Lyc´ee Benjamin Franklin PTSI−2012-2013
D. Blotti`ere Math´ematiques
Correction du devoir maison n˚2
Exercice 1
R´esoudre l’´equation
(E) : z8+ (2 +i)z4−3 + 3i= 0 d’inconnuez∈C.
Correction
On introduit l’inconnue auxiliaireZ =z4. On a alors : (E)⇐⇒
Z=z4
(E′) : Z2+ (2 +i)Z−3 + 3i= 0
• R´esolution de (E′)
Il s’agit de d´eterminer les racines du polynˆome du second degr´e `a coefficients complexes : P =Z2+ (2 +i)Z−3 + 3i.
Le discriminant deP est :
∆ = (2 +i)2−4×1×(−3 + 3i) = 15−8i.
• D´etermination des racines carr´ees de ∆ = 15−8i
Essayons d’abord de voir si l’on peut obtenir une forme trigonom´etrique explicite de 15−8i(si tel est le cas, les racines carr´ees de 15−8iseront tr`es simplement obtenues). Le module de 15−8iest donn´e par :
|15−8i|=p
152+ (−8)2= 17.
On a donc :
15−8i= 17 15
17 − 8 17i
.
Comme on ne connaˆıt pas de solution explicite du syst`eme cos(θ) =15
17 et sin(θ) =−8 17
on ne peut pas donner de forme trigonom´etrique explicite de 15−8i. On passe alors par la voie alg´ebrique, et l’on raisonne par analyse-synth`ese.
• Analyse
Soitδ∈Ctel que :
δ2= 15−8i. (1)
On introduit la forme alg´ebrique deδ: soitδ=a+ib, aveca, b∈R. L’´equation (1) se r´e´ecrit alors : a2−b2
| {z }
∈R
+i|{z}2ab
∈R
= 15|{z}
∈R
+i(−8)
| {z }
∈R
. (2)
Par unicit´e de la forme alg´ebrique, on en tire :
a2−b2= 15 (3)
2ab=−8. (4)
D’autre part (1) implique|δ2|=|15−8i|et :
|δ2|=|15−8i| ⇒ |δ|2= 17 (multiplicativit´e du module et calcul de|15−8i|ci-dessus)
⇒ (√ 2
+ 2)2= 17
En rassemblant cette derni`ere ´equation et les ´equations (3) et (4) on obtient le syst`eme suivant :
a2−b2= 15 (5)
a2+b2= 17 (6)
2ab=−8. (7)
Maintenant :
(5) + (6) ⇒ 2a2= 32
⇒ a2= 16
⇒ a=−4 ou a= 4
et (6)−(5) ⇒ 2b2= 2
⇒ b2= 1
⇒ b=−1 ou b= 1.
De plus de (7), on d´eduit queaet bsont de signes oppos´es.
Finalement, on trouve deux candidats pour δ:
δ1= 4−i et δ2=−4 +i=−δ1.
• Synth`ese
V´erifions si les candidats trouv´es en fin d’analyse sont bien des racines carr´ees de 8−6i.
δ21= (4−i)2= 42−8i+ (−i)2= 16−8i−1 = 15−8i et δ22= (−δ1)2=δ21= 15−8i.
• Conclusion
Les racines carr´ees de 15−8isont donc :
δ1= 4−i et δ2=−4 +i=−δ1.
• Fin de la r´esolution de (E′)
D’apr`es le cours, les solutions de (E′) sont alors : z1 = −(2 +i)−δ1
2×1
= −(2 +i)−(4−i) 2
= −3
z2 = −(2 +i) +δ1
2×1
= −(2 +i) + (4−i) 2
= 1−i Les solutions de (E′) sont donc :−3 et 1−i.
• Retour `a l’´etude de l’´equation(E)
En consid´erant le syst`eme introduit au d´ebut de l’´etude et les solutions de (E′) obtenus ci-dessus, on obtient :
(E) ⇐⇒
Z =z4
Z ∈ {−3,1−i}
⇐⇒
z4=−3 ou
z4= 1−i.
On est ainsi conduit `a d´eterminer les racines quatri`emes complexes de−3 d’une part, et de 1−id’autre part.
