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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository

Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:

Basaula, N. (1989). Etude agrostologique et analyse financière d'un projet bovin sur les plateaux Bateke(Zaïre) (Unpublished doctoral dissertation).

Université libre de Bruxelles, Faculté des sciences, Bruxelles.

Disponible à / Available at permalink : https://dipot.ulb.ac.be/dspace/bitstream/2013/213236/1/ff7ad250-b77a-40a5-b9b9-c2ce0eb0dc98.txt

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D 3o2

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

FACULTE DES SCIENCES Section Interfacultaire d'Agronomie

ETUDE AGROSTOLOGIQUE ET

ANALYSE FINANCIERE D'UN PROJET BOVIN SUR LES PLATEAUX BATEKE (ZAÏRE)

par

BASAULA Ndombedi

Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur en Sciences Agronomiques

Directeur : J. LEJOLY

V. y

(3)

UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES

FACULTE DES SCIENCES Section Interfacultaire d'Agronomie

ETUDE AGROSTOLOGIQUE ET

ANALYSE FINANCIERE D'UN PROJET BOVIN SUR LES PLATEAUX BATEKE (ZAÏRE)

par

BASAULA Ndombedi

Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur en Sciences Agronomiques

Directeur : J. LEJOLY

Année académique 1988-1989

(4)

REMERCIEMENTS

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à Monsieur LEJOLY pour avoir rendu possible la réalisation de ce travail et m’avoir fait bénéficier de ses compétences.

Je remercie de tout coeur Monsieur FARBER pour sa précieuse collabo­

ration.

Je ne saurais oublier l’assistance de Monsieur BREYNE, Responsable du Projet Agrostologie, l’Ingénieur DIELOMBAKA de la ferme de Mabana ainsi que le personnel de diverses fermes que j’ai visitées sur les plateaux Bateke.

Ce travail n’aurait pu être réalisé sans le concours sans faille de l’Adminis­

tration Générale de la Coopération au Développement (A.G.C.D.), je lui témoigne ma reconnaissance.

Enfin, je remercie le personnel de différents laboratoires et services de l’U­

niversité Libre de Bruxelles, les collègues et les amis qui m’ont apporté leur

assistance.

(5)

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION... 1

Chapitre 1. GENERALITES... 3

1.1. Le Zaïre...3

1.1.1. Données géographiques... 3

1.1.1.1. La physiographie... 3

1.1.1.2. Les sols... 3

1.1.1.3. Les facteurs climatiques...3

1.1.2. Démographie... 4

1.1.3. Situation économique... 5

1.1.4. Situation de l’agriculture... 6

1.1.4.1. La terre... 6

1.1.4.2. Contribution du secteur agricole au P.I.B...7

1.1.4.3. Taux de croissance du secteur agricole...7

1.1.4.4. Disponibilités alimentaires au Zaïre...8

1.2. Les plateaux Bateke ; Etude du milieu... 12

1.2.1. Le milieu physique en général... 12

1.2.1.1. Situation géographique... ... 12

1.2.1.2. Géologie... 12

1.2.1.3. Géomorphologie... 12

1.2.1.4. Climat... 12

1.2.2. L’eau... 14

1.2.2.1. Situation hydrographique... 14

1.2.2.2. L’abreuvement du bétail... 15

1.2.3. Le sol... 16

1.2.3.1. Le matériau parental... 16

1.2.4. La végétation... 17

1.2.4.1. Végétation forestière... 17

1.2.4.2. Végétation savanicole... 19

1.2.4.3. Végétation aquatique... 20

1.2.5. L’exploitation actuelle du bétail...20

1.2.5.1. Le cheptel... 20

1.2.5.2. La santé animale... 21

(6)

1.2.6. Les aspects humains... 22

Chapitre 2. METHODOLOGIE... 24

2.1. Méthodes de l’analyse floristique des pâturages...24

2.1.1. Les méthodes de quadrats...24

2.1.2. Méthode hollandaise dite méthode de De Vries... 24

2.1.3. Méthode phytosociologique...25

2.1.4. Méthode d’analyse utilisée...25

2.2. Méthodes d’évaluation de la productivité des pâturages... 26

2.2.1. Introduction...26

2.2.2. Techniques d’estimation de la production herbacée... 26

2.2.3. Matériel et méthodes choisies...27

2.3. Méthodes des analyses bromatologiques...28

2.3.1. Introduction... 28

2.3.2. Matériel et méthodes choisies...28

Chapitre 3. PRODUCTIVITE ET VALEUR BROMATOLOGIQUE DES 30 PATURAGES DES PLATEAUX BATEKE... 3.0. Les principaux types de pâturages...30

3.0. 1. Les pâturages exondés... 30

3.0. 2. Pâturages naturels sur sol engorgé ou inondé temporairement... 30

3.1. Pâturages à Hyparrhenia diplandra... 31

3.1.1. Composition floristique... 31

3.1.2. Productivité et capacité de charge des pâturages... 33

3.1.3. Valeur bromatologique... 34

3.2. Pâturages à Trachypogon thollonii et Hyparrhenia diplandra... 42

3.2.1. Composition floristique... 42

3.2.2. Productivité et capacité de charge...44

3.2.3. Valeur bromatologique... 46

3.3. Pâturages à Loudetia demeusei...49

3.3.1. Composition floristique... 49

3.3.2. Productivité et valeur bromatologique... 50

3.4. Pâturages à Loudetia simplex... 55

3.4.1. Composition floristique... 55

3.4.2. Productivité et valeur bromatologique... 56

(7)

3.5. Parcours des jachères herbeuses postculturales... 60

3.6. Pâturages aériens... 60

3.7. Parcours naturels sur sol engorgé ou inondé temporairement... 61

3.7.1. Pâturages de vallée à Loudetia phragmitoides... 61

3.7.2. Pâturages à Echinochloa pyramidalis et Jardinea congensis... 61

3.7.3. Pâturages à Hyparrhenia familiaris...61

3.7.4. Pâturages à Vossia cuspidata... 62

3.8. Pâturage artifiel à Brachiaria ruziziensis...62

3.8.1. Description et écologie... 62

3.8.2. Productivité et capacité de charge...63

3.8.3. Valeur bromatologique... 64

Chapitre 4. DISCUSSION DES RESULTATS... 69

4.1. Les résultats de la productivité... 69

4.2. Les résultats de la valeur bromatologique...74

4.2.1. Valeur fourragère... 74

4.2.2. Composition minérale... 79

Chapitre 5. GESTION ET AMENAGEMENT DES PATURAGES... 80

5.1. Introduction...80

5.2. Exploitation actuelle des pâturages...81

5.2.1. Les pâturages des savanes herbeuses à tapis clair ou dense...81

5.2.2. Les pâturages des savanes arbustives...82

5.3. Propositions de gestion et d’aménagement des pâturages des plateaux Bateke... 82

5.3.1. Résultats expérimentaux... 82

5.3.2. Pratique de la rotation des pâturages... 87

5.3.3. Contrôle des feux... 90

5.3.4. Débroussaillement partiel des savanes arbustives... 90

5.4. Intensification fourragère... 91

5.4.1. Introduction... 91

5.4.2. Techniques culturales du Brachiaria ruziziensis...91

5.4.2.I. Implantation...92

(8)

