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ARTheque - STEF - ENS Cachan | L'influence des notes académiques sur la réussite professionnelle

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Academic year: 2021

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Texte intégral

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L'INFLUENCE DES NOTES ACADEMIQUES SUR

LA REUSSITE PROFESSIONNELLE

Florence GRUET

Chaire de Pédagogie et Didactique

Ecole polytechnique fédérale, Lausane - Suisse

MOTS-CL ES REUSITE ACADEMIQUE - REUSSITE PROFESSIONNELLE - POST-FORMATION -ANALYSE QUANTITATIVE - ECOLE POLYTECHNIQUE.

RESUME: Cette recherche étudie quelle est la relation entre la réussite académique des ingénieurs (mesurée par leurs notes), les post-formations qu'ils ont effectuées et certains indices de réussite professionnelle (revenu, statut, nombre de subordonnés... ).

SUMMARY :The purpose of this research is to study the relationship between the acadernic sucees of engineers (as determinedby their grades), their further education and some indices of professional sucees (income, status, number of subordinates...).

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1. INTRODUCTION

Cette recherche menéeà l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne par la chaire de Pédagogie et Didactique vise d'abordàdéfinir la notion de réussite professionnelle telle qu'elle est perçue par des anciens diplomés de l'Ecole et ensuite àtenter d'identifier les facteurs responsables de la réussite professionnelle.

L'hypothèse principale de dette recherche 1) est que la mise en rapport du niveau de réussite académique (notes) et du niveau de réussite professionnelle est faible en raison d'évènement typiques survenus dans la vie du sujet, dutypede premier emploi, de la possibilité d'une post-formation et surtout de certains traits de personnalité des ingénieurs.

Nous nous contenterons ici d'analyser la liaison réussite académique (c'estàdire les notes obtenues par les diplomésàl'EPFL) et réussite professionnelle ainsi que la liaison post-formation et réussite professionnelle. ( pour d'autres analyses, voir ALB, FGR, MLG, JLR 1988; ALB, MLG 1989; MLG 1989a; MLG 1989 b; JLR 1989).

2. METHODE

816 ingénieurs diplomés de l'Ecole de 1946à 1987 ont réponduà des questions sur leur post-formation, leurs activités d'ingénieur et la satisfaction qui en découle, leur situation et leur réussite professionnelles, leur personnalité.

Leurs résultats académiques ont été collectés dans les dossiers des anciens étudiants au service académique de l'Ecole.

3. RESULTATS

3.1. Liaison réussite académique - réussite professionnelle.

La réussite académique a été calculée sur la base des moyennes obtenues aux deux examens propédeutiques et au diplôme de fm d'études. Les variables de réussite professionnelle sont de deux types: - réussite objective: revenu, nombre de subordonnés, responsabilités, pouvoir de décision

- réussite subjective : appréciation de sa propre réussite, importance de la définition sociale de la réussite professionnelle.

Le tableau 1 présente les corrélations entre les notes académiques et ces variables de réussite professionnelle.

Les corrélations calculées surlapopulation totale entre réussite académique et réussite professionnelle s'approchent de zéro. Cela confirme donc notre hypothèse.

1) Nous remercions le Fonds National Suisse de la Recherche Scientifique de son appui financier qui nous a permis d'effectuer cette recherche.

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Tableau 1 Corrélations entre réussite académ igue et réussite professionnelle Notes académiques Nombre de subordonnés .055 Revenu .087 Pouvoir de décision -.024 Responsabilités -.029 Appréciation de sa réussite .046 Importance de la réussite .038

3.2. Liaison réussite académique - statut professionnel

La réussite académique a été mise en relation avec le statut professionnel atteint par l'ingénieur (voir tableau 2).

Tableau 2 Moyenne selon le statut professionnel Moyenne

Statut professionnel 1er propé 2ème propé diplôme

---

---

-PDG,directeur 7.47' 7.41 7.97 Ingénieur en chef 7.32' 7.4 7.97 Ingénieur collaborateur 7.26' 7.3' 7.91 Professeur EPFL 8.53 8.28 8.8 Chargé de cours 7.72 7.8 8.3 Assistants 7.32' 7.38 8.16

Professeurs écoles techniques 7.93 7.84 8.16

Enseignants 7.49 7.46 7.99

Indépendants 7.29' 7.32* 7.81 *

*) Moyennes (sur une échelle de 1 à 10) significativement inférieures à la meilleure moyenne (en gras)

Au premier propédeutique, ce sont les professeurs EPFL qui ont une note supérieure aux PDG, aux ingénieurs en chef, aux ingénieurs collaborateurs , aux assistants et aux indépendants. u deuxième propédeutique, les professeurs ont aussi la meilleure moyenne, mais elle n'est significativement supérieure qu'à celle des ingénieurs en chef et aux indépendants.

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3.3. Les 10% les meilleurs et les 10% les moins bons (notes au propédeutique et au diplôme)

Les 10% les moins bons ne se différencient pas des autres en ce qui concerne la réussite professionnelle objective et subjective. On trouve quelques différences mineures: par exemple ils s'estiment moins indépendants et moins persévérants que le reste de la population.