• Recherche des racines quatri`emes de −3 Une forme trigonom´etrique de −3 est :
3eiπ. On en d´eduit que :
4√ 3eiπ4 est une racine quatri`eme de−3.
Soitz∈C.
z4=−3 ⇐⇒ z4= 3eiπ
⇐⇒ z4= 4√ 3eiπ44
⇐⇒ z4
4√
3eiπ44 = 1 (division de chacun des membres par 4√ 3eiπ44
=−36= 0)
⇐⇒
z
4√ 3eiπ4
4
= 1
⇐⇒ z
4√
3eiπ4 ∈U4=n
e2ikπ4 : k∈J0,3Ko
=n
eikπ2 : k∈J0,3Ko
⇐⇒ ∃k∈J0,3K z
4√
3eiπ4 =eikπ2
⇐⇒ ∃k∈J0,3K z= 4√
3eiπ4eikπ2
⇐⇒ ∃k∈J0,3K z= 4√
3ei(kπ2+π4) (relation fonctionnelle)
⇐⇒ ∃k∈J0,3K z= 4√
3ei(2k+1)4 π Donc l’ensemble des racines quatri`emes de−3 est :
n4√ 3ei(2
k+1)π
4 : k∈J0,3Ko .
• Recherche des racines quatri`emes de 1−i Le module de 1−iest√
2. On a donc : 1−i=√
2 1
√2 − 1
√2i
=√ 2
√2 2 −
√2 2 i
! .
On consid`ere alors le syst`eme :
cos(θ) =
√2
2 et sin(θ) =−
√2 2 d’inconnueθ∈R. On remarque que−π
4 est solution de ce syst`eme. On en d´eduit que : 1−i=√
2e−iπ4 et par suite que :
4q√
2e−i16π = 8√ 2e−i16π est une racine quatri`eme de 1−i.
Soitz∈C.
z4= 1−i ⇐⇒ z4=√ 2e−iπ4
⇐⇒ z4= 8√
2e−i16π4
⇐⇒ z4
8√
2e−i16π4 = 1 (division de chacun des membres par 8√
2e−i16π4
= 1−i6= 0)
⇐⇒
z
8√ 2e−i16π
4
= 1
⇐⇒ z
8√
2e−i16π ∈U4=n
e2ikπ4 : k∈J0,3Ko
=n
eikπ2 : k∈J0,3Ko
⇐⇒ ∃k∈J0,3K z
8√
2e−i16π =eikπ2
⇐⇒ ∃k∈J0,3K z= 8√
2e−i16πeikπ2
⇐⇒ ∃k∈J0,3K z= 8√
2ei(kπ2 −16π) (relation fonctionnelle)
⇐⇒ ∃k∈J0,3K z= 8√
2ei(8k16−1)π
• Conclusion
L’ensemble solution de (E) est : n4√
3ei(2k+1)4 π : k∈J0,3Ko S n8√
2ei(8k16−1)π : k∈J0,3Ko
Exercice 2
1. D´eterminer le domaine de d´efinition de l’in´equation (I1) :
r1
2−x≤1.
2. R´esoudre l’in´equation (I1).
3. D´eterminer le domaine de d´efinition de l’in´equation (I2) :
r1
2+x≤1.
4. R´esoudre l’in´equation (I2).
5. D´eterminer le domaine de d´efinitionDf de la fonction f:x7→arcsin
r1 2 −x
!
+ arcsin r1
2 +x
! .
6. D´eterminer le domaine de d´erivabilit´eD′f de la fonctionf. 7. Calculerf′(x) pour toutx∈ D′f.
8. Montrer que pour toutx∈ Df : arcsin
r1 2−x
!
+ arcsin r1
2 +x
!
= π 2.
Correction
1. Soitx∈R. Les deux membres de l’in´equation (I1) sont bien d´efinis si et seulement si : 1
2−x≥0 carD√·=R+ i.e. si et seulement si :
x≤ 1 2. Le domaine de d´efinition deI1 est donc :
−∞,1 2
.
2. Soitx∈
−∞,1 2
. r1
2−x≤1 ⇐⇒ 1
2 −x≤1 (car la fonction carr´e estրրsurR+)
⇐⇒ −x≤ 1 2
soustraction de 1
2 `a chaque membre
⇐⇒ x≥ −1
2 (multiplication de chaque membre par (−1)<0) On en d´eduit que :
Sol(I1)=
−∞,1 2
T
−1 2,+∞
=
−1 2,1
2
.
