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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Demanet, J. C. (1966). Contribution à l'étude du rôle de la thyroïde dans l'hypertension expérimentale.: L'effet antihypertenseur de l'hypothyroïdie chez le

rat (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Médecine – Médecine, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/215310/1/8a4a1e32-e3e6-4fb4-83ba-f4453313d95b.txt

(English version below)

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--- English Version ---

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(2)

UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES

clinique médicale et laboratoire de médecine expérimentale

(Professeur P. A. Bastenie) LABORATOIRE DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE

(Professeur V. Conard)

CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DU RÔLE

DE LA THYROÏDE

DANS

L’HYPERTENSION

EXPÉRIMENTALE

L’EFFET ANTIHYPERTENSEUR DE

L’HYPOTHYROÏDIE CHEZ

PAR

J.C. DEMANET

(3)

THESES ANNEXES

1. Il existe une bonne concordance entre les variations du

capital en sodium mesurées en clinique par la méthode des

bilans et par la mesure du sodium échangeable.

2. La riposte tensionnelle à la noradrénaline perfusée varie

chez l’homme avec l’état fonctionnel thyroïdien.

(4)
(5)

UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES

clinique médicale et laboratoire de médecine expérimentale (Professeur

P. A.

Bastenie)

LABORATOIRE DE PATHOLOGIE GÉNÉRALE (Professeur

V.

Conard)

CONTRIBUTION À L’ÉTUDE DU RÔLE

DE LA THYROÏDE

DANS

L’HYPERTENSION

EXPÉRIMENTALE

L’EFFET ANTIHYPERTENSEUR DE

L’HYPOTHYROÏDIE CHEZ LE RAT

PAR

JC. DEMANET

THÈSE PRÉSENTÉE EN VUE DE L'OBTENTION DU GRADE d’agrégé de l’enseignement supérieur

ÉDITIONS ARSCIA S. A.

60, rue dè l’Étuve - Bruxelles

(6)

Tous droits de traduction, d'adaptation et de reproduction par tous procédés, y compris la photographie et les microfilms,

réservés pour tous pays. <Q 1966 by éditions arscia s.a.

D 1966/0227/8

(7)

Th m’est un agréable devoir, en présentant ce travail, d’exprimer

toute ma gratitude au Professeur P. A. BASTENIE, dans le

laboratoire et sous la direction duquel cette étude a été conque et

effectuée. Ses encouragements, ses conseils et ses critiques m’ont

été un précieux stimulant.

Mes remerciements vont aussi au Professeur V. CONARD qui

s’est intéressé à cette étude tout au long de sa réalisation et au

Professeur L. MARTIN qui m’a si aimablement conseillé pour

l’analyse statistique des résultats. Je remercie, de plus, les docteurs

J. R. M. FRANCKSON et A. M. ERMANS pour les conseils qu’ils

ont eu maintes fois l’amabilité de me donner.

La réalisation de ce travail doit beaucoup à l’aide dévouée des

techniciens du Laboratoire de Médecine Expérimentale, en particu­

lier MM. A. TINANT, J. SEIGNEUR et M. BERTHOUIL. Je

tiens à souligner aussi le soin mis par Mademoiselle S. PROCU­

REUR à faire les coupes histologiques et à dessiner les graphiques,

et par Madame TOUSSAINT-JARADIN à dactylographier le

manuscrit et les tableaux.

Mes remerciements vont enfin aux docteurs C. PIRSON et

L. DODION de la société A. Christiaens qui m’ont fourni gracieu­

sement les médicaments utilisés dans cette étude et à M. V. GUEL-

TON des Editions ARSCIA pour avoir mis à ma disposition sa

grande expérience de l’édition.

(8)

TABLE DES MATIÈRES

Pages

INTRODUCTION

01. But du travail... 15

02. Conceptions actuelles de la physiopathologie de l’hypertension artérielle 16 03. L’hypertension par régénération surrénalienne... 19

04. La tension artérielle dans les affections thyroïdiennes... 21

05. La fonction thyroïdienne dans l’hypertension artérielle... 22

06. Effet de l’hyper- ou de l’hypothyroïdie dans l’hypertension ... 24

07. Mécanismes possibles de l’effet antihypertenseur de l’hypothyroïdie ... 27

CHAPITRE I MÉTHODES EXPÉRIMENTALES 11. Animaux — Boissons et aliments... 35

12. Interventions chirurgicales et traitements médicamenteux chez le rat . . 37

13. Mesure de la tension artérielle... 39

14. Mesure de la sensibilité vasculaire à la noradrénaline... 42

15. Mesure du métabolisme basal... 43

16. Mesure du sodium et du potassium échangeables... 43

17. Épreuve de surcharge hydrosaline avec mesure de la réponse diurétique en position couchée et debout... 46

CHAPITRE II ÉTUDE DE LA TENSION ARTÉRIELLE CHEZ LE RAT 21. Étude de la relation entre le poids et la T.A... 49

22. Valeurs moyennes et distribution des T.A. systoliques et diastoliques de rats normaux... 50

23. Évolution de la T.A. au cours de la vie d’un groupe de 12 rats normaux 53 24. Influence de la narcose sur la T.A... 56

(9)

10

TABLE DES MATIERES

Pages CHAPITRE III

ÉTUDE DE L’HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE PAR RÉGÉNÉRATION SURRÉNALIENNE

31. Les manifestations de l’hypertension par régénération surrénalienne . . 63

31.1 Evolution de la T.A. et fréquence de l’hypertension... 64

31.2 Évolution du poids, de la consommation d’aliments et de NaCl ; métabolisme de base et survie des animaux... 69

31.3 Poids des organes prélevés à l’autopsie... 71

31.4 Lésions rénales parenchymateuses et vasculaires... 73

32. Observations concernant les divers facteurs patbogéniques invoqués dans l’bypertension par régénération surrénalienne... 78

32.1 Rôle de l’âge... 78

32.2 Rôle du NaCl de l’eau de boisson... 79

32.3 Rôle de la réduction de la masse du parenchyme rénal... 82

32.4 Rôle de la régénération surrénalienne... 82

32.5 Comparaison de l’hypertension par régénération surrénalienne à l’hypertension par la DOCA... 83

33. Discussion... 83

CHAPITRE IV INHIBITION DE L’HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE PAR L’HYPOTHYROÏDIE 41. Action de l’hypothyroïdie préalable sur l’apparition de l’hypertension . . 93

41.1 Comparaison de trois méthodes d’induction de l’hypothyroïdie ; méthimazol, propylthiouracil et thyroïdectomie... 93

41.2 Comparaison de trois doses de méthimazol... 95

41.3 Résultats globaux sur l’bypertension du type Skelton et sur l’hyper­ tension par la DOCA... 100

41.4 Étude comparée de l’effet du méthimazol sur la T.A. du rat normal et du rat « Skelton »... 103

41.5 Modification par l’hypothyroïdie de la consommation d’aliment, de boisson et de sodium...105

41.6 Étude anatomique et microscopique des répercussions de l’bypothy-roïde sur l’hypertension... 105

42. Effet sur l’hypertension de la correction de l’hypothyroïdie induite ... 108

42.1 Effet de l’extrait thyroïdien sur le métabolisme et la croissance des animaux traités ou non par antithyroïdiens...108

42.2 Effet de l’extrait thyroïdien sur la T.A. d’animaux intacts ou d’ani­ maux «Skelton»...110

42.3 Effet de l’extrait thyroïdien chez le rat « Skelton » traité par méthi­ mazol ... 113

(10)

