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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository
Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Lefranc, F. (2005). Caractérisation de divers effets biologiques provoqués par la gastrine au niveau de gliomes et de gliosarcomes expérimentaux (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Médecine – Médecine, Bruxelles.
Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/211044/4/e6116740-fa0d-4a0e-8dfa-86081c85174b.txt
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UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES FACULTE DE MEDECINE
CARACTERISATION DE DIVERS EFFETS BIOLOGIQUES PROVOQUES PAR LA GASTRINE AU NIVEAU DE GLIOMES
ET DE GLIOSARCOMES EXPERIMENTA UX,
Volume I
Thèse de Doctorat présentée en vue de l’obtention du grade académique de Docteur en Sciences Médicales.
Florence Lefranc
Année Académique 2004-2005
UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES FACULTE DE MEDECINE
CARA CTERISA TION DE DIVERS EFFETS BIOLOGIQUES PROVOQUES PAR LA GASTRINE AU NIVEAU DE GLIOMES
ET DE GLIOSARCOMES EXPERIMENTA UX.
Volume I
Thèse de Doctorat présentée en vue de l’obtention du grade académique de Docteur en Sciences Médicales.
Florence Lefranc
Année Académique 2004-2005
Nuages,
Je suis allée chercher mon tricot de laine et le chevreau m ’a suivie
le gris
il ne se méfie pas comme le grand il est encore trop petit
Elle était toute petite aussi
mais quelque chose en elle parlait déjà vieux comme le monde
Déjà
elle savait des choses atroces par exemple
qu ’il faut se méfier
Et elle regardait le chevreau et le chevreau la regardait et elle avait envie de pleurer
Il est comme moi dit-elle
un peu triste et un peu gai
Et puis elle eut un grand sourire
et la pluie se mit à tomber.
REMERCIEMENTS.
Au terme de ce travail, je tiens à exprimer ma profonde reconnaissance au Professeur Jacques Brotchi. Il a assuré ma formation de neurochirurgien en me faisant bénéficier de son art et de ses cormaissances. Parallèlement, il m’a permis et m’a ensuite encouragée à la recherche fondamentale tout en veillant à maintenir un équilibre entre la chirurgie et la recherche. Je le remercie chaleureusement pour son soutien, ses conseils, ses encouragements et son dynamisme infatigable qui ont contribué à la réalisation de ce travail.
Je remercie le Professeur Marc van Damme qui m’a ouvert les portes de son Laboratoire.
Je remercie le Professeur Isabelle Salmon qui m’a d’emblée impressionnée par la précision de ses diagnostics histologiques. Elle m’a prodigué des conseils judicieux et a permis la réalisation de certaines expériences.
Je remercie Christine Decaestecker qui est parvenue à m’initier aux méandres des méthodes d’analyses de dormées et aux statistiques dans la borme humeur. Je remercie Isabelle Camby et Tania Mijatovic dont les cormaissances moléculaires m’ont été bien utiles.
Ce travail est également le fruit de ma rencontre avec Robert mon compagnon. Sa rigueur et sa capacité extraordinaire de travail ont permis de dormer à ce travail des impulsions d’une grande aide.
Je remercie mes parents pour soutenir mes choix.
Ce travail a également eu le soutien financier de la Fondation Erasme.
RESUME... 1
INTRODUCTION... 2
I. EPIDEMIOLOGIE DES TUMEURS CEREBRALES...2
IL HISTOPATHOLOGIE DES TUMEURS GLIALES... 2
A. GENERALITES...2
B. LES TUMEURS EPENDYMAIRES...2
1. Epidémiologie... 2
2. Classification histopathologique... 2
3. Traitement... 3
C. LES TUMEURS OLIGODENDROGLIALES... 3
1. Epidemiologie... 3
2. Classification histopathologique... 3
3. Traitement... 4
D. LES TUMEURS ASTROCYTAIRES...4
1. Epidemiologie...4
2. Classification histopathologique...5
E. AUTRES TYPES DE TUMEURS GLIALES... 5
III. TRAITEMENT DES TUMEURS ASTROCYTAIRES... 6
A. L’APPROCHE CHIRURGICALE... 7
B. LES APPROCHES RADIOTHERAPIQUES... 8
C. LES APPROCHES CHIMIOTHERAPIQUES... 8
D. PRONOSTIC... 9
E. LES NOUVELLES APPROCHES THERAPEUTIQUES... 10
1. La thérapie génique...10
2. L’immunothérapie... 11
3. La vaccinothérapie... 11
4. Les thérapies « anti-facteurs de croissance »... 12
5. Les thérapies anti-angiogéniques... 12
F. POURQUOI AVONS-NOUS CHOISI D’ETUDIER LE ROLE DE LA GASTRINE AU NP/EAU DE LA BIOLOGIE DES GLIOMES ?... 13
IV. LA GASTRINE ET LES PEPTIDES APPARENTES...13
A. LES DIFFERENTS TYPES DE GASTRINE ET DE CHOLECYSTOKININE.14 B. LA GASTRINE ET LES CANCERS...14
C. LA GASTRINE ET LE CERVEAU... 15
1. La gastrine et le cerveau normal...15
2. La gastrine et les tumeurs gliales... 15
D. LES DIFFERENTS TYPES DE RECEPTEURS CCK, LEURS LOCALISATIONS PREFERENTIELLES ET LEURS FONCTIONS PRINCIPALES... 16
1. Généralités...16
2. Le récepteur CCK-A...18
3. Le récepteur CCK-B... 19
4. La protéine de 78kDa liant la gastrine (récepteur CCK-C)...21
E. LES DIFFERENTS TYPES DE RECEPTEURS DE LA GASTRINE AU SEIN DES ASTROCYTES TUMORAUX... 22
V. NOTIONS DE CINETIQUE ET DE MIGRATION CELLULAIRE...22
A. COMMENT S’ARTICULENT LA PROLIFERATION ET LA MIGRATION CELLULAIRE AU SEIN D’UNE TUMEUR ?... 22
B. LA CROISSANCE D’UN TISSU...23
