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ARTheque - STEF - ENS Cachan | La machine de Marly

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Texte intégral

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Synthèse par M. LETOURNEAU

Aux é"!~ons ~u mùsée-pro~e~a~è de Mar!y-le-roi - Louvec~ennes, '!nlivre sur la Machine de Marly retrace tout 1 histonque de cette mgemeuse machine. Les textes et illustrations abondantes de Charles FRE-LAUT, permettent une belle promenade dans les siècles, dans les sciences et les techniques.

Ci-dessous quèlques extraits.

Un grand dessein voit le jour

Le 13 juin 1684, le Roi daigna honorer

Louve-ciennes de sa visite. ·

n

voulait par sa présence Souligner toutl'intérêt qu'il portait à une architeCture hydraulique extraordi-naire dont la construction, entreprise trois ans plus tôt, entretenait une bruyante animation daris cette région réputée jusqu'alors pour sa débonnaire tranquillité.

Accompagné de Monseigneur et d'un cortège de courtisans, Sa Majesté s'arrêta au sommet du côteau qui

domine la Seine de 450 pieds environ.

Une intense activité régnait le long de la pente jusqu'au fleuve.

Tout un peuple d'ingénieurs, d'artisans et d'ou-vriers s'affairaient fiévreusement au milieu d'un lacis de conduites de fer serpentant parmi d'étranges assem-blages de madriers, d'armatures et de tringles

métal-liques, dont les spectateurs cherchaient en vain à percer .les secrets.

Soudain cette animation se figea.

Puis la colline sembla tressaillir,. ~ndant que montait et s'amplifiait en un sourd grondement, la plainte rauque des mécanismes mis en mouvement.

De longues minutes s'écoulèrent pendant

les-quelle~ les observateurs retinrent leur souftle, pressen-tant l'imminence d'un événement insolite.

Et puis, dans un jaillissement grandiose, l'eau,

cette eau venue de si loin, déferla danS un réservoir en chêne sous les acclamations de .la suite royale et de la foule de badauds qui.s'étaient discrètement massés, au-tant pour approcher .la personne du Roi que pour assis-ter à un spectacle mémorable.

La fameuse Machine de Marly, dont la célébrité serait bientôt universelle, commençait ce jour-là une carrière qui devait durer 133 ans et attirer les visiteurs les plus distingués, venus des pays les plus divers.

les imaoinadou se mobilisent

Oeuvre du baron Arnold de Ville et du charpen-tier Rennequin SualeiD, tous deux originaires de Liège, l'énigmatique édifice suscitait une déférente admiration par ses dimensions impressionnantes, autant que par le mystère insondable de son agencement mécanique, dont les gémissements discordants, entendus à des lieues à la ronde, semaient l'effroi dans les chaumières. Pour le Roi, cette imposante machine, expres-sion tangible de sa grandeur et de son pouvoir, était une composante essentielle de l'ensemble prestigieux dont il avait amorcé l'édification vingt ans plus tôt.

C'est en effet en 1661 qu'avaient débuté à Ver-sailles les travaux d'extension du modeste pavillon de. chasse de feu le roi Louis XIII.

Avec

cette passion de grandeur et de magnifi-cence qu'il appOrtait à toutes ses entreprises, le Roi n'aurait pu admettre que les bâtiments grandioses qu'il prévoyait ne fussent pas entourés de jardins Inajestueux où fontaines, cascades, miroirs et autres jeux d'eau s'in-tégreraient au noble agencement des perspectives.

Hélas les fontainiers recrutés par Le Nôtre, eus-sent été bien en peine de donner la mesure de leur ta-lent, réduits qu'ils étaient à se contenter d'une dérisoire arrivée d'eau, péniblement tirée de l'étang de Clagny, cette mare croupissante à un jet de pierre du chantier.

Sourciers, ingénieurs, topographes et mécani-ciens, tous furent alertés et stimulés afin de parer à cette pénurie qui osait contrarier les exigences du Roi.

Dans un premier temps,. les efforts se portèrent sur le captage de la Bièvre à une lieue environ du châ-tea?. Un dispositif ingénieux·mais assez peu efficace, actionné par des moulins à vent, alimentait à Satory un château d'eau d'où partait une conduite vers le Parc.

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Les eaux oécesuiros

Toute modeste qu'elle fût, cette réussite encoura-gea les chercheurs et suscita l'élaboration

de

nombreux

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Niveau du puisard supérieur.

ri~ère de Lo~e jusqu'au château de Versailles». Toute-fOis l'abbé Picard célèbre mathématicien, ayant repris les calculs de Riquet, y découvrit à temps une erreur lui interdisant toute cbance de réussite.

Niveau du puisard de mi·côte.

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. . . ; .

-projets parmi lesquels on peut retenir : Le plus ambitieux.

Proposé par le célèbre P.P. Riquet. Ce dernier «.avait vu que la rivière de Loire avait beaucoup plus de pe~te ~ la Seine, d'où il avait conclu que le lit de la Seme était plus bas que celui de la Loire, et il s'était persuadé que l'on pourrait conduire un canal depuis la

Le plus rationnel.

