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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Fabry, J. (1945). Etude sur le dialecte de Soulme (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/215976/3/823003f9-89d4-4eba-a22f-4b385d1a162f.txt

(English version below)

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(2)

É T U D E

SUR L E COMMUNICATION AUTORISEF Le / f . / = . / / ^ y

D I A L E C T E D E S O U L M E

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OOOOOOOOCOOOOOOOQOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO CET OUVRAGE N'ETANT PAS — — — — — — _ _ _ _ _ _ _ o ^ DANS LE DOMAINE PUBLIC. o NE PEUT ETRE COMMONIQ.UE l

QU'AVEC L' AUTORISATION DE L'AUTEUR.% o '^TT'

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(3)

ÏNONCi: Dï LA inESi COMPLïMlCNTAIRi: - ( J.FABRY )

I) Rectification (dans Its régions de Charleroi et de Thmin) de la frontière des patois picards et wallons,traçée par J.SIMON (Mélanges wallons-Liège et Paris 1893,page IIO) et le

P.A.GRIGNARD (B S W.T 50 - I9I3,page 384)

3) JËssai d'iine explication historique de cette limite par son identification avec une des frontières les plus importantes de notre histoire : celle des anciens diocèses de Liège et de Cambrai,laquelle devait être

(4)

N D T L P n L L I M I N A l H L

/

La thère que nous ayons l'honneur â« i^résenter ici est le produit de recherclies qui se sont ^tendues sur plusieurs années. Elle a exigé de nombreuses enquêtes au cours desquelles nous avens pvT'rormer une modoi^«te expérience de l'étude philologique faite sur le terrain. A nos yeux, ce n'est pas le moindre titre de ce travail. Les difficultés rencontrées nous ont instruit. Nous avons pu voir de plus en plus près les problèmes posés; ncue avens pu - et ceci est; important - éviter avec un« sûreté croissante, les pièges variés et inattendus qui se multiplient devant l'inexpérience, et dont on ne se sauve QU'\ force d'y être tombé,

Commencé« sans but bien précis, en I933t ^ la suite de quelques conférences particulièrement attachantes que fit notre maître,

uîonsieur L.P. Thomas, sur la géographie linguistique, notre enquête ne devint véritablement efficace qu'au début de l'année I'>36.

Elle représente un total de quatre à cinq aoie passés entièrement sur le terrain et, noue pouvons le dire, le carnet k la main.

Il est évident que, dans la suite, la matière recueillie a été véri-fiée et complétée sur bien des points, à la lumière des connaissances nouvelles que l'étude de plus en plus approfondie de la dialectologie nous avait fait acquérir. îîous avons eu aussi la bonne fortune

inespérée de profiter de la science profonde et de l'immense expé~ rience de vionsieur le Professeur aruneau, dont le ccctact est un enFeignement de chaque instant et l'amabilité, digne de notre plus profonde reconnaissance.

Nous ne somaes pas originaire de Boulme. Notre bisaïeul y exerçait les fonctions de maître d'école et notre père conserva longtemps

(5)

tant dans le langage ee Boulme n*était pas due uniquement à quelque affinité eenticientale, mais, reposait sur une véritable et profonde originalité linguistique.

A Charleroi, nous sommes en contact, pour ainsi dire, en contact constant, avec notre cousin et ami, L^on&ieur A. Fesler, institvteur,-Tin véritable "naturel" de Soulme, transplanté, depuis quelques années, dans nos régions industrielles, mais qui, dès qu*il voit poindre un Jour de congé, prépare son costume de toile et ses souliers de cuir brut, pour courir se retremper au pays, conduire les Juments dans les labours en criant bien fort des "hue" et des "dia", gardés furieuse-ment dans la gorge depuis les dernières vacances. Ce fut lui le lien idéal. C*est grâce à lui que nous fûmes introduit, sans psfte de temps aucune, dans les miliewc patoisants les plus purs et les plus vivants. C'est lui qui nous a mis en contact, d'emblée, ovec les surjets les meilleurs que nous puissions trouver. Ce sont sxirtout i

1) DESIRE RIGAUD (né en 1870, mort en 19^7) 2) MAHIE RIGAUD (née en 1372)

Frère et soeur, ils ont toujours vécu à Soulme en y menant la vie typique du laboureur amoureux de sa langue, de son terroir, de

ses coutumes.

Désiré n'a quitté son village qu'une fois, pour faire un séjour de quarante-huit heures àl*exposition de

Bruxelles.-Marie a fait quelques voyages et pélérinages de peu de durée (Bruxelles, Anvers, Paris, fjourdes).

Leur père a toujours habité Soulme également (les Rigaud sont mentionnés dans le village depuis trois générations); leur mère, (Antoinette Remacle) habitait également notre village depuis que son père s'y était venu installer pour y passer sa retraite de brigadier de douane.

3) ACHILLE MAS^ART, garde-champStre, est né à Soulme d'une famille qui compte quatre générations dans le villagei il n'a fait qu'un court séjour h Bruxelles,

4) JOSEPH FABRY, ancien bourgmestre, n'a Jamais quitté Soulmej il y est né en 1366. Son père, Isidore, y était instituteur.

5) MARIE HUTIN, née en 1369, épouse Joseph Fabry, fille de

Adolphe Hutin et Eulalie Rihoux, dont les familles séjournent à Soulme depuis six générations.

(6)

3.

aux pages XV à XXI de son introduction à son étude phonétique du

franco-provençal (l) et qui semble bien répondre,avec une précision définitive, à toutes les questions psychologiques que pose l'enquête linguistique quelle qu'elle soit.

Il est bien évident que nous n'avons pas eu recours au question-naire. C'est un instrument pour gens pressés, qui recherchent, sur un vaste domaine, un matériel linguistique restreint. Mais, nous

avons élaboré un plan en nous aidant de celui des ouvrages modèles du genre (Cochet, sur Gondecourt; Meineicke, sur Lastic et ensuite Remacle, sur La Gleize). Muni de ce plan, nous nous sommes efforcé d'Itre présent, là, partout où l'on parle patois. Nous avons accom-pagné le paysan svœ les labours et marché dans les sillons frais, derrière la charruej nous avons circulé de la grange à l'étable, visité la maison ou la ferme des caves aux combles; nous avons assis-té à la préparation du pain et des repas; nous avons entretenu la ménagère au fournil et à la buanderie; nous avons accompagné le bûcheron au bois, porté le fusil du braconnier et la gaule du vieux pêcheur; nous avons offert le boire, le jour de la ducasse, chez le bistro oùTon danse, écouté la bonne vieille nous décrire la proces-sion ou nous narrer le sort de quelque statuette ou relique.

Nous n'avons jamais omis la soirée sous la lampe, quand la famille et tout le voisinage réunis, nous offraient la grande moisson des mots. Nous avons demandé souvent qu'on B O U S raconte, en patois, quelque vieille légende de saint, quelque sombre histoire de sorcier, quelque vieux souvenir dans lesquels le dialecte est toujours si pur.

Nous nous souviendrons longtemps de l'émotion prenante avec laquelle Marie Rigaud nous peignait les scènes naïves et mystiques qui déco-raient les rideaux de son lit d'enfant. Nous ne croyons jamais avoir noté de patois plus frais en même temps que plus exact. Là, en effet, le langage touche l'âme et son prii s'en trouve singulièrement accru. Evidemment, nous n'avons pas toujours attendu du hasard, une moisson philologique complète : nous avons alors interrogé prudemment, en patois, employant, dans la plupart des cas une circonlocution volon-tiers évasive qui avait pour effet de faire exploser le mot dans la

(I) Phénomènes généraux d'évolution phonétique dans les dialectes franco-provençaux (Grenoble 1932)

(7)

bouche de nos sujets. Nous avons pu élucider 1*étude des plantes en recourant à 1*emploi d*un herbier, composé sur place, avec l'aide des paysans eux-mêmes.

Bref, nous avons essayé de mener notre enquête, avec le maximum de prudence et de psychologie. (I)

Qu'il nous soit permis, avant de pénétrer au sein de notre sujet, de remercier ici tous ceux qui nous ont aidé dans notre ta6he : nos maîtres, notre famille et nos aimables et patients sujets de Soulme, nos coufîins et ami, iilessieurs Pesler, Demeure et Tilmont, notre

collègue, •/'onsieur E. Legros.

Nous leur assurons à tous une profonde gratitude.

(8)

B l B L I D G i R A P H I E L

A. GSOGRAPHIE ET HIf?rOip.

Annalectea pour servir k l'histoire ecclésiastique de la Belgique (en partie. T. Xyi)

Annales de l'Académie royale l'Archéologie de Belgique (Anvers I ^ ^ ) Annales de la Société archéologique de Namur (Namur I349-I903)* Berlière (Dom Ursmer) : Documents inédits pour servir ^ l'histoire

•ccLésiastiuue de la Belgique (Bruges) Monasticon CFlorenne^.

