Calcul Int´ egral
Terminologie :Soitf une fonction d´efinie sur un intervalleI. On dit que :
• f est de classeC0 surIsif est une fonction continue surI;
• f est de classeCn surI(n∈N∗), sif est une fonctionnfois d´erivable surI et si la d´eriv´een-i`eme def, not´eef(n), est continue surI.
• f est de classeC∞ si elle est ind´efiniment d´erivable surI (i.e. de classeCn surI, pour toutn∈N).
1 Primitives
1.1 D´ efinition, existence et discussion sur la non-unicit´ e
Soitf:I→Rune fonction. Une primitive def surI est une fonctionF:I→Rqui est d´erivable surI et qui v´erifie :
∀x∈I F′(x) =f(x).
D´efinition 1 (Primitive d’une fonction)
◮ Exemple 1 :Les fonctions
F1:R→R, x7→x3
3 et F2:R→R, x7→ x3 3 + 1 sont deux primitives de la fonctionf:R→R, x7→x2.
Soitf une fonction d´efinie sur unintervalleIdeRet soientF1 etF2 deux primitives def surI. Alors il existe un nombre r´eelk (ind´ependant dex) tel que :
∀x∈I F1(x) =F2(x) +k.
Th´eor`eme 1 (Deux primitives d’une mˆeme fonction sur un intervalle diff`erent d’une constante)
Preuve
Soitaun ´el´ement deIfix´e. Soitxun ´el´ement deIdiff´erent dea. En appliquant le th´eor`eme des accroissements finis `a la fonctionF1−F2
entreaetxet en remarquant que (F1−F2)′=F1′−F2′=f−f= 0, on obtientF1(x)−F2(x)−(F1(a)−F2(a)) = 0, i.e. : F1(x) =F2(x) +F1(a)−F2(a).
On en d´eduit que :
∀x∈I F1(x) =F2(x) +k, avecknombre r´eel d´efini park=F1(a)−F2(a).
Soitf une fonction d´efinie etcontinuesur unintervalleIdeR. Alorsf admet une primitive surI.
Th´eor`eme 2 (Crit`ere d’existence d’une primitive)
1
◮ Remarque
D’apr`es les th´eor`emes 1 et 2, toute fonctionfd´efinie et continue sur un intervalleIdeRadmet une primitiveFsurIet les autres primitives defsurIsont les fonctionsF+k, o`uk∈R.
1.2 Primitives des fonctions usuelles
Fonction Une primitive Domaine de validit´e
x7→a,ar´eel x7→ax surR
x7→xn,nentier relatif,n6=−1 x7→ xn+1 n+ 1
surRsin∈N
sur ]− ∞,0[ ou sur ]0,+∞[, sin≤ −2
x7→x−1= 1
x x7→ln(x) sur ]0,+∞[
x7→ 1
√x x7→2√
x sur ]0,+∞[
x7→sin(x) x7→ −cos(x) surR
x7→cos(x) x7→sin(x) surR
x7→ 1
cos2(x) = 1 + tan2(x) x7→tan(x) suri
−π 2,π
2
hpar exemple
x7→ex x7→ex surR
x7→ 1
√1−x2 x7→arcsin(x) sur ]−1,1[
x7→ 1
1 +x2 x7→arctan(x) surR
◮ Remarque
Pour d´emontrer les r´esultats de ce tableau, il suffit de v´erifier, pour chaque ligne, que la fonction de la deuxi`eme colonne est d´erivable sur l’intervalle donn´e et de montrer que sa d´eriv´ee co¨ıncide avec la fonction de la premi`ere colonne. En effet, dire queFest une primitive def surIsignifie, par d´efinition mˆeme, queFest d´erivable surIet que pour toutx∈I,F′(x) =f(x).
1.3 Primitives et lin´ earit´ e
1. Soitf:I→Rune fonction admettant une primitiveF surI et soit a∈R. Alors la fonctionaF:I→R est une primitive de la fonctionaf surI.
2. Soitf:I→R(resp.g:I→R) une fonction admettant une primitiveF (resp.G) surI. Alors la fonction F+G: I→Rest une primitive de la fonctionf +g surI.
3. Soitf:I→R(resp.g:I→R) une fonction admettant une primitiveF (resp.G) surIet soienta, b∈R. Alors la fonctionaF+bGest une primitive de la fonctionaf+bg:I→RsurI.
Th´eor`eme 3 (Primitives et lin´earit´e)
Preuve
Ce th´eor`eme est cons´equence de la lin´earit´e de la d´erivation.
◮ Exemple 2 :Une primitive de la fonctionf d´efinie par :
f: ]0,+∞[→R, x→ −3x+ 2
x= (−3)×x+ 2×1 x
est donn´ee par la fonction :
F: ]0,+∞[→R, x→ −3
2x2+ 2 ln(x).
1.4 Primitives et composition
Soientf: I→Ret soitg:J→Rdeux fonctions d´erivables sur leur ensemble de d´efinition telles que la compos´ee g◦f:I→Rest d´efinie, i.e. telles que :
∀x∈ I f(x)∈J.
