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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Mpika, L. (2004). Tradition céramique et unité culturelle chez les Kongo d'Afrique centrale: une approche ethnoarchéologique (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres – Histoire, Arts et Archéologie, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/211142/8/b5f3118a-ae33-465d-aa41-1b54d9e253dd.txt

(English version below)

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(2)

Faculté de Philosophie et Lettres

Tradition céramique et unité culturelle chez les Kongo d’Afrique centrale:

Une approche ethnoarchéologique.

Volume II: données des recherches

Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur en Philosophie et Lettres

lur Pierre de Maret

Olivier P. Gosselain

Années Académique 2003-2004

(3)

Faculté de Philosophie et Lettres

Tradition céramique et unité culturelle chez les Kongo d’Afrique centrale:

Une approche ethnoarchéologique.

Volume II: données des recherches

Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur en Philosophie et Lettres

par Léopold Mpika

i/'U

Directeur: Monsieur le Professeur Pierre de Maret Codirecteur : Monsieur le Docteur Olivier P. Gosselain

Années Académique 2003-2004

(4)

DONNEES DES RECHERCHES EFFECTUEES DEUXIEME PARTIE

DEUXIEME ETUDE

PAGES

INTRODUCTION 313

I. TEMOIGNAGES DES POTIERES ET DES INFORMATEURS MANYANGA SUR LA DECOUVERTE DE LA CERAMIQUE

DONDO 316

1. L'apprentissage 316

2. Informations récoltées à Ntombo Manyanga sur les

céraniiques Dondo 318

IL HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES CENTRES DE PRODUCTION DES CERAMIQUES TRADITIONNELLES

DONDO : MPANGA YENGOLA-NZOMOSSI 323

III. DEUXIEME ETUDE CENTRE DE PRODUCTION DE CERAMIQUE TRADITIONNELLE MPANGA YENGOLA-

NZOMOSSI 328

IILl. Situation géographique et limite

111.2. Description du milieu environnemental

111.3. Identification et mode d'apprentissage des potières Dondo en activité

111.3.1. Introduction

111.3.2. Identification des potières et apprentissage par groupe de façonnage

IV. MATIERE PREMIERE 344

IV. 1. Localisation des lieux d'extraction d'argile 344

(5)

IV.3. Extraction de l'argile 351 1V.3.1. Le matériel d'extraction de l'argile 351 IV.3.2. Temps de parcours jusqu'au lieu d'extraction

de l'argile 352

IV. 3.3. Procédé d'extraction de l'argile 353 1V.4. Les fosses d'extraction de l'argile 353

1V.5. Les qualités de l'argile 354

IV.6. La stratigraphie 354

IV.7. Séance d'extraction de l'argile 358

IV.8. Transport de l'argile 364

IV. 9. Stockage et conservation de l'argile 366

V. LE FAÇONNAGE 367

V. 1. Lieu de fabrication 367

V.2. Procédé du façonnage des poteries 371 V.3. Matériel de façonnage des poteries 372

V.4. Usage du matériel 373

V.5. Observation de la chaîne opératoire 374

V. 5.1. Pétrissage de l'argile 374

V.5.2. Préparation du matériel de pétrissage d'argile 374 V.5.3. Installation du matériel de façonnage des poteries 375 V.5.4. Placement des potières et pétrissage d'argile 378 V.5.5. Malaxage de l'argile et formation du Cône à base

arrondie 377

V.5.6. Formation et creusement du cône d'argile à base 379 arrondie

V.6.1. Formation du cône à base arrondie 379

V.6.2. Creusement du cône à base arrondie 379

(6)

V.5.7. Formation de la panse et de la hauteur du vase 381

V.5.7.1. Le support de pivotage 382

V.5.7.2. Formation du fond de la panse et des bords 383

V.5.7.3. Formation des Colombins 383

V.5.7.4. Montage des Colombins 386

V.5.8. Formation du Colombin de bec verseur 388

V.5.9. Formation des bords 389

V.5.10. Lissage 390

V. 5.11 Raclage des pots 391

VI. DECOR DES POTERIES 396

VI. 1. Matériel de décoration 396

VI.2. Le lieu de décoration 396

VI.3. Les procédés de décoration 397

VI.4. Les résultats 397

VI. 5. La finition 404

VII. LE SECHAGE 405

VIII. 1. Lieu de séchage 405

VII. 2. Les précautions 405

VII.3. La durée du séchage 406

VIII. LES CUISSONS DES POTERIES 407

IX. LES TYPES DE VASES PRODUITS 409

X. COMMERCIALISATION (VENTE) DES POTERIES 410 DONDO

XL PLANCHES : RECAPITULATION DES TECHNIQUES DE LA CHAINE OPERATOIRE DE LA CERAMIQUE TRADI­

TIONNELLE DONDO 412

(7)

CHAINE OPERATOIRE DES CERAMIQUES TRADITIONNELLES - BEMBE

-KAMBA

PAGES

3ème PARTIE . jère

1. INTRODUCTION 415

2. CARTE LOCALISATION 419

3. DESCRIPTION DU MILIEU ENVIRONNEMENTAL :

SITUATION GEOGRAPHIQUE DE MPANDI-BISSA 420

4. IDENTIFICATION DES POTIERES DE MPANDI BISSA 421 5. DESCRIPTION DE LA POTIERE PRINCIPALE ;

MAKILA MARIE 421

6. APPRENTISSAGE 422

7. STATUT DE LA POTIERE MAKILA MARIE 422

8. EXTRACTION DE L'ARGILE A MPANDI BISSA 423

9. PROCEDE SUR L'EXTRACTION D'ARGILE 425

10. INTERDITS SUR LE LIEU DU PRELEVEMENT D'ARGILE

ET DU FAÇONNAGE DES VASES 426

11. SEANCE DE PRELEVEMENT D'ARGILE A MPANDI

BISSA 428

12. QUALITE D'ARGILE 429

13. LE TRANSPORT DE L'ARGILE 430

14. STOCKAGE ET CONSERVATION DE L'ARGILE A

MPANDI BISSA 433

(8)

14.2. Stockage au village 433

15. SECHAGE DE L'ARGILE 434

16. LIEU DE FAÇONNAGE 434

17. PROCEDES DE FAÇONNAGE DES POTERIES A MPANDI

BISSA 435

Introduction 435

18. MATERIEL DE FAÇONNAGE DES RECIPIENTS IDENTI­

FIES CHEZ LES POTIERES BEMBE 436

19. USAGES DU MATERIEL DE FAÇONNAGE 437

20. FAÇONNAGE DES POTIERES : EBAUCHAGE ET PREFOR­

MAGE DES VASES PAR LES POTIERES BEMBE 43 8

20.1. Traitement, réhumidification de l'argile 439

20.2. Pétrissage de l'argile 439

20.3. Formation des cônes à base arrondie 441 20.4. Creusement du cône à base arrondie 442 20.5. Colombinage : formation du colombin 446 20.6. Montage du colombin et formation de la panse 446

20.7. Montage du goulot 450

20.8. Tapotage du goulot et des parois du vase 450

20.9. Le raclage des vases 451

21. LISSAGE ET FORMATION DES BORDS, DES LEVRES 454

21.1. Le matériel de lissage 454

21.2. Formation du bord des marmites : techniques spécifi­

que du kiyobi (écuelle) 456

22. COMMERCIALISATION 462

23. PLANCHES D'ILLUSTRATION DE LA CUISSON DES

(9)