Boimans : Cartulaire de Dinant (achevé par Lahaye et Brouwers) (Namur 1330)

" Couvin (Namur 1875)

Bulletin de la CoirmisEion royale d'histoire de Belgique (Bruxelles) de la Société d'art et d'histoire du diocèse de Liège (IV-IX) de l'Académie royale d'Archéologie de Belgique (an 1922) - de la Commission pour l'histoire des Eglises wallonnes.

Clrconscription g^'nérale des paroisses et succursales du diocèse de Namur et nominations des curés et desservants (23 prairial an XI)

Paris : Histoire des diocèses de la ptincipauté de Liège à partir du XVII s. (7 vol.)- 1377, ISm, 1839, 1890.

Delettre : Plorennes, historique du château (?lorennes 1905)

Pe Peyn ; Dictionnaire historique et géographique des communes belges Des.iardins : Géographie de la Gaule T. IV.

Fauconnier : Vieux papiers (série de 52 articles parus en feuilleton (Abbé) dans le "Courrier de fhilippeville" h partir du I^.1.1931

Martin de Semouchamps : ?a chronique (ibid. 23.3.I>'50) La pierre tombale de •lartln de Remouchamps (ibid.) Jourdain et Van Stalle : Dictionnaire encyclopédique de géographie

historique du royaume de Belgique. T.II. Bruxelles 1396

Laurent ! Trois bas-reliefs de l'Abbaye de Florennes (oud Holland 1924) Leriche : Les régions naturelles de la Belgique (Revue ULB.I9I0)

Leodium : T. IV an 1905

Messager des Fidèles (Revue bénéiJictine an 1339 VI) Monseur : Le Folklore. (Bruxelles - Hozez)

l/Pirenne : Bibliographie de Belgique (p. 57, ?S, 142; 143) Piot i Les Pagi de le Belgique (Bruxelles 1974)

(9)

Poncelet r Le livre des fiefs de l'Eglise de Liège sous Adolphe de la /arck (Bruxelles 1398)

Province de ?'omur : Florennes (article du 9 oct. 1936)

Reiffenberp; : ''ionuments pour servir k l'histoire des provinces de Njàaur et Luxembourg (coll. des chron. belges)

Revue bénédictine : (XI, XII, XIV, XV, XX) Revue historique d'Ardenne (IX)

Roland (Chanoine G) t Histoire généalogique des Ruaiigny(Florenne» (ann.soc.arch.îîamur 18^1) (XIX)

Ossogne (idib. XXXVIII)

Notice historique sur la seignexirerle d'Agimont-Givet.

Hé.1alot (Dom Thierry O.P.B.) : Les derniers jours de l'Abbaye de Florennes (Revue lithurgique et monas-tique Abbaye de Maredsous n* 3, 2Ie année 1936)

f^om Jacques Rgymont de Vireux et ses deuy neveux Charles et Hubert Saymon abbés bénédictins de Florennes m XVII s. (Reims 1933)

Van der .aelen : Dict. géographique de la province de Kamur (Bruxelles Id32)

Villermont (comte de) •ssai historique sur Couvin et sa chatellenie (Nemur 1376)

B. LI^GPIPTICirE ET DIALECTOLOGIE.

Arbois de Jubainville î Recherche sur l'origine de la propriété foncière et des noms de lieux habités en France (Paris 1390)

Barbe L. : rictlonnaire du faatois normand ( Tjouvlers 1907)

l-astin ( Abbé Joseph) : 'orphologie du parler de Faymonville (Walsmes) B S W.L I

Les Plantes dans le parler, l'histoire et les usages de la Wallonie malmédienne (Liège 1939) coll. "Nos dialectes" n" Ô.

Bayot î Le Poème moral (Liège 1929)

Beszard : Etude de l'origine des noms des lieux habités du Maine (raria I9IC)

Blodiwitz W. : rie germanlschen Ortanaraen im Département Ardennes

(Volkstum und Kultur der Tjomanen, t. 12, I939t P.I-I68) Body A. : Vocabulaire des agriculteurs (B S W, t. XX)

(10)

7. Bourclez : Eléments de I<inguistique romane (Paris I9I0)

Fîionétique française (Paris 1937)

Bropckert M. : Etude philologique sur la langue, le vocabulaire et le style du chroniqueur Jeaja de Haynin (Mea. de l'Acad, royale de Lan. et de Litt. franç, de Belgique t.VII

Bruxelles 1925)

Bruneau. Ch. : BibliograDhie lorraine 1928-30 (Annales de 1» et, 1935 fasc.*^) p. 267-324)

fja Champagne. Dialecte ancien et patoio modernes (Bi-bliographie critique dans la "Pevue de TAnguistique romane** t.V)

ïï:nquôte linguistique sur les patois d*Ardenne (Paris

I9I4)

Etude phonétique des patois d'Ardenne (Paris I9I3) Limite des dialectes wallon, champenois, lorrain en Ardenne (Paris I9I3)

Brunot F. et Bruneau Ch. : Précis de grammaire historique de la langie française (Paris 1957)

Carnoy : Dictionnaire étymologique du nom des Communes de Belgique (2 vol. "jOUVRin I':;39-I'340)

Charlier G. : Une vieille chansoï^wallonne (Le Flambeau - déc. I936, p . eàiv-Q)

Chavée : Français-Vullon. Esquisse de grammaire wallonne. (Namur I3$7) Clédat : Manuel de Phonétique et de Morphologie hisborique du français

(Paris I9I7)

Colson : Table g^^nérale des publications du "Bulletin de la Société liégeoise de Littérature wallonne" (ld30-IV06) t. XLVJI di bulletin.

Cronenberg A. t Die Bexeichnung des Scheehdorns In Galloromanlschen (Leipzig 1937)

Darmesteter. A. t Cours de grammaire historique de la ]aigue française (?^aris I930)3If 34) (4 vol.)

Dauzat. A. ; Dictionnaire étymologique de la langue française (Parie

1933)

La géographie linguistique Lee noms de lieux (Paris 1932) Les noms de personnes (Paris 1923)

vie du langage (Paris I9I0)

Le village et le paysan de France (Paris 1942) Delbouille U. s Les Noèls wallons (Paris et Liè||e 1953)

De prêtre et No père R. : Petit dictionnaire du wallon du Centre (La Lcuvière)

(11)

9 Dot tin t Glossaire des parlera du Bas-'îaine (Feris 1899)

PoutreDoiit : Les roëls wallons (Liège 1909)

Duraffour A.- : Hiénoisènes ^^^néraux d'évolution phonétique dans les dialectes franco-prcvençaxix, d'après le parler de Vaux en Bugea ( '*in) (Grenoble I9?2)

Etudes de dialectolop;ie romane dédiées à la mémoire de Charles Grangagnage (B.D.W.IS52)

?eller J. : Notes de philologie wallonne (Litge I9I2)

Toponyraie de la commune de Jfllhay (Mém.cour.Cora.roy. Top. dial. n*» I - Bruxelles 1936)

Phonétique da gaumet et du wallon comparés (B.8.W.XXXVII pages 203-v 32)

Franz A. : Studien zur wallonischen Bialeksyntax (Zeit.f.franz.Spr. u.Litt. I9I5)

Gamillschep; : Etymologisches Wo^terbuch der fr8nzî?sichen Sprache (Heidelberg Vj2Q)

Gertaanieche Siedlung in Belgien und Norkfrankreich (Berlin 193^)

Gilliéron et Mmona : itlae linguistique de la France

Gilliéron : La faillite de l'étyraologie phonétique (Neuveville I9I9) Généalogie des mots qui désignent l'abeille (Paris I9I8) Graamont : Traité de phonétique (Paris 1939)

Granji^agnage : Fiictionnaire étymologique de la langue wallonne

f^ârlTnk : Die Benennungen der Bachstelze in den romanischen Sprachen und nindarten (Leipzig 1933)

Haust : Le dialecte liégeois au XVIIme siècle. Les trois plus anciens textes. (Bibl, de la Fac. de Fhil, et liet. de l'Univ. de Liège, fasc. XXVIII, I92I)

Le dialecte liégeois au XVIIme siècle. Quatre dialogues de paysans (coll. "Nos dialectes n® 9; Liège 1939)

^e dialecte liégeois au XVIIme siècle. Dix pièces sur les

femmes et le mariage (coll. "Nos dialectes" n" II; Liège 19^1) Dictionnaire liégeois (Liège 1933)

"Enquête dialectale sur la toponymie wallonne (Mém. Comm.roy. Top. Dial. sect. wall. 3)

Etymologies wallonnes et françaises (Paris, Liège 1923) Glossaire philologique des chartes confisquées aux bonnes villes du pays de Liège et du comté de Looz après la bataille d'Othée (Com. Roy. d'Hist. 1937)

Glossaire philol. des régestes de la cité de Liège, éditées oar Fairon (Com. de l'Hist, de l'anc. pays de Liège, ^ t.