5A.2.2. Fertilisation... 94

5A2.3. Association des cultures... 95

5.4.3. Enrichissement des pâturages naturels avec Stylosanthes guyanensis... 96

5.4.3.1. Introduction... 96

5.4.3.2. Techniques d’aménagement...97

Chapitre 6. ANALYSE FINANCIERE DU PROJET...99

6.1. Notions générales... 99

6.1.1. Notion de projet... 99

6.1.2. Aspects de l’analyse du projet... 100

6.1.3. Cycle du projet... 100

6.1.4. Aspects financiers de l’analyse des projets... 101

6.1.4.1. Détermination des prix... 101

6.1.4.2. Bases de calcul dans l’analyse de l’investissement agricole... 103

6.1.4.3. La durée du projet... 106

6.1.5. Méthodes d’analyse de la valeur des projets... 106

6.1.5.1. Méthodes d’évaluation sans actualisation... 106

6.1.5.2. Méthodes d’évaluation avec actualisation... 108

6.1.5.3. Analyse de sensibilité... 112

6.2. Présentation du projet... 113

6.2.1. Site du projet... 113

6.2.2. Objectifs... 113

6.2.3. Raisons d’être du projet... 114

6.2.3.1. Justification technique... 114

6.2.3.2. Justification économique... 115

6.2.4. Modèle de dynamique des troupeaux... 116

6.2.5. Investissements... 119

6.2.5.1. Culture des pâturages... 119

6.2.5.2. Infrastructures... 119

6.2.5.3. Matériel... 122

6.2.6. Coûts des investissements... 122

6.2.6.1. Culture des pâturages... 123

6.2.6.2. Infrastructures... 124

6.2.6.3. Matériel... 125

(9)

6.2.6.4. Coûts d’investissement en bétail... 125

6.2.7. Mesure de la rentabilité du projet... 129

6.2.7.1. Comptes de résultat prévisionnels... 129

B.2.7.2. Bilans prévisionnels... 136

6.2.7.5. Plan de financement... 138

6.2.8. Calcul des ratios... 142

6.2.8.1. Ratio de liquidité... 142

6.2.8.2. Ratios de rentabilité... 144

6.2.8.3. Seuil de rentabilité... 145

6.2.9. Interprétation du taux de rentabilité interne... 146

6.2.10. Analyse de sensibilité... 147

CONCLUSIONS... 149

ANNEXES... 154

Liste des tableaux... 172

Liste des abréviations... 174

Liste des figures... 175

BIBLIOGRAPHIE... 176

(10)

1

introduction

En ce moment où, dans le monde occidental, l’on se prépare à la grande mutation industrielle qui voit l’avènement de ce que certains qualifient de civilisation de l’information, au moment où l’industrie s’y acharne à intégrer dans le système de production les nouvelles technologies pour accroître la compétitivité et la capacité à innover, dans les pays en voie de développement, la principale préoccupation des populations reste la famine, le déficit alimentaire. Et pour les gouvernements, une des priorités retenues dans les plans de développement reste l’accroissement de la production agricole vivrière.

Au Zaïre, ce problème devient de plus en plus préoccupant car non seulement les disponibilités alimentaires sont insuffisantes mais aussi et surtout elles décroissent chaque année et évoluent en sens inverse de la croissance démogra­

phique. Le déficit est particulièrement marqué pour les protéines d’origine animale.

Leur apport dans la ration alimentaire équilibrée est indispensable car elles contiennent des acides aminés essentiels, absents dans les protéines végétales et que l’organisme humain ne peut synthétiser.

Fort de cette réalité, le gouvernement zaïrois a inscrit dans son plan quin­

quennal 1985-1990 un vaste programme d’autosuffisance alimentaire qui vise la suffisance dans les denrées suivantes: maïs, manioc, riz, canne à sucre, viande et poisson.

C’est dans ce cadre que nous avons choisi d’explorer la région des plateaux Bateke, vaste région de savanes, située dans la périphérie de la ville de Kinshasa et qui est de plus en plus occupée, depuis deux décennies, par différentes initiat­

ives privées. On y pratique l’agriculture vivrière sur sols sablo-argileux peu pro­

fonds ou l’élevage sur formations végétales de savane. Il est évident que, dans l’un ou l’autre cas, les rendements restent peu élevés à cause de l’inadéquation des systèmes actuels d’exploitation aux contraintes éco-climatiques. En effet, les sols des plateaux Bateke sont constitués, en majeure partie, des sables fins; leur structure est très fragile et sensible à l’érosion. La pratique des feux de brousse pour rajeunir les parcours détruit la couche humifère du sol et altère progressive­

ment la productivité potentielle des pâturages.

(11)

2

Cette région a déjà fait i’objet de nombreuses études botaniques (Duvig- neaud,1953; Lebrun et Gilbert,1954; Germain,1965; Compère,1970; Kalanda,1981).

La plupart de ces travaux ont surtout privilégié les aspects phytosociologiques et floristiques de ces savanes. Par ailleurs, quelques recherches zootechniques ont été réalisées par l’INEAC sur le Plateau du Kwango (Druet,1958). Tout compte fait, il subsiste une carence sur la connaissance de ces savanes, précisément au point de vue de l’exploitation pastorale.

Aussi avons-nous mené, dans la première partie de ce travail, une étude agrostologique. La démarche suivie a consisté à identifier les principaux pâturages naturels et cultivés rencontrés sur les plateaux et à évaluer leur productivité et valeur bromatologique. Ces données ont permis de mieux apprécier les disponibi­

lités fourragères au cours de l’année, d’estimer la capacité de charge et de pro­

poser des aménagements susceptibles d’aider à une gestion optimale des parcours.

Par ailleurs, si la mise en place de pâturages artificiels trouve une justification technique, il est nécessaire de mesurer l’impact de ces améliorations dont les coûts en intrants sont souvent très importants. En outre, une bonne conduite de l’éle­

vage, avec le souci de mieux tirer parti des potentialités du bétail nécessite de disposer d’un ensemble d’infrastructures, équipements et matériel dont l’acquisition est non seulement coûteuse mais aussi lourde en charges d’exploita­

tion qui érodent les profits.

Dès lors, d’aucuns s’interrogent aujourd’hui sur les spéculations qui pourraient être développées sur les plateaux et qui garantiraient un meilleur return pour l’in­

vestisseur, autrement-dit, faut-il y investir dans l’élevage ou les cultures ?

Nous n’avons, à notre connaissance, aucune étude d’analyse financière de projet d’élevage sur les plateaux Bateke qui permettrait de répondre, pour le moins partiellement, à cette interrogation. Dans ce but, nous avons imaginé, dans la deuxième partie, un projet d’intensification de la production bovine pour analyser l’oppportunité des investissements en élevage dans le contexte économique actuel du Zaïre. L’évaluation de la rentabilité financière du projet a été faite suivant la méthode des ratios et celle du taux de rentabilité interne, critère de décision effi­

cace pour apprécier un projet indépendant. Nous avons utilisé le logiciel Lotus

1.2.3. sur IBM PC pour l’analyse financière.

(12)

3

CHAPITRE 1. GENERALITES 1.1. LE ZAÏRE

1.1.1. Données géographiques 1.1.1.1. La physlographie

La République du Zaïre occupe une superficie estimée à 2.345.410 km^ entre les parallèles 5° 0 N et 13° 28 S et les méridiens 12°10’ E et 31 ° 15’ E. Le territoire se présente comme un quadrilatère de forme sensiblement carrée, les dimensions extrêmes étant 2.139 km dans le sens est-ouest et 2.094 km dans le sens nord-sud.

Le pays est presqu’entièrement enclavé au centre de l’Afrique, n’ayant qu’une façade de 40 km sur l’océan Atlantique à l’embouchure du fleuve Zaïre entre la province angolaise de Cabinda et le reste de l’Angola sur la rive gauche du fleuve.

1.1.1.2. Les sols

D’après la carte des sols du Congo belge et du Ruanda-Urundi publiée par SYS (1961), les sols du Zaïre sont très variés et les types suivants peuvent être signalés:

- Dans la partie occidentale de la Cuvette centrale,on trouve des sols récents,en grande partie hydromorphes sur alluvions.

