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1995-2

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Academic year: 2021

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Texte intégral

(1)

I

La moyenne arithm´ etico-g´ eom´ etrique M (a, b)

.

Remarque : Il n’est pas n´ecessaire de d´emontrer l’existence et la positivit´e de an et bn pour tout n, qui semble implicitement admise par l’´enonc´e. Si on tient `a le faire il suffit d’introduire l’application ϕ : (u, v) 7→ ((u+v)/2,√uv), de R+×R+→ R+×R+. Par le principe de r´ecurrence il existe une unique suite (an, bn)n `a valeurs dans R+ × R+ satisfaisant (a0, b0) = (a, b) et (an+1, bn+1) = ϕ((an, bn)) = ((an+ bn)/2,√

anbn).

1. (1) – Prouvons d’abord que la propri´et´e P(n) = bn< an est vraie pour n ≥ 1.

– a1− b1= a + b 2 −√

ab = (√ a −√

b)2

2 > 0 puisque a 6= b. Donc P(1) est vrai.

– Supposons P(n) vrai, c’est `a dire an> bn. Alors √an>√

bn et donc an+1− bn+1= an+ bn

2 −p

anbn= 1 2(√

an−√

bn)2> 0,

c’est `a dire que P(n + 1) est vrai. Ainsi par le principe de r´ecurrence P(n) est vrai pour tout n ≥ 1.

La fin de la d´emonstration n’utilise pas de r´ecurrence. Soit n ≥ 1. De bn< an on d´eduit

an+1 = an+ bn

2 < an+ an

2 = an, et bn=pbnpbn≤pbnpan= bn+1. Ainsi, pour n ≥ 1 on a 0 ≤ bn≤ bn+1< an+1< an.

– Enfin pour tout n ≥ 0 (et non pas seulement pour n ≥ 1) on a an+1− bn+1= an+ bn− 2√

anbn

2 ≤ an+ bn− 2 min(an, bn)

2 = |an− bn|

2 · (1)

Remarquons que l’in´egalit´e obtenue est large. L’in´egalit´e stricte demand´ee par l’´enonc´e est fausse lorsque a ou b est nul.

Si a = b tous les ai et bi sont ´egaux ; si 0 = b < a, les bi sont tous nuls, et ai = 2−ia.

(2) La suite (an)n≥1, d´ecroissante minor´ee par b1 est convergente, et (bn)n≥1 croissante major´ee par a1 l’est aussi. La majoration (1) donne par une r´ecurrence imm´ediate

0 ≤ an− bn≤ 2−n|a − b| (2)

pour tout n ≥ 1. On en d´eduit 0 = lim(an− bn) = lim an− lim bn.

2. – Soit k fix´e et, pour n ≥ 0, an= an+k et bn= bn+k. Le couple (an, bn) satisfait la relation de r´ecurrence

an+1= an+ bn

2 , bn+1=panbn et la condition initiale (a0, b0) = (ak, bk).

Par d´efinition de M on a donc M (ak, bk) = lim

n→+∞an= lim

n→+∞an+k = lim

n→+∞an= M (a, b).

– La permutation de a et b ne change pas les valeurs de an et bn pour n ≥ 1, donc M (b, a) = M (a, b).

– Si on multiplie a et b par un mˆeme λ > 0, par une r´ecurrence imm´ediate, tous les anet bn sont multipli´es par λ, et donc aussi leur limite. C’est `a dire que M (λa, λb) = λM (a, b).

De ce dernier point on d´eduit encore, en choisissant λ = a, M (a, b) = aM

 1,b

a



= af b a

 .

(2)

3. (1) u0= 1 et v0 = x sont continues et positives. Supposons un et vn continues positives.

Alors un+1= (un+ vn)/2 et vn+1 = √unvn sont encore continues et positives (car x 7→√

x est continue sur R+).

(2) Lorsque a = 1 et b = x la majoration (2) s’´ecrit

0 ≤ un(x) − vn(x) ≤ 2−n|1 − x| (n ≥ 1).

