synthèse par M. LETOURNEAU
"Depuis une vingtaine d'années, notre pays est confronté à une situation économique difficile, où les·mutations technologiques et de l'organisation du travail se conjuguent à une montée sensible du chômage. Plus que jamais, l'articulation formation-économie demande une attention particulière. Assurer l'élévation des niveaux de qualification et de compétences de la population active, permettre les adaptations nécessaires au cours de carrières professionnelles de moins en moins reduites à l'exercice d'un seul et même méiier,faciliter la meil-leure insertion des jeunes constituent, aujourd'hui, un véritable« devoir national»Si cette ex;gence s'impose d'abord à l'Éducation nationale, qui doit s'interroger sur l'organisation et l'effi-cacité de son· dispositif de formation professionnelle, l'acquis proprement éducatif, scolaire, doit être enrichi, complété, prolongé par ceux qui sont maintenant devenus nos partenaires institutionnels, collectivités territo-riales et entreprises notafllment.
De manière à pouvoir dresser un état des üeux relativement large, les articles rassemblés dans ce numéro spécial donnent la parole aux différents acteurs impüqués dans la réussite de notre système de formation profes-sionnelle et d'enseignement technologique "
Tel est le texte de presentation, en couverture quatre, du numéro 45, de Mars 1996, de EDUCATION & FORMATIONS. (Revue disponible dans tous les CDDP ou CRDP), du numéro spécial, totalement consacré à
l'Enseignement technologique et à la Formation professionnelle.
Ci-joint l'article, intitulé" La voie technologique : spécificité et réussite" par l'LG. Michel AUBLIN à
propos de la voie technologique. Une voie de la réussite ••• ·
Jusqu'au milieu des années quatre-vingt (date de création du baccalauréat professionnel), l'une des caractéristiques de la voie technologique était sa double finalité entrée : dans la vie active et poursuite d'études.
Dans les deux cas, la formation ancrée sur le réel permettait d' aèquérir une compétence et une ef-ficacité transférables aux st1;uations les plus diverses
et très appréciées dans là vie activ~ Ayant contribué
à la réussite ·économique de notre pays et favorisé
l'insertion de ses élèves, cette voie n'est-elle pas au-jourd'hui quelque peu fragilisée par divers facteurs, dont la tentation de restreindre la formation techno-logique à sa composante théorique ?
Le système français de formation offre aux élèves issus de la classe de troisième, trois voies princi-pales:
- la voie générale ;
- la voie technologique, conduisant au bac STI (Sciences et technique industrielles), STT (Sciences et techniques tertiaires), S'TL Sciences et techniques de la-boratoire) et SMS (Sciences médico sociales);
- la voie professionnelle.
Cette offre multiple, que l'on ne retrouve que
dans de rares pays européens (Grande-Bretagne, no-tamment), amène à essayer de dégager la vocation spé-cifique de la voie technologique. Un bref rappel de l'histoire, en deux grandes phases, de cette voie de for-mation aide à comprendre les évolutions actuelles.
Jusqu'à la création du baccalauréat profession-nel, la voie technologique préparait aussi bien à la poursuite d'études qu'à l'entrée dans la vie active. Dès le niveau dù baccalauréat, les enseignements digpensés visaient à acquérir des savoirs et savoir-faire assez rapi-dement utilisables en entreprise. A partir de cette date, l'augmentation du niveau de technicité requis dans
rin-dustrie comme dans les services, autant que la demande sociale d'une orientation de plus en plus massive des bacheliers techniques vers les BTS et DUT, a condUit à privilégier la poursuite d'études.Avec comme conséquence :
- l'affirmation que la formation professionnelle de niveau III (BTS et DUT), n'acquiert en quatre ans après la classe de seconde ;
- l'identification du baccalauréat professionnel comme diplôme professionnel de niveau IV
À ces évolutions d'origines sociologique et éco-nomique sont venues s'ajouter des réductions d'horaires qui ont touché les enseignements technologiques au cours des dix dernières années, contribuant à une
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taine déprofessionnalisation des baccalauréats techno-logiques.
Nous disposons donc aujourd'hui d'une voie technologique conduisant, quatre ans après la classe de seconde, au BTS ou au DUT. La classe de seconde pro-pose des options adaptées, dont celle de TSA (Technologie des systèmes automatisés qui constituent une bonne préparation à la voie technologique STl, ou à la voie générale du baccalauréat S à option de techno-logie industrielle.
les spécificités de l'enseignement
technologique
sn
La technologie est consacrée à l'étude et à la réa-lisation d'objets et de systèmes techniques.
tantes, soit sur la production d'objets ou de systèmes. Le résultat de cette activité est soumis à la sanction des faits : l'analyse du fonctionnement ou la réalisation sont conformes aux données du cahier des charges.