Alors la fonctiong◦f:I→Rest une primitive de la fonctionhd´efinie par : h:I→R, x7→f′(x)×g′(f(x)).
Th´eor`eme 4 (Primitives et composition)
Preuve
Ce th´eor`eme est une traduction, dans le langage des primitives, du r´esultat du cours de calcul diff´erentiel suivant : sif:I →Ret soit g:J→Rdeux fonctions d´erivables sur leur ensemble de d´efinition telles que la compos´eeg◦fest d´efinie, alors la fonctiong◦f:I→R est d´erivable surIet on a pour toutx∈I, (g◦f)′(x) =f′(x)×g′(f(x)).
◮ Remarque
Ce th´eor`eme poss`ede de nombreuses applications. On liste≪les plus classiques≫ ci-dessous.
Hypoth`eses Fonction Une primitive Domaine de validit´e
• u:I → R admettant une primitiveU surI
• a, b∈Raveca6= 0
x7→u(ax+b) x7→ 1
a×U(ax+b) sur une partieJ deRtelle que :∀x∈J ax+b∈I
• u:I→Rd´erivable surI
• ∀x∈I u(x)>0 x7→u′(x)
u(x) x7→ln(u(x)) surI
• u:I→Rd´erivable surI
• ∀x∈I u(x)<0 x7→u′(x)
u(x) x7→ln(−u(x)) surI
u:I→Rd´erivable surI x7→u′(x)×eu(x) x7→eu(x) surI
• u:I→Rd´erivable surI
• ∀x∈I u(x)>0
• α∈Ravecα6=−1
x7→u′(x)× u(x)α
| {z }
eα×ln(u(x))
x7→ 1
α+ 1 ×u(x)α+1 surI
◮ Exemple 3
1. Une primitive de la fonction f:R→R, x7→cos(3x) est donn´ee par la fonction : F:R→R, x7→ 1
3sin(3x).
2. Une primitive de la fonction f:R→R, x7→ 2x
x2+ 9 est donn´ee par la fonction : F:R→R, x7→ln(x2+ 9).
3. Une primitive de la fonction f:R→R, x7→ 8 cos(2x)
| {z }
4×2 cos(2x)
esin(2x) est donn´ee par la fonction :
F:R→R, x7→4×esin(2x).
4. Une primitive de la fonction f:R→R, x7→(2x+ 1)×(x2+x+ 3)53 est donn´ee par la fonction : F:R→R, x7→ 3
8×(x2+x+ 3)83.
2 L’int´ egrale
2.1 D´ efinition
Soitf une fonction continue sur un intervalleI et soienta, b∈I. On appelle int´egrale dea`a b le nombre r´eel not´e
Z b a
f(x)dx et d´efini par
Z b a
f(x)dx=F(b)−F(a) o`u F est une primitive (quelconque) de f.
D´efinition 2 (D´efinition de l’int´egrale)
◮ Remarque
La d´efinition de Zb
a
f(x)dxne d´epend pas du choix de la primitiveFdefsurI choisie, d’apr`es le th´eor`eme 1.
◮ Exemple 4 : Z 2
0
2x dx= [x2]20= 22−02= 4.
2.2 Interpr´ etation g´ eom´ etrique de l’int´ egrale
Le plan est muni d’un rep`ere orthonormal (O;−→i ,−→j). L’unit´e d’aire est l’aire du carr´e de cˆot´eOI, o`uI est le point du plan tel que−→
OI =−→i.
Soitf une fonction continue sur un intervalleI et soient a, b∈Itels quea < b. On appelle domaine associ´e `a une fonctionf continue etpositive au-dessus de [a;b], le domaineD d´elimit´e par Cf, l’axe des abscisses et les droites d’´equationsx=aetx=b.
D´efinition 3 (Domaine associ´e `a une fonction continue et positive au dessus d’un segment)
Soitf une fonction continue et positive sur un intervalle I et soienta, b∈I tels que a < b. L’aire du domaine Dassoci´e `a f au-dessus de [a;b], exprim´ee en unit´es d’aire, est donn´ee par
Z b a
f(x)dx.
Th´eor`eme 5 (Interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale)
◮ Exemple 5 :Soitf la fonction d´efinie parf(x) =x2−4x+ 5 sur l’intervalle [1; 4]. L’aire du domaine associ´e
`a cette fonction continue et positive sur [1; 4] est donn´ee par Z 4
1
f(x)dx= 6.
1 2 3 4 5 6
−1
1 2 3 4 5 6 7 8
−1
−2
−3
−4
Cf
D
2.3 Int´ egration par parties
Soientuetv deux fonctions de classeC1 sur [a;b]. Alors on a : Z b
a
u(x)v′(x)dx= [uv]ba− Z b
a
u′(x)v(x)dx.
Th´eor`eme 6 (Int´egration par parties)
Preuve
Ce th´eor`eme est cons´equence de la formule de d´erivation : (uv)′=u′v+v′u.
◮ Exemple 6 :Pour calculer Z π2
0
xcos(x)dx, on introduit les fonctionsuetv d´efinies surh 0,π
2 ipar
∀x∈h 0,π
2 i
u(x) =xet v(x) = sin(x).