TABLE DES MATIERES

11

Pages

42.5 Effet de l’extrait thyroïdien sur le poids des organes... 116

43. Action de l’hypothyroïdie induite sur l’hypertension expérimentale installée ... 117

43.1 Administration de méthimazol chez le rat « Skelton » 10 semaines après l’opération... 117

43.2 Administration de méthimazol après le développement d’une hyper­ tension manifeste... 117

44. Discussion... 119

CHAPITRE V ÉTUDE DES MÉCANISMES DE L’EFFET ANTIHYPERTENSEUR DE L’HYPOTHYROÏDIE CHEZ LE RAT 51. Modification de la fréquence cardiaque sous l’effet de l’hypothyroïdie . . 125

52. Étude de la sensibilité à la noradrénaline... 126

53. Modifications des concentrations sériques du sodium et du potassium . . 129

54. Étude du sodium et du potassium échangeables... 130

55. Modification de la tolérance au chlorure de sodium sous l’effet de l’hypo­ thyroïdie ... 132

56. Étude du rôle de la diminution des ingestats...133

56.1 Réduction d’aliment... 133

56.2 Réduction de boisson salée... 135

57. Étude de l’excrétion urinaire d’une surcharge hydrosaline...137

58. Discussion...142

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS ...153

SUMMARY ... 161

(11)
(12)

01. BUT DU TRAVAIL.

La littérature concernant l’intervention de la thyroïde dans l’hyper­

tension humaine et expérimentale peut se résumer de la façon suivante :

1° L’hyperthyroïdie s’accompagne souvent d’une élévation de la

pression artérielle et l’hypothyroïdie tend, surtout lorsqu’elle est

profonde, à faire baisser la tension artérielle.

2° L’hypertension est aggravée par l’hyperthyroïdie et est améliorée

par l’état d’insuffisance thyroïdienne.

3° Ces phénomènes, très nets chez le rat, sont moins marqués chez

l’homme et rarement observés chez le chien. Il existe donc d’impor­

tantes différences d’espèce.

4“ Les mécanismes responsables de l’influence de la fonction thyroï­

dienne sur la tension artérielle normale ou pathologique ne sont pas

connus. Diverses hypothèses peuvent être avancées, parmi lesquelles

il faut retenir celles qui invoquent des changements du débit car­

diaque, des modifications de l’activité surrénale et du métabolisme

du sodium et une interférence avec le système adrénergique.

Le présent travail a été entrepris dans le but de vérifier expérimen­

talement l’effet antihypertensif de l’hypothyroïdie induite et de préciser

les mécanismes physiopathologiques qui sont à l’origine de ce phéno­

mène. L’hypertension expérimentale du rat paraissait tout indiquée

pour étudier l’effet de l’hypothyroïdie et analyser les différents facteurs

susceptibles de contribuer à la baisse de tension artérielle.

(13)

16

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

La seconde partie du travail étudie l’effet de l’hypothyroïdie provo­

quée che

2

le rat sur l’hypertension induite par régénération surréna­

lienne ou par la DOCA.

Cette hypothyroïdie a été réalisée par différentes méthodes : produits

antithyroïdiens de synthèse à diverses doses et thyroïdectomie ; elle a été

appliquée à des moments différents de l’évolution de l’hypertension.

La troisième partie comporte des expériences destinées à tester

certains des facteurs physiopathologiques considérés comme suscep­

tibles d’intervenir dans le mécanisme d’inhibition de l’hypertension

par l’hypothyroïdie : d’abord la sensibilité vasculaire aux catécholamines,

ensuite les modifications de la croissance, de l’absorption d’aliments

et d’eau salée, enfin le rôle possible d’une rétention diminuée de l’ion

sodium par un mécanisme rénal ou surrénal.

02. CONCEPTIONS ACTUELLES

DE LA PHYSIOPATHOLOGIE

DE L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE.

(14)

INTRODUCTION

17

La tendance actuelle à admettre une étiologie complexe tenant

compte des progrès des connaissances physiopathologiques est bien

représentée par la « mosaïc theory » proposée par

Page (1960).

On sait que la pression artérielle dépend à la fois du débit cardiaque

et de la résistance périphérique (P = D x R). La théorie de Page

suppose l’existence, chez le sujet normal comme chez l’hypertendu,

d’une « mosaïque » de facteurs largement interdépendants les uns des

autres, susceptibles de modifier soit le débit cardiaque, soit la résistance

périphérique, soit l’un et l’autre de ces paramètres. Ces mécanismes

peuvent être groupés en quatre catégories : nerveux, endocriniens,

rénaux et cardiovasculaires. Une perturbation à l’un ou l’autre endroit

de ce système doit entraîner des réactions homéostatiques qui peuvent

aboutir à un réajustement de la T.A. à un niveau supérieur à la normale.

L’aspect neurogénique de l’hypertension auquel l’école russe sous

l’influence de Pavlov attache beaucoup d’importance, comporte entre

autres des facteurs psychiques ou émotifs bien connus des cliniciens.

Ils conduisent par l’intermédiaire d’une hyperactivité du système

nerveux sympathique à une vasoconstriction artériolaire excessive avec

augmentation de la résistance périphérique.

L’aspect endocrinien de l’hypertension comporte outre des facteurs

hypophysaires et thyroïdiens encore mal définis, d’importants facteurs

surrénaliens : d’une part les catécholamines sécrétées par la médullaire,

ayant un effet vasoconstricteur (noradrénaline) augmentant la résistance

périphérique, ou cardioaccélérateur (adrénaline) élevant le débit car­

diaque et, d’autre part, les hormones corticosurrénaliennes (aldostérone,

DOCA) agissant surtout par leur effet sur la rétention du sodium. Ce

dernier facteur, la rétention ou la répartition anormale du sodium,

avec ses répercussions sur le métabolisme hydrique, s’est vu attribuer

une importance croissante au cours de ces dernières années. Il pourrait

agir sur la T.A. de diverses façons, soit en augmentant les liquides

extracellulaires et en particulier la masse sanguine, soit en provoquant

par la rétention intracellulaire excessive de sodium et d’eau un œdème

des parois vasculaires, soit encore en modifiant le tonus des fibres

musculaires lisses artériolaires sous l’effet de variations des gradiants

de concentration ionique intra- et extracellulaires.

(15)

18

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

par une angiotensinase circulante a un pouvoir vasoconstricteur très

intense, provoquant, à des doses 5 fois moindres, une hypertension

équivalente à celle de la noradrénaline. La découverte récente de rela­

tions étroites entre ce système rénine-angiotensine et l’aldostérone,

la sécrétion de cette hormone étant stimulée par l’angiotensine

(Genest

et coll., 1961 ;

Laragh,

1962),explique l’existence d’un hyperaldostéro­

nisme secondaire à l’ischémie rénale dans l’hypertension maligne et

dans l’hypertension réno-vasculaire.

Enfin, l’aspect cardio-vasculaire de l’hypertension comporte des

facteurs tels que l’augmentation du débit cardiaque, de la viscosité et du

volume sanguin, qui souvent d’ailleurs ne sont que la conséquence

de facteurs des autres catégories.

Cette théorie qui rend compte de l’intrication des divers facteurs

intervenant dans l’hypertension essentielle reste valable pour toutes

les formes d’hypertension où l’un des facteurs apparaît comme prédo­

minant : l’hypertension du phéochromocytome due à une sécrétion

excessive de catécholamines, celles du syndrome de Conn où une tumeur

corticosurrénale produit un excès d’aldostérone, certaines hypertensions

rénales et l’hypertension maligne où le rein secrète trop de rénine

(Helmer,

1964), l’hypertension rénoprive humaine étroitement liée

à l’excès de sodium et d’eau

(Kolff

et coll., 1964), l’hypertension systo­

lique de l’hyperthyroïdie expliquée par un débit cardiaque accru

(Lequime,

1937).