3. Soitx∈R. Les deux membres de l’in´equation (I2) sont bien d´efinis si et seulement si : 1
2+x≥0 carD√·=R+ i.e. si et seulement si :
x≥ −1 2. Le domaine de d´efinition deI2 est donc :
−1 2,+∞
.
4. Soitx∈
−1 2,+∞
.
b r1
2 +x≤1 ⇐⇒ 1
2+x≤1 (car la fonction carr´e estրրsurR+)
⇐⇒ x≤1 2
soustraction de 1
2 `a chaque membre
On en d´eduit que :
Sol(I2)=
−1 2,+∞
T
−∞,1 2
=
−1 2,1
2
.
5. Soitx∈R.f(x) = arcsin r1
2 −x
!
+ arcsin r1
2 +x
!
est bien d´efini si et seulement si : (A1) 1
2 −x≥0 carD√·=R+ (B1) −1≤
r1
2 −x≤1 ( carDarcsin= [−1,1] ) (A2) 1
2 +x≥0 carD√·=R+ (B2) −1≤
r1
2 +x≤1 ( carDarcsin= [−1,1] ).
Comme la racine carr´ee prend ses valeurs dansR+, ces conditions se r´e´ecrivent : (A1) 1
2 −x≥0 (B1’)
r1
2 −x≤1 (A2) 1
2 +x≥0 (B2’)
r1
2 +x≤1.
D’apr`es les questions 1–4, on en d´eduit que : Df =
−1 2,1
2
.
6. Le domaine de d´erivabilit´e defest le plus grand sous-ensemble deDf =
−1 2,1
2
sur lequelfest d´erivable.
On va ici simplement montrer quef est d´erivable sur
−1 2,1
2
, autrement dit que la fonction
f|]−12,12[ :
−1 2,1
2
→R; x7→arcsin r1
2 −x
!
+ arcsin r1
2+x
!
est d´erivable, sans discuter ni la d´erivabilit´e ´eventuelle de f en −1
2 `a droite, ni la d´erivabilit´e ´eventuelle def en 1
2 `a gauche1. – La fonction
f1:
−1 2,1
2
→]0,1[ ; x7→ 1 2 −x est bien d´efinie car six∈
−1 2,1
2
−1
2 < x < 1
2 ⇒ −1
2 <−x < 1
2 (multiplication de chaque membre par (−1)<0)
⇒ 0<1
2 −x <1
ajout de 1
2 `a chaque membre
.
La fonctionf1 est de plus d´erivable sur
−1 2,1
2
(restriction d’une fonction affine).
– La fonction
f2: ]0,1[→]0,1[ ; x7→√ x est bien d´efinie car six∈]0,1[
0< x <1 ⇒ 0<√
x <1 (la fonction√
·est strictement croissante surR+)
1. On va montrer (question 8) que la fonctionf est en fait constante surDf=
−1 2,1
2
. Elle est donc d´erivable sur
−1 2,1
2
.
La fonctionf2 est de plus d´erivable sur ]0,1[ (car la fonction√
·est d´erivable sur ]0,+∞[).
– La fonction
f3: ]0,1[→ R; x7→arcsin(x) est bien d´efinie et d´erivable sur ]0,1[ (cf. cours sur arcsin).
– Compte tenu des ensembles de d´epart et d’arriv´ee def1, f2, f3, la compos´ee f3◦f2◦f1:
−1 2,1
2
→R; x7→arcsin r1
2−x
!
est bien d´efinie. Elle est de plus d´erivable sur
−1 2,1
2
comme compos´ee de fonctions d´erivables.
– De mˆeme que pour f1, on montre que la fonction f4:
−1 2,1
2
→]0,1[ ; x7→ 1 2 +x est bien d´efinie et d´erivable sur
−1 2,1
2
.
– Compte tenu des ensembles de d´epart et d’arriv´ee def4, f2, f3, la compos´ee f3◦f2◦f4:
−1 2,1
2
→R; x7→arcsin r1
2+x
!
est bien d´efinie. Elle est de plus d´erivable sur
−1 2,1
2
comme compos´ee de fonctions d´erivables.
