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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Moyson, F. (1952). Etude des modifications morphologiques et fonctionnelles du foie dans les états posttraumatiques (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Médecine – Médecine, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/215848/3/bab5fbc5-0993-428c-ac74-85eed9e037e0.txt

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1

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ETUDE

des modifications morphologiques

et fonctionnelles du foie

dans les états posttraumatiques

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PAR

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François MOYSON

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La.boratoire d'Anatomie pathologique (Prof. P. OtRAfHQ /

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ct Clinique de Chirurgie (Prof. L. DELOTER8)

de l'Université libre de Bruxelles

LES EDITIONS « ACTA MEDICA BELGICA» 64, rue de la Concorde

BRUXELLES

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Etude des modifications morphologiques

et fonctionnelles du foie

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THESES ANNEXES

I. La forme aiguë de la cholécystite est justiciable du traitement chirurgical d'urgence.

II. Le traitement logique de la maladie de Hirschsprung consiste dans la résection de la totalité du segment colique privé de son plexus d'Auerbach.

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ETUDE

des modifications morphologiques

et fonctionnelles du foie

dans les états posttraumatiques

PAR

François MOYSON

Labol':lloi,'o d'Analoll,ic Illltholog'iquc (Prof. p, GtltAnD) cl Ulillique cie Chirllrg'ie (Prof. L, DELOYERS)

tic l'UlliI'c,'sité liure tic Uruxcllcs

LES EDITIONS « ACTA MEDICA BELGICA » 64, rue de la Concorde

BRUXELLES

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Etude des modifications morphologiques

et fonctionnelles du foie

dans les états posttraumatiques

par François MOYSON

SOMMAIRE

Avant-propos CHAPITRE PREMIER .1. Introduction 2. Description des techniques CHAPITRE II Recherches personnelles

1. Modifications de la vascularisation 2. Anatomie pathologique

3. Glyccgénolyse hépatique. .

4. Troubles du métabolisme des acides nucléiques

5. H yperphosphatasémie.

6. Le rôle du foie dans la formation de la phosphatase sérique

CHAPITRE III

Discussion et conclusions Résumé

Bibliographie

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AVANT-PROPOS

On sait depuis longtemps que les traumatismes sont susceptibles de provoquer des modifications étendues et durables dans le fonctionne-ment des systèmes circulatoire et nerveux ainsi que dans la composition des humeurs.

L'étude de cette question a commencé lorsqu'en 1825 Travers a eréé le terme « shock », désignant ainsi le syndrome de collapsus neuro-circulatoire consécutif à certains traumatismes.

Pendant la première guerre mondiale, J'étude du shock fut activement poussée. On distingua la part qu'il fallait attribuer à J'infection et à la

-perte de sang. Il apparut en outre que des altérations humorales con-sidérées en général comme infectieuses pouvaient, en réalité, être pro-voquées par des traumatismes rigoureusement aseptiques.

P. Govaerts, avec Zunz (1917), puis avec De Harven (1928), insista à J'époque sur ce point et montra que les traumatismes et les interven-tions chirurgicales, en dehors de toute infection, modifient profondé -ment le nombre de leucocytes, le pouvoir antitryptique du sérum et la teneur du plasma en fibrinogène. Il est donc légitime de parler, comme le faisait Leriche au Congrès de Chirurgie en 1933, d'une « maladie

.biologique » consécutive aux traumatismes et aux interventions chirur-gicales.

D'autre part, considérant les modifications du sang après les traumatismes, P. Govaerts écrivait en 1929 : « Ce qui frappe dans l'ensemble des modifications, c'est d'abord combien est profonde et persistante l'influence d'un traumatisme aussi banal que celui qui résulte d'une cure de hernie, par exemple. C'est ensuite la similitude existant entre ces modifications traumatiques et celles que provoque l'injection de protéines étrangères ou l'apparition d'une infection, »

Ces mots contiennent implicitement ces notions que d'autres ont énoncées beaucoup plus tard et qui devaient trouver en Selye leur pro-tagoniste. Il y a lieu de souligner que le shock, phénomène clinique quasi immédiat et à dominante neuro-circulatoire, est d'ordinaire accom-pagné et suivi de modifications métaboliques, mais que celles-ci peuvent apparaître sans shock, comme par exemple dans l'infection.

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8 FR, MOYSON

« stress» est un stimulus sollicitant au maximum les capacités de résis-tance et de riposte de l'organisme,

Selon cet auteur, les réactions d'un organisme soumis à un « stress »

s'étalent dans le temps et comportent trois périodes :

1" La réaction d'alarme avec sa phase de shock et de contre-shock; 2° L'état de résistance;

3° La phase d'épuisement.

La « réaction d'alarme » est la somme de tous les phénomènes géné-'raux non spécifiques, provoqués par une exposition soudaine à des

stimuli auxquels l'organisme n'est adapté ni quantitativement ni qua-litativement. Certains de ces phénomènes sont surtout passifs et s'exté-riorisent sous forme de « shock », d'autres sont actifs et représentent une défense, le contre-shock, Celui-ci existe toujours; seul le « shock »

peut ne pas apparaître si le stimulus n'a pas été suffisamment intense, Davis (1949) nous donne une excellente définition du shock que nous reproduisons intégralement : « Le shock est un état qui affecte tout r organisme; il est caractérisé par une altération circulatoire géné-rale et est déterminé par toute forme de « stress » ou traumatisme qui réduit le débit du ventricule gauche à un niveau inférieur à celui qu'exige une fonction métabolique normale des cellules, » Pour cet auteur, la réponse au « stress » est triphasique et débute par une

Phase anoxique. qui ne dépasse pas 24 à 72 heures, Elle se carac-térise par une diminution de l'apport en oxygène vers les tissus, asso-ciée à une diminution du courant sanguin au travers des tissus, une diminution de la pression et de la consommation d'oxygène, Celle-ci fait insensiblement place à la

Phase catabolique. qui commence pendant la phase anoxique et peut durer de deux à cinq semaines, La destruction des constituants cellu-laires est le facteur saillant de cette période qui se prolonge dans la

Phase anabolique. qui commence en même temps que la phase 2 et peut durer dix semaines,

La première période, qui est souvent la plus spectaculaire et que les chirurgiens connaissent bien, est la période du shock clinique, qui peut conduire à la défaillance de tout l'organisme, Par quel mécanisme le shock perdure-t-il ? D'où provient ce collapsus? On a l'impression d'un produit actif qui est brusquemllnt mis en circulation, Pour Green ( 1945 et 1950) et l'Ecole de Sheffield, confirmé par Dubois-Ferrière (1945),

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-;\IODIFICATIONS DU F lE DANS LE ÉTATS l'OSTTRAU~L\TIQI ES 9 génique des nucléotides. En effet. ces auteurs injectent dans l'artère fémorale de lapins et de chiens. soit de l'acide~3~adénylique. soit de l'acide~5~adénylique. Cette injection est suivie d'hypotension. Celle-ci ne se produit pas si l'on injecte également de la phosphatase alcaline. de l'adénosine-déaminase ou de la pyrophosphatase (tous ferments qui

détruisent le nucléotide). Après un traumatisme sur les membres. la

concentration l'anguine de ces composés est trop faible pour les rendre responsables du shock et. d'autre part. le shock installé. l'injection d'un des trois enzymes cités plus haut ne remonte pas la tension. Pour K31c~ kar et Cowry. ces expériences semblent donc formellement dénier 'aux nucléotides un rôle actif dans l'installation du shock.

