D.Malka – MPSI 2021-2022 – Lycée Jeanne d’Albret 04.12.2021
Problème 1 – Modèle de Winkessel du système cardiovasculaire
Modèle électrique du système artériel
R C K
P(t)-P∞ D
DC DR
Figure1 – Modèle de Winkessel du système artériel.P(t) est la pression de l’aorte,P∞ est la pression asymp- totique au bout du système artériel.D est le débit volumique sanguin, supposé stationnaire, en provenance du ventricule gauche (ce débit est nul lorsqueK est ouvert).
1. Sur le schéma fig.1, le générateur modélise le cœur, l’interrupteur la valve aortique.
2. P est l’analogue du potentiel électrique,D est l’analogue du courant. Par une analogie avec la loi d’Ohm u= ∆φ=Ri, on peut écrire :
∆P =RDR 3. La relation :
DC=CdP dt
s’obtient par analogie avec la loi de fonctionnement d’un condensateur idéalic=Cdu dt.
Battements du cœur
Diastole
4. Durant la diastole, la valve aortique est fermée donc le sang n’est pas transféré du cœur vers l’aorte donc l’interrupteurK est ouvert.
5. Équation différentielle vérifiée par la pressionP(t).
On raisonne sur le schéma de la figure 1, interrupteurK ouvert. Loi des nœuds : DR+DC= 0
avecDR=P(t)−P∞
R et DC=CdP(t) dt :
dP(t)
dt +P(t)−P∞
τ = 0
Équation d’évolution analogue à celle d’un circuit (R, C) du premier ordre.
6. Solution générale :
P(t) =Ae−tτ +P∞
Par analogie avec la tension aux bornes d’un condensateur, on peut supposer la pression P(t) continue.
En particulier à t=ts :
P(t+s) =P(t−s)⇔Ae−τts +P∞=Pm⇔A= (Pm−P∞)etsτ Finalement, durant la diastole :
P(t) = (Pm−P∞)e−t−tsτ +P∞ Systole
Le ventricule gauche se contracte et éjecte du sang dans le réseau artériel. On pose t = 0 au début de la systole. On suppose le débit volumiqueDvenant du coeur stationnaire durant la systole. On poseP(t= 0) =P0.
7. Durant la systole, le sang provenant du cœur pénètre dans l’aorte donc l’interrupteur Kest fermé.
8. Équation différentielle vérifiée par la pressionP(t).
On raisonne sur le schéma de la figure 1, interrupteurK fermé. Loi des nœuds : DR+DC=D
avecDR=P(t)−P∞
R et DC=CdP(t) dt :
dP(t)
dt +P(t)−P∞
τ =D
C
9. Solution :
P(t) =P∞+R.D+Be−τt
Déterminons la constante d’intégrationB par continuité de P(t) àt= 0 :
P(0+) =P(0−)⇔P∞+R.D+B=P0⇔B=P0−P∞−R.D Finalement, durant la systole :
P(t) = (P0−P∞−R.D)e−τt +P∞+R.D
Évolution de la pression artérielle
10. Pression artérielleP(t) en fonction du temps durant deux battements cardiaques : fig.2.
11. Exprimons la pression systoliquePmet la pression la pression diastoliqueP0 en fonction deP∞,D,R,τ, T et ts.
Nous utilisons la continuité de la pression P(t) en ts et enT, instant de transition entre la systole et la diastole. A ces instants les deux expressionsP(t) précédemment déterminées sont valables d’où le système :
(
P0=P∞+ (Pm−P∞)e−T−tsτ
Pm=P∞+R.D+ (P0−P∞−R.D)e−tsτ En résolvant ce système par combinaisons linéaires, on trouve :
Pm=P∞+RD1−e−tsτ 1−e−Tτ
P0=P∞+RD1−etsτ 1−eTτ
9.0 9.5 10.0 10.5 11.0
t ( s )
0 2 4 6 8 10 12 14
P (c m H g)
Figure2 – Variation de la pression artérielle pendant deux battements cardiaque d’après le modèle de Wnkessel.