1. CARTE DE LOCALISATION DES CENTRES 471

2. LE MONT NGOUEDI 472

3. LE VILLAGE KINGUEMBO 476

4. IDENTIFICATION DES POTIERES KAMBA 479

5. APPRENTISSAGE DES POTIERES KAMBA 480

5.1. Apprentissage de la potière Kamba de Ngouédi 480 5.2. Apprentissage des potières Kamba de Kinguembo 482

6. STATUT DES POTIERES KAMBA 484

7. INTERDITS SUR L'EXTRACTION DES ARGILES ET SUR

LE FAÇONNAGE DES POTERIES 485

7.1. Premier interdit : LES MENSTRUES 486 7.1.1. Conséquences pendant la cuisson 486 7.1.2. Conséquences pendant la vente des poteries 487 7.2. Deuxième interdit : les relations sexuelles 488

7.3. Troisième interdit : le sel 488

7.4. Quatrième interdit : les enfants et l'alcool 489

7.5. Conclusion sur les interdits 489

7.6. Interdits et rituel sur l'extraction d'argile 491 7.7. Rituel sur les gisements d'argiles 491 8. EXTRACTION DE LA MATIERE PREMIERE - ZONE

KAMBA 501

9. STRATIGRAPHIE 503

10. EXTRACTION DE L'ARGILE PAR LES POTIERES KAMBA

DE KINGUEMBO 506

11. ASPHYXIE DES POTIERES DANS LES TUNNELS

(10)

12. SECHAGE de l'ARGILE 509

13. TRANSPORT DE L'ARGILE 510

14. CONSERVATION ET STOCKAGE DE L'ARGILE 511

15. TRAITEMENT, MALAXAGE DES ARGILES 512

15.1. Le malaxage 513

15.2. Humidification de l'argile et de la psammite 513 15.3. Pétrissage de l'argile et de la psammite 514 16. LA FORMATION DES CONES A BASE ARRONDIE 516

17. CREUSEMENT DE LA MOTTE 517

18. FAÇONNAGE DU FOND DE VASE 517

19. FAÇONNAGE DE LA PANSE 518

20. FORMATIONS DES COLOMBINS 518

21. MONTAGE DES COLOMBINS 518

22. EPAULEMENT DES VASES 519

23. SECHAGE DES POTERIES CHEZ LES KAMBA 520

24. PRECUISSON DES POTERIES CHEZ LES KAMBA 521

25. CUISSON DES POTERIES 521

26. DECOR DES POTERIES 522

27. INVENTAIRE ET USAGE DES POTERIES 526

28. USAGES 526

29. MARMITE ET TRANSFERT DE POUVOIR 527

30. PRODUCTION ET COMMERCIALISATION 529

31. DESIGNATION DES VASES OUVERTS OU FERMES PAR

LES POPULATIONS CONGOLAISES 536

32. NOMS DESIGNANTS LES VASES AU CONGO 537

BIBLIOGRAPHIE 548

(11)

DEUXIEME PARTIE

INTRODUCTION

Cette deuxième partie représente nos données personnelles de la deuxième étape des recherches menées sur le terrain, principalement chez les Kongo qui peuplèrent la vallée du Niari.

Nous avons récolté en 1986 des séries d’informations auprès des vieilles potières Manyanga, pour atteindre et découvrir les centres de fabrication des poteries Dondo, Kamba et Bembé.

En effet, au cours de nos nombreuses missions effectuées chez les Manyanga, nous fûmes renseignés sur l’existence des centres de fabrication des poteries chez les populations du nord Congo :( bisi mongo ) et chez les populations du Bas-Congo (bisi banda).

Ainsi nous allons produire dans quelques pages de cette partie, les témoignages de cinq (5) informateurs.

La toute première série des informations était relative à l’absence des sources orales et écrites sur l’ensemble des céramiques traditionnelles kongo. Bien que nous fûmes en possession de l’article sur la céramique de Mfouati écrit par LANFRANCHI en 1984 , nous étions obligés d’aller vérifier ces informations sur le terrain , car en même temps sur recommandation de notre promoteur nous devrions atteindre les potières et étudier les différentes formes de poteries kongo.

C’est ainsi qu’après avoir prospecté les régions indiquées par sources orales , nous avons atteint des résultats très satisfaisants .

Nous avons mené des enquêtes sur environ 96 villages et hameaux. Mais en

principe, nous n’avions observé les chaînes opératoires qu’auprès de seize

(12)

rares potières Dondo ,kamba , et Mbembé ; soit auprès de huit (8) potières dondo , cinq (5) potières kamba, et trois (3) potières Bembé qui acceptèrent faire la démonstration de toutes les techniques des chaines opératoires . Ce en dehors des neuf potières manyanga , soit un total de vingt cinq (25) potières actives .

Notons que cette dernière partie nous avait permis d’identifier un autre ensemble de production de céramiques traditionnelles kongo.

Cet ensemble de poteries que nous allons découvrir dans cette deuxième partie est tout à fait différent des poteries façonnées par les potières Manyanga et Sundi de la Région de Boko .

Les différences qui existent entre les deux ensembles de poteries traditionnelles manyanga et sundi d’une part, puis kamba , dondo et bembé d’autre part se décèlent nous le verrons dans les procédés de façonnage et la forme des poteries ,ainsi que le décor et la cuissons des poteries .

Outre l’observation des chaînes opératoires des céramiques traditionnelles kongo, nous, pour mieux saisir l’histoire des civilisations des populations kongo/Congo à travers les céramiques anciennes, nous avons cherché à pénétrer d’autres populations dans les régions environnantes:

Pour ce faire , nous avons pu de manière singulière identifier les potières de Loyo de la Région de la Lékoumou, les potières d’Epena dans la région d’Impfondo, et bien d’autres . Nous y reviendrons dans la conclusion de synthèse qui conclue nos travaux.

C’est dans cette perspective plus large que nous avions pu produire notre rapport intitulé: “Recherche comparée des céramiques traditionnelles du Congo, des origines à nos jours Mpika,^996)édit. action culturelle 165 pages.

Ainsi nous avons travaillé dans le cadre de la poursuite de l’observation des chaînes opératoires sur quatre villages:

- Mpanga -yengola Nzomossi, chez les Dondo,

- Ngouédi et Kinguembo chez les Kamba,

(13)

- Enfin Mpandi bissa chez les Bembe.

Mais cette deuxième partie ne concerne uniquement que l'étude de la céramique traditionnelle Dondo de Mpanga-Yengola-Zomossi.

La céramique Kamba et bembe fait l'objet de la 3^™^ partie de notre étude. Car c'est de Mpenga Yengola-Zomossi que nous fumes orientés vers les centres de fabrication des céramiques traditionnelles Kamba et Bembe.

Toutes les découvertes des centres de production des céramiques Kongo vont

être synthétisées pour une meilleure analyse de l'histoire des céramiques

traditionnelles.

(14)

I. TEMOIGNAGES DES INFORMATEURS MANYANGA SUR LA DECOUVERTE DE LA CERAMIQUE DONDO

Avant procédé au façonnage des poteries

Nous produisons ici la liste des potières actives qui avaient accepté de procéder au façonnage des poteries chez les kongo : Manyanga et Sundi de la région de Boko .

En même temps, nous allons établir un tableau récapitulant l’année de naissance ou l'âge des potières, leur instructeur, et les centres de production.

1. L’apprentissage

Tel que nous allons l'observer dans la lecture du tableau ci-dessous, toutes les potières avaient appris à façonner les poteries auprès de leurs mères.

Les informations se recoupent tant du point de vue de la genèse des poteries que de la commercialisation.

C’est grâce aux informations récoltées dans la zone des Manyanga que nous avions été orientés vers d’autres centres de production des poteries kongo : dondo, kamba, et bembé.

Mais notons que les Bembé constituent une population tampon entre les kamba,

les dondo et les téké. Seulement leurs procédés des techniques de façonnage des

poteries se recoupent avec les kamba et les dondo. Nous y reviendrons dans la

troisième partie.

(15)

Noms des potières . Année .ou âge

Instructeurs . Villages,cent res

De

production.