– La fonction
f|]−12,12[ =f3◦f2◦f1+f3◦f2◦f4
est donc d´erivable sur
−1 2,1
2
(somme de fonctions d´erivables).
7. Soitx∈
−1 2,1
2
.
f′(x) = (f3◦f2◦f1)′(x) + (f3◦f2◦f4)′(x)
= f1′(x)×f2′(f1(x))×f3′(f2(f1(x))) +f4′(x)×f2′(f4(x))×f3′(f2(f4(x)))
= (−1)× 1 2p
f1(x)× 1
q
1−(f2(f1(x)))2
+ 1× 1
2p
f4(x) × 1
p1−(f2(f4(x))))2
= − 1
2 r1
2−x
× 1
vu ut1−
r1 2 −x
!2 + 1 2
r1 2+x
× 1
vu ut1−
r1 2+x
!2
= − 1
2 r1
2−x
× 1
s 1−
1 2 −x
+ 1 2
r1 2 +x
× 1
s 1−
1 2+x
= − 1
2 r1
2−x
× 1 r1
2+x
+ 1
2 r1
2+x
× 1 r1
2 −x
= 0
8. La fonction f est d´erivable sur l’intervalle
−1 2,1
2
et pour tout x∈
−1 2,1
2
, f′(x) = 0. Elle est donc constante sur
−1 2,1
2
, i.e. il existe une constante r´eelleK telle que pour toutx∈
−1 2,1
2
: f(x) =K.
On a en particulierf(0) =K. Or
f(0) = 2 arcsin r1
2
!
= 2 arcsin
√2 2
! .
Par d´efinition, arcsin
√2 2
!
est l’unique r´eelxtel que :
x∈h
−π 2,π
2
i et sin(x) =
√2 2 . On remarque que ce r´eelxest π
4. On a donc arcsin
√2 2
!
=π 4, d’o`u : K=f(0) = 2×π
4 =π 2. Ainsi, pour toutx∈
−1 2,1
2
, on a :
f(x) = arcsin r1
2 −x
!
+ arcsin r1
2+x
!
= π 2. Il reste `a ´etudier la valeur de f en−1
2 et en 1
2. La fonctionf ´etant clairement paire, il suffit de calculer le valeur de f en 1
2 (cette valeur sera aussi celle en−1 2).
f 1
2
= arcsin(0) + arcsin(1).
La fonction arcsin ´etant impaire et d´efinie en 0, on a arcsin(0) = 0. Par d´efinition, arcsin (1) est l’unique r´eelxtel que :
x∈h
−π 2,π
2 i
et sin(x) = 1.
On remarque que ce r´eelxest π
2. On a donc arcsin (1) = π 2, d’o`u : f
1 2
= 0 +π 2 = π
2. On peut `a pr´esent conclure. Pour toutx∈
−1 2,1
2
, on a :
f(x) = arcsin r1
2 −x
!
+ arcsin r1
2+x
!
= π 2.
Exercice 3
1. Calculer les valeurs de arctan(0) et de arctan(1). Justifier les r´esultats.
2. Soita∈]0,1] et soitb∈]0,1[. D´emontrer que : 0<arctan (a)≤ π
4 et 0<arctan (b)< π 4. 3. Soitn∈N∗. D´emontrer que :
0<arctan 1
n
≤ π
4 et 0<arctan 1
n+ 1
+ arctan
1 1 +n+n2
< π 2.
4. D´emontrer que :
arctan 1
n
= arctan 1
n+ 1
+ arctan
1 1 +n+n2
.
On pourra commencer par calculer la tangente de chacun des membres (ou cˆot´es) de l’´egalit´e.
5. Que vaut arctan 1
2
+ arctan 1
3
? Correction
1. La fonction arctan est impaire et d´efinie en 0. On a donc : arctan(0) = 0.
Par d´efinition, arctan(1) est l’unique r´eelxtel que : x∈i
−π 2,π
2
h et tan(x) = sin(x) cos(x) = 1 i.e. tel que :
x∈i
−π 2,π
2 h
et sin(x) = cos(x).
