Universit´e Paris Diderot, D´epartement de Sciences Exactes, L2 MASS MA3 – Ann´ee 2010/11
Un corrig´ e du partiel du 23 octobre 2010 (suites, s´ eries num´ eriques et s´ eries de fonctions)
Exercice 1 (Suites r´ecurrentes)On d´efinit une suite(un)n>0 en imposantu0= 0et un+1=√
2un+ 3.
1. Montrer que pour tout entiernon a06un63(on pourra proc´eder par r´ecurrence).
2. Montrer que la suiteun est croissante.
3. Montrer que la suiteun est convergente.
4. Conclure quelimun= 3.
R´eponses.
1. On a par hypoth`ese 0√ 6u0 63 ; supposons (“hypoth`ese de r´ecurrence”) que 06un 63 alors un+1 = 2un+ 36√
2.3 + 3 = 3 est ´egalement positif d’o`u l’in´egalit´e cherch´ee.
2. De mˆeme on au1=√
3>0 =u0; plus g´en´eralement un+1−un=√
2un+ 3−un= 2un+ 3−u2n
√2un+ 3 +un =(3−un)(un+ 1)
√2un+ 3 +un >0 3. La suiteun est croissante et major´ee (par 3) donc convergente.
4. Soitℓ= limnun, comme la fonction√
2x+ 3 est continue, on a n´ecessairement 06ℓ=√
2ℓ+ 3 et donc ℓ2−2ℓ−3 = 0 i.e.ℓ= 3 ou−1 donc on peut conclure queℓ= limun = 3.
Exercice 2 (S´eries num´eriques) D´eterminer lesquelles des s´eries suivantes sont convergentes, absolument convergentes ou divergentes.
X
n>1
√n
2; X
n>1
√n+ 1−√ n nlog(n+ 1) ; X
n>1
1 3n + 1
n
; X
n>2
(−1)n logn . R´eponses.
Pour la premi`ere suite, le terme g´en´eral v´erifie limn √n
2 = 1 donc la s´erie corespondante est divergente.
Pour la deuxi`eme s´erie r´earrangeons le terme g´en´eral sous la forme
√n+ 1−√ n
nlog(n+ 1) = 1
nlog(n+ 1)(√
n+ 1 +√n) 6 1
nlog(n+ 1)√ n+ 1
On voit que la s´erie est `a termes positifs et est domin´ee par une s´erie de Riemann de la formeP
n 1
n3/2 qui est convergente, donc la s´erie initiale est convergente.
La s´erieP
n>1 1
3n est une s´erie g´eom´etrique convergente cependant la s´erie harmoniqueP
n>1 1
n est divergente donc la s´erie ´etudi´ee est divergente.
La suite log1n est d´ecroissante (car la fonction logarithme est croissante) et tend vers z´ero (car la fonction logarithme tend vers l’infini quand x tend vers l’infini) ; par application directe du th´eor`eme sur les s´eries altern´ees, la s´erie est convergente.
Exercice 3 (Comparaison int´egrale/s´erie)Soita >0 on se propose d’´etudier les s´eries
∞
X
n=2
1
n(logn)a. (1)
1. Montrer que la fonctionf(x) = x(log1x)a est d´ecroissante sur[2,+∞).
2. Calculer l’int´egraleI(X) =RX
2 dx
x(logx)a. Pour quelle valeur deala limitelimX→∞I(X)existe-t-elle ? 3. En d´eduire que la s´erie (1) est convergente poura >1 et divergente poura61.
4. En d´eduire l’encadrement : 1 log 2 6
X∞
n=2
1
n(logn)2 6 1
log 2 + 1 2(log 2)2.
R´eponses.
1. Calculons la d´eriv´ee f′(x) =
1 x(logx)a
′
= −x2log(logxx+)aa+1; celle-ci est n´egative pour x > e−a donc la fonctionf(x) bien est d´ecroissante sur [2,+∞).
2. Calculons l’int´egrale
I(X) = Z X
2
dx x(logx)a =
h 1 (1−a)(logx)a−1
iX
2 = (a−1)(log 2)1 a−1 +(1−a)(log1 X)a−1 sia6= 1 [log logx]X2 = log logX−log log 2 sia= 1
On en tire que la limite limX→∞I(X) existe si et seulement sia >1 ; dans ce cas la limite vaut d’ailleurs R∞
2 dx
x(logx)a =(a−1)(log 2)1 a−1.
3. Par le crit`ere de comparaison s´erie/int´egrale (applicable ici puisquef(x) est positive et monotone) la s´erie (1) est convergente poura >1 et divergente poura61.
4. Puisque la fonctionf(x) est d´ecroissante, on a l’in´egalit´ef(n+ 1)6Rn+1
n f(t)dt6f(n) ; en sommant sur non peut en d´eduire l’encadrement :
N+1
X
n=2
f(n) =
N
X
n=1
f(n+ 1)6 Z N+1
1
f(t)dt 6
N
X
n=1
f(n)
En faisant tendreN vers l’infini on obtientP∞
n=2f(n)6R∞
1 f(t)dt 6P∞
n=1f(n) ou encore Z ∞
1
f(t)dt6 X∞
n=1
f(n)6f(1) + Z ∞
1
f(t)dt.
En utilisant la question 2 poura= 2 on en tire bien : 1
log 2 6 X∞
n=2
1
n(logn)2 6 1
log 2 + 1 2(log 2)2.
