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Correction : du Devoir maison n˚4

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Texte intégral

(1)

Correction : du Devoir maison n˚4

MP Clemenceau 2020-2021 Pour le lundi 11 janvier 2021

Exercice 1

Pour tout entier natureln, on d´efinit sur l’intervalleJ = [1,+∞[, la fonctionfn d´efinie par : fn(x) = (−1)n

√1 +nx. 1) D´emontrer que la s´erie de fonctionsX

n>0

fn converge simplement sur J.

On note alors pour toutxdeJ,ϕ(x) sa somme.

Correction :Pourx∈J, la s´erieX

fn(x) est altern´ee, la suite (|fn(x)|)n∈INest d´ecroissante et convergente vers 0. D’apr`es le th´eor`eme des s´eries altern´ees la s´erieX

fn(x) est alors convergente.

Conclusion : la s´erie de fonctionsX

n>0

fn converge simplement surJ. 2) Montrer que cette s´erie de fonctions ne converge pas normalement surJ.

Correction : Pour x∈ J, |fn(x)| = 1+nx1

n→∞

1

nx, terme g´en´eral d’une s´erie de Riemann divergente (α = 1/2 < 1). Ainsi, la s´erie Pfn ne converge-t-elle absolument en aucun point et donc a fortiori pas normalement surJ (ni sur aucun intervalle, d’ailleurs).

3) Etudier alors sa convergence uniforme sur´ J. Correction : PourRn(x) =

X

k=n+1

fk(x), la majoration du reste par le crit`ere sp´ecial et la d´ecroissance de|fn| donnent

|Rn−1(x)| ≤ 1

√1 +nx ≤ 1

√n+ 1 −−−−→

n→∞ 0, d’o`u la convergence uniforme de la s´eriePfn surJ.

4) D´eterminer`= lim

x→+∞

+∞

X

n=0

fn(x).

Correction : La convergence uniforme permet d’utiliser le th´eor`eme de la double limite. Ainsi, en utilisant le symbole de Kronecker,

x→+∞lim

X

n=0

fn(x) =

X

n=0

x→+∞lim fn(x) =

X

n=0

δn,0= 1.

5) Pourn∈IN, on noteun= (−1)n

√n .

5.1. Justifier la convergence de la s´erie de terme g´en´eralun. On note a=

+∞

X

n=1

un sa somme.

Correction : La s´erie de terme g´en´eral un = (−1)nn est une s´erie de Riemann altern´ee ; elle v´erifie les hypoth`eses du crit`ere sp´ecial (signe altern´e, valeur absolue d´ecroissante et de limite nulle) et est donc conver- gente.

1

(2)

5.2. Montrer que l’on a au voisinage de l’infini :ϕ(x) =`+ a

√x+O 1

x3/2

.

Correction : L’in´egalit´e des accroissements finis appliqu´ee `a la fonctionh(t) = 1

t, de d´eriv´eeh0(t) =−2t13/2

donne

0≤ 1

√nx− 1

√1 +nx≤ 1

2(nx)3/2 ∴ ϕ(x) = 1 +

X

n=1

fn(x) = 1 +

X

n=1

(−1)n

√nx −

X

n=1

(−1)n 1

√nx− 1

√1 +nx

ϕ(x)−1− a

√x

X

n=1

1

2(nx)3/2 =ζ(3/2) 2x3/2 ∴ ϕ(x) = 1 + a

√x+O 1

x3/2

.

Exercice 2

Soientaun r´eel strictement positif etf une fonction continue sur IR.

Pour toutλr´eel, on pose I(λ) = Z +∞

a

λ−f(t)

t dt, lorsque cela existe.

1) Dans cette question, et uniquement cette question, f est la fonctiont7→cos t

1 +t2

.

1.1. En utilisant un d´eveloppement asymptotique de f au voisinage de +∞, donner un ´equivalent de λ−f(t) lorsque ttend vers l’infini.

Correction : Quandttend vers l’infini, 1+tt2 tend vers 0. Il s’ensuit λ−f(t) =λ−cos

t 1 +t2

=λ−

1− t2

2(1 +t2)2 +O t4

(1 +t2)4

=λ−1 + 1 2t2+O

1 t4

(t→+∞)

(λ−1 siλ6= 1

1

2t2 siλ= 1.