Ces deux fonctions sont de classeC1surh 0,π
2
iet on a :
∀x∈h 0,π
2 i
u′(x) = 1 etv′(x) = cos(x).
A l’aide du th´eor`eme pr´ec´edent, on a donc :` Z π2
0
|{z}x
u(x)
cos(x)
| {z }
v′(x)
dx = [ x
|{z}
u(x)
sin(x)
| {z }
v(x)
]0π2 − Z π2
0
|{z}1
u′(x)
×sin(x)
| {z }
v(x)
dx
= π
2 −[−cos(x)]0π2
= π
2 −1
◮ Remarque
On s’efforcera de r´ediger soigneusement, comme ci-dessus, les calculs d’int´egrales par int´egration par parties.
2.4 Int´ egration par changement de variable
Soitϕ: [α, β]→Rune fonction de classe C1 sur [α, β]. Soit f:I →R une fonction continue sur son ensemble de d´efinition. On suppose que :
∀x∈[α, β] ϕ(x)∈I.
Ainsi la fonctionf◦ϕest-elle bien d´efinie. On a : Z β
α
f(ϕ(u))ϕ′(u)du= Z ϕ(β)
ϕ(α)
f(x)dx.
Th´eor`eme 7 (Int´egration par changement de variable)
◮ Exemple 7 :Calcul deI= Z π2
0
sin(2u)
2 + 2 sin(u) du, `a l’aide du changement de variablex= sin(u).
Ici, la nouvelle variablexest exprim´ee en fonction de la variable donn´eeu. Comme pour toutu∈R, sin(2u) = 2 sin(u) cos(u), l’int´egrale `a calculer se r´e´ecrit :
I= Z π2
0
2 sin(u)
2 + 2 sin(u) cos(u)du= Z π2
0
sin(u)
1 + sin(u) cos(u)du.
On reconnaˆıt une int´egrale du type Z β
α
f(ϕ(u))ϕ′(u)du, o`u : α= 0 ; β=π
2 ; f: R\ {−1} →R, x7→ x
x+ 1 ; ϕ: h 0,π
2
i→R, u7→sin(u).
On remarque que la fonctionϕest de classeC1surh 0,π
2
i; le th´eor`eme pr´ec´edent s’applique donc. Pour effectuer le changement de variablex= sin(u), on calcule :
dx= sin′(u)du= cos(u)du ; sin(0) = 0 ; sinπ 2
= 1.
On a donc : I=
Z 1 0
x
1 +xdx= Z 1
0
1 +x−1 1 +x dx=
Z 1 0
1− 1
1 +x dx= [x−ln(1 +x)]10= 1−ln(2).
◮ Exemple 8 :Calcul deJ = Z 4
1
1 1 +√
xdx, avec le changement de variablex=u2.
Ici, contrairement `a l’exemple pr´ec´edent, c’est la variable donn´eexqui est exprim´ee en fonction de la nouvelle variable u. Dans un premier temps, on va exprimer u en fonction de x pour pouvoir appliquer le th´eor`eme pr´ec´edent, i.e. on cherche une≪formule≫ du typeu=ϕ(x)≪r´eciproque de la formule≫ x=u2.
La fonctionψd´efinie par :
ψ: [1,2]→[1,4], u7→u2
est continue, strictement croissante et v´erifie ψ(1) = 1 et ψ(2) = 4. D’apr`es, le th´eor`eme de la bijection, la fonctionψest donc bijective. On noteϕ=ψ−1 l’application r´eciproque deψ:
ϕ: [1,4]→[1,2], x7→√ x qui est de classeC1 sur [1,4]. On a atteint notre premier objectif :
∀x∈[1,4] ∀u∈[1,2] x=u2=ψ(u)⇐⇒u=ϕ(x) =√ x.
D’apr`es le th´eor`eme pr´ec´edent, appliqu´e avec :
α= 1 ; β= 4 ; f: R\ {−1} →R, x7→ 2u
1 +u ; ϕ: [1,4]→[1,2], x7→√ u on a :
(∗)
Z 4 1
1 1 +√
xdx
| {z }
J
= Z 4
1
2√ x 1 +√ x
1 2√
xdx= Z 2
1
2u 1 +udu.
En pratique, pour passer du membre de gauche de l’identit´e (∗) `a son membre de droite, on n’´ecrit pas le terme du milieu et on remplaceen une seule fois:
√xparu (u=ϕ(x))
dxpar 2udu (x=u2 et la d´eriv´ee deu7→u2 estu7→2u) ; 1 par√
1 = 1 ; 4 par√
4 = 2.
D’apr`es (∗), on a donc : J =
Z 2 1
2u
1 +u du= 2 Z 2
1
u
1 +udu= 2 Z 2
1
1 +u−1 1 +u du= 2
Z 2 1
1− 1
1 +udu= 2 [u−ln(1 +u)]21= 2+ln 4
9
.
2.5 Propri´ et´ es de l’int´ egrale
Soitf: [a, b]→Rune fonction continue sur un intervalle [a, b]. Pour toutc∈]a, b[, on a : Z b
a
f(x)dx= Z c
a
f(x)dx+ Z b
c
f(x)dx.