Pour Shorr, Zweifach et Furghgott (1948). il existerait un produit vaso~excitant (VEM). sécrété par le rein dès le début du shock et qui renforcerait l'action de l'adrénaline sur les mésartérioles et les pré~ capillaires du mésoappendice chez le rat. En effet, le rein produit cette hormone. tant in vivo qu"in lJitro. si on le soumet à l'anoxie. Le rein et

le foie peuvent détruire VEM en anaérobiose. mais la production rénale

de VEM diminue avec la persistance d'une anoxie.

Par contre. dans ces mêmes conditions d'anoxie. le foie et les muscles fabriquent. tant in lJivo qu'in lJitro, une substance dépressive (VOM) qui diminue la réactivité des mêmes petits vaisseaux du mésoappendice à l'action de l'adrénaline. Seul le foie peut détruire YOM. mais en aé

ro-. biose cette fois. On comprend également le danger de l'anoxie qui empê~

cherait la production de VEM. favoriserait .Ia production de YOM. tout en empêchant sa destruction.

Les expériences de Seligman. Frank et Fine (1946 et 1947) trou-vent peut~être leur explication dans les travaux de Shorr. Ces cher~ cheurs soumettent leurs chiens à des saignées brutales et importantes, rapidement mortelles. Ils obtiennent des survies définitives en perfusant le foie du chien shocké avec du sang artériel (fémoral) d'un donneur sain. par anastomose de l'artère fémorale du chien donneur avec la veine splénique du chien shocké. Pour qu'il y ait survie, il faut que ce soit une perfusion hépatique directe de sang oxygéné. Ils le prouvent en anastomosant l'artère fémorale d'un chien donneur avec la veine fémorale du chien shocké; une telle anastomose n'est pas suivie de survie; tout aussi inefficace d'ailleurs est l'anastomose de l'artère fé mo-rale du chien shocké avec sa veine splénique.

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10 FR. MOYSON

Le shock hémorragique serait donc suivi d'une production de VEM

rapidement dépassée par l'accroissement de VDM. La perfusion

hépa-tique du sang oxygéné non seulement ralentirait la production de VDM,

mais favoriserait Sa destruction,

Il est difficile de se prononcer sur la signification de ces travaux qui n'ont pas encore été confirmés par d'autres auteurs. NOliS nous devions en tout cas de citer cette hypothèse séduisante,

L'anoxie tissulaire est due en ordre principal à une réduction de la

'masse sanguine (Keith, 1919) et à un débit circulatoire diminué (Hustin

et Dumont, 1937; Oison, Gutmann, Levinson et N echeles, 1941).

La réduction de la masse sanguine est due en grande partie à une

déperdition de plasma. Harkins a notamment exprimé cette déperdition

en pour cent du poids du corps. Elle serait de 2,2 à 3,3 dans les brû-lures expérimentales, de 3,5 dans les shocks par tourniquet, de 5,2 dans

les obstructions.

La détermination de la masse sanguine revêt toute son importance pour la correction thérapeutique qu'on peut en déduire, ainsi qu'il

res-sort des travaux de Coryn (1950) et Mallet-Guy (1950). Une permé

a-bilité accrue des parois vasculaires serait responsable de cette réduction

de la masse sanguine. Celle-ci peut elle-même aller jusqu'à l'exsudation

sanguine, ainsi que l'a observé Ambroise Paré. Il raconte en effet ce qui

suit dans la relation de son voyage de Basse-Bretagne en 1543. Au

cours d'une lutte, un petit Breton bien quadraturé fut tué par un grand Dativo, magister d'école. « Je voulus, écrit A. Paré, faire ouverture du mort pour savoir qui avait été cause de cette mort subite : je trouvai beaucoup de sang répandu au thorax et au ventre inférieur, et je m' ef-forçai de connaître quelque ouverture du lieu d'où . pourrait être sorti

telle quantité de sang, ce que je ne sus, pour quelque diligence que

j'eusse su faire. Or, je crois que c'était « per diapedesin », c'est-à-dire

par l'ouverture des bouches de vaisseaux ou par leurs porosités. » Nous

rapportons ce texte, que nous n'avons trouvé cité par aucun des auteurs

intéressés au shock, qui nous prouve une fois de plus les qualités

d'ob-servation et de déduction logique du grand maître français.

Toutefois, la cascade des phénomènes métaboliques consécutifs à une

agression ne peuvent pas être expliqués entièrement par la seule anoxie

tissulaire. Se basant sur une bibliographie minutieuse et sur des travaux

personnels nombreux, Selye a mis sur pied une théorie pathogénique de

la réaction d'alarme. Celle-ci est à la base de nombreux travaux

con-temporains,

D'après cette conception, l'organisme répond à un « stress » par une

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~IODIFIC,\TIONS OU FOIE DANS LES I~Ti\TS l'OSTTRA ~L\TIQUES Il antérieure, qui libérerait de grandes quantités d'hormone

adrénocorti-cctrope ('ACTH). Cette hormone détermine une hyperactivité de la corticosurrénale, qui est ainsi amenée à sécréter en quantités accrues des hormones corticoïdes. C'est l'action de celles-ci qui est responsable des modifications métaboliques observées. Parmi les toxiques métabo-liques, on a surtout retenu l'histamine et l'adrénaline. Driessens (1948) a prouvé par des arguments physiologiques la réalité d'une hyperadré

-nalinémie. De son côté, Annersten (1949) est arrivé à doser l'adré na-lin émie par fluoroscopie. Celle-ci est nettement augmentée dans l'hrure qui suit une intervention chirurgicale.

Il semble toutefois que l'adrénaline ne soit pas le seul agent capable d'exciter l'hypophyse. En effet, Gordon (1950) a pu obtenir certaines des constantes de la réaction d'alarme (diminution de la concentration

en acide ascorbique des surrénales, éosinopénie) chez des rats privés de la médullosurrénale.

Sayers, Sayers, Fry, White et Long (1944) ont montré que, chez l'animal soumis à un « stress », il y a augmentation de l'A C TH. Vogt (1944 et 1945) a démontré que l'injection d'adrénaline décuple la quantité d'hormones corticoïdes au niveau de la veine surrénale chez le chien, alors que l'expérience est négative chez l'animal hypophysec-tomisé.

Forsham, Thorn, Prunty et Hills (1948), injectant de l'hormone

. corticotrope chez l'homme, remarquèrent que celle-ci déterminait une diminution importante des éosinophiles circulant, alors que ce phéno-mène ne s'observait pas chez l'addisonien. Plus tard, Recant, Forsham et Thorn( 1948), injectant de l'adrénaline par voie endoveineuse, purent également obtenir cette éosinopénie. Celle-ci existe aussi lors de l'hypo

-glycémie insulinique (Tagnon et Corvilain, 1950). Roche, Hills et Thorn (1949) ont suivi 43 opérés après intervention chirurgicale ma

-jeure. Leurs éosinophiles tombent à zéro, sauf chez un patient qui, à

l'autopsie, présentait une tuberculose bilatérale des surrénales. Le retour à la normale ne s'effectue que trois à cinq jours après l'intervention. Hardy (1950), de son côté, a pu montrer que, dans les suites postopé -ratoires, l'éosinopénie est parallèl~ à la diminution d'élimination du sodium, des chlorures et de l'eau et à l'augmentation de l'élimination du potassium. De plus, cet auteur a noté un rapport entre la profondeur de chute des éosinophiles et la vitalité du patient. Enfin, de nombreux

auteurs ont pu montrer une élimination accrue des corticoïdes urinaires après les traumatismes ou les interventions chirurgicales (Shipley, Dorfman et Horwitt, 1943; V enning. Hoffmann et Browne, 1944).