1 Nsatou Henriette 65 ans mère Mbanza

kimboukou

2 Louézi Pauline 40 ans mère Mbanza

kimboukou

3 Ngoudou Antoinette 35 ans mère Kimbala

4 Loufouma Henriette 1939 mère Kimbala

5 Houmba Véronique 56ans mère Ntombo

manyanga

6 Matongo Pauline 56 ans mère Ntombo

manyanga 7 Mangongo Pauline 1919 mère Masséssé

8 Nsatouma Henriette 1929 mère Masséssé

9 Ngoudi Bassoumba 50 ans mère Masséssé

Tableau n°l : potières actives : manyanga et sundi.

(16)

2. Informations récoltées à NTOMBO MANYANGA sur des

"Céramiques Dondo"

1^*^ Informateur : MIANKOUTA Samuel - né en 1898 à Ntombo - Manyanga, Chef du clan Kikwimba.

« Après l’installation de nos arrières grands parents sur les sites de Miezozo, Ngo et Luenda lua Sangi\ certains petits marchés de vente de produits furent créés dans notre zone. Dans le marché de "Nlandu" qui fut exclusivement un marché de troc, on trouvait beaucoup de produits vivriers qui furent échangés contre le poisson du fleuve "nzadi kia mataka"^. Les vendeurs de poisson étaient originaires de la zone de Ntombo. Par contre, les acheteurs provenaient de toutes les directions : ils venaient soit de :

■ Boko poste ;

■ Mbanza Mpoudi ;

■ Manguembo; du Congo ex Zaïre, (Congo Démocratique)

■ Mbanza Mbaka ;

■ Ntombokolo ;

■ etc.

Et comme le poisson était le produit de première nécessité dans ce marché, les vendeurs devaient souvent les troquer contre les produits divers comme :

• le manioc - (mayaka, kikuanza))

■ la viande - (mbisi)

■ le légume - (ndunda)

■ les fruits de barbadine - (malombo)

’ Pour les mots Kongo, lire "ou" à la place de "u", marché de n'iandu, lire n'iandou.

(17)

■ les objets d’art - (bima bia tunsyva)

■ les paniers - (mutété)

■ les poteries - (binzu).

Mais les vendeuses des poteries ne venaient pas seulement de nos terres Manyanga ; je voyais d’autres formes de poteries qui avaient des dessins différents des poteries Manyanga. Les poteries étaient amenées ici par des gens originaires d’ici qui n’allaient pas pour les acheter en pays Dondo, mais qui leurs furent offertes par leurs confrères Dondo. Et parfois les poteries Dondo arrivaient ici par le truchement des potières Manyanga qui allaient vers les marchés du territoire de MOUANDA MBOUNGOU^.

Nous avions entre autre le troc de poisson, la bonne réputation de nos pains de manioc que les Dondo venaient s’en procurer. En réalité le poisson étant très rare dans les contrées Dondo, les personnes là venaient uniquement pour se les procurer chez nous et en échange, elles apportaient les poteries.

Notons que les Dondo furent réputés dans les cultures de bananes et de haricots . Voilà comment j’ai connu à l’époque, qu’en pays Dondo, il existait aussi des centres de fabrication de poteries, mais je ne savais pas exactement les villages d’où elles venaient à toi d'aller vérifier cette source d'information. »

2

eme • OUABOKOLO Dominique (70ans) village NTOMBO MANYANGA.

« Depuis mon enfance, ma mère préparait de la nourriture avec des marmites (binzu) qu’elle recevait en échange contre le manioc auprès de son amie ma Nsantu, une excellente potière qui vit à Mbanza Kimboukou.

^ NZADI KIA MATAKA, c’est comme çà que l’on désigne la partie du cours inférieur du fleuve Congo au niveau de Ntombo Manyanga.

^ MOUANDA MBOUNGOU ; Ancien chef des terres des Dondo de Kimbedi qui peuplèrent les plateaux des

cataractes.

(18)

Quand le marché de Nlandu fut déplacé à la placepres actuelle, j’avais trouvé par plusieurs fois une autre forme de poteries avec des dessins très différents de nos marmites "binzu"'^. Je m’étais renseigné une fois auprès d’une vendeuse, comme elle n’était pas une étrangère du village, elle m’avait simplement répondu que ces poteries ne sont pas d’ici, elles viennent de loin, il faut traverser la rivière Loufou ilufu) pour atteindre très loin les villages Dondo où l’on fabrique encore ces poteries. J’aime bien les poteries Dondo à cause du luxe de dessin qui est différent des poteries de chez nous. »

informateur : KINZOUNGANl Mathieu né en 1934

Kinzoungani était mort par balles pendant la période de guerre au Congo . Nous lui rendons un hommage de repos étemel car il fut de beaucoup artisan pour la réussite de nos enquêtes orales et de l’expérience chimique de la cuisson des poteries chez les manyanga.

Il nous révéla ce qui suit :

« Nos ancêtres étaient des ingénieurs, ils savaient bien préparer leur nourriture qu’avec les "binzu". Maintenant, nous n’utilisons que les casseroles européennes. Dans le temps, nos marmites étaient très recherchées même par l’Administrateur "BUTAFOKO" qui résidait à Boko. Nos poteries étaient plus belles que celles des Dondo de MOUANDA MBOUNGOU^.

(Comment le sais-tu?) Parce qu’une fois, je m’étais rendu à Boko, plusieurs poteries étaient étalées au marché. Nous étions informés que le Préfet devait venir les acheter pour les acheminer en Europe.

Petite mannite en argile cuite.

^ Les terres de Mouanda sont très éloignées de la région de Ntombo Manyaga. On dépasse tout le district de Mindouli pour atteindre les villages MANFOULOU, MOULANDOU, KIMFOUTOU etc. qui sont de MOU .ANDA MBOUNGOU.

C'est après ces terres Dondo de Mouanda Mboungou qu'on atteint celles de TOMA MADIELA dans le district de MFOUATI où l'on trouve les potières Dondo.

C'est aprîs ces terres Dondo de Mouanda Mboungou qu'on atteint celles de TOMA MADIELA dans le district de

MFOUATI où l'on trouve les potières Dondo.

(19)

Chez les Dondo, nous racontèrent les femmes vendeuses du marché, il y a aussi des poteries qu sont achetées par le Préfet à Madingou. Mais je ne sais pas exactement les villages producteurs des poteries Dondo et Kambu, je sais bien qu’il y a quelque part des centres où l’on fabrique des poteries chez les Kongo de la vallée du Niari. »

4

eme • k ITELI Elisabeth, 57 ans, née à Bissinza - Zaïre (RDC).

Dans le village où je suis née à Bissinza, les poteries venaient sur deux directions. Il y avait des poteries qui venaient des Manyanga, chez et nous savions même depuis le village comment s’appelaient les anciennes potières de Ntombo : nous connaissions que "Ma" NSATOU Henriette, Ma Diadiakou Hélène, NGOUNDOU Antoinette sont des excellentes potières des villages Kimbala de Ntombo Manyanga et de Mbanza Kimboukou.

Aussi de nos parents, j’étais informée que les Manyanga du Zaïre savaient fabriqué les poteries, tout comme les Kamba et les Dondo du bas- Congo... » D'autres poteries venaient des régions TEKE.

geme • LOUSSIKILA Anne - 56 ans née à Kimbala.

« Je suis devenue potière parce que ma grand-mère l’était. Aussi, j’aimais toujours voir la gargoulette ivuki) avec laquelle on gardait l’eau potable du grand-père. Elle était posée sur un endroit très haut (lungunzi) dans le coin de la maison. Maman m’avait informé que cette poterie venait des Dondo du moyen Congo, elle était amenée ici par mon grand-père qui s’était rendu chez les Dondon pour voir un ami. Son ami lui en fit un don parce qu’il entendait que chez les Manyanga, la poterie Dondo était très estimée et vice versa.

