A. GIORDAN, J.-L MARTINAND et D. RAICHVARG, Actes JIES XXVI, 2004 1
L’ÉCRITURE DANS L’ENSEIGNEMENT DES SCIENCES :
LES ENFANTS COMME AUTEURS À L’ÉCOLE
Suzani CASSIANI DE SOUZA
Departamento Metodologia de Ensino, Université Fédérale de Santa Catarina, Brésil
MOTS-CLÉS : ÉCRITURE – ENSEIGNEMENT DES SCIENCES
RÉSUMÉ : Ce travail présente les résultats d’une recherche réalisée dans des classes de la dernière année du collège. Il a été construit sur l’idée que l’écriture peut être une possibilité d’expression du raisonnement des élèves dans les classes de sciences naturelles. Notre principale référence théorique est l’analyse du discours (école française) qui porte une attention principale à la notion ‘être auteur’. Nous croyons que l’analyse des textes écrits pas les élèves peut nous mener à l’approfondissement de la compréhension de cette activité dans des classes autres que celles de langue maternelle.
ABSTRACT : We present some results of a research in classrooms from last year on basic education, focusing the writing as a possibility of expression of pupils thought of the in lessons of sciences. The main referential is the French Analysis of Speech, with emphasis on the authorship notion, as it is treated in this referencial. We consider that the analysis of texts written for students is an incentive to the curricular inclusion of writing in science lessons and also to the deepening of analysis based on the functioning of this activity in lessons which differs from the ones of Portuguese classes.
2 1. INTRODUCTION
Dans le domaine de l’éducation scientifique il y a peu de travaux consacrés à l’étude de ces problèmes. Quand on les trouve, on constate que leur but principal est surtout le changement conceptuel et la modification de certaines représentations scientifiques chez les étudiants (Moore, 1994, Glyn & Muth, 1994, Rowell, 1997). Pourtant, la lecture et l’écriture sont des outils très importants et fréquemment utilisés dans l’enseignement des sciences. Ainsi elles méritent une plus grande attention (Good, 1994, Holliday, 1994, Rivard, 1994). Ce travail présente les résultats d’une recherche réalisée dans des classes de la dernière année du collège de certaines écoles publiques de São Paulo, Brésil (Souza, 2000). Il a été construit sur l’idée que l’écriture peut être une possibilité d’expression du raisonnement des élèves dans les classes de sciences naturelles. Notre intention a été de permettre que les étudiants, en écrivant et en étant des auteurs de récits sur des sujets de sciences, puissent expérimenter une proximité plus grande avec les gens qui produisent la science. Un tel approche a un double objectif : amener les élèves à voir les scientifiques comme des êtres humains en même temps que permettre aux élèves de s’identifier comme des individus actifs dans l’histoire de l’humanité.
2. RÉFÉRENCE THÉORIQUE
La référence principale est l’analyse du discours français, initiée par Michel Pêcheux (1993), prenant en compte la continuation de ses travaux au Brésil et portant surtout une attention à la notion « être auteur » (Orlandi, 1996). Vygotsky est un autre auteur qui renvoie à l'écriture. Pour cet auteur, la lecture et l'écriture doivent être quelque chose dont les enfants ont besoin et cette nécessité doit avoir un sens d’importance pour leurs vies : elles ne peuvent pas être simplement une formation imposée.
La langue écrite doit être un moment de dévoilement des capacités et des possibilités d’interprétation et de création de chacun, et non simplement quelque chose purement mécanique et ennuyeux, c'est-à-dire « ce qu’on doit faire est d’enseigner aux enfants la langue écrite, et non seulement l'écriture des lettres » (Vygotsky, 1993, p.85). Cette étude a été développée avec des professeurs de sciences qui ont développé, avec des étudiants de la huitième année de l’enseignement fondamental, le sujet « Énergie ».