L'idée de faire converger les eaux de pluie dans des bassins aménagés aux points bas du terrain, fut à l'origine des

«

étangs inférieurs

»

dans la région entre Bièvre et Yvette, puis des « étangs supérieurs

» de

Rambouillet jusqu'à Trappes. Le rendement de ces étangs fut des plus satisfaisants.

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Le plus brillant.

_ Ce projet qui consistait à capter une partie du cours de l'Eure et à l'amener jusqu'à Versailles par un itinéraire jalonné de majestueux travaux d'art, dut être abandonné en cours d'exécution, la main-d'oeuvre -

mi-litaire - ayant dû partir à la gUerre.

Le plus technique enfin ..

onéreuse et d'entretien difficile.

Or, si le principe du siphon était connu, son em-ploi n'était gUère répandu, à telle enseigne qu'en 1685, Vauban n'hésita pas à entreprendre l'édification de l'aqueduc de Maintenon (5 047m) d'un coût exorbitant, alors qu'une simple conduite posée à terre eût été infini-ment moins coûteuse.

n

est vrai toutefois. que la fabrica-tion industrielle des tuyaux en était encore à ses débuts et que la fragilité du métal constituait un inconvénient

La Machine de Marly qui fera l'objet de la

pré-sente étude. . non négligeable.

Transformation du mouvement circulaire d'une roue à aubes en moUvement alternatif de deux triangles Tl et T2 situés dans un plan vertical per-pendiculaire au plan de la roue.

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En prescrivant de faire monter les eaux de la Seine à 500 piedsde hauteur, Louis XIV, tout en ser-vant son ambition, fit progresser de façon notable la technique hydraulique de son temps.

En effet, jusque-là, à de rares exceptions près, l'eau ne se manipulait que par gravité, dans des

canali-sations à ciel ouvert pourvues d'Une pente constante sur tout leur trajet.

n

en résultait une infrastructure lourde,

Pour R Sualem, le tuyau

«

de fer » était le seul

moyen dont il disposât pour réaliser son contrat, sans négliger les contraintes matérielles. Ainsi, ne pouvant établir une conduite d'un seul tenant, il en fit trois tron-çons de 50 m de dénivelée chacun, en intercalant deux

puisards munis de pompes.

Cette disposition était judicieuse mais réclamait pour réussir un mécanisme complexe de commande des pompes.

Faute de formation de base suffisante, Sualem se borna à utiliser les procédés empiriques ancestraux, in-adaptés à l'ampleur du résultat recherché. Des

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Le

MOT MV)I'ERE •••

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Après avoir placé les 39 mots suivants dans le tableau ci-contre, il vous restera de laplace pour un mot mystère répondant à la défmition : 11 Trop présente

dans notre métier aujourd'hui ! ..• "

Chaque mot peut être placé horizontalement, verticalement ou en diagonale,

de

gauche à droite ou de droite à gauche, de haut en bas ou de bas en haut. Certaines lettres peuvent être utilisées plusieurs fois. ACADEMIE BAC BOURSES BREVET CERTIFIE COLLEGE COURS CULTURE CYCLES DIPLOME DMSION DOCTORAT -DUT- ECOLES- ECRIT- EDUCATION- EXAMEN -FACULTE- GRATUIT- INGENIEUR- LAIC • LIRE -LITTERAIRE -LYCEE -MAITRE- METIER MOYENS NIVEAU OPTIONS. ORAL -ORIENTER- PUBLIC- RECHERCHE- SCOLARITE - SERIE- SOUTIEN- SPORT- UNIVERSITE-

UER-SoumoNDUMOTMYSTEREDU~ 78 : ZIDANE

ordres graves de fonctionnement étant donc à craindre, le constructeur pensa les limiter en multipliant les di-vers organes, de façon que la défaillance de l'un d'eux ne compromît pas le fonctionnement général. De là cette prolifération de varlets, balanciers et autres tringles, ces 14 roues immenses, ces 260 pompes et ces lignes de chevalets qui, si elles avaient été mises bout à bout eussent atteint une longueur de 9,5 km.

La machine y gagna-t-elle en rendement ? Peut-être. Elle en tira certainement ses proportions colos-sales qui ne furent pas étrangères à l'admiration univer-selle qui entoura la « Huitième merveille du monde.».

Historique

1681 Ouverture du chantier.

1684 Inauguration en présence du Roi. 1708 Mort de Rennequin Sualem à Bougival. 1717 Visite du tsar Pierre Ier.

par Daniel SERPOLLET

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1722 Mort d'Arnold de Ville.

1745 Visite du duc d'York et du prince de Turenne. 17581ncendie partiel de la Machine.

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1760 Le fils du contrôleur Tarlé tombe de l'aqueduc et se tue.

1763 Visite de Christian VII du Danemark 1784 Visite du président Jefferson.

1808 Visite de Napoléon Ier.

1826 Visite de Charles X et du Dauphin. 1852 Visite du Prince-Président.

1870 11 août. Arrêt de la Machine pour cause dè guerre.

1871ler juillet. Remise en marche de la Machine. 1874 La Seine atteint un taux de pollution excessif in-terdisant l'utilisation de l'eau comme boisson.

1963 La Machine est arrêtée.

1968 Destruction de la Machine. 0 M.L.

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