Th´eor`eme 8 (Relation de Chasles)
◮ Exemple 9 :Soitf la fonction d´efinie par : f: [0,2]→R, x7→
x six∈[0,1]
2−x six∈]1,2]
La fonctionf est clairement continue sur [0,1[∪]1,2]. On calcule :
x→1lim−f(x) = lim
x→1−x= 1 =f(1) et lim
x→1+f(x) = lim
x→1+2−x= 1 =f(1).
La fonction f est donc aussi continue en 1. La fonction f ´etant continue sur [0,2], on peut consid´erer son int´egrale sur [0,2]. D’apr`es ce qui pr´ec`ede, on a :
Z 2 0
f(x)dx = Z 1
0
f(x)dx+ Z 2
1
f(x)dx
= Z 1
0
x dx+ Z 2
1
2−x dx
= x2
2 1
0
+
2x−x2 2
2
1
= 1.
On peut retrouver ce r´esultat en consid´erant l’interpr´etation g´eom´etrique de l’int´egrale. En effet,f´etant continue et positive sur [0,2],
Z 2 0
f(x)dxest l’aire du triangle gris´e ci-dessous. Cette aire vaut 2×1 2 = 1.
1 2
−1
1 2
−1
Cf
Soientf: [a, b]→Retg: [a, b]→Rdeux fonctions continues sur un intervalle [a, b]. Pour toutλ∈R, pour tout µ∈R, on a :
Z b a
λf(x) +µg(x)dx=λ Z b
a
f(x)dx
! +µ
Z b
a
g(x)dx
! Th´eor`eme 9 (Lin´earit´e de l’int´egrale)
◮ Remarque
Ce th´eor`eme d´ecoule du th´eor`eme 3.
Soitf: [a, b]→Rune fonction continue et positive sur [a, b], i.e. telle que pour toutx∈[a, b], f(x)≥0. Alors Z b
a
f(x)dx≥0
et Z b
a
f(x)dx= 0 ⇐⇒ ∀x∈[a, b] f(x) = 0.
Th´eor`eme 10 (Positivit´e de l’int´egrale)
Soientf: [a, b]→Retg: [a, b]→Rdeux fonctions continues sur un intervalle [a, b] telles que :
∀x∈[a, b] f(x)≤g(x).
Alors on a :
Z b a
f(x)dx≤ Z b
a
g(x)dx.
Th´eor`eme 11 (Int´egrale et relation d’ordre)
◮ Remarque
On obtient ce th´eor`eme en appliquant le pr´ec´edent `a la fonctiong−fqui est continue et positive sur [a, b].
◮ Exemple 10 :Soitf: [a, b]→Rune fonction continue sur [a;b] et soientm, M ∈Rtel que : (∗) ∀x∈[a, b] m≤f(x)≤M,
i.e.m(resp.M) est un minorant (resp. majorant) def sur [a, b]. (Comme f est continue sur [a, b],f est born´ee et atteint ses bornes sur [a, b]. De tels r´eelsmetM existent donc toujours.) D’apr`es (∗) et le th´eor`eme pr´ec´edent, on a :
Z b a
m dx
| {z }
m(b−a)
≤ Z b
a
f(x)dx≤ Z b
a
M dx
| {z }
M(b−a)
et donc :
m(b−a)≤ Z b
a
f(x)dx≤M(b−a).
Cette in´egalit´e se traduit g´eom´etriquement, dans le cas o`uf est de plus positive sur [a, b] : Aire du rectangle
ABDC ≤ Aire du domaine associ´e `af
au-dessus de [a, b] ≤ Aire du rectangle
ABF E .
Cf
b
C
bD
x=a x=b
bA
a
bB
b
b
E
bF
m M
◮ Remarque
L’exemple pr´ec´edent est une application classique du th´eor`eme 11. On peut garder l’id´ee suivante `a l’esprit.≪D’un encadrement d’une fonction continue sur un segment, on d´eduit un encadrement de son int´egrale sur ce segment≫.
Soitf: [a, b]→Rune fonction continue sur [a, b] Alors on a :
Z b a
f(x)dx ≤
Z b a
|f(x)|dx.
Th´eor`eme 12 (Majoration de la valeur absolue d’une int´egrale)
◮ Exemple 11 :On va expliquer comment combiner les deux th´eor`emes pr´ec´edents pour prouver que la valeur absolue de l’int´egrale :
I= Z π
0
sin(x5ln(x+ 1))dx
est inf´erieure ou ´egale `aπ. La m´ethode expos´ee ne requiert pas le calcul de la valeur exacte deI, qui est d´elicat.
D’apr`es le th´eor`eme 12, on a :
(∗) |I|=
Z π 0
sin(x5ln(x+ 1))dx ≤
Z π 0
sin(x5ln(x+ 1)) dx.
Le sinus d’un nombre r´eel ´etant compris entre−1 et 1, sa valeur absolue est inf´erieure ou ´egale `a 1. Ainsi a-t-on : (∗∗) ∀x∈[0, π] |sin(x5ln(x+ 1))| ≤1.
