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D´emonstration. Remarquons d’abord qu’il n’est pas n´ecessaire que X et Y soient d´efinis sur le mˆeme espace probabilis´e (Ω, F, P). Si X et Y ont mˆeme loi, cela signifie l’´egalit´e des mesures P

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

D´emonstration. Remarquons d’abord qu’il n’est pas n´ecessaire queX etY soient d´efinis sur le mˆeme espace probabilis´e (Ω,F,P). Si X et Y ont mˆeme loi, cela signifie l’´egalit´e des mesures PX et PY d´efinies sur (Rd,Bor(Rd)). Alors pour toute h ∈ M+(Rd), on a l’´egalit´e d’int´egrales R

RdhdPX = R

RdhdPY qui grˆace au corollaire 3.19, s’´ecrit aussi Eh(X) =Eh(Y).

Pour la r´eciproque, il suffit de noter que siν1etν2sont deux mesures sur (Rd,Bor(Rd)) telles que pour touteh∈M+(Rd),R

Rdhdν1 =R

Rdhdν2, alors ν12, ce qui est ´evident en prenant desh de la forme 1B, o`uB est un bor´elien quelconque de Rd.

Pour clore ce chapitre, nous examinons le calcul d’int´egrales par rapport `a une mesure de Dirac ou `a une s´erie de mesures, avec une application aux variables al´eatoires discr`etes.

Proposition 3.22 (Int´egrale par rapport `a une mesure de Dirac). Soit δω0 la mesure de Dirac au point ω0 ∈Ω.

∀f ∈M+, Z

fdδω0 =f(ω0). (3.35)

D´emonstration. On utilise une nouvelle fois la m´ethode standard en v´erifiant (3.35) successivement pour les indicatrices, les fonctions ´etag´ees, puis les fonctions mesurables positives.

V´erification pour f = 1A, A ∈ F. D’apr`es (3.2) et la d´efinition d’une mesure de Dirac (cf. Exemple1.1, p. 13),

Z

1Aω0ω0(A) =

(1 si ω0 ∈A

0 si ω0 ∈/ A =1A0) =f(ω0).

V´erification pour f ∈E+. Soit Pn

i=1yi1Ai la d´ecomposition canonique de f. Par d´efini- tion de l’int´egrale sur E+,

Z

fdδω0 =

n

X

i=1

yiδω0(Ai) =

n

X

i=1

yi1Ai0) =f(ω0).

V´erification pour f ∈ M+. Alors f est limite d’une suite croissante (fn) d’´el´ements de E+. Comme (3.35) est vraie dans E+,

∀n ∈N, Z

fnω0 =fn0).

Faisons tendren vers +∞dans cette ´egalit´e. Le premier membre converge versR

fdδω0 par le th´eor`eme de Beppo Levi, le second membre converge vers f(ω0) par construction defn. Ainsi f v´erifie elle aussi (3.35).

Proposition 3.23 (Int´egrale par rapport `a une s´erie de mesures). Soient(µk)k∈N

une suite de mesures sur le mˆeme espace mesurable (Ω,F) et(ak)k∈N une suite dans R+. La fonction d’ensembles

µ:=X

k∈N

akµk

74 Ch. Suquet,Cours I.F.P.

(2)

est une mesure sur (Ω,F) et

∀f ∈M+, Z

fdµ=X

k∈N

ak Z

fdµk. (3.36)

D´emonstration. Le fait que µ soit une mesure a d´ej`a ´et´e ´etabli au chapitre 1 (exemple 1.2), en supposant la finitude des mesures µk. Le seul rˆole de cette hypoth`ese ´etait d’´eviter un conflit du type 0×(+∞) lorsque ak = 0 et µk(A) = +∞ qui nous aurait empˆech´e de d´efinir la fonction d’ensemblesakµk. Ce conflit a ´et´e r´esolu par les conventions arithm´etiques faites au chapitre 2 qui entraˆınent que akµk est la mesure nulle, que µk soit finie ou non. La restriction faite `a l’exemple 1.2 n’a donc plus lieu d’ˆetre et la d´emonstration que µest une mesure peut se recopier telle quelle.