1953? 1937, 1933, 1959)

(12)

9. H«ust J. t Médicinaire liégeois du XlIIme et médicinaire namuroie

du XVme s. (Liège 19^1)

Notes de toponymie liégeoise (Ann.Gomm. de i'Hist. anc. pays de Liège n° 2 t. II, Ib39î n» 3 t. 2 II, 19^-0;

n» 4, t.II, I94I)

Le tissage de la paille dans la vallée du Geer (Liège I9<£2) Le toponyme ardexmais "fe,("fè, **fwè**) Acad. roy.Ljang. et Litt. franç. de Belg. 1937)

Herbillcn : Toponymie de la îlesbaye liégeoise (Wetteren 1929^ 19^3) Hinjg:re (Chanoine) : Vocabulaire complet de la Bresse (Vosges)

(Ft.Pié Tjl7)

Jaberg: Aspects géographiques du langage (Paris 1956)

Jeanton et Puraffour i TjB maiscn paysanne en Bresse (l'aria 193 >) KôViler K. : Die lîezeichnungen des GeiBlatts in den romanischen

Spra-chen ( Fjeipzig 193?)

Kortinf^ : Etymolcgisches Worterbuch der franzosischen Sprache (Paderborn 1908)

Ktirth : La f ; entière linguistique en Belgique et dane le nord de la ?rance ( .'ém. cour. Acad. 5elg. I3';}6-3y)

LuTQUin : Glospaire de Fosses lez Nemur (B.S.W, t.L) wlaes L. : Notre patois ( "ou seron)

Marchot P. : Petite phonétique du français prélittéraire (Fribourg I90I)

Lee patois du Luxembourg central (Rev. des patois rom. IV, p. 17-32; I89I)

Phonologie détaillée d*un patois wallon (Paris 1392) Vocables couvinois (Liège 1390)

Maréchal A. : Carte dialectale de 1'arrdndissement de Namur (B.S.W. t. XL)

Maréchal P. L. : Le meunerie au pays de :.'amur (B.B.W. t. LIV) Meneicke : Enquête sur la langue paysanne de Lastic (Paris 1935) Mélanges ^raffour (vol. XIV de "Eonfanica Helvetica")

Mélanges de linguistique romane offerts à *A, Jean Haust (Liège 1939) aiélanKes de philologie romane et d'hist. litt. offerts à M. Wilmotte

(Paris 1390)

Mélanges de philologie offerts à M. J.J. Salverda de Grave (GroningUe 1953)

Mélantres wallons (Liège 1892)

Meyer-Lû'bke V.. : Historische Gremaiatik der franzb'sischen Sprache (Heidelberg I9I3)

Romnnisches Etyaologisches W^rterbuch (Heidelberg I9ÎO-I955)

Michel L. : La phonologie (Rev. des Lang. vivantes IvA-1-2-3-4-5-6) '•^illardet : fjinguistique et dialectologie romanes (Paris 1923)

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10. p. I et 251 et suiv.)

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Pétri Ff t GerîTtanisches Volkeerbe in Wallonien und Nordfrankreich (••Bonn, 1957)

Pire cul t Dictionnaire wnllon-françeis. Dialecte de Namxir (Namur 1934) Remacle : i:»e parler de la Gleize (:ûém, Acad. Hoy. Lang. et Litt. franç.

de Belgique t. ÏII Bruxelles 1937)

KemcuchaapE : Carte Eyetémetlque de la Wallonie (Brux. 1955)

Kcnard EdR^ î Top^ninie de Vottea et de Fvecour-lez-Làè ge (Liège 193^ yéin. uoifl. roy. Top. Dialect. sect. wall. 2 )

Roland CChenoine G.) : Toponymie namuroiee (Ann, soc. arch, Namur X X I H Rousselot C/^bbé) : '.Modifications phonétiques du langage (Paris 1902)

Principes de phonétique expérimentale (Paris 1902) Roussey Ch. : Glossaire du parler du Sournois (Leipzig 192>)

Fchwan-Behrens t Grammaire de l'ancien français (Leipzig 1925)

Pteffen '. : rie Ausdrifcke fîir "Kegen" und "?chnee" im FranzSsischen, Patoronaanischen und Italienischen (Zurich I'^35)

Sttfrzinf^er J, t Hemavks on the Conjugaticn of the wallonian ! ialekt (Transactions of the m o d e m ianguage. Assoc. of Aaeri-ka, vol. I p. 204)

Tho as A. ï Essais de philologie française (Paris 1897)

Nouftaux essais de philologie française (Paris, 1904)

Tobler-Lomaatzch : Altfr^nzb'eisches ïïorterbuch, A3 ^ CD (Berlin 1936) Valkoff : Philologie et littérature wallonnes. Vade-niecum (Groningen

et Satavia 1933)

Vincent : Les noms de lieux de la Belgique

Toponymie de le France (Bruxelles I';)57)

Von Wartburg 7.. : Bibliographie des dictionnaires patois (^iOÇ.des publ. rom. et franç. t. VIII)

Die Entstehung der romanischen Vb'lker (Halle-Saale, 1953) trad. franç. Cl. Guénot de aupassant "r^es origines des peuples romans (^aris I'}4l)

Pranz6*sisches Stymologisches Wîîrterbuch (Bonn,

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Zur Benenniing des Schafes in den rom. Spr.(I9I3) Welrand : Glossar und Gr-mmatik der Germanischen Lehnworter in der wûllonischen mundart j'âaedys. (Bibl. Fac. Phil. et '.ett. Univ. Liège, fasc. à4, 1940)

Waslet t Vocabulaire wallon-français : dialecte givétain (Rev. d*Ar-denne et d'Argonne XVIII et XIX)

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Wilmotte t litudes de philologie wallonne (Paris 1932) Le wallon (3rux. Hozez)

Zeligzon L. : ictionnaire des patois de la i^oselle (Public. Psc. des .jettrès de Strasbourg, 192-$, 1924)

Périodiques Archivum T^omanicua.

Bulletin de la commiesicn royale de toponymie et de dialectologie 16 vol. (1927 à 1942)

Bulletin du Pictionr«sire général de le langue wallonne (Liège 1906 à 1955)

Bulletin '6 la société liégeoise de littérature wollonne ( M è g e , 13^3 à 1950)

Dialectes belgo-ro.tiens (Bruxelles, 1957 à 193$)

Enquêtes du ^^usée de la vie wallonne (Liège, 1924 à 1935) 5 vol. Le Français moderne (Paris 1955 suiv.)

Leuvensche Bijdragen (Louvain)

Keophilologus (Gtoningen, A'olters I9I5 suiv.)

Pro wallonia (Ann. de l'Ass. roy. litt. wall. de JharLeroi » I9II, I9I2 1939 à 1942)

Pevue belge de Philologie et d'Piistoire (Bruxellesj

Revue de linguistique romane (Paris Champion 1925 suiv.) •^evue du Nord (Lille)

RomaniG (Paris)

Vox romanica (Zurich)

Wallonia (Liège IS95 à I9I4)

Zeltschrift fur romanische Philologie (Kalle)

Testes patois (des réf^ions voisines)

Balle A. : "Intréz vîr èm djârdin." (Cerfontaine)

Bernus : "r/iaalade St. Thibaut" (adaptation du "'v^alade imaginaire** en dialecte carolorégien) Texte polycopié.

Callaert ?. : '*l8twères d'in gaviot" (Gilly 1934). Malecte de Dampremy Calozet J. : "Li Rrak'nî** (édité par J. Hauat, coll. "Nos dialectes**

n" 6, 1937) rialecte d'Awenne.

•'Iii crawieûse agasse" (édité par J, Haust, '*>Tos dialectes n» 10, 1959)

•*0 payis dès rabotîs** (édité par J. Haust, *'Nos dialectes 1935)

(15)

Fay G, : "Trwès p'tits èfants" (Cilly 19^1) Dialecte de Gilly.

Genaujc B. : "27 au quautron" fablee wallonnes (Gilly 19^1) Dialecte de Psnsart.

Ijecomte : "Eamfidjes" (Gilly 1942) Dialecte de ChStelet. Lempereur E. î "Spites d*§n»es" (Châtelet) id. 1935.