A l’aide du cercle trigonom´etrique (ou des valeurs remarquables de cos et sin), on remarque que ce r´eel` x est π
4. On a donc :
arctan(1) = π 4. 2. Soita∈]0,1].
0< a≤1⇒0 = arctan(0)<arctan(a)≤arctan(1) = π
4 (car arctan estրրsur R).
Soitb∈]0,1[.
0< b <1⇒0 = arctan(0)<arctan(b)<arctan(1) = π
4 (car arctan estրրsurR).
3. Soitn∈N∗.
• On a n≥1.
n≥1 ⇒ 0< 1
n≤1 (car inverse estցցet >0 sur R+∗).
⇒ 0<arctan 1
n
≤ π 4
application du r´esultat de 2., aveca= 1 n ∈]0,1]
.
• Si n≥1, alorsn+ 1≥2.
n+ 1≥2 ⇒ n+ 1>1 (2>1 et transitivit´e de la relation d’ordre)
⇒ 0< 1
n+ 1 <1 (car inverse estցցet >0 sur R+∗).
⇒ 0<arctan 1
n+ 1
<π 4
application du r´esultat de 2., avec b= 1
n+ 1 ∈]0,1[
.
• La fonction carr´e ´etant (strictement) croissante sur R+, de n≥1, on d´eduit quen2 ≥1. En sommant membre `a membre les in´egalit´es
n≥1 et n2≥1 On obtient :
n+n2≥2.
n+n2≥2 ⇒ 1 +n+n2≥3 (ajout de 1 `a chaque membre)
⇒ 1 +n+n2>1 (3>1 et transitivit´e de la relation d’ordre)
⇒ 0< 1
1 +n+n2 <1 (car inverse estցցet >0 surR+∗).
⇒ 0<arctan
1 1 +n+n2
<π 4
application du r´esultat de 2., avecb= 1
1 +n+n2 ∈]0,1[
.
• Nous avons obtenu les in´egalit´es :
0<arctan 1
n+ 1
< π
4 (8)
0<arctan
1 1 +n+n2
< π
4 (9)
En sommant membre `a membre ces in´egalit´es, on obtient : 0<arctan
1 n+ 1
+ arctan
1 1 +n+n2
<π
2. (10)
4. Soitn∈N∗.
On rappelle que pour tout A, B∈ Dtan = [
k∈Z
i−π
2 +kπ,π 2 +kπh
tels que
A+B∈ Dtan= [
k∈Z
i−π
2 +kπ,π 2 +kπh on a :
tan(A+B) = tan(A) + tan(B) 1−tan(A) tan(B). Si A= arctan
1 n+ 1
, B= arctan
1 1 +n+n2
alors, d’apr`es (8) et (9),A, B∈ Dtan et, d’apr`es (10), A+B∈ Dtan. On peut donc appliquer la formule rappel´ee ci-dessous pour ces valeurs deAetB.
tan
arctan 1
n+ 1
+ arctan
1 1 +n+n2
= tan
arctan
1 n+ 1
+ tan
arctan
1 1 +n+n2
1−tan
arctan 1
n+ 1
tan
arctan
1 1 +n+n2
(⋆)= 1
n+ 1+ 1
1 +n+n2 1− 1
n+ 1 1 1 +n+n2
=
1 +n+n2+n+ 1 (n+ 1)(1 +n+n2) (n+ 1)(1 +n+n2)−1
(n+ 1)(1 +n+n2)
= 1 +n+n2+n+ 1 (n+ 1)(1 +n+n2)−1
= n2+ 2n+ 2 n3+ 2n2+ 2n
= n2+ 2n+ 2 n(n2+ 2n+ 2)
= 1
n
L’´egalit´e (⋆) vient du r´esultat du cours suivant. Pour touty∈R: tan(arctan(y)) =y.
Nous venons de montrer que : tan
arctan
1 n+ 1
+ arctan
1 1 +n+n2
= 1 n = tan
arctan
1 n
et donc que : tan
arctan
1 n+ 1
+ arctan
1 1 +n+n2
= tan
arctan 1
n
. (11)
Remarque : On ne peut pas conclure directement. Deux nombres qui ont la mˆeme tangente ne sont pas n´ecessairement ´egaux, comme on le voit avec 0 etπ, qui ont tous deux une tangente nulle.