Les 10% les meilleurs se différencient des autres seulement pour le domaine d'activité, le statut et le secteur dans l'entreprise. 32% des meilleurs au point de vue académique travaillent dans le domaine des écoles et de la recherche contre seulement 16,6% des autres. Pour le statut professionnel les principales différences se situent au niveau des professeurs EPFllUNI et des adjoints scientifiques où les 10% les meilleurs sont beaucoup plus nombreux (respectivement 8,9% contre 1% et 8,9% contre 2,4%). Par contre panni les 10% les meilleurs" seulement 6,7% d'entre eux sont indépendants contre 14,4% pour le reste des répondants. Pour le secteur où le service, les 10% les les meilleurs sont sureprésentés dans la recherche et le développement (39,8% contre 30,5%) dans l'enseignement (17% contre 6,7%) , par contre ils sont proportionnellement moins nombreux dans les tâches multiples (13,6% contre 24%).

Si aucune différence ne peut être mise en évidence entre les 10% les moins bons et le reste des répondants, on peut se demander si le groupe des étudiants n'ayant juste pas réussi leurs études auraient pu devenir de bons ingénieurs.

3.4. La post • formation

Nous avons effectué un test d'indépendance entre les variables de réussite professionnelle et le nombre de post-formations effectuées par les répondants. Le test de X2 (au seuil de 5%) permet de constater qu'il y a dépendance entre le niveau de responsabilité ainsi que l'appréciation de sa propre réussite et le nombre de post-formations suivies par l'ingénieur. Par contre, le test n'est pas significatif pour le pouvoir de décision, le statut, le revenu, et le nombre de subordonnés.

Une analyse de correspondance a permis de partager la population des ingénieurs en trois groupes: - Les ingénieurs qui n'ont pas suivi de post-formation. Ce groupe est constitué des diplomés récents, des assistants, des célibataires, des ingénieurs ayant un salaire bas, des ingénieurs collaborateurs, des informaticiens, microtechniciens et mathématiciens. On peut penser qu'il s'agit de jeunes ingénieurs qui n'ont pas encore suivi de post-formation.

- Un groupe central formé des ingénieurs ayant effectué des post-formations dans le domaine technique. Ce groupe est formé des ingénieurs en chef, des professeurs d'école technique, des employés, des physiciens, électriciens, chimistes et des ingénieurs ayant un salaire moyen.

- Le dernier groupe est constitué d'ingénieurs qui ont suivi une post-formation dans les domaines du commerce, du droit, de la gestion du personnel. Ce sont des indépendants, des anciens diplomés, des PDG et des Directeurs, des ingénieurs à haut salaire, ils sont mariés et sont souvent ingénieurs civils ou architectes.

Il semble donc que la(les) post-formation(s) a(ont) une relation très forte avec la réussite professionnelle prise dans le sens d'accèsàdes postesàfortes responsabilités etàhaut salaire.

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4. CONCLUSIONS

Il ressort de cette analyse que les notes n'ont de l'importance que dans le cadre de l'établissememnt où elles ont été obtenues.Lavaleur des notes correspondàun code interne de l'institution universitaire età elle seule. Il semble donc que les notes ne peuvent d'aucune façon préjuger de la suite de la carrière professionnelle de l'ingénieur EPFL, car celle-ci s'opère selon un code social qui n'est pas celui de l'Ecole.Ledomaine de la post-formation semble avoir une influence certaine sur l'avenir professionnel des ingénieurs, les formation techniques les orientant vers des responsabilités moyennes et les post-formations dans le domaine du commerce et de la gestion du personnel vers de hautes responsabilités.

S. BIBLIOGRAPHIE

BERBERAT (A.L.), GRUET (F.) GOLDSCHMID (M.-L.) & RICCI (J.-L.), 1988. -La réussite professionnelle des ingénieurs EPFL. Lausanne: EPFUCPD, Rapport intermédiaire FNRS n0212. BERBERAT (A.L.), GOLDSCHMID (M.-L.), 1989. - La formation et la réussite professionnelle des ingénieurs et architectes. Soumisàla revueEuropean Journal of Engineering Education.

GOLDSCHMID (M.-L.), 1988. - Instructional strategies, learning styles, problems solving behavior and professional sucees. inProceedigs of the 14th International Conference on Improving University Teaching. University ofUmea, Sweden, 71-86.

GOLDSCHMID (ML.), 1989. - Professional sucees: The role of academic performance, post diploma training and personality. Paper submitted tothe I5th International Conference on Improving University Teaching. University of British Columbia, Vancouver, Canada.

GOLDSCHMID (M.-L.), 1989. - Does academic performance predict professional sucees? Invited Conference presented al theI5th International Conference on lmproving University Teaching. University of British Columbia, Vancouver, Canada.

RICCI (J.-L.), 1989. - Quel avenir vous réservent vos études à l'EPFL? Flash (Jounal interneàl'EPFL), 1, .3-6.

Figure

Tableau 2 Moyenne selon le statut professionnel Moyenne

Références

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