Marchai A. i "Li dérène chîje" (Gilly 19^1) Dialecte de Namur

Van Gutaea H. : "aiérs di leune" (Gilly I94I) Dialecte de ??ontignie8 s/S.

"Tchabareyes" (Couillet 1936)

Vandereuse J, : "ries Pasquîyes dans l *î!ntre-?!ambre-et- 'euse" (Gouillet 1939)

C - SOURCES MAHUSO;-:iT£S, A.

B.

0.

Archives de Soulr-ie aux archives de l*Etat à Nanxrr. Fonds des comsiunes (Fc) Fonds Echevi-nages

1. Histoire d'administration (OrdoniiBnces 1667 - Opé-rations militaires - Dénombrements - Biens -Pauvres 2. Procédure (172^4-1723)

3. Aides - Assiettes et comptes (I667-I7I3)

1. Titres et propriétés (parchemins (1556 à I75I) (Tr

I * ) T

Ibis. Hegistre aux transports (I606-I6I0)(Tr îzble) 2. - (I700-I767)(Tr l i )

3. - C1763-179 ?)ÇTr IQ ^. - (1792) CTt r")

5. îiiasse de transports (I322-I777) (Tr T^) 6. Testaments (163^1693) (Testaments) 7. Causes (I569-I599)

3. - (I660-I794)

Fonds ccur et chapelle : I liasse (I621«fl6ii9) (cure) Archives de la mairie de Soulme

rchivee particulières des familles .'elobbe et Rigaux (AP) D. Archives du presbytère de Poulme et de la fabrique d*Bp;li8e. E. Archives de Florennee (Abbaye) aux archives de IVEtat Hamur.

n« I f« 52, 65, 66,^971, III

83 83, 9^ V«» 109, III, 1^3 III, 187

52, 65

(16)

15. Cartulalree de l'Abbaye de vaulsort (aux archives de l'Etat, Namur)

T. I f« 231 T.29 f 119 à 121

1.30

f 281 T.31 55 T.35 l à ô,

55,

2I^^ T.59 à 44 (pasEim)

Registre aux amendes de la cour de Gochenée (/Archives de l'Etat à Hafflur)

(17)

ABRBVIATIONS EMPLOYEES

A II F Atlas lineuistique de la France B D W Bulletin du Dictionraire wallon

BTé Knq. Bruneau : Enquête linguistique sur lea patois d'Ardenne Br. Ph. - Etude phonétique des patoie d*Ardenne

Sr. Lim. - Limite der dialectec wallon, champenois et lorrain,

B S W Bulletin de la société li^geoine de littérature wallonne 3 D T Bulletin de la com. roy. de Toponymie et Plalectologie.

P B R Dialectes belgo-romans,

D h Dictionnaire liégeois de J. Haust, "E M Enquêtes du musée de la vie wallonne.

^tjm, J. Haust i Etymologiœ wallonnes et françaises.

F E W Von Wartburg t Pranzb'sisches etymologisches Aorterbuch.

G ^ . Grandgngnsge : Dictionnaire étymologique de la langue

wallonne.

Grign. Phonétique et ?.'orphologie de l'OE wallon (R P W. t : L) l€l« !(• Remacle : Ije parler de la Gleize.

R E W Meyer-DKbke : Romanischee etynologisches Wîîrterbuch, R L H Revue de Flnguistique romane.

2 f R fto Zeitschrift f\Sr romanische Philologie.

m

En outre, comme nous faisons un usage constant des

glossaires et travaux suivants, nous n*en reprendrons pas, à chaque rcféreçice, la citation entière :

(Fosses) Lurquin : Glossaire de Fosses-lez-îîamur (B S W, t.L) (Givet ) Waslet : Voc. Wall. Franç. TUalecte givétsin (Rev. Ard.

et ârg. XVIII ?* XIX)

(Nsmur) (Pirsoul) : Dict. wall. franç. Dialecte de Raaur

(Maréchal) : Carte dialectale de 1*arrondissement de Kaniur (B S W t.XL)

(18)

I N T n o n u L T i D N

Le village de Boulme fait partie du canton de Florennes, provin-ce de Namur. Il porte, dans la carte systématique de la Wallonie,

publiée par J.î/.RemcuchEmps (B T D IX p. 270) le sigle Ph(ilippeville)

32. Sa superficie est d'environ sept cents hectares et sa population

de cent soixante^ habitants. On n'y compte aucune grosse exploitation agricole.

A. Aperçu t^éofzjrajphlqueSoulme se trouve situé dans

l'Entre-rambre-et-'.'îeuse, contrée qui, dans ses limites hydrographiques, la ?-embre

au Ncrd, la /euse à l'iat, ne constitue pas une vraie région naturel-le (I), mais forme plutôt une z6ne de transition, Sxir lo rive gauche

de la "petite Fuisse mosane", l'Entre-F-ambre-et- 'euse est, en réalité, la continuation des territoires de l'Est : Condroz, Famenne, Ardezme,

dont elle présente successivement, du Nord vers le Fud, les caractè-res phyeiquee et humains. C'est en marge de cette fagne déprimée que

8« place le village de Soulme. Enserré par le profond sillon de

l'Hermeton (2), qui forme comme une frontière sud de la commune, il est planté à l'altitude de 206,4 sur la pente orientale d'un mamelo^

(1) Halkin : Géographie de Belgique p. 299

(2) La rivière de goulme est dénommée grande Cau ou Itermeton. Elle^ réalise rarfalternent cornue ses soeurs de Haute Belgique, le caractère

d'éiigénie. L'Hermeton, dans son cours supérieur, en amont de Soulme et de Vodelée, coule dans la dépression de la Pagne, ainsi que ses

composants i le Ruis Grand Ry et le Puis de Pambaj.

Dans une vallf'e d'une smpleiir extraordinaire, tracée sur les formats schisteux de la Fagne, elle coule alors vers le N-W. l'uis, par un cou-de brusque (au '^ud cou-de Romecou-denne), elle s'insinue dans le plateau du bord sud condrusien et gagne le ;euse par un défilé étroit et sinueux,

d'une somptuosité large et sauvage. Son embouchure est à Hermeton.

Au lieu donc de suivre le vaste dépression schisteuse qui coupe la .'euae à Givet, et qui prolonge la Famenne, elle entre dans le massif

très résistant qui forrae la bordure septentrionale de la Fagne. C'est un type de rivière surinposée : son passage des formations tendres de la Fagne à celles du massif condrusien s'explique aisément : la riviè-re a d'abord coult; sur de? sédiments épandus autriviè-refois sur

l'avant-pays ardennais. Ces formetione (sables et argiles tertiaires) ont dis-uaru sous l'action de l'érosion subaérienne et la rivière, crierchant

k atteindre son profil d'équilibre (dent le niveau de base : la Meuse h Hermeton, constltusit le point d'aboutissement) s'est enfoncée dès

(19)

(220 m) qui culmine entre l*Hermeton (de direction S/W-N/E) et son

petit affluent, le ruisseau d'Oaeris lequel, venant du N/0,coule vers

la rivière en traçant à l'ouest de la coiamune une frontière précise.

Vers le Nord et les vastes horizons condruaiens de l'Iîntre-Sambre-et Weuse, le territoire de *"oulia© se limite à l'intérieur d'une bande forestière qui, de le "'«use (entre Hermeton s/Meuse et ilastière) s'étend presque sans solution de continuité Jusqu'à Philippeville, dans le sens des longitudes.

Géolop;ie.- Soulme B^. trouve sur le bord sud du synclinorium de Pinant et evc la portion orientale d'un immense îlot givetofresnien qui, de Cerfontaine \ Agiaciit, constitue sur vingt-huit Km. de long; et sept de large un triple, quadruple voire même un quintuple anticlinal.

La charnière de ces anticlinaux parallèles est marquée par des bouton-nières de calcaire givetain. Ce calcaire givetain substratuia formaiit

le soraniet des anticlinaux apparaît en afflexirement, par suite de

i'érosion continentale qui a détruit la couche supérieure frasnienne, formée, elle, de multiples et étroites bandes de calcaire fi^asnien, entourées de schistes du même âge. (I)

Cette zÔne que nous venons de d^'crire géologiquement est celle d«8 marbres rouge de l'rjatre-Bainbre-et-'euse. Ces marbioes célèbres se

présentent comme des récifs homogènes, sans joints de stratification isolés et f o: raant dans toute le Fagne, des iïif?melons arrondis dénommés terniats, comzie le mamelon 220 sur la pente duquel se troiive *^oulme.

Véritableaent cuirassées danc les schistes, et s lentilles marmoréennes, concaves, convexes, comprennent plusieurs niveaux calcaires à teinte grise ou rouge dociinante due aux sele de fer que ces récifs conte-naient originairement, et donnant toute une série de variétés commer-ciales.