Puisque f (x) est limite de la suite d´ecroissante (un(x))n≥1 et de la suite croissante (vn(x))n≥1, on a pour tout n ≥ 1 vn(x) ≤ f(x) ≤ un(x) et donc,

0 ≤ un(x) − f(x) ≤ un(x) − vn(x) ≤ 2−n|1 − x| (3) (3) Si x appartient `a l’intervalle ferm´e born´e [0, A], on a

|1 − x| ≤ 1 + A.

Avec la majoration (3) ci dessus on en d´eduit 0 ≤ un(x) − f x) ≤ 2−n(1 + A) qui prouve la convergence uniforme de la suite (un) sur [0, A]. La restriction de f `a [0, A]

est donc continue. A ´etant arbitraire f est continue sur R+.

4. Puisque f (x) est limite de la suite d´ecroissante (un(x))n≥1et de la suite croissante (vn(x))n≥1 on a v1(x) ≤ f(x) ≤ u1(x) c’est `a dire √

x ≤ f(x) ≤ 1 + x

2 . En rempla¸cant x par 1 dans cet encadrement on obtient f (1) = 1. Puis, pour x > 1,

√x − 1

x − 1 ≤ f (x) − 1 x − 1 ≤

1+x 2 − 1 x − 1 · Puisque les fonctions x 7→ √

x et x 7→ 1+x2 sont d´erivables en 1, de d´eriv´ee 1/2, lorsque x → 1 les deux termes extrˆemes de cet encadrement tendent vers 1/2. Lorsque x → 1 par valeurs plus petites que 1 le mˆeme raisonnement en changeant le sens des in´egalit´es montre que le taux d’accroissement (f (x) − 1)/(x − 1) tend encore vers 1/2. Ainsi f est d´erivable en 1 de d´eriv´ee 1/2.

5. (1) Si b = 0 les bn sont tous nuls et M (a, 0) = 0. En particulier f (0) = M (1, 0) = 0. De f (x) ≥√

x on d´eduit f (x)/x ≥ 1√x et limx→0f (x)/x = +∞. La fonction f n’est pas d´erivable en 0 mais son graphe poss`ede une tangente verticale au point (0, 0).

(2) On a xf (1/x) = xM (1, 1/x) = M (x, 1) = M (1, x) = f (x).

(3) Il en r´esulte que :

x→∞lim f (x)

x = lim

x→∞f1 x



= lim

x→0f (x) = 0 Vu f (x) ≥√

x, limx→∞f (x) = +∞ et f admet une branche parabolique horizontale au voisinage de l’infini.

6. u0 = 1 et v0 = x sont croissantes. Si un et vn sont croissantes il en est de mˆeme de un+1= (un+ vn)/2 et vn+1 = √unvncar le produit de deux fonctions croissantes positives est croissante. Ainsi un est croissante pour tout n. Si x ≤ y on a donc un(x) ≤ un(y) pour tout n, et, par prolongement des in´egalit´es par passage `a la limite on obtient f (x) ≤ f(y).

7. Le programme sage ci dessous d´efinit la fonction f et affiche les valeurs demand´ees : def f(x) :

u, v = 1.0, x

while abs(u-v) > 10^(-5) : u,v = (u+v)/2, sqrt(u * v) return (u+v)/2

[f(x) for x in [0.01, 0.1, 0.2, 0.6, 0.8, 2, 3, 10, 100]]

Voici ces valeurs (arrondies `a la pr´ecision 10−3) ainsi que le graphe demand´e :

(3)

0,01 0,1 0,2 0,4 0.6 0.8 2 3 10 100 0,262 0,425 0,521 0,666 0,787 0,897 1,457 1,864 4,250 26,217

0.5 1 1.5 2 2.5 3

0.5 1 1.5 2

II

Expression de M(a, b) par une int´ egrale elliptique

.

