Equations aux d´ ´ eriv´ ees partielles Chapitre 6 : M´ethode des Volumes finis
Lucie Le Briquer
Sommaire
1 Introduction 1
1.1 Lois de conservation . . . 1
1.2 Le syst`eme des ´equations d’Euler en m´ecanique des fluides . . . 2
2 La m´ethode des volumes finis 3 2.1 Deux exemples en 2D . . . 3
2.2 Maillage 1D et flux . . . 4
2.3 Strat´egie volumes finis. . . 5
2.4 Conditions aux limites pour l’´equation d’advection . . . 8
1 Introduction
Part du ppe suivant : les mod`eles (´equations) de la physique s’´enoncent essentiellement `a partir de lois de conservation.
– Se conservent : masse, quantit´e de mouvement, ´energie totale, charge ´electrique, ...
– Ne se conservent pas : temp´erature, pression, vitesse
– “¸ca se n´egocie” : lois de comportementρ=R(p, T) thermodynamique
1.1 Lois de conservation
Soit Ω⊂Rn
S: Ω×]t1, t2[−→Rm F : Ω×]t1, t2[−→Rm×(n+1)
Divx,tF =S (1)
n
X
j=1
∂Fij
∂xj(x, t) +∂Fi0
∂t (x, t) =Si(x, t) i= 1, ..., m
Exemple.
Le dromadaire
∂u
∂t +c∂u
∂x = 0, c∈R (2)
m= 1
F10=u F11=cu S1= 0 puisque (1) devient :
∂
∂x(cu) + ∂
∂t(u) = 0 sicn’´etait pas constant, 0−→ ∂x∂cu
1.2 Le syst` eme des ´ equations d’Euler en m´ ecanique des fluides
Conservation de la masse :
∂ρ
∂t + div(ρu) = 0 Quantit´e de mouvement :
∂ρu
∂t + div(ρu⊗u) +∇p=ρg Energie totale :´
∂ρE
∂t + div(ρHu) =ρgu div(v) =
n
X
i=1
∂vi
∂xi
o`u :
E =e+12|u|2
H =E+pρ =h+12|u|2 h=e+pρ
Remarque.
Pourf et gdiscontinues, le produit :
f(x)∂g(x)
∂xi n’a pas de sens connu `a ce jour.
Ici,m=n+ 2 :
F10 F11 . F1n F20 F11 . F2n
. . . .
Fn+10 Fn+11 . Fn+1n F0 F1 . Fn
=
ρ ρu1 . ρun ρu1 ρu1u2 . ρu1un
. . . .
ρun ρu1un . ρunun ρE gu H . ρu H
S=
0 ρg1
. ρgn
ρug
F, S fonctions deV = (ρ, ρu, ρE) si on a la loi d’´etat.
On s’est bien ramen´es `a une EDP pourV.
2 La m´ ethode des volumes finis
Syst`eme d’edp de lois de conservation.
–
G
x, ϕ, ∂ϕ
∂x1
, . . . , ∂ϕ
∂xn
= 0 (3)
(3) est un probl`eme ouvert. On appelle variable ind´ependantexet variable d´ependanteϕ.
Un changement de variables d´ependantes est alors ϕ= Φ(ψ) (on obtient une ´equation sur ψ).
–
divx,tF =S (4)
−→th´eorie math´ematique (existence/unicit´e des solutions) plus accessible, quand on a (1) essayer de se ramener `a (2) si possible
Remarque fondamentale. (1) est invariant par changement de variables d´ependantes, con- trairement `a (2)
Exemples.
∂u
∂t +∂(cu)
∂x = 0, c constante Euler : ∂ρ
∂t + div(ρu) = 0
2.1 Deux exemples en 2D
x∈R. Sous la forme (3) :
∂u
∂t +c∂u
∂x = 0, cconstante (5)
∂u
∂t −ν∂2u
∂x2 =s, ν >0 constante (6)
On passe les deux exemples sous forme (4) :
∂u
∂t +∂(cu)
∂x = ∂c
∂xu= 0 (7)
F = u
cu
, S = ∂c
∂xu
∂u
∂t + ∂
∂x
−ν∂u
∂x
=−∂ν
∂x
∂u
∂x (8)
F = u
−ν∂u
∂x
!
, S=c−∂ν
∂x
∂u
∂x
Remarque.
On est bien dans le cadre car ici l’EDP est d’ordre 2 donc l’inconnue est (u,∂u∂x,∂u∂t) et pas seulementu. S fait donc apparaˆıtre uniquement l’inconnue et pas sa d´eriv´ee.