De toute manière, les grandes jarres qui servent à garder l’eau et les plus

grandes marmites pour cuire les pains de manioc ne provenaient que du pays

(20)

Dondo ou du Nord Congo. Chez nous, l’extraction d’argile était difficile peut- être, et nos mamans n’aimaient pas du tout fabriquer les plus grands récipients en terre cuite.

Il est aussi possible que nos mamans n’avaient pas sans doute la maîtrise de bien

fabriquer ces types de poteries. Nous apprenions toujours que les spécialistes

c’est-à-dire les potières les plus réputés en grosses poteries étaient les Dondo,

les Sundi et celles qui venaient du nord du pays. Pour en savoir mieux, il faut

demander encore à notre vieux MIANKOUTA Samuel qui actuellement

représente la plus vieille génération. »

(21)

II. HISTORIQUE DE LA DECOUVERTE DES CENTRES DE PRODUCTION DES CERAMIQUES TRADITIONNELLES DONDO MPANGA YENGOLA-NZOMOSSI

Le District de Mfouati n’est pas inconnu des chercheurs. Raymond LANFRANCHI - 1984 - y avait déjà rédigé un article sur la poterie chez les potières du village MISSAFOU. Mais tous les aspects technologiques ne furent pas décrits pour mieux comprendre les techniques gestuelles du façonnage des poteries par les Dondo.

En 1986, nos informateurs précités de Ntombo Manyanga, principalement :

■ KINZOUNGANI Mathieu né en 1934

■ OUABOKOLO Dominique âgé de 70 ans

■ MIANKOUTA Samuel né en 1898, chef du clan Lankouimba

■ KITELI Elisabeth 57 ans née à Bisinza Zaïre RDC en République Démocratique du Congo (RDC).

■ LOUSSIKILA Anne 56 ans, née à Kimbila

(Ces informateurs) nous signalèrent d’autres formes de poteries qui provenaient des pays Dondo. (Cf témoignages d’informations précitées). La détermination exacte des villages ou centres de production leur était inconnue.

La jonction des deux contrées entre Boko et le District de Mfouati était possible

à l’époque et même jusqu’à maintenant. Elles étaient reliées par des pistes qui

serpentaient au dessus des crêtes du plateau des cataractes. De Boko ou de

Ntombo Manyanga témoignaient- ils, on pouvait atteindre les secteurs de

Manguembo ou de Luozi au Congo Zaïre actuelle République Démocratique du

Congo (RDC), pour enfin aboutir dans les zones de Mindouli et au delà des

terres Dondo de Mouanda Mboungou dans le secteur de Loulombo Dechavanne,

enfin jusqu’à Kimbedi et Loutété.

(22)

Dans le même sens vers le Sud-Est en côtoyant les deux Républiques sœurs CONGO-Brazzaville et CONGO-Démocratique et, en passant par les secteurs de Boko, Mbandza Sundi, de Mbanza Mbaka, on pouvait atteindre les pays Dondo en passant effectivement par le village Manguembo au Zaïre, le centre commercial TADI, les missions catholiques et suédoises de Kingoye en République Démocratique du Congoau pour enfin atteindre Kimbenza, Mfouati et Ngouédi en République du Congo.

C’est par là que circulaient les poteries dans les deux sens , c’est-à-dire que nos poteries Manyanga arrivaient chez les Dondo et vice versa.

C’est ainsi, qu’après avoir eu ces informations et lu l’article de Raymond LANFRANCHl que j’ai eu l’idée de vérifier ces sources d’informations afin d’inventorier d’autres centres de production de céramique Kongo, Dondo, kamba, Bembé etc qui constituent cette deuxième étude.

En Novembre 1995, je me suis rendu à Loutété qui est à la fois un carrefour commercial et un centre de fabrication de ciment. De là, je me suis trouvé en présence des femmes Bembé, vendeuses des poteries Dondo qui venaient de les acheter aux villages Mpanga Yengola - Nzomossi. Ne sachant pas la direction du village cité, je m’étais renseigné tout de suite, le lendemain, nous avons loué un taxi qui nous avait amené au village Mpanga Yengola. Le parcours de Loutété à Mpanga Yengola n’est distant que de 11 kilomètres. Ce qui nous avait permis par taxibus de vite atteindre le site. A notre arrivé, il se tenait un marché de rue plein de vendeurs d’huile et de bananes plantains.

Ces vendeurs venaient du plateau des cataractes et les acheteurs venaient de tous les horizons Loutété de Mfouati voir même de Brazzaville, de Pointe-Noire.(cf.

photo en fin de texte).

Nous avions pris des renseignements au marché même. Il s'agissait de

savoir si parmi les vendeuses ou parmi d’autres personnes il y avait des potières.

(23)

Aussitôt, nous fumes guidés par trois jeunes qui s’étaient approchés de nous. Ils

acceptèrent de nous indiquer les cases des potières.

(24)

j La Céramique traditionnelle Doondo

LOUETE

Gare Ferroviaire

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Carte de localisation : MPANGA YENGOLA-NZOMOSSI

CENTRE DE PRODUCTION DES

CERAMIQUES TRADITIONNELLES DONDO

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MPANGAYENGOLA - NZOMOSSI

Avant de procéder à la description systématique de la chaîne opératoire des poteries dondo, nous nous proposons d'abord de faire une présentation singulière du milieu environnemental dans lequel nous avons travaillé.

Bien que la partie introductive de toute l'étude des céramiques kongo nous ayons abordé l'étude globale de la végétation et de l'hydographie, cette présentation s'avère nécessaire. A notre avis il est important d'orienter nos lecteurs sur la situation géographique réelle et la connaissance physique et humaine de chaque centre identifié.

Les populations kongo habitent en général les zones de savane arbustive. Le développement de la végétation diffère parfois d'une région à l'autre, et l'exploitation de celle-ci change en fonction des difficultés que rencontrent les potières.

Ainsi la description du milieu environnemental et la délimitation du village MAPANGAYENGOLA-NZOMOSSI que nous trouverons plus loin va nous plonger dans les analyses des activités des femmes potières.

Notons que les potières Dondo travaillent seules ou en groupes organisés en fonction de la demande de la clientèle.

Nous allons décrire les activités des potières pendant les chaînes opératoires

telles que nous les avions observées sur le terrain.

(27)

Identification des potières par groupe de façonnage

Potière A : NGNANGUI Augustine

Nous avons d’abord observé la potière ici présente dans la photo en bas de page. Celle-ci avait accepté de monter une petite marmite. C’est elle que nous présentons la toute première par la lettre A. Elle est de par son âge, la plus expérimentée sans doute, sinon elle a tout au moins une histoire plus riche d’informations sur les sources orales ou la genèse des potières de Mpanga Yengola.

Photo n°l ; Potière A de Mpanga Yengola - Nzomossi

Augustine NGNANGUI

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« Ma mère était une excellente potière. Elle avait été initiée par notre arrière grand-mère qui venait de Kongo dia ntotela d’après notre grand-père.

Elle était expérimentée sur le façonnage des grandes poteries; c’est elle qui, en principe montait les plus grosses marmites pour cuire les aliments de fête, pour préparer le manioc que nous mangions ou les pains de manioc destinés à la vente. Comme elle en vendait beaucoup de marmites qui furent achetées à un prix élevé par rapport aux autres femmes potières qui ne fabriquaient que des petites marmites, elle avait préféré m’initier pour qu’en même temps je puisse l’aider dans les fabrications des marmites. Sans trop de contrainte, j’observais d’abord et de temps en temps, je ramassais quelques boulettes d’argile pour l’imiter.