Sur le plan strictement économique, si le résultat produit satisfait la demande, le produit est utilisable, il se vend, il est compétitif. Ces aspects sont fondamen-taux car ils permettent de saisir l'origine des perfor-mances économiques et industrielles des sociétés mo-dernes et les conséquences de la non-compétitivité. A ce stade, il conviendrait de s'interroger sur l'origine des écarts entre les performances économiques des pays industrialisés pour examiner s'ils résultent du niveau scientifique ou de la plus ou moins grande maitrise des technologies mises en oeuvre.
La construction d'un savoir technologique orga-Il s'agit des objets ou services produits par
1 'homme pour répondre au besoin de l'homme. L'enseignement ne saurait donc
ttiSTÊRE DE L'~DUCATION NATIONALE. DE L'ENSEIBNEME!NT SUPéRIEUR Ef DE LA RECHEACfiE
ignorer les faits économiques et sociaux qui imposent des contraintes à toute réalisation. L'enseignement de la technologie se réfère au cycle de vie d'un produit qui part de l'expression d'un besoin à satisfaire et se termine avec la destruction, et les pro-blèmes qu'elle pose pour l'environnement. Les différentes étapes de ce cycle (expression du besoin, étude du marché, élaboration du cahier des charges, concep-tion, réalisaconcep-tion, contrôle, commercialisa-tion, maintenance, extinction et recyclage, en liaison avec les pratiques sociales de ré-férence) guident toutes les activités techno-logiques.
ÉDUCATION&
FORMATIONS
Dans tous les cas, l'élève est confronté à une solution technique qui est le résultat du meilleur compromis à un mo-ment donné, dans un contexte imposé. La réponse à un même problème n'est donc pas unique ; elle évolue dans le temps et en fonction de l'environnement. L'étude d'une réalisation ne peut être conduite que dans la mesure où ces contraintes sont connues et leur prise en compte dans la solution, préci-sée. Cette condition complique l'enseigne-ment de la technologique en même temps qu'elle lui confère un rôle fédérateur et
mo-L'histoire ·'· Les lycées professlonnel8 111 LB 1IOie technologique 1!1 L'apprentissage Ill La formation continue L'emploi et l'lnserUon deajeuneslll Les enseignants !!li
bilisateur de connaissances pluridiscipli- OIRECfiON DE L'~VALUATION E1 DE LA PROGPEi:CTIVê
naires.
Les apports spécifiques de toute
acti-vité technologique découlent de la mobilisation de sa-voirs et savoir-faire pour des actions réfléchies qui dé-bouchent, soit sur la compréhension de solutions
exis-nisé, et transversal aux diverses techniques appartenant à un même champ, a longtemps posé problème. Par ail-leurs, la grande diversité des solutions à un même
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blème technique a rendu longtemps difficile l' émer-gence de lois et principes transposables. La technologie s'est d'abord construite de façon très empirique, fon-dant son existence sur le rassemblement de
«
recettes»
associées à des techniques particulières.
Pendant longtemps, l'enseignement des tech-niques s'est limité à proposer des modèles d'activités qu'il suffisait de reproduire à l'identique. Seul un savoir-faire éprouvé alimentait alors le contenu de toute formation technique. Beaucoup de ceux qui spéculent aujourd'hui sur la technologie en sont restés à cette image, même lorsqu'elle est présentée dans un discours faussement moderne.
Aujourd'hui, l'enseignement technologique pro-pose aux élèVes un véritable contenu de formation transférable dans les situations les plus diverses, dont certaines ne peuvent être encore ima~ées. TI présente un corpus de èonnaissances et d'outils méthodologiques · spécifiques.
Pour recueillir un faisceau significatif d'infor-mations permettant de dégager des règles, des prin-cipes, des méthodes généralisables, l'enseignement de la technologie s'appuie sur de nombreuses études de cas nécessitant des activités concrètes. TI est essentielle-ment fondé sur l'action, l'élève apprenant en faisant.