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12 FR. ~IOYSON

Selye. De son côté, Albright (1948) a précisé la séquence des faits. Le cortex surrénalien sécréterait deux genres d'hormones stéroïdes qui nous intéressent plus spécialement: l'hormone « N » (Nitrogen hor~

mone), qui excite l'anabolisme protidique, et J'hormone « S » (Sugar hormone), qui inhibe cet anabolisme en favorisant la glucogénèse aux dépens des protéines. Tout « stress» serait suivi:

}o d'une libération de quantités accrues des hormones N et S; 20

alors qu'il y aurait encore production exagérée de l'hormone S,

'la libération de J'hormone N se ferait à des taux inférieurs à la normale. Ce déséquilibre persisterait jusqu'à la fin de la convalescence.

Cette hypothèse se trouve confirmée par les dosages de 17 cétosté~

roïdes urinaires qui sont augmentés dans les suites immédiates d'un « stress» (Forbes, Donalson, Reifenstein et Albright, 1945). De leur côté, Forsham, Thorn, Prunty et Hills (1948), injectant de l'ACTH à des patients, ont noté une élévation de J'élimination urinaire des 17 céto~

stéroïdes et des Il oxystéroïdes, ces derniers en quantités plus grandes que les premiers.

Ainsi donc se confirme l'hypothèse de Selye. Le peu de spécificité du stimulus actif et la similitude des réactions métaboliques consécutives sont bien dus à la mise en hyperactivité du réacteur qui est le même dans tous les cas : le cortex surrénalien. Ce stimulus non spécifique est dénommé « stress» par Selye. Nous le traduisons volontiers par « agres~

sion »; eUe peut être interne (hyperthermie brutale, infarctus du myo~

carde, etc.) ou externe (chirurgicale).

Faut~il attribuer au cortex surrénalien le caractère de facteur exclusif responsable des modifications observées après une agression? Nous ne le croyons pas. Rappelons en effet que, pour Davis, les modifications métaboliques consécutives au shock sont le résultat d'un état d'anoxie.

A notre avis, il y a intervention des deux facteurs. Et c' est probable~

ment aussi l'avis de Wilhelmi (1949), quand il écrit que: « The com~

mon factor in these circumstances seems to be an increased demand for energy during a temporary diminution of the oxygen supply. »

Que les troubles observés naissent par l'intermédiaire de l'anoxie ou du cortex surrénalien, il est évident que chacun des parenchymes impor~

tants est affecté par J'agression que subit l'organisme.

Cette participation des par~nchymes se manifeste à la fois par les lésions ceUulaires et par des altérations fonctionneUes.

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CHAPITRE PREMIER

§ 1. - Introduction

Le foie est formé de trois tissus : les cellules polyédriques, qui ,for

-ment son parenchyme; celui-ci est truffé de cellules de Küppfe'r et d'autres représentants du tissu réticulo-endothélial; l'ensemble ainsi constitué est supporté par une armature : le tissu en réseau formé par les canalicules biliaires. Les cellules polyédriques sont disposées en lames concentriques, anastomosées; elles limitent des espaces intercom-municants où s'épanouissent principalement les sinusoïdes, qui n'ont pas de paroi propre. Ceux-ci forment ainsi un réseau porte où les deux pôles de chaque cellule hépatique sont baignés par le sang. Celui-ci est amené par l'artère hépatique et par la veine porte. Ces deux apports sanguins sont bien distincts l'un de l'autre : chez le mammifère, il n'y a aucune communication entre les deux systèmes (Braus, 1934, et Elias, 1949).

De ces deux apports vasculaires, c'est le réseau porte qui est le plus important. La ligature de l'artère hépatique n'est pas suivie de mort de

, l'animal, pour autant qu'on prévienne le développement des anaérobies par des antibiotiques (Markowitz, Rappaport et Scott, 1949). Karn et Vars (1950) ont même pu obtenir des régénérations hépatiques chez les rats hépatectomisés en partie et auxquels on avait au préalable lié l'artère hépatique.

La ligature de la veine porte, au contraire, est suivie de mort immé -diate, ainsi que l'avait déjà observé Claude Bernard. Pendant le shock,

il y aurait une diminution de volume et de la vitesse circulatoires à tra-vers le système porte (Blalock et Levy, 1937; Wiggers, Opdyke et Johnson, 1946).

Seneviratne (1949), au cours d'observations directes, a noté que le système vasculaire du foie réagit toujours de la même manière aux

différentes agressions (animal soumis à l'anoxie, à un traumatisme, à une hémorragie) : il y aurait d'abord une diminution du calibre des vaisseaux portes et des veines hépatiques avec rétrécissement des sinu-soïdes. Ensuite, et rapidement, il y aurait un retour du calibre des vais

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14 FR . .\IOrSON

Mais, ceci dit, que se passe-t-il, au point de vue circulatoire, dans J'intimité du lobule? N'oublions pas que la vascularisation hépatique a ceci de particulier, que le sang y circule par une sorte de « vis à ter go », puisque les sinusoïdes n'ont pas de paroi propre. Ce point précis méri-tait que nous nous y arrêtions.

La

bibliographie concernant les modifications histologiques présen-tées par le foie d'un organisme soumis à une agression est extrêmement abondante. ElJe débute par une publication de MalJory, en 1901, qui 'mentionne une nécrose centrale du foie chez les patients décédés des suites d'une affection infectieuse. A lire tous les travaux postérieurs à cette observation princeps, on se rend compte qu'il n'y a pas eu d'études systématiques .consacrées à la succession des altérations microscopiques qui apparaissent dans le foie.

Il s'agit toujours de documents recueillis après la mort de J'animal

en expérience ou de J'individu, mort provoquée par le traumatisme. C'est ainsi que sont décrits par Nanta, en 1918, le gonflement des celJules hépatiques et une .tuméfaction claire du cytoplasme dans les foies de soldats tués sur le champ de bataille. Plus tard, en 1921, ce sont Cornioley et Kotzareff qui scrutent le foie de chiens morts de shock traumatique: ils découvrent notamment un gonflement des cellules de Küppfer, qui sont de plus disséminées un peu partout, et des foyers d'infiltrats leucocytaires. La dernière guerre suscite un regain d'intérêt pour cette question. Bywaters ( 1946), examinant le foie de sujets jeunes et bien nourris décédés des suites de bombardement, trouve des vacuo-lisations cellulaires, mais surtout des nécroses centrolobulaires. David -son et ses colJaborateurs (l946) r~trouvent cette nécrose centrolobulaire chez leurs patients décédés brutalement au cours d'affections médicales aiguës, telles que infarctus du myocarde ou infections pulmonaires mas-sives. Gillmann et Gillmann ( 1948), puis James, Purnell et Evans ( 1951 )

décrivent les foies des patients morts de brûlures: il y aurait une perte de coloration du cytoplasme, des infiltrations graisseuses et de J'atrophie cellulaire au centre du lobule. Citons pour terminer un travail impor-tant, datant de 1948, dans lequel Moon publie ses observations concer-nant les altérations hépatiques de nombreux patients décédés des suites d'accident, de brûlures, d'empoisonnement, d'infection, d'anoxie aiguë chez les aviateurs, de coup de chaleur au cours d'entraînement militaire forcé, d'urgences chirurgicales abdominales. Dans tous les cas, il y a une dégénérescence et une nécrose qui sont parfois limitées à la région centrolobulaire, comme dans les morts par anoxie, ou qui peuvent être beaucoup plus prononcées et étendues, comme dans les coups de

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globu-J-IODIFICATIONS DU l' lE D.-\:\S LE ÉTATS POS'ITR.\UJ-I.\TIQUES J5 leu x se poursuit jusqu'à la nécrose, avec absence de noyau, pycnose et désintégration cellulaire.