1. Généralités... 23
2. L’apoptose... 23
3. Le cycle cellulaire... 23
4. Description des mutations perturbant la cinétique cellulaire au sein des tumeurs astrocytaires...25
C. LA MIGRATION CELLULAIRE...26
1. Généralités... 26
2. L’invasion... 26
3. La motilité cellulaire...27
VL NOTIONS D’ANGIOGENESE...35
A. GENERALITES...35
B. ANGIOGENESE TUMORALE EN GENERAL... 35
C. ANGIOGENESE AU SEIN DES TUMEURS ASTROCYTAIRES... 37
D. ANGIOGENESE ET NEUROPEPTIDES... 38
VIL QUELS SONT LES MODELES EXPERIMENTAUX DE TUMEURS GLIALES DISPONIBLES POUR L’EXPERIMENTATION ?... 38
A. GENERALITES...38
B. LES MODELES MURINS...39
1. Le modèle du gliome C 6 ...39
2. Le modèle du gliosarcome 9L... 40
C. LES MODELES HUMAINS (xénogreffes chez l’animal athymique)...40
MATERIEL ET METHODES... 42
I. MODELES EXPERIMENTAUX... 42
A. IN VITRO... 42
1. Les cellules gliales cancéreuses... 42
2. Les cellules endothéliales HUVEC... 42
3. La gastrine, la cholécystokinine, les antagonistes des récepteurs à gastrine, les inhibiteurs du phosphatidylinositol-3 kinase et des protéines kinases de type C...43
B. IN VIVO... 44
1. Mise au point d’une technique de résection neurochirurgicale de gliomes implantés de manière stéréotactique chez le rat. Apport de la résonnance magnétique nucléaire...44
2. Mise en place de micropompes pour délivrer divers produits dans le
foyer de résection... 45
III. TENTATIVES DE MISE EN EVIDENCE DES RECEPTEURS DE TYPE
CCK-A, CCK-B ET CCK-C... 46
A. AU NIVEAU DE L’ARN...46
1. Dans les cellules gliales tumorales, les cellules endothéliales HUVEC et les tumeurs humaines obtenues lors de résections chirurgicales... 46
2. Dans des cellules endothéliales humaines obtenues par microdissection au laser de vaisseaux provenant d’un glioblastome humain... 49
B. AU NIVEAU DES PROTEINES... 50
1. par la technique du Western blotting...51
2 . par la technique d’immunoprécipitation... 51
3. par immunohistochimie...52
IV. MISE EN EVIDENCE DE DIVERS TYPES DE MOLECULES INTERVENANT DANS LES PROCESSUS DE PROLIFERATION OU DE MIGRATION DES CELLULES GLIALES TUMORALES ET DES CELLULES ENDOTHELIALES...52
A. PAR MICROPUCES D’ADNc POUR LA MISE EN EVIDENCE D’INTERLEUKINES ET DE LEURS RECEPTEURS DANS LES CELLULES ENDOTHELIALES... 52
1. Description de la technique... 52
2. Vérification par RT-PCR...53
3. Utilisation d’un test ELISA pour vérifier si certaines interleukines sont sécrétées par les cellules endothéliales... 53
B. PAR IMMUNOFLUORESCENCE... 54
1. Pour la visualisation de l’organisation du cytosquelette d’actine dans divers types cellulaires...54
2. Pour la détermination du taux d’expression membranaire des sélectines par les cellules endothéliales...55
C. PAR WESTERN BLOTTING...55
D. UTILISATION D’OLIGONUCLEOTIDES ANTISENS... 57
V. DESCRIPTION DE DIVERS TYPES DE TESTS LIES A LA BIOLOGIE CELLULAIRE POUR CARACTERISER LES TAUX DE PROLIFERATION ET DE MIGRATION DES CELLULES GLIALES TUMORALES ET DES CELLULES ENDOTHELIALES...57
A. CARACTERISATION DU TAUX DE PROLIFERATION... 57
1. Le taux de croissance global (test colorimétrique MTT)... 57
2. La répartition des cellules dans les phases du cycle cellulaire (cytométrie)... 58
B. CARACTERISATION DU TAUX DE MIGRATION...58
1. Le taux d ’ invasion...58
a. Les chambres de Boyden... 58
b. Le test de la couche épaisse de collagène... 59
2. Le taux de motilité...59
a. Aléatoire (vidéomicroscopie)... 59
b. Chimiotactisme (chambres de Durm)... 61
VI. ANALYSES STATISTIQUES... 61
RESULTATS 64
I. CARACTERISATION DU TYPE DE RECEPTEURS DE LA GASTRINE ET DE LA CHOLECYSTOKININE PRESENTS DANS DES TUMEURS
HUMAINES ISSUES DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL ET PERIPHERIQUE, DANS DES GLIOMES ET DES GLIOSARCOMES
EXPERIMENTAUX AINSI QUE DANS DES CELLULES ENDOTHELIALES....64 A. MISE EN EVIDENCE DE LA PRESENCE DES ARN POUR LES
RECETEURS CCK-A, CCK-B ET CCK-C DANS 29 TUMEURS ISSUES DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL ET
PERIPHERIQUE... 65 B. ANALYSE DE LA SPECIFICITE DE DIVERSES PAIRES D’AMORCES
POUR LA MISE EN EVIDENCE DES ARN POUR LES RECEPTEURS
CCK-A, CCK-B ET CCK-C DANS 5 GLIOBLASTOMES HUMAINS... 66 C. MISE EN EVIDENCE DE LA PRESENCE DES ARN POUR LES
RECEPTEURS CCK-A, CCK-B ET CCK-C DANS DIVERS MODELES EXPERIMENTAUX DE GLIOMES, DE GLIOSARCOMES ET DE
CELLULES ENDOTHELIALES... 68 1. Les modèles tumoraux C 6 , 9L et U373... 68 2. Les cellules endothéliales... 68 IL CARACTERISATION DE L’EFFET DE LA GASTRINE SUR LE TAUX DE CROISSANCE ET LES PARAMETRES DE CINETIQUE CELLULAIRE AU SEIN DE DIVERS MODELES EXPERIMENTAUX DE GLIOMES ET DE
GLIOSARCOMES... 69 A. INFLUENCE DE LA GASTRINE AU NIVEAU DU TAUX DE CROISSANCE
GLOBAL DES MODELES U373, C 6 ET 9L... 69 B. INFLUENCE DE LA GASTRINE AU NIVEAU DES PARAMETRES DE
CINETIQUE CELLULAIRE DES MODELES U373 ET C 6 ... 70 C. INFLUENCE DE LA GASTRINE AU NIVEAU DU TAUX D’EXPRESSION
DE DIVERSES CYCLINES ET DE PROTEINES QUI LEURS SONT
ASSOCIEES... 70 III. CARACTERISATION DE L’EFFET DE LA GASTRINE SUR LE TAUX DE MIGRATION (MOTILITE ET INVASION) DE DIVERS MODELES