Les travaux pratiques occupent donc une place importante dans tout l'enseignement technique :
- dans le cadre des sciences appliquées associées aux technologies (mécanique, électronique), ils permet-tent la mise en évidence de phénomènes et leur formali-sation en lois et principes dans une démarche de vérifi-cation, d'illustration, de validation. Cette activité s'ap-puie sur l'analyse de comportement d'obje~ et de sys-tèmes,
- dans le cadre de 1 'enseignement technolo-gique, à travers l'analyse de systèmes ou la mise en oeuvre d'une démarche de projet, ils permettent de dé-gager des principes de construction ou de réalisation et à développer des savoir-faire permettant compréhen-sion, maîtrise et exploitation de l'environnement tech-nique de nos sociétés.
-dans l'enseignement des classes de BTS, outre les objectifs précédents, le temps plus long consacré aux travaux pratiques favorise le développement des savoir-faire spécialisés, en concordance avec les compétences décrites au référentiel.
À partir de démarches ancrées sur le réel, quel que soit le niveau d'enseignement, les activités techno-logiques stimulent des qualités et aptitudes telles que : - développer les capacités psychomotrices, la maîtrise du geste ;
- apprendre à produire un travail bien fait, dans
les délais prescrits ;
- comprendre et utiliser les technologies avan-cées;
- communiquer avec le monde extérieur et en particulier avec 1 'entreprise ;
- mettre en relation des savoirs et des savoir-faire;
- conduire une démarche de projet technique ; -prendre en compte 1 'environnement, la sécu-rité de l'emploi ou de consommation, la commodité d'utilisation ;
- imaginer et produire des solutions à un pro-blème réel;
-réaliser, mettre en oeuvre des processus de fa-brication;
- prendre en compte des contraintes de sécurité et d'environnement ;
- avoir le souci d'esthétique des formes et des dispositions, de la fiabilité et fidélité du fonctionnement d'un système, de la qualité.
Ces démarches font appel à des compétences qui mobilisent le raisonnement inductif et qui sollicitent des capacités largement utiles à la formation du jeune. Réalisation et activité technique résultant d'un travail collectif, la technologie favorise le travail en équipe et développe l'aptitude à la communication. La démarche d'analyse développe la rigueur, la précision et le sens critique alors que la démarche de projet technique déve-loppe l'esprit d'initiative et le sens des responsabilités.
Ces apports valorisent une forme d'esprit et des qualités forts appréciées dans la vie active et permettant l'épanouissement de certains jeunes peu à l'aise dans l'abstraction.
La technologie offre un champ d'études original et attractif mais ses apports spécifiques sont insuffisam-ment pris en compte dans le système éducatif actuel. La réforme des enseignements technologiques
La diminution de l'aspect professionnel de la for-mation au baccalauréat a coïncidé avec une rénovation profonde des enseignements technologiques.
Après un premier chantier qui a concerné les baccalauréats technologiques (1988 à 1990), les tra-vaux s'achèvel).t aujourd'hui par l'actualisation des dif-férents BTS (achèvement temporaire puisqu'un enga-gement a été d'examiner en commissions profession-nelles consultatives les différents diplômes tous les cinq ans, afin d'opérer, en tant que de besoin, des mises à jour).
Les programmes des baccalauréat technolo-giques définitivement arrêtés et mis en oeuvre à la
-trée 1993 sont organisés pour offrir aux élèves : - des enseignements communs transversaux (mécanique, construction, automatique) avec niveaux d:aP.P~~fondissemeD;t peuvent être variables d'une
spé-Cialite a l'autre ; · · ·
- des enseignements spécifiques représentatifs
du chanip professionnel concerné (Inaintenance auto-mobile, électrotechnique, productique mécanique, etc). Ces progratllllies s'inscrivent dans un schéina de formation d'une durée de quatre ans après la classe de seconde. Le choix a donc été fait de privilégier jusqu'au baccalauréat des activités concrètes permettant des ap-prentissages fondamentaux qui trouveront leur expres-sion et leur application profesexpres-sionnelle en BTS et en DUT. La logique de construction des compétences des élèves est moins fondée sur accumulation de connais-sances que sur la foi'niation de. capacités générales de représentation, de conéeptualisation, d'action et de communication. Les cours et les travaux pratiques for-~:nt donc un.en~mble cohérent qui laissent à l'acqui-sttton de savorr-farre la place nécessaire.