î^on loin de Foulme, les cflrrières de Vodelée sont les plus impor-tantes du gisement; à Soulme, il s'agit de petites exploitations

durement atteintes nar la crise économique et ne jouissant guère d'une situation avantageuse au point de vue coi.diticns de transport.

La Biéthode par fil hélicordal généralisée ôann les fe;r8ndea

carrières voisines de Viliers-le-Garabon, i.ierleaiont, Vodelée, Gochenée est appliquée aujourd'hui à Roulme.

(20)

17 Le contre habité de la commune, située à six kilomètres sur le rive gauche de la Vieuse, se compose de quelques maisons réparties autour de l'église et du cimetière. Deux chemins s'en détachent, vers le ?ud et oud-P.st et dévalent en zigzags le flanc nord de l'Hermeton. Le village est coaune isolé du plateau au Rud et à l'Est par la profonde entaille de l'Hemeton, à l^Ouest par le ruisseau d'Omeris et eu Kord par l'abaissement que produisent les deux crêtes des vallons croulant vers l'Est et l'Ouest, vers les deux rivières.

Au N-E du village ccurt la grand'route de Biesme à Agimont.

Au sommet de la descente vers l'Hermeton, un nouveau site d'habitation est apparu, petit village-rue attiré par le chemin de grande communi-cation. Plus au Nord, c'est la grande forêt fagnarde : Bois des Culées, Bois de 3elv?iU3f; le village forme ainsi un type d'essarts dansla

forêt qui couvre les horizons septentrionaux ainsi que les flancs abrupts des cours d'eau d'Omeris et de l'Hermeton.

Le soi est, en général, très ingrat. Le culture y exige, pour réussir, des efforts opiniâtres. Ceci explique suffisam^nent pourquoi on a vu,depuis un siècle, se transformer bon nombre de terres labou-rées en pâturages et s'orienter de plus en plus l'activité des habi-tants vers l'élevage dont ils tirent, à présent, le principal,de leurs revenus. (Voir top. V« nu pre n*»

A;joutûnB que, par son relief inattendu, ses forêts épaisses, Boulme offre souvent les pa:/S8ge6 sauvages les plus grandioses. Un hôtel établi aur la grand'route de la "Cempelle" contribue à faire goûter eiix touristes ce s-^joiar d'un pittoresque rare.

(21)

B. âperçu h l c t o r l Q u e S o u l m e appartient à une contrée dont la topo-graphie fut sans doute très tôt favorable h 1 * établisse aent de l*homiae primitif. Aucun vestige néolithique ne fut retrouvé chez nous, mais

nous savons que i^omelennes par exemple, h quinze kilomètres de oulme,

f\it habitée dès 1*époque préceltique. Le docteur Beugnies y a découvert

en effet, dans la grotte de Nichet (I) des débris d'ossements qui sem-blent remonter k cette époque; des silex néolithiques (casse-tête, marteau, hache) furent d'autre part mis k Jour h Chooz (2) de même qu'à Hargnies (5). Nous avons dans le radical "Sulm" de P^oulme un vestige celtique certain. (4) D'après la répartit ion territoriale que nous donne César dans ses comrienteires sur la guerre des Gnules (5)t le territoire

de Soulme devait être habité, lors de la conquête roaaine par les

Pieu lOxli (Couvin) ou plus probable-rient j^ar les r^egni (Givet) peuplades toutes deux clientes des Trévirea (6).

Notre région fut un centre habité romain important. Une villa romaine

fut découverte V la "Champelle" (7).

D'autre part, un diverticulun de la chaussée romsine réunissant Reims à Trêves (voie de Dicrocortorum Remorxim a Augusta fTrevirorum)

traver-se la 'eutraver-se H Givet et a été reconnu en Intre-;-^ imbre-et eutraver-se,

parti-culièrtvinent à Gochenée et Agimont (3). ites vestiges archéologiques ro-mains d'ailieurs sont nombreux dans toute la région. Citon la fa.r.euse villa d'Anthée ()). On a découvert h Givet (10) ur tombeau

belgo-romain et des monnaies de Gallien et ostume; à Rurice on a mis k Jour

un trésor (II) et un cimetière (12) contenant vingt-trois tombes;

Cl) 3r. Lira. p. 4^

(2) 'r Guelliot : Rev. hist. Ard. IX p.?70. (3) ibid. p.28*^

(4) /oir notre chapitre sur la toponymie. (5) -ésar corn jent aires VI 5-.

(6) On sait cependant combien sont peu sûres ces dénominations et

loca-lisations. Voy. Br. Lim.47

7) Von der :"aelen : rict. géogr.II.

8) Ce diverticulum s été considéré longtemps à tort comme la voie de Bavay k Trêves qui passait en rér.lité ter linant (An.Soc.Krch.

Wamur T. XIII. p.I - c f . 3run. lim.p.pb) (9) /-n.Soc. '«rch. Nsmur p. 16$; XV p.I.

10) G.G. Roland : notice histor. Sur le Seigneurie d'Agimont-Givet p.5 11) An. "^oc. arch. Namur II ^46

(22)

k Vodelée (I) un ciraetière de dix tombes; A Agimont (2) et

Tves-Goaiez^e (3) des monnaies.

Les vestiges toponyiniques en vaux, mont, en éy (iacas), in iy

Ceies) sont très nombreux et nous affirment combien la colonisation

romaine qui - d'eprèe Bmineeu (Lim.p.61) devait pereister Jusqu'à 250,

273 - fut profonde et tenace. L'occupation franque, témoignée par

quelques sources archéologiques (par ex. ciraetière d'une quarantaine de sépultures entre Gochenée et Âgimont (^) a dû être, au ccr traire, clairsemée et tardive

Souliae, dans les divisions administratives que les France avaient

repris des Romains, faisait partie, comœe l'Entre-Pambre- euse entière, du pagus lomacensie ou Lomnencis (6) qu'obtint Lothaire au traité

de Verdun,

lès le début de la féodalité, le sort de roulme a été lié à celui de

l'importante abbaye bénédictine de Florennes, betie sans dcute vers l'an lOIO (7)

(1) An. Soc, arch. Nomur XIV page <£<^0.

(2) ibid, XIII page 522. ( '0 ibid. XIII page 524. (4) ibid. XVII page 253. (5^ Brune au Limj.tiss p. 73.

(6) Ilot : les pagi de 1P Belgique.

(7) Noue possédons ^ dans In chronique de Jean d'Outremeuse (III

p.3I4-515) cette mention de la création de Florennes en S43. " Pour se mettre h. l'abri dep InvaticnF. ncrnsn'ies qui àéeoloient ôé^h les derniè-res années du vieil empereur à la barbe fleurie, un certain Robis et Hobert, sire de ïïoland et comte d'Kozemcnt, aurait édifié dès 843 une enceinte fortifiée en ce» lieux, puis efir. d'être davantage en assu-rance avec son peuple, il aurait joint H ce château une forte muraille

Eemée de grosses tours comprenant tout le bourg. Son fils Tîadus voulut

avoir comme Fcn père l'honneur d'avoir bSti La ville et en 355» il fit dans ce but exhausser fortement les mursilles,"

Au Xe siècle, était seigneur à Florennes, Kibert dont le C.G, Roland a étébli la généalogie Jusqu'aux sources semi-légendaires; il le fait descendre, en effet, de lerthe, dame de ?lorennes et du Cte Ebroïn, file du comte Aimery de Narbonne. Cet Eibert, épouse en 944 la douai-rière de Rumigny, veuve, mère de deux fils Godefroid et Arnould, etj^onM crée, la même année, l*abba;/e de '^'eulsort, Quoique temps plus tard,

devenu vieux, il donne solennelleTjent, sur le conseil de l'empereur Cthcn II le doraî^ine de Florennes à Godefroid et Arnould.

Godefroid, l'aîné, meurt très t6t d'une blessure reçue bu cours d'un combat coiitre le comte de 'ainaut. Arnould lui succède; il épouse Ermentrude, fille eu comte d'Ardcnne et de Verdun, C'est lui qui

construisit l'enceinte de la ville. Arnould avait eu déjà l'intenticai de bâtir à Florennes une sbbaye, mais la mort l'empêcha de mettre h exéciaticn ce projet, ce fut son fils, Godef'Oid III, qui, avec l'aide de ses frères Arnould et Walter, fonda le monastère vers lOIO,

Les premiers biens de la nouvelle communauté provenaient des dons

des seigneurs de '^lorennes, de la comtesse Haldecoi'de, fille de Hugues Capet (biens h 'ellet et Ingremea), de Walter, frère de Godefroid

(23)

En Iû$7, noue trouvons notre village appartenant à un certain Ctbert que l'evêque Théoduin de Liège appelle son chevalier (I). L'abbé de Florennes échange le ville de Lesucs contre le bénéfice de foulme. Et, le 16 février 1057, l'évêque Theoduin de Liège édicté (2) que

l'abbaye aura :

" lotum ipsuai beneficiua de ^oulmeB cum famille et eccleeia silvis, '* aquip, terris cultis et incultis onmibusque Hppenditiis totius ville '* et ecclesie, liberum est ante semper fuerat ab anni amnino tam

" advocati quam coraitis districtione"

ï.nfin, le 16 févrierliab, le pape Clément III lui-même approxive cet échange dans line bulle (5) où il reprend les meâes termes que l'évêque Théoduin.