- Les ferralsols sont très largement représentés: ils entourent les sols hydro­

morphes et sont aussi rencontrés sur roches non différenciées.

- Les aréno-ferrals sur sables du type salonga s’étalent au sud de la Cuvette centrale.

- Sur les plateaux Bateke et dans l’ouest du Haut-Shaba dominent les areno-fer- rals sur sables du Kalahari.

- Dans la région montagneuse orientale, on trouve des ferrisols sur roches différenciées.

1.1.1.3. Les facteurs climatiques

a. Types de climat

(13)

4

Le territoire du Zaïre étant entièrement situé entre les tropiques,deux types fondamentaux de climat sont identifiés:

1. le type équatorial: sans saison sèche,avec deux maxima de pluviosité équi­

noxiaux;

2. le type subéquatorial: avec une ou parfois deux saisons sèches bien mar­

quées. La saison sèche est d’autant plus longue que la partie du territoire considéré est éloignée de l’Equateur.

b. Les précipitations

Pour les régions à forte pluviosité et couvertes par la forêt dense humide, Aubreville (1962) pense que le total des pluies est généralement supérieur à 1400-1500 mm. Les totaux annuels les plus bas sont observés dans la zone côtière entre Banana et Boma,et dans la vallée de la Ruzizi.

c. Les températures

Selon Bultot (1972), la moyenne des températures journalières les plus élevées oscille entre 29-31 °C et celle des températures journalières les plus basses,qui est de l’ordre de 10°C, a été signalée dans les massifs montagneux du Kivu.

1.1.2. Démographie

La population active est essentiellement agricole bien que l’évolution, due à l’exode rural, soit à la régression comme cela apparaît dans le tableau 1.

Tableau 1. Population totale et population active (1.000)

Population Population écon.

active

année totale agricole totale agricole % en agriculture

1970 19481 15407 8678 6864 79,1

1975 22399 16881 9503 7162 75,4

1980 25847 18480 10434 7460 71,5

1985 29938 20562 11666 8012 68,7

1986 30862 21013 11936 8127 68,1

Source: Annuaire F.A.O de la production, Vol.40,1986.

(14)

5

1.1.3. Situation économique

Les données et informations reprises ci-dessous sont tirées du Rapport annuei de la Banque du Zaïre,1987.

Le Produit Intérieur Brut (P.I.B.) a connu en 1987 un taux de croissance de 2,7

% comme en 1986. Ce résultat est inférieur à la prévision de 3 %. Eu égard au taux de croissance démographique estimé à 3,0 %,on constate une nouvelle baisse en 1987 du P.I.B. par habitant.Concernant la structure du P.I.B., la part du secteur minier et métallurgique (28,7 %) n’a pas progressé alors que celle de l’agriculture commercialisée s’est légèrement accrue de 11,1 % contre 10,3 % en 1986.

L’évolution de la balance des paiements en 1986 est restée caractérisée comme les années précédentes par la persistance du déficit du solde global. Le déficit global s’élevant à 130,0 millions de DTS en 1985 a été ramené à 91,5 millions en 1986.Sur base des statistiques douanières, la balance commerciale est restée excédentaire en 1986 dégageant un solde positif de 479,6 millions de DTS contre 633,8 millions en 1985. Les produits miniers comme le cuivre et le cobalt et les produits agricoles dont principalement le café, constituent les exportations. Les importations comprennent les produits alimentaires et les produits manufacturés.

En 1987, le taux de réescompte a été unifié et réduit par la Banque Centrale à 29 % contre 30 % l’année auparavant.La politique économique du Conseil Exécutif,telle que définie dans le cadre du plan quinquennal 1986-1991, poursuit pour l’année 1988 la réalisation d’un objectif de croissance du P.I.B. de 3,5 %, en termes réels et un niveau d’inflation de 35 %.

Tableau 1b. Taux d’inflation (%) au Zaïre de 1980-1987

Année 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987

43,9 38,1 37,2 75,9 52,0 23,7 46,8 100,0

(15)

6

1.1.4. Situation de l’agriculture 1.1.4.1. La terre

a. Utilisation des terres

La F.A.O. présente comme suit (tableau 2) l’utilisation des terres au Zaïre:

Tableau 2. Utilisation des terres au Zaïre (1.000 hectares)

1970 1975 1980 1985

Superficie totale 234541 234541 234541 234541

Superficie des terres 226760 226760 226760 226760

Terres arahl3s 5416 5560 5764 6000

Cultures permanentes 480 540 550 600

Pâturages pennanents 9221 9221 9221 9221

Forêts et terrains boisés 180860 179280 177610 175960

Autres terres 30783 32159 33615 34979

Source: Annuaire F.A.O. de production,Vol. 40,1986.

Il apparaît dans ce tableau une stagnation des surfaces allouées à l’élevage, 4%

seulement de la superficie des terres.

b. Le régime foncier

La loi n° 80-008 du 18 juillet 1980 modifiant et complétant la Loi foncière 73-021 du 20 juillet 1973 régit l’utilisation du sol zaïrois: "le sol est la propriété exclusive , inaliénable et imprescriptible de l’Etat". L’Etat est donc le seul et unique propriétaire (Schmitz,1985).

Le sol ne fait pas l’objet d’un véritable droit de propriété mais d’un privilège ou droit d’exploitation appelée concession; ce droit est accordé par l’Etat. La con­

cession perpétuelle est accordée aux personnes physiques zaïroises pour une durée non limitée. Pour les personnes morales zaïroises et les étrangers, le droit d’exploitation est limité à 25 ans avec possibilité de renouvellement du contrat à terme. Dans la pratique, le droit d’exploiter une terre rurale se fait en deux étapes:

- demande à l’Etat suivant la procédure légale et acquittement des droits y afférents:

- négociation auprès du Chef coutumier du droit de jouissance des terres

demandées.

(16)

7

1.1.4.2. Contribution du secteur agricoie au P.I.B.

Durant l’année 1986,la valeur ajoutée du secteur agricole s’est accrue de 10,5

% grâce principalement à l’amélioration du cours du café qui a entraîné une aug­

mentation de la production du secteur caféier. Les effets sur le P.I.B. ont aussi été significatifs car son taux de croissance, en termes réels,a été de 2,7 % en 1986 contre 2,5 % en 1985.

La contribution de l’agriculture au P.I.B. a été de 21,2 % en 1986. La croissance de l’élevage seul a été de 2,6 % en 1986 et la valeur ajoutée de la production commercialisée de ce secteur a été de 7,5 %.

Le tableau 3 présente la contribution de l’agriculture au P.I.B.

Tableau 3. Contribution de l’agriculture commercialisée au P.I.B.

(en millions de Z) (1 Z = 0,25 FB)

1981 1982 1983 1984 1985 1986 Agriculture commercialisée 86,3 87,0 87,6 90,1 93,5 103,3 Agriculture non commercialisée 105,4 108,6 111,9 115,3 119,7 123,3

P.I.B. 1006,0 975,5 988,3 1015,0 1040,4 1068,5

Total agriculture 191,7 195,6 199,5 205,4 213,2 226,6

% agriculture/P.1.B. 19,1 20,1 20,2 20,2 20,5 21,2

Source : Rapport annuel de la Banque du Zaïre,1987.

Le total et le % sont calculés par nous.

1.1.4.3. Taux de croissance du secteur agricole

Nous avons calculé les taux de croissance repris au tableau 4 à partir des

tableaux 1 et 3 et les valeurs marquées par l’astérisque ont été calculées par Kan-

konde (1983).