EXPERIMENTAUX DE GLIOMES ET DE GLIOSARCOMES...71 A. INFLUENCE IN VITRO DE LA GASTRINE SUR LE TAUX DE MIGRATION
(INVASION) DES CELLULES GLIALES TUMORALES U373... 72 B. INFLUENCE IN VITRO DE LA GASTRINE SUR LE TAUX DE MOTILITE
DES CELLULES GLIALES TUMORALES C 6 ET U373... 73 IV. CARACTERISATION DES EFFETS PRO-ANGIOGENIQUES DE LA
GASTRINE...76 A. INFLUENCE PRO-ANGIOGENIQUE DE LA GASTRINE OBSERVEE IN
VIVO... 76 B. INFLUENCE PRO-ANGIOGENIQUE DE LA GASTRINE OBSERVEE IN
VITRO SUR LE MODELE DES CELLULES HUVEC...78 C. INFLUENCE DE LA GASTRINE SUR LE TAUX DE SECRETION DES
INTERLEUKINES IL-lp ET IL -8 PAR LES CELLULES HUVEC... 80
E. INFLUENCE DE LA GASTRINE SUR L’ORGANISATION DU
CYTOSQUELETTE ACTINIQUE AU SEIN DES CELLULES HUVEC...82 F. INFLUENCE DE LA GASTRINE ET DES INTERLEUKINES IL-1 p ET
IL -8 SUR LES TAUX D’EXPRESSION MEMBRANAIRE DES SELECTINES DE TYPE E ET DE TYPE P
SUR LES CELLULES HUVEC... 82 G. INFLUENCE DES SELECTINES DE TYPE E ET DE TYPE P SUR LES
PROCESSUS DE NEO-ANGIOGENESE DES CELLULES HUVEC
CULTIVEES SUR MATRIGEL... 83 V. CARACTERISATION DE L’EFFET DE LA GASTRINE SUR LE
TAUX DE SURVIE DE RATS OU DE SOURIS PORTEURS DE GREFFES ORTHOTOPIQUES DES GLIOMES C6 OU U373
OU DU GLIOSARCOME 9L...85
DISCUSSION... 87
L IDENTIFICATIONS DES PRINCIPALES CIBLES BIOLOGIQUES
MODULEES PAR LA GASTRINE AU SEIN DES GLIOMES...87 A. QUEL EST LE TYPE DE RECEPTEURS DE LA GASTRINE PRESENT
DANS LES CELLULES GLIALES TUMORALES ?...87 B. QUELLE EST LA PERTINENCE DES MODELES EXPERIMENTAUX
UTILISES DANS LE PRESENT TRAVAIL ?... 91 C. QUEL EST LE ROLE DE LA GASTRINE AU NIVEAU DE LA
PROLIFERATION DES CELLULES GLIALES TUMORALES ?...92 D. QUEL EST LE ROLE DE LA GASTRINE AU NIVEAU DE LA
MIGRATION DES CELLULES GLIALES TUMORALES ?... 94 II. CARACTERISATION DE L’EFFET PRO-ANGIOGENIQUE DE LA
GASTRINE...97 III. PEUT-ON ENVISAGER UNE APPLICATION THERAPEUTIQUE
POUR LA GASTRINE DANS LE CAS DES GLIOMES ?... 102 IV. QUELS SONT LES ESPOIRS THERAPEUTIQUES DANS LE CAS
DES GLIOMES ?...105
CONCLUSIONS...108
REFERENCES 110
LISTE DES ABREVIATIONS
ATCC: American Type Culture Collection AS: Average speed
BCA: acide bicinchoninique BCNU; bischloroéUiyl nitrosourée CAK: Cdk-activating kinases CCK: cholécystokinine
CCKR: récepteurs à cholécystokinine Cdk: Cyclin-dependent kinase
CRD: domaine amino-terminal calcium dépendant Ct: condition contrôle
CXCRl et CXCR2: récepteurs à l’interleukine-8 DAG: diacylglycérol
DARC: récepteur antigène Duffy pour les chémokines DTT: Dithiothréitol
EDTA : Ethy lèned iam inetétraacétique EGF: Epidermal growth factor
EGFR: Epidermal growth factor receptor
EORTC: European Organization for Research and Treatment of Cancer ERK: Extracellular signal-related matrix
FAK: kinase d’adhésion focale FDA: facteur dépolymérisant l’actine FGF: Fibroblast growth factor G17: gastrine de 17 acides aminés G7: gastrine de 7 acides aminés GBP: Gastrin bindingprotein
GM-CSF: Granulocyte macrophage-colony stimulating factor GPCR: G protein-coupled receptor
HUVEC: cellules endothéliales humaines de veine ombilicale ICAM: molécules d’adhésion intercellulaires
IGF: Insulin-like growth factor IL: interleukine
1P3: inositol triphosphate
IRM: iconographie par résonnance magnétique nucléaire JNK: c-Jun N terminal-kinase
MAPK/MEK: Mitogen-activatedprotein kinase MEC: matrice extracellulaire
MEM: Minimum essential medium
MHC: complexe majeur d’histocompatibilité MLCK: kinase de la chaîne légère de la myosine MMP: métalloprotéases matricielles
MRDO: Maximal relative distance from the point of origin mTOR: mammalian target of rapamycin
MTT: test colorimétrique basé sur la réduction des sels de tétrazolium par les cellules vivantes OMS: Organisation Mondiale de la Santé
PAI: Plasminogen activator inhibitors PCV: Procarbazine, lomustine, vincristine PDGF : Platelet-derived growth factor PI3K: phosphatidylinositol-3 kinase PIP2: phosphatidylinositol biphosphate PKA: protéines kinases de type A PKC: protéines kinases de type C PLC: phospholipase de type C
RT-PCR: Reverse transcriptase-polymerase chain reaction SCR: Short consensus repeats
SRE: Sérum response element TGF: Transforming growth factor TNF: Tumor necrosis factor
tPA: activateur du plasminogène de type tissulaire
VEGF: Vascular endothélial growth factor
WASP: protéine du syndrome de Wiskott-Aldrich
1
RESUME
Les gliomes malins sont caractérisés par une prolifération importante, une migration diffuse des astrocytes tumoraux dans le parenchyme cérébral et un taux important de néo
angiogenèse. La gastrine appartient à la famille des peptides apparentés à la cholécystokinine et cette dernière est présente en abondance dans le cerveau. De plus la gastrine est capable de modifier le comportement biologique d’un certain nombre de tumeurs. Le groupe de recherche au sein duquel j’ai réalisé mon travail de thèse fut le premier à suggérer le rôle potentiel de la gastrine au niveau des taux de prolifération et de migration des astrocytes tumoraux. Nous avons précisé dans le présent travail divers effets biologiques provoqués par la gastrine au niveau de gliomes et de gliosarcome expérimentaux.