A partir de ce moment, Oouime était inscrit parmi les b<*néfices de

l'a^aye et devait rester sous la sujétion des moines jusqu'à la révolution française.

Quels étaient les droits de l'/^bbO de Tlorennes? Ce dernier était seigneur de Soulae, lequel fais&iit partie du tréfonds de l'abbaye St-Jean.

En vertu de son titre seigneurial, l'abbé nommait une cour de justice haute, moyenne et basse; censale féodale ou sutre selèn les intérêts en cause et la nature aes biens à adminirtrer.

Les droits de l'abb-î étaient de deux espèces :

T. î^roits de propriété des biens de toute nature appartenant à sès monastères; l'abbt» en jouissait comme il l'entendait (vente, échange, location lui étaient permis).

On lit dans un record appartenant au fonds de ]''lorennes (4) :

" qu'il n'est permis à qui que ce soit; d'aller, venir ou passer sans " le grez du seigneur abbé qui est dominateur absolu du dit lieu " tn I0I5, l'hérit r^e d'Arnould TI, frère de Oodef-old, p. ssa h l'évêque Gérard héritier testamentaire, qui céda aux moines de nombreux biens sis à Florennes et Oivry. L'empereur Henry il, le I> avril I0I2,

confirma la création de l'nbbnye, se fit protecteiir des moines et donna k Godefroid le titre d'avoué héréditaire. (A E ÎT. Flor. 23

Hist. et Adm.) Mais, peu après lOI^, Henry II, suzerain de Florennes, fit don de 1? seigneurerie au iirince-évêque de Liège, ce qui faisait de Godefroid III un des nombreux vassaux de ce prince. Tîotons, qu'au point de vue militaire, le fief de '^lorennes relevait de la Chatelle-nieie ^inant.

Pur l'histoire des abbayes de Ymulsort et Florennes, voyez Roland

(Ch.G,)"Hiatoire généalogique des Jîumigny-Florennes*/ Lahaye : "Histoire

de Waulsort'^ P. Delattre (C.J.)"?lorennesv lauclet (Abbé)"St Gengoux"

(1) Dom Berlière. Documents inédits p.16. (2) ibid. pii23

(5) ibid. p.27

(24)

2 1 .

2. Droits de qurldlctlcn.- t#aJF!flye (dans »ôn hist. d© Waulsort) nous dit t

H .1«s abbés de Florennes étaient de véritables seigneurs notamment

" baillis, mareurs, échevins, greffiers, sergents 3^*âs de tous les ** villages de leur seigneurerie."

A 1*appui de cette affirmation, citons les records du 10 juin 1505 et

du 15 novembre 1522 :

" aussy le droit d'y créer mayeur et échevins pour officier tous cas

" de hauteur " (I)

Au point de vu© Judiciaire, l'abbé exerce les :

DRCIT? a/ de haute justice (causes crimànelles : meurtres, duels, blessures, révoites, batailles - amendes, confiscations, châtiments corporels, prison, tnort).

TToits sur les biens sans maître (bétail fugitif, etc.)» A.ux fins d© cette justice, un carcan fut planté à Soulme le 16 novembre 1550 (2)

b/ de moyerr.' juptic© (simple police exercé© par les membres de iFi ccur et spéclaleraent par le sergent),

c/ de .justice féodale jugeante jm aonastère : trois fiefs situés à noulrae sont relevés en 1759, I?71, I7âl par devant la cour féodale du monastère (3)

** La haute cour d© justice Rt Jeaa-3sptiste siégeant à Soulae"

établissait en outre les enquêtes officielles (crimes, délits, acci-dents) no.Tiraait les tuteurs aux orphelins, émancipait les enfants, enregistrait les testaments et transactions de t-,outes sortes, noi^itnait les mambours de le fabrique et de la table des pauvres, levait le droit

d© morteaains, surveillsit l'entretien des ro.tes, procédait à la

soisie des biens des débiteurs insolvables. Au-dessus de la haute ccur de Justice, planait l'-îutorité du bailli. Kous connaissons à Boulxae troir beillis : Fraoenuel ion resta on fonctions jusqu*©n 1730;

(1) A.?.N. Biorennes n" I f' III

(2) " IJB seizième jour de novembre en 1550 par le coanancie-ent de mon-" seigneur doa Jehan dermeton abbé 4e l'église et monastère Jehan de " Floremes, dom Jehan doret qui compteur et procureur délie dit monas-" tère de florines accompagné de guillsa^ie 'monas-"alvange aambour d'icelle " ont foriet plentere par l'ordornence de Justice «^u lieu de j^'oulmes " segnure dellc-^itte église devat l'egliese dudit '"ouïmes jour dit(?J " une estache ou qu'il y at affichiet ung carkan et ce pour punire les " savais garchone et gens qu'j feront mezus. Ce fut faict présent corne " œayeur ùudit Toulmes Jehan Prersr et comme eschevine Jehan délie " ville, Jean Thomas aussy plusieurs autre dudit Houlnes.

" Le même jour ledit domp Jehan doret livre rm Jehan Prera" une paire

" de ferres et ou ung loccuet ccur emprisoner et punir les délinquants" (A £ N Flor. K« 6 f" 111)

(5) Fonds rt. Aubin I, f* 67 (inscrits par erreur 'aïs les registres

de St. Aubin par uix greffier qui s'excuse de cette transposition

(25)

Etienne Henry ''aseart lui rucc^da. proclamation eet annoncé* com?ne suit : M tt tt M II n w II II M

Ncue, "nom Simon Nenquin, par IP perTnieBicn divine, abbé de

Florin-nes, seigneur des terres dépendant de notre monastère, à tous ceux qu'il4ippartiendra. Selut : La charge d'officier bailli de nos terres

étant vacante psr cuite le 1& mort du fieu mmanuel Lien Avocat, connaissent la prudence, droiture et capacité de wonsieur Etienne .Messart, avocat à Philippeville, nous l'avons établi, par la

présente, bailli de nos villages de ?t. Aubin, Cornelle, 5t. Apsoul, Soulïïie, Vodelée et 'szée et de nos parties de village de Roly,

Keuvilie et Cerfontaine evec tous les hameaux dus 4 cette charg*.... (I)

Te 1 7 5 7 à 170^ et probablenent jusqu'à la révolution, cette charge

fut remplie par Jean François Renscelot "Couiûiissicn d'officier, bailli " est donnée par Nous, Pom Simon Kenquin à •;1r J.F, Renscelot, juria-" consulte et avocat en notre terre et seigneurerie de 8t. Aubin, " Corennes..., Soulme, e t c . . e^ en général, toutes terres et dépen-" dances de notre abbaje.dépen-"

De nombreux records nous donnent le détail des droits de l'abbé comme seigneur surles villages du tréfonds Bt. Jean. Voici, à titre d'exem-ple, celui que nous avons trouvé le plus intéressant :

C'est un papier de 1 6 6 7 . Il comprend deux feuillets couverts d'une écriture primitive et inexperte, difficilement lisible; d'autre part,

de nombreuses surcharges e n merge du texte et aan les interlignes

rendent le déchiffrage plus meleisé encore. Cet acte se trouve a u x Archivi*es de l'î:tat à fîati.ur (Soulmes Fonds conînunes liasse I/hist admir;./ parmi les "ordonnances").

Ivlessiexirs de la haulte ccur de Poulae.

JfîonBier le Heverend i-relat de Florinnes vostre seigneur, vcus requière qu'en faveur de Justice iln vous plaisent décernez^ sur les articles suivants vostre \6ccrd par raonseigneur dom Benoist Clicher resepveur dudit ^relet ce requérant.

1 / Prime, c'il y at d'aultre '^eigr que vtona. le trelat qui establye-sent le pyeur, eschevins, serreant et Bourgeois.

2/ Sy ceste Justice constituée ainsy par ''ons. le frelet ne cognoit de toutfe cnuse perponnelle, réelle, 'nixte et criminelle et sy elle nat estez de tous temps et est en telle possession.