≪En int´egrant l’in´egalit´e (∗∗) entre 0 etπ≫, on trouve, d’apr`es le th´eor`eme 11 (cf. aussi exemple 10) : (∗ ∗ ∗)
Z π 0
sin(x5ln(x+ 1)) dx≤
Z π 0
1dx=π.
De (∗) et (∗ ∗ ∗), on d´eduit alors|I| ≤π.
3 Fonctions d´ efinies ` a l’aide d’une int´ egrale
Soitf une fonction continue sur un intervalle Iet soita∈I. Alors la fonction : F:I→R, x7→
Z x a
f(t)dt
est la primitive deF qui s’annule ena. La fonctionF v´erifie doncF(a) = 0 et est d´erivable (et donc continue) surI, avec comme d´eriv´eef. Ainsi, si pour toutt∈I, f(t)≥0, la fonctionF est croissante.
Th´eor`eme 13 (Int´egrale fonction de sa borne sup´erieure)
◮ Exemple 12 :SoitF la fonction d´efinie par :
F:R→R, x7→
Z x 0
e−t
2 2 dt.
AlorsF est d´erivable (et donc continue surR) et on a, pour tout x∈R, F′(x) =e−x
2
2 >0. On en d´eduit que la fonctionF est strictement croissante surR.
Soitf: [a, b]→Rune fonction continue sur [a, b] (a < b). Alors il existec∈]a, b[ tel que : f(c) = 1
b−a Z b
a
f(t)dt
!
| {z }
valeur moyenne de la fonctionf
. Th´eor`eme 14 (Valeur moyenne d’une fonction)
Preuve
L’´enonc´e r´esulte de l’application du th´eor`eme des accroissements finis `a la fonctionFd´efinie par :F: [a, b]→R, x7→
Zx a
f(t)dtqui est d´erivable (et donc continue) sur [a, b].
◮ Exemple 13 :La valeur moyenne de la fonction sinus sur l’intervalle [0, π] est : 1
π Z π
0
sin(x)dx= 1
π [−cos(x)]π0 = 2 π.
4 Sommes de Riemann
Soitf une fonction continue sur un intervalle [a, b]. Alors on a : 1
n
n−1X
k=0
f
a+k b−a n
!
n→+∞−→
1 b−a
Z b
a
f(t)dt
!
| {z }
valeur moyenne de la fonctionf
et 1 n
Xn
k=1
f
a+k b−a n
!
n→+∞−→
1 b−a
Z b
a
f(t)dt
!
| {z }
valeur moyenne de la fonctionf
. Th´eor`eme 15 (Sommes de Riemann)
Interpr´etation g´eom´etrique du th´eor`eme :Dans le cas o`u on suppose de plusf positive sur [a, b], on peut expliquer g´eom´etriquement la convergence de la suite de terme g´en´eral :
b−a n
n−1X
k=0
f
a+k b−a n
!
vers Z b
a
f(t)dt. Ce n’est pas tout `a fait la formulation de la premi`ere assertion du th´eor`eme pr´ec´edent (on a mutlipli´e par (b−a) de chaque cˆot´e du symbolen→+∞−→ ), mais l’´enonc´e pr´ec´edent est ´equivalent et plus commode pour ce qui nous int´eresse.
On commence par donner une interpr´etation g´eom´etrique du terme d’indice 5 de la suite consid´er´ee. Sur le dessin ci-dessous, on a pos´e, pour toutk∈J0,5K:
xk=a+k b−a 5 .
Pour chaque k ∈ J0,4K, le rectangleRk a pour hauteur f(xk) et pour largeur xk+1−xk = b−a
5 . Par suite, l’aire du rectangleRk est : b−a
5 f(xk).L’aire de tout le domaine gris´e ci-dessous est donc : X4
k=0
b−a
5 f(xk) =b−a 5
X4
k=0
f
a+k b−a 5
! . On retrouve le terme d’indice 5 de la suite consid´er´ee.
Cf
x0 x1 x2 x3 x4 x5
R0 R1 R2 R3 R4
Le terme d’indicen(n∈N∗quelconque) de la suite consid´er´ee admet une interpr´etation g´eom´etrique analogue, dans laquelle les rectangles auront pour largeur b−a
n . Plus n devient grand, plus il y a de rectangles et plus ceux-ci ont une largeur petite (le d´ecoupage est de plus en plus fin). Intuitivement l’aire de la zone gris´ee (la somme des aires des n rectangles), qui est ´egale au terme d’indice n de la suite, tend vers l’aire du domaine associ´e `af au-dessus de [a, b], i.e.
Z b a
f(x)dx, quandntend vers +∞.
◮ Exemple 14 :On ´etudie le comportement asymptotique de la suite (un)n∈N∗ d´efinie par :
∀n∈N∗ un= 1 n
n−1X
k=0
k n
3! .
Si on pose :
f:R→R, x7→x3 ; a= 0 ; b= 1
alors on a :
∀n∈N∗ un= 1 n
n−1X
k=0
f
a+k b−a n
! .
Comme la fonctionf est continue surR, on peut appliquer le th´eor`eme pr´ec´edent pour obtenir : un −→
n→+∞
1 1−0
Z 1 0
t3dt
= 1 4.
