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Dépôt Institutionnel de l’Université libre de Bruxelles / Université libre de Bruxelles Institutional Repository
Thèse de doctorat/ PhD Thesis Citation APA:
Mbida, C. (1995). L'émergence de communautés villageoises au Cameroun méridional: étude archéologique des sites de Nkang et de Ndindan (Unpublished doctoral dissertation). Université libre de Bruxelles, Faculté de Philosophie et Lettres, Bruxelles.
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UNIVERSITE LIBRE DE BRUXELLES Faculté de Philosophie et Lettres
L'émergence de communautés villageoises au Cameroun méridional.
Etude archéologique des sites de Nkang et de Ndindan.
Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur en Philosophie et Lettres
Par Christophe MBIDA MINDZIE
Volume II
Directeur: Monsieur le Professeur P. de MARET
UNI\^RSITÉ LIBRE DE BRUXELLES Faculté de Philosophie et Lettres
L'émergence de communautés villageoises au Cameroun méridional.
Etude archéologique des sites de Nkang et de Ndindan.
Thèse présentée pour l'obtention du grade de Docteur en Philosophie et Lettres
Par Christophe MBIDA MINDZIE
Volume II
Directeur: Monsieur le Professeur P. de MARET Année académique 1995-1996
Zi'ôH? Z O
E W
A. céramique limite de fosse
FIGURE III. 12.1: Profil de référence de la F14.
W E w E
P profil --- limite imprécise de fosse
FIGURE n.12.2: Sections horizontales de la F14.
402
II. Analyse stratigraphique de la fosse II. 1. Description du profil de référence
Le profil de référence est celui de la section verticale médiane qui divise la fosse d'est
en ouest (Fig. III. 12.1). Le choix de l'orientation a été arbitraire, mais le profil médian était
le plus susceptible de permettre une observation des principaux horizons archéo-pédologiques
en une séquence. Le relevé des couleurs a été fait sur le profil rafraîchi.
TABLEAU ni.12.1: Analyse et présentation du profil de référence de la F14.
Profondeur (cm)
HORl 0-50
HOR2 50-165
HOR3 50-190
HOR4 0-230
HOR5 160-230
HOR6 195-240
HOR7 220-250
HORA 0-20 (humifère) Granulométrie
gravier 26,8% 17,0% 15,1% 10,2% 12,3% 15,8% 11,5% 36,0%
sable 49,0% 52,3% 53,4% 47,0% 58,4% 52,8% 49,6% 61,0%
limon 15,2% 24,3% 24,8% 26,2% 23,8% 20,8% 19,1% -> 3,0%
argile 9.0% 6.4% 6.7% 16,6% 5.5% 10,6% 19,8%
Matières organiques 4,65% 5,72% 4,96% 6,27% 3,34% 3,53% 5,81% -
Phosphates-P (mg g'*) 0.951 0.911 1.57 6.82 5.11 6.47 12.6 -
Carbonates (classe CO's)* 0 0 0 0 0 0 0 -
Susceptibilité magnétique x (/^^ kg'*) 4.70 3.75 0.809 0.953 0.556 0.407 0.489 -
Ph (1: 2.5, eau) 6.3 6.2 5.8 6.3 5.5 6.0 6.2 -
Couleur 2.5YR 5/6 . 2.5YR 3/4 2.5YR 4/6 2,5 YR 3/4 5YR 5/6 7.5YR 6/4 7,5YR 4/4 2.5YR 5/6
Couleur homogène
X0 0 0
X X X XCouleur hétérogène 0
X X X0 0 0 0
Texture grossière
X0 0 0 0 0 0
XTexture fine 0
X X X X X X0
Gras au toucher
X X X X0 0
X0
Épars 0 0
X X0 0 0 0
X
= présent; 0 = absent; - = pas de test ou d'observation effectué(e); * = concentration des carbonates: 0 = non carbonaté (< 0.5%); 1 = très légèrement carbonatè (0.5-1%); 2a -
légèrement carbonaté (1-2%); 2b = légèrement carbonaté (2-5%); 3 = carbonaté (5-10%); 4 = très carbonaté (> 10%).
En allant de bas en haut, le profil expose d'abord un horizon (HOR7) qui tapisse le fond. Au-dessus de celui-ci on trouve sur la paroi-est HOR6 et sur la paroi-ouest une fraction de HORS. Entre les deux, une épaisse unité de remplissage, HOR4, qui se prolonge le long de la paroi-ouest en un filet jusqu'à la surface du sol. Cet horizon contient quelques lentilles d'un sédiment identique à HORS. HOR4 est bordé au niveau de la paroi-est par HORS, et, HORS aux contours irréguliers, qui sont superposés, emboîtés. Entre SO et 170 cm de profondeur, se trouve un dépôt composé d'un mélange de deux catégories de sédiments HOR2 et HORS. A l'ouverture de la fosse, HORl, disposé horizontalement, s'étend sur SO cm de profondeur et affleure à la surface du sol.