(17)

8

Tableau 4. Comparaison des taux de croissance du secteur agricole, du P.I.B. et de la population (%)

Période 70-75 75-80 80-85

P.I.B. 2,2* < 0* 1.2

Agriculture 1.7* 1.6* 2,7

Population 3,0 3,1 3,2

On dégage de ces chiffres que l’agriculture zaïroise est encore loin de jouer le rôle qui pourrait être le sien dans le développement économique du pays, et qu’il subsiste encore un écart important avec la croissance démographique. La légère amélioration des années 80-85 est sans mesure avec le déficit de plus en plus croissant des productions vivrières qui intéressent directement la population dans la lutte contre la faim, elle doit être attribuée aux cultures d’exportation qui ont bénéficié de meilleurs cours.

Par ailleurs, la situation de l’élevage, telle que présentée dans les tableaux 5 et 6, explique l’insuffisance des productions carnées et la nécessité de financer des importations qui, malheureusement, n’arrivent pas à combler les besoins des populations.

Tableau 5. Population animale au Zaïre

Espèce animale /Période 79-81 1984 1985 1986

Bovins (x 1000) 1182 1300 1350 1400

Porcins (x 1000) 713 760 770 780

Ovins (x 1000) 732 760 765 770

Caprins (x 1000) 2745 2910 2920 2930

Poules (x 1000.000) 15 17 18 18

Source : Annuaire F.A.O. de la production. Vol. 0,1986.

1.1.4.4. Disponibilités alimentaires au Zaïre

Les disponibilités alimentaires comprennent la production du pays aug­

mentée des importations et diminuée des exportations.

(18)

g

D’après les normes de la F.A.O., la ration journalière moyenne doit fournir 2225 kcal et 53 g de protéines pour un homme actif. Si au Zaïre, les besoins en énergie peuvent être considérés comme satisfaits car les disponibilités alimentaires sont des moyennes calculées pour l’ensemble de la population, enfants et vieillards compris (Anson-Meyer,1983), le déficit est très marqué pour les protéines.

Tableau 6. Productions animales au Zaïre (1000 TM)

Production /Période 79-81 1984 1985 1986

Viande de boeuf et 22 23 24 25

de veau

Viande de mouton et 2 2 3 3

d’agneau

Viande de chèvre 7 7 7 8

Viande de porc 27 28 28 29

Viande de volailles 13 14 14 15

Autres 104 109 110 110

Total Viande 175 183 186 190

Lait de vache (en TM) 6 7 7 7

Oeufs de poule (en TM) 7247 7500 7600 7700

Peaux bovins et 2980 3100 3200 3300

buffles (en TM)

Peaux d’ovins (en TM) 673 705 711 720

Peaux de caprins (TM) 1837 1900 1912 1925

Source : Annuaire F.A.O. de la production, Vol. 40,1986.

(19)

Tableau 7. Importations des produits d’éievage (1.000 $)

1983 1984 1985

Animaux vivants 255 255 260

Viande 24220 53265 74030

Lait et oeufs 15310 19240 23180

Poissons 59395 32150 47211

Graisses animales 250 - -

Total 99430 104910 144681

Source: Annuaire F.A.O. du Commerce,Vol.40,1986;ies totaux sont calculés par nous.

Tableau 8. Disponibilités aiimentaires

Période

Calories/pers/jour P.V. P.A. Total

Prot./pers/jour(g) P.V. P.A. Total

Lipid./pers/j(g) P.V. P./. Tôt.

61-63 2070 85 2155 26,3 9,8 36,1 26,9 4,4 33,3

69-71 2165 88 2253 28,7 9,8 38,5 33,4 4,3 37,7

71-81 2063 64 2127 27,6 7,1 34,7 34,3 3,3 37,6

83-85 2095 59 2154 27,4 6,1 33,5 31,5 3,2 34,7

P.V.: produits végétaux ; P.A.: produits animaux Prot.: protéines ; Lipid.: lipides

Source: Annuaire F.A.O. de production,Vol.40,1986.

(20)

12

1.2. LES PLATEAUX BATEKE : ETUDE DU MILIEU

1.2.1. Le milieu physique en général 1.2.1.1. Situation géographique

La région des plateaux Bateke est une vaste bande des plateaux qui forment l’avant plan du Plateau du Kwango à une centaine de kilomètres au nord de Kin- shasa.Sa superficie est estimée à environ 7.000 km^. Au point de vue géogra­

phique, ils sont limités à l’Ouest par le fleuve Zaïre, à l’Est à 17°00’longitude Est, au Sud par le parallèle 5°lat. Sud et au Nord par le parallèle 4°lat. Sud.

1.2.1.2. Géologie

La région des plateaux Bateke présente un profil géologique assez typique: au sommet vers 690 à 700 m d’altitude,on trouve les sables ocres du Kalahari supérieur. Puis vient une zone de transition vers 610 m constituée par les sables du Kalahari inférieur. Enfin, vers 550 m soit 150 m au-dessous du sommet, on ren­

contre des couches gréseuses: les grès polymorphes et les grès tendres méso­

zoïques (De Ploey,1965).

1.2.1.3. Géomorphologie

Cette région présente l’aspect général d’un plateau entrecoupé par des vallées sèches et des dépressions fermées de forme ovale, lobée ou circulaire. Ces dépressions ont une profondeur qui dépasse rarement 20 m. Les grandes dépressions se caractérisent par un fonds marécageux et boisé; certaines sont tapissées d’une formation superficielle des sables blancs. La figure 1 illustre la coupe altitudinale des plateaux Bateke.

1.2.1.4. Climat

Les plateaux Bateke appartiennent au climat tropical humide du type

suivant la classification de Kôppen. Il se caractérise par une saison des pluies

d’octobre à mai marquée par une petite saison sèche de deux mois,en janvier et

février, pendant laquelle il y a une réduction des pluies ; la saison sèche dure

quatre mois, de juin à septembre. La pluviométrie annuelle moyenne est de 1300

mm; la température moyenne est de 23,9'C et les minima et maxima absolues sont

de 13,5 et 39 °C respectivement en août et mars. Le diagramme ombrothermique

est présenté à la figure 1 b.

(21)

Figure d • Coupe altitudinale des plateaux Bateke le long de l'axe

Kinshasa-Kenge (d'après DE PLOEY in Muambi,1968).

(22)

13i

Figure 1 b. Diagramme ombrothermique

Station météorologique de Ndjili (1970-1980)

P: précipitations

T : température

(23)

14

1.2.2. L’eau

1.2.2.1. Situation hydrographique

Les principales vallées du Plateau du Kwango et des plateaux Bateke dessin­

ent un réseau hydrographique parallèle,lâche,à axes assez rectilignes dont l’écoulement se fait, en général, en direction Sud - Nord.Les larges vallées à fond plat correspondent à des biefs amont régularisés qui sont stabilisés sur la surface supérieure des bancs durs des grès polymorphes. Certaines de ces vallées sont actuellement sèches en permanence: ce sont les vallées sèches (De Ploey,1965). Il en est de même des vallées secondaires, peu profondes, à profil transversal en V, encaissées dans les sables ocres.

Le réseau hydrographique comprend principalement:

a) les rivières, dont les plus importantes sont Bombo et Lufimi qui coulent respectivement à 395 m et 545 m au moment où eiles coupent l’axe Kinshasa- Kenge;

b) les ruisseaux, localisés dans les vallées sont des affluents des rivières: on peut aussi mentionner les rivières des grandes pluies, temporaires, elles coulent dans les grandes vallées sèches, en périodes de grandes pluies;

c) les mares, ce sont des dépressions pourvues d’eau. Landu (1977) attribue l’origine de ces mares à la présence des nappes dont l’imperméabilité des horizons colmatés est due à un concrétionnement des éléments ferreux, pen­

dant une longue période où ont alterné l’assèchement des horizons (oxydation du Fe et concrétionnement) et l’accumulation d’eau de façon temporaire.