1.2. En d´eduire l’ensemble des valeurs du r´eelλpour lesquellesI(λ) existe.

Correction : La fonctiont7−→ λ−f(t)t est continue sur [a,+∞[, donc la convergence deI(λ) ne d´epend que du comportement de la fonction au voisinage de l’infini. Or, λ−f(t)t

t→+∞

λ−1

t siλ6= 1 et λ−f(t)t

t→+∞

1 2t3 si λ= 1. Par comparaison avec les int´egrales de r´ef´erence,I(λ) est convergente si, et seulement si,λ= 1.

1.3. Donner alors un ´equivalent de Z x

a

f(t)

t dt lorsquextend vers l’infini.

Correction : La lin´earit´e de l’int´egrale sur un segment et la convergence deI(1) permettent d’´ecrire Z x

a

f(t) t dt=

Z x

a

1 tdt−

Z x

a

1−f(t)

t dt =

(x→+∞)

Z x

a

1

t dt+O(1) = ln(x) +O(1)∼ln(x).

Remarque : on pouvait aller plus vite par int´egration des relations de comparaison (qui n’est pas au pro- gramme de PSI) : f(t)

t ∼

t→+∞

1 t, or

Z +∞

1

1

t dtdiverge donc par propri´et´e Z x

1

f(t) t dt ∼

x→+∞

Z x

0

1 tdt 2) On suppose qu’il existeλetµdeux r´eels pour lesquels I(λ) etI(µ) existent. Prouver que l’on a :λ=µ.

Correction :Attention :f est redevenue une fonction continue quelconque. SiI(λ) etI(µ) sont convergentes, on peut utiliser la lin´earit´e de l’int´egrale pour obtenir la convergence de

I(λ)−I(µ) = Z +∞

a

λ−f(t) t dt−

Z +∞

a

µ−f(t) t dt=

Z +∞

a

λ−µ t dt

et cette derni`ere int´egrale ne converge que siλ=µ. `A f donn´ee, il existe donc au plus une valeur deλ telle que I(λ) converge.

2

(3)

3) Pour toutxr´eel, on poseHλ(x) = Z x

a

(λ−f(t)) dt.

3.1. Justifier queHλ est de classe C1sur IR et pr´eciserHλ0(x).

Correction : La fonctionHλ est une primitive de la fonction continueλ−f et est donc de classeC1. On a pour toutx∈IR,Hλ0(x) =λ−f(x).

3.2. D´emontrer que siHλest born´ee sur IR, alors I(λ) existe et queI(λ) = Z +∞

a

Hλ(t) t2 dt.

Correction : On r´ealise une int´egration par parties. Sous r´eserve de justification, Z +∞

a

Hλ(t)× 1 t2dt=

Hλ(t)×

−1 t

t→+∞

a

+ Z +∞

a

Hλ0(t)

t dt=I(λ).

Supposons queHλ soit born´ee. Alors, l’int´egrale de gauche est convergente en vertu du th´eor`eme de compa- raison. Le crochet tend vers 0 et l’int´egrale obtenue,I(λ) est donc ´egalement convergente et sa valeur ´egale `a la premi`ere.

4) D´esormais on suppose quef est continue sur IR etT-p´eriodique (T >0).

4.1. D´emontrer que la fonctionϕqui `a tout r´eel xassocieϕ(x) = Z x+T

x

f(t) dt est constante.

Montrer alors que l’on a, pour tout r´eel x: Hλ(x+T)−Hλ(x) =λT− Z T

0

f(t) dt.

Correction : Comme f est continue,ϕ est d´erivable et l’on a ϕ0(x) =f(x+T)−f(x) = 0. Ainsi,ϕ est constante. La relation de Chasles donne alors

Hλ(x+T)−Hλ(x) = Z x+T

a

λ−f(t) dt−

Z x

a

λ−f(t) dt=

Z x+T

x

λ−f(t) dt

=λT −ϕ(x) =λT −ϕ(0) =λT− Z T

0

f(t) dt.