1. Convergence et propri´et´es des int´egrales I et J (1) L’int´egrale

Z +∞

0

dt

p(t2+ a2)(t2+ b2) est impropre en la borne +∞ (ce n’est pas une int´egrale impropre en 0 car a et b sont non nuls). Quand t → +∞, l’int´egrande est positif et ´equivalent `a t−2. L’int´egrale impropre I est donc de mˆeme nature que l’int´egrale R+∞

1 t−2dt, donc convergente. Puisque l’int´egrande est pair Z 0

−X

dt

p(t2+ a2)(t2+ b2) = Z X

0

dt

p(t2+ a2)(t2+ b2

En faisant tendre X vers l’infini, on en d´eduit la convergence de la premi`ere int´egrale impropre ci dessous, et l’´egalit´e

Z 0

−∞

dt

p(t2+ a2)(t2+ b2) = Z +∞

0

dt

p(t2+ a2)(t2+ b2)· Ceci donne la convergence de J et l’´egalit´e J = 2I.

(2) La fonction θ 7→ tan θ est une bijection croissante de [0, π/2[ sur [0, +∞[, de d´eriv´ee b/ cos2θ. Le changement de variable t = b tan θ donne

I(a, b) = Z π2

0

1 s

b2sin2θ cos2θ + a2

 b2 cos2θ

b dθ cos2θ =

Z π2

0

p(a2cos2θ + b2sin2θ)·

En particulier, si a = 1 et b = x, g(x) = Z π2

0

p(cos2θ + x2sin2θ)· La fonction

(x, t) 7→ dθ

p(cos2θ + x2sin2θ) est une fonction continue de ]0, +∞[×[0, π/2] ainsi

(4)

que sa d´eriv´ee partielle par rapport `a x : (x, t) 7→ − x sin(t)2

(cos(t)2+ x2sin(t)2)3/2· Par le th´eor`eme de d´erivation d’une int´egrale d´ependant d’un param`etre, g est continˆuement d´erivable sur R+, de d´eriv´ee

g(x) = Z π/2

0 − x sin(t)2

(cos(t)2+ x2sin(t)2)3/2 dt.

(3) On a ´evidemment I(a, b) = Z

0

dt

p(t2+ a2)(t2+ b2) = I(b, a). L’´egalit´e I(λa, λb) = λ−1I(a, b) r´esulte de la formule d´emontr´ee en II.1.2 par lin´earit´e de l’int´egrale. Enfin, appliquant ce dernier r´esultat avec λ = a on obtient

I(a, b) = I(a × 1, a × b/a) = a−1I(1, b/a) = a−1g(b/a), ce qui donne aussi la continuit´e de la fonction (a, b) 7→ I(a, b).

2. (1) Par d´efinition

Ja + b 2 ,√

ab

= Z

−∞

ds q

s2+ a+b2 2

s2+ ab Le changement de variable s = 1

2

 t − ab

t



donne ds dt = 1

2

 1 + ab

t2



dt puis

Ja + b 2 ,√

ab

= 1

2 Z

0

1 +abt2

q1

4(t −abt)2+(a+b)4 2q

1

4(t − abt )2+ ab dt

= 2 Z

0

t2+ ab

p(t2− ab)2+ t2(a + b)2p(t2− ab)2+ 4abdt

= 2 Z

0

dt

p(t2+ a2)(t2+ b2) = 2I(a, b) = J(a, b) Ainsi on aJa + b

2 ,√ ab

= J(a, b) et donc aussi Ia + b 2 ,√

ab

= I(a, b). Puis, par une r´ecurrence imm´ediate I(an, bn) = I(a, b) pour tout n.

(2) Puisque I(an, bn) = I(a, b) pour tout n, on a I(a, b) = lim I(an, bn). Notons M = M (a, b). Par II.1.3, (a, b) 7→ I(a, b) est continue. On peut donc ´ecrire

I(a, b) = lim I(an, bn) = I(lim(an, bn))

= I(M, M ) = Z π/2

0

√ dθ

M2cos2θ + M2cos2θ = π 2M

c’est `a dire I(a, b)M (a, b) = π/2. Choisissant (a, b) = (1, x) cela donne g(x)f (x) = π/2. En particulier, f = π/2g est de classe C1 sur ]0, ∞[, puisque g est de classe C1 et ne s’annule pas.