5 Formule de Taylor avec reste int´ egral
Soitf une fonction de classeCn+1 sur un intervalleI (n∈N). Soienta, x∈I. Alors on a : f(x) = f(a) +f(1)(a)
1! (x−a) +f(2)(a)
2! (x−a)2+. . .+f(n)(a)
n! (x−a)n
| {z }
Polynˆome de degr´ende Taylor
+ Z x
a
f(n+1)(t)
n! (x−t)n dt
| {z }
Reste d’ordren
=
Xn
k=0
f(k)(a)
k! (x−a)k
| {z }
Polynˆome de degr´ende Taylor
+ Z x
a
f(n+1)(t)
n! (x−t)ndt
| {z }
Reste d’ordren
. Th´eor`eme 16 (Formule de Taylor avec reste int´egral)
Preuve
Dans le cas o`un= 0, l’assertion ´equivaut `a : Zx
a
f′(t)dt=f(x)−f(a). Cette derni`ere est vraie, d’apr`es la d´efinition mˆeme de l’int´egrale que nous avons adopt´ee. Le cas g´en´eral o`unest quelconque se d´eduit du casn= 0, `a l’aide d’un raisonnement par r´ecurrence que nous ne d´etaillons pas ici.
◮ Exemple 15 :On prouve que, pour toutx∈R, on a :
(∗) |sin(x)−x| ≤ |x|3 6 .
La d´emonstration propos´ee ci-dessous, bas´ee sur la formule de Taylor avec reste int´egral, se scinde en deux parties. On donne ensuite deux applications typiques de (∗) : une majoration de l’erreur commise dans une approximation et un calcul de limite.
• Preuve de (∗) pourx≥0
Soitx∈R+. On ´ecrit la formule de Taylor `a l’ordre 2 pour la fonction sin entre 0 etx. On a :
sin(x) = sin(0)(0) +sin(1)(0)
1! (x−0)1+sin(2)(0)
2! (x−0)2+ Z x
0
sin(3)(t)(x−t)2 2! dt
= x−
Z x 0
cos(t)(x−t)2
2 dt (car sin(0)= sin, sin(1)= cos, sin(2)=−sin et sin(3)=−cos).
On en d´eduit que :
(∗∗) |sin(x)−x|=
Z x 0
cos(t)(x−t)2
2 dt
. D’autre part, on a :
Z x 0
cos(t)(x−t)2
2 dt
≤
Z x 0
cos(t)(x−t)2 2
dt (cf. th´eor`eme 12)
= Z x
0 |cos(t)|
| {z }
≤1
(x−t)2 2
dt
≤ Z x
0
(x−t)2
2 dt (cf. th´eor`eme 11 et pour toutt∈[0, x] (x−t)2
2 ≥0)
= x3
6 (une primitive det7→ (x−t)2
2 est t7→ −(x−t)3 6 .) On a donc :
(∗ ∗ ∗)
Z x 0
cos(t)(x−t)2
2 dt
≤ x3
6 . En combinant (∗∗) et (∗ ∗ ∗), on obtient l’in´egalit´e (∗) :
|sin(x)−x| ≤ x3 6 =|x|3
6 (comme x≥0,|x|=x).
• Preuve de (∗) pourx <0
Soitx <0. Alors−x >0 et d’apr`es ce qui pr´ec`ede on a :
(∗ ∗ ∗∗) |sin(−x)−(−x)| ≤ | −x|3 6 =|x|3
6 .
La fonction sinus ´etant impaire, on a : sin(−x) =−sin(x) et donc sin(−x)−(−x) =−(sin(x)−x). Ainsi a-t-on :
(∗ ∗ ∗ ∗ ∗) |sin(−x)−(−x)|=|−(sin(x)−x)|=|sin(x)−x|. De (∗ ∗ ∗∗) et (∗ ∗ ∗ ∗ ∗), on d´eduit l’in´egalit´e (∗) :
|sin(x)−x| ≤ |x|3 6 .
• Premi`ere application de l’in´egalit´e (∗) : Valeur approch´ee de sin(0.1) avec majoration de l’erreur commise Pourx= 0.1, (∗) s’´ecrit|sin(0.1)−0.1| ≤ (0.1)3
6 . En approximant sin(0.1) par 0.1, on commet donc une erreur inf´erieure `a 0.001.
• Deuxi`eme application de l’in´egalit´e (∗) : ´Etude de la limite en 0 de sin(x) x2 −1
x Soit x∈R∗. Alors, d’apr`es (∗) on a : |sin(x)−x| ≤ |x|3
6 . En divisant chaque membre de cette in´egalit´e par|x2|>0, on obtient :
sin(x) x2 −1
x ≤|x|
6
et par suite :
−|x|
6 ≤sin(x) x2 −1
x≤ |x| 6 . En appliquant le theor`eme≪des gendarmes≫, on a donc :
x→0lim sin(x)
x2 −1 x= 0.