On sait que pour toutx∈i
−π 2,π
2 h :
arctan(tan(x)) =x (cf. cours) et que, d’autre part (cf. question 3.) :
arctan 1
n
∈i 0,π
4 i⊂i
−π 2,π
2
h et arctan
1 n+ 1
+ arctan
1 1 +n+n2
∈i
−π 2,π
2 h.
Ainsi, en appliquant arctan `a chaque membre de (11), il vient : arctan
1 n
= arctan 1
n+ 1
+ arctan
1 1 +n+n2
.
5. En appliquant le r´esultat de 4., avecn= 1, on obtient : arctan
1 2
+ arctan 1
3
= arctan (1)
= π
4.
Probl`eme
Soitnun entier naturelpairsup´erieur ou ´egal `a 2.
1. Montrer que la fonction
f:R+→R; x 7→xn induit une bijectionfedeR+surR+.Dans la suite, on note n√
· la bijection r´eciproque defe, i.e. on pose
n√
· = (fe)−1.
2. Expliciter la fonction n√
· en recopiant et en compl´etant le diagramme suivant :
n√
· :R+ → R+
y 7→ l’unique . . . 3. Soient x∈Ret y∈R+. Recopier et compl´eter l’assertion suivante.
x= n√y ⇐⇒
. . . et
. . . 4. Calculer n√
0. Justifier la r´eponse.
5. Soity∈R+. Justifier que :
(n√y)n =y.
6. Soity∈R. Justifier que n√
yn est bien d´efini et que :
n√
yn =|y|. On pourra faire une disjonction de cas.
7. Montrer que pour tout (y1, y2)∈(R+)2 :
n√ y1 n√
y2 = n√ y1y2. 8. Que dire de la continuit´e et des variations de la fonction n√
· ? Justifier la r´eponse.
9. Justifier que n√
1 = 1, puis montrer que siy∈]1,+∞[, alors :
n√ y >1.
10. D´eterminer l’ensemble de d´erivabilit´eD′ de n√
·. 11. D´emontrer que pour touty∈ D′ :
(n√
·)′(y) =
n√y ny .
12. On rappelle que siy∈R+∗, alorsy1n estpar d´efinition en1ln(y). Soit la fonction p1
n:R+∗→R; y7→yn1. Montrer que pour touty∈R+∗ :
p1
n(y) = n√y . 13. Retrouver le r´esultat ´etabli en 11. `a l’aide de la question 12..
14. D´eduire de la question 12. le comportement asymptotique de n√
· en +∞. Correction
1. On commence par ´etudier les variations def surR+.
• La fonctionfest d´erivable (et donc continue) sur l’intervalleR+(restriction d’une fonction polynomiale).
• Pour toutx∈R+ :
f′(x) =nxn−1. On a doncf′(x)>0 pour toutx∈R+, sauf pourx= 0.
Par le crit`ere diff´erentiel de stricte monotonie, la fonctionf est donc strictement croissante surR+. On va appliquer le th´eor`eme de la bijection `af. V´erifions les hypoth`eses.
• La fonctionf est d´efinie surR+, intervalle r´eel.
• La fonctionf est continue surR+ (d´ej`a justifi´e).
• La fonctionf est strictement croissante surR+ (cf. preuve pr´ec´edente).
D’apr`es le th´eor`eme de la bijection,f r´ealise une bijection deRsur f(R) =
f(0), lim
x→+∞xn
= [0,+∞[=R+ i.e. la fonction
fe:R+→R+; x7→f(x) =xn est bijective.
2. On a :
n√
· : R+ → R+
y 7→ l’unique solution dexn=y, d’inconnuex∈R+. 3. Soient x∈Ret y∈R+.
x= n√y ⇐⇒
x∈R+ et
xn=y.
4. Soitx∈R.
x= n√
0 ⇐⇒
x∈R+ et
xn= 0.
On a 0∈R+ et 0n= 0|×. . .{z ×0}
nfois
= 0.Donc n√ 0 = 0.
5. Soity∈R+. D’apr`es le cours, on a :
fe◦(fe)−1(y) =idR+(y) =y i.e.
(n√y)n =y.