Ces mares constituent des points d’eau facilement accessibles par rapport aux

rivières qui coulent dans les vallées en auge et d’accès généralement difficile. Ces

mares se groupent en mares temporaires et permanentes. Les mares temporaires

se dessèchent pendant la saison sèche, mais le dessèchement est très prononcé

aux mois d’août et de septembre.

(24)

15

1.2.2.2. L’abreuvement du bétail

Une vache Ndama boit entre 12 et 20 litres d’eau par jour. Les points d’eau naturels sont les mares temporaires et les ruisseaux. Il faut éviter de donner au bétail de l’eau des marécages car cette eau qui ne coule pas est souvent le nid privilégié des parasites.Le bétail ne devrait pas courir plus de 4 km (aller-retour) pour s’abreuver quotidiennement: au-délà de cette distance, les besoins d’entre­

tien du bétail augmentent exagérément et il ne dispose plus de huit heures de pâturage effectif qui lui sont nécessaires quand il n’est pas supplémenté.

Deceuninck (1957) a évalué la superficie et la capacité en eau des mares situées entre Bombo et Lufimi; il en ressort que la quantité d’eau en réserve à la fin de la saison sèche est bien suffisante pour les besoins du bétail. Néanmoins, les résultats des analyses de qualité effectuées sur l’eau de ces mares, prélevée au mois de novembre par Lukoki (1973), démontrent qu’elle est polluée et infestée.

Cette pollution a sûrement accru aujourd’hui à cause de l’augmentation de la population des plateaux. Le tableau 9 illustre cette situation. Des pompes aspi­

rantes et foulantes sont nécessaires, avec une prise d’eau en profondeur pour offrir au bétail une eau propre à la consommation. Il sera parfois indispensable de creuser des puits pour se procurer de l’eau ou de disposer d’une citerne qui puisera l’eau des ruisseaux pour alimenter les abreuvoirs.

Tableau 9. Teneur en germes banaux et qualité de l’eau des mares Nom de la mare Nombre des germes

(1/10 ml)

Qualité de l’eau

Dumi-Robinet 256 médiocre

Walembo 928 médiocre

Metere 63 passable

Isuene 15 passable

Tsantsian 490 médiocre

Lio 1.084 impure

Source: Lukoki(1973).

(25)

16

1.2.3. Le sol

1.2.3.1. Le matériau parental

La série des sables ocres qui a donné naissance aux sols des plateaux Bateke est supérieure à l’applanissement d’érosion mi-tertiaire sur lequel il repose et antérieure à l’érosion antérieure qui a façonné l’applanissement fin tertiaire (De Ploey, 1965).

De Ploey (1965) présente comme suit l’évolution générale du profil en profon­

deur des dépôts:

a) Le dépôt du Paléogène : "Série des grès polymorphes"

A caractère d’abord semi-désertique,il se classe entre le cycle d’érosion se terminant par une pénéplanation parfaite dont l’âge est compris entre celui des formations fossilifères susjacentes du Tertiaire inférieur et le mouvement épi- rogénique et le cycle d’érosion se terminant par une pénéplanation parfaite d’âge mi-tertiaire.

b) Le dépôt du Néogène : "Série des sables ocres"

De Ploey (1965) suggère la possibilité d’origine fluviatile pour ces sables.

1.2.3.2. Les caractéristiques pédologiques

Les sols des plateaux Bateke sont homogènes au point de vue matériau par­

ental appartenant au système du Kalahari. Ils sont constitués par des sables fins (50 à 60 %) avec des faibles teneurs en argile (< à 11 %). Il s’agit des sols à structure très fragile et donc très sensible à l’érosion. Ce sont des hygro-xéro- arenoferrals caractérisés par la pauvreté minérale des horizons superficiels (0,30 à 0,70 méq./lOO g) et une faible teneur en matières organiques. La capacité d’échange est réduite (2 à 5 méq. par 100 g) (Sozadex,1986). La faible capacité de rétention en eau accroît les risques d’érosion d’origine climatique.

En outre, ces sols sont pauvres en calcium, magnésium, potassium et sodium

échangeables. Les teneurs en phosphore total sont faibles (0,6 à 1,3 pour 1000),

ainsi que celles en phosphore assimilable (0,2 à 0,5 pour 1000) dans les horizons

superficiels. Il y a une mauvaise évolution de la matière organique avec un rapport

C/N de 15 à 26 en surface et de 8 à 15 en profondeur. Le tableau qui suit résume

ces données.

(26)

17

Tableau 10. Données pédologiques (Sozadex,1986)

Type de savane*

Profondeur C(%) (cm)

N(%) C/N matière Sable organique(%) total(%)

Sable fin(%)

argile + limon (%)

pH eau

a. 0-25 1.96 0,075 26,3 3,92 89,1 63,8 10,1 5,2

b. 0-20 0,59 0,039 15,3 1,18 93,2 65,5 6,7 5,1

C. 0-25 - - - 1,28 93,8 50,2 5,2 4,8

d. 0-30 - - - 1,07 95,4 12,4 4,2 4,7

* a. Savane arbustive à Hyparrhenia diplandra b. Savane herbeuse à Trachypogon thollonil c. Savane herbeuse à Loudetia demeusei d. Savane herbeuse à Loudetia simplex

1.2.4. La végétation

Dans la subdivision phytogéographique de l’Afrique tropicale la région des plateaux Bateke se situe dans la Région Guinéo-congolaise, domaine congolais, secteur du Bas-Congo (White,1986).

La végétation des plateaux a fait l’objet de plusieurs études botaniques et phytosociologiques dont les principales sont celles réalisées par Lebrun et Gilbert (1954), Muambi (1968), Compère (1970) et Kalanda (1981). De ces études, nous pouvons dégager une synthèse qui permet de définir principalement trois forma­

tions :

a) la forêt Bateke b) la savane Bateke

c) la végétation aquatique

1.2.4.1. Végétation forestière a. Les forêts riveraines

Elles longent les rivières Bombo et Lufimi. Ces forêts, sans être marécageuses, sont régulièrement inondées. Elles se caractérisent par des espèces comme Irvin- gia smithii ; les strates inférieures sont encombrées par des lianes.

b. Les forêts marécageuses

Elles se rencontrent dans certaines dépressions marécageuses qui constituent

les mares.La physionomie et les caractéristiques écologiques de ces formations

(27)

18

végétales ont été présentées pour le Zaïre et plus particulièrement pour la Cuvette centrale par Germain (1965) et Evrard (1968). On y rencontre les espèces comme Alstonia congensis, Syzygium sp., Macaranga rosea.

c. Les formations forestières de terre ferme

Elles se rencontrent pour la grande partie sur les terrains en pente, constituant les flancs et les bords abrupts des rivières et des ruisseaux. Elles se prolongent en terrain plat par des bandes: galeries et jachères forestières dans lesquelles les Batekes font les cultures. On y distingue :

- les jachères forestières et les recrûs forestiers - les forêts de reconstitution

c.1. Les jachères forestières et recrûs forestiers

Lebrun et Gilbert (1954) définissent ces formations comme des stades arbustifs ou arborescents initiaux de la reconstitution ou de la recolonisation forestière dans l’aire des forêts denses planitaires.

. Les jachères forestières

Ce sont les jachères à Hymenocardia ulmoides et Vernonia brazzavillensis (Compère,1970). Elles couvrent de grandes surfaces dans les régions schisto- gréseuse et sablonneuse. Elles existent de manière fugace à l’état naturel mais leur extension est favorisée par l’intervention du facteur humain. Elles se caractérisent par des arbustes et suffrutex de taille allant de 2 à 4 m avec une strate inférieure enherbée.