(16)

INTRODUCTION

19

L’hypertension par régénération surrénalienne obtenue chez le rat

par

Skelton

(1955) se rapproche de l’hypertension par la DOCA.

Comme cette forme d’hypertension expérimentale a été largement

utilisée dans ce travail, il convient de la décrire de façon précise et de

passer en revue les observations d’autres auteurs concernant tout parti­

culièrement les mécanismes pathogéniques invoqués.

03. L’HYPERTENSION

PAR RÉGÉNÉRATION SURRÉNALI

é

NN

é

Skelton découvre en 1955 que des rats femelles immatures

à

qui il a

enlevé un rein, une surrénale et énucléé l’autre (ne laissant en place

que la capsule surrénale vidée de son contenu) et qui reçoivent comme

boisson une solution de NaCl

à

10 g/L, développent en quelques

semaines une hypertension importante. Celle-ci s’accompagne de lésions

vasculaires d’hyalinose et de nécrose au niveau des reins, de la rate et du

myocarde, lésions comparables

à

celles observées dans l’hypertension

par la DOCA

(Skelton,

1956a). La surrénale énucléée de ces animaux

se régénère rapidement et en un mois atteint ou dépasse le volume d’une

surrénale normale. Son aspect extérieur est nodulaire et l’examen

histologique montre une prolifération de cordons de cellules corticales

où l’on retrouve la différenciation en glomérulée, fasciculée et réticulée,

mais où toute trace de glande médullaire a disparu

(Skelton,

1959a).

Le développement d’hypertension par régénération surrénalienne

chez le rat préparé par uninéphrectomie et boisson salée a été confirmé

depuis par de nombreux auteurs (tableau 03). Pour beaucoup d’entre

eux cependant, elle a une évolution plus bénigne et détermine des lésions

vasculaires moins fréquentes que l’hypertension par la DOCA.

La néphrectomie unilatérale associée chez le rat

à

l’administration

de solution salée

à

10 g/L entraîne une élévation tensionnelle

(Koletsky,

1959 et 1961a) mais celle-ci est plus progressive et n’atteint pas des

chiffres d’hypertension élevée. Ce fait apparaît clairement dans les travaux

de plusieurs auteurs où des animaux préparés de cette façon servent de

témoins

à

l’hypertension par régénération surrénalienne (tableau 03).

(17)

20

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

TABLEAU 03

T.A. systolique dans l’hypertension par régénération surrénalienne. Comparaison des valeurs moyennes (en mm de Hg) observées par différents auteurs

et des valeurs des rats témoins correspondants.

T.A. syst. T.A. syst. T.A. syst.

Auteurs rats rats rats

uni-« Skelton » normaux phrec. + sel

Skelton (1955)... 217 151

Chart et coll. (1957) .... 195 — 140 Masson et coll. (1957) . . . 191 — — Chappel et coll. (1958a) . . 160 135 — Grollman (1958)... 156 114 120 Skelton (1959c)... 180 — 125 Sturtevant (1959)... 170 — — Masson (1960)... 190 — 139 Geer et coll. (1961) .... 203 — 140 Brownell et coll. (1963) . . 171 — 155 Rapp (1964b)... 167 — 138 Dabi et coll. (1965) . . .| 130* 215** 111* 125** —

* Souche de rat résistante,

** Souche de rat sensible à l’hypertension expérimentale.

l’hypertension

(Skelton,

1958 ;

Chappel

et coll., 1958a). De nombreuses

recherches ont été entreprises dans le but de préciser le mécanisme par

lequel la surrénale en régénération est capable d’induire l’hypertension :

elles sont manifestement stimulées par l’espoir d’élucider le problème

tant débattu

(Bastenie

et coll., 1959) des relations de la surrénale et de

l’hypertension artérielle essentielle.

(18)

INTRODUCTION

21

Sheppard

et coll., 1964). Après 30 jours environ, la surrénale régénérée

a récupéré une capacité sécrétoire voisine de la normale

(Macchi

et

Wynan,

1960 et 1963

;Giroud,

1958). Pour

Skelton

et

Hyde

(1961)

cependant, la glande régénérée, même 3 mois après l’énucléation, ne

secrète pas autant de corticostérone en réponse à une aggression que la

glande normale.

Une autre hypothèse invoque une sensibilisation éventuelle du sys­

tème vasculaire, secondaire à l’insuffisance surrénale transitoire ; cette

hypersensibilité entraînerait alors une élévation excessive de la T.A.

en réponse aux hormones sécrétées par la glande en régénération. Les

expériences réalisées par

Chappel

et coll. (1959) et par

Skelton

(1959b,

1960) n’ont cependant pas montré d’élévation tensionnelle accrue après

l’administration d’aldostérone et de corticostérone chez des rats surré-

nalectomisés ou porteurs d’une surrénale en régénération.

La possibilité d’une modification qualitative de la synthèse des sté­

roïdes par le tissu surrénalien régénéré, proposée par

Laplante

et coll.

(1959), par

Masson

(1960) et par

Brownell

et coll. (1963), est infirmée

par une étude récente de

Rapp

(1965).

Grollman (1958), de même que Masson et Corcoran (1958b), pensent que l’hypertension consécutive à la régénération surrénale pourrait être la conséquence d’une riposte, rénale peut-être, à l’insuffi­ sance surrénale transitoire, plutôt que le témoin direct d’une anomalie de la sécrétion de la surrénale.

En conclusion, la surrénale intervient certainement dans le déclen­

chement de l’hypertension expérimentale de Skelton, par un mécanisme

qui reste cependant imprécisé, mais qui ne correspond pas à une surcharge

massive et non physiologique de stéroïdes comme dans l’hypertension

par la DOCA.

04. LA TENSION ARTÉRIELLE

DANS LES AFFECTIONS THYROÏDIENNES

(19)

22

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

sujets hyperthyroïdiens ont souvent une tension artérielle systolique

supérieure à 150 mm de Hg, que cette tension est sujette à l’importantes

variations et qu’après traitement de l’hyperthyroïdie elle se normalise

en général.

La valeur de la T.A. dans l’hypothroïdie est moins bien définie. Des

études anciennes soulignent la fréquence de l’hypertension dans le

myxœdème

(Fishberg,

1924 ;

Thompson

et coll., 1931,

Lerman

et colL,

1933). Ces derniers auteurs relèvent parmi 27 cas de myxœdème dont

la T.A. est en moyenne 144/98, 14 patients qu’ils considèrent comme

hypertendus. De même

Attarian

(1963) rapporte 24 cas d’hypertension

parmi 92 hypothyroïdiens, mais cette série comporte aussi 12 % d’hypo­

tendus. Passant tout récemment en revue 400 cas de myxœdème,

Watanakunakorn

et coll. (1965) notent 18 % d’hypertendus, mais ne

considèrent pas ce pourcentage comme significativement élevé, parce

que la majorité des patients ont plus de 40 ans. Les myxœdémateux

étudiés en détail au point de vue hémodynamique par

Scheinberg

et

coll. (1950) et

Graettinger

et coll. (1958) ont des T.A. normales.

L’association d’hypertension et d’hypothyroïdie semble avant tout

liée au fait que le myxœdème touche souvent des sujets âgés, principale­

ment les femmes après la ménopause.

Il est habituel d’ailleurs que la T.A. s’abaisse en dessous des valeurs

normales lorsque le myxœdème est très marqué, et surtout dans le

syndrome de coma myxœdémateux.