12. CalculonsPmetP0en mmHg pourC= 6,03×10−9m3·Pa−1,R= 1,265×108Pa·s·m−3, une fréquence cardiaque de 70 batt/min,ts= 0,33 s,D= 260×10−6m3·s−1 et P∞= 7 mmHg :
Pm= 126 mmHg et P0= 64 mmHg
13. Le modèle de Winkessel donne des pressions systolique et diastolique relativement proches des valeurs communément mesurées.
14. D’après les courbes fig.3, le modèle de Winkessel reproduit relativement bien la diastole mais pas la systole.
L’hypothèse d’un débit sanguin constant explique au moins en partie cette inadéquation.
Figure3 – Variation normales de la pression artérielle et du débit sanguin aortiques au cours d’un battement cardique. En pointillé le modèle de Winkessel, en gras la courbe expérimentale.
Problème 2 – Suivi de la décomposition du bleu brillant en présence d’hypochlorite de sodium
Suivi spectrophotométrique de la réaction
1. Le pic d’absorption du bleu brillant est situé à λ= 614 nm c’est-à-dire dans le orange, qui est, comme attendu, la couleur complémentaire du bleu.
2. Travailler à la longueur d’ondeλ= 614 nm correspondant au maximum d’absorption permet d’augmenter la précision des mesures en amoindrissant l’impact des fluctuations éventuelles de la longueur d’onde du faisceau lumineux.
3. Déterminons le volume V0 de solution mère à diluer pour préparer un volume V = 25,0 mL de solution fille de concentrationc= 1,89×10−6mol·L−1.
Solution fille :c= 1,89×10−6mol·L−1,V = 25,0 mL. Elle contient donc une quantité de matière de bleu brillant égale àn=cV.
Cette quantité est apportée par le volumeV0de solution mère dilué ensuite. On notantc0= 4,72×10−6mol·L−1 la concentration de la solution mère, il vientn=c0V0.
Donc :
c0V0=cV ⇔ V0= cV c0
A.N. :c= 10,01 mol·L−1.
Pour réaliser la solution fille, on prélève V = 10,0 mL de solution mère qu’on introduit dans une fiole jaugée de volume V = 25,0 mL. On complète par de l’eau distillée au 3/4, on homogénéise puis on complète jusqu’au trait de jauge et on homogénéise la solution à nouveau.
4. La loi de Beer-Lambert est-elle vérifiée ici ? D’après les données expérimentales, oui (fig.4).
0 1 2 3 4 5
c ( µmol. L
−1)
0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6
A
Mesures Ajustement
Figure 4 – Les données expérimentales peuvent s’ajuster par une fonction linéaire de coefficient directeur a= 1,2×105L·mol−1
DoncA=a.cor d’après la loi de Beer-Lambert,A=ε(614 nm,298 K).l.cdonc : ε(614 nm,298 K) = a
l A.N. :ε(614 nm,298 K) = 1,2×108L·mol−1·m−1
5. La spectrophotométrie est une technique de choix pour le suivi cinétique de la réaction de décomposition du colorant E133 car le bleu brillant est la seule espèce colorée intervenant dans la réaction.
Étude cinétique
Protocole expérimental
- À l’instant t= 0 min, on place dans un bécher de 50 mL un volumeV1 = 25,0 mL d’une solution aqueuse de bleu brillant de concentration molaire volumique c1 = 4,54×10−6mol·L−1 et un volume V2 = 1,00 mL d’une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium (ClO−(aq) +N a+(aq)) de concentration molaire volumique c2= 1,33×10−2mol·L−1.
6. Montrons qu’il y a dégénérescence de l’ordre par rapport aux ionsClO−dans les conditions de l’expérience.
On suppose que la réaction a pour loi cinétique :
v=k[E133]α[ClO−]β Évaluons les concentrations initiales [ClO−]0et [E133]0:
— [E133]0= c1V1
V1+ V2
= 4,38×10−6mol·L−1,
— [ClO−]0= c2V2 V1+ V2
= 5,12×10−4mol·L−1
[ClO−]0 [E133]0, donc au cours de la réaction [ClO−](t)≈[ClO−]0 et loi cinétique apparente s’écrit donc :
v=kapp[E133]α kapp=k[ClO−]β0
Finalement, l’expérience permet de déterminer, s’il existe, l’ordre partiel par rapport au bleu brillant.