Seul le travail de Efskind ( 1946) diffère de tous les autres. Cet auteur a, en effet, examiné des biopsies de foies prélevées chez un même patient au début et en fin d'une intervention chirurgicale portant sur les viscères abdominaux. D'après lui, J'acte opératoire entraîne une mobi-lisation du glycogène, des modifications régressives des mitochondries,

une infiltration interstitielle de lymphocytes avec parfois de la fibrose et une infiltration graisseuse des cellules hépatiques. Mais on peut objecter qu'il ne s'agit pas de sujets bien portants, puisqu'ils sont ame-nés à subir une intervention chirurgicale et que, d'autre part, celle-ci porte sur les viscères abdominaux, ce qui aggrave la stase' splanchnique en favorisant J'anoxie hépatique.

Pour ne pas encourir ces critiques, nous avons examiné le foie d'ani-maux sains et bien nourris soumis à un traumatisme standard, en pré -levant des biopsies à intervalles régulièrement croissants.

Après J'étude anatomique du foie, il nous restait à considérer les troubles métaboliques engendrés dans J'intimité même de J'organe et à tenter de déceler dans J'apparition de ces « lésions biochimiques » la

. part qui revient à J'anoxie ou au mécanisme surrénalien.

Ce sont les découvertes de Claude Bernard qui ont inauguré la série des travaux consacrés aux troubles du métabolisme des hydrates de 'carbone rencontrés dans le shock. Dès 1849, il établissait que le sang sus-hépatique est nettement plus riche en glucose que partout ailleurs dans J'organisme. Par contre, le sang porte du même animal nourri exclusivement de viande ne contenait pas de sucre. Le rôle du foie dans la production et le maintien de la glycémie était prouvé. En 1855, il découvrait que le sucre s'élabore au niveau du foie aux dépens d'une matière préalablement exista~te à laquelle il donnait, deux ans plus tard, le nom de glycogène. Ce mécanisme, démontré par Cl. Bernard chez le chien, a reçu récemment une confirmation chez J'homme, grâce à la méthode des cathétérismes (Myers, 1948; Bondy, James et Far

-rar, 1949).

Ces acquisitions fondamentales bien établies, Cl. Bernard put dé mon-trer que, chez le chien, J'hémorragie était suivie d'une hausse importante du sucre sanguin; il ajoutait qu'« au début de toute action perturbatrice ou morbide, il y a probablement glycémie exagérée ». Il avait noté d'autre part que la fièvre faisait diminuer le glycogène du foie.

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16 FR. ~IOYSO/\

glycogène hépatique chez les blessés de guerre, alors que Aub et Wu, en 1920, montrent qu'il existe une hyperglycémie posttraumatique. La Barre (1927) devait démontrer, par des hépatectomies et chez les animaux à réserves hépatiques en glycogène épuisées par le jeûne, que cet accroissement de la glycémie au cours du shock provient bien d'une libération de glucose hépatique naissant à partir du glycogène.

Cette glycogénolyse accrue fut confirmée par de très nombreux au-teurs utilisant soit des techniques de dosage chimique, soit des é valua-tions par les méthodes histochimiques, dans des états aussi variés que le shock peptonique, J'intervention chirurgicale, l'hémorragie, les brûlures,

l'injection de térébenthine (La Barre, 1927; Lamarre et Lecocq, 1935; Lambret et Driessens, 1937; Somogyl. 1938; Maitre, 1942; Bren-tano, 1942; Ariel et aL., 1942; Peters, 1945; Efskind, 1946; Nas-tuk, 1947).

Expérimentalement, on a montré qu'il n'y a pas d'hyperglycémie posttraumatique si, au préalable, on a pratiqué une section des splanch-niques avec surrénalectomie (Maitre, 1942), une double surrénalec-tomie (Lewis et al., 1942; Engel et al., 1943), une double médullectomie (Engel et al.. 1943), ou encore ligaturé les veines surrénaliennes (Dries-sens, 1948).

On pouvait donc affirmer que l'hyperglycémie ob~ervée après une agression relevait d'un mécanisme impliquant la participation de la sur-rénale. Mais que devenait le glycogène hépatique chez ces animaux surrénalectomisés soumis à un shock? Nous avons essayé de répondre à cette question. .

Les enclaves basophiles des cellules hépatiques avaient été décrites, en 1914, par Berg, qui ignorait leur nature chimique. Brachet a prouvé que cette basophilie est due à la présence d'acide ribonucléique (1). Il suggérait la relation possible entre ceux-ci et l'intervention du foie dans la synthèse protidique (1941).

Dans un travail de 1946, il a exposé la complexité des réactions qui mènent à la synthèse d'une liaison peptidique, et a établi

r

endroit exact où agissent les acides nucléiques qui interviendraient grâce à leurs liai-sons phosphorées.

Nous avons souligné dans l'avant-propos que P. Govaerts, en 1929, avait été frappé par l'augm~ntation importante du fibrinogène circulant dans des états apparemment aussi distincts qu'une intervention chirur

(17)

~lODIFIC.\TIO~S DU FOIE D.\NS LES hxrs 1'0STTR.\U~1.\T1QUES 17

gicale, un choc peptonique ou une hémorragie copieuse. Puisque cette

substance prend naissance dans le foie, ainsi que l'ont établi les exp é-riences anciennes de Ooyon (1905), les modifications de la concentra -tion sanguine du fibrinogène doivent être mises en rapport avec les altérations hépatiques qu'engendre toute agression. Ce sont sans doute ces mêmes altérations qui sont responsables des troubles de l'équilibre protéique sanguin observés chez les patients atteints de fractu.es mul -tiples (Vaughan, Thompson et Oyson, 19':16), chez les opérés dans les jours qui suivent l'intervention chirurgicale (Keeton et ses coll., 194.8), chez les chiens shockés par mise en place d'un tourniquet ou par une saignée grave (Lewis, Page et Glosser, 1950; Moore et Fox, 1950), chez les brûlés (James, Purnell et Evans, 1951) et eI:lfin dans les obstructions intestinales aiguës (Grahame, 1951).

Dans ces états divers, on retrouve une diminution importante des albumines sériques avec augmentation des fractions ~ et or des globu -lines. Ce sont précisément les mêmes troubles de l'équilibre protidique que l'on observe dans les affections hépatiques (Chiray et Gilbert, 1907 ; Filinsky, 1922; Moore, Pierson, Hanger et Morre, 19':15; Luetscher, 19':17; Coers, Tagnon et V erniory, 19':17).

Comment expliquer ces faits si ce n'est en admettant qu'il y a au niveau du foie lui-même des troubles du métabolisme des protéines. Cet aspect du problème a suscité peu d'intérêt parmi les chercheurs. Abels .et ses collaborateurs (19':13) ont observé chez leurs opérés un appau-vrissement hépatique en protéines totales en fin d'intervention. Russell et Long (19':16) ont noté une augmentation des acides aminés libres dans le foie des rats shockéso Expérimentalement, Fishman et Leveen ( 19':18) montrent qu'après une hémorragie, le foie perd de ses albumines, alors qu'il y a un enrichissement en globulines et en polypeptides.

Nous avons vu que l'agression est suivie d'une anoxie hépatique.