Nous avons au préalable tenté de caractériser par une technique de RT-PCR l’expression d’ARN pour divers récepteurs à la gastrine au sein de tumeurs du système nerveux central et périphérique (comprenant des gliomes, des méningiomes et des schwannomes), au sein de gliomes et d’un gliosarcome expérimentaux, et au sein de cellules endothéliales humaines de veines ombilicales HUVEC et de manchons vasculaires obtenus par microdissection au laser d’un glioblastome humain. Nous avons également développé un modèle de neurochirurgie expérimentale chez le rat consistant en la résection microchirurgicale de la tumeur cérébrale après un bilan iconographique par IRM. Nous avons ainsi montré que l’administration de gastrine dans le foyer opératoire après résection tumorale augmente significativement la période de survie de rats immunodéficients porteurs du modèle de gliome humain U373 et de rats conventionnels porteurs du modèle C 6 de rat. In vitro, nous avons montré grâce au test colorimétrique MTT que la gastrine induit une diminution significative du taux global de croissance de ces deux modèles avec une accumulation des astrocytes tumoraux dans la phase G1 de leur cycle cellulaire. Par la technique de Western blotting nous avons également montré que la gastrine induit une diminution significative des taux protéiques du complexe cycline D3-Cdk4 dans les deux modèles expérimentaux. Nous avons montré que la gastrine est capable de réduire significativement l’invasion des modèles C 6 de rat, U373 humain et de gliosarcome 9L de rat au travers d’une matrice de collagène et de réduire l’invasion des cellules U373 en chambre de Boyden. La gastrine modifie également significativement la motilité des cellules C 6 et U373 et l’organisation de leur cytosquelette d’actine.
Nous avons découvert que la gastrine administrée en intracérébral dans le foyer tumoral U373 augmente significativement le taux d’angiogenèse au sein de la tumeur. Nous avons alors investigué l’effet de la gastrine et des antagonistes des récepteurs à cholécystokinine sur le taux d’angiogenèse in vitro en utilisant le modèle des cellules HUVEC cultivées sur Matrigel.
L’effet pro-angiogénique in vitro et in vivo de la gastrine est significativement contrecarré par le produit L365,260, un antagoniste relativement spécifique du récepteur CCK-B de la gastrine. La gastrine est chémoattractante sur les cellules HUVEC et augmente significativement leur sécrétion d’IL- 8 . Toutefois l’effet pro-angiogénique de la gastrine serait en partie dépendant de la modification du taux d’expression des sélectines par les cellules HUVEC, et non de la sécrétion d’IL- 8 . Nous avons réalisé une revue de la littérature pour tenter de comprendre pourquoi les astrocytes tumoraux migrants sont résistants à la chimiothérapie conventionnelle. A la fin du chapitre Discussion, dans le sous-chapitre intitulé
« Quels sont les espoirs thérapeutiques dans le cas des gliomes dits diffus? », nous tentons
d’analyser les implications thérapeutiques potentielles qu’il serait possible de tirer du présent
travail.
INTRODUCTION
4%
51%
25%
FIGURE l-l Percentages of primary brain tumors by histologie type, CBTRUS, 1990-1994. (From Central Brain Tumor Registry of the United States.')
□ Glioma and other neuroepithelial
□ Cranial and spinal nerves
H
Méningés■ Lymphoma
□ Sellar région
□ Other
Figure 1; Pourcentage des tumeurs cérébrales primitives par types histologiques principaux (à partir du registre national des tumeurs cérébrales des Etats-Unis) (d’après Wrensch et coll., 2000 ).
Figure 2: La caractéristique histologique principale des épendymomes consiste en l’observation
fréquente de pseudorosettes périvasculaires (flèche). Un arrangement circulaire des cellules
tumorales envoient des prolongements vers la paroi vasculaire et crée ainsi un espace
périvasculaire sans noyau contrastant avec la tumeur richement cellularisée (d’après Louis et
Stemmer-Rachamimov, 2000).
I. EPIDEMIOLOGIE DES TUMEURS CEREBRALES.
Les tumeurs cérébrales représentent environ 10% des tumeurs solides de l’adulte, et 30% de celles de l’enfant (Kleihues et Cavenee, 2000). Bien que les tumeurs cérébrales primaires restent relativement rares par rapport aux autres cancers, elles constituent une source importante de mortalité et morbidité. La Figure 1 montre le pourcentage des tumeurs cérébrales primitives par types histologiques principaux.
IL HISTOPATHOLOGIE DES TUMEURS GLIALES.
A. GENERALITES.
Au sein des tumeurs cérébrales primitives, les tumeurs gliales sont les plus fréquemment rencontrées (50% de toutes les tumeurs intracrâniennes de l’adulte). Les tumeurs gliales peuvent être subdivisées en tumeurs présentant une différenciation histologique astrocytaire (60-70% des gliomes), oligodendrogliale (5-30%) ou épendymaire (moins de 10%) (Kleihues et Cavenee, 2000).
B. LES TUMEURS EPENDYMAIRES.
1. Epidémiologie.
Les tumeurs épendymaires intracrâniennes dérivent des cellules épendymaires bordant le système ventriculaire. Ces tumeurs à croissance lente se rencontrent de façon prédominante chez l'enfant et l'adolescent au niveau du quatrième ventricule. Vu la fréquente localisation intraventriculaire, les symptômes cliniques sont généralement ceux de l’hydrocéphalie.
Macroscopiquement, ces tumeurs sont généralement bien circonscrites mais le plus souvent, une portion accède à l'espace ventriculaire, créant une extension sous-arachnoïdienne. Elles peuvent parfois envahir le parenchyme cérébral adjacent ou disséminer dans le système nerveux via la voie du liquide céphalo-rachidien (Kleihues et Cavenee, 2000).
2. Classification histopathologique.
L’Organisation Mondiale de la Santé (O.M.S.) reconnaît 3 grades de malignité parmi les tumeurs épendymaires. Le type le plus fréquent est l’épendymome de grade II (Figure 2).
L’épendymome anaplasique est défini par l’O.M.S. comme une tumeur de grade III. Son
évolution clinique est plus péjorative que celle de l’épendymome de grade IL II existe un
grade 1 de malignité selon l’O.M.S. : les épendymomes myxopapillaires du filum terminale de
Figure 3: A; L’oligodendrogliome de grade II est caractérisé sur le plan histologique par un nombre modéré de cellules à noyau rond avec im halo périnucléaire (flèche) formant l’apparence d’« œufs sur le plat » avec des calcifications fréquentes (d’après Louis et Stemmer- Rachamimov, 2000).