◮ Remarque
La propri´et´e d´emontr´ee dans l’exemple pr´ec´edent, i.e. :
∀x∈R |sin(x)−x| ≤|x|3 6
admet une g´en´eralisation qui se formule comme suit. S’il existeC >0 une constante telle que pour toutt∈I, on ait|fn+1(t)| ≤C, alors on a :
∀x∈I
f(x)− f(a) +f(1)(a)
1! (x−a) +f(2)(a)
2! (x−a)2+f3(a)
3! (x−a)3+. . .+fn(a) n! (x−a)n
!
≤C|x−a|n+1 (n+ 1)! .
6 Fonctions continues par morceaux
Soit f:I →R une fonction et soitJ une partie de I. Alors la restriction de f `a J est l’application not´ee f|J
d´efinie par :
f|J:J →R, x7→f(x).
Pour passer de f `a f|J, on a uniquement restreint l’ensemble de d´efinition.
D´efinition 4 (Restriction d’une fonction)
◮ Exemple 16 : Ci-dessous, on a repr´esent´e la fonction carr´eef:R→R, x7→x2 (cf. courbe en pointill´es) et la restrictionf|[−1,2] de la fonction carr´ee `a l’intervalle [−1,2] (cf. courbe en gras) .
1 2 3 4 5 6
−1
1 2 3 4
−1
−2
−3
−4 Cf
Cf|[−1,2]
Soitf: [a, b]→Rune fonction. On dit quef est continue par morceaux sur [a, b], s’il existe une subdivision a=a0< a1< a2< . . . < an< an+1=b
de [a, b] telle que pour tout i ∈ J0, nK, f|]ai,ai+1[ est prolongeable par continuit´e `a [ai, ai+1], i.e. que f (ou f|]ai,ai+1[) admet une limite finie `a droite en ai et une limite finie `a gauche en ai+1. Une telle subdivision de [a, b], lorsqu’elle existe, est dite adapt´ee `af.
D´efinition 5 (Fonction continue par morceaux sur un segment)
◮ Exemples 17
1. Soitf la fonction d´efinie par :
f: [−2,2]→R, x7→
1 six∈[−1,1]
0 sinon .
Alorsf est continue par morceaux sur [−2,2]. Elle poss`ede deux points de discontinuit´e, en −1 et en 1.
La subdivisiona0=−2< a1=−1< a2= 1< a3= 2 de [−2,2] est adapt´ee `af.
1 2
1 2 3 4
−1
−2
−3
−4
• •
[ ]
Cf
2. Soitg la fonction d´efinie par :
g: [−1,1]→R, x7→
0 six∈[−1,0]
1
x six∈]0,1]
.
Alorsg n’est pas continue par morceaux sur [−1,1].
1 2 3 4 5 6
−1
1 2 3
−1
−2
−3
Cg
b
Soitf une fonction d´efinie sur un intervalle I (e.g.R). On dit que f est continue par morceaux surI, si pour tousa, b∈Itels quea < b la fonctionf|[a,b] d´efinie sur [a, b] est continue par morceaux sur [a, b].
D´efinition 6 (Fonction continue par morceaux sur un intervalle)
◮ Exemples 18
1. SoitI un intervalle deR. Alors la fonction indicatrice1I deI d´efinie par : 1I:R→R, x7→
1 six∈I 0 sinon .
est continue par morceaux surR. En particulier, siaetb sont deux r´eels tels quea < b, alors la fonction 1[a,b] est continue par morceaux surR. Elle ne poss`ede que deux points de discontinuit´e, enaet enb.
2. La fonctionf d´efinie par :
f:R→R, t7→e−t×1R+(t)
est continue par morceaux surR. Elle ne poss`ede qu’un point de discontinuit´e, en 0.
1 2
1 2 3 4 5 6
−1
−2
−3
−4
−5
−6
• [
Cf
3. La fonction partie enti`ere est continue par morceaux surR. L’ensemble de ses points de discontinuit´e est l’ensembleZdes entiers relatifs.
1 2 3
−1
−2
1 2 3
−1
b [
b [
b [
b
b [
b [
Graphe de la fonction partie enti`ere
7 G´ en´ eralisation de la notion d’int´ egrale
On g´en´eralise la th´eorie de l’int´egration vue pour les fonctions continues aux fonction continues par morceaux.
Soitf: [a, b]→Rune fonction continue par morceaux sur [a, b] et soita=a0< a1< a2< . . . < an< an+1=b une subdivision de [a, b] adapt´ee `a f. Alors on d´efinit l’int´egrale dea`ab def par :
Z b a
f(t)dt = Xn
i=0
Z ai+1
ai
f|]a\i,ai+1[(t)dt
= Z a1
a0
f\|]a0,a1[(t)dt+ Z a2
a1
f\|]a1,a2[(t)dt+ Z a3
a2
f\|]a2,a3[(t)dt+. . .+ Z an+1
an
f|]a\n,an+1[(t)dt
o`u pour tout i ∈ J0, nK, f|]a\i,ai+1[ d´esigne le prolongement par continuit´e de la fonction f]ai,ai+1[ `a [ai, ai+1].
Pour chaque i∈ J0, nK, l’int´egrale Z ai+1
ai
f|]a\i,ai+1[(t) dt est bien d´efinie, car la fonction f|]a\i,ai+1[ est continue sur [ai, ai+1].