. Les recrûs forestiers ( Lebrun et Gilbert,1954)

Ce sont des jeunes forêts secondaires.La parasoleraie s’y développe très vite.

Les espèces caractéristiques ont une croissance rapide avec un caractère nitro- phile atténué, mais néanmoins fort net et ie développement d’un appareil aérien important.

C.2. Les forêts de reconstitution

Constituant le stade ultime de la série évolutive des forêts secondaires,elles

sont de ce fait d’une grande complexité (Compère ,1970). Lebrun et Gilbert (1954)

les définissent comme des forêts de remplacement succédant normalement aux

recrûs forestiers. On y rencontre des espèces comme Uvaria angolensis, Milletia

laurentii...

(28)

19

1.2.4.2. Végétation savanicoie a. Savane herbeuse humide

Cette savane s’installe sur des sols mal drainés le long des rivières et ruis­

seaux et dans certaines dépressions humides.La strate supérieure dépasse 1 m de hauteur et est peuplée par Hyparrhenia familiaris, Setaria anceps et Andropogon africanus. La strate inférieure est dense et formée principalement de Panicum brevifolium.

b. Savane herbeuse sèche

Cette savane se développe sur des sols à drainage interne excessif; elle est dominée par Loudetia demeusei, Ctenium newtonii et Landolphia lanceolata. La strate inférieure y est moins dense que dans la savane herbeuse humide.

Sur sables délavés, on rencontre un peuplement quasi pur et dense de Loudetia simplex en compagnie d’un certain nombre des plantes herbacées.

c. Savane arbustive

On y trouve des arbustes dépassant généralement 3 m mais accompagnées d’autres espèces en proportions variables comme Hymenocardia acida,Crossop- teryx febrifuga, Annona senegalensis et Vitex madiensis. La strate herbacée supérieure est formée de Hyparrhenia diplandra, Loudetia demeusei, Elyonurus brazzae, Schyzachyrium semiberbe et de nombreuses cypéracées des genres Rhynchospora, Scleria, Cyperus et Fimbristylis. La strate inférieure est continue et dense,et formée de Ctenium newtonii,Digitaria polybotrya, Rhynchelytrum repens, Eriosema glomeratum...

d. Savane arborée

C’est un groupement mixte, dense et peuplé dans les strates arborescente et arbustive par Irvingia smithii, Hymenocardia ulmoides, Harungana madagasca- riensis, Alchornea cordifolia, Hymenocardia acida, Borassus aethiopum, Crossop- teryx febrifuga.

La végétation des savanes que nous venons de présenter est apparemment stable sans que le climax soit atteint. En étudiant la végétation des savanes des plateaux Bateke (Congo), Koechlin (1961) fait observer que, bien que la composi­

tion des groupements végétaux soit considérée comme stable dans la mesure où

les facteurs édaphiques déterminants n’évoluent pas, l’action des feux de brousse

(29)

20

intervient de façon prépondérante dans le maintien de cet équilibre, en arrêtant l’évolution de la végétation et en limitant le développement de la strate arbustive qui est réduite. La flore herbacée est également très appauvrie, particulièrement dans les savanes arbustives, où les feux sont les plus violents. Le type de la formation herbacée, savane à tapis clair ou savane arbustive, conditionne dans une large mesure l’intensité et l’époque des feux. L’équilibre actuel, artificiellement maintenu, a la valeur d’un "fire-climax". Koechlin (1961) conclut que le climax est essentielle­

ment forestier.

1.2.4.3. Végétation aquatique et semi-aquatique

Cette végétation se rencontre généralement dans les endroits marécageux et aquatiques, elle est formée principalement des groupements suivants (Kalan- da,1981);

- Papyraie à Cyperus papyrus

- Groupement à Rhynchospora corymbosa

- Groupement à Loudetia phragmitoides et Cyrtosperma senegalense - Groupement à Echinochloa pyramidalis et Jardinea congensis

1.2.5. L’exploitation actuelle du bétail 1.2.5.1. Le cheptel

Aucun aménagement,aucune amélioration n’est valable en soi en dehors de toute considération du cheptel.

Plusieurs races bovines sont actuellement dans les élevages du Zaïre et parmi celles-ci, on peut citer: l’Africander, ie Zébu à l’Est du pays, le Dahomey, le Brun- Suisse, la Frisonne, le Ndama, l’Angolais etc... La plupart des bêtes des troupeaux du Bandundu et du Bas-Zaïre appartiennent à ia race Ndama ou à la race Dahomey ou plus ou moins méiangées. Le Ndama est réputé trypanotolérant et le Dahomey trypanorésistant.

Le Ndama semble être le mieux adapté aux conditions de savanes du piateau.

Son format, pas trop volumineux, iui donne i’avantage sur les races de grand for­

mat tel l’Africander. Devant pâturer sous le soleil, se déplacer pour s’abreuver, le

Ndama supporte mieux les radiations solaires et la température élevée que les

autres races de grand format. D’autres avantages aussi militent pour le choix du

Ndama: son pouvoir de reproduction, sa capacité de production de viande, son

(30)

21

pouvoir de récupération élevé après les mauvaises périodes et sa résistance aux maladies. Sa résistance à la trypanosomiase constitue un atout important dans les régions de basse altitude.

L’adaptation du Ndama aux conditions rudes des savanes du Plateau du Kwango et du Bas-Zaïre trouve une confirmation dans les nombreux essais réalisés avec ce bétail. Les cas les plus anciens sont ceux de l’Elevage de Mateba et l’Ele­

vage de Jules Van Lanker (J.V.L.) à Nkolo qui date de 1928 et qui compterait actuellement plus de 40.000 têtes. Parmi les essais réalisés avec succès au Kwango, on peut citer l’Elevage de Feshi en 1957 et celui de la Compagnie Afri­

caine d’Elevage (C.A.E.) en 1948. Actuellement, dans les élevages de Mabana, de Dumi et de Mbali sur les plateaux Bateke, le Ndama constitue les trois quarts du cheptel. Nous avons effectué des mensurations sur le bétail Ndama à la ferme de Mabana, les résultats sont présentés dans le tableau 11.

Tableau 11. Mensurations moyennes sur le bétail Ndama à la ferme de Mabana ( en kg de poids vif) Q = nombre des mesures

Femelles Mâles

Poids à la naissance 24 (24) 26 (28)

Poids au sevrage (7 mois) 122 (19) 141 (26)

Poids à 1 an 131 (31) 181 (34)

Poids à 2 ans 173 (22) 238 (28)

Poids à 3 ans 252 (26) 343 (21)

Poids à 4 ans 330 (33) 388 (29)

1.2.5.2. La santé animale

Des entretiens que nous avons eus avec le Dr Samba (à Mbali) et le Dr Mueba (à Dumi), complétés par Schmitz (1985), il ressort que, sur les plateaux Bateke, une attention particulière doit être accordée aux maladies suivantes:

a. La colibacillose des veaux nouveaux-nés

On l’appelle aussi dysenterie infectieuse et se caractérise par une diarrhée

blanche ou jaune.Elle attaque surtout les jeunes veaux en début de saison des

pluies.Elle est causée par Escherichia coli qui est un colibacille très répandu dans

le milieu extérieur.