Quand nous restions au village, pendant que nos mamans allaient au champs, nous jouons entre nous les jeunes filles du village à fabriquer les petits pots avec de la glaise. Il m’arriva une fois, quand maman pétrissait l’argile, je m’étais rapprochée auprès d’elle pour l’observer . Elle avait eu le plaisir que, je la regarde travailler, ceci la motiva et d’un geste, avec gentillesse, elle avait détaché une motte d’argile pas trop bien pétrie qu’elle m’avait tendue en me disant : ( prend, est-ce-que tu peux faire quelque chose ? ), j’avais compris par son geste et cette phrase qu’elle voulait bien que je façonne un pot à ma manière.

Il y avait une meule et une molette sous la véranda de notre case, vite, je m’étais levée pour aller les prendre, et revenue, je me suis assise non loin d’elle.

J’ai nettoyé la meule et lavé la molette avec un peu d’eau que j’étais allée prendre dans la cuisine. Quand j’ai fini le nettoyage de la molette, j’ai mis la motte d’argile sur la meule et en ce moment j’ai commencé à trier les particules de grains de cailloux qui s’étaient mélangé dans l’argile.

Apprentissage de la potière A :

(29)

Ma mère me regardait d’un bon coin de l’œil comme pour apprécier ce que j’étais entrain de faire. Forte de son regard encourageant, je m’appliquais davantage. C’est en ce moment là que je mettais en pratique ce que j’avais apprise auprès de mes amies d’enfances avec qui nous nous exercions au bord de l’eau en montant les poteries avec la glaise.

Je me rappelle que j’avais monté une petite marmite sans que ma mère

n’apporte beaucoup de modifications. C’est à peine dans la fixation, le montage

du colombin que j’avais eu les difficultés et surtout le lissage du bord. Je me

rappelle aussi de la petite imprudence que j’avais faite ce jour-là, le pot était

monté, puis en regardant ailleurs, j’ai bousculé avec mon pied la petite marmite

que j’avais très bien montée. C’est pourquoi je vais en souvenir, vous monter

une petite marmite, pour vous permettre en même temps de suivre les techniques

du façonnage des poteries . »

(30)

Agé d’environ 26 ans, la potière "B" (Cf. photo n°2) est la deuxième que nous avons suivi dans la phase du façonnage des poteries à Mpanga Yengola.

Elle avait fait une démonstration de technique du façonnage d’un pot plus complexe sans que nous l’ayons sollicitée.

Potière (B) : NSOUKA Thérèse

Photo n° 2 : Potière B , Dondo de Mpanga Yengola-Nzomossi

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«Je suis l’aînée des enfants de ma mère. Pour savoir les techniques de fabrication des poteries, ma mère et ma grand-mère m’amenaient d’abord avec elles dans les lieux des sites d’extraction d’argile. Elles creusaient l’argile parfois pendant toute une demi-journée. Elles mettaient les mottes d’argile ("îubumba"^ dans les paniers ronds et les transportaient au village. Parfois ma mère amenait expressément un petit panier en liane ("Kieyé") au lieu d’extraction, c’est dans ce petit panier que maman mettait quelques quatre à dix mottes d’argile que je transportais sur ma tête du lieu d’extraction de l’argile jusqu’au village. Le jour de mercredi, troisième jour de la semaine, jour de

repos dans notre village, ma grand-mère et ma mère façonnaient les poteries.

Quand je ne faisais rien car il m’arrivait de préparer la nourriture, par exemple pendant qu’elle s’occupait à fabriquer les poteries. Parfois maman m’appelait avec un ton dur en me disant, «Que fais-tu là ! viens vite ! tu me donnes cet outil là et assieds-toi ici ». Je ne regimbais pas toujours , car une fois elle m’avait pourchasser et me donner une chiquenaude sur ma tête quand je m’étais faite récalcitrante. A l’époque, les poteries étaient encore très achetées à cause de la beauté des couleurs de nos poteries. Et, pour vendre beaucoup des poteries dans le mois, maman voulait bien que je m’y mette à l’œuvre.

Ma grand-mère toute fatiguée s’enchantait de revoir ces talents de savoir-faire, elle était heureuse de me voir à proximité de maman entrain de travailler comme une très bonne potière. Et surtout, quand j’avais su fabriquer les pots, la joie de mes parents était immense .

Maintenant avec l’arrivée des ustensiles européens, nous améliorons nos poteries pour les acheminer en ville où elles sont achetées aussi par les blancs, voilà pourquoi, je vais vous démontrer comment faire une marmite, de coupe à cendrier pour mettre sur votre tablette. »

Apprentissage de la potière (B)

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Ainsi, nous allons retrouver les talents de ces potières dans le quatrième chapitre

façonnage des poteries à Mpanga Yengola.

(33)

Poterie C. Jeune Collégienne 17 ans.

Angélique NGOMA

La potière que nous présentons ici (Cf. photo n°3) est une jeune collégienne qui s’ était approchée à coté de ses tantes d’ abord par simple curiosité , mais ensuite elle avait accepté volontairement à façonner une gargoulette.

Nous fumes heureux de la voir à l’œuvre, car très souvent les jeunes filles et jeunes garçons ne s’intéressent pas à cette activité qui est plus au moins contraignante et surtout moins rémunératrice . La relève des vieille potières de Mpanga Yengoia Nzomossi est nous le pensons assurée par cette nouvelle génération.

Céramique de Mpanga Yengoia

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(35)

La jeune potière répondait à notre question enregistrée dans une k7 audio.

Qui t’avait appris (et où) à façonner les poteries ?

« Vous voulez savoir comment avais-je appris à façonner la poterie ? C’est simple, c’est d’ abord par simple curiosité par ce que ma mère est potière ensuite elle me guidait quand je me trompais dans l’apprentissage. Pendant ma petitesse, je regardais ma mère quand elle fabriquait les poteries, j’admirais ses merveilleuses poteries teintées d’une belle couleur. C’est pour cela, quand nous allions au bord de la rivière Loutété, nous nous amusions avec mes copines à faire la poterie pas comme nos mères , mais comme des futures mamans potières. Par plus d’une fois maman avait essayer à me donner un peu d’argile tout en me disant de refaire comme elle.

Quand j’avais douze ans, pendant les vacances ,j’aidais ma mère cette fois à aller chercher l’argile, à transporter le bois de cuisson, puis de plus en plus je l’assistais, elle me guidait. Il arrivait qu’ elle reprenne totalement le vase que j’ avais mal monté. Quand elle détruisait mon pot mal monté, je m’emballais et en ce moment là, elle attirait beaucoup plus mon attention. Dans sa petite colère, parfois, elle détruisait le pot qu’elle venait de monter et, me demandait de reprendre. Je reprenais régulièrement les pots mal fabriqués et je me rappelle qu’à la fin des grandes vacances cette année là , j’étais devenue une habile potière. »

Apprentissage de la potière C ♦

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Potière D

La potière que nous décrivons maintenant est expérimentée sur le montage de toutes les formes de poteries Dondo. C’est aussi, elle qui avait bien voulu accepter faire la démonstration de l’extraction d’argile et du prélèvement des écorces du bridelia ferruginéa pour le décor des poteries. Nous donnons ici son témoignage verbal sur l’étape de l’apprentissage du métier auprès de sa mère et de sa tante.

Photo n°4. Potière D : Dondo de Mpanga Yengol-Nzpmossi

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« Moi, j’ai appris presque pendant un mois auprès de ma tante maternelle et de ma mère. J’habitais non loin de la case de ma tante maternelle, et j’étais très régulière chez elle. Comme elle était potière, je l’assistais le jour du montage des poteries.

Quand ma mère montait aussi les poteries, je l’assistais seulement, et je me sentais plus à l’aise quand j’étais avec ma tante, car ma mère étais parfois très pointilleuse vis-à-vis de moi. Elle était exigeante sur mon comportement devant les pots qu’elle fabriquait. Elle ne voulait pas : que je m’approche, que je m’amuse à côté du lieu de son travail, autrement dit, elle ne voulait pas que je la dérange.