B: L’oligodendrogliome anaplasique est caractérisé par des atypies nucléaires, de la
prolifération microvasculaire et de la nécrose entourée de cellules tvunorales formant un
pseudopalissadisme (d’après Kleihues et Cavenne, 2000).
la région lombo-sacrée et les subépendymomes de la paroi ventriculaire. Ce sont des formes rares de tumeurs épendymaires (Kleihues et Cavenee, 2000).
Le degré de malignité est aussi fonction de la localisation de la tumeur et de l'âge du patient.
Les tumeurs supratentorielles présentent un taux de prolifération supérieur à celui des tumeurs infratentorielles (Kleihues et Cavenee, 2000). Les tumeurs anaplasiques sont plus fréquentes dans la fosse postérieure chez l'enfant et au niveau des hémisphères cérébraux chez l'adulte (Kleihues et Cavenee, 2000).
3. Traitement.
La chirurgie est le traitement le plus efficace. Elle a trois buts : l’établissement du diagnostic histologique, la résection la plus complète possible de la tumeur et la restauration de la circulation normale du liquide céphalo-rachidien. Ces tumeurs sont associées à un mauvais pronostic. Les patients présentant une tumeur anaplasique requièrent un traitement adjuvant avec radiothérapie, chimiothérapie ou les deux. La chirurgie combinée à la radiothérapie postopératoire offre un taux de survie à 5 ans de 40 à 87% selon les séries cliniques (Kleihues et Cavenee, 2000). Chez les enfants de moins de cinq ans, un schéma de chimiothérapie suivie d’une radiothérapie lors de la récidive tumorale est préconisé (van Veelen-Vincent et coll., 2002).
C. LES TUMEURS OLIGODENDROGLIALES.
1. Epidémiologie.
Les oligodendrogliomes présentent un pic d'incidence dans les quatrième et cinquième décades. Ce sont des tumeurs à croissance lente qui se logent principalement dans les hémisphères cérébraux, en particulier dans les régions frontale et temporale. La symptomatologie est souvent limitée à des crises d’épilepsie et des céphalées (Shaw et coll.,
1992).
2. Classification histopathologique.
Macroscopiquement, les oligodendrogliomes sont souvent solides et relativement bien délimités. Les tumeurs les plus volumineuses peuvent présenter de la nécrose et des kystes.
Les calcifications sont fréquentes (Kleihues et Cavenee, 2000).
La classification de l’O.M.S. décrit deux grades parmi les tumeurs oligodendrogliales : les
oligodendrogliomes de grade 11 (de faible degré de malignité) (Figure 3A) et les
oligodendrogliomes de grade III ou anaplasiques (Figure 3B). Les oligodendrogliomes
4
anaplasiques constituent une minorité des tumeurs oligodendrogliales. De façon analogue aux tumeurs astrocytaires de haut grade dont nous parlerons ci-dessous, les oligodendrogliomes anaplasiques apparaissent soit à partir de l'évolution d'oligodendrogliomes bien différenciés, soit de novo (Kleihues et Cavenee, 2000).
3. Traitement.
Comme pour les autres tumeurs gliales, la résection chirurgicale la plus complète possible est préconisée, avec l’aide éventuelle des techniques modernes de neuronavigation ou d’électrophysiologie peropératoire (voir ci-après). Toutefois, vu le caractère diffus de ces tumeurs, la résection chirurgicale est rarement complète. La radiothérapie conventionnelle postopératoire pour les oligodendrogliomes de grade II n’est pas indiquée. Actuellement, l’usage de la radiochirurgie stéréotactique, qui consiste en une haute dose unique d’irradiation limitée à un volume de tissu résiduel cible, ofïfe une alternative à la radiothérapie conventionnelle comme décrit ci-après. Plusieurs études montrent que les oligodendrogliomes sont sensibles à la chimiothérapie (Soffietti et coll., 1998 ; Branle et coll., 2002) (voir sous- chapitre chimiothérapie de l’Introduction). Des études cliniques de phase II montrent une augmentation significative de la survie moyenne des patients opérés et traités par l’association de procarbazine, de lomustine et de vincristine (Bouffet et coll., 1998). Les patients présentant un oligodendrogliome anaplasique survivent plus longtemps que ceux avec un astrocytome anaplasique ou un gliome anaplasique mixte comme décrit ci-après.
D. LES TUMEURS ASTROCYTAIRES.
1. Epidémiologie.
Les tumeurs astrocytaires proviennent des cellules astrogliales et représentent un type histologique majeur (60-70%) dans le groupe des gliomes de l’adulte et de l’enfant. Elles se présentent de façon prédominante à la convexité du cerveau, le lobe frontal étant la localisation la plus fi-équente, suivi par le lobe temporal. L’expression clinique de ces tumeurs consiste souvent en céphalées, changements de la personnalité, crises d’épilepsie et léthargie (Kleihues et Cavenee, 2000).
Les astrocytomes anaplasiques et les glioblastomes sont les tumeurs primitives du cerveau les
plus fréquentes de l’adulte entre 40 et 70 ans et représentent une cause majeure de morbidité
et mortalité dans la pratique neurochirurgicale (Kleihues et Cavenee, 2000).
apparence biphasique consistant en zones fibrillaires denses (grosse flèche) alternant avec des régions microkystiques (fine flèche). Les zones fibrillaires sont formées de cellules piloïdes allongées ayant des prolongements cellulaires bipolaires ressemblant à des cheveux (d’après Louis et Stemmer-Rachamimov, 2000).
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Figure 5: Illustrations histologiques d’un astrocytome de grade II de forme gémistocytique (A) et de forme fibrillaire (B), d’un astrocytome anaplasique (C) et d’un glioblastome (D et E). Les cellules sont caractérisées par im cytoplasme éosinophile abondant et des prolongements cellulaires courts au sein de l’astrocytome de forme gémistocytique (A) (d’après Louis et Stemmer-Rachamimov, 2000). L’astrocytome fibrillaire (B) est caractérisé par une cellularité faible et peu d’atypies nucléaires (d’après Kleihues et Cavenne, 2000). L’astrocytome anaplasique (C) montre ime importante cellularité et de nombreuses atypies nucléaires (d’après Louis et Stemmer-Rachamimov, 2000).