L'enseignement technique, s'appuie sur une ~ratique pédagogique qui a prouvé son efficacité par
1 alternance qu'elle offre entre le concret et l'abstrait, le pratique et le théorique. Par ailleurs, le poids des diffé-rents chapitres montre l'importance que l'on donne aux manipulations, à 1 'expérimentation, bref à toutes les activités de réalisation.
De plus, les nouveaux programmes de prelnière et de terminale STI ilitroduisent, dans chacune des dis-ciplines, l'aspect
«
compétitivité des produits indus-triels ». Cette volonté d'intégrer les aspects écono-miques et historiques aux études techniques apparaît dans la rédaction des contenus. TI s'agit de mettre en oeuvre très tôt dans la scolarité (en prelnière au lieu du BTS) des démarches de pensée intégrant la dimension éconolnique dans les réflexions conduisant. la concep-tion et la réalisaconcep-tion des produits industriels.La restructuration industrielle en cours, fondée sur la transformation des systèmes de production et 1 'introduction des techniques avancées, conduit à la conception d'équipements industriels de plus ·en plus intégrés, associant des technologies différentes, et en conséquence de plus en plus coûteux aussi bien en in-vestissement qu'en fonctionnement et en maintenance. Ces évolutions sont largement prises en compte dans les nouveaux programmes : modification des contenus et des compétences attendues, évolution de l'environnement de formation.
Pour l'essentiel, l'équipement des sections tech-niques a longtemps été pensé autour des matériels in-dustriels. Le coût des équipements actuels, leur com-plexité et leur rapide obsolescence ne permettent plus
de poursuivre la même politique, d'envisager la mise en place de tels moyens dans tous les établissements et pour toutes les filières. Il était nécessaire de mettre 1 'accent s~ des équipements nouveaux, plus légers, plus accessibles, plus faciles à mettre en oeuvre, per-mettant l'acquisition des concepts et connaissances de base relatifs aux techniques et technologies, sans s'éloi-gner des fonctionnalités existant en entreprise.
Afin d'aider au choix des matériels nécessaires pour chacune des formations, la Direction des lycées et collèges publie des
«
guides d 'équipement»
qui appor-tent aux investisseurs (régions, établissements) des . conseils et des ·indications assurant une grandecohé-rence au plan local comme au plan national.
La modernisation et la rénovation des ateliers de productique mécanique en sont un des exemples les plus spectaculaires. Leur implantation prend en compte le fait que l'organisation générale du travail passe du concept
«
un homme - une machine»
à celui d' « un système une équipe ». Ces différentes considérations et les nouveaux contenus de programme ont amené à une définition fonctionnelle des lieux d'enseignement (ateliers, laboratoires). Leur restructuration profonde a donc été. engagée en lycées technologiques: l'existence de Inatériels modernes, représentatifs de la réalité in-dustrielle bien que de capacités réduites, a été un élé-ment déterminant pour l'actualisation de nos forn1a-tions.Ce processus de transformation et de rénovation est aujourd' hui très largement avancé, montrant des réussites remarquables dans toutes les académies. TI a demandé un extraordinaire engagement :
- des professeurs qui ont dû modifier les forma-tions dispensées et les stratégies d'enseignement~
-des dispositifs de formation (MAFPEN, CER-PET, etc) qui ont permis, grâce à un plan développé et présenté au niveau national, l'actualisation des connais-sances des maîtres ;
~des corps d'inspection pour expliquer, encoura-ger, onenter ;
- de l'État et des régions qui ont assuré et pour-suivent le financement des moyens techniques néces-saires aux enseignements.
Les résultats sont assez remarquable~ au plan des équipements. La transformation des pratiques, tou-jours plus lente, est largement engagée et devrait rendre
encore plus attractif 1 'enseignement techrtologique qui peut s'appuyer sur un recrutement de seconde à option TSA, avec ou sans productique, dont l' augmentation au cours des cinq dernières années a été particulièrement importante.