Exercice 4 (S´eries de fonctions : convergence simple) On se propose d’´etudier les valeurs de x ∈ R pour lesquelles la s´erie suivante est convergente :
∞
X
n=0
(2n)!
(n!)2xn. (2)
1. En utilisant le crit`ere de d’Alembert, montrer que la s´erie est absolument convergente si |x| < 1/4 et divergente six >1/4.
2. Que pouvez-vous conclure six <−1/4?
3. On poseun= 4n(2(nn)!!)2. Montrer que la suite un est d´ecroissante.
4. En utilisant la formule de Stirling (que l’on ne demande pas de d´emontrer !) :
n! =nne−n√ 2πn
1 +O
1 n
∼nne−n√ 2πn
montrer queun ∼√1πn et en particulierlimun= 0.
5. En d´eduire que la s´erie (2) est convergente pourx=−1/4et divergente pourx= 1/4.
R´eponses.
1. La s´erie est trivialement convergente pour x= 0, on peut donc supposer x6= 0. Posons an = (2(nn!))!2|x|n alors
an+1
an =(2n+ 2)!(n!)2
(2n)!(n+ 1)!2|x|= (2n+ 2)(2n+ 1)
(n+ 1)2 |x|= 4|x|n+ 1/2 n+ 1
D’apr`es le crit`ere de d’Alembert, si 4|x|<1 la s´erie desanest convergente et la s´erie ´etudi´ee est absolument convergente ; si 4|x|>1 la s´erie desan est divergente et donc si x >1/4 la s´erie ´etudi´ee est divergente.
2. Si l’on utilise la notion de rayon de convergence d’une s´erie enti`ere, on peut conclure de la question pr´ec´edente que le rayon de convergence de la s´erie ´etudi´ee est ´egal `a 1/4 et donc que la s´erie diverge pour x < −1/4. Sans utiliser la notion de rayon de convergence et ses propri´et´es on pouvait conclure ainsi : comme limn(n+ 1/2)/(n+ 1) = 1 et 4|x|>1 on voit que pour nasssez grand (disons pour n>n0) on auraan+1>an ce qui implique que an ne tend pas vers z´ero et que la s´erie ´etudi´ee est divergente.
3. On calcule
un+1
un = (2n+ 2)!4nn!2
4n+1(n+ 1)!2(2n)! = n+ 1/2 n+ 1 <1, donc la suiteun est bien d´ecroissante.
4. En utilisant la formule de Stirling donn´ee dans l’´enonc´e, on obtient
un∼ (2n)2ne−2n√ 4πn 4n(nne−n√
2πn)2 = 1
√πn et on v´erifie que limun= 0.
5. Lorsque x = 1/4, la s´erie (2) est une s´erie `a terme positif et son terme g´en´erale est ´equivalent `a √1πn
qui est le terme d’une s´erie de Riemann divergente ; d’apr`es le crit`ere d’´equivalence, la s´erie (2) est donc divergente pourx= 1/4.
Lorsque x= −1/4 la s´erie (2) s’´ecrit P
n(−1)nun et on a montr´e que un ´etait d´ecroissante et tendait vers z´ero ; d’apr`es le th´eor`eme des s´eries altern´ees, la s´erie (2) est donc convergente (mais non absolument convergente) enx=−1/4.
Exercice 5 (S´eries de fonctions : convergence normale)On d´efinit (pourxr´eel) les s´eries de fonctions :
S(x) =
∞
X
n=1
sin(nx)
n3+n2 et T(x) =
∞
X
n=1
cos(nx) n2+n.
1. Montrer que ces deux s´eries convergent normalement sur toutRet d´efinissent des fonctions continues.
2. CalculerS(0)et T(0)(on pourra observer pour la deuxi`eme s´erie que n21+n = 1n−n+11 ).
3. Montrer queS(x)est d´erivable et queS′(x) =T(x).
4. Conclure que, au voisinage de0on aS(x) =x+o(x).
R´eponses.
1. On majore
sin(nx) n3+n2
6 1
n3+n2 6 1 n3 et
cos(nx) n2+n
6 1
n2+n 6 1 n2.
Comme la s´erie des 1/n3(resp. des 1/n2) est convergente, on en d´eduit bien la convergence normale pour les deux s´eries. Comme les fonctions sin(n3+nxn2) et cos(n2+nxn) sont clairement continues, la convergence normale garantit que la fonction d´efinie par la s´erie est continue.
2. On a bien sˆur S(0) = 0 puisque sin(0) = 0. Observons comme le sugg`ere l’´enonc´e que n21+n = n1 −n+11 . On a donc
T(0) = lim
N→∞
N
X
n=1
cos(0)
n2+n = lim
N→∞
N
X
n=1
1 n− 1
n+ 1
= lim
N→∞
1− 1
N+ 1
= 1.
3. Le terme g´en´eral de la s´erie T(x) est la d´eriv´ee du terme g´en´eral de la s´erie S(x). On a vu que la s´erie T(x) ´etait normalement convergente, de plus la s´erieS(x) est convergente en un point (en fait en tout point) ; d’apr`es le th´eor`eme de d´erivation des s´eries, la fonction d´efinie par la s´erie S(x) est d´erivable et S′(x) =T(x).
4. La fonctionS(x) est donc continˆument d´erivable (sa d´eriv´eeT(x) est continue d’apr`es la premi`ere question) et v´erifieS(0) = 0 et S′(0) =T(0) = 1 donc , au voisinage de 0 on aS(x) =x+o(x), d’apr`es la formule de Taylor.