A n a l y s e d e l i v r e
LA SANTF: EN PLAN(S)
Jean-Pierre BADER
Editions de Sant6 - Collection Pol6miques - 127 p.
Janvier 2000
I1 n'a pas fallu plus de 76 pages ti J e a n - P i e r r e B A D E R pour exprimer avec le bon sens et la perti- nence q u ' o n lui connalt son point de vue sur l'6volu- tion de notre syst6me de sant6.
L'ouvrage se d6compose en trois parties :
- - constat du caract6re in61uctable de la hausse
des d6penses de sant6 ;
- - le caract6re aveugle de l'acharnement r6forma- teur subi par les professionnels de la sant6 ;
- - et maintenant, que proposer ?
D ' e n t r 6 e de jeu, J.-P. B A D E R 6nonce le proc6d6 utilis6 p o u r 6crire ce livre: ~ O n vous dit q u e . . . Cependant... >~.
Le vieillissement de la population et l'6closion des progr6s t e c h n i q u e s sont d e u x c o n s t a n t e s indisso- ciables de l'augmentation in61uctable des coots de la sant6.
~< Paradoxe sanitaire : Plus nous progressons dans la pr6vention et le traitement pr6coce, plus nous aug- mentons la dur6e de vie de nos concitoyens et... leur consommation globale de soins >>. Le fantasme absolu de ~< la mort en bonne sant6 >> hante de plus en plus les populations occidentales.
Devant ces constats, une seule solution : 6radiquer le gaspillage. Cependant, le surcroit de qualit6 ne se traduira pas par une baisse des coots mais plut6t par leur a u g m e n t a t i o n avec nous l'esp6rons, u n e plus grande satisfaction des populations trait6es.
Le plan Jupp6 a 6t6 un ~< 6chec sur o r d o n n a n c e ~, or, c o m m e le disait E d g a r F A U R E , il n'y a pas de mauvaise situation q u ' o n ne puisse aggraver et Mar- tine A U B R Y n'a m a l h e u r e u s e m e n t pas am61ior6 la situation.
Les responsables des professionnels de sant6 sont cependant conscients que des mesures sont ~ prendre pour limiter ou au moins contenir les coots de la sant6.
S'ils sont fondamentalement oppos6s ~ une r6gulation comptable, ils ont toujours 6t6 ouverts ~ une approche m6dicalis6e de ce frein aux d6penses de sant6.
La r6gionalisation du syst6me de sant6 serait d6j~
une approche constructive dans cette d6marche.
Ce n'est qu'~ cet 6chelon que les r6seaux dont on parle tant, ainsi que le d 6 v e l o p p e m e n t de la forma- tion c o n t i n u e p o u r r o n t s ' e x p r i m e r d ' u n e m a n i 6 r e valable.
Si la qualit6 des soins est une n6cessit6 admise par tous, il est n6anmoins admis q u ' u n r a t i o n n e m e n t de ces soins apparait 6galement c o m m e une 6ch6ance in61uctable.
C o m m e n t p o u v o i r faire coYncider les d e u x : une seule m6thode : l ' ~ v a l u a t i o n .
La qualit6 ne g6n6rera pas la r6duction des coots, mais au contraire participera f o r t e m e n t ~ leur aug- mentation et par cons6quent, il faudra ?a tout m o m e n t 6valuer les besoins en mati~re de sant6 et bien distin- guer ce qui est prioritaire de ce qui ne l'est pas et ins- taurer ce dont on parle de plus en plus : <~ le partier de biens de sant6 >~.
C o m m e nous avons d6j~t eu l'occasion de le citer p a r t i r du r a p p o r t D u r i e u x (1), p o u r J.-P. B A D E R 6galement en mati6re d'am61ioration de la qualit6 des soins, la visite c o n f r a t e r n e l l e , plus que t o u t e a u t r e effectu6e par un 6valuateur form6 ~ cela est, de tr~s loin la meilleure m 6 t h o d e pour influencer la pratique individuelle d'un m6decin.
Au-del~ de ces 76 pages de bon sens J.-P. B A D E R offre ~ tous les lecteurs un compl6ment inattendu.
Qui ne se souvient pas, un jour ou l'autre, avoir lu sous sa p l u m e q u e l q u e s pages de b o n sens et de contestation ~ la lois dans diff6rents journaux dont le Quotidien du M~decin ? R a r e s sont c e r t a i n e m e n t ceux qui les ont d 6 c o u p 6 e s p o u r les c o n s e r v e r et m6diter de temps en temps sur ces 6crits.
Or J.-P. B A D E R a eu l'excellente id6e de nous les r e p r o d u i r e dans leur int6gralit6 et ne serait-ce que p o u r cela, ce p e t i t livre dO aux E d i t i o n s de Sant6 m6rite d'6tre entre les mains de vous tous.
F. V I C A R I
(1) F. V I C A R I . - - La presse et la F M C : quelle presse, quel impact ? A c t a E n d o s c o p i c a , 2000, 30, 71-77.
A c t a E n d o s c o p i c a V o l u m e 3 0 - N ~ 2 - 2000 X X V I I
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