3. (1) Le changement de variable s = x/t donne dt = −x ds/s2 et Z x

0

dt

p(t2+ 1)(t2+ x2) = − Z x

x ds s2

q

(xs22 + 1)(xs22 + x2)

= Z

x

ds

p(s2+ 1)(s2+ x2)· On en d´eduit

g(x) = Z x

0

dt

p(t2+ 1)(t2+ x2)+ Z

x

dt

p(t2+ 1)(t2+ x2) = 2 Z x

0

dt

p(t2+ 1)(t2+ x2

(5)

(2) Sur l’intervalle [0,√

x] on a 1 ≤ 1 + t2≤ 1 + x et donc

√ 1 1 + x

Z x

0

√2 dt

t2+ x2 ≤ Z x

0

2 dt

p(1 + t2)(t2+ x2) ≤ Z x

0

√2 dt t2+ x2 c’est `a dire

√h(x)

1 + x ≤ g(x) ≤ h(x).

Puisque limx→0

1 + x = 1, g(x) est ´equivalent `a h(x) au voisinage de 0.

(3) On calcule h(x) par le changement de variable t = xu soit u = t x : h(x) = 2

Z x

0

√ dt

t2+ x2 = 2 Z 1

x

0

√ du 1 + u2

= 2 arcsh 1

√x

= 2 ln 1

√x + r

1 +1 x



= 2 ln 1

√x(1 +√

x + 1)

= − ln x + 2 ln(1 +√

1 + x) ∼ − ln x au voisinage de 0, car limx→0ln(1 +√

1 + x)/ ln x = 0.

(4) Au voisinage de x = 0, les ´equivalences g(x) ∼ h(x) et h(x) ∼ − log x donnent f (x) = π

2 1 g(x) ∼ π

2 1

h(x) ∼ − π 2 ln x·

Quand x tend vers l’infini (et donc 1/x vers 0) cela donne, en utilisant I.5.2, f (x) = xf 1

x



∼ −π 2

x

ln(1/x) ∼ π 2

x ln x· III

Expression de π en fonction de f et f

.

Si x ∈]0, 1[ on a u0 = 1 > x = v0 et, par I.1.1 un > vn ≥ 0 pour n ≥ 1. Pour tout n ≥ 0, wn=pu2n− vn2 > 0 et kn= 2−nln un

wn sont donc bien d´efinis.

1. (1) Par d´efinition de un+1= un+ vn

2 et vn+1= √unvnon a u2n+1− v2n+1= u2n+ v2n+ 2unvn− 4unvn

4 = (un− vn)2 4 et donc wn+1=

q

u2n+1− vn+12 = un− vn

2 · Il en r´esulte M (un+1, wn+1) = M un+ vn

2 ,un− vn

2



= 1

2M (un+ vn, un− vn) (4) L’´egalit´e M (a, b) = M (a+b2 ,√

ab) avec a = un+ vn et b = un− vn donne M (un+ vn, un− vn) = M (un,pu2n− vn2) = M (un, wn), qui, avec (4) donne M (un+1, wn+1) = 1

2M (un, wn). Une r´ecurrence imm´ediate donne M (un, wn) = 1

2M (un−1, wn−1) = 1

22M (un−2, wn−2) . . .

= 1

2nM (u0, w0) = 1 2nfp

1 − x2

(6)

(2) Vue l’´equation M (a, b) = af (ab) (question (I.2)) l’´egalit´e d´emontr´ee dans la question pr´ec´edente s’´ecrit encore

un(x)f wn(x) un(x)



= 1 2nf (p

1 − x2) ou 2nf wn(x) un(x)



= f (√ 1 − x2) un(x) · Puisque limn→∞un(x) = f (x) ≥√

x > 0 on en d´eduit

n→∞lim 2nf wn(x) un(x)



= f (√ 1 − x2) f (x) ·

(3) Comme limn→∞wn= limn→∞pun2 − v2n= 0 et limn→∞un= f (x) 6= 0 on a

n→∞lim wn(x)

un(x) = 0.