De manière générale, les horizons sont massifs, imbriqués, amalgamés. Autour de la fosse, une bande horizontale foncée de 20 cm d'épaisseur, en dessous de la surface renferme de nombreuses racines. Il s'agit vraisemblablement de la couche humifère. Plus en profondeur, le sol encaisant la structure garde une teinte rougeâtre, riche en fer, montrant par endroits des empreintes de pédoturbations.
II.2. Les sédiments: nature et granulométrie
Le profil est-ouest de la fosse permettait de délimiter les horizons grâce au contraste de couleurs, à la taille des grains, à la consistance au toucher. Le échantillons des principaux horizons ont été prélevés et l'analyse granulométrique effectuée selon la technique utilisée pour les fosses 9 et 13 (voir annexe).
II.2.1. Composition texturale
La composition texturale de tous les horizons montre la prédominance de la fraction sableuse, suivie par la fraction limoneuse (Tableau III. 12.1). Les quantités de ces composants sont les plus constantes. Les sables oscillent entre 47% et 58% tandis que les limons se situent entre 19% et 26%. Les proportions de fractions graveleuses et argileuses restent toujours inférieures à celles des deux premières et enregistrent de plus grandes fluctuations.
Les pourcentages du gravier vont de 10% à 27%, ceux de l'argile de 6% à 20%.
La couche humifère regroupe de très fortes quantités de sable et d'importantes proportions de gravier. Les pourcentages de limon et d'argile y sont infimes. Cette granulométrie se rapproche de celle des échantillons prélevés dans les horizons A et B près de la fosse 9.
IL 2.2. Minéralogie
La composition minérale comprend des pseudomorphoses de grenat d'un diamètre inférieur à 20 mm. Ce sont des nodules d'hydroxydes de fer polyédriques arrondis aux couleurs variant entre le brun, le rouge et le jaune. Ils manifestent des signes de dégradation chimique et de grande fragmentation dans le dépôt le plus ancien (HOR7), qu'on n'observe pas dans les autres horizons. D'autre part, ils constituent la proportion la plus importante de la fraction graveleuse du sédiment.
Les fragments anguleux de quartz de taille inférieure à 10 mm sont généralement classés dans la fraction sableuse. Ils sont plus rares dans la fraction graveleuse.
Les lamelles de mica ou de muscovite d'aspect irrégulier ont une grosseur inférieure à 5 mm. Elles forment une fraction considérable des sables et limons.
Les tablettes de disthène ont une morphologie anguleuse et des bords inégaux. Elles atteignent rarement 10 mm de long et se trouvent dans les fractions graveleuse et sableuse.
Des grains de staurotide libres ou en épitaxie^'* sur le disthène ou le mica sont présents. Ils mesurent quelques millimètres et se rencontrent surtout dans le sable.
II.2.3. Agrégats et constituants non-minéraux
Des agrégats argileux durcis, contiennent des débris des minéraux du sédiment et des restes organiques (charbon de bois, négatifs d'os). Nous n'y avons pas observé de réaction positive à l'acide chlorhydrique. Ils sont présents dans les horizons 2, 4, 5 et 7.
Epitaxie = phénomène d'orientation cristallographique mutuelle de cristaux d'espèces différentes, qui n'est possible que si les réseaux cristallins présentent de nombreuses analogies dans leurs éléments, de symétriefrutile sur hématite) (FOUCAULT et al. 1988).
406
Les comfKJsants non-minéraux des sédiments comprennent de petites coques brunes, à l'intérieur vide et à l'enveloppe squamifère. Leur nature n'a pas été définie. Elles sont liées à des espèces entomologiques non déterminées et se rencontrent dans les horizons 1, 2, 3, 4 et 6.
Des restes de bois et de noix carbonisés {Canarium et elaeis) sont présents dans tous les horizons.
Quelques esquilles d'os de poisson et d'autres vertébrés de taille inférieure à 2 mm, ont été trouvées en très faibles proportions dans les horizons 4, 6, 7.
Tous les horizons comprennent les mêmes composants minéraux, issus de la décomposition de la roche-mère. Les constituants non-minéraux s'y combinent dans des proportions variables.
II.3. Indice de similarité des horizons
Quelles que soient les fractions considérées, les indices de similarité sont supérieurs à 80% traduisant ainsi une grande parenté (Tableau III.12.2). En tenant compte de toutes les fractions granulométriques, HORl et HOR7 semblent représenter les deux antipodes entre lesquels se situent les autres. Dans les deux autres tableaux, HORl s'individualise sans doute parce que plus grossier, alors que tout le reste enregistre des indices de similarité supérieurs à 92%.
