donc difficiles à détecter.
Les preuves de la production de ^Oj in vivo ne sont pas très convaincantes. Ceci résulte du manque de spécificité des méthodes de détection : chémiluminescence (14, 17), effets pro
tecteurs de pièges à ^0^ ( 8 , 11, 12, 15, 18). La détermination chromatographique du produit de réaction du piège avec le pré
sumé ^Oj est plus fiable (9, 10, 16) mais n'est pas entièrement spécifique (13).
En outre, ^en solution aqueuse retourne rapidement à son état fondamental et 0 , ' est un destructeur de ^ 0 ^ par transfert électronique ( 1 , 20 ).
Comme les réactions productrices de ^ les plus proba
bles surviennent à un stade plus tardif du processus d'acti
vation séquentielle de l'oxygène, ^ 0 ^ n'est vraisemblablement
pas l'espèce majeure responsable de la toxicité de dans les
systèmes biologiques ( 6 ).
2) Radical superoxyde.
De nombreuses réactions spontanées d'autoxydation sont susceptibles de produire O 2 ’. L'autoxydation des hydroquinonss, leucoflavines, catécholamines, thiols, tétrahydroptérines pro
duit O 2 *. La réoxydation par l'oxygène de ferroprotéines non héminiques (ferrédoxines), de flavines, de certaines flavopro- téines réduites génère également Oj". L'action catalytique de certaines métallo-flavoenzymes, xanthine oxydase, aldéhyde oxydase, dihydro-orotate déshydrogénase entraîne aussi la réduction univalente de O 2 (3, 21).
L'oxyhémoglobine (Hb Oj) libère lentement O 2 * lors de sa conversion en méthémoglobine. En réalité, Hb Oj serait davan
tage un composé superoxoferrique [Hb (Fe ^- 02 ')] qu'un compo- sé oxo-ferreux [Hb (Fe - 0^ )]. La simple perte de * par dissociation est peu probable en raison de forces électrosta
tiques. Mais Oj’ pourrait être déplacé par des nucléophiles anioniques tels que Cl~ très abondant dans les érythrocytes
( 22 ) .
En solution aqueuse Fe s'autoxyde lentement en rédui
* +sant Oj par un chemin univalent (23) :
2 J. 2 J. 3 J. —
Fe + Ojj Fe ^ - q Fe ^ + 0^ ’
Les chloroplastes illuminés produisent Oj* (24-26) probablement sur la face réduite du système de transport élec
tronique (24). Le site de la réduction univalente de O 2 serait un accepteur d'électrons primaire du photosystème I. La vitesse de formation de O 2 * dans des chloroplastes illuminés est éva
luée à 15 umoles O 2 '/mg chlorophylle x heure (27).
Des mitochondries d'origine animale ou végétale ou des
particules submitochordriales sont des sites de production de
O 2 * .
La vitesse de production de O 2 ' par des mitochondries isolées dépend de leur état métabolique. Dans les conditions physiologiques, la production de O 2 ‘ est maximale dans l'état 4 caractérisé par un haut degré de réduction des transporteurs d'électrons (28 - 30). Dans cet état 4, la vitesse de la res
piration est contrainte par la faible disponibilité en ADP.
La production de O 2 ’ par les mitochondries est tribu
taire d'un substrat pouvant être respiré : succinate ou un substrat dont l'oxydation est couplée à la réduction du NAD
(31, 32). La formation de O 2 ' dans des mitochondries isolées est accrue en présence d'antimycine A, inhibiteur du complexe bci. Dans ces conditions particulières, la majeure partie de
l'oxygène consommé est réduite en O 2 * (28, 29). La production de O 2 " est inhibée par la roténone si l'oxydation du substrat est couplée à la réduction du NAD (28, 33) (schéma 1 ci-après).
Ces observations ainsi que celles qui suivent ont permis de mettre en évidence 2 sites distincts de production de O 2 * au niveau de la chaîne respiratoire de particules submito
chondriales .
a) La région ubiquinone-cytochrome b de la chaîne respiratoire est apparue comme un site important de réduction univalente de Oj (28, 30). En modulant le contenu en ubiquinone réductible de la membrane des particules submitochondriales (par extraction et ré
incorporation) , Boveris et al. ont montré que la pro
duction de HjOj était directement proportionnelle à la quantité d'ubiquinone réductible de la membrane
(34). Des résultats similaires ont été obtenus en augmentant la concentration en ubiquinone comme accepteur d'électrons du complexe I isolé (35).
Les fonctions NADH - ubiquinone réductase et ubi- quinol-cytochrome c réductase produisent Oj * et H
j02 . Le site de production des métabolites toxiques de Oj serait donc localisé au niveau de 1 'ubiquinone.
L'autoxydation de l'ubiquinol et de 1'ubisemiquinone
(radical relativement stable dans les membranes) semblent être les sources de O 2 ‘ (34 - 37).