La présence de nécrose (D) et de prolifération microvasculaire gloméruloïde (E) justifie le
diagnostic de glioblastome. La nécrose peut former de larges plages amorphes ou être entourée
par des cellules tumorales formant un pseudopalissadisme pathognomonique, comme le montre
la figure (D) (d’après Louis et Stemmer-Rachamimov, 2000).
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2. Classification histopathologique.
Il existe deux groupes de tumeurs astrocytaires. Le premier groupe comporte les tumeurs astrocytaires dites compactes en raison de leur faible infiltration dans le parenchyme cérébral et correspond au grade I de malignité selon la classification de l’O.M.S. Ce groupe comprend les astrocytomes pilocytiques (Figure 4), les xanthoastrocytomes pléomorphiques, les astrocytomes desmoplastiques du nourisson et les astrocytomes subépendymaires à cellules géantes. Ces tumeurs se développent préférentiellement chez l’enfant (Kleihues et Cavenee, 2000). Elles sont, vu leur caractère compact, associées à un bon pronostic et elles peuvent en fonction de leur localisation être réséquées chirurgicalement dans leur totalité. A l’inverse, les tumeurs astrocytaires de grade II (astrocytomes, divisés en formes fibrillaire, gémistocytique et protoplasmique) (Figures 5A et 5B), III (astrocytomes anaplasiques) (Figure 5C) et IV (glioblastome) (Figures 5D et 5E) appartiennent toutes au groupe des astrocytomes « diffus » ou infiltrants, c’est-à-dire infiltrant diffusément le parenchyme cérébral. Les résections chirugicales ne sont très souvent que partielles. Les astrocytomes de grade II et les astrocytomes anaplasiques sont associés à un pronostic s’échelonnant sur plusieurs années après le diagnostic initial (Kleihues et Cavenee, 2000). En revanche, les glioblastomes sont associés à vm pronostic très péjoratif, le plus souvent inférieur à im an. Un astrocytome de grade II peut évoluer vers un astrocytome anaplasique et un astrocytome anaplasique vers un glioblastome (Kleihues et Cavenee, 2000). La Figure 6 schématise la progression histopathologique des astrocytomes diffus. Un glioblastome peut donc survenir par évolution d’im astrocytome anaplasique ou d’xm oligodendrogliome anaplasique, ou bien survenir au contraire de novo (Watanabe et eoll., 1996). Cette notion était déjà connue bien avant l’apparition de la génétique moléculaire (Brotchi, 1975). Certaines références de la littérature font état de glioblastomes d’origine oligodendrogliale (Decaestecker et coll., 1998 ; He et coll., 2001). Ces tumeurs seraient de meilleur pronostic que les glioblastomes d’origine astrocytaire, vraisemblablement en raison d’une meilleure réponse à la chimiothérapie (Schmidt et coll., 2002). Elles représentent toutefois moins de 5% de l’ensemble des glioblastomes qui représentent eux-mêmes environ 50% des tumeurs gliales (Kleihues et Cavenee, 2000).
E. AUTRES TYPES DE TUMEURS GLIALES.
Les tumeurs mixtes oligoastrocytaires sont composées d’un mélange de cellules ayant
soit la morphologie des astrocytes tumoraux soit la morphologie d’oligodendrocytes tumoraux
(Hart et coll., 1974 ; Decaestecker et coll., 1997 et 1998). Il est difficile d’évaluer l’incidence
(WHO Grade II) (WHO Grade III) (WHO Grade IV)
Figure 6 : Schématisation de la progression histopathologique des astrocytomes diffus, c’est-à- dire, de l’astrocytome (grade II, à gauche) au glioblastome (grade IV, à droite). Dans l’astrocytome, les cellules tumorales individuelles sont dispersées dans le parenchyme cérébral.
L’architecture et la densité des vaisseaux sont similaires à celles de la substance blanche du cerveau normal. Les cellules tumorales deviennent plus nombreuses et atypiques sur le plan morphologique, et montrent de nombreuses mitoses au sein de l’astrocytome anaplasique (grade III). Dans le glioblastome, l’hyperplasie endothélo-capillaire qui peut également être présente dans l’astrocytome anaplasique, incluant la prolifération vasculaire pseudo-glomérulaire (flèche blanche), ainsi que la nécrose avec pseudopalissadisme (flèche noire) sont constatées. La prolifération vasculaire gloméruloïde est souvent présente dans les zones entourant la nécrose avec pseudopalissadisme (Brat et Van Meir, 2001).
Figure 7: Images radiologiques (IRM) d’un patient porteur d’un glioblastome du lobe temporal.
(A) : image pré-opératoire. (B) : image après résection macroscopiquement « complète » de la lésion. (C) : 4 mois plus tard, récidive locale. (D); image après résection macroscopiquement
« complète » de la récidive. (E) et (F): 3 mois plus tard, récidive à distance du foyer opératoire.
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de ces Uimeurs puisque à l’heure actuelle, selon les différents auteurs, pour être considérée comme mixte, une tumeur doit contenir de 1 à 50% de cellules de l’autre type histologique (Kleihues et Cavenee, 2000).
Les gangliogliomes sont des tumeurs gliales de bas grade histologique formées d’un mélange de cellules astrocytaires tumorales et ganglionnaires atypiques. Le compartiment tumoral astrocytaire est fréquemment fibrillaire et dense (Kleihues et Cavenee, 2000).
Les gliosarcomes sont caractérisés par une alternance de zones tissulaires montrant une différenciation gliale et d’autres une différenciation mésenchymateuse (Kleihues et Cavenee, 2000). Cet aspect histologique biphasique est essentiel au diagnostic. Ils correspondent histologiquement à vm grade IV selon la classification de l’O.M.S. et constituent approximativement 2% des glioblastomes (Kleihues et Cavenee, 2000). Les gliosarcomes présentent des altérations génétiques similaires à celles des glioblastomes, gain de chromosome 7, perte des chromosomes 10 et 17, délétions du bras court du chromosome 9, altérations du chromosome 3 et mutations du gène suppresseur de tumeur TP53 et du gène PTEN (Kleihues et Cavenee, 2000). Toutefois, les gliosarcomes ne présentent pas d’amplification ou de surexpression du récepteur au facteur de croissance épidermal (Reis et coll., 2000). Différentes études supportent l’hypothèse d’une origine monoclonale de cette tumeur où le compartiment sarcomateux représenterait une variation phénotypique des cellules de glioblastome plutôt qu’ime néoplasie additionnelle (Reis et coll., 2000 ; Biemat et coll., 1995). L’âge d’incidence et le pronostic du gliosarcome sont les mêmes que ceux du glioblastome primaire (Kleihues et Cavenee, 2000).
