Int´egrales
1 Primitives
Pr´erequis savoir calculer les d´eriv´ees des fonctions usuelles (en particulier x1n ) et les d´eriv´ees des fonctions compos´ee !
D´efinition : F est une primitive de f surI si F est d´erivable sur I et si · · · Comment tester un candidat primitive ?
M´ethode : On trouve `a peu pr`es une primitive, on la d´erive, puis on ajuste les constantes.
Exercice : f(x) = (3x+ 1)3; g(x) = (ln (2x+ 1))3 2x+11 ; h(x) = 2x
Puissances : f(x) = x1n alors F (x) = xn−11 a pour d´eriv´ee F0(x) = . . . donc une primitive est : F (x) =. . .
f(x) = 1x se primitive en . . . sur ]0,+∞[ et . . .sur ]−∞,0[ (ou bien ln|x| sur chacun de ces deux intervalles)
Une puissance au d´enominateur se primitive en une puissance de moins.
Une puissance au num´erateur se primitive en une puissance de plus.
Usuelles :
Fonction : ()n 1 ()n
1
() exp ()
Presque primitive ()n+1 1
()n−1 ln (+) ou ln (−) exp () Exercice : f(x) = 1
(3x+1)3; g(x) = 1
(ln(2x+1))3 1 2x+1
Produit : Un produit ne se primitive pas simplement sauf f(u(x))u0(x) :...
Id´ees : changer un produit en puissance ou en somme.
Exercice : primitiver : f(x) = (x+ 1)2x; g(x) = 1+x+xx2 3; h(x) = x
(2x+1)2; k(x) = (x+ 1)2(x+ 1)3 u(x) = 1
(e2x+1)3e2x; v(x) = (e2x+ 1)2ex; w(x) = (2x+2)2
(x+1)4
Th´eor´eme : f fonction continue sur un intervalle I.Alors elle a une primitiveF surI (en fait, une infinit´e).
N.B. En g´en´eral, on ne peux pas exprimer les primitives avec les fonctions usuelles.
Exercice : Montrer que G:x→Rx2 x
1
ln(t)dt est d´efinie et d´erivable sur ]0,1[.
2 Int´ egrale sur un segment d’une fonction continue.
D´efinition : f fonction continue sur un intervalle I. a ≷b ∈I etF une primitive de f sur I alors Rb
a f = [F]ba=F (b)−F (a).
N.B. L’int´egrale ne se calcule par primitivation que pour les fonctions continues.
D´ecoupages : Chasles (bornes variables et contenu fixe, Pn k=1
Rk+1 k
1
tdt=Rn+1 1
1 tdt ), lin´earit´e (bornes fixes et contenu variable Pn
k=0
R1
0 tkdt =R1 0
Pn
k=0tkdt ), constantes en facteur.
Int´egration par parties On d´erive une partie et on primitive l’autre : Rb
a u0(t)·v(t)dt=...
si uet v sont de classe C1 sur [a, b] ou [b, a]
Exercice Le d´emontrer en d´erivant le produit u·v.
PourquoiC1 et pas simpelment d´erivable ?
Relation de r´ecurrence : se d´emontre en g´en´eral par int´egration par parties.
N.B. Bien choisir la partie `a d´eriver et celle `a primitiver.
Exercice : In=R1
0 (1−x)nexdx. Exprimer In+1 en fonction deIn.
In´egalit´es (positivit´e) : On encadre le contenu, pour tout x de l’intervalle d’int´egration, puis on int`egre de part et d’autre par rapport `ax, en v´erifiant l’ordre des bornes.
Empirique Pour avoir un n+11 dans le majorant de l’int´egrale, on conserve une puissance n dans le majorant du contenu.
Exercice : In=R1 0
xex
(1+x)ndx. Etudier les variations dex→xex sur [0,1] et en d´eduire que 06In6
e (n−1)
Int´egrale fonction des bornes : Si f est continue sur I et que a∈ I alors F (x) =Rx
a f(t)dt est une primitive de f.
Si f est continue sur I et que a etb sont des fonctions d´erivables sur J `a valeurs dans I alors G(x) =Rb(x)
a(x) f(t)dt est d´erivable sur J et G0(x) =f(b(x))b0(x)−f(a(x))a0(x) Exercice le d´emontrer (indication : partir d’une primitive formelle de f)
Changement de variable : Rβ
α f(x)dx =Rb
a f(u(t))u0(t)dt avec u de classe C1 sur [a, b], f con- tinue sur u([a, b]).
A utiliser : Pour une ´egalit´e d’int´egrales avec changements de bornes et de contenu.
Pour exploiter la parit´e d’une fonction : utiliserx=−t
Mode d’emploi : on ´ecrit d’abord le changement de variable, on le justifie ensuite.
Simple : quand l’ancienne variable x est fonction de la nouvelle : x=u(t).