L'anoxie aiguë et brutale que l'on obtient par ligature d'une branche de

la veine porte est suivie d'une disparition de la basophilie hépatique due à une diminution importante de la concentration des acides ribo-nucléiques (Orochmans, 19':17 et 1950) °

Nous-même avions observé une diminution de la basophilie des cel -lules hépatiques après le shock (Moyson, 1950). Encore fallait-il prou-ver que les acides ribonucléiques jouaient un rôle dans ce phénomène nouveau et quel était le mécanisme qui présidait à ces modifications.

(18)

18 FR. MOYSON

Cette notion est née des travaux de Williams et Dick (1932). Ces auteurs avaient noté qu'une infection aiguë troublait le triangle d'hyper-glycémie. II en était de même d'ailleurs après les fractures (Thomp -sen, 1938; Sachar et al., 1950) et après les brûlures (Rae et Wilkin -son, 1944). Mais c'est avec Boyce et McFetridge (1938) que naît la recherche systématique des troubles hépatiques fonctionnels posttrau -matiques. Utilisant le test de Quick à l'acide hippurique, ils purent démontrer une diminution de l'élimination urinaire d'acide hippurique après les interventions chirurgicales et chez les brûlés. Ces notions furent confirmées par Schmidt, Unruh et Chevsky (1942) et par Eng -strand et Fridberg (1945).

Chez nous, Deloyers observait une hyperbilirubinémie postopératoire en 1933. En 1948, il signalait qu'elle existait dans les ulcus perforés et dans les appendicites aiguës; poursuivant ses travaux, il montrait avec Toussaint (1951) qu'après une intervention chirurgicale, elle semblait en rapport avec la gravité de celle-ci. Ces auteurs incriminaient une insuffisance hépatique due à l'anoxie transitoire qu'entraîne le shock, puisqu'il y avait apparition de bilirubine directe.

McInnes, Bodansky et Brunschwig ( 1950) et Geller et Tagnon ( 1950) arrivent aux mêmes conclusions. Chez les brûlés (Walker et al., 1946), les blessés de guerre (Beecher et al., 1947), on retrouve cette hyper-bilirubinémie qu'entraîne également J'injection de vaccin antityphique

(Bradley et Conan, 1947).

D'autres chercheurs ont exploré la fonction hépatique à l'aide de la bromsulfonephtaléine (BSP). La rétention sanguine de BSP se trouve accrue chez les brûlés non traités au tannin (W oHf et al., 1940; James et al., 1951), chez les blessés de guerre (Beecher et al.. 1947; Men-deloff et al.,1949), dans les suites postopératoires(Tagnon et al., 1948; Keeton et al., 1948), après injection de vaccin antityphique (Machella, 1947; Bradley et Conan, 1947; Hicks et al., 1948) . Nous-même avons observé un phénomène semblable dans les obstructions intestinales

(Moyson, 1952).

L'élimination de J'urobilinogène est anormalement élevée chez les blessés par bombardements (Vaughan et al.. 1946), dans les suites postopératoires (Keeton et al.. 1948) et chez les brûlés (James et al ..

1951). '

(19)

~IOIlIFIC.\TIONS DU FOIE D.\NS LES ÉT.\TS l'OSTTR .. \u.\I.\TIQUES 19

osseuses où il y a aussi destruction leucocytaire, il n'y a pas d'hyper~

phosphatas émie. D'ailleurs, Fiessinger et Boyer (1936) avaient déjà

montré que la charge en phosphata se des polynucléaires du pus est minime, qu'il s'agisse du pliS humain (péritonite) ou de pus obtenu par injection de térébenthine chez le cheval. Par contre, Wachstein ( 1946),

évalua~t l'activité phosphatasique des leucocytes sur frottis, trouve un plus grand nombre de neutrophiles à phosphatase active dans les infe c-tions; quant aux leucocytes d'un exsudat purulent, ils ont une activité phosphatasique intense. De son côté, Shimada (1935) a montré qu~ le pH optimum d'action du ferment isolé à partir du pus était nettement acide et se situait à 5,4, alors que le ferment sérique a un pH optimum d'action à 9,2.

Aussi Deloyers émit~il l'hypothèse qu'au niveau de la collection sup-purante, il pourrait y avoir une accumulation d'ions calciques. Cet ion serait prélevé au niveau du squelette. A cette ostéolyse, le système osseux réagirait par un processus ostéoblastique bien connu, entraînant une hyperactivité phosphatasique dont le retentissement dans le sang se traduirait par une augmentation du ferment circulant.

En vue de vérifier cette manière de voir, nOlis avons entrepris de doser le calcium total sur des échantillons de pus, tant septique qu'asep~

tique, provoqué par injection de térébenthine (1948).

Nous avons pu démontrer que la présence ou l'absence de microbes n'intervient en rien dans le taux calcique, puisque les abcès septiques . ou aseptiques obtenus par injection intramusculaire de térébenthine ont

des taux en calcium oscillant entre 107 et 152 mg par litre.

Ainsi donc, à supposer même qu'il se formât un litre de pus par jour, la spoliation calcique ne peut être suffisante pour entraîner un rema-niement du squelette tel qu'il justifierait les hyperphosphatasémies par-foits considérables rencontrées dans ces cas. Aussi nos recherches devaient-elles s'orienter différemment.

§ 2. - Description des techniques

Etude de la circulation.

Pour visualiser la vascularisation lobulaire, nous avons utilisé la

technique décrite par Glynn et Himsworth (1948). Elle consiste à

injec-ter 1.5 cm3 d'encre de Chine Pélikan nO 352, filtrée sur papier What-man n° l, dans la veine splénique. Cette injection n'est pas réalisable chez tous les animaux. Nombreux sont les rats qui possèdent deux et même trois veines spléniques, qui sont alors tellement ténues qu'il est impossible de faire une injection. Celle-ci est faite en soixante secondes,

(20)

20 FR. MOYSON

et on lie le fil de lin passé au préalable autour de la veine porte. On enlève le foie et on le fige en bloc en le plongeant aussitôt dans le

formol à 10

%

.

Vingt minutes plus tard, on prélève un fragment du

bord tranchant dont on complète la fixation par· un séjour de vingt-quatre heures dans le formol à

la

%.

On enrobe dans de la paraffine et l'on pratique des coupes de 8 IJ. que l'on surcolore au carmalun.

Etude anatomopathologique.

Nous avons prélevé le foie deux, quatre, six, douze, vingt-quatre et quarante-huit heures après le traumatisme. Le liquide fixateur était le Bouin; l'enrobage se faisait 'dans la paraffine. Les coupes de 6 tJ. étaient colorées à l'hémalun-éosine, certaines au trichrome de Masson ou au

Mallory. Nous réservions systématiquement un fragment de foie pour

la recherche des graisses après fixation au formol, coupes à la cong

é-lation et coloration au Soudan. .

Coloration du glycogène.

Les fragments de foie étaient fixés à l'alcool absolu conservé en gla

-cière. La fixation durait seize heures. Après enrobage à la paraffine, nous avons pratiqué des coupes de

la

tJ. et mis le glycogène en évidence par la méthode de Mc Manus, décrite en 1946. Elle consiste à pratiquer une oxydation à l'acide périodique qui libère les groupes aldéhydiques

qui réagissent dans un deuxième temps avec la fuchsine basique du

réactif de Schiff. Révélation de la couleur rouge par des bains d'eau sulfureuse et l'eau de ville.

Méthode histochimique pour la détection de la phosphatase.