Ma tante était très conciliante, elle était pour moi une mère chérie, d’ailleurs, quand il m’arrivait d’être en bisbille avec ma mère, c’est ma tante qui me consolait, qui me couvrait de tendresses. Voilà pourquoi, j’étais régulière auprès de ma tante, et à cause de ces raisons , je peux dire que l’apprentissage du métier de potière, je l’ai fait beaucoup même chez ma tante que chez ma mère.

Comme je suis du clan des potières mères, j’accepte si vous le voulez aller vous faire voir nos lieux d’extraction d’argile («Tubumba »).

Il est vrai que j’étais tout le temps avec ma tante, j’aimais bien aller avec elle au champ et par habitude de nous promener ensemble, elle m’amenait même sur le d’extraction d’argile. De toutes nos promenades avec ma tante, ma mère en était parfois jalouse quand j’avais de plus en plus l’âge de raison.

C’est grâce à ma tante que j’avais compris, que l’âge nubile était un interdit pour l’extraction de l’argile, et même pour le montage des poteries, car elle m’avait dit qu’une femme ou une fille en période menstruelle était interdite d’aller sur

Apprentissage de la potière D

(38)

les lieux d’extraction d’argile et de façonnage des poteries, parce qu’elle était porteuse de malchance^. »

® Nous y reviendrons sur les formes d’interdits dans le chapitre réservé exclusivement aux interdits sur la

fabrication des poteries dans l’ensemble du territoire Kongo.

(39)

POTIERE E

Les informations que nous donnons dans la page suivante concernent une

jeune collégienne âgée de 19 ans environ, elle a appris à fabriquer la poterie

pendant les week-end auprès de sa mère. Elle est spécialisée à la fabrication des

gargoulettes, un peu comme sa mère qui est spécialiste de la fabrication des

grosses jarres.

(40)

" Dans notre quartier appelé "Nzomossi", toutes les femmes sont presque des potières. Ma mère est potière, ses amies qui habitent à proximité de notre maison sont aussi des potières. Généralement, les filles de mon entourage qui sont âgées de 11 à 22 ans connaissent déjà fabriquer la poterie. A ''Nzomossi", notre spécialité est surtout de façonner les petites gargoulettes utiles pour transporter l’eau dans les champs. Je connais fabriquer les gargoulettes moyennes, mais je ne maîtrise pas encore la fabrication des grosses jarres qui peuvent contenir dix à vingt litres d’eau.

Comment avais-je appris à façonner les poteries ? Tout d’abord c’est ma mère qui commençait à m’initier quand j’avais l’âge de neuf (9 ans). Tous les samedi, comme si elle le savait, elle profitait de la période de congé scolaire hebdomadaire pour m’appeler à l’aider dans ces activités de potière. Sauf quand nous partions à Loutété pour la vente soit des poteries, soit d’autres produits vivriers. Mon apprentissage avait commencé donc un samedi, ce jour là maman m’avait demandé de sortir le panier vide qui se trouvait dans un coin de la chambre cuisine . Puis elle me pria d’ aller avec elle sur la piste de « NT ADI HOUBAKA » . Quand nous sommes allées, elle m’a amené sur un sentier en déviation vers les collines du mont Ngouédi pratiquement dans le secteur ou les hommes des villages Mayanga et Nkinkoumba Nkamba viennent installer leurs parcs pour l’élevage des bovins.

A quelques mètres de la piste centrale , maman m’a amené au bord d’un ruisseau qui avait presque tari ,là, sur le lieu nous avons trouvé des mottes de terre grisâtre déjà séchées au soleil. Sur les mottes de terre,elle avait posé quelques herbes qu'elle avait nouées sous forme de nœud. Ces herbes étaient

Apprentissage Potière E.

’ Ntadi Houbouka ; Grotte, grosse pierre percée enserrée sur la flanc de la colline au sud ouest de Mpanga

Yengola.

(41)

posées sur les dites mottes d'argile pour indiquer aux passants qu'elles étaient une propriété réservée.

Elle déposa à même le sol son panier qu’elle portait sur le dos, puis elle me demanda ; «tu connais ça ? » Sa question imprécise était démonstrative, du bout de l’indexe de sa main gauche, elle touchait la motte de terre en répétant la même question :

« Est-ce que tu connais ça? » comment appelle-t-on cette terre ? J'ai répondu naïvement car le mot de cette qualité de terre glaise qu’elle utilise à la maison ne me venait pas à l’esprit. Alors ma réponse était :

■ (M’toto) : c’est la terre.

Elle me regarda avec un sourire narquois. Mais ironiquement, elle était à la fois sympathique et toute affective . je lisais en elle une mère qui voulait apprendre à sa jeune fille un métier qu’ elle maîtrisait très bien. A ma réponse, elle s'exclamait et répondait de manière rhétorique : «Voilà pourquoi je dois maintenant t’amener avec moi ; n’est ce pas ? ceci est une terre oui ! mais elle est spéciale on ne l’appelle pas « m toto » on l’appelle en langue ;« tubumba ", (argile) ,et c’est avec ce tubumba que je fabrique les poteries »-

Ce mot "tubumba" m’était revenu à l’esprit car c’est de manière très labiale que ma mère articulait le mot « tubumba » comme pour me faire pénétrer le mot dans la mémoire. Elle avait ramené au village toute l’argile que nous avions trouvée sur place. Quant à moi j’ai ramené sur ma tête un petit fagot de bois sec qui devait nous servir à cuir les aliments. C'était véritablement, le jour ou je fus lancée pour un apprentissage sérieux des activités de la fabrication des poteries traditionnelles .

Au village, ma mère avait continué à m’apprendre presque tous les samedis

quand elle s’occupait à la fabrication des poteries .

(42)

IV. MATIERE PREMIERE

IV.l Localisation des lieux d’extraction d’Argile

« Depuis toujours, nos arrières grands parents et nos mères prélevaient l’argile sur les lieux où je vous amène^. Nos arrières grands parents avaient choisi d’habiter cette zone-ci parce qu’ils y avaient trouvé un important gisement d’argiles d’abord, mais aussi parce que la zone était très riche en cultures vivrières. Toute la vallée de la rivière Loutété est cultivée par les familles Dondo qui émigrèrent depuis très longtemps. Les uns étaient arrivés par le couloir de Boko-Songho tandis que nous, nous provenions des plateaux des cataractes avec nos frères Kongo du Congo Belge qui sont en ces moments restés sur nos frontières dans les limites des cataractes du Congo Belge et Congo Français.

Regardez de gauche à droite toutes ces collines là, même s’il y a des cailloux en affleurement du sol, elles renferment des énormes quantités d’argile.

Ce n’est pas pour rien que nous sommes ici, une partie de ces terres sont aussi les vôtres, car vos parents avaient des champs de cultures ici^. *

* la potière fait son témoignage tout au long de la route en Novembre 1995. (cf MPIKA . Rapport de mission :

“Recherche comparée des céramiques traditionnelles du Congo . P. 102). Nous n’irons pas loin, car nous trouvons l’argile utile pour la fabrication des poteries même en creusant non loin du village.

’ IL est bien vrai que mes parents occupaient et occupent encore une partie de tenues du clan " Foimvou ",

des clans " M ikizou et Kingouala ".

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IV.2. Description des lieux d*extraction d’argile

Cette description des lieux d’extractions est en corrélation avec les activités des potières. Elle permet de mieux nous fixer sur les généralités qui ont été décrites au début de notre étude .

IV.2.1. Hydrographie

L’ argile est localisée toujours sur les flancs en bas des collines, non loin des ruisseaux (Cf. photo page précédente). Les Ruisseaux viennent des forêts qui sont autour du village Mayanga situé au nord - Est des terres de Mpika- Ngouadi. Certaines rivières qui viennent des forêts coulent en affleurement du sol. Les eaux sont renouvelées par plusieurs petits cours d’eau à écoulement pérenne. Ces rivières qui viennent des forêts malgré leur pérennité sont souvent résurgentes en saison sèche. C’est effectivement autour des berges, des rivières à écoulement pérenne que 1’ on trouve la meilleure qualité d’argile pour la fabrication des pots.