Puisque limn→∞wn/un= 0, il r´esulte de la question II.3.4 que f wn

un



∼ −π 2

1 ln

wn

un



Avec le r´esultat de la question pr´ec´edente question on en d´eduit f (√

1 − x2)

f (x) = lim

n→∞2nf wn

un



= lim

n→∞−π 2

2n ln

wn

un

 = lim

n→∞

π 2

1 kn(x)

puis limn→∞kn(x) = π 2

f (x) f (√

1 − x2)· 2. (1) u1 = √

x et v1 = (1 + x)/2 sont des fonctions d´erivables `a d´eriv´ees strictement positives sur ]0, 1[. Par r´ecurrence un+1= (un+ vn)/2 et vn+1 = unvn+ unvn

√unvn

sont aussi strictement positives sur ]0, 1[, pour tout n ≥ 0.

(2) De kn= 2−nlog(un/wn) = 2−n(log un− log wn) on tire kn = 2−n un

un −wn wn



· (5)

De wn=pu2n− v2nil r´esulte wn = unun− vnvn

wn . Reportons cette expression dans (5) kn

vn2 = 2−n vn2

 un

un −unun− vnvn w2n



= un

un −unun− vnvn u2n− v2n



= 2−nunvn− unvn unvnw2n · (6) Rempla¸cons n par n + 1 dans (5) et divisons les deux membres par v2n+1,

kn+1

v2n+1 = 2−n−1 v2n+1

un+1

un+1 −wn+1 wn+1



·

Nous avons d´emontr´e dans la question III.1.1 que wn+1= un−v2 n. En utilisant v2n+1= unvn, un+1= (un+ vn)/2 et wn par (un− vn)/2 on obtient

kn+1

v2n+1 = 2−n−1 unvn

 un+ vn

un+ vn −un− vn

un− vn



= 2−nunvn − unvn

unvnwn2 · (7) La comparaison de (6) et (7) donne kn+1

v2n+1 = kn vn2·

(7)

(3) Le r´esultat pr´ec´edent donne par une r´ecurrence imm´ediate kn v2n = k0

v02 soit kn = k0

v02v2n= v2n x(1 − x2) car uo= 1 et v0 = x donnent k0= ln 1

√1 − x2 et k0 = x 1 − x2·

(4) Sur le compact K, 1/(x(1 − x2)) est born´ee par une constante M . D’o`u

kn(x) − f2(x) x(1 − x2)

=

vn2(x) − f2(x) x(1 − x2)

≤ M|v2n(x) − f2(x)|

= M |vn(x) − f(x)| |vn(x) + f (x)| (8) Pour x ∈ K ⊂ [0, 1] on a f(x) ≤ f(1) = 1, et |vn(x) + f (x)| ≤ 2. De plus, par I.1.1 on a 0 ≤ f(x) − vn(x) ≤ un(x) − vn(x) ≤ 2−n(1 − x) ≤ 2−n. Avec (8) cela donne

kn(x) − f2(x) x(1 − x2)

≤ 21−nM qui prouve la convergence uniforme de (kn) vers x 7→ f2(x)

x(1 − x2) pour x ∈ K.