La méthode de Gomori-Takamatsu (1939) pout la détection

histo-chimique de la monophosphoestérase alcaline est de technique simple. Elle consiste à hydrolyser du glycérophosphate B de soude dans un milieu tamponné au véronal sodique à pH 9,1 à 38°. Les coupes histo-logiques sont plongées dans ce bain et les phosphates libérés par action enzymatique sont colorés par transformation d'abord en sels de cobalt,

qui, mis en présence de sulfure d'ammonium, prennent une teinte allant du bistre clair au noir de Chine, selon la quantité de phosphates libérés.

Détection histochimique et dosage des acides nucléiques.

Les fragments de foie sont fixés dans le formac (alcool. formol et acide acétique). Après inclusion à la paraffine, les coupes de 8 Il. sont colorées au mélange de Unna (vert de méthylpyronine) ou au bleu de

toluidine.

Parallèlement, les dosages d'acide ribonucléiques (ARN) sont pra

(21)

~IODII"IC:\TIONS DU FOIE D.\N:; LES J~T.\T:; l'OSTTR.\l.\J.\TIQIIES 21

étant dosé par la méthode à la diphénylamine (Schneider, 1945); les lectures se faisant au photocolorimètre de Specker-Hilger (filtre 608 pour ARN et 606 pour AD N ); enfin, l'azote protéiq ue total est dosé après minéralisation à l'acide sulfurique sélénié selon la technique de Kjeldahl modifiée par Conway (1947) et avec l'appareillage de Mar-kam (1942).

Les dosages sont effectués sur des poudres d'organes.

On les obtient en préciptant le foie fraîchement prélevé dans un appareil, le Waring-Blendor, qui en fait une suspension homogène de pulpe. Celle-ci est mélangée à l'acide trichloracétique, qui précipité les protéines qu'on dessèche par le vide. Cette poudre, finement écrasée,

est délipidée à l'alcool-éther chaud, puis de nouveau desséchée dans le vide. C'est sur cette matière finement pulvérulente qu'on effectue les dosages. Chaque chiffre représente la moyenne de trois prélèvements différents par organe. Les concentrations sont exprimées en milligram

-mes par 100 mg de poids sec.

Méthode de dosage des phosphates.

La déprotéination est réalisée par l'acide trichloracétique (TCA) à

30 %

.

Le dosage est poursuivi selon la méthode de Bell et Doisy modi

-fiée .par Briggs (acide sulfomolybdique et sulfite de soude-hydroqui

-none); nous laissons développer la coloration pendant trente minutes et la lecture est faite au photomètre de Specker-Hilger avec filtre rouge.

Méthode de dosage de l'activité phosphatasique.

Le substrat employé est du glycérophosphate de soude B à 2 % tam-ponné à pH 9,2 au véronal. Plasma et substrat sont alors portés à l'étuve à 37° où on les laisse séjourner pendant deux heures. Après déprot'éination à l'acide trichloracétique à 30

%

,

les phosphates libérés sont dosés par le procédé décrit ci-dessus.

Méthode de dosage de la glycémie.

(22)

CHAPITRE II

RECHERCHES PERSONNELLES § 1. - Modifications de la vascularisation

Ainsi que nous l'avons vu plus haut, nous avons utilisé la technique de Glynn et Himsworth. Douze rats adultes, mâles, de poids oscillant autour de 200 9 et à jeun, ont été divisés en deux lots : un lot témoin,

les six autres ayant subi un traumatisme expérimental sous la forme

d'un écrasement des pattes postérieures (écrasement des masses mus~

culaires uniquement).

Chez ]' animal témoin, on voit très bien la suspension d'encre de Chine cheminer dans les sinusoïdes et dessiner dans le lobule un réseau arachnéen. Elle part de la périphérie pour atteindre le centre où ]' on rencontre des grains dans la veine centrolobulaire. Les traînées noires vont en s'amincissant d'ailleurs de la périphérie vers le centre (fig. 1). Chez l'animal soumis au traumatisme et chez lequel l'injection d'encre de Chine est pratiquée deux heures plus tard, l'image est totalement différente. L'encre dessine une grosse tache noire dans l'espace porte, où il y a donc une stase importante. A partir d'elle partent en étoile les veines périlobulaires qui ne sont visibles que sur un court trajet, et seules les cellules de la périphérie du lobule sont baignées par la sus~ pension d'encre de Chine (fig. 2).

§ 2. - Anatomie pathologique

Nous avons utilisé des rats mâles, adultes, provenant du même éle~ vage. En plus du régime habituel. tous les rats qui servirent à ce travail reçurent une ration supplémentaire de lait et de vitamine du groupe B. Nous en avons shocké trente par écrasement des parties molles des racines des membres postérieurs sous instuporation à l'éther. Six rats ont servi de témoins et ont simplement été instuporés à l'éther. Nous

avons prélevé le foie deux, q~atre, six, douze, vingt~quatre et quarante~

huit heures après.

FIG. 1. - Injection d'encre de Chille da.ns le système ])orto d'un rat nOI'IIla.1. FIG. 2. - Injectioll d'encre de Ohine dnns le ystèlllc porte d'lI11 rat.

(23)
(24)

'IODIFIC.\TIOi\S DU FOIE D:\NS LES {:T:\TS POSTTlnml.\TIQuES 23

RESULTATS.

Deux heures après l'agression.

On est tout de suite frappé par la dissociation des lames hépatiques qui sont sinueuses, décollées les unes des autres. Au plus fort grossis

-sement, l'aspect des cellules hépatiques retient l'attention; alors que

normalement les cellules hépatiques ont des contours plus ou moins polyédriques et se limitent l'une l'autre par contact étroit, ici il y a une véritable ({ ballonnisation » des cellules qui deviennent rondes; ,les noyaux eux-mêmes sont plus gros. Pasteels et Lison () 950) ont décrit, dans les cellules hépatiques du rat normal. trois sortes de noyaux dont seul le volume varie. Après l'agression, il semble exister une macro-nucléose : les gros noyaux prédominent visiblement. De plus, le

cyto-plasme prend un aspect spumeux. Ce dernier n'est pas dû à de la

graisse qui n'a pas encore apparu, ni à du glycogène, car cette

sub-stance est en diminution. Il est possible que cette image corresponde à

de l'œdème intracellulaire. Enfin, on note une infiltration périportale de lymphocytes.

Chez les animaux témoins, les cellules de Küppfer sont peu abon

-dantes; elles sont étalées sur la paroi des sinusoïdes. Deux heures après

l'agression, leur nombre augmente et on assiste à ce qu'il est convenu d'appeler une ({ hyperactivité küppférienne ». Nous empruntons ce

terme à Popper, qui la définissait dans les hépatites. En effet, les cel

-lules s'arrondissent, certaines quittent leur sole réticulaire et, de ce fait, circulent librement dans la lumière des sinusoïdes, prenant des aspects d'histiocytes. D'autres sont nettement plus grandes, avec un cytoplasme granuleux, métachromique au bleu de toluidine qui les fait ressembler à des mastocytes. Il existe aussi quelques plasmatocytes.

Quatre heures après

r

agression.

Si \' œdème disparaît, il y a accentuation des phénomènes d' infiltra-tion périportale. On assiste de même à l'acmé de la crise d'hyperactivité küpp férienne (fig. 3).

Toutefois on pouvait se demander si cette hyperplasie n'était pas due

à la meilleure visibilité des cellules de Küppfer, qui se sont arrondies et qui apparaissent plus aisément dans le champ microscopique. C'est pourquoi nous avons pratiqué des numérations cellulaires au niveau des

espaces portes pour les lymphocytes et dans le lobule pour les cellules

présentes dans les sinusoïdes.