6. Soity∈R. On commence par prouver que :yn=|y|n.
• Si y∈R+, alors|y|=y et doncyn=|y|n.
• Si y∈R−∗, alors|y|=−y. D’autre part, (−y)n=yn, carnest pair. On a doncyn=|y|n. Soitx∈R.
x= n√
yn ⇐⇒
x∈R+ et
xn=yn.
On a |y| ∈R+ et|y|n =yn, d’apr`es la discussion pr´ec´edente. On en d´eduit que :
n√
yn =|y|. 7. Soient (y1, y2)∈(R+)2. Soitx∈R.
x= n√
y1y2 ⇐⇒
x∈R+ et
xn=y1y2.
• Par d´efinition de n√
·, on a n√y1, n√y2∈R+ et donc :
n√ y1n√
y2∈R+.
• On sait que
(n√
y1)n=y1 et (n√
y2)n=y2 (d’apr`es la question 5.).
On a donc :
y1y2= (n√
y1)n(n√
y2)n = (n√ y1n√
y2)n. Comme n√y1n√y2∈R+ et (n√y1n√y2)n =y1y2, on a :
n√
y1y2= n√ y1n√
y2.
8. La fonction feest continue et strictement croissante sur R+. D’apr`es le th´eor`eme de la bijection, on a (fe)−1= n√
· continue et strictement croissante surR+. 9. Soitx∈R.
x= n√
1 ⇐⇒
x∈R+ et
xn= 1.
On a 1∈R+ et 1n= 1×. . .×1
| {z }
nfois
= 1.Donc n√ 1 = 1.
Soity∈]1,+∞[.
y >1 ⇒ n√y > n√
1 (n√
· րր surR+)
⇒ n√y >1 (car n√ 1 = 1).
10. Soity∈R+.
n√
· d´erivable en y ⇐⇒ fe′((fe)−1(y))6= 0 (cf. Thm sur la d´erivabilit´e et d´eriv´ee d’une bijection r´eciproque)
⇐⇒ n(n√y)n−16= 0
⇐⇒ n√y6= 0 (Rest int`egre et n≥1)
⇐⇒(⋆) y6= 0.
Expliquons l’´equivalence (⋆). On a
√ √
et
n√y= 0 ⇒ (n√y)n= 0n= 0
⇒ y = 0 (cf. question 5.).
On a donc :
n√
y = 0⇐⇒y= 0 et par suite
n√
y 6= 0⇐⇒y6= 0.
On a donc :
D′=R+∗.
11. Soity∈R+∗.Par le th´eor`eme sur la d´erivabilit´e et la d´eriv´ee d’une bijection r´eciproque, on a : (n√
·)′(y) = 1 fe′((fe)−1(y))
= 1
n(n√y)n−1
= 1
n(n√y)n(n√y)−1
= 1
ny(n√y)−1 (cf. question 5.)
=
n√y
ny (multiplication haut et bas par n√y) 12. Soity∈R+. Soitx∈R. On rappelle que :
x= n√y ⇐⇒
x∈R+ et
xn=y.
On a p1
n(y) =en1ln(y)∈R+ (car exponentielle est>0 surR).
D’autre part, on a :
(p1
n(y))n= (e1nln(y))n =en1nln(y)=eln(y)=y.
Le nombrep1
n(y) v´erifie les conditions caract´erisant n√y. On a donc : p1
n(y) = n√ y . 13. Soient
g1:R+∗→R; y7→ 1 nln(y) et
g2:R→R; y7→ey.
Les fonctionsg1 etg2 sont d´erivables sur leurs domaines de d´efinition (g1est la fonction ln multipli´ee par une constante etg2 est la fonction exponentielle). Par suite
p1
n =g2◦g1
est d´erivable surR+∗ (compos´ee de fonctions d´erivables).
De plus, pour touty∈R+∗, on a : (n√
· )′(y) =
cf. 12.(pn1)′(y) = 1 n×1
y ×en1ln(y)= 1 n×1
y ×p1
n(y) =
cf. 12.
1
ny × n√y=
n√y ny . 14. On a :
1
nln(y)y →
→+∞+∞ eY →
Y→+∞+∞
composition de limites⇒
n√y=p1
n(y) =en1ln(y)y →
→+∞+∞.