7. Voir question précédente.
Étude expérimentale
8. Montrons que si la réaction est d’ordre 1 par rapport au bleu brillant (E133), l’équation ci-dessous est vérifiée :
ln A A0
=−kapp×t
— D’une part, par définition, la vitesse de réaction s’écrit : v=−d[E133]
dt
— D’autre part, on suppose que la réaction admet un ordre 1 par rapport à E133 : v=kapp[E133]
La concentration en [E133] vérifie donc l’équation différentielle : d[E133]
dt =−kapp[E133]
qui s’intègre en :
ln
[E133]
[E133]0
=−kappt
D’après la loi de Beer-Lambert [E133] = A εl d’où :
ln A
A0 =−kapp×t 9. Seul le graphe de ln A
A0 est une droite donc la réaction est d’ordre 1 par rapport au bleu brillant. La constante de vitesse apparente est l’opposé de la pente de la droite :
kapp= 0,28 min−1
Afin de déterminer l’ordre partiel β , supposé non nul, par rapport aux ions hypochlorite ClO− , on réalise le même protocole expérimental que précédemment en utilisant toutefois une solution aqueuse d’hypochlorite de sodium (ClO−(aq) + Na+(aq)) de concentration molaire volumiquec3= 6,65×10−3mol·L−1. Les résultats de l’étude expérimentale menée à 298 K sont rassemblés dans le tableau 6 ci-dessous.
t (min) 0 2,5 5 7,5 10 15
A 0,389 0,275 0,195 0,138 0,0.097 0,069 AbsorbanceA mesurée à divers instantst.
0 2 4 6 8 10 12 14 16
t (min)
4.5 4.0 3.5 3.0 2.5 2.0 1.5 1.0 0.5 0.0
ln ( A /A 0 )
Figure5 – Résultats expérimentaux
10. Le temps de demi-réaction dans les deux expériences dépend de la constante de vitesse apparente donc de [ClO−]0 et de l’ordreβ s’il existe. Mesurons les temps de demi-réaction dans chacune des expériences :
— Exp 1 :t1/2,1= 2,5 min.
— Exp 2 :t1/2,2= 5,0 min.
Or pour une réaction d’ordre 1, le temps de demi-réaction s’écrit : t1/2= ln 2
kapp
Avec kapp =k[ClO−]0donc :
— Exp 1 :t1/2,1= ln 2 kcβ2.
— Exp 2 :t1/2,2= ln 2 kcβ3. On en déduit :
β= ln
c3 c2
ln t1/2,2
t1/2,2
A.N. :β = 1.
11. La constante de vitessekde la réaction de décomposition du bleu brillant en présence d’ions hypochlorite se calcule alors à partir d’une des valeurs dekapp :
k= kapp,1
c2
A.N. :k= 21,1 mol−1·L·min−1
Problème 3 – Détecteur de choc d’un airbag
1. A t= 0−, la masse est à l’équilibre doncx(0−) =l0 et sa vitesse vaut ˙x(0−) = 0.
2. D’après le principe d’inertie, la masse se déplace vers lesX décroissants. La voiture ralentit donc dans le référentiel de la voiture, la masse se déplace vers les xdécroissants.
Figure 6 – Modélisation du dispositif de détection des chocs installé dans le véhicule. La longueur à vide du ressort vautl0= 2 cm
Figure7 – Évolution de la vitessevv(t) du véhicule. Au cours du choc, la vitesse passe de−v0à 0 en une durée tc.