On remplace x par u(t) ; dx par u0(t)dt; les bornes sur x par les valeurs correspondantes sur t : il faut r´esoudreu(t) = a etu(t) =b.
Compliqu´e : quand la nouvelle x est donn´ee en fonction de l’ancienne
Il faut alors faire apparaˆıtre le blocu0(t), puis cachertdans unu(t) avant de pouvoir appliquer la formule de changement de variable.
Exemple : Montrer que si f est impaire et continue, R1
−1f(x)dx = R−1
1 f(t)dt et en d´eduire sa valeur.
On effectue le changement de variablex=−t
R´eponse dx=−dt:x= 1 ⇐⇒ −t = 1⇐⇒t=−1 :x=−1⇐⇒t= 1 R1
−1f(x)dx=R−1
1 f(−t)−dt=R−1
1 f(t)dt car f impaire.
Donc R1
−1f(x)dx=−R−1
1 f(−t)−dt et 2R1
−1f(x)dx= 0.
Justification du changement de variable : u : t → −t est C1sur [−1,1] et f est continue sur u[−1,1] = [−1,1].
Exercice : Soit x >0.Montrer que
x
R
1
1
tn(1 +t)dt =
1
R
1/x
un−1 1 +udu
D´eriv´ee : On ne peut d´eriver le contenu qu’avec l’int´egration par parties.
Mais, par changement de variable, on peut se ramener `a un int´egrale fonction des bornes.
Exemple : f(x) = R2 1
1
te−txdt. Montrer que f est d´erivable sur ]0,+∞[ et calculer sa d´eriv´ee.
Indication : changement de variable tx = y o`u l’ancienne est fonction de la nouvelle puis th´eor`eme ci-dessous.
R´eponse t = xy : dt = 1xdy : t = 1 ⇐⇒ y = x : t = 2 ⇐⇒ y = 2x et f(x) = R2x x
x
ye−y1xdy = R2x
x 1
ye−ydy.
On applique alors le th´eor`eme sur les int´egrales fonction des bornes.
y→ 1ye−y continue sur ]0,+∞[.
Donc f est d´erivable en x tel que x→x
et et x→2xsont C1 et appartiennent `a ]0,+∞[.
f est d´erivable sur ]0,+∞[ et f0(x) = 22x1 e−2x− 1xe−x.
Rare : Sommes de Riemann si f est continue sur [0,1] alors n1 Pn
k=1f kn
→R1
0 f(t)dt C’est ce th´eor`eme qui fait le lien entre int´egrale et aire (approch´ee par n1Pn
k=1f kn
), et qui permet de programmer le calcul de la valeur approch´ee d’une int´egrale.
M´ethode : Reconnaˆıtre le ”n” (`a peu pr`es la borne sup´erieure de la somme et dans le kn) puis faire apparaˆıtre n1 devant la sommet kn partout o`u il y a k. Reconnaˆıtre alors f est v´erifier sa continuit´e sur [0,1].
Exercice : D´eterminer la limite quandn →+∞ de n1 P2n+1
k=1 ln 1 + kn
3 Int´ egrale sur un segment d’une fonction continue par morceaux.
D´efinition : fest continue par morceaux sur un intervalle [a, b] si on peut trouver des sous intervalles (une subdivision) a= a1 < a2 < · · ·< an = b et des fonctions ˜fi continues sur [ai, ai+1] telles que f = ˜fi sur ]ai, ai+1[.
(si on peut prolongerf par continuit´e aux bornes)
N.B. On l’utilise quand on peut prolonger par continuit´e la ”formule” def(x).
Exemple : f d´efinie par f(x) =
xsi x∈]0,1[
ln (x) si x∈[1,2[
1
x si x >2
est prolongeable par :
N.B. La fonction prolong´ee ne co¨ıncide pas avec f aux bornes.
D´efinition de l’int´egrale : sifest continue par morceaux prolongeable par ˜ficontinue sur [ai, ai+1] alors Rb
a f(x)dx=Pn−1 i=1
Rai+1
ai
f˜i(x)dx
C’est l’int´egrales des prolongements par continuit´es.
3
Th´eor`emes : • La positivit´e, Chasles et lin´earit´e restent vraies.
• Si elle converge, l’int´egrale fonction des bornes G(x) = Rb(x)
a(x) f(t)dt est continue surJ (a etb sont continues sur J).
Elle est d´erivable en x tel que f continue ena(x) et en b(x).
• Le changement de variable et l’int´egration par parties ne sont plus vraies pour des fonctions continues par morceaux. On doit les faire sur chacun des sous intervalles.
4 Int´ egrale impropre en ±∞.
4.1 D´ efinition et op´ erations
D´efinition : Si f est continue ou continue par morceaux sur [a,+∞[, on dit que R+∞
a f(t)dt est impropre en +∞.
Elle converge si RM
a f(t)dt a une limite finie quandM →+∞
On note alors limM→+∞RM
a f(t)dt=R+∞
a f(t)dt. (Elle diverge sinon.) De mˆeme en−∞.