HORl, par la granulométrie et la couleur, est l'horizon se rapprochant le plus de la couche humifère. Mais dans l'ensemble les remplissages de la fosse sont plus fins que le sol environnant. Les composants non-minéraux des horizons n'introduisent pas de différence fondamentale.
Au total, la composition minérale et l'analyse granulométrique établissent ime forte
similarité quant à l'origine des matériaux des horizons. Une petite différence s'observe dans
la légère dégradation chimique et le morcellement des nodules de grenat de HOR7.
Tableau m.12.2: Indice de similarité des horizons à partir des quantités de gravier, sable, limon, argile (F14).
HOR 01 02 03 04 05 06 07 HOR 01 02 03 04 05 06 07
01 87 86 89 85 01 89 87 88 85
02 ^ 88 94 ^ 86 02 ^ 94 94 ^ 94
03 89 87 03
04 87 89 93 04 94 92 92
05 m 86 05
06 06
07 07
gravier, sable, limon, argile gravier, sable, limon
HOR 01 02 03 04 05 06 07
100-95% 4 ^
01 89 87 88 ^ 94-90% ^
02 ^ 93 93 94 89-85%
03 84-80% •
04 79-75% •
05 94 ^9
06 ,
07
gravier, sable
II.4. Tests complémentaires
Dans l'objectif de mieux définir la nature des remplissages et de mieux comprendre leur mise en place, des échantillons prélevés dans les horizons ont été soumis à une série d'analyses complémentaires. Celles-ci évaluent les concentrations de phosphates, complétées dans ce cas par la pyrolyse pendant trois heures des sols dans un four à 600®C pour mesurer les proportions relatives de matières organiques et de l'eau qu'ils contieiment encore.
D'autres tests concernent les teneurs en carbonates, le ph, la susceptibilité magnétique (x).
408
w
vr,* «V
sable - limon - gravier - argile
sable - limon - gravier - argile - matières organiques sable - gravier - limon - argile - matières organiques
charbon de bois
A ccramioue
FIGURE ni. 12.3: Présentation texturale des horizons (F14).
II.4.1. Les phosphates
Le plus ancien horizon (7) manifeste un enrichissement phosphatique de l'ordre de 12.6 mg g'*. Celui-ci est à peu près de moitié inférieur dans les horizons 4, 5, 6 où les valeurs se situent entre 5.11 et 6.82 mg g'^ Les plus faibles concentrations en phosphates s'observent dans les horizons 1, 2 et 3 qui possèdent respectivement 0.951, 0.911 et 1.57 mg g-‘ (Figure III. 12.4.A).
La pyrolyse au four de ces échantillons montre que les proportions relatives de matières organiques et d'eau encore contenues dans les horizons varient de 3,34% à 6,27%.
Ces concentrations demeurent faibles et expliquent le caractère essentiellement minéral de ces remplissages.
En définitive, la répartition des teneurs de phosphates qui paraît être la donnée la plus significative permet de distinguer trois ensembles de dépôts. Au fond de la fosse, HOR7 manifeste le plus fort enrichissement en phosphates. Ensuite se regroupent les teneurs des horizons 4, 5, 6. Celles des horizons 1, 2, 3 viennent en dernière place.
W E W
FIGURE in.12.4: A) teneur en phosphates-P (mg g"') des horizons (F14);
B) susceptibilité magnétique ~x (um^ kg ') des horizons (F14).
410
II.4.2. Alcalinité/acidité (ph-eau)
Les teneurs en carbonates des horizons sont presque nulles. Les valeurs actuelles du ph varient entre 5.5 et 6.3, ce qui donne des remplissages légèrement acides. Les horizons 3 et 5 contigus sont un peu plus acides par rapport aux autres, où l'acidité est sensiblement au même niveau.
II.4.3. Susceptibilité magnétique ix)
La susceptibilité magnétique la plus élevée s'observe dans les horizons 1 et 2 avec les valeurs respectives de l'ordre de 4.70 et 3.75 p m^ kg *. Ce degré de hausse de x semble beaucoup plus lié à des phénomènes comme le brûlis (Crowther annexe). L'éparpillement du charbon de bois dans ce remplissage et la mise en place de ces horizons indiquent que le phénomène s'est déroul2 avant l'enfouissement dans la fosse. Dans les horizons 3 et 4, les valeurs de x sont respectivement de 0.809 et 0.953 p kg'*. Elles demeurent relativement élevées et se rapprochent de celle qu'on a pu observer dans la couche humifère (0.899 p m^
kg'*). Les relevés x des horizons 5, 6 et 7 sont situés entre 0.407 et 0.556 p m^ kg'*. Elles sont les plus basses par rapport à l'ensemble (Fig. III.12.4.B).