3/ '^y elle recogncls aultren superleurs que le iuge de M e g e ee

causes susdittes. ^

4/ Py les cens seigneurielx ne sont dReuts a 'ons. le i^elat 5/ ?y l'Advoué y at quelque droit et pourquoy.

6/ By les ^îiseraens de cette commune ne proivennent de predisseurs

dudit seigneur P.everend, veoir B\ quoique eultre y puis prétendre droix qi iceluy

(26)

7/ Sy ensuite ils ne luy^ayent les tenages et deniers dominicaulx 3/ Sy la Justice de ^ons. le iielat ou son mayeur en son nom

n*abor-ne pas les trois plaids gen*abor-neraulx, les prairyes, labeurs, etc.

9/ Sy elle gauge les mesures et s'y icelles sont en depost près des

mayeurs dudit Seignr rrelat.

10/ By il y at d aultre f^-elgr. que ledit frelab qu il perçoive le

droix... le droi>^ d'aforage. (Passage barré)

Ry quelque uns venoit de cette commeaulté iJ/le pxxj faire sans la periaisaion vludit Sr relat et sy artoit par I© permission dudit le terrage ne luy st dbeu a 1 exclusion de tous aultree

( Burcharge daufi l'infce i'ligne)

II/ ?y un des officier jette le coupt de guille s la deducaese que

1 on appelle le coup du Beigr lacme ^ue le Jeuneeee ne (joue?),.,

mettre... gucun ... dudit lieu de Poulriie San la ijemission dudit

1 officier pour qu elle respecte ne doilve donner une paire de gan

( ourcharge ~ en face de l'article précédent)

12/ r!y vous n avez entendu ou il y eut autre fois un carcan audit

lieu.

(Surcharge sous le texte de l'acte - recto)

Fy cette coamuneaulté n est obleigée de recognoistre envers mondit le ïïd par chacun bourgois ou manants un tournois et ce peur djfctim-tion de querelle qu il se trouvent auprès du prélat.... (effacé)

Buivant quoi notre Isflitte X>ur voullan un chacun administrer justice respondent au premier article : disons estre véritable qui n y at d* fîultre seigneur que ledt Révérend qui établisse dans ce lieu de Soulae œayeur et eschevins sergeent et bourgeois ce qy ils ont vciix practi-cuer de tous temps.

Verso.

Au Ileme disons que cette dicte justice cogniu de touthe cause tant personnelle rejielle mixte que crifflinelle et qu elle en at estez ainsy de tous temps et en telle profession et pour science adioutons que passé quattre a cinq ans ans ense environ que 1 officier dudit Révé-rend ne faict une poursuite contre le personne de Jean Ferauge qui avoie coEiis un meurte et dont par rencharge des susdits "^rs eschevins de Liège cette ditte justice at coapdemné le d ferauge d avoir la

teste tranchée sus de respaille tant que mort sensuive bras et jasbe et d ^tre roulé vif et puis ledt officier dudt Peigr. relat lorsqu il fust question d exécuter lesi eiuz ferauge le mit entre les sains de

1 officier de .lonsr le Baron de Pesche, ayant la corde au colle a

offert d en faire jcstice laquelle après fut icelle exécutée

Au 3eme disent que non quel? ne cognoissent d'aultres supérieurs que les selgrs eschevins de "Mege pour ccgncistre det? c auses susdites. Au quatriesîae disent qu il n y at eulcu|t seig. au lieu de Sculm© qui perçoive deniers seigneurial sinon raons. L'abbe de Wausor sur une courte de tenant qui s apelle la ccur Ste .^arye

Au cinquies-e disent que "cnsr le Baron de : esche en qualité d avoué de celieu de F!oulme at le droix de coinage et fmssi que chasquun char-rue luy doibve quattre stiers d'avoine quottorze p6tx (pstars) et

(27)

Au sixiesrae disent qu ils tiennent que leurs aizements proviennent des predi«3sent dudit T?d que ladite cocimuneaulbé est obleigee envers ledt Beigr Rd de luy recognoistre et payer annuellt une pouille de eultre plus que si ycelle ditte coctiaunesulté :ie doit a v-;ndre ou aliéner quelque aizements ou boi? leur appartenant le dl f^r Irelat en doibjr avoir la moictié et 1 autre moictié a ladte commiineaulté nel autre que puiese demander droit que led. Ed.

Au septiesrae dis ent s en avoir expédié par 1 article cydessus.

Au hUjictieme respondent qu i 1 scaveia que le mayeiirs du Rd prélat at toujours Bborné les trois plaids gênerai prairye labeurs eux en noms dudit seigr Révérend.

Au 9enie disent estre véritable que les gauges de sezures doibvent estre en depost près dudt seigr iïelat.

Au dixiesne disent estre vraj* quil n y at d auitres qui perçoive aul-cun drciy d afforage- que ledt Sr ir'relst peur il luy appartient qusttre patx sur- chasque tonne la moictie t luy et I autre •noictié a justice

Au onziesme disent estre véritable que le m lyeur de ce lieu le iour d© la deduoasye iette le Ir coup de guilla que 1 on appelle le coup du Seigr et que pour rrjv ttr-^ un iouinux (?) il fault que la Jeunesse le demande audt mayeur en nom dj dt Rd et dont il luy donne une paire d© gan ce qu ils ont veux de tous teiaps prac tiques.

Et respcndant finsllest au dousiesme par record de 1 un et 1 autre quilz entendent dire par les vieilles gens qu il y at euy dans ce lieu un quarquan qu est ce qu il peux dire présenta come aiayeur ©t eschevins a '^"^ançois Cogneaux autre eschevine Jean de Liège, Jacques d'aspremont ©t Jacques cogneaux et afin ce soit feriae et stable ont eigné ce prst record le 26e spril 1667

ayant au surplus ordonné a ledit ^ e f f i e r de depescher 1©8 doubles audit Rd de la signer.

Les revenus de l*abbé sur ses biens de Toulme étaient multiples : il

percevait la dîme (I) , les droits de mortemiElns (2) spécifiés dans des actes du 10 juin 1503 et du 15 novembre 1522; des droits d*afforages (3?) des droits sur les ^ours et le moulin banaux. (#)

CepexKlant, 1*abbaye d© Florennes n*était pas seule k posséder d©8 droits et des revenus sur le village de Poulme.

De nombreiix biens, sis à Goulae, avaient été légués à l'abbaye

d'Hastiè-re par des fidèle? r'econn.'?isssnts. Ces noyaux de possession ce multi- .

(1) 15^6. Plorennes n» 5 f W

(2) Deux tiers de mortemains dans la Juridiction de r^oulme (Ibid.n* I III)

(^) Florennes n" 6 f» 187

(28)

plièrent certainennent entre les laalns des saints abbés et nous constatons Qu*en 1363, les possessions de 'A'aulsort-Hastière étaient déjà fort étendues dans notre village (l) L'abbé de Waulsort nomme lui aussi une cou r de justice jugeante h ''oulme, dénommée justice Ste Marie. Mais il est stipulé que les articles des records de cette

cour ne doivent jsmais :

" porter préjudice k l*abbé de Florinnes qui en raison de sedite

Eglise est vray Seigneur possesseur haulte moyenne et bas haulteur " et '^grie de Foulme et y créant, y constituant maïeur et échevin "(2)

Il va sans dire que, malgré les réserves faites et les précautions

prises, ces deux cours de justice siégeant en même lieu ont parfois

créé des difficultés av.x deux communautés religieuses qui en

bénéfi-ciaient .

On insiste, dans les archives de Florennes (5) sur le fait " Qu'autre seigneur que l'église n'a jazaais créé les mayeurs, justi-" ciers et s-ergeans pcor officier de tous ces de haulteur quoy qu'il

" y ait une cour de tenans establye par le monastère de Hastyr." Des accords amicaux ont souvent été conclus entre les deux

monastères et, par exemple, le 19 avril 15^6, a lieu le transfert de la terre des "longues voies" (Ioniques raies) au profit de l'abbaye de Florinne" C^) Ajoutons d'ailleurs que les yctes portant l'entête " cour de justice ''te ¥arie*' ne sont guère nombreux dans les archives

de P-oulrae.

Pous sa double juridbtion monastique, notre petite village vécut heureux durant de très longues aimées. La seigneurerie de Florennes était passée, après le règne de Hoofifroid IV aux neveux de ce dernier Ebbes de Viesville, puis à îîicolas II, c œ s i n de Ebbes. Ensuite, grâce su ariage d'Isabelle de -umigny,srrière-petite-fille de Hugues I de Plorennes (qui accompagna son suzerain frédéric Barberousse dans sa Cî^mpagne contre les Farrazins) elle s'inscrivit parmi les poseessiois

de la maison de Lorraine-ânjou, bientôt supplantée par la branche

Lorraine-Ysudémont. Enfin, de 1556 à I?7I, elle passa à le maison de Glymes.