3. (1) Par (III.1.3) (kn) converge simplement sur ]0, 1[ vers x 7→ π 2

f (x) f (√

1 − x2)· Sur tout compact K ⊂ ]0, 1[, (kn(x)) converge uniform´ement vers f2(x)/(x(1 − x2). Par le th´eor`eme de d´erivation terme `a terme d’une suite de fonctions,

π 2

 f (x) f (√

1 − x2)



= (lim kn(x)) = lim kn(x) = f2(x)

x(1 − x2)· (9) (2) La d´eriv´ee du premier membre est

π 2

 f (x) f (√

1 − x2)



= π 2

f(x)f (√

1 − x2) + f (x)f(√

1 − x2) x 1−x2

f2(√

1 − x2) ·

Avec (9) cela donne l’´equation fonctionelle f2(x)

x(1 − x2) = π 2

f(x)f (√

1 − x2) + f (x)f(√

1 − x2) x 1−x2

f2(√

1 − x2) ·

Avec x1 = x et x2 =√

1 − x2, ceci s’´ecrit plus agr´eablement f2(x1)f2(x2)

x1x2 = π

2 x2f(x1)f (x2) + x1f (x1)f(x2) · Faisant x = x1= x2 = 1

2 dans cette ´equation on obtient le r´esultat.

IV

Approximation de π.

.

1. (1) Soit x ∈ K. Partant de 0 ≤ un(x) − vn(x) ≤ 2−n,la division par vn(x) donne 0 ≤ yn(x) − 1 = un(x) − vn(x)

vn(x) ≤ 2−n

vn(x) ≤ 2−n

v1(x) = 2−n

√x ≤ mK2−n, avec mK un majorant sur K de la fonction continue 1/√

x. Puisque mK2−ntend vers 0 et ne d´epend pas de x cela prouve la convergence uniforme sur K de (yn) vers 1.

(8)

(2) Par d´efinition de un+1= un+ vn

2 et vn+1= √unvn, yn+1= un+1

vn+1 = un+ vn 2√unvn·

La premi`ere ´egalit´e en d´ecoule en divisant num´erateur et d´enominateur par vn. zn+1 = vn+1

un+1 = (√unvn) un+ vn

2

= unvn+ unvn

√unvn(un+ vn)

donne la deuxi`eme ´egalit´e en divisant num´erateur et d´enominateur par unvn. (3) Pour n = 1, z1 = v1

u1 = (√ x)

(1 + x)/2 = 1

√x > 1. Supposons zn≥ 1, alors

zn+1− 1 = 1 + ynzn−√yn− zn√yn

(1 + zn)√yn

= (√yn− 1)(zn√yn− 1) (1 + zn)√yn ≥ 0

car yn≥ 1. Par r´ecurrence on a donc zn≥ 1 pour tout n, soit un≤ vn puis un+1= un+ vn

2 ≥ 2un 2 = un (4) L’in´egalit´e √yn≤ yn d´ecoule de yn≥ 1.

Puis zn+1= 1 + ynzn

(1 + zn)√yn ≤ yn+ znyn

(1 + zn)√yn ≤ yn

√yn donne zn+1≤√yn. Enfin yn+1

zn+1 − 1 = (1 + yn)(1 + zn)

2(1 + ynzn) − 1 = −1 + yn+ zn− ynzn

2(1 + ynzn) = −(yn− 1)(zn− 1) 2(1 + ynzn) ≤ 0.

Ces in´egalit´es donnent en particulier yn+1 ≤ zn ≤ yn. Comme les yn convergent uniform´ement vers 1 sur K, les zn convergent uniform´ement vers 1.

(5) De vn+1 = √unvn on d´eduit vn+1= unvn+ unvn

2√unvn puis, avec la d´efinition zn= vn un, vn+1

vn = vn+ znun

2zn√unvn =

1 zn + yn

2√yn On a donc vn+1 ≤ vnsi et seulement si 1

zn + yn≤ 2√ync’est `a dire si et seulement si (√yn− 1)2 ≤ 1 − 1

zn = zn− 1 zn Or par IV.1.4

1 − 1

zn ≥ 1 − 1

yn ≥ 1 − 1

√yn =

√yn− 1

√yn et il suffit donc que 1

√yn ≥√yn− 1 soit encore√yn(√yn−1) ≤ 1. Cette condition est assur´ee pourvu que, pour x ∈ K on ait 1 ≤ yn≤ 2. Puisque ynconverge uniform´ement vers 1 sur K, ceci est vrai `a partir d’un certain entier n0.