Exemple : Montrer que R+∞
0 e−xdx (impropre en +∞) converge et calculer sa valeur.
Exercice : Int´egrales de Riemann. Montrer que si α > 1 alors R+∞
0 1
xαdx converge et diverge si α61.
Op´erations : Le plus simple est de revenir `a l’int´egrale partielle pour laquelle il n’y a pas de probl`eme de convergence.
Sinon, il faut d’abord prouver la convergence de chaque morceau avant d’op´erer.
Chasles : Si R+∞
b f(t)dt converge alors R+∞
a f(t)dt=Rb
a f(t)dt+R+∞
b f(t)dt Lin´earit´e : SiR+∞
a f(t)dt etR+∞
a g(t)dt convergent alors R+∞
a αf(t) +βg(t)dt=αR+∞
a f(t)dt+βR+∞
a g(t)dt Positivit´e : SiR+∞
a f(t)dtetR+∞
a g(t)dtconvergent et quef(t)6g(t) sur [a,+∞[ alorsR+∞
a f(t)dt6 R+∞
a g(t)dt
Int´egrale fonction des bornes : Si Ra
−∞f(t)dt converge alors G(x) = Rx
−∞f(t)dt est d´erivable l`a o`u f est continue et G0(x) = f(x)
Exemple : Soit F (x) =Rx
−∞
et
t2dt. Montrer que F est d´erivable sur ]−∞,0[ et calculer sa d´eriv´ee Int´egration par parties et changement de variables : on revient `a l’int´egrale partielle.
Exercice Calculer R+∞
1 ln(t)
t2 dt
4.2 Comparaison pour les fonctions positives
Th´eor`emes : Si f etg sont positives et que f 6g sur [a,+∞[ (ou que f =o(g) ) alors si R+∞
a f diverge alors R+∞
a g diverge ”par minoration de fonctions positives”.
si R+∞
a g converge alors R+∞
a f converge ”par majoration de fonctions positives”.
D´emonstration : Sif est positive alorsF (x) =Rx
a f(t)dtest croissante, en revenant `a la d´efinition du sens de variation.
Six6y alors F (y) = F(x) +Ry
x f(t)dt qui est positive par positivit´e de l’int´egration.. Donc F (x)6F (y)
Il n’y a alors que deux possibilit´es : F a une limite finie en +∞ ou F tend vers +∞. Donc si R+∞
a f diverge c’est que Rx
a f →+∞.
Th´eor`emes : Si f et g sont positives et que f ∼ g en +∞ alors R+∞
a f et R+∞
a g sont de mˆeme nature ”par ´equivalence de fonctions positives”.
R´ef´erences : Int´egrales de RiemannR+∞
1 1
xαdxconverge siα >1 et diverge siα61. Exponentielles : R+∞
1 eαxdx converge siα <0 et diverge si α≥0 Exemple : Prouver la convergence de R+∞
1
x2+e−x
x4+x dx impropre en +∞.
D´efinition et th´eor`eme : si R+∞
a |f| converge on dit que R+∞
a f converge absolument. Elle est alors convergente.
Ce th´eor`eme permet d’appliquer les crit`eres de comparaison pr´ec´edents `a des fonctions au signe changeant.
Le retour de la s´erie : Sifest positive continue ou CPM et d´ecroissante, alors la s´erie : P
k≥0f(k) et l’int´egrale impropre en +∞:R+∞
0 f(t)dt sont de mˆeme nature.
L’avantage d’´etudier la convergence de l’int´egrale plutˆot que celle de la s´erie est que l’on a plus de primitives et que l’on peut y faire des int´egrations par parties.
5 Int´ egrale impropre en un point fini
D´efinition : f continue ou continue par morceaux sur ]a, b]. On dit que Rb
af est impropre en a.
SiRb
x f a une limite finie quand x→a, on dit que Rb
a f converge et Rb
a f = limx→a
Ra x f Exemple : Montrer la convergence et calculer R1
0 ln (t)dt.
R´ef´erence : Riemann si α ≥ 1 alors R1 0
1
xαdx diverge et converge si α < 1. (c’est l’inverse du comportement en +∞ )
Th´eor`emes : Les th´eor`emes de comparaison, minoration, majoration de fonctions positives restent valables.
Op´erations : Chasles et lin´erarit´e, positivit´e ne peuvent se faire qu’apr`es v´erification de la conver- gence de chaque morceau.
IPP et changement de variable se font en revenant `a l’int´egrale partielle.
Multi-impropri´et´e : si une int´egrale est impropre en plusieurs points, on isole chacun des points d’impropret´e.
Elle convergera si elle converge en chacun des points d’impropret´e et elle sera la somme des sous int´egrales impropres.
Exemple : f(x) = x12 six <1 :f(x) = √1−x si x∈[0,1] et f(x) =e−x si x >0.
Calculer R+∞
−∞ f(t)dt