L'autoxydation du cytochrome b,** a été également proposée comme source de Oj' car ce cytodir orne est très fortement réduit dans des mitochondries couplées en pré
sence d'ATP (30, 38). Mais cette source semble moins im
portante que les formes réduites de l’ubiquinone ( 20 ).
b) Des chercheurs ont montré que le complexe I est également une source de Oj‘ si le substrat utilise
le NAD comme cofacteur accepteur de H. La réduction univalente de O 2 se situerait, dans ce cas, au ni
veau de la flavoprotéine NADH déshydrogénase(39 - 41).
La réoxydation par O 2 du NADH lié à la déshydrogénase est beaucoup plus rapide que celle du NADH libre (41).
En résumé, la production de Oj' au niveau de la mito
chondrie se présente comme suit :
Schéma 1.
P*
b] 2 s c cyt aa
3!
^ C£>\
: ;
h20
I I ,
antimycine A cyanure
Les productions de Oj' aux 2 sites étant additives, les particules submitochondriales génèrent 2 à 3 nmoles
— _ 1 , _ 1
Oj’ X min X mg protéines (32, 38, 41).
Dans des conditions physiologiques, en présence d'ATP, Nohl et Hegner (38) ont évalué que, dans les mitochondries intactes, 80 % des ions superoxydes produits sont dismutés par les s peroxydes dismutases. Les 20 % restants sont détectés à l'extérieur de la mitochondrie. Il y a donc diffusion de ~ vers le cytosol.
Qz a
Qz Q 2
succinate FP -
Les microsomes sont également reconnus comme une source physiologique de O 2 . Des microsomes isolés génèrent des quan-
tités considérables de Qj' ( - 20 n moles x min x mg proteines ) (42, 43 ). Les fla.voprotéines NADPH cytochrome P«o réductase,
NADPH cytochrome c réductase et le cytochrome b, sont les sources majeures de O 2 et 82 dans ces membranes (15, 42 - 44).
Toute la panoplie de sources cellulaires de Q’ et Hj 0^
est modulée par une série de contrôles physiologiques et bio
chimiques (apport en oxygène et en substrat, transition état 4 vers état 3 dans les mitochondries etc...). Mais l'ubiquité des superoxydes dismutases rend très difficile l'évaluation quantitative de la production naturelle de in vivo (45).
3) Peroxyde d'hydrogène.
Certains enzymes : glucose oxydase, amino-acide oxydase, glycollate et urate oxydases catalysent des réactions au cours desquelles 2 électrons sont transférés à l'oxygène avec forma
tion de H 2 Q 2 (20, 46, 47).
Mais une des sources les plus communes de H,Ojest la dismutation de O 2 *, un processus spontané ou catalysé par des enzymes spécifiques.
2 Oj" + 2 H"*" - H 2 O 2 + O 2
Dans des particules submitochondriales ainsi que dans les chloroplastes, le rapport 02 “/H 2 O 2 produits est de 1.5 à 2.1 indiquant que O 2 ’ est pratiquement le précurseur stoechiomé
trique de H 2 Ci mitochondriale ou chloroplastique (27, 31, 32, 34, 35, 49).
En présence de leurs substrats, mitochondries, micro
somes, peroxysomes et enzymes cytosoliques sont des sources
de H 2 O 2 contribuant, dans le foie de rat, pour 15 %, 45 %, 35 %
et 5 % respectivement à la production totale de H 2 Q
î(33).
Des mitochondries isolées dans l'état 4 produisent 0,3 à 1 n moles de Ha O 2 x min~’’x mg protéine”*’ , ce qui équivaut à environ 2 % de la consommation d'oxygène dans les conditions physiologiques (28-30, 38). Dans l'état 3 caractérisé par une respiration importante, la production de HjOaest négligea
ble (20, 41).
L'addition de NADH et surtout de NADPH à des microsomes isolés entraîne une production de de 6 à 15 n moles x min”*
X
mg protéines ”*(33, 50). Mais il n'y a pas d'indice de la formation de HaO 2 dans le réticulum endoplasmique de cellules intactes (20 ) .
Les peroxysomes contiennent des enzymes générateurs de
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j. " ® amino acide oxydase, L a hydroxyacide oxydase, acyl coenzyme A oxydase, urate oxydase (20). La membrane des pero
xysomes étant très perméable à HaOa, l'équilibre des concentra
tions en HaOa entre les peroxysomes et le cytosol s'établit très rapidement.
4) Radical hydroxyle.
Plusieurs modes de production de radicaux hydroxyles ont été proposés. En présence d'un système générateur de radicaux superoxydes, la réaction de formation de OH* la plus générale
ment admise in vitro est la réaction de Haber-Weiss catalysée par les ions métalliques oxydoréducteurs.
O, +
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