(25)

24 FR. ~IOYSON

AVANT QUAnt}: m:UItES Al'ittS LE T1l,\UMAT1S~l1;

Lobule 1.obule

(nIOYCllllC de trois 1

Espace porte (Hlo.vcnne <le trois 1

E: pace porte

IIUIII('l'ations) Illlll1él'ntions)

9 27 18 49 8 34 18 42 8 26 20 53 16 42 22 76 14 37 20 38 12 27 19 37 12 25 23 53 11 26 26 63 15 28 18 68 12 33 19 56 11.7 \ 31.5 20.3 1 53.5 MOYE.~NE MOYENNE

Six heures après l'agression.

Il y a retour du volume cellulaire vers la normale. On remarque sur-tout une stase sanguine avec de nombreux globules rouges dans les

sinusoïdes. L'hyperactivité küppférienne persiste. Douze et vingt-quatre heures après l'agression.

La stase disparaît progressivement, mais, dans les coupes de vingt-quatre heures pratiquées sous congélation, on note l'apparition de fines

gouttelettes de graisse dans le cytoplasme des cellules de la région périlobulaire.

Quarante-huit heures après l'agression.

Il ne reste plus que J'infiltration péri portale, qui est peut-être même un peu plus marquée. Les cellules hépatiques ont gardé leur structure spumeuse, tout en perdant leur gonflement. On remarque très bien maintenant l'infiltration graisseuse, dont les gouttelettes plus nom-breuses ont déjà un volume plus important. Elle est nettement

péri-lobulaire (fig. 4).

L'importance de cette stéatose et le temps qu'elle met à être décelable

dépendent de l'état antérieur, de l'organisme. Si nous nous adressons

:F'IG. 3. - Hyperplasie küppftlriennc.

FIG. 4. - Stt\atose cbez un rat quarante·huit heures après 10 traumatisme

(Soudan orange et hénmtoxylinc).

FIG. 5. - Stpatosc. qual'ante·huit heures après Je traumatisme, chez un rat soumis

(26)
(27)
(28)

~IODIFICATIONS DU FOIE DANS I.ES {:TATS l'OSTTRAUMATIQUES 25 à des rats nourris normalement (sans adjonction de lait et vitamines du groupe B), la stéatose que nous observons après écrasement des pattes postérieures est déjà nette après douze heures; e'n outre, les goutte-lettes graisseuses sont de grande taille; elles confluent et envahissent le ,cytoplasme cellulaire, refoulant le noyau à la périphérie (l1g. 5).

§ 3. - Clycogénolyse hépatique

a) Cori et Cori avaient déjà montré par des dosages la disparition quasi totale du glycogène hépatique chez le rat vingt-quatre heùres après surrénalectomie. Chez 8 rats, nous sommes parvenu à conserver une certaine quantité de glycogène en injectant, tout de suite après la double surrénalectomie, 10 cm3 d'une solution mixte à 5

%

de glucose

et 9

%0

de chlorure de sodium dans la cavité péritonéale, et en leur donnant le même liquide comme eau de boisson. Le lendemain, nous avons pratiqué l'écrasement des membres postérieurs chez 4 d'entre eux. Deux heures plus tard, nous avons prélevé des fragments de foie que nous avons précipités dans l'alcool absolu conservé en glacière; les foies des autres rats surrénalectomisés nous ont servi de témoins. Nous avons mis le glycogène en évidence par la méthode de McManus.

Nous avons recommencé nos expériences sur 8 autres rats surréna-lectomisés dont 4 étaient soumis au traumatisme, l'intervention ter-minée. Les foies étaient prélevés également deux heures après. Les coupes de l'animal témoin et de l'animal shocké étaient étalées sur la même lame.

Nos expériences ont donc porté en tout sur 16 animaux surrénalec-tomisés.

Sur les coupes de foie de rats surrénalectomisés, le cytoplasme des cellules parenchymateuses apparaît bourré de gros blocs de glycogène violemment colorés en rouge par le réactif de Schiff, surtout dans le deuxième groupe d'animaux. Par contre, les foies des animaux surré-nalectomisés traumatisés présentent une coloration rosée uniforme avec disparition quasi complète des blocs de glycogène (l1g. 6 et 7).

Nous pouvons donc affirmer que le glycogène, décelable par cette technique, a subi une dégradation sous l'influence de l'agression, dégra-dation qui est indépendante de la présence des surrénales.

Nos expériences, tout en apportant une première précision,

n'expli-FIG. 6. - Foic dc ml . ul'I'én .. lcctornisé depuis ,Ieux hCllrcs.

(Colol'tttioll du J;lycoJ;èno d'apl'ès )ldiANUS.)

FI~ 7, - Foic dc rat slIl'I'ûllulectolllisé ct trall1lll1tisé depuis dCllx hcurc ..

(29)

26 FR. MOYSON

quent pas pourquoi les animaux surrénalectomisés que l'on soumet à

une agression ne présentent pas d'hyperglycémie. Or, le glycogène

hépatique est indubitablement la source du glucose sanguin. Mais cette

hydrolyse se fait par paliers. Le glycogène subit d'abord une phospho~

rylation qui l'amène au stade d'ester de Cori ou glucose~l~phosphate,

et c'est lui qui donne naissance au glucose sous l'influence d'un enzyme,

la phosphatase alcaline,

On pouvait dès lors se demander si ce n'était pas précisément ce

dernier chainon de la glycogénolyse qui était atteint chez les animaux

surrénalectomisés. C'est pourquoi nos investigations ont porté sur le comportement de cet enzyme au cours du shock.

La méthode de Gomori~ Takamatsu nous a permis, en 1949, de

découvrir un accroissement important de l'activité phosphatasique de

la paroi de l'intestin grêle chez le cobaye soumis à différents trauma~

tismes.

Nous poursuivions nos recherches sur le foie quand un travail de

Herlant et Timiras (1950) apporta le résultat de leurs expériences,

Soumettant des rats à différentes agressions (injections de formol,

exposition au froid ou à une pression atmosphériq.ue basse), ils ont pu

mettre en évidence une hyperactivité phosphatasique nette au niveau

des cellules hépatiques et des cellules de Küppfer. Comme nous, ces

auteurs rendent l'hyperactivité surrénalienne responsable de cet accrois~

sement enzymatique; de plus, ils envisagent le rôle possible de l' en~

zyme dans la glycogénolyse.

b) Nous avons employé la méthode de Gomori sur les coupes de

foie de 5 rats normaux et 5 rats shockés par écrasement des parties

molles des membres postérieurs. Les durées d'hydroiyse ont été de trois

et seize heures. Les coupes témoins et les coupes des animaux shockés

étaient étalées sur la même lame,

Un deuxième lot de 12 animaux a été surrénalectomisé et maintenu

en vie par de

r

eau salée (à 9 g %0) administrée sous forme de bois~

son. 6 d'entre eux ont été shockés et les foies prélevés deux heures plus

tard. Le fixateur employé était soit de l'acétone glacial, soit de l'alcool

absolu conservé en glacière.

10

' Chez les animaux avec surrénales,

A )' état normal, le cytoplasme des cellules hépatiques et des cellules

de Küppfer montre une activité phosphatasique modérée; celle~ci est

plus marquée au niveau des cellules des canaux biliaires (fig. 8).

FIG. 8. - Foie d'un rat IIOI·1I1It1. (Phosphatase alcalillc scion GOMORI.)

(30)
(31)
(32)

~IODI FICATIONS DU FOI E D,\NS LE 1::'I'1\TS l'OSTTRAU~IATIQUES 27

Deux heures ~près le traumatisme, l'activité enzymatique est

nette-ment plus accusée au niveau des cellules parenchymateuses.