3. D’après le graphe fig.7 :
( ∀t∈[0, tc] ae= v0 tc
=a0
∀t≥tc ae= 0 4. Syst :M(m)
Ref : voiture, non galiléen Inventaire des forces :
— tension du ressortT~ =−k(x−l0)~ex
— frottementF~ =−αx~˙ex
— F~e=−m~ae=−ma0~ex
Relation fondamentale de la dynamique :
m~a=T~+F~ +F~e
⇔m¨x=−k(x−l0)−αx˙ −ma0
⇔m¨x+αx˙+kx=kl0−ma0
⇔¨x+ α mx˙+ k
mx= k ml0−a0
On pose ω0= rk
m , ξω0= α
m etω20xe= k
ml0−a0⇔ xe=l0− a0 ω02 .
¨
x+ 2ξω0x˙+ω02x=ω02xe
5. On reconnaît l’équation d’un oscillateur harmonique de pulsation propre ω0, de facteur d’amortissement ξ et de position d’équilibrexe.
6. On suppose ξ <1, montrons que,∀t∈[0, tc] :
x(t) =e−t/τ(Acos(ωt) +Bsin(ωt)) +xe où on exprimeraω La solution de l’équation différentielle d’évolution s’écrit :
x(t) =xH(t) +xe
oùxeest une solution particulière évidente et xH la solution de l’équation homogène :
¨
x+ 2ξω0x˙+ω02x= 0
Cherchons une solution sous la formeer.t. Cette fonction est solution sirvérifie l’équation caractéristique : r2+ 2ξω0r+ω02r= 0
Cherchons les valeurs der. Pour cela, calculons le déterminant de l’équation précédente :
∆ = 4ξ2ω02−4ω20= 4ω20(ξ2−1)
Orξ <1 donc ∆<0. Il existe deux racines complexes conjuguées solutions de l’équation caractéristique : r±=−ξω0±j√
−∆ =−ξω0±jω0
p1−ξ2 En posant τ = 1
ξω0
et ω=ω0
p1−ξ2 , il vient :
r±=−1 τ ±jω Alors, la solution homogène s’écrit :
xH(t) =e−t/τ(Acos(ωt) +Bsin(ωt)) Et la solution générale de l’équation d’évolution :
x(t) =e−t/τ(Acos(ωt) +Bsin(ωt)) +xe
7. On détermine les constantes d’intégrationAetB par exploitation de la continuité de la position et de la vitesse à t= 0.
Continuité de la position :
x(0+) =x(0−)
⇔A+xe=l0
⇔A=l0−xe
⇔A= a0 ω02
Continuité de la vitesse :
˙
x(0+) = ˙x(0−)
⇔A
τ +ωB= 0
⇔B= A ωτ
⇔B= a0
ωτ ω02
8. la vitesse vaut v(t) = ˙x=−1
τe−t/τ(Acos(ωt) +Bsin(ωt)) +e−t/τω(−Asin(ωt) +Bcos(ωt)).
Avec B= A
ωτ, il vient :
v(t) =−A
1 +τ2ω2 τ2ω
e−t/τsin(ωt)
9. Représenter les évolutions temporelles dex(t) etv(t) en concordance des temps pourt∈[0, tc] : fig.8.
0 5 10 15 20 25
s
1.0 0.5 0.0 0.5 1.0
t (s )
x/ max(x) v/ max(
|v
|)
Figure8 – Vitesse et position du capteur
10. La masse M est-elle la plus proche du point O lorsque x(t) atteint sont premiers minimum donc à tD=T
2 = π
ω . La distance minimaledvaut alors : d=x(td)
d=xe+e−td/τ(Acos(ωtd) +Bsin(ωtd)) d=xe−Ae−td/τ
d=l0− a0
ω02
1 +e−π/(ωτ)
11. Calculons la valeur minimale de l’accélérationa0telle que d <l0 2.
d < l0
2 a0
ω20
1 +e−π/(ωτ)
> l0
2 a0> l0ω02
2 1 +e−π/(ωτ)
A.N. amin = l0ω02
2 1 +e−π/(ωτ) = 23,6 m·s−2 <5g. Le dispositif peut donc détecter des accélérations de 5g.