III. TRAITEMENT DES TUMEURS ASTROCYTAIRES.
L’approche thérapeutique variera selon la situation clinique (âge, condition générale et
neurologique du patient), les résultats des examens radiologiques et du diagnostic présumé
(Kleihues et Cavenee, 2000). Diverses stratégies thérapeutiques seront envisagées comme la
résection chirurgicale complète ou partielle ou bien une biopsie, complétée ou non par de la
radiothérapie et/ou de la chimiothérapie (Holland, 2000). Le premier geste vers ime thérapie
consistera avant tout à établir un diagnostic histologique. Dans près de 20% des cas, le
diagnostic histopathologique diffère du diagnostic radiologique présumé. L’âge est un
élément pronostic important (Kleihues et Cavenee, 2000). Cependant, même chez les patients
âgés, la décision thérapeutique doit être basée sur im diagnostic histologique précis. De même
dans le cas d’une récidive ou d’une évolution d’un astrocytome de grade II ou de grade III, un
dans ce cas une résection que l’on essaie macroscopiquement « complète » de la lésion avec xm
risque minimal de morbidité pour le malade. Les images A et B illustrent la relation interactive
directe entre la position de l’outil chirurgical pointé sur im vaisseau du foyer opératoire (flèche
noire en B) et sa transposition virtuelle sur l’imagerie préopératoire (pointillé bleu montré par la
flèche blanche en A). Les figures C et D montrent les images ERM préopératoires en trois plans
avec la trajectoire chirurgicale optimale déterminée avant l’opération (pointillé jaune).
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nouveau diagnostic histologique est requis avant l’administration d’un traitement complémentaire. Le diagnostic histologique peut être obtenu par biopsie ouverte ou stéréotactique ou par exérèse (Berger et Wilson, 1999).
A. L’APPROCHE CHIRURGICALE.
La question qui se pose au neurochirurgien est de décider entre une résection chirurgicale majeure (macroscopiquement « complète »), une résection partielle ou simplement une biopsie. Une résection majeure ne devrait être entreprise que si l’on peut s’attendre à une qualité de vie satisfaisante du malade et une survie suffisamment longue après l’opération. Les glioblastomes et les astrocytomes anaplasiques supratentoriels unilatéraux, n’intéressant pas primitivement le thalamus, les noyaux gris centraux, le corps calleux ou les aires fonctionnelles, méritent d’être réséqués chirurgicalement de façon macroscopiquement « complète ». L’appréciation du caractère « complet » ou non de la résection chirurgicale peut s’évaluer sur un scanner post-opératoire précoce, ou mieux, une imagerie par résonnance magnétique nucléaire (IRM), voire une IRM peropératoire. En effet, la prise de contraste peut être utilisée comme critère objectif d’évaluation du volume tumoral résiduel dans la mesure où l’examen est fait dans les 24 à 48 heures qui suivent la chirurgie (Albert et coll., 1994). Toutefois, le caractère infiltrant de ces tumeurs rend impossible une résection chirurgicale complète, même si macroscopiquement nous la croyons complète (Figure 7).
L’étendue de la résection chirurgicale des gliomes malins en temps que facteur pronostique reste débattue (Albert et coll., 1994; Berger et Wilson, 1999 ; Lacroix et coll, 2001).
Si les troubles neurologiques du malade sont graves et que l’on ne peut pas espérer les améliorer par une chirurgie importante, il convient de se limiter à une biopsie, soit à ciel ouvert, soit stéréotactique, en fonction de la localisation de la lésion. L’approche stéréotactique, très précise et ciblée, sera indiquée dans les régions profondes ou situées dans des zones fonctionnellement éloquentes où l’objectif de la biopsie est le diagnostic (Berger et Wilson, 1999).
La neuronavigation est une technique révolutionnaire permettant une résection guidée par une
imagerie individuelle selon une relation interactive directe entre la position de l’outil
chirurgical au sein du foyer opératoire et sa transposition virtuelle sur l’imagerie
préopératoire. Cette méthode interactive de visualisation du geste chirurgical par rapport aux
images préopératoires bénéficie du développement de consoles de traitement d’images qui
gèrent des données multiples de scarmer, d’IRM et de reconstruction en trois dimensions de
volumes tumoraux. Grâce à la précision qu’elle apporte, cette technique, dont les bénéfices thérapeutiques sont en cours d’évaluation, devrait permettre d’optimaliser la résection des tumeurs cérébrales tout en diminuant les risques liés aux gestes opératoires (Figure 8 ) (Schiffbauer et coll., 2002).
B. LES APPROCHES RADIOTHERAPIQUES.
En cas d’astrocytome de bas grade, une étude prospective et randomisée de l’European Organization for Research and Treatment of Cancer (EORTC essai 22845) a confirmé qu’une radiothérapie adjuvante durant la période post-opératoire immédiate n’apportait aucun bénéfice au niveau de la survie. Ce traitement adjuvant devrait donc être réservé aux cas présentant une transformation maligne ou considérés à haut-risque selon la présence de divers facteurs prognostiques (Pignatti et coll., 2002). Pour les astrocytomes de grade III et IV (gliomes de haut grade de malignité), le bénéfice de la radiothérapie a été bien démontré (Berger et Wilson, 1999). Le traitement des gliomes de haut grade de malignité comprend une radiothérapie à raison de 60 Gy fractionnés sur 6 semaines (Berger et Wilson, 1999). La radiothérapie stéréotactiquement dirigée évite l'extension de l'irradiation en concentrant de multiples faisceaux vers la cible. De cette façon, la dose administrée à la cible est élevée mais diminue rapidement à distance de cette cible (Kondziolka et coll., 1997).
L'expérience de la radiochirurgie dans les tumeurs gliales reste limitée. A cause de leur caractère infiltrant, il est difficile de délimiter un volume tumoral précis ainsi que d'administrer une dose tumoricide sans inclure le parenchyme cérébral fonctionnel voisin. La radiochirurgie pourrait jouer un rôle dans le traitement des tumeurs gliales récurrentes ou non résécables (Hadjipanayis, 2002 ; Szeifert et coll., 2002), son efficacité dans les tumeurs gliales malignes n'est pas encore clairement établie (Kondziolka et coll., 1997). Nwokedi et coll.
( 2002 ) ont montré, lors d’une analyse rétrospective portant sur des patients atteints d’un glioblastome, une augmentation significative de la période de survie lorsqu’une radiochirurgie stéréotactique par rayons gamma (GK) est associée à la chirurgie et à la radiothérapie conventionnelle.