(4) ⇔ ∀K, Z
K
Sdx= Z
∂K
F.ndσ D´efinition 1(strat´egie volumes finis)
Remarque.
On va restreindre la recherche dans (4) `au=u(x) stationnaire,s=s(x) ; on cherche doncu(x) tel que−ν∂∂x2u2(x) =s(x).
Jusque l`a on a utilis´e lesdiff´erences finies pour (3) et les´el´ements finis P1 pour (4) : “−∆u=f” On va maintenant appliquer les VF `a (4) :
∂
∂x
−ν∂u
∂x
=s
2.2 Maillage 1D et flux
Ω =]a, b[, avec−∞< a < x < b <+∞
xj+1/2
| xj−1/2
| a=x1/2
|
b=xN+1/2
|
Kj=
xj−1/2, xj+1/2
∆xj=xj+1/2−xj−1/2 Ω =
N
[
j=1
Kj h= max
1≤j≤N∆xj(−→0)
Remarque.
En 1D, la seule diff´erence avec les EF au niveau du maillage est que la num´eration utilise des demi-entiers, car tous les maillages 1D sont conformes.
∂u
∂t + ∂
∂x(cu) = 0 (9)
u(x, t0) =u0(x) (10)
(des conditions enaetb) (11)
Pour l’instant, on ignore (13), on peut par exemple consid´erer que Ω =T1 le tore i.e. a=b On subdivise le temps : t0< t1< . . . < tn< . . . diff´erences finies `a pas variable en temps. On pose ∆tn =tn+1−tn.
Z xj+1/2 xj−1/2
∂u
∂t + ∂
∂x(cu)
dx= 0 = ∂
∂t
Z xj+1/2 xj−1/2
u(x, t)dx+cu(xj+1/2, t)−cu(xj−1/2, t) = 0 En int´egrant entretn ettn+1 et en divisant tout par ∆xj :
¯
uj(tn+1) = ¯uj(tn)−∆tn
f¯j+1/2n −f¯j−1/2n
∆xj (12)
o`u :
¯
uj(tn) = 1
∆xj
Z xj+1/2 xj−1/2
u(x, tn)dt f¯j+1/2n = 1
∆tn Z tn+1
tn
(cu)(xj+1/2, t)dt
Remarque.
L’´equation (12) estexacte et ressemble fortement `a un sch´ema diff´erences finies.
2.3 Strat´ egie volumes finis.
Approcher ¯unj parvjn v´erifiant :
(S1) vjn+1=vjn−∆tn
fj+1/2n −fj−1/2n
∆xj
sch´ema VF
o`ufj+1/2n est une fonction de (vln)1≤l≤N et (vj+1l )1≤l≤N. NotonsVn= (vln)1≤l≤N. On se ram`ene
`
aH(Vn+1, Vn) = 0.
Remarque.
Le choix naturel pourvj0serait :
1
∆xj
Z xj+1/2 xj−1/2
u0(x)dt mais ce n’est pas forc´ement le meilleur choix.
Intuitivement, pour une EDP lin´eaire, on s’attend `a avoirH lin´eaire. En pratique non −→on se cantonnera ici `a un sch´ema d’ordre 1 pour avoirH lin´eaire.
Un sch´ema volumes finis est explicite sifj+1/2n ne sont fonction que des (vnl)1≤l≤N et de j et n; il est implicite sinon.
D´efinition 2(sch´ema explicite)
Exemple.
Sch´ema VF `a 3 points :
(S2) fj+1/2n =F(∆tn,(∆xl)1≤l≤N, vnj, vj+1n ) avecF :R∗+×(R∗+)N×R×R−→R
Sous l’hypoth`ese :
(C) F(k,∆, v, v) = 0
Le sch´ema (S1)−(S2) est consistant avec l’´equation ∂u∂t+∂x∂ (cu) = 0, lorsque ∆xj =h ∀j= 1, . . . , N. Et en g´en´eral il n’est pas consistant sans cette derni`ere hypoth`ese.
Th´eor`eme 1
Remarque.
VF, un monde de paradoxes :
1. ´Equation lin´eaire (hyperbolique), sch´ema “pr´ecis” est forc´ement non lin´eaire (th´eor`eme de Godounov)
2. SVF “vrai” i.e. ∆xj non constant n’est pas consistant en g´en´eral
Rappel. Thm de LF (DF) : si le sch´ema est consistant alors convergence⇔stabilit´e
Donc il nous faut une th´eorie au del`a de LR pour les VF, on peut avoir non consistance et convergence.