♦
♦ ♦
En résumé les teneurs en phosphates, le ph, la susceptibilité magnétique des
principaux horizons permettent de distinguer l'horizon 1 légèrement acide, riche en
phosphates, possédant une susceptibilité magnétique élevée. Puis viennent les horizons 4, 5
et 6 faiblement acides, et où les concentrations de phosphates, la susceptibilité magnétique,
demeurent relativement élevées. Les horizons 1, 2 et 3 légèrement acides sont plus pauvres
en phosphates et manifestent de fortes valeurs x-
II.5. Les horizons: pédogenèse
La présence dans tous les horizons des mêmes composants minéraux semble indiquer que les matériaux de ces horizons correspondent à im seul type de sédiment originel.
L'ensemble des valeurs du ph indiquent une légère acidité du sol actuel.
Quelques grandes propriétés peuvent être dégagées au sein des remplissages à partir de leur composition texturale, leur disposition et leurs autres caractéristiques. Elles permettent de mieux concevoir les processus de formation.
Le fond de la fosse est tapissée par un sédiment fin, relativement riche en phosphates, recèlant im niveau de susceptibilité magnétique faible par rapport à l'ensemble des dépôts.
Les nodules d'hydroxyde de fer de cet horizon sont cariés, émiettés, et témoignent de leur séjour dans des conditions réductrices. On peut se demander si ce processus de carie s'est déroulé à l'intérieur de la fosse. La bonne conservation des poteries dans cet horizon rend caduc le déroulement de ce phénomène au sein de la structure. Car l'alternance des conditions oxydantes et réductrices qui a attaqué les nodules, aurait également dégradé la céramique comme cela a été observé au niveau de la couche humifère. Il est alors raisonnable de penser que l'origine de l'altération pédochimique des pseudomorphoses de grenat se trouve dans la couche humifère dont ils sont vraisemblablement issus. Ce phénomène a déjà été mis en évidence par les travaux d'Embrechts et Stoops (1982) dans la région de Yaoimdé au Cameroim. Toutes ces indications permettent de conclure que horizon 7 est formé du matériau charrié par l'érosion de la couche humifère. Les informations relatives à la susceptibilité magnétique signalent que cet horizon a été bien drainé (Crowther annexe). Il semble en tout cas avoir connu vme période d'exposition à l'air libre en même temps que HORS comme le montre la trace d'un terrier que nous y avons reconnue (Fig. II.12.2)).
Celle-ci ressemble à beaucoup d'égards à xme tanière de rat palmiste ou rat de Gambie {Cricetomysgambianus, Cricetomys emini, dendromys). L'enrichissement en phosphates peut alors s'expliquer par le mélange au remplissage des matières organiques et à l'influence de l'eau (Vizier 1974). Les vestiges archéologiques sont relativement peu nombreux dans cet horizon.
Les horizons 2, 3, 4, 5 et 6 possèdent une composition texturale assez proche. Ils présentent im aspect massif, hétérogène, imbriqué, en même temps que les signes de contextes oxydants. La disposition de ces dépôts et le matériel qu'ils contiennnent exclut une
412
mise en place faite par les seuls agents naturels. Aucime trace d'effondrement de la paroi n'a été relevée, ce qui indique une relative courte période d'exposition de la structure aux intempéries. Le dépôt de ces remplissages semble résulter d'ime succession d'apports anthropiques de sédiments massifs. Les fragments d'outils en pierre lourds enfouis dans ces horizons l'attestent. Cependant les horizons 6 et 5 semblent avoir été régulièrement bien drainés en considérant les données relatives à x> l^e les concentrations de phosphates sont assez faibles dans les horizons 2 et 3. Il est peu probable que ces différents comblements anthropiques aient été mélangés à d'importants dépôts d'origine naturelle.
HORl, im peu plus grossier, homogène, horizontal, a évolué dans im milieu oxydant.
C'est le sédiment le plus proche de la couche humifère par la granulométrie et la teneur en phosphates. Sa mise en place résulte sans doute d'une concomitance de facteurs naturels et anthropiques.
Au total, la composition minérale et texturale établissent une forte similarité dans l'origine des matériaux des horizons. Les processus de mise en place des sédiments accordent successivement une place prépondérante à l'action anthropique ou à celle des agents naturels.