(Catz

et

Russell,

1961 ;

Forester,

1963 ;

Leon-Sotomayor

et

Bowers,

1964, p. 4).

Chez l’animal aussi, les modifications de la fonction thyroïdienne

induites expérimentalement ont une répercussion sur la T.A. : la thy­

roxine

à

fortes doses provoque de l’hypertension chez le rat

(Selye,

1951) et un traitement antithyroïdien fait baisser la T.A. du rat normal

(Fregly,

1958 ;

Fregly

et

Hood,

1959 ;

Wurtman

et coll., 1963).

05. LA FONCTION THYROÏDIENNE

DANS L’HYPERTENSION ARTÉRIELLE.

Entre 1920 et 1940 l’attention de plusieurs auteurs avait été attirée

par une augmentation du métabolisme basal (M.B.) dans un certain

nombre de cas d’hypertension artérielle

(Boothly

et

Sandiford,

1922 ;

Mannaberg,

1924 ;

Boas

et

Shapiro,

1926 ;

Weiss

et

Ellis,

1930).

(20)

litté-INTRODUCTION

23

rature effectuée par

Mountain

et coll. (1943) montre que les avis des

auteurs sont loin d’être unanimes sur la fréquence de l’accroissement du

métabolisme dans l’hypertension. Chez 827 patients hypertendus

classés d’après les anomalies du fond d’œil, selon les critères de Wagener

et Keith, ces auteurs trouvent pour les quatre stades des valeurs moyen­

nes du M.B. respectivement de -|- 3 %, -j- 3,5 %, -f 5 % et -f- 11 %,

mais ils ne constatent pas de corrélation entre M.B. et tension artérielle

pour l’ensemble des cas. Des observations semblables sont rapportées

par

Rosenkr.antz

et

Marshall

(1947).

En 1955 une étude au moyen d’iode radioactif, effectuée par

Fateeva,

montre une captation thyroïdienne élevée dans 60 % des cas d’hyper­

tension bénigne. Dans les stades avancés chez des sujets plus âgés, cette

captation est par contre abaissée dans plus de la moitié des cas. Ces

constatations sont

à

mettre en rapport avec les observations histologiques

de

Bastenie

(1936). D’après cet auteur les thyroïdes prélevées

à

l’autop­

sie ont un aspect colloïde homogène, signe d’activité faible dans l’hyper­

tension rénale (29 cas), contrastant avec des images d’hyperactivité

observées chez 84 hypertendus essentiels.

L’augmentation du M.B. et l’existence de signes cliniques rappelant

l’hyperthyroïdie dans le phéochromocytome est bien connue

(Raabs

et

SwiTHvviCK,

1949 ;

Kvale

et coll., 1957 ;

De Graeff

et

Horak,

1964 ;

Tcherdakoff

et coll., 1965). Ces faits sont discutés par

Futter-

WEiT et coll. (1962). L’élévation du taux de noradrénaline et surtout

d’adrénaline circulante dans le phéochromocytome entraîne de la

tachycardie, une augmentation de la consommation d’oxygène et une

élévation de la tension artérielle. La synergie catécholamines-hormone

thyroïdienne explique une partie des symptômes de l’hyperthyroïdie

et l’effet bénéfique dans cette affection de drogues hypotensives et

sympathoplégiques comme la réserpine et la guanéthidine.

(Canary

et

coll., 1957 ;

Gaffney

et coll., 1961 ;

Waldstein

et coll., 1964).

(21)

24

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

06. EFFET DE L’HYPER- OU DE L’HYPOTHYROÏDIE

DANS L’HYPERTENSION.

06.1. Effet de l’hypothyroïdie induite sur l’évolution

de l’hypertension humaine.

Bien que l’on ait souvent observé des signes d’hyperthyroïdie ou du

moins une augmentation du M.B. dans l’hypertension essentielle et que

l’hyperthyroïdie s’accompagne régulièrement d’une légère élévation de

tension artérielle, il n’y a pas, dans la littérature, d’étude centrée sur

l’aggravation possible de l’hypertension humaine par une hyperthy­

roïdie concomitante. Par contre des essais de traitement de l’hyper­

tension par thyroïdectomie ou par des drogues antithyroïdiennes

ont été effectués à plusieurs reprises comme en témoignent diverses

publications, analysées ci-dessous.

Hurxthal

(1931) rapporte 14 cas d’hypertension accompagnée de

signes d’hyperthyroïdie pour lesquels une thyroïdectomie fut faite.

A la suite de cette opération, l’auteur observe une chute modérée de

tension artérielle, qui ne dépasse cependant pas en moyenne la baisse

consécutive à la thyroïdectomie chez des sujets sans hypertension

importante.

Bisgard

(1939), dans des cas analogues, distingue deux

types de réponses à la thyroïdectomie : les patients chez qui l’hyper­

tension persiste après l’opération, qu’il considère alors comme des asso­

ciations fortuites hypertension-thyrotoxicose, et les patients chez qui

l’ablation de la thyroïde corrige l’hypertension.

Bisgard

pense que chez

ces derniers sujets, l’hyperthyroïdie était responsable de l’hypertension

qu’il attribue à une augmentation du débit cardiaque dans un système

vasculaire rendu inélastique par une sclérose vasculaire importante.

En 1940

Kountz

et

Hempelmann

rapportent trois observations d’hyper­

tensions graves ou malignes chez qui une thyroïdectomie fut pratiquée

en raison de signes cliniques d’hyperthyroïdie associés. Après cette

opération les trois patients devenus nettement myxœdémateux restèrent

cependant hypertendus, la tension ne s’abaissant que très légèrement.

Dans un cas néanmoins, le fond d’œil qui était très altéré s’améhore

de façon évidente, les hémorragies disparaissant totalement. Ces trois

patients décédèrent brusquement 5 mois, 6 mois et 3 ans après la thy­

roïdectomie par suite de ruptures aortiques vérifiées à l’autopsie.

(22)

INTRODUCTION

25

chez un nombre appréciable de sujets hypertendus traités par du thio-

cyanate de sodium. Or l’efFet antithyroïdien de ce produit a été reconnu

par la suite

(Mitchell

et

O’Rourke,

1960).

Wildberger

(1946) traite

14 cas d’hypertension par du méthylthiouracil et observe dans 5 cas un

abaissement temporaire.

Puddu

et

Guidotti

(1949) traitent aussi 14

hypertendus par cet antithyroidien et notent une amélioration subjec­

tive chez 11 de ces patients. La T.A. systolique et diastolique s’abaisse

nettement dans 5 cas, l’arrêt du traitement entraînant après quelques

semaines une récidive des signes cliniques. En 1951

Page,

dans une mise

au point concernant les possibilités de traitement de l’hypertension es­

sentielle et maligne, signale avoir obtenu quelques résultats favorables

avec le propylthiouracil chez des patients anxieux et difficiles où toute

autre thérapeutique disponible à l’époque avait échoué.

L’introduction successive depuis 1950 de nombreux hypotenseurs

actifs dans le traitement de l’hypertension a suspendu ces essais de

thérapeutique antithyroïdienne. Néanmoins en 1961, Perera rapporte

quatre observations d’hypertension maligne avec fond d’œil très altéré

(stade IV : hémorragies, exsudats et œdème papillaire) et sans signe

d’endocrinopathie, où fut instauré un traitement au méthimazol sans

aucune autre médication dans 2 cas et avec arrêt progressif des hypo­

tenseurs dans les 2 autres cas. Ces 4 cas évoluèrent de façon très parti­

culière : sans qu’il n’y ait de chute notable de tension, Perera observe

une rétrocession spectaculaire des lésions rétiniennes pendant des

périodes de un à deux ans. Que cette amélioration soit bien liée à l’hypo­

thyroïdie induite paraît confirmé par la réapparition transitoire d’œdème

de la papille pendant un arrêt de la thérapeutique chez un de ces patients.