D´efinition 7 (Int´egrale d’une fonction continue par morceaux sur un segment)
◮ Remarque
On peut d´emontrer que le nombre Zb
a
f(t)dtne d´epend pas de la subdivision de [a, b] adapt´ee `afchoisie.
◮ Exemple 19 :On consid`ere `a nouveau la fonctionf de l’exemple 17 d´efinie par : f: [−2,2]→R, x7→
1 six∈[−1,1]
0 sinon .
On a vu quef est continue par morceaux et que la subdivisiona0=−2< a1=−1< a2= 1< a3= 2 est une subdivision de [−2,2] adapt´ee `a f. On v´erifie que les fonctionsf|]−2,−1[\ ,f\|]−1,1[ et f[|]1,2[ sont d´efinies par :
f|]−2,−1[\ : [−2,−1]→R, x7→0 ; f\|]−1,1[: [−1,1]→R, x7→1 ; f[|]1,2[: [1,2]→R, x7→0.
On a donc :
Z 2
−2
f(t)dt = Z −1
−2
f|]−2,−1[\ (t)
| {z }
0
dt+ Z 1
−1
f\|]−1,1[(t)
| {z }
1
dt+ Z 2
1
f[|]1,2[(t)
| {z }
0
dt
= 2.
1. Relation de Chasles
Soitf: [a, b]→Rune fonction continue par morceaux sur un intervalle [a, b]. Pour toutc∈]a, b[, on a : Z b
a
f(x)dx= Z c
a
f(x)dx+ Z b
c
f(x)dx.
2. Lin´earit´e
Soient f: [a, b]→Ret g: [a, b]→R deux fonctions continues par morceaux sur un intervalle [a, b]. Pour toutλ∈R, pour toutµ∈R, la fonctionλf+µg est continue par morceaux sur l’intervalle [a, b] et on a :
Z b a
λf(x) +µg(x)dx=λ Z b
a
f(x)dx
! +µ
Z b
a
g(x)dx
! .
3. L’int´egrale d’une fonction positive presque partout est positive
Soit f: [a, b] → R une fonction continue par morceaux sur un intervalle [a, b] et positive sur [a, b], sauf
´eventuellement en un nombre fini de points, alors : Z b
a
f(x)dx≥0.
4. Int´egrale et relation d’ordre
Soient f: [a, b]→Ret g: [a, b]→Rdeux fonctions continues par morceaux sur un intervalle [a, b] telles quef ≤g sur [a, b], sauf ´eventuellement pour un nombre fini de points, alors :
Z b a
f(x)dx≤ Z b
a
g(x)dx.
5. Majoration de la valeur absolue d’une int´egrale
Soit f: [a, b]→ Rune fonction continue par morceaux sur un intervalle [a, b] Alors|f|est continue par morceaux sur l’intervalle [a, b] et on a :
Z b a
f(x)dx ≤
Z b
a |f(x)|dx.
Th´eor`eme 17 (Propri´et´es de l’int´egrale d’une fonction continue par morceaux sur un segment)
◮ Remarque
On prendra garde au fait que si une fonctionf: [a, b]→Rest continue par morceaux sur [a, b], positive sur [a, b] et d’int´egrale nulle sur [a, b], alorsf n’est pas n´ecessairement identiquement nulle sur [a, b]. Elle est nulle sur [a, b], sauf ´eventuellement en un nombre fini de points. Par exemple, la fonctionfd´efinie par :
f: [−1,1]→R, x7→
0 six∈[−1,1[
1 six= 1
est continue par morceaux sur [−1,1], positive sur [−1,1] et v´erifie Z1
−1
f(t)dt= 0. Pourtant elle n’est pas identiquement nulle sur [−1,1] : en 1 elle ne s’annule pas.
1 2
1 2
−1
−2 Cf
b
[
Soitf une fonction continue par morceaux sur un intervalleI et soita∈I. Alors la fonction : F:I→R, x7→
Z x a
f(t)dt est :
• continue surI;
• d´erivable enx0, sif est continue enx0 et on aF′(x0) =f(x0) ;
• croissante sur [a, b], sif est positive sur [a, b] sauf ´eventuellement en un nombre fini de points.
Th´eor`eme 18 (Int´egrale fonction de sa borne sup´erieure et continuit´e par morceaux)
◮ Exemple 20 :Soitf la fonction1[2,+∞[(indicatrice de [2,+∞[). On a donc pout toutx∈]−∞,2[,f(x) = 0 et pour toutx∈[2,+∞[,f(x) = 1.
1 2
−1
1 2 3 4 5 6 7 8
−1
−2
−3
−4
Cf [
b
SoitF la fonction d´efinie par :
F:R→R; x7→
Z x 0
f(t)dt.
On calcule que :
F(x) =
0 six≤2 x−2 six >2 .
1 2 3 4
−1
1 2 3 4 5
−1
−2
−3
−4 CF
On retrouve les r´esultats du th´eor`eme pr´ec´edent :F est continue surR, d´erivable enx0six06= 2 (2 est l’unique point de discontinuit´e def) et croissante surR.