Tous les contextes d'enfouissement semblent avoir connu des conditions à peu près équivalentes, à l'exception de la zone proche de la surface qui a connu dans tout le site ime alternance de phases sèches et humides. La grande distinction entre eux semble provenir de l'origine du matériau et des agents de comblement. Dans l'ensemble les valeurs élevées de la susceptibilité magnétique des remplissages montrent qu'il n'y a pas eu rebouchage immédiat de la fosse par le matériau qu'on y a préalablement extrait. Une inversion des horizons s'est produite à l'intérieur de la fosse dans la mise en place de ceux-ci. Au fond de la fosse on retrouve le sédiment provenant de la couche humifère auquel se superpose un sédiment hérité de l'horizon B.
III. Étude du matériel céramique
Les remplissages de la fosse renferment également un important matériel céramique.
Son étude s'efforce d'éclairer les circonstances de son enfouissement et de caractériser la
tradition céramique. Il sera ainsi procédé à l'analyse de sa distribution stratigraphique et à
des remontages. On s'intéressera particulièrement à l'étude des pâtes, des indices de
façonnage, des formes et décors des récipients.
III. 1. Distribution stratigraphique de la céramique
La distribution générale de la céramique dans les remplissages (Fig. III. 1.5) montre tme évolution en dents de scie. De riches dépôts alternent avec de plus pauvres. La rareté en tessons observée au niveau 210-220 est probablement liée à la bioturbation (terrier) relevée pendant la fouille entre les niveaux de stratigraphie 220-230. La cause est vraisemblablement un creusement de rat palmiste ou autre espèce de rat qui vit dans la région.
Si on s'attache à la distribution des petits et des grands tessons, la répartition stratigraphique (Fig. III. 12.5) est la suivante: entre la surface et 140 cm de profondeur, les petits tessons sont au total plus nombreux que les grands. Entre 140 et 250 cm, la tendance s'inverse à l'avantage des grands tessons, plus abondants.
Ainsi l'indice de fragmentation de la céramique est élevé entre la surface et 140 cm.
Ce qui correspond globalement à la partie recreusée. Plus en profondeur, les poteries n'^fichent plus ce caractère morcelé.
profondeur (cm)
0>10 10.20 20.00 0040 40.50 50.$0 60.70 7040 8040 90-100 100-110 110-120 120-100 100-140 140.150 150-160 160.170 170-180 180.190 190-200 200-210 210-220 220-200 200-240 240-250
Grands tessons Petits tessons Effectif
FIGURE ni. 12.5: Répartition des petits et grands tessons en stratigraphie artificielle.
414
III.2. Remontages
La céramique de la fosse comporte 310 tessons et fragments. Un raccord au moins a été réussi sur 99 de ceux-ci soit 31,93% du corpus. La grande majorité s'opère au même niveau de stratigraphie artificielle. Un petit nombre de 14 remontages concernent des tessons appartenant à des niveaux différents. La plupart de ceux-ci s'effectuent entre des niveaux stratigraphiques voisins, et dans quatre cas entre des niveaux éloignés (Fig. III. 12.6). Deux raccords relient des tessons retrouvés entre 50-60 à des fragments du niveau 200-210. Un raccorde deux fragments enfouis l'un à 100-110 et l'autre à 140-150. Le dernier remonte im tesson de 170-180 à un autre de 210-220. Ces quatre remontages, semblent provenir beaucoup plus d'horizons amputés par le découpage artificiel que d'horizons différents. On prendra comme exemple HOR4, qui s'étale de la surface à 230 cm de profondeur. Le recreusement de ce dernier a vraisemblablement mélangé du nouveau matériel à celui déjà enfoui. A moins qu'on ne soit en présence de dépôts décalés dans le temps. Dans l'ensemble, tous les raccords semblent se passer dans les mêmes horizons.
Le schéma général montre que les remontages s'effectuent dans le voisinage proche dans la grande majorité des cas. Cependant la méthode de fouille ne permet pas d'établir de manière univoque que tous les remontages s'opèrent au sein des mêmes imités de dépôt. Mais en tout état de cause, les liens qui existent entre les différents horizons restent très limités.
Étant donné l'agencement et l'imbrication des sédiments, la structure des remplissages et les raccords donnent plus l'impression d'ensembles d'unités indépendantes, mélangées pendant l'enfouissement. Ce dernier ayant connu des phases décalées dans le temps.
Aucun remontage céramique n'a été possible avec le matériel des autres fosses. Cela
permet de conclure que le remplissage de la fosse 14 n'a pas de rapport synchronique
manifeste avec elles.
p ro fo n d e u r e n c m
FIGURE ni. 12.6: Schéma des remontages de poteries en stratigraphie artificielle.
416
111.3. Indices de façonnage et de traitement des surfaces
L'observation des coupes fraîches des profils de certains récipients met en évidence des paillettes de micaschiste, des grains de quartz et disthène orientés en biais sur le profil.
