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Th´eor`eme de Riesz-Fischer

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Th´eor`eme de Riesz-Fischer

L´ eo Daures

Le¸cons 201, 205, 223, 234, 235, 241

1 Le Th´ eor` eme de Riesz-Fischer

Th´eor`eme 1. Soitp∈[1,+∞[ etK=RouC. Alors l’espace (Lp(K),|| · ||p)est complet. De plus, si une suite(fn)∈Lpµ(K)n converge versf ∈Lpµ(K)en norme p, alors `a sous suite pr`es elle est domin´ee par une fonctiong∈Lpµ(K)et converge presque partout versf.

2 D´ emonstration

Soit (fn)n∈N une suite de Cauchy dans Lpµ(K). L’objectif est de lui trouver une limite au sens de la con- vergenceLp. En fait, on va d’abord lui chercher une limite au sens de la convergence presque-partout, et montrer ensuite qu’elle converge en normepvers cette fonction.

Si la limite presque partout de (fn) existait, on pourrait l’´ecrire sous la forme f0+P

n=0(fn+1−fn) (par t´el´escopage). Malheureusement rien n’indique que cette s´erie de fonction converge, mˆeme seulement presque partout. Par contre, en utilisant la propri´et´e de Cauchy de (fn), on peut arriver `a faire converger absoluement une s´erie similaire.

On extrait une sous suite pour arriver `a faire converger la s´erie t´el´escopique. Soitϕune extraction d´efinie par :

• ϕ(0) = 0

• ∀n>1, ϕ(n) = min{k > ϕ(n−1) | ∀q, r>k,||f q−fr||p 62−n} (cette partie de Nest non vide par propri´et´e de Cauchy de (fn) donc elle a bien un minimum.)

L’extractrice ϕ est d´efinie de telle sorte que ∀n ∈ N,∀q > n ||fϕ(n)−fq||p 6 2−n et en particulier

||fϕ(n)−fϕ(n+1)||p 62−n. Donc, la s´erieP

||fϕ(n+1)−fϕ(n)||p converge dans K. Utilisons cette propri´et´e pour faire converger presque partout la s´erie de fonctions P

|fϕ(n+1)−fϕ(n)|. Il suffit de montrer que g := P

n=0|fϕ(n+1)−fϕ(n)| est finie presque partout. Pour cela, montrons que ||g||p < +∞. Pour tout N ∈N,

||

N

X

n=1

|fϕ(n+1)−fϕ(n)| ||pp6 N

X

n=1

||fϕ(n+1)−fϕ(n)||p p

6 N

X

n=1

2−n p

61 Or, comme la suite des sommes partielles est croissante, par le lemme de Beppo Levi,

1>||

N

X

n=1

|fϕ(n+1)−fϕ(n)| ||pp= Z

K N

X

n=1

|fϕ(n+1)−fϕ(n)|pdµ−−−−−→

N−→∞

Z

K

X

n=1

|fϕ(n+1)−fϕ(n)|pdµ=||g||pp Donc ||g||p 6 1 < ∞ et donc g est finie presque partout. Comme K est complet, l’absolue convergence d’une s´erie r´eelle implique la convergence de cette s´erie, donc on a la convergence pour presque tout xde P(fϕ(n+1)(x)−fϕ(n)(x)), autrement dit, puisque PN

n=1(fϕ(n+1)(x)−fϕ(n)(x) =fϕ(N+1)(x)−fϕ(1)(x), on a la convergence pour presque tout xde (fϕ(n)(x))n∈N. On a l’audace d’appeler la limite de cette suite de r´eelsf(x) :

f(x) :=

X

n=1

(fϕ(n+1)(x)−fϕ(n)(x)) +fϕ(1)= lim

nKightarrow∞fϕ(n)(x) 1

(2)

Ainsi, grˆace `a l’exploitation de la compl´etude deK, on a trouv´e un candidat s´erieux au rˆole de limite de la suite (fn) : la fonction f d´efinie presque partout est d´ej`a limite presque partout de (fϕ(n)). On veut montrer qu’elle fait mieux : f doit ˆetre limite au sens Lp de (fn). Commen¸cons par montrer qu’elle est limite au sensLp de (fϕ(n)).

Par le lemme de Fatou, on a : Z

K

lim inf

q |fϕ(q)(x)−fϕ(r)(x)|pdµ(x) 6 lim inf

q

Z

K

|fϕ(q)(x)−fϕ(r)(x)|pdµ(x)

Or, dans le terme de gauche, comme fϕ(q)(x) converge presque partout vers f, la limite inf´erieure est une limite et vaut presque partout |f(x)−fϕ(r)(x)|p. Le terme de droite quant `a lui peut ˆetre r´e´ecrit lim infq||fϕ(q)−fϕ(r)||pp et est donc major´e par (2−r)p. On aboutit alors `a l’in´egalit´e :

Z

K

|f(x)−fϕ(r)(x)|pdµ(x)62−pr Autrement dit,

||f−fϕ(r)||pp62−rp

La norme p def −fϕ(r) est major´ee par 2−r. Donc fatalement,f est limite Lp de (fϕ(r)). Il ne reste plus qu’`a montrer que (fn) elle-mˆeme converge versf. C’est le cas car une suite de Cauchy admettant une valeur d’adherence converge toujours vers cette valeur d’adh´erence.

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