C. LES APPROCHES CHIMIOTHERAPIQUES.
Les nitrosourées à cause de leur liposolubilité sont les agents de chimiothérapie les plus
efficaces pour le traitement des gliomes. Le bischloroéthyl nitrosourée (BCNU) est l’agent
classique utilisé avec succès contre les gliomes malins depuis le début des années soixantes, et
reste largement employé à ce jour. La combinaison de procarbazine, lomustine et vincristine
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(PCV) utilisée dans les gliomes de haut grade, et principalement les oligodendrogliomes anaplasiques, offre une approche intéressante permettant d’obtenir un taux de réponse de l’ordre de 70% pour une survie de 18 à 20 mois (Burton et Prados, 2000). Toutefois, chacune de ces molécules a été découverte il y a plusieurs dizaines d’années et il y a actuellement un besoin urgent de molécules présentant de nouveaux mécanismes d’action. Les oligodendrogliomes se distinguent par une constellation unique d’altérations génétiques incluant la perte concomitante des bras chromosomiques Ip et 19q chez 50 à 70% des tumeurs étudiées (Caimcross et coll., 1998). Les patients présentant ce profil moléculaire présentent une réponse exceptionnelle à la chimiothérapie par PCV et ime survie prolongée (Caimcross et coll., 1998). La perte du chromosome Ip peut également survenir dans les gliomes astrocytaires ou mixtes, mais moins fréquemment que dans les tumeurs oligodendrogliales pures (Ino et coll., 2000). Le fait que certains glioblastomes soient d’origine oligodendrogliale pourrait expliquer des survies à plus de trois ans lors de leur traitement « acharné » par chimiothérapie (Schmidt et coll., 2002). Le témozolomide est un dérivé imidazotetrazine de seconde génération qui ne nécessite pas de métabolisation hépatique pour produire un agent actif. Il peut être administré oralement et s’est montré efficace contre les gliomes de haut grade en récidive, tout en maintenant ou en améliorant la qualité de vie des malades (Mac Donald, 2001).
D. PRONOSTIC.
L’histoire naturelle des astrocytomes et oligodendrogliomes de grade II se caractérise
par l’évolution vers un gliome de grade plus élevé (Bernstein et Bampoe, 2000). L’âge au
moment du diagnostic, la durée de l’évolution avant le diagnostic et la présence ou non d’un
déficit neurologique pré-opératoire sont les facteurs pronostiques les plus importants
(Bernstein et Bampoe, 2000). Les malades atteints d’un gliome de bas grade dont les facteurs
de pronostic sont favorables peuvent avoir une durée de survie de plus de 10 ans (Bernstein et
Bampoe, 2000). L’oligodendrogliome de grade II s’accompagne d’un meilleur pronostic que
Tastrocytome de grade II (Kleihues et Cavenee, 2000). Seuls les astrocytomes pilocytiques
(grade I) ont un bon pronostic (Kleihues et Cavenee, 2000). Pour l’astrocytome anaplasique
(grade III) la survie moyenne est de 24-30 mois, alors que pour le glioblastome multiforme
(grade IV), elle est de 12 mois. Les glioblastomes primaires dits de novo représentent deux
tiers des glioblastomes et surviennent généralement à partir de 60 ans. L’histoire clinique est
généralement courte, inférieure à 3 mois et le pronostic est effroyable (Kleihues et Cavenee,
2000). Les glioblastomes secondaires correspondent à la dégradation d’un astrocytome de bas
grade. Ils surviennent chez des sujets âgés généralement de 35-45 ans avec xme histoire clinique lente : ils sont donc de pronostic plus favorable (Kleihues et Cavenee, 2000).
E. LES NOUVELLES APPROCHES THERAPEUTIQUES.
L’efficacité médiocre des traitements conventionnels a conduit de nombreuses équipes à essayer de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques faisant appel aux techniques modernes de biologie moléculaire, comme le transfert de divers gènes dans les cellules tumorales, la stimulation spécifique du système immunitaire contre les astrocytes tumoraux, l’utilisation d’anticorps reconnaissant spécifiquement les astrocytes tumoraux ou encore les thérapies anti-facteurs de croissance. Nous résumons brièvement certaines de ces approches ci-après. Le lecteur intéressé trouvera des informations complémentaires sur les traitements futurs des gliomes malins avec un accent particulier sur la migration cellulaire et la résistance des cellules gliales tumorales migrantes à Tapoptose (Lefranc et coll., 2004). Cet article sous presse est fourni à l’annexe 5.
1. La thérapie génique.
Différentes approches de thérapie génique se sont montrées efficaces dans le contrôle ou même l’éradication de modèles expérimentaux de gliomes de haut grade chez des murins (Weyerbrock et Oldfield, 2000). Certaines de ces stratégies sont actuellement testées comme traitement adjuvant à la prise en charge classique des gliomes humains. Les protocoles cliniques de thérapie génique incluent le système d’activation d’une prodrogue (thymidine kinase du virus de l’herpès simplex associée au gancyclovir) (Cool et coll., 1996 ; Stockhammer et coll., 1997), le remplacement d’un gène muté (gène p53) (Lang et coll., 2003), l’immunothérapie par transfert de gènes de cytokines comme Tinterféron-beta (Yoshida et coll., 2004) ou rinterleukine-2 (Iwadate et coll., 2001) ou encore le transfert d’un gène antisense d’un gène immunosuppresseur comme le produit du gène TGPp (Lou, 2004).
Si ces approches ont souvent montré un avantage thérapeutique dans les modèles de glioblastomes murins, la transposition de ces nouveaux traitements chez l’humain s’avère très peu efficace (Holland, 2000).
Nous avons montré (Lefranc et coll., 2002) que le transfert du gène du Granulocyte
Macrophage-Colony Stimulating Factor (GM-CSF) dans le modèle 9L de gliosarcome du rat
neutralisait complètement la tumorigénicité de cette tumeur implantée en sous-cutané, mais
seulement de manière partielle lorsque ce modèle est implanté en intracrânien. De plus, dans
Figure 9: Illustrations de la présentation d’épitopes endogènes aux lymphocytes T cytotoxiques CD 8 + par le biais du complexe majeur d’histocompatibilité (MHC) de classe I (A) et d’épitopes exogènes aux lymphocytes T helper CD4+ via le complexe MHC de classe II (B) (d’après Ribas, 2000).
Impalnd Lymphocyte Response (parOculaity <o H.-2)