La succession d'inclusions orientées de cette manière dans la coupe évoque une jointure de colombins écrasés. Ces indices nous font croire que le façonnage de certains pots a probablement été fait à l'aide des colombins. Les boudins et boules d'argile ont été fixés à la paroi des récipients pour réaliser les préhensions (anse, mamelon, languette).
Certains pots comportent à la surface des traces de stries et de rainures laissées pendant le raclage ou le lissage. Ces empreintes sont disposées de manière oblique ou horizontale. Les outils utilisés avaient une surface agissante lisse et convexe à l'exemple d'im galet, d'un morceau de calebasse ou de bambou, ou d'une graine. Après le lissage les récipients étaient décorés. Leurs parois étaient encore meubles à ce stade. La cuisson survenant ensuite, sans doute après une période de séchage.
111.4. Caractérisation des pâtes
La coloration des récipients est rarement uniforme. Les tons peuvent varier pour le même pot entre la surface et le coeur. Cependant le récipient garde im comportement chromatique de base qu'on peut déterminer et que l'enfouissement semble avoir peu modifié.
Nous en déduisons que la coloration actuelle des tessons tient plus au mode de cuisson et d'utilisation des récipients. Ainsi, la poterie.récoltée a été regroupéè en tons clairs (rouge, rose, bnm-clair) liés à ime cuisson oxydante, en tons sombres (brun-gris, gris, noirs) liés à une cuisson réductrice, et en tons intermédiaires (rouge, rose, brun-clair) liés aux deux types de cuisson (Rice 1987:345; Rye 1981:114-8). Le panachage des couleurs au sein de chacim de ces groupes est l'indice d'vme cuisson dans ime atmosphère instable.
Une prop>ortion de 21,93% de la céramique recèle des colorations claires: 2.5YR 4/2,
5/6, 6/6, 6/4. La gamme des couleurs sombres comprend: 2.5Y 3/0, lOYR 5/1, 5/2, 6/2,
6/3. On y dénombre 78,06% du corpus céramique. Plusieurs pots comportent une auréole
grise à la base, ce qui semble indiquer qu'ils ont servi à cuire. L'ensemble des relevés
chromatiques indique que la grande majorité des récipients a subi une cuisson réductrice.
III.5. Épaisseurs
Les épaisseurs des récipients se situent entre 5 mm et 18 mm (Fig. III. 12.7). Cette distribution comporte un sommet à 8 mm. La moyenne des épaisseurs est de 8,72 mm. La courbe de répartition est dans l'ensemble unimodale, biaisée par la droite.
% 26 24
-22
-20
-18
-16
-14
-12
-10
-8
-6
-4
-2
-0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 Epaisseurs (mm)
FIGURE m.12.7: Histogramme des épaisseurs (F14).
III.6. Présentation des récipients par groupe morphologique
Les morphologies des récipients ont permis de les classifier dans les groupes et types qui suivent.
418
10cm
m.6.1. Type A III.6.1.1. Type Al
Ail (R45): B-P; 104,9; 170-180 cm; Al, efj, j; bonne, fine; PI, stl, modl
Al2 (R47):
combiné/modl, III + I/I; lame, peigne-gouge.
B-P; 100,8; 170-180 cm; Al, j; bonne, fine; PI, stl, mod 1 combiné.
Al3 (R52):
III+ 1; lame, poinçon.
B-P; 10; 170-180 cm; Al, efj, h3, j; médiocre, fine; P2, stl, mod4.
III; lame.
A14 (R41): B-P; 11; 170-180 cm; Al, efj, h3; médiocre, fine; P2, stl, mod4, I;
Al5 (R50):
peigne-gouge.
B-P; 8; 120-130 cm; Al, médiocre, grossière; P2, stl, mod4, I;
Al 6 (R53):
peigne-gouge.
B-P; 7; 40-50 cm, 50-60 cm; Al, et,; médiocre, fine; P2, stl, ?, III;
peigne-gouge, peigne.
m.6.2. Type B
m.6.2.1. Type B1
Bll (R49): B-E-P; 105,6; 150-160 cm; Bl; médiocre, fine; P2, stl, modl combiné/mod 4, III + I/I; lame, poinçon, peigne-gouge.
B12 (R39): B-E-P; 185,10; 180-190 cm; Bl; bonne, fine; P2, stl, modl combiné/
modl/mod4,1/II/I; poinçon, peigne, peigne-gouge.
B13 (R40): B-E-P; 12; 190-200 cm; Bl; bonne, fine; P2, ?, mod4, I; peigne-
B14 (R42):
gouge.
B-E-P; 9; 190-200 cm; Bl; bonne, fine; P3, st4, modl/mod3/mod2.