4.2. Montrer qu’il existe une unique valeurλ0 du r´eel λpour laquelle la suite (Hλ(a+nT))n∈IN est born´ee.

Correction : La suite Hλ(a+nt)

n≥0 est une suite arithm´etique de raison λT − Z T

0

f(t) dt d’apr`es la question pr´ec´edente. Il s’ensuit qu’elle n’est born´ee que si elle est constante,i.e.si, et seulement si,λ=λ0=

1 T

Z T

0

f(t) dt, valeur moyenne de f.

4.3. Prouver que, dans ce cas, la fonctionHλ est p´eriodique et born´ee dans IR.

Correction :La formule obtenue `a la question 4.1. exprime alors que la fonctionHλ0estT-p´eriodique. ´Etant continue et p´eriodique, elle est born´ee.

4.4. D´eterminer alors toutes les valeurs du r´eel λpour lesquellesI(λ) converge.

Correction : D’apr`es la question 3.2, l’int´egraleI(λ0) converge et, d’apr`es la question 2, c’est la seule valeur deλpour laquelle ce soit le cas.

4.5. Dans le cas o`uλ06= 0, d´eterminer un ´equivalent de Z x

a

f(t)

t dtlorsquextend vers l’infini.

Correction : Siλ6=λ0, on reprend l’id´ee utilis´ee `a la question 1.3. Les justification sont identiques.

Z x

a

f(t) t dt=

Z x

a

λ0 t dt−

Z x

a

λ0−f(t)

t dt=λ0lnx+O(1).

5) Pour tout entier naturelnnon nul, on poseAn= Z π/2

0

|sin(nt)|

sin(t) dt etBn = Z π/2

0

|sin(nt)|

t dt.

5.1. Prouver queAn existe. On admettra qu’il en est de mˆeme pourBn. Correction :On poseAn=

Z π/2

0

|sin(nt)|

sint dtetBn= Z π/2

0

|sin(nt)|

t dtPourn≥1, la fonctiont7−→ |sin(nt)|sint est continue sur ]0, π/2] et l’´equivalent sinu ∼

u→0umontre qu’elle est prolongeable par continuit´e en 0 (par la valeur n). Il s’ensuit que l’int´egrale d´efinissantAn est faussement impropre, donc convergente.

3

(4)

5.2. D´eterminer un ´equivalent au voisinage de 0 de la fonctiont7→ 1 t − 1

sin(t). Correction : Quandttend vers 0

1 t − 1

sint =sint−t

tsint ∼ −t3/6 t2 =−t

6. 5.3. D´emontrer que la suite (An−Bn)n∈IN est born´ee.

Correction : Notonsψla fonction de la question pr´ec´edente. Elle est continue sur ]0, π/2] et prolongeable par continuit´e en 0, donc int´egrable sur [0, π/2].

An−Bn= Z π/2

0

|sin(nt)|

sint dt−

Z π/2

0

|sin(nt)|

t dt=− Z π/2

0

|sin(nt)|ψ(t) dt d’o`u |An−Bn| ≤ Z π/2

0

|ψ(t)|dt.

5.4. On effectue dansBn le changement de variableu=nt.

i. Donner un ´equivalent de Bn lorsque n tend vers l’infini. On pourra utiliser les r´esultats ´etablis `a la question 4.

Correction : On souhaiterait appliquer la question 4.5 `a la fonctionπ-p´eriodiquef =|sin|eta= 0, mais les questions pr´ec´edentes faisaient l’hypoth`ese a >0. Toutefois, comme

Z 1

0

f(t)

t dt est ici convergente, cela ne change pas le r´esultat. Plus pr´ecis´ement, la question 4.2 montre dans un premier temps que λ0=π1

Z π

0

|sint|dt= 2

π 6= 0. En prenanta=π/2 et en utilisant l’expression asymptotiqueλ0lnx+O(1) obtenue `a la question 4.5, il vient

Bn =

(u=nt)

Z π/2

0

|sinu|

u du+ Z nπ/2

π/2

|sinu|

u du

= Cste + 2 πlnnπ

2

+O(1) = 2

πln(n) +O(1)∼ 2 πln(n).

ii. En d´eduire un ´equivalent deAn lorsquentend vers l’infini.

Correction : La question 5.3, puis l’´equivalent ci-dessus donnent que An=Bn+ An−Bn

=Bn+O(1)∼Bn∼ 2 πln(n).

4

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