D’autres rivières par contre, tarissent très tôt en saison sèche. Les rivières pérennes coulent jusqu'en bas pour confluer sur le plus grand cours d’

eau qui est la Loutété.

IV.2.2. Relief et végétation

Le relief du cite du village Mpanga Yengola est constitué de trois grands

ensembles :

(44)

Le plus dominant est celui du plateau des cataractes qui s’étend jusqu’au Congo Démocratique, il se trouve en face du village Mpanga Yengola du côté de la rive droite de la rivière Loutété. Le plateau des cataractes culmine sur environ 700 mètres d’altitude. C’est de là que proviennent la presque totalité des femmes vendeuses de bananes plantins pendant les jours des marchés de Loutété ou de Mfouati. Celles-ci achètent une ou deux poteries avant de remonter au village.' Le plateau est très habité au dessus, par les Dondo qui sont restés sédentaires.

Parmi les nombreux villages des Dondo sédentarisés sur les plateaux, on compte

■ du village Bissinza

■ du village Taboulou

■ du village Bikoumbi

■ du village Kilemba

■ du village Kindamba

■ du village Mouyondzi

■ du village Kingoyi dans le Congo Démocratique

■ etc.

IV.2.2.2 Le deuxième ensemble

Le deuxième ensemble de relief dominant qui culmine entre 600 et 700 mètres d'altitude est le Mont Ngouedi, véritable massif qui prédomine en altitude sur la rive gauche de la vallée du Niari. Environ vingt-cinq (25) kilomètres séparent le Mont Ngouédi du fleuve Niari. Au milieu des deux grands ensembles de relief, les plateaux des cataractes et le mont Ngouédi, se trouve la pénéplaine large de cinq (5) à neuf (9) kolomètres par endroit.

IV.2.2.1. Le premier ensemble

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Le troisième ensemble est la pénéplaine. Celle-ci est constituée par la vallée de la Loutété, elle a les mêmes structures et composition des sols schisteux calcaires de la vallée du Niari. C’est donc sur la pénéplaine, en bas des mamelons de collines que sont construits plusieurs villages Dondo dont Mpanga Yengola, Nzomossi, Sikaninga, etc. Les sols schisteux calcaires sont en général rouges mais très noirs sur les bords des rives de la Loutété ainsi que dans les forêts du plateau des cataractes et du Mont Ngouédi. Le sous-sol renferme une très grande richesse naturelle composée de mines divers : plomb, zinc et cuivre.

Les sols arabes riches pour les cultures vivrières se localisent dans les bafons des collines et le long de la rivière Loutété.

IV.2.3. La végétation

Deux grands ensembles constituent la couverture végétale du milieu environnemental des villages Mpanga Yendola et Nzomossi ; la forêt et la savane. La forêt est tout à fait une forêt secondaire, les hommes y sont passés plusieurs fois pour défricher les champs ou les plantations des cultures vivrières et commerciales. On y observe deux grandes parties de forêts secondaires bien distinctes : les forêts du Plateau des cataractes et les forêts du Mont Ngouédi.

Ce sont des forêts galeries qui se présentent sous forme de forêt plus ou moins homogène.

C’est dans ces forêts galeries que naissent de nombreux petits cours d’eau qui ont un écoulement pérenne comme nous l’avions indiqué tout au début de ce chapitre.

IV.2.2.3 La pénéplaine

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IV.2.3.1. La Savane

Quant à elle couvre la plus grande superficie des alentours des villages Mpanga Yengola et Nzomossi. On y trouve une savane arbustive couverte par des herbes et d’arbustes variés :

On distingue :

■ Une herbe à éléphant très haute et dense, elle pousse sur les berges de la rivière Louété.

■ Une herbe moins haute que l’on trouve sur les collines dénudées par les feux de brousse

■ Une espèce rampante communément appelée "Moukalangani. Celle-ci est difficile à défricher pour les champs de culture.

IV.2.3.2. Les espèces arbustives de la savane

Les espèces arbustives de la savane sont très diverses. Toutes les espèces arbustives que nous avions identifiées dans les savanes de Ntombo Manyanga sont aussi connus des paysans et des potières Dondo de Mpanga Yengola, Nzomossi.

Les espèves suivantes sont identifiées par les potières Manyanga et Dondo:

■ L’hyméno cardia-acida ("Muhête ")

■ Le bridelia ferruginéa'^ ou ("Muindu kikolokoto ")

■ Le triumfleta cordifolia ("Puma ")

■ L’anona arenaria ("m ’lolo ")

■ Le dicrotachynutaus ("n ’sedé myansa ")

■ Le vitex congolensis ("mufîlu ")

Le Bridelia ferruginé est l’espèce la plus utilisé par toutes les potières pour le décor des poteries, nous

étudierons cela dans le chapitre cuisson des poteries par les dondo.

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■ Le miletia ferruginosa ("lubota) singulier (m ’bota) pluriel"

■ L’albizzia sassa, le buikea africana, signalé par G. SAUTTER'* (1966, p.512) se retrouve aussi bien dans les savanes du district de Mfouati ;

■ Le bullantaisi ou ("lemba-lemba ")

■ L’imperata cylindrica ou {"niansa ')

■ Le penisetum purpurem ("nken 2 isi ")

■ Le bidens pilosa ("n ’solakoto "}

■ Le biophitum sessile ("kansa nzo ")

■ L’afromonum sanguinéum ("ntundu ")

■ Le canarium schwefutu (mubidi)

■ L’élaeis guimensis ou ("bah ')

■ Le myrianthus arboreus (m ’buba)

■ Le piptodenia africana (m ’sensa).

■ Etc-

Notons que les potières Dondo connaissent ses espèces arbustives mais elles n’utilisent pas toutes dans la cuisson des poteries. L’expérience qu’elles ont de la bonne ou mauvaise qualité d’arbuste remonte non seulement de l’utilisation de ces bois par leurs mères, mais aussi et surtout de l’expérience qu’elles ont pendant l’utilisation du bois de chauffe pendant la cuisson des aliments.

Pour la cuisson des poteries, elles utilisent les espèces suivantes :

■ L’hyméno cardia-acida,

■ Le vitex congolensis,

■ L’anona arenaria,

■ L’impérata cylindrica,

■ Les branches de l’élaeis guinensis.

SAUTTER (G.) 1966, P. 512.

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■ Le bridelia ferruginéa.

Notons que :

■ l’hyméno cardia-acida , l’anona arenaria , le vitex congolensis brûlent très

bien au feu de cuisson des poteries tandis que Le bridelia ferruginéa est très

réputé pour ses écorces avec lesquelles elles font la décoction pour le décor

de la poterie.

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IV.3. Extraction de Targile

Nous allons décrire ici l’une des séances d’extraction d’argile que nous avons observée en Novembre 1995, séance que la potière de Mpanga Yengola nous a démontrée après la brève explication du milieu environnemental.

IV.3.1. Le matériel d’extraction de l’argile

Le matériel d’extraction de l’argile est rassemblé dans la maison bien avant que la potière se rende au lieu d’extraction. Le matériel observé chez la potière dondo ce jour-là n’est pas compliqué. Il était composé de l’essentiel des outils aratoires que les potières ou d’autres femmes paysannes utilisent pendant le désherbage des champs de cultures de manioc. Chaque outil rassemblé a une fonction bien précise , on a ainsi :

■ une houe (nseri 2 o) à longue manche qu’elle utilise souvent au début de l’extraction d’argile pour le désherbage du lieu .

C’est avec cette houe qu’elle enlève les herbes qui est sur le lieu où elle creuse un trou. Cette houe est aiguisée sur une pierre avant le départ sur le lieu d’extraction.