(31)

22

Le traitement consiste en l’administration d’un antibiotique comme la leucomy- cine(Bayer) ou la terramycine LA(Rizer) à la dose d’un ml par 10 kg de poids vif, en injection intramusculaire (IIM), pour les veaux ou une association d’antibiotique et de sulfamide.Pour la prévention, on peut utiliser le leucomycine à raison de 2 ml en IIM dès la naissance.

b. La dermatophilose

Cette maladie est causée par une actinomycétale; elle se manifeste surtout pendant la saison des pluies.Elle se transmet directement par les croûtes sur les animaux malades où les germes résistent pendant plusieurs mois. Il y a aussi une transmission indirecte de la maladie par les épines des arbustes, les tiques de vaches, les insectes, les pique-boeufs.On la traite avec l’association pénicilli­

ne-streptomycine: une piqûre d’une dose massive de 75000 unités de pénicilline et de 75 mg de streptomycine par kg de poids vif.

Outre ces maladies, un déparasitage régulier contre les tiques et les vermi- noses gastro-intestinales et pulmonaires est indispensable. L’Ansutol est un bon acaricide contre les tiques; les vermifuges à large spectre,souvent utitlisés,sont le Rintal la Citarine,le Panucur ...Par ailleurs, par prévention, les vaches seront vac­

cinées contre la brucellose avec le vaccin souche Buck 19 lyophilisé.

1.2.6. Les aspects humains

La région des plateaux Bateke est habitée par les Batekes d’où elle tire son nom et par les Banfunuka vers Bankana. Au point de vue administratif, elle fait partie de la zone de Maluku dans la ville de Kinshasa. La municipaiité se trouve à Maluku.

Avant l’indépendance, la population de cette région était estimée à 754 habit­

ants; hommes,femmes et enfants (Deceuninck,1957). Avec l’installation des pay­

sannats, la situation changea. En 1958, on comptait les paysannats suivants:

Mongata, Mua, Isueme et Nkiene. Mais à l’indépendance, beaucoup de paysans

vidèrent les lieux et les villages subirent d’importantes dégradations.Vers 1962,des

nouvelles concessions s’installèrent à Dumi. Malgré l’exode rural, la population des

plateaux s’est accrue grâce à l’action des initiatives privées, lesquelles ont installé

des élevages et des plantations qui drainent des gens, très souvent des non-natifs

de la région.

(32)

23

On estime aujourd’hui à plus de 8.430 personnes, la population sur les pla­

teaux Bateke.

Tableau 12. Population des plateaux Bateke au 31/12/1987

Collectivité Hommes Femmes Garçons Filles Total

Menkao 581 547 634 367 2129

Dumi 696 664 807 613 2780

Bankana 906 801 968 846 3521

Total 2183 2012 2409 1826 8430

Source: Etat civil, Maluku (1988).

On remarque qu’en vingt ans, la population a plus que décuplé, ce qui dénote

une importante occupation de la région bien que la densité soit encore faible, 0,8

habitant par km^. Cela va sans dire que les conditions de vie des populations

locales s’en trouvent améliorées grâce, par exemple, à la construction d’écoles ou

de dispensaires, comme à Mabana ou au Centre de jeunesse de Bankana.

(33)

24

CHAPITRE 2. METHODOLOGIE

2.1. METHODES DE L’ANALYSE FLORISTIQUE DES PATURAGES

Plusieurs méthodes sont utilisées dans l’anaiyse floristique des pâturages, elles visent essentiellement à ;

- déterminer la composition floristique ,

- établir des données quantitatives de valeur statistique, - fonder un diagnostic de valeur,

Les plus importantes sont:

2.1.1. Les méthodes de quadrats

Elles sont basées sur le principe du "sondage'' compris dans le sens statis­

tique. Elles consistent à jeter au hasard sur le terrain des cadres ou des cerceaux, chaque emplacement ainsi délimité constitue une "unité de sondage".

Les espèces présentes dans chaque "sondage" sont notées,on détermine ainsi la fréquence spécifique ou si l’on désire une expression en %, le pourcentage spécifique. Une variante de la méthode de quadrats est celle de Bruce-Lévy dite

"méthode du point quadrat". Daget et Poissonet (1971) proposent la méthode des points quadrats alignés: elle consiste à effectuer 100 mesures le long d’un décamètre tendu au-dessus de la végétation, une lecture verticale étant effectuée tous les 10 cm, le long d’une tige métailique à bord effilé. Une espèce ne doit être

notée qu’une fois par point de lecture.

2.1.2. Méthode hollandaise dite "méthode de De Vries" (De Vries,1959) L’échantillonnage de la prairie s’effectue le long d’une diagonale et des paral­

lèles à cette diagonale. Les unités de sondage sont fort petites, 25 cm. Dans ies pâtures, l’herbe est prélevée à la sonde; dans les près, elle est prélevée au moyen d’un couteau ou un sécateur.

Il faut prélever au moins 100 échantillons par hectare pour conférer à la méthode une validité statistique. Les résultats de l’échantillonnage peuvent s’ex­

primer de deux façons:

par la fréquence (F%):c’est le nombre de fois qu’une espèce est rencontrée

dans l’ensemble des échantillons,celui-ci ramené à 100 exprime le F %;

(34)

25

par le poids sec (G%): si l’on veut déterminer le pourcentage en poids, on rassemble tous les échantillons d’une prairie; après un mélange intime, on prélevé le 1/4 ou le 1/8 de la masse (soit près de 2 kg). On procède ensuite au tri des espèces et chaque lot spécifique est séché et pesé. Le poids de chaque espèce par rapport au poids total fournit G %.

2.1.3. Méthode phytosociologique

L’élément fondamental de cette méthode est le relevé.Le relevé est un ensemble d’observations écologiques et phytosociologiques qui concernent un lieu déterminé. Ce relevé est effectué sur une station ; celle-ci est une surface où les conditions écologiques sont homogènes et est caractérisée par une végétation homogène. La station est homogène lorsque chaque espèce peut y trouver des conditions de vie équivalentes d’une extrémité à l’autre et non en tous les points de la station (Boudet,1978). Le relevé phytosociologique fournit la liste des espèces présentes avec leur valeur d’abondance-dominance selon une échelle représentée par +, 1, 2, 3, 4 ou 5. On peut ensuite traduire ces coefficients d’a- bondance-dominance en valeur de recouvrement (% de la surface couverte).

2.1.4. Méthode d’analyse utilisée

Dans notre étude, les pâturages de terre ferme ,qui sont les plus importants, ont été étudiés suivant une méthode qui s’apparente à celle de De Vries. En effet, notre démarche a consisté à situer une station, et suivant la méthode de coupe et pesée, à déterminer la contribution de chaque espèce à la biomasse totale.

Le prélèvement du matériel, dans chaque station, est effectué dans trois carrés de 4 m de côté répartis au hasard. Les herbes sont coupées à la cisaille à une hauteur aussi proche que possible de celle de broutage. Pour chaque coupe, on procède au tri des espèces; ensuite chaque lot spécifique est pesé pour déter­

miner le poids frais, puis séché et peser pour le poids sec. Le poids sec de chaque espèce par rapport au poids sec total donne le poids en pourcentage. Ensuite une moyenne est calculée sur chaque groupe de trois coupes pour les principales espèces. Ainsi, l’espèce ou les espèces qui contribuent au moins à la moitié de la biomasse totale identifient ce pâturage.

La fiabilité des résultats d’une telle méthode dépend de toute évidence de la surface d’échantillonage choisie; à se sujet, Boudet (1978) considère que l’inter­

valle optimal est compris entre 4 à 25 m^ dans les pâturages tropicaux.

(35)

26

2.2. METHODES D’EVALUATION DE LA PRODUCTIVITE DES PATURAGES 2.2.1. Introduction

La production d’un pâturage présente la particularité d’être utile lorsqu’elle est transformée par le bétail en produits animaux. Ainsi la méthode la plus valable pour déterminer le rendement des pâturages est de faire des essais avec différentes charges de bétail et de mesurer les performances animales. Cette méthode n’a pas pu être retenue à cause des difficultés pratiques évidentes.