Pour v´erifier (3.36), on fait appel une derni`ere fois3 `a la m´ethode standard, r´eduite ici `a deux ´etapes.

V´erification pour f ∈E+. Soit Pn

i=1yi1Ai la d´ecomposition canonique de f. Par d´efini- tion de l’int´egrale sur E+ et la propri´et´e de sommation par paquets dans R+,

Z

fdµ=

n

X

i=1

yiµ(Ai) =

n

X

i=1

yiX

k∈N

akµk(Ai) = X

k∈N

ak

n

X

i=1

yiµk(Ai) = X

k∈N

ak Z

fdµk.

V´erification pour f ∈ M+. Alors f est limite d’une suite croissante (fn) d’´el´ements de E+. Comme (3.36) est vraie dansE+,

∀n ∈N, Z

fndµ=X

k∈N

ak

Z

fnk. (3.37)

En appliquant le th´eor`eme de Beppo Levi (une infinit´e de fois !), on obtient les conver- gences :

Z

fndµ↑ Z

fdµ, et ∀k ∈N, Z

fnk ↑ Z

fdµk. (3.38) Pour obtenir (3.36) par passage `a la limite dans (3.37), il n’y a aucun probl`eme avec le premier membre, grˆace `a la premi`ere des convergences (3.38). Par contre il reste `a justifier le passage `a la limite dans la s´erie. En posant un,k :=ak

R

fnk et uk :=ak

R

fdµk, on a pour chaquekpar (3.38),un,k ↑uk quandntend vers l’infini. Pour conclure, il suffit alors d’appliquer le lemme suivant dont la preuve n’utilise pas la th´eorie de l’int´egration et a ´et´e vue en T.D.

Lemme 3.24 (Th´eor`eme de Beppo Levi pour les s´eries). Soit (un,k; (n, k)∈N2) une suite double dans R+ telle que pour tout k ∈ N, la suite simple (un,k)n∈N converge en croissant dans R+ vers uk (un,k ↑uk ≤+∞). Alors

n→+∞lim

+∞

X

k=0

un,k =

+∞

X

k=0

uk.

3Pour ce chapitre. . .

Ch. Suquet,Cours I.F.P. 75

(3)

Corollaire 3.25 (Esp´erance d’une variables al´eatoire positive discr`ete). Soit (Ω,F,P) un espace probabilis´e et X une variable al´eatoire positive discr`ete sur (Ω,F).

Alors l’esp´erance de X sous P peut se calculer par EX = X

x∈X(Ω)

xP(X =x). (3.39)

D´emonstration. Une variable al´eatoire positive discr`eteX sur (Ω,F) est une application Ω → R+, telle que X(Ω) soit au plus d´enombrable et X soit mesurable4 F-P(R+).

Elle est donc a fortiori mesurable F-Bor(R+). La loi de X sous P est la mesure image PX =P◦X−1 et peut s’´ecrire (cf. Prop. 2.28) comme une s´erie (ou une somme finie si X(Ω) est fini) de mesures :

PX = X

x∈X(Ω)

P(X =x)δx.

en appliquant le th´eor`eme de transfert avec (Ω1,F1, µ) = (Ω,F,P),ϕ =X, (Ω2,F2, ν) = (R+,Bor(R+), PX) et h´egale `al’identit´e sur R+, on obtient :

EX = Z

XdP = Z

R+

hdPX.

Num´erotons les ´el´ements de X(Ω) par des indices entiers X(Ω) = {x0, x1, . . . , xk, . . .}.

Par la proposition3.23 avec ak :=P(X =xk) et µk:=δxk et la proposition 3.22, Z

R+

hdPX = X

xk∈X(Ω)

ak

Z

R+

hdδxk = X

xk∈X(Ω)

P(X =xk)h(xk) = X

xk∈X(Ω)

P(X =xk)xk.

Il ne reste plus qu’`a d´egraisser les notations en oubliant la num´erotation enti`ere deX(Ω) pour obtenir (3.39).

4Cette mesurabilit´e ´equivaut ici `a ∀x X(Ω), X−1({x}) F, comme on peut le voir par une adaptation imm´ediate de la preuve du corollaire2.12.

76 Ch. Suquet,Cours I.F.P.

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