■ Un daba (sen .20 vi ntélé). c’est une toute petite houe à manche courte que la potière avait fait fabriquer auprès du forgeron^^.

Celle-ci était à manche très court constitué par des écorces tirées des jeunes plants de triumfletta cordifolia {mpungd) enroulés sur l'extrémité non tranchante de la lame.

La zone étant une zone minière, on trouve encore des forgerons qui fabriquaient des dabas destinées à planter

l’arachide le maïs, les boutures de manioc, les courges, etc..

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Le côté tranchant de la machette était déjà très abîmé, donnant ainsi l’aspect d’un outil qui aurait été utilisé d’il y a plus de trente ans. Toutefois, les ficelles attachées au bout traduisaient bien l’état ancien de cet outil.

Un petit couteau (mbélé)

Selon la potière, ce petit couteau n’avait pas d’usage sur l’extraction, mais elle pouvait s’en servir d’un moment à l’autre pour couper une cordelette si par hasard les écorces qui étaient attachées au bout de sa machette se coupaient.

Une hotte, haute de 60 cm, dont l’ouverture supérieure mesurait plus de 35 cm (35) de diamètre. Autour du panier était fixée une bretelle qui lui permettait de le mettre sur le dos. Le panier n’avait pas seulement l’usage du transport d’argile d’après la potière, la hotte pouvait servir à transporter du bois ou d’autres produits vivriers en dehors de l’argile.

IV.3.2. Temps de parcours jusqu’au lieu d’extraction d’argile

La distance qui sépare la case de la potière au site de d'extraction de l’argile n’est pas longue. Pour atteindre le site, il y a plusieurs pistes qui partent sur des lieux différents selon l’emplacement des cases des potières. La potière qui nous amena au lieu du site n’en avait que pour 15 à 25 minutes de marche.

Il m’était difficile de chronométrer le temps à cause des informations que je prenais à l’aller, informations sur le paysage et la dénomination des plantes.

Toutefois, les 25 minutes furent chronométrées au retour, il faudra dans ces cas

précis observer l’épuisement de temps des conversations autour de ses activités,

raison pour laquelle nous retenons quinze minutes pour atteindre son site

d’extraction d’argile.

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IV.3.3 Procédés d’extraction de Targile

Le procédé d'extraction de l'argile consiste à : - Désherber un espace du site d'argile

- Creuser un trou ou une fosse d'où l'on extrait l'argile.

Plusieurs trous d'extraction d'argile sont creusés pêle-mêle dans le site d'extraction d'argile à Mpanga Yengola. Celui que nous avions visité avec la potière avait douze (12) fosses dont les formes variaient d'une distance à l'autre.

IV.4. Les fosses d’extraction d’argile

Les trous d'extraction étaient tantôt circulaires, tantôt ovalaires.

Les fosses étaient creusées longitudinalement en suivant le sens du ravinement. Le ravinement favorisé par les pluies mettait au jour d’autres couches d’argile, et la distinction entre la terre arabe et la bonne couche d’argile était très nette. Les fosses déjà creusées étaient couvertes d’une couche d’herbe ou de brindilles. Des couches de cendres jonchent la surface du sol.

Certaines parties d’argiles durcies par les feux de brousse ne sont plus

exploitables. Aussi, les potières les abandonnent-elles pour creuser d’autres

trous aux endroits où l’argile n’avait jamais été perturbée. Les cendres grises-

blanches des feux de brousse altèrent aussi les sols arables, mais ne sont pas du

tout un handicap pour la fertilisation du sol. On trouve qu’à côté d’un petit puit

d’extraction d’argile, la potière avait placé une petite plantation. Ces petites

plantations de monoculture de manioc ou de bananier et même des petits pois

d’Angole qu’on trouve sur les anciens sites d’argile non exploités sont des

formes d’occupation individuelle.

(52)

Bien que les lieux d’exploitation d’argiles soient propriété de la communauté villageoise, il arrive que de petites querelles naissent sur le gisement d’extraction d’argile, vu la bonne qualité d’argile qui s'y trouve.

IV.5. Les qualités d’argile

Avant d'extraire l’argile de bonne qualité, les potières doivent d’abord bien la connaître, car selon elles, il leur arrive de rater leur fabrication de poteries quand elle prélève une argile de mauvaise qualité. Pendant le creusement des nouvelles fosses, on distingue plusieurs couches stratigraphiques de sol. Depuis le sol arable jusqu’à la couche où l’on trouve la très bonne qualité d’argile, nous avons identifié une stratigraphie très nette .

IV.6. La stratigraphie

Pour atteindre la bonne qualité d’argile à Mpanga Yengola, les couches stratigraphiques sont tout à fait nettes. Depuis le sol arable, le sol de culture déjà altéré par les intempéries de feux de brousse, on distingue environ quatre couches. Celles que nous avions observées ce jour-là se présentaient de la manière suivante :

IV.6.1. Une couche cendreus..

Il s’agit de la surface du sol, une terre plus ou moins blanche mélangée à

des cendres issues des herbes récemment brûlées.

(53)

IV.6.2. Une couche de terre noire

Dans la couche de terre noire, on ytrouve plusieurs fissures qui résultent de la chaleur des feux de brousse.

IV.6.3. Une couche de terre srise teintée de noire et de rouse

Celle-ci vient tout de suite après la couche de terre arable. Elle tend à être de plus en plus compacte, mais elle comporte encore quelques débris de matières organiques qui proviennent encore de la décomposition des herbes.

IV.6.4 Une couche de terre compacte

Ici la terre toute compacte devient difficilement détachable. Elle est toute grise tel que nous l’avons observée dans l’ensemble . C’est à partir de cette couche que la potière trouve la terre glaise utile pour la fabrication des poteries.

Nous y reviendrons dans l’extraction proprement dite des bonnes qualités d’argile.

Interrogeant la potière sur la poursuite du niveau des sols, elle avait dit ce qui suit : « quand on continue à creuser, il y a des endroits où la structure de la composition change totalement. Dans certains endroits, on y trouve beaucoup de pierres qui empêchent aux potières de creuser davantage ».

Dans d’autres endroits, la terre glaise, toute argileuse disparaît pour faire

place à une terre rouge. Il arrive parfois d’atteindre la nappe phréatique.

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En conclusion, la stratigraphie du sol observée pendant la séance d’extraction se résume à quatre niveaux. Tous les niveaux de sol ne sont pas utiles pour la fabrication des poteries. L'extraction de l’argile peut avoir aussi des énormes difficultés comme chez les Manyanga, c’est-à-dire que des éboulement des trous pouvait bien avoir lieu .

Le trou que nous avons visité était exploité de manière régulière et allait en s'agrandissant avec chaque extraction tout en suivant la pente du terrain.

Ainsi la profondeur était variable suivant l'endroit où l'on prélève la mesure.

Selon le niveau de pente, nous avons pris des mesures qui variaient entre 0 et 1 m 20. Avant de décrire cette chaîne d'extraction de l'argile par les potières, nous présentons ci-dessous les données stratigraphiques.

'

13

Données stratigraphiques des sites d'extraction d’argile

1. couche cendreuse 2. terre noire, arable

3. terre grise-noire - rouge ocre moins argileuse

4. terre grise - argileuse

0 à 15 cm 15 à 80 cm 80 à 120 cm

120 à 200 cm et plus.

Ces données stratigraphiques ont été reconstituées grâce à ime fiche que nous avions retrouvée dans la paperasse du lot de nos photos.

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Coupe stratigraphique du site d*extraction d’argile de Mpanga Yengola

1-terre arable cendreuse 1-

2- terre noire arable 2-

3- Gris-noir et ocre rouge 3-

4- 4- Argileuse compacte utile

pour la fabrication des poteries

0 cm

-15

-50

-80

-120

10 cm

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