Alors pour n ≥ n0 et x ∈ K on a vn(x) ≥ vn0(x) et donc

0 ≤ vn(x) − un(x) = un(x)(zn(x) − 1) ≤ vn(x)(zn(x) − 1) ≤ vn0(x)(zn(x) − 1),

(9)

et enfin, si M0 est un majorant de vn0 sur K,

0 ≤ vn(x) − un(x) ≤ M0(zn(x) − 1). (10) Pour tout x ∈ K, (vn(x))n≥n0 est une suite d´ecroissante `a termes positifs, donc convergente. Soit ℓ(x) sa limite. Par (10), pour x ∈ K, limn→∞|un(x) − vn(x)| = 0.

On a donc aussi limn→∞un(x) = l(x). Comme la suite des (vn)n≥n0 est d´ecroissante, et la suite des (un(x)) croissante, on a

un(x) ≤ ℓ(x) ≤ vn(x), et 0 ≤ ℓ(x) − un(x) ≤ vn(x) − un(x) ≤ M0(zn(x) − 1) . La convergence uniforme uniforme sur K de zn vers 1 donne a convergence uniforme de un vers ℓ. On obtient de la mˆeme fa¸con la convegence uniforme de (vn) vers ℓ.

2. (1) Comme les un et les un convergent uniform´ement, la limite des un est la d´eriv´ee de la limite des un, c’est `a dire la d´eriv´ee de f . On a donc

2√ 2 lim

n→∞

vn2 1

2 un 1 2

 un 1

2

 = 2√ 2

f3

1 2

 f

1 2



(2) Par III.3.2 et la question pr´ec´edente, π = lim πn, avec

πn−1= 2√ 2v2n 1

2 un 1 2

 un 1

2

 ·

Notons x1 = 1/√

2. Alors π0 = 2√

2(v21(x1)u1(x1))/u1(x1) = 2 +√

2. En notant un (resp. un, vn, vn) pour un(x1) (resp. un(x1), vn(x1), vn(x1)) on a

πn

πn−1 = un+1un un+1vn

= (un+ vn)un (un+ vn)vn

= 1 + yn 1 + zn·

Autrement dit, π est la limite de la suite (πn) de premier terme x0 = 2 +√ 2 et v´erifiant la r´ecurrence πn= 1 + yn(1/√

2) 1 + zn(1/√

2)· 3. (1) On a

yn+1− 1 = 1 + yn− 2√yn

2√yn

= (√yn− 1)2 2√yn

(11) Pour n = 0, vu y0 = 1/x, cela donne

y1(1/√

2) = 0.015051 . . . < 0.016 = 8

500· (12)

De (11) on d´eduit yn+1− 1 = 1 2√yn

(yn− 1)2 (1 + √yn)2 ≤ 1

8(yn− 1)2 car yn ≥ 1, puis par r´ecurrence 0 ≤ yn+1− 1 ≤ (y1− 1)2n

82n−1 = 8 y1− 1 8

2n

et enfin avec (12)

0 ≤ yn+1(1/√

2) − 1 ≤ 8 y1(1/√ 2) − 1 8

!2n

≤ 8(500)−2n.

(10)

(2) Puisque yn≤ zn (IV.1.4) et πn= πn−1(1 + yn)/(1 + zn) la suite (πp) est d´ecroissante.

En utilisant zp+1≥ 1 on obtient ensuite 0 ≤ πp− πp+1 = πpzp+1− yp+1

1 + zp+1 ≤ πp

2 (zp+1− yp+1) ≤ π0

2 (zp+1− yp+1

La majoration zp+1≤ yp (IV.1.4) donne alors πp− πp+1≤ π0

2 (yp− yp+1) puis 0 ≤ πn+1− πn+k =

k−1X

i=1

n+i− πn+i+1) ≤ π0 2

k−1X

i=1

(yn+i− yn+i+1)

= π0

2 (yn+1− yn+k) et, en faisant tendre k vers l’infini, 0 ≤ πn+1− π ≤ π0

2 (yn+1− 1) ≤ 4π0(500)−2n· (3) Pour que πn+1− π soit inf´erieur `a 10−1000000 il suffit que 2nln 500 ≥ 106ln 10 + ln 4π0

donc que n ≥ 19. Ainsi π20approche π `a moins de 10−1000000 pr`es.