Preuve.
∆xj =hj =xj+1/2−xj−1/2 xj =xj+1/2+xj−1/2 2 Ejn= vn+1j −vjn
∆tn +Fj(vnj, vj+1n )−Fj−1(vnj−1, vjn)
∆xj = 0
On remplacevjn←−ϕ(xj, tn) avecϕr´eguli`ere enx, t
On d´efinit alors la consistance pour un sch´ema VF de la forme ci-dessus comme :
∀ϕsuffisamment r´eguli`ere, Ejn− ∂ϕ
∂t +∂(cϕ)
∂x
(xj, tn)−−−−−−−→
∆tn,h−→0 0 D´efinition 2(consistance)
On note :
Gnj = vn+1j −vjn
∆tn
−∂ϕ
∂t(xj, tn) =O(∆tn) Hjn= F(vjn, vjn+1)−F(vnj, vjn)
− F(vj+1n , vnj)−F(vjn, vnj)
∆xj
− ∂
∂x(cϕ)(xj, tn) Par Taylor :
F(vjn, vnj+1)−F(vnj, vjn) = ∂F
∂w(vnj, vjn)×(vj+1n −vjn) +O((vnj+1−vnj)2) F(vnj−1, vjn)−F(vnj, vjn) = ∂F
∂v(vnj, vjn)×(vj−1n −vjn) +O((vnj−1−vnj)2) vj+1n =vnj + (xj+1−xj)∂ϕ
∂x(xj, tn) +O((xj+1−xj)2) vnj =vnj−1+ (xj−xj−1)∂ϕ
∂x(xj, tn) +O((xj−xj−1)2) Orxj+1−xj = (∆xj+ ∆xj+1)/2⇒xj+1−xj≤h. Donc :
Hjn= ∂ϕ
∂x n
j
∆xj+ ∆xj+1 2∆xj
×∂F
∂w(vjn, vnj) +∆xj−1+ ∆xj 2∆xj
×∂F
∂v(vnj, vjn)
−c∂ϕ
∂x(xj, tn)+O(h) Or avec (C) on a :
F(v, v) =cv ⇒ (C0)∂F
∂v(v, v) +∂F
∂w(v, v) =c Si ∆xj =h∀j, on doncHjn=O(h).
Remarque.
Diff´erence entre DF et VF ici :
DF : vjn−→u(xj+1/2, tn) on approche des valeurs VF : vjn−→u¯j(tn) = 1
∆xj
Rxj+1/2
xj−1/2 u(x, tn)dx on approche des moyennes
¯
uj(tn)'u
xj+1/2+xj−1/2
2 , tn
?
Oui pour u r´eguli`ere mais les VF sont utilis´ees pour des EDP dont les solutions ne sont pas r´eguli`eres.
Contre-exemple du th´eor`eme. si on retire ∆xj=h,∀j On pose :
( ∆xj =h sihpair
∆xj =h2 sihimpair et :
F(v, w) =
( cv sic≥0 cw sic≤0
On prendc >0⇒F(v, w) =cv⇒F(v, v) =cv. On a :
∂F
∂v =c ∂F
∂w = 0 Donc :
Hjn=
3 4c∂ϕ
∂x −c∂ϕ
∂x =−1 4c∂ϕ
∂x pourj impair 3
2c∂ϕ
∂x −c∂ϕ
∂x =−1 2c∂ϕ
∂x pourj pair Hjn90
2.4 Conditions aux limites pour l’´ equation d’advection
∂u
∂t +c∂u
∂x = 0, a < x < b, t > t0 (13) u(x, t0) =u0(x), a < x < b (14)
dire quelque chose enaet b (15)
Pourquoi a-t-on besoin de (15) ? Prenonsc >0 :
•a •
b
1 c
T t
x u0(x)
On veut d´eterminer udans le rectangle ; avecu0 ce n’est possible que dans la zone rouge. Pour les points `a gauche de la droite ; la caract´eristique tombe sur la droitex=a−→il faut connaˆıtre u(a, t) =f(t). De la mˆeme fa¸con pourc <0, il faut connaˆıtreu(b, t) =g(t).
u0, f, g
∂u
∂t +c∂u
∂x = 0 u(x, t0) =u0(x) u(a, t) =f(t) u(b, t) =g(t) n’a pas de solutions pour presque tous lesu0, f, g.
Corollaire 2
Exercice.
CNS pour qu’il y ait une solution (par exempleg(t) =u0(b−c(t−t0)))