B15 (R44):
I/II/I; peigne-gouge, spatule.
B-E-P; 10; 170-180 cm; Bl; bonne, grossière; P2, stl, mod5/modl.
B16 (R51):
III/I; lame, peigne-gouge.
B-E-P; 11; 170 cm; Bl, at; bonne, fine; P2, stl, modl combiné/mod4.
III + I/I; lame, poinçon, peigne-gouge.
420
PLANCHE m.12.2.
B17 (R43): B-E-P; 9; 180-190 cm; Bl; médiocre, fine; P2, stl, mod 1,1; peigne-
B18 (R48):
gouge.
B-E-P; 10; 170-180 cm; Bl; médiocre, fine; P2, stl, mod4 combiné.
B19 (R38):
II+ 1; peigne, poinçon.
B-E-P; 110,8; 170-180 cm; Bl, efj; borme, fine; PI, stl, mod4/mod4.
BllO (R37):
III/II; lame, spatule.
B-E-P-F; 90, 140, 105,9; 190-200 cm; Bl, F(d); médiocre, fine; P2, stl, mod4 combiné, III+ 1; lame, poinçon.
III.6.3. Les îndéfïnis
101 (R55): B; 7; 220-230 cm; A,, ouB„; médiocre, fine; PI, stl, mod4, III; lame.
102 (R54): B; 8; 220-230 cm; ou B^,; médiocre, fine; stl, mod4, III; lame.
103 1R56): B; 7; 140-150 cm; A„ ou B,,; mauvaise, grossière; stl, mod4 combiné.
104 (R58): B; 7; 120-130 cm; ou B„; médiocre, fine; stl, modl combiné.
105 (R59):
II+ 1; peigne, poinçon.
B; 8; 190-200 cm; ou B^; médiocre, fine; stl, modl, I; peigne- gouge.
106 (R60): B; 8; 60-70 cm; A^ ou B^, eti; médiocre, fine; insi, ?, I; peigne- gouge.
m.6.4. Type C III. 6.4.1. Type Cl
Cil (R27): B-C-E, 280, ?, ?, 12; 150-160 cm; Cl; médiocre, grossière; PI, stl.
mod4, III; lame.
C12 (R18): B-C-E-P; 260, 350, ?, 10; 160-170 cm, 170-180 cm; Cl; médiocre.
grossière; PI, stl, sego, mod4/modl, III/ 0 /I; lame, peigne-gouge.
Cl3 (RIO): B-C-E-P; 260, 340, ?, 15; 100-110 cm, 110-120 cm, 140-150 cm; Cl;
médiocre, grossière; PI, stl, mod2 mod3, I; peigne-gouge.
422
PLANCHE m.12.3.
C14 (R23): B-C-E-P; 240, 320, 220, 8; 150-160 cm. 160-170 cm; Cl; médiocre.
C15 (R16):
grossière; PI. stl. mod4 combiné. III+ 1; lame, poinçon.
B-C-E; 230. ?. ?. 12; 240-250 cm; Cl; bonne, fine; PI. stl. modl/
Cl 6 fRl):
mod4. I/II; peigne-gouge, peigne.
B-C-E-P; 230. 240. 190, 11; 50-60 cm, 190-200 cm.200-210 cm; Cl;
Cl 7 (R17):
bonne, grossière; P2, stl, modl mod4, I; peigne-gouge.
B-C-E-P; 220, 245, ?, 10; 180-190 cm; Cl; bonne, fine; PI, stl, sup
Cl 8 (R5):
III, modl/modl, I/III; peigne-gouge, lame.
B-C-E-P; 220, 240, 142,9; 50-60 cm, 200-210 cm; Cl; médiocre.
Cl 9 (R6):
fine; PI, stl, modl, I; peigne-gouge.
B-C-E-P; 220, 270, ?, 9; 230-240 cm, 240-250 cm; Cl; PI, stl.
Cl 10 (R28):
modl, I; peigne-gouge.
B-C-E; 220, ?, ?, 11; 220-230 cm; Cl; bonne, fine; PI, stl, mod4/
mod4, III/II; lame, spatule.
cm (R22): B-C-E-P; 210, 260, ?, 15; 220-230 cm; Cl; bonne, fine; PI, stl.
C112 (R19):
modl combiné, III-h I; lame, spatule.
B-C-E-P; 200, 226, 115, 9; 170-180cm; Cl; médiocre, grossière; PI, stl, mod4/modl, III/I; lame, peigne-gouge.
Cl 13 (R21: B-C-E-P; 200, 240, 220, 9; 180-190 cm; Cl, médiocre, fine; PI, stl.