La programme sage ci dessous calcule les n premiers πi. def itere(n) :

RR = RealField(200) ; x = RR(1/sqrt(2)) y = (1+x)/(2*sqrt(x))

z = 1/sqrt(x) pi = RR(2+sqrt(2)) print pi

for i in range(n) :

pi , y , z = pi*(1+y)/(1+z), (1+y)/sqrt(y)/2, (1+y*z)/(1+z)/sqrt(y) print pi

itere(6)

3.4142135623730950488016887242096980785696718753769480731767 3.1426067539416226007907198236183018919713562462771672539111 3.1415926609660442304977522351203396906792842568645289058336 3.1415926535897932386457739917571417940347896238674518419432 3.1415926535897932384626433832795028841972241204665627203933 3.1415926535897932384626433832795028841971693993751058209749 3.1415926535897932384626433832795028841971693993751058209749

Quelques th´ eor` emes utilis´ es

Th´eor`eme 1 Toute fonction continue d´efinie sur un compact K est born´ee.

Th´eor`eme 2 (Th´eor`eme de la limite monotone) Pour qu’une suite croissante (un) (resp.

d´ecroissante) soit convergente il faut et il suffit qu’elle soit major´ee (resp. minor´ee). Si cela est v´erifi´e lim un= sup {un, n ≥ 0}.

Th´eor`eme 3 Soit X un espace norm´e de dimension finie, et (un)n une suite de fonctions continues sur X qui converge uniform´ement vers u. Alors u est une fonction continue sur X.

(11)

Th´eor`eme 4 Soit (un)n une suite de fonctions d´erivables sur l’intervalle I, qui converge en un point x0 de I, et telle que la suite des d´eriv´ees (un)n soit uniform´ement convergente sur tout intervalle compact contenu dans I. Alors (un) converge simplement sur I vers une fonction u.

La convergence est uniforme sur tout intervalle born´e de I, et, de plus, pour tout x ∈ I, u(x) = lim

n→∞un(x).

Th´eor`eme 5 Soit I un intervalle r´eel, et f : [a, b] × I → C une fonction continue ainsi que la d´eriv´ee partielle (t, x) 7→ ∂f

∂x(t, x). Alors la fonction g d´efinie par g(x) =

Z b a

f (t, x) dt est une fonction de classe C1 sur I et sa d´eriv´ee est donn´e par

g(x) = Z b

a

∂f

∂x(t, x) dt.

Th´eor`eme 6 Soit f et g deux fonctions continues et positives sur [0, +∞], avec f(t) ∼ g(t) lorsque t → ∞. Alors les int´egrales impropres

Z

0

f (t) dt,

Z

0

g(t) dt sont de mˆeme nature.

Sottisier

– Le produit de deux fonctions croissantes n’est pas une fonction croissante : sur R, x 7→ x est croissante mais x 7→ x2 n’est pas croissante. En revanche le produit de deux fonctions croissantes positives est une fonction croissante.

– Le (( th´eor`eme des suites adjacentes )), utilis´e par beaucoup, n’est pas tr`es utile. Le th´eor`eme important et utile est le th´eor`eme de la limite monotone.

– Pour a, b > 0 dire que l’int´egrale Z 1

0

dt

p(t2+ a2)(t2+ b2)

(( converge en 0 )) c’est une absurdit´e. Il s’agit d’une int´egrale ordinaire (cf. article Analogies entre int´egrales impropres et s´eries num´eriques).

– Dire que la fonction x → un(x) est une fonction croissante ce n’est pas dire que un(x) ≤ un+1(x) mais que, chaque fois que x ≤ y, on a un(x) ≤ un(y).

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