06.2. Effet de l’hyper- et de l’hypothyroïdie sur l’hypertension

expérimentale du chien et du rat.

(23)

26

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

hypertendus par encapsulation rénale ou par section de nerfs hypoten­

seurs : Mc

CuBBiN

et

Page

utilisent l’iode radioactif pour détruire la

thyroïde et l’argument d’une thyroïdectomie incomplète est moins

probable.

Wakerlin

et coll. (1957) cependant, observent une diminu­

tion de T.A. chez 11 chiens hypertendus sur 17 traités par du thiouracil

et un régime riche en cholestérol.

L’étude de l’effet de l’hyperthyroïdie et de l’hypothyroïdie induites

sur l’hypertension expérimentale du rat a été abordée plus souvent

dans les publications des douze dernières années. L’administration de

thyroxine aggrave l’hypertension expérimentale induite par la DOCA

(Green

et coll., 1952 ;

Masson

et coll., 1957) aux doses de 250 à 500 gg

par rat et par jour. Il en est de même pour l’hypertension obtenue par

ligature en huit d’un rein et ablation de l’autre rein

(Braun-Menendez,

1954) et pour l’hypertension par régénération surrénalienne de Skelton

(Masson

et coll., 1957). En 1962,

Dahl

et coll. montrent que l’hyper­

tension par le sel est, elle aussi, potentialisée par la triiodothyronine, ce

qui n’est pas très éloigné de l’observation de

Selye

(1951) qui provoque

de l’hypertension par administration de thyroxine à des rats préparés

par néphrectomie unilatérale et administration de boisson salée.

Inversement, l’inhibition de l’hypertension par l’administration

d’antithyroïdiens ou par la thyroïdectomie a été observée également

pour plusieurs formes d’hypertensions expérimentales. La thyroïdec­

tomie et le thiouracil provoquent une chute de T.A. progressive mais

définitive chez le rat hypertendu rénal

(Braun-Menendez,

1954).

L’étude de l’effet inhibiteur des antithyroïdiens sur cette forme d’hyper­

tension a été largement reprise par Fregly et son groupe qui l’ont obtenu

avec le propylthiouracil

(Fregly,

1958 ;

Fregly

et

Hood,

1959), la

thyroïdectomie chirurgicale

(Fregly

et coll., 1960a), le thiouracil et le

méthimazol

(Fregly

et

Cook,

1960) ou la destruction de la thyroïde

par l’iode 131

(Fregly

et coll., 1960b). L’effet sur l’hypertension déjà

installée est moins net que l’inhibition du développement de l’hyper­

tension par un traitement antithyroïdien précoce ; l’administration de

thyroxine ou l’arrêt de la médication antithyroïdienne fait réapparaître

l’hypertension

(Fregly

et

Cook,

1960).

(24)

INTRODUCTION

27

à la

DOCA

traité par propylthiouracil ou thyroïdectomisé. Fregly (1959) a montré aussi que l’hypertension par le sel était inhibée par le propylthiouracil et Chappel et coll. (1958b) ont observé une chute de

T.A.

avec ce même antithyroïdien chez le rat hypertendu par régéné­ ration surrénale.

Il apparaît donc nettement que, chez le rat du moins, l’hypertension

expérimentale est fortement influencée par l’état fonctionnel thyroïdien.

Le mécanisme de ces relations n’est pas élucidé.

Braun-Menendez

(1954) pense que la production de rénotrophine, une substance hypo­

thétique, serait stimulée par la thyroxine et inhibée par l’hypothyroïdie.

Cette conception se base sur l’observation fréquemment décrite d’une

augmentation de volume du rein sous l’effet de la thyroxine

(Selye

et

coll., 1945 ;

Braun-Menendez,

1954 ;

Selye

et Bois, 1956 ;

Masson

et coll., 1957).

Chappel

et coll. (1958) attribuent la prévention par le

propylthiouracil de l’hypertension par régénération surrénale à un effet

d’inhibition de la surrénale par cette drogue, la glande régénérée

étant en effet de taille moindre chez les animaux traités par l’antithyroï-

dien.

Fregly

et

Hood

(1959) rejettent l’hypothèse d’une insuffisance

surrénale et suggèrent deux autres explications : 1° la possibilité

d’une diminution du débit cardiaque et 2° l’interférence avec le mé­

tabolisme du sodium.

Cette seconde hypothèse est reprise dans une étude plus récente

(Fregly,

1962 ;

Fregly

et coll., 1962) qui ne permet cependant pas de

conclusion définitive.

07.

MÉCANISMES POSSIBLES

DE L’EFFET ANTIHYPERTENSEUR

DE L’HYPOTHYROÏDIE.

En raison du grand nombre de facteurs intervenant dans la régu­

lation de la tension artérielle, il convient d’envisager successivement

plusieurs niveaux d’interférence possible de la fonction thyroïdienne

dans les mécanismes physiopathologiques complexes aboutissant à

l’hypertension.

07.1.

(25)

28

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

(Robinson,

1926 ;

Lequime,

1937 et 1940) est habituellement invoquée

pour expliquer

(Bisgard,

1939) l’hypertension systolique relative,

fréquemment observée dans l’hyperthyroïdie chez l’homme. Dans

l’hypothyroïdie, le débit cardiaque est diminué chez l’homme et chez le

chien

(Lequime,

1940 ;

Scheinberg

et coll., 1950 ;

Graettinger

et

coll., 1958). Chez le rat hypothyroïdien, le pouls bat plus lentement

(Leblond

et

Hoff,

1944 ;

Wurfman

et coll., 1963 ;

Benforado

et

WiGGiNS,

1965) suggérant aussi une réduction du débit cardiaque.

Une réduction de la masse sanguine sous l’effet de l’hypothyroïdie

pourrait aussi intervenir dans le mécanisme de l’hypotension. Chez

l’homme, l’hypothyroïdie entraîne une réduction modérée du volume

sanguin

(Gibson

et

Harris,

1939) ; par contre, chez le chien, celle-ci

n’est pas observée par

Haxhe

(1963). De telles mesures n’ont guère

été faites chez le rat hypothyroïdien.

07.2.

(26)

INTRODUCTION

29

Dans le myxœdème humain, peu d’études ont été faites.

Rinseman

et coll. (1935) comme

Eppinger

et

Levine

(1934) observent une dimi­

nution de la réponse à l’adrénaline après thyroïdectomie pour angor.

ScHNECKLOTH

et coll. (1953) trouvent la riposte tensionnelle à l’injec­

tion de noradrénaline diminuée après traitement antithyroïdien de quatre

insuffisants cardiaques. Dans une étude récente,

Leak

et

Lew

(1963)

n’obtiennent d’augmentation de la réponse cardiaque à l’adrénaline

che

2

des myxœdémateux que lorsque le traitement les rend franchement

hyperthyroïdiens.

Le mécanisme par lequel les hormones thyroïdiennes modifient

les réponses cardio-vasculaires aux catécholamines paraît lié à une

modification du processus d’inactivation rapide des catécholamines

circulantes, processus qui comporte leur captation et leur fixation au

niveau des terminaisons sympathiques périphériques. Une autre expli­

cation cependant invoque des modifications, provoquées par les hor­

mones thyroïdiennes, de l’activité d’enxymes comme la mono-amine-

oxydase et la catéchol-o-methyl-transferase, intervenant dans le cata­

bolisme des catécholamines après leur fixation

(Wurtman

et coll., 1963 ;

Harrison,

1964).