Cl 14 (RI 3):
modl, I; peigne-gouge.
B-C-E-P; 200, 230, ?, 9; 220-230 cm; Cl, ef,; bonne, fine; PI, stl.
C115 (R15):
mod2, I; peigne-gouge.
B-C; 200, ?, ?, 12; 190-200 cm; Cl; médiocre,- grossière; stl, mod7.
C116 (R31):
I; peigne en tige végétale.
B-C-E-P; 200, 224, ?, 12; 190-200 cm; Cl; médiocre, fine; PI, stl.
mod2/modl, II/II; peigne, peigne-gouge.
Cl 17 (R20): B-C-E-P; 190, 230, ?, 14; 190-200 cm; Cl; bonne, grossière; PI, stl.
Cl 18 (R31:
mod4/mod4, III/II; lame, spatule.
B-C-E-P; 190, 210, ?, 8; 170-180 cm; Cl; médiocre, fine; PI, stl.
Cl 19 (R4):
modl, I; peigne-gouge.
B-C-E-P; 180, 220, 155, 9; 230-240 cm; Cl; bonne, grossière; PI, stl, Seg 0 , modl, I; peigne-gouge.
424
C120 (R9): B-C-E; 180, ?, ?, 7; 240-250 cm; Cl; bonne, fine; PI, stl, modl, I;
Cl 21 (RI 21:
peigne-gouge.
B-C-E; 160, 180, ?, 9; 230-240 cm; Cl; bonne, grossière; PI, stl.
Cl 22 (R261:
modl/modl, I/III; poinçon, lame.
B-C-E-P; 160, 170, 125, 7; 240-250 cm; Cl, bonne, fine; PI, stl.
mod4, III; lame.
C123 (R291: B-C-E; 140, ?, ?, 8; 60-70 cm; Cl; mauvaise, grossière; stl, mod4.
III; lame.
C124 (R211: B-C-E-P; 11; 190-200 cm; Cl; médiocre, grossière; P2, stl, InsI, mod2/mod4, III/I; lame, peigne.
C125 (R141: B-C-E; 10; 120-130 cm; Cl; médiocre, fine; PI, stl, mod8,1; peigne-
Cl 26 (R81:
gouge.
B-C-E-P; 10; 180-190 cm; Cl; médiocre, fine; PI, stl, modl, I;
C127 (R71:
peigne-gouge.
B-C-E-P; 10; 180-190 cm; Cl; médiocre, grossière; PI, stl, modl.
I; peigne-gouge.
m.6.4.2. Type C2
C21 (R36): B; 7; 180-190 cm; C2, zez; médiocre, fine; modl/mod5, III/III; lame.
III.6.4.3. Les classables
TOI (RI 04): C-E-P; 7; 180-190 cm; Co", médiocre, fine; PI, ?, mod4/mod4, III/II;
T02 (RI 18):
lame, peigne-gouge.
C-E-P; 9; 230-240cm; C^; médiocre, fine; PI, ?, mod3/mod4, III/III;
lame.
T03 (R108): C-E-P; 10; 190-200 cm; C„; médiocre, fine; PI, ?, modl, I; peigne- gouge.
426
T04 (RI 17): C-E; 8; 230-240 cm; Q; bonne, fine; PI, stl, InsI, mod3, III; lame.
T05 (R24):
poinçon.
B; 8; 130-140 cm; Q; médiocre, fine; modl combiné, III+ 1; lame.
T06 (R25):
poinçon.
B; 8; 20-30 cm; Q; médiocre fine; mod4 combiné, III+ 1; lame.
T07 (R30):
poinçon.
B; 11; 230-240 cm; Q; bonne, fine; mod4, III; lame.
T08 (R32):
T09 fR33):
B; 8; 0-20 cm; C,,; mauvaise, grossière; mod4.
B; 10; 80-100 cm; Q; mauvaise, fine; mod4 combiné.
TOlO IR34): B; 8; 30-40 cm; Q; bonne, fine.
TOll (R35): B; 6; 100-110 cm; C; médiocre, fine.
III.6.5. Les indéfinis
107 (RI 19): E-P; 9; 240-250 cm; B„ ou Q; médiocre, fine; mod 8, I; peigne-
108 IRIIO):
gouge.
E; 10; 190-200 cm; B^ ou Q; médiocre, fine; modô, I; peigne-gouge.
109 (R95): P; 12; 140-150 cm; ?; bonne, fine; modl/combiné, I/II; peigne-
- " gouge, canarium.
III.6.6. Le fond
FOI (R89): P-F; 17; 100-110 cm; 110-120 cm; ?; F(d); médiocre, grossière; mod8,I;
peigne.
428
C125 C126 C127
C21
C-
. IIl 11 «