En outre, pour éviter des confusions trop fréquentes, il nous semble indispensable d’introduire quelques définitions.On entend par productivité primaire nette (PN) d’un écosystème prairial la grandeur suivante (Gounot et al.,1980) :

PN = A B + L (en g M.S./m2/jour)

avec A B = variation de la biomasse pendant une période donnée L = production de la litière

Or la grandeur normalement mesurée par les agronomes est la biomasse vivante et morte, consommable par le bétail, qui ne peut donc pas être assimilée à la productivité au sens écologique comme elle est définie plus haut. C’est donc la valeur B (si on néglige la matière morte récoltée en même temps) qui est mesurée généralement dans les études agrostologiques,ce qui permet le calcul de A B.

2.2.2. Techniques d’estimation de la production herbacée

L’objectif de toute étude agrostologique est d’estimer la productivité annuelle ou saisonnière d’un pâturage dans le but de calculer la capacité de charge. Les principales méthodes sont les suivantes (Kelly et al.,1974) ;

a. mesure du pic de biomasse en fin de saison active, au moment où la biomasse de la végétation, considérée dans son ensemble, a atteint son niveau maximal;

cette valeur, appelée productivité potentielle par Boudet (1978) ou biomasse maximale par César(1981) donne une estimation saisonnière de la productivité b. mesure des pics de biomasse pour chaque espèce,la productivité étant égale

à la somme des pics de biomasse par espèce; cette méthode tient compte des

éventuelles discordances entre les cycles phénologiques des différentes

espèces

(36)

27

c. sommation des variations positives de biomasse; des mesures de biomasse par espèce sont effectuées à des intervalles de temps réguliers; l’addition de toutes les variations positives entre deux mesures successives donne la pro­

ductivité

d. sommation de la biomasse des repousses après fauchage à des intervalles réguliers (Boudet.l978;César,1981 ).

Fournier (1982), en travaillant sur des savanes soudaniennes au Sénégal, a constaté que la méthode de l’addition des variations positives a donné une valeur de productivité inférieure à celle obtenue par la mesure du pic de biomasse. Ce type d’observation a aussi été réalisé par César (1981) sur les savanes guinéennes de Côte-d’Ivoire où le pic de biomasse a donné une valeur supérieure à celle obtenue par la sommation de la biomasse des repousses.

2.2.3. Matériel et méthodes choisies

Des placeaux de 13 m x 11 m ont été mis en défens dans la savane sur les principaux groupements. Ces enclos de 143 m^ procurent une surface utile de 99 m2 si on laisse un couloir de 1 m de chaque côté pour éviter les effets de bordure.

La productivité des pâturages a été évaluée par la méthode de la sommation des repousses et celle du pic de biomasse.

Pour les repousses cumulées,la récolte a commencé après un feu de nettoy­

age au début de la saison pluvieuse; une surface de 4 m^ , répétée trois fois,était fauchée à la cisaille, au ras du sol à intervalle de 30 jours. Toute la biomasse récoltée était, dans l’immédiat, pesée et environ 1 kilo était mis à part pour la détermination de la matière sèche. Pendant la saison sèche, la période de la récolte a tenu surtout compte de l’abondance des repousses.

La biomasse maximale en fin de cycle a été aussi obtenue sur des surfaces de 4 m2, répétées trois fois, au mois de mai à l’épiaison des principales graminées. La production consommable est obtenue à partir des données de la production brute corrigées des pertes de biomasse (pertes par piétinement, la nécessité de mainte­

nir un peu de couverture herbacée, pertes en saison sèche etc...) généralement

estimées aux deux tiers de la biomasse maximale en fin de saison de végétation

(Boudet, 1978). Nous avons estimé ces pertes à 25 % en saison pluvieuse pour

mieux tenir compte de l’appétibilité des repousses de 30 jours et 40 % en saison

sèche.

(37)

28

La charge animale est évaluée en fonction des besoins alimentaires de l’unité bovin tropical (U.B.T.). Celle-ci est, par définition, un bovin adulte de 250 kg de poids vif dont la consommation journalière, en pâturage sans contrainte, est estimée à 6,25 kg de matière sèche (M.S.). La charge animale pour une période, exprimée en U.B.T./ha est calculée comme suit:

production consommable/6,25 x nombre de jours (de la période).

La charge moyenne annuelle correspond à la moyenne pondérée (par le nombre des mois) des charges périodiques tel que:

(ax3) + (bx2) + (cx3) + (dx4), la somme est divisée par 12.

2.3. METHODES DES ANALYSES BROMATOLOGIQUES 2.3.1. Introduction

Les analyses bromatologiques sont des analyses chimiques des végétaux qui ont pour but de déterminer la valeur fourragère c’est-à-dire le rendement potentiel en produits animaux qu’un fourrage peut fournir.

La valeur fourragère dépend de deux éléments essentiels: la valeur énergétique et la valeur azotée. On peut les déterminer à partir des résultats des analyses chimiques en utilisant des équations ou des tables de conversion établies d’après un grand nombre d’expérimentations.

2.3.2. Matériel et méthodes utilisées

La récolte des échantillons qui ont servi à l’évaluation de la valeur bromatolo- gique a été effectuée dans les placeaux mis en défens sur des carrés de 1 m^, répétés trois fois. Des repousses de 20, 30, 40, 50 et 60 jours étaient fauchées dans les différents groupements; 1 kg de matière fraîche était aussitôt pesé et l’on a déterminé les teneurs en humidité, en cendres totales, en matières azotées totales et en fibres brutes.

Les matières azotées brutes (M.a.b.) sont une estimation de la teneur en protéines brutes (P.B.) du fourrage .Sa valeur est obtenue en multipliant la teneur en azote minéral (N dosé par la méthode Kjelhdal) par 6,25 qui est la concentration moyenne en azote des protéines.La fraction digestible de ces protéines , appelée matières azotées digestibles (M.a.d.) ou protéines brutes digestibles (P.B.D.) est calculée selon la formule de Demarquilly (1970) :

Mat. azotées digestibles (g/kg de MS) = 9,29 M.a.b. (% de M.S.) - 35,2

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29

Les fibres brutes ont été déterminées suivant la méthode de Kürschner modi­

fiée. Elles comprennent environ 70-90 % de cellulose, 5-10 % de lignine,5-10 % d’hémicellulose et de 1-3 % de matières azotées (Jarrige,1981). La cellulose, qui est un constituant des parois de cellules végétales, n’est que partiellement digest­

ible par les ruminants. Sa teneur montre une corrélation (négative) avec la digesti- blité et la valeur énergétique du fourrage (Barnes,1973).

Les cendres totales sont obtenues après incinération des échantillons végétaux au four à 560°C.

La valeur énergétique d’un fourrage est le nombre d’unités fourragères (U.F.) apportées par kg de ce fourrage. L’unité U.F. représente l’équivalent d’un kg d’orge en grain produisant 1650 calories dans les cas des ruminants (Bou- det,1978). La valeur énergétique d’un fourrage est proportionnelle à sa concentra­

tion en matière organique mais diminue avec l’augmentation des teneurs en cendres et celles en fibres brutes (Rivière,1978).

L’énergie nette des fourrages, exprimée en unités fourragères est obtenue à partir des teneurs en cendres et celles en fibres brutes dans la table établie par Dijkstra (1957).

Par ailleurs, nous avons déterminé les teneurs en calcium, phosphore, potas­

sium, sodium et magnésium de ces repousses par spectrophotométrie à absorp­

tion atomique et par spectrophotométrie à flamme.

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