3
3. L’ÉCRITURE DANS L’ENSEIGNEMENT DES SCIENCES
On a demandé aux étudiants, spécifiquement sur le sujet de la Photosynthèse, des productions écrites à la fin des unités étudiées (Souza, 2000). À la demande de texte, les élèves devaient continuer une histoire, ayant comme motivation, d’abord, le texte d'une chanson très connue par cette tranche d’âge, placé bien au début du texte. La raison d’initier le texte avec une chanson entendue par les étudiants, était de provoquer la curiosité et, en même temps, une décontraction pour la production du texte. Les élèves pouvaient choisir quatre styles pour produire les textes : fiction scientifique, quotidien au bord d’un vaisseau spatial, une lettre, une bande dessinée et un article de journal (Prain, 1997). Deux textes élaborés par les élèves ont été faits seulement par un étudiant et les autres six textes ont été élaborés par groupes de deux, en totalisant neuf textes. Des cinq styles proposés, trois ont été choisis par les étudiants dans la proportion suivante : quatre textes écrits comme une histoire de fiction, trois comme un quotidien de bord d’un vaisseau spatial, deux comme une lettre (les options « bande dessinée » et « article de journal » n'ont pas été utilisés les groupes de classe).
4. RÉSULTATS
Dans les textes analysés, il est possible d'observer une grande différenciation des textes « scientifiques » utilisés dans des livres didactiques, ce qui révèle une importante stimulation à la responsabilité dans des leçons de sciences. Ce résultat indique aussi un chemin à suivre, selon quelques présuppositions sur la joie dans l'école. La proposition d'un travail avec une écriture ludique a servi non seulement comme une forme pour identifier le point jusqu’auquel les élèves ont réussi à interpréter le discours de la science (ce qui permis d’évaluer le travail de l’enseignant) mais nous avons aussi pu la comprendre comme une écriture qui organise la pensée.
Aussi l'étude sur l’écriture et la lecture pourra être approfondie et focalisée sur quelques sélections, en identifiant comme possible délimitation, par exemple, le groupe de filles présentes dans la classe. Depuis des commentaires et dans la littérature, ce groupe est souvent caractérisé comme un groupe de personnes qui aiment généralement écrire plus que les garçons (Rivard, 1994). Selon le même auteur, cette stratégie peut être une stratégie pour amener les filles au domaine de la science. Selon d’autres sources (Haggerty, 1991), les filles ont démontré des attitudes moins positives pour étudier les sciences, dues à plusieurs imperfections et à beaucoup de frustrations tout au long de leur formation. Néanmoins, il faut se rappeler l'importance de la prise en compte le contexte, encore davantage quand on se sélectionne un groupe.
4 5. CONCLUSION
Nous croyons que l’analyse des textes écrits par les élèves peut nous mener à l’approfondissement de la compréhension de cette activité dans des cours de sciences autres que langue maternelle. Aussi nous soutenons que l’écriture dans les classes de sciences doit être spécifiquement prévue dans les programmes. Les travaux avec l'écriture et la lecture développées dans des partenariats entre l'université et l'école doivent faire partie de n’importe quel programme de formation continue d'enseignants. Finalement, il est important de considérer qu’écrire en sciences peut contribuer à les considérer comme des produits de la culture humaine.
BIBLIOGRAPHIE
GLYN S., MUTH K. (1994). Reading and Writing to learn science : achieving scientific literacy.
Journal of Research in Science Teaching. 31(9).
GOOD R. (1994). Note from former Editor. Journal of Research in Science Teaching. 31(9).
HAGGERTY S. M. (1991). Gender and school science : Achievement and participation in Canada.
Alberta Journal of Educational Research. 37, 195-208.
HOLLIDAY W. G., YORE L. D., ALVERMAN D. E. (1994). The reading-Science Learning-Writing Connection: Breakthroughs, Barriers, and Promises. Journal of Research in Science
Teaching. 31(9), 877-893.
MOORE R. (1994). Writing to learn Biology. Journal of College Science Teaching.
ORLANDI E. P. (1996). Interpretação. Autoria, leitura e efeitos do trabalho simbólico. Petrópolis,: Vozes.
PECHEUX M. (1993). O Discurso. Campinas : Pontes.
PRAIN V., HAND B., KAY S. (1997). Writing for Learning in Physics. The Physics Teacher. 35 (jan.).
RIVARD L. P. (1994). A review of writing to learn in science : Implications for practice and research. Journal of Research in Science Teaching. 31(9), 969-983.
ROWELL P. (1997). Learning in School Science : the promises and practices of writing. Studies in
Science Education.
SOUZA S. C. (2000). Leitura e Fotossíntese : Proposta de Ensino numa abordagem cultural. Tese de Doutorado (Faculdade de Educação – Unicamp).