D’autre part, un ensemble considérable de travaux indiquent que

diverses formes d’hypertensions humaines ou expérimentales s’accom­

pagnent d’une hypersensibilité aux catécholamines (entre autres :

Goldenberg

et coll., 1948 ;

Mendlowitz

et

Naftchi,

1958, dans

l’hypertension humaine ;

Olsen

et coll., 1950 ;

Sturtevant,

1956 ;

Mc

Queen,

1956 ;

Gordon

et

Nogueira,

1961, dans l’hypertension

expérimentale du rat ;

Page

et

Taylor,

1949, chez le chien ;

Capon,

1964, chez le lapin). L’investigation de la sensibihté à la noradrénaline

d’animaux hypertendus et traités par antithyroïdiens paraît donc sus­

ceptible de contribuer à la compréhension du mécanisme de l’effet

hypotenseur de l’hypothyroïdie.

07.3.

(27)

30

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

par la découverte, ces dernières années, du mécanisme de stimulation

de la sécrétion d’aldostérone par le système rénine-angiotensine

(Genest

et colL, 1961 ;

Laragh,

1962).

On sait d’autre part depuis longtemps que l’état fonctionnel thyroï­

dien a une influence très nette sur le volume des surrénales chez le rat

(Leblond

et

Hoff, 1944 ; Freedman

et

Gordon, 1950 ; Pekkarinen

et colL,

1951).

L’administration de thyroxine entraîne une augmenta­

tion du poids des surrénales, alors que l’hypothyroïdie s’accompagne

d’une réduction de ces glandes. Ces constatations ont attiré l’attention

sur la possibilité de modifications parallèles du fonctionnement corti-

cosurrénalien. Ainsi dans le coma myxœdémateux, une insuffisance

surrénale secondaire est pour

Perrault

et coll.

(1956),

de même que

pour

Means

et coll.

(1963),

la cause apparente de l’hypotension et du

choc, mais cet avis n’est pas partagé par

Forester (1963)

qui, sur

77

cas,

ne relève des signes nets d’hypocorticisme que chez deux patients.

L’étude expérimentale du fonctionnement surrénalien dans l’hypo­

thyroïdie a fait l’objet de nombreux travaux.

Gabrilove

et

Soffer

(1950), étudiant la déplétion en acide ascorbique des glandes surrénales

produite par l’ACTFI et l’adrénaline, concluaient que la riposte surré­

nalienne était peu modifiée par l’hypothyroïdie. De l’étude de Mc

Carthy

et coll. (1959) il résulte que l’hypothyroïdie, induite chez le rat par divers

goitrigènes, n’entraîne en général que peu de modifications de la con­

centration plasmatique en stéroïdes.

(28)

INTRODUCTION

31

On peut donc admettre que dans l’hypothyroïdie l’utilisation péri­

phérique réduite des corticostéroïdes permet le maintien d’une stéroï-

démie normale simultanément à une production réduite, correspondant

à la diminution de volume de la glande. Ce dernier phénomène, consé­

quence du mécanisme de feed-back hypophysaire physiologique en

réponse à la réduction de l’utilisation des hormones, n’altère pas véri­

tablement la capacité réactionnelle de la surrénale. De ce qui précède

il paraît logique de déduire que dans le mécanisme de l’effet antihyper­

tensif de l’hypothyroïdie, l’inhibition de la surrénale ne doit pas jouer

un rôle primordial.

07.4.

Des modifications du métabolisme électrolytique jouent un rôle

probablement important dans la pathogénie de l’hypertension artérielle.

Il est bien démontré que l’hypertension est améliorée par une réduction

des apports en sodium (revue dans

Grollman,

1960), ou par l’adminis­

tration de salidiurétiques

(Freis

et colL, 1958). Chez l’homme, l’hyper­

tension grave s’accompagne d’un excès de sécrétion d’aldostérone

(Laragh

et coll., 1960), hormone de la rétention sodée. La fréquence

de l’hypertension est liée, dans les populations étudiées par

Dahl

(1960) à la richesse du régime en sodium. Chez l’animal, le rat en parti­

culier, beaucoup de formes d’hypertensions expérimentales dépendent

de l’apport d’un excès de sel, potentialisé ou non par des hormones

minéralocorticoïdes. L’hypertension rénale elle-même est suspecte de

comporter un trouble du métabolisme hydrominéral depuis la démons­

tration de l’effet stimulant du système rénine-angiotensine sur la sécré­

tion d’aldostérone

(Genest

et coll., 1961 ;

Laragh,

1962).

(29)

32

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

calibre vasculaire serait précisément due à un œdème des parois artério-

laires par hyperhydratation intracellulaire, conséquence de la pénétration

anormale de sodium dans les cellules

(Tobian

et

Binion,

1952).

Pour d’autres la concentration anormalement élevée de sodium

intracellulaire, en modifiant les gradiants ioniques de part et d’autre

des membranes cellulaires, augmente la contractilité des fibres mus­

culaires lisses et leur réactivité aux substances pressives circulantes

(Raab,

1959 ;

Friedman

et coll., 1959 ;

Friedman

et

Friedman,

1961).

Bien que l’existence même d’une augmentation intracellulaire du sodium

ne soit pas définitivement démontrée

(Freis,

1960 ;

Cier,

1961), la

plupart des auteurs s’accordent actuellement à reconnaître un rôle

essentiel à l’ion sodium dans la pathogénie de l’hypertension artérielle.

On sait par ailleurs depuis longtemps que l’hypothyroïdie s’accom­

pagne de modifications du métabolisme hydrominéral, aboutissant

che

2

l’homme à une rétention excessive de sodium et d’eau dans le

tissu myxœdémateux. Ce phénomène a été observé aussi chez le chien

par

Haxhe

(1963). Par contre, chez le rat hypothyroïdien, il semble

exister une perte urinaire accrue d’eau et de sodium

(Stephan

et coll.,

1959 ;

Fregly

et coll., 1962).

(30)

CHAPITRE I

(31)

11. ANIMAUX

BOISSONS ET ALIMENTS.

11.1

Les animaux utilisés sont des rats femelles albinos élevés au Labora­

toire de Médecine Expérimentale et appartenant à une souche entre­

tenue depuis plus de 10 ans au moment où les premières expériences

ont commencé. Près de 600 rats ont servi à ces expériences et ont été

fournis par cet élevage entre 1959 et 1964.

11.2

La sélection des animaux au début de chaque expérience s’est faite

selon le critère du poids : pour toutes les séries expérimentales sauf deux,

le poids des animaux au départ était compris entre 100 et 160 g, ce qui

correspond dans notre élevage (fig. 11) à un âge compris entre 6 et

10 semaines. Les marquages sont faits par section de un ou plusieurs

doigts permettant la numérotation individuelle des rats.

11.3

Les animaux sont maintenus dans une chambre bien éclairée par la

lumière du jour, à température comprise entre 21° et 24°C. Ils sont

placés en groupes de 3 à 6 animaux par cages métalliques 50 x 40 x

15 cm. Certains animaux ont été isolés dans des cages plus petites, de

façon à pouvoir limiter leur consommation de boisson et d’aliment.

Chaque animal est pesé chaque semaine pendant toute la durée de

l’expérience à laquelle il appartient.