Le cytoplasme prend une teinte nettement plus sombre et la mem-brane cellulaire elle-même est nettement visible sous forme d'un trait

noir, assez épais. Les cellules de Küppfer participent aussi à ce

phéno-mène, ainsi que les cellules mobiles que l'on trouve dans les sinusoïdes

et les cellules des canaux biliaires (fig. 9).

20 Chez les animaux surrénalectomisés.

Les foies de ces animaux accusent une diminution assez marquée de

l'activité phosphatasique, ainsi que l'avait déjà noté avant nous

Kut-scher et Wust (1946) (fig. 10).

Après le shock, le foie des animaux privés de leurs surrénales ne

montre plus aucune hyperactivité phosphatasique (fig. Il).

Celle-ci est donc bien en relation avec la sécrétion d'hormones

sur-rénaliennes. Cette constatation. rejoint les expériences de

Kocha-kian (1947), qui avait montré' que l'injection d'hormones corticoïdes

entraînait une hyperactivité phosphatasique au niveau des cellules

hépatiques.

§ 4. - Troubles du métabolisme des acides nucléiques

Nous avons déjà signalé que la basophilie du cytoplasme des cel-. Iules hépatiques subit une diminution importante après un

trauma-tisme. Nous avons étudié cette question d'une manière plus précise en

décelant les acides ribonucléiques par la méthode de Unna ou par le

bleu de toluidine. Les dosages étaient pratiqués selon la technique de

Schneider à l'orcine pour l'ARN, et à la diphénylamine pour l''ADN.

Toutes nos expériences ont été pratiquées sur des rats à jeun depuis

vingt-quatre heures et provenant du même élevage. Les rats étaient

adultes, mâles, d'âge identique et pesaient entre 170 et 225 'g. Dans

tous les cas, le traumatisme était provoqué par écrasement des parties molles de la racine des deux membres postérieurs sous instuporation

à l'éther. Les prélèvements étaient effectués deux heures plus tard.

10 Données fournies par l'étude cytochimique.

Normalement, les cellules hépatiques, surtout au centre du lobule,

montrent des blocs de Berg importants disséminés dans le cytoplasme;

dans le noyau, le gros nucléole est également basophile. Deux heures

FIG. 10. - Foie (le mt surréllldcctOlllisé. (l'ho;plll\,laSe alcaline scion GOMOI:I.)

FIG. 11. - l'oie de l'''l uITénltlcctolllis(' ct traulllatisé dcpuis dcux heure;.

(33)

28 FIL .\1 YSON

après le traumatisme, on assiste à une diminution tout à fait nette de cette basophilie, sauf au niveau des nucléoles, qui, eux, sont encore très nettement reconnaissables. De plus, un fait nouveau apparaît ; en effet, s'il existe de rares cellules de Küppfer, elles sont toujours apla-ties à l'extérieur des sinusoïdes et bien peu sont basophiles; le trau

-matisme non seulement accroît le nombre des cellules de Küppfer, dont une proportion importante cette fois est basophile, mais il apparaît de

plus qu'elles se libèrent de leur sole réticulaire pour s'arrondir et pren

-dre ainsi l'allure de cellules mobiles; certaines vont même jusqu'à pr

é-senter dans le cytoplasme des granules métachromatiques qui les font ressembler à des mastocytes, surtout visibles dans les espaces portes. Dans les sinusoïdes, on rencontre aussi quelques cellules à cytoplasme

basophile qui ressemblent à des plasmatocytes.

2° Données fournies par les dosages chimiques.

Rappelons que chaque chiffre représente la moyenne de trois prélè -vements différents par organe. Les concentrations sont exprimées en millig rammes par 100 mg de poids sec.

TABLEAU

Avant /JtJlI,'V 71Olt.'trs ll1>ri)f( Il' l'I'II.Il,m(Ltismc

1

~.

total 1 1 N. total

ADN AHN non ADN AHN non

acido·soluble Jl.citlo·solublc 16 59 14 24 40 13 16 67 15 22 35 12 16 60 13 36 42 12 18 67 20 32 40 10 19 67 16 37 32 12 18 57 15 24 38 13 23 48 15 29 38 12 22 48 14 25 39 10 26 49 15 22 31 10 23 53 15 28 36 10 24 60 13 34 61 14 TABLEAU Il Mo'yenne des dosages A fant /J"1l,7' IIC'ltrl'S ClI,rèR 1" Iro11ll!nft'smc 1 :-<. total 1 N. total

ADN AIlN 11011 ADN AHN lion

acido·soluble ac:ido·soluble

20 58 16

1

(34)
(35)

~IOIlIFIC.\TIOi'iS OU FOIE O,\N LES ÉT.\TS PO 'TTll'\U~I'\TlQUES 29

Les tableaux 1 et II nous donnent les résultats obtenus sur 12 rats témoins et 12 rats ayant subi depuis deux heures un écrasement des pattes postérieures. Nous pouvons en conclure qu'il y a une dimi-nution importante des acides ribonucléiques, en même temps qu'une hausse des acides désoxyribonucléiques et une chute de l'azote

'

pro-téique total.

Ces faits étant établis, encore fallait-il en trouver l'explication. Dans l'introduction, nous avons vu que les hormones corticoïdes intervie n-nent pour une grande part dans les phénomènes secondaires à une agression, D'autre part, nous avons démontré qu'il y a une anoxie

sérieuse dans le lobule après le traumatisme. Quel est, des deux fac-teurs, cortex surrénalien ou anoxie, celui qui est responsable de la diminution marquée des acides ribonucléiques au niveau du foie?

L'unanimité est loin d'être acquise sur l'action que pourrait avoir le cortex surrénalien sur le métabolisme des acides nucléiques. En effet, Baker, Ingle, Li et Evans (1948), soumettant des rats à des injections d'hormone hypophysaire corticotrope, notent une disparition des ribo-nucléoprotéines du cytoplasme hépatique; de même, Skipper et al .

. ( 1951) ont démontré que la cortisone inhibait la synthèse des acides nucléiques. Par contre, Toussaint (1950) n'a pas observé de modifi

-cation de la basophilie du cytoplasme hépatique après administration prolongée de doses importantes de cortisone,

Il nous a semblé utile de compléter nos expériences en suivant sur coupes la basophilie hépatique chez des animaux surrénalectomisés, puis traumatisés,

3° Le sort des ARN du [oie chez les rats surrénalectomisés et

trau-matisés.

Nous avons surrénalectomisé 32 rats. Nous les maintenions en vie

en leur donnant de l'eau salée à boire dès l'intervention et en injectant le lendemain 10 cm3 d'une solution mixte de glucose à 5

%

et de chlo

-rure de sodium à 9

%0

dans le péritoine. Deux jours après la double surrénalectomie, nous avons shocké 10 rats par écrasement des parties molles des membres antérieurs; 10 autres servaient de témoins. Deux heures après ce traumatisme, les foies étaient prélevés, fixés, coupés et colorés comme ci-dessus, Les coupes de l'animal témoin et du shocké étaient étalées sur la même lame (l1g. 12 et 13).

FIG. \2. - Foio de l'aL RlIlTùnalcclolllisû. Acide. riuonucléique,; selon UN~A

(vert de Inélh~·le·)lyronine).

FIG. \3. - Foie de rat sntTénaleclOlnisé el traulliatisé depuis deux heures. Acide rihonucléifJues selon UNNA. Remlll'<1ucZ, dans le uas de la COU\)O, les lIIastocytes.

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