(Suite page 40)
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d'expérience. Le diplôme n'est selon eux qu'un constat de fin d'apprentissage, signalant sinlplement
«
le pas-sage de l'état d'apprenti à l'état de demi ouvrier» et rien de plus. Dans cette logique, l'épreuve pratique, subie en premier, est prédominante et éliminatoire. C'est elle quiapporte la preuve que ie candidat a terminé «.utilement
»
son apprentissage, c'est-à-dire qu'il est reconnu apte à«
prendre rang parmi les ouvriers débutants » et en conséquence, jugé digne de recevoir le salaire corres-pondant.La deuxième innovation va dans le même sens :
(Suite de la page 38)
La réussite actuelle et l'avenir de la voie technolo-gique
n
est incontestable que la voie technologique a été dans :notre pays, depUis plusieurs décennies, une réussite. Son empreinte sur la structure de notre indus-trie a été très forte : le rôle des BTS peut en attester. Ces diplômés ont constitué depuis longtemps, auprès des in-génieurs, les cadres dynamisants des entreprises. Cer-tains concepts comme le GRAFCET2, aujourd'hui uti-lisé dans toute 1 'Europe, n'ont pu émerger que par l'ac-tion des jeunes issus de la voie technologique (BTS MAI en particulier). Au-delà de la réussite industrielle et économique à laquelle ils ont contribué, on doit aussi mesurer le rôle social que cette voie de formation a rem-pli et continue à remrem-plir. Elle offre à des adolescents, un peu moins à l'aise dans l'abstraction que certains de leurs camarades de collège, une voie de réussite et d'in-tégration efficace et épanouisssante, sans préjudice des possibilités de poursuites d'études, à travers les classes préparatoires spécifiques ou des enseignements de li-cence adaptés aux BTS. ·Aujourd'hui, cette voie de la réussite pourrait se trouver fragilisée.
- En premier lieu, du fait de la réduction pro-gressive du recrutement dans les options de seconde menant plus naturellement à la voie technologique. Même si cette tendance succède à une forte augmenta-.tion, sa conjugaison avec la baisse démographique ac-tuelle présente un risque.
- En second lieu, par la difficulté à valoriser au-près des jeunes et des parents le secteur secondaire (contrairement au secteur tertiaire), compte tenu de la conjoncture économique et du discours médiatique «.ambiant ».
-Enfin, par 1' émergence de voies multiples d'ac-cès au BTS (loi quinquennale, demande forte des titu-laires d'un baccalauréat professionnel, etc) qui retirent un certain monopole au baccalauréat technologique.
À ces difficultés, s'ajoute le problème de la
ré-les pouvoirs des instances locaré-les sont renforcés par la création des Commissions locales professionnelles ins-tituées dans chaque commune où existent des cours fessionnels. Ces commissions élaborent les pro-grammes et déterminent les épreuves de l'examen. Avec ces commissions, l'histoire des CAP change d'échelle. Tout se joue désormais au plus près des besoins et des demandes immédiates des employeurs.
Troisième innovation :. les élèves des écoles techniques peuvent se présenter au CAP. Deux raisons ont conduit à cette décision. D'abord, certains
respon-duction des horaires. La voie technologique, toute son histoire le montre, n'a dû en·effet sa reconnaissance par les industriels qu'à la compétence professionnelle sur laquelle elle débouche en fin de cycle. Cette compé-tence passe par la maîtrise des actes du métier, qui de-mande du temps. Les réductions horaires observées dans les enseignements industriels des baccalauréats STI sont susceptibles, dans la mesure où elles touchent aux travaux pratiques, d'affaiblir leur image auprès des professions.
Restreindre la formation technologique initiale à sa composante théorique serait, à mes yeux, de nature à compromettre le développement industriel du pays. Ce serait oublier que c'est en formation initiale que se structurent les mécanismes de pensée et d'action qui constituent la trame des comportements ultérieurs. Cette problématique des premiers apprentissages comme cadre structurant des comportements futurs est aujourd'hui également posée dans les mêmes termes pour la dimension eXpérimentale en sciences et pour la dimension pédagogique dans la formation des ensei-gnants.
Nous pensons que ce seuil critique d'expérience technologique doit être acquis relativement tôt dans la formation, pour constituter un cadre de référence à par-tir duquel les concepts et modèles développés postérieu-rement permettront d'induire des capacités de structu-ration et de créativité. Autrement dit, la dimension «.expérience
»
ou « vécu )) est indispensable en techno-logie, comme en philosophie. Il convient d'être attentif à l'horaire en deçà duquel cette«
expérience >) nepour-rait plus être acquise. Malgré les ·quelques difficultés ci-dessus signalées, la voie technologique est aujour-d'hui encore une voie de réussite pour des dizaines de milliers de jeunes. Même si leur avenir paraît incertain, les compétences qu'ils acquièrent leur permettent une insertion réussie. Enfin le développement de la voie technologique reste un des moyens les plus sûrs, et toute notre histoire le montre, pour la réussite écono-mique de notre pays. D M.A./M.L.