Soulme, fidèle k la juridiction ^-ibbatiale, ne s'aperçut guère des changements de maîtres qu'il subit. On sait d'aillexirs que les droits qui restaient aux seigneurs étaient devaaus h peu près inexistants et

que l'abbaye de ""aint-Jean restait l'». véritable souveraine le notre

région. Nous ne croyons même pas que notre village (fief du Prince-Evêque) fiit eu à souffrir de Içi guerre qu'occasionna, en 1403, la révolté des Liégeois contre Jean de Bavière. La répression fut

cepen-riFCartul. de Waulsort T. XXIX f*» 119 à 121 ^) Cart. de Waulsort XXXIII f 1 à 6.

5) n* I f» 69

(29)

dent terrible et le i^Tince Philippe de Croy, dépéché par Philippe le Bon, poursuivit les réfugiés liégeois Jusqu'à Florennes où ceux-ci incitaient les habitants contre l'autorité du Prince-ri^vêque.

Cette insurrection coûta h Florennes, ses reraparts. (I)

Aucun écho de cette campagne à Boulme; les archives restent muèttes Jusqu'à la guerre de Trente Ans.

La période française de la Régence et du règne de Louis XIV Jeta un trouble infini sur l'Entre-rniubre-et- "euse entière. Florennes fut mise à sec en 1635 (2). En 1640, les bandes lorraines, qui avaient pris dens cette ville leurs quartiers d'hiver rançonnaient tous les environs et subsistaient de rapines et d'exactions de toutes sortes. En 1 6 4 l ' a r m é e d'^'spagne en aarche sur Rocroy rançonne h son touB les habitants de Florennes et en 16^3» lors de Le ^'ronde des princes ce fut ?ondé, qui en remontant vers Nsmur, traversa toute notre région

non sans dommages pour les villageois. Les troupes de Louis XIV

sil-lonnèrent à leur tour les campagnes avoisinantes de l'abbaye St-Jean Baptiste et ce, sans interruption de 16 av à I69I. Luxenbcurg s'instal-le à Florennes de Juin à août 1692 et s'instal-le roi Pos'instal-leil lui-aêrae, accom-pagné de la cour \ l*^quelle il voulait offrir le spectacle d'un siège, traversa î^lorennes pour gagner ensuite Tinant et Nomur. i-'ériode de dévastations et de vols qui plongea dans ur.e confusion totale le pays entier. Une nouvelle répartition Ju recensement des dîmes fut même Jugée nécessaire :

" - cause que pendant les guerres dernières qui ont accablé entière-" aient tout le pays d'•:ntre-Sambre-et- :euse depuis l'an 1639 Jusqu'^ " l'an 1697, les campagnes ont estez ravagées par les troupes de

toutes les armées et qu'ainsi les limittes des dîsmes evoient estés *' négligées ce qui causoit asse souvent des difficultez entre les " collecteurs." (5)

Cette triste période passée, nous retrouvons '-.oulme clans le contrat de la^iage de César Théodore de Glymes avec V'arguerite de Bryas (4), au siilieu des vill-ages de : '"t. Aubin, Chaunont, Gorcnno, Pranchimont, Villere-le-Gambon, Villers-en-Fagne, î^art-en-Fagne, Vodecée, I-^emptine, ^^illers-deiox- glisec, Jgaiagne, Jamiolle, Yves-Gomezée, .embercée, Neuville, S^imart, Roly, Soiazée, ?ry, Pesches, Furice, fcoinedenne, Ltmtenne, Vodelée, !azée, Treignes, Cerf ont aine, Daussois, le vicomte de Jeherenne, le seigneurerie de Harron-sous-Villers-sur-Lesse, celle de Jambline, de Ilesnil : églises de

.^ouf-I) Monstrelet chronique I ch. 45 et 50. k) onstrelet chronioue I ch.

(3) Florennes n*» 3 f BS

(4) inséré dans le registre de la haute ccur féodale de Florennes en

(30)

27

fiouly, Gochenée, rie la Mozée, de GhiBlenghien, de Helnin en Heinaut, ©"te • • •

T'ouvre alors la révolution française. Un vent de révolte souffla bien vite îsu-delà des frontièree. i.'atnosphère de fièvre atteignit en toute première ligne Florennee et le grappe des villegee qui l'envi-ronnaient. Une grande sympathie animait les coeurs pour cette révolu-tion qu'on entendait gronder à deux pas. Givet, à quelques kiloraètres offrait un spectacle déchaîné (I) Des bandes de patriotes eeaiaient le désordre, '^e 9 Thermidor, Delecolle détruisait l'abbeye de Tîaulsort. Coster, Eeneur givétain saccagea l'abbaye de Florennes le II msi I?!^. Dix moines et leur sbbé (doa "iCclercq) furent chassée après une

douloureuse captivité dans la collégiale, IJC raonastère fut abandonné et on traça plus tard 1& route de Biesme à loriblmé au travers de l'abbaye ruinée (2).

lie second traite de Parie net fin h la domination française; mais les ducs de Florennes inquiét^^s par le code Napoléon et les partages «uiequele il les astreignait achetèrent des terres en Bohême

et Autriche et quittèrent le doraBine ancestral.

Au point de vue spirituel, il est vraiserablable que les religieux

de Florennes desservaient la paroisse de '^oulme et que le 1ère Abbé y dépêchait un moine qui remplissait, en quelque sorte, les fonctions de curé et résidait au presbytère, lequel appartenait également au monastère. (3) lie demier- curé-moine fut Dom Antoine Stephani, en fonction de I63S à I65C. Il est important de remarquer que Soulme et Gochenée n'ont formé très longtemps qu'une seule paroisse (4) et que cette fraternité religieuse dura Jusqu'au 1er janvier IB49, date où .-ïonsieur J. Ficsart est «irrivé à Gochenée comme vicaire; il y a

été nommé curé vers 13^2 (3)

( I) Ttevue Lith. et 'onast. Abb. de 'aredsouf n** 3 19^6 p. 155.

( 2) Cette route traverse l'emplacement de l'ancienne église abbatiale, dans toute sa longueur, '''e nombreuses pierres, d'un intérêt archéolo-giquefcertain, furent perdues. Quelques-unes trouvèrent une place d'honneur l'abbaye de laredsous. Citons en particulier : deux bas-reliefs sculptés d'une ai.-micre naïve et primitive (voy.G. Vrancaloen : "Les ''as-I^e Lief G de ICaredsous provenant de l'Abbaye de Florennes,,)

T. XVI An. Eoc. arch. de Namur) et une pierre portant cette inscription " Verb I param Y :i pho lohann I 3aptisTae an. ICI3 "

dont nous parle dom Guyto;r. dsns une relation de vc:,Mge aux Pays-Bas planus. Bibl. nat. foniï. frac. 2547'+)

( 3) Ajt*h. chez :.';r. le Curé de Soulme

( 4) décret rendu par le concile de Florennes en date du 50 juin II70 (compte-rendu dans le registre de la Fabrique d'Eglise séance du 9 septembre 1356)

(31)

Voici !«=! liete des pssteurs âe Soul/ne : Toucsaint Denis (1650-165^)I Jean Henaux (165^-1656), Bartholoaé Demodave (1656-1630) Jacques Bertrand (I) (I63O-I70O) iilcque j,altaux (l) (I700-I?40)

LouiE I^ubois (I7'»-C>-I77I) flerre-Joseph Linard (2) (I77X-I302) Pierre-Joseph Henry (I302-IS05) François Rivir (3) (I305-I326) Jean-Pierre Grobert (I826-I352) Célestin Paaoux (133^-133') Dieudonné J/.X. Nivail-le (1337-13^5) Henri-Joseph Rousseau (1875-1391) Auguste Tiehon (13)1-1396) Léon locq (1396-1902) Léon "^leine (I902-Iv04) Henry Rase (1*^04-1909) Jules -.imet -(I909-I9I6) Victor Bernard (I9I6).

Un fait "social" est important à signaler :

La généalogie des principales femilles de notre village établie par 1* *,bbé T'ivaille aux environs de 1365 fait remonter au cours de sept générations tous les habitants de Soulme (sauf quelques rares ménages nouvellement installés) k un seul couple : Jacque Hélut et Catherine T)elpire.

(1) Les deu: pierres tombales se trouvent danc un buisson d*épines dans le cimetière de Koulrae, la,1ère est rédigée en latin et la seconde en français.

(2) pier:'e de lo tombe de ce prêtre pe trouve auprès de l'Bglise; texte latin.

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