11.4

(32)

36

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

Poids/g

0

5

8 10

15

20

25

30

35 38

Temps en semaines

(33)

MÉTHODES

37

11.5

L’aliment utilisé est un composé en gros granules fabriqué par la

firme Protector et dont la composition est la suivante par 100 g de poids

sec : protéines : 15 g ; graisses : 5 g ; hydrates de carbone assimilables :

28 g ; sodium (moyenne de 3 dosages) : 26 mEq ; potassium (moyenne

de 3 dosages) : 19,6 mEq. Dans certaines expériences, cet aliment est

additionné de propylthiouracil (150 mg par 100 g) ou de poudre de

thyroïde (15 mg par 100 g).

12. INTERVENTIONS CHIRURGICALES

ET TRAITEMENTS

MÉDICAMENTEUX CHEZ LE RAT.

12.1. Narcoses :

Elles sont faites au pentobarbital sodique (Nembutal vétérinaire

Abbott) injecté par voie intrapéritonéale à la dose de 2,5 à 5 mg par

animal.

12.2. Néphrectomie :

Incision longitudinale médiane dorsale de la peau qui est écartée ;

incision des muscles des lombes et extériorisation du rein gauche ; décap­

sulation en écartant la surrénale et ablation du rein après ligature du

hile au fil de lin ; fermeture des masses lombaires (lin) et de la peau

(nylon).

12.3. Surrénalectomie :

Même voie d’abord que pour la néphrectomie et ablation de la

surrénale sans ligature du pédicule.

12.4. Enucléation surrénalienne :

(34)

38

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

12.5. Thyroïdectomie :

La technique s’inspire de celle décrite par

Poumeau-Delille

(1953).

Incision médiane sur la face antérieure du cou, de la peau qui est écar­

tée. Les glandes salivaires sont décollées et les muscles prétrachéaux

incisés sur la ligne médiane jusqu’au sternum, puis écartés à l’aide de

fils passés au travers des masses musculaires. En utilisant une loupe

binoculaire, la thyroïde est alors soigneusement décollée de la trachée

avec des aiguilles montées d’ouate et de fines pinces, en commençant

par le lobe intermédiaire puis chacun des lobes latéraux.

Pour éviter l’hémorragie des artères thyroïdiennes, les lobes décollés

par le bas sont séparés des pédicules vasculaires supérieurs par ther­

mocautérisation. Malgré les précautions utilisées, un tiers des animaux

environ meurt dans les heures suivant l’opération par spasme laryngé,

dû à l’irritation quasi inévitable des nerfs récurrents adhérents aux lobes

thyroïdiens.

12.6. Méthode d’induction de l’hypertension par la DOCA.

Des rats femelles pesant 100 à 160 g sont uninéphrectomisés puis

reçoivent comme boisson une solution de NaCl à 12,5 g par litre. Pen­

dant 3 semaines ils reçoivent une injection IM par semaine de 12,5 mg

de microcristaux d’acétate de désoxycorticostérone (Percortène Ciba).

12.7. Hypertension par régénération surrénalienne :

Cette méthode est celle décrite par

Skelton (1955).

Elle comporte

en un seul temps opératoire, une surrénalectomie et une néphrectomie

à gauche et une énucléation surrénalienne à droite. Les animaux reçoi­

vent ensuite comme boisson une solution de NaCl

(10, 12,5

ou

15

g

par litre).

12.8. Méthodes d’induction de l’hypothyroïde :

(35)

MÉTHODES

39

13. MESURE DE LA TENSION ARTÉRIELLE (T.A.).

La méthode utilisée pour la détermination de la tension artérielle

chez le rat est celle de

Chevillard

et coll. (1954). En raison des critiques

formulées par divers auteurs concernant les techniques de mesure

indirecte non sanglante de la T.A. chez cet animal, il a paru utile de

décrire en détail la méthode employée dans ce travail et d’en discuter

la valeur.

L’appareil utilisé comporte un oscillomètre très sensible, enregis­

trant l’amplitude relative des oscillations artérielles de la queue du rat et,

simultanément sur la même bande de papier, la pression de l’air dans

la manchette pneumatique placée autour de la racine de la queue de

l’animal. Cette manchette est gonflée progressivement et à vitesse

réglable par l’air d’une bonbonne. La pression croissante dans la man­

chette fait monter une colonne de mercure graduée et, d’autre part,

déplace un stylet inscripteur de pression. L’amplitude variable des

oscillations recueillies par la même manchette s’inscrit en dessous de la

pression. Elle passe d’abord par un maximum (fîg. 13) que

Chevillard

et coll. (1954) considèrent comme atteint lorsque la pression régnant

dans la manchette dépasse la pression diastolique intraartérielle. Ensuite,

les oscillations diminuent progressivement d’amplitude jusqu’au mo­

ment où la pression dans la manchette atteint la valeur de la pression

systolique qui se marque par une nette inflexion de la courbe des

oscillations.

Cette méthode est donc très comparable à la mesure courante de la

tension artérielle chez l’homme introduite par Pachon. En pratique,

les deux points de la courbe des oscillations qui sont les plus faciles à

définir sur tous les tracés sont le maximum d’amplitude que l’on con­

sidère avec Chevillard comme correspondant à la tension artérielle

diastolique et l’inflexion de la courbe correspondant à la tension sys­

tolique. Ces deux valeurs sont exprimées en mm de Hg.

(36)

40

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

Fig. 13. Enregistrement oscillométrique de la T.A. du rat par la méthode de

Chevillard et coll. (1954).

La courbe supérieure donne la pression dans la manchette. En dessous s’inscrit l’amplitude correspondante des oscillations.

Un abaque en plastique transparent (à gauche) permet de lire aisément la pression qui correspond à l’amplitude maximale des oscillations (T.A. dias­ tolique) et celle existant au moment où les oscillations s’infléchissent brus­ quement (T.A. systolique).

même minimes, de l’animal. Pour les déterminations plus rapides et en

grande série de la tension artérielle, une anesthésie légère au membutal

a été systématiquement utilisée.

L’appareil de Chevillard permet aussi, grâce à un compteur mécani­

que branché sur l’inscripteur, de mesurer la fréquence du pouls.

Discussion.

(37)

MÉTHODES

41

artériel

(Friedman

et

Freed,

1949) ne renseignent que sur la tension

systolique. Or l’on sait l’importance accordée à la tension diastolique

dans l’hypertension artérielle.

Divers facteurs pouvant influencer la mesure indirecte de la tension

chez le rat ont été discutés récemment par

Fregly

(1963) et par

Ben-Ziv

et coll. (1964). Il s’agit surtout de l’effet du réchauffement, de la narcose,

mais aussi des dimensions de la manchette et de sa position sur la queue

du rat. Le réchauffement est réputé provoquer une légère augmentation

de la tension systolique

(Ablondi

et coll., 1947).

Ben-Ziv

et coll. (1964)

rapportent les résultats obtenus par 6 auteurs qui n’utilisent pas le

réchauffement (valeurs moyennes de tension systolique comprises

entre 85 et 117 mm de Hg) et par 11 autres chercheurs qui utilisent ce

procédé (valeurs comprises entre 85 et 135 mm de Hg). La comparaison

de ces données montre qu’il y a recouvrement complet des deux séries

de valeurs.

La narcose a incontestablement, et semble-t-il quel que soit l’anes­

thésique utilisé, un effet hypotenseur, dépendant sans doute de la pro­

fondeur de cette narcose

(Ben-Ziv

et coll., 1964). Ce problème sera

discuté au chapitre suivant.

Fregly

(1963) a bien étudié le rôle de la

position de la manchette sur la queue du rat, démontrant une diminu­

tion de la tension systolique observée lorsque la manchette est déplacée

vers l’extrémité de la queue. Cet auteur souligne aussi l’importance de

la largeur de la manchette qui, si elle est trop étroite, introduit une

erreur par excès dans l’estimation de la T.A. Si tous ces faits expliquent

en grande partie la diversité des résultats émanant de laboratoires diffé­

rents, leur importance est cependant moindre pour la comparaison des

résultats d’une même étude si la méthode que l’on utilise est bien stan­

dardisée et qu’elle ne varie pas au cours de l’expérimentation.

(38)

42

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

14. MESURE DE LA SENSIBILITÉ VASCULAIRE

A LA NORADRÉNALINE.

La méthode de mesure de la sensibilité vasculaire à la noradrénaline

comporte l’enregistrement des modifications de la tension artérielle,

systolique et diastolique, mesurée par la méthode décrite ci-dessous, en

réponse à l’injection intraveineuse de noradrénaline. L’animal anesthésié

est attaché en décubitus dorsal sur une planchette. Après 10

minutes de séjour dans la cage chauffante, la veine fémorale est dénudée.

Un fin cathéter de dacron terminé par une aiguille du type hypoder­

mique est introduit dans cette veine et permet la perfusion d’une solu­

tion de noradrénaline, injectée par l’intermédiaire d’un appareil « slow

injector » donnant un débit constant et réglable. On injecte alors la

noradrénaline à la dose de 0,8 pg par Kg par min., cette dose ayant été

retenue en raison de l’hypertension nette qu’elle produit chez tous les

animaux normaux testés.

La tension artérielle est mesurée immédiatement avant et une minute

après le début de la perfusion, qui est alors interrompue. Des expériences

préliminaires ont en effet montré que ce temps était largement suffisant

pour que la riposte tensionnelle à cette dose de noradrénaline ait atteint

un plateau. Après arrêt de la perfusion, la tension revient à la valeur

de départ en 2 à 3 minutes.

Discussion.

(39)

MÉTHODES

«

logique d’administrer la noradrénaline en perfusion continue, assurant

après quelque 15 à 30 secondes un taux sanguin constant, résultat de

l’équilibre entre trois facteurs : la vitesse de perfusion, la diffusion dans

l’espace vasculaire et la captation tissulaire de la noradrénaline.

15. MESURE DU MÉTABOLISME BASAL (M.B.).

La mesure du M.B. a été faite par la détermination de la consomma­

tion d’oxygène à l’aide du diaphéromètre de Noyons-Kipp, adapté

aux petits animaux. L’animal anesthésié est placé dans une enceinte

de

2

dm®. L’air de cette enceinte est aspiré à débit constant et analysé

pour sa concentration en O® et en CO® par une méthode galvanométri-

que : la conductivité de l’air passant sur un fil chauffé varie avec sa

richesse en O® ou en CO® et la déviation du galvanomètre est directe­

ment parallèle à ces concentrations. L’air respiré par l’animal est com­

paré à l’air ambiant et la différence de conductivité lue directement sur

deux galvancmètres (un pour l’O®, l’autre pour le CO®) est proportion­

nelle à l’oxygène consommé et au CO® expiré. Les déterminations ont

été faites à la température de la pièce variant de

21

à

25

°. Le calcul de la

consommation d’oxygène se fait en tenant compte des corrections

nécessaires pour la pression atmosphérique, la température et la con­

centration en CO®.

Le M.B. de l’animal est finalement exprimé en ml d’oxygène con­

sommé par minute et par

100

g de poids corporel. En général, deux

déterminations successives ont été faites et le résultat est la moyenne

des 2 valeurs qui ne diffèrent pas de plus de 10 % lorsque l’anesthésie

est suffisante et que l’animal est bien immobile. Chez le rat on constate

d’assez larges variations du M.B. en fonction du moment de l’année

où sont faites les déterminations : la figure 31e donne les valeurs moyen­

nes obtenues pour des animaux témoins normaux à différentes saisons.

Les valeurs sont plus élevées de février à août et plus basses d’octobre

à janvier. Chez les petits animaux, de telles variations saisonnières du

M.B. sont bien connues

(Pitt-Rivers

et

Taxa, 1959).

16. MESURES DU SODIUM ET DU POTASSIUM

ÉCHANGEABLES.

(40)

44

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

16.1. Principe de la méthode :

Elle consiste à injecter une quantité connue d’isotope (Na ou K)

qui diffuse dans les liquides de l’organisme jusqu’au moment où l’équi­

libre est obtenu dans ces liquides entre l’isotope injecté et l’ion stable

correspondant. L’activité spécifique (rapport des concentrations isotope-

ion stable) est alors identique dans tous les liquides intra et extra­

cellulaires ainsi que dans l’urine, et le calcul peut se faire suivant la

formule : Capital ionique (Nae ou Kg) =

dose d’isotope injectée moins dose éliminée

activité spécifique des urines après équilibre

16.2. Technique mise au point chez le rat :

Chaque animal reçoit, par voie intra-péritonéale, une dose de 10 à 15 qC

de Na 24 ou de K 42 (sous forme de chlorure) dans un volume de 1 ml

prélevé à la seringue calibrée par pesée. Ils sont placés individuellement

dans des cages métaboliques permettant de recueillir la totalité des selles

et des urines émises pendant la période où l’isotope diffuse dans le

capital ionique de l’organisme. L’animal ne reçoit aucun aliment solide,

mais de l’eau contenant 2 % de glucose et 0,2 % de NaCl, de façon à

assurer une diurèse suffisante. A la fin de la période d’équilibration, on

recueille un échantillon d’urine (1 à 3 ml), en faisant uriner le rat, tenu

par la queue, directement dans un petit récipient.

16.3. Les mesures :

Les mesures du Na et du K urinaires ont été faites au photomètre

à flamme. Les mesures de radioactivité ont été faites, pour le Na24

au scintillateur à puits et pour le K 42 avec un tube Geiger pour liquide,

avec une précision de 1 % (compte de 10.000 coups). L’activité des

urines mêlées de selles, recueillies pendant la période d’équilibration

dans un Erlenmeyer, est établie dans le récipient lui-même déposé

sur le cristal du scintillateur et comparée à l’activité que donne une dose

d’isotope égale à celle injectée au rat, dans les mêmes conditions.

16.4. Établissement de la période d’équilibration :

(41)

spéci-MÉTHODES

45

fîque d’échantillons successifs d’urines recueillies de 1 à 30 heures après

l’injection de Na24 ou de K42 par voie intrapéritonéale, a montré

(fîg. 16) que cette activité spécifique décroît dans le temps, témoignant

de la diffusion progressive de l’isotope dans les liquides intracellulaires.

Dès la 12® heure, l’équilibre est établi pour le Na 24. Par contre, pour le

K42, une légère décroissance s’observe encore mais, dès 15 heures,

elle devient très faible. En adoptant une durée de 15 heures au moins

entre l’injection d’isotope et la prise d’un échantillon d’urine on a donc

atteint un état d’équilibre stable entre l’isotope injecté et le capital

électrolytique de l’organisme, tant pour le sodium que pour le potas­

sium. En pratique, les rats ont été injectés le soir vers 18 heures et les

urines recueillies le lendemain matin à partir de 9 heures.

Fig. 16.

(42)

46

HYPERTENSION EXPÉRIMENTALE ET HYPOTHYROÏDIE

17. ÉPREUVE DE SURCHARGE HYDRO-SALINE

AVEC MESURE DE LA RÉPONSE DIURÉTIQUE

EN POSITION COUCHÉE ET DEBOUT.

(43)

CHAPITRE II

Références

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