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Oncologie : Article pp.11-24 du Vol.5 n°1 (2011)

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SYNTHÈSE /REVIEW ARTICLE

La femme face au cancer du sein : une perspective salutogène et holiste

Women with breast cancer: a salutogene and holistic perspective

A. Duboc

Reçu le 9 novembre 2010 ; accepté le 3 janvier 2011

© Springer-Verlag France 2011

Résumé Le but de cette étude est de mieux comprendre comment les femmes atteintes d’un cancer du sein se protè- gent contre la maladie, non pas seulement de manière bio- logique, mais en adoptant une approche holiste tenant compte des aspects salutogènes. Cette approche permet de développer une typologie de la protection féminine et de poser un diagnostic de protection, diagnostic aujourd’hui absent du système de santé français.

Conception : Le concept de protection se réfère au cadre théorique plus général du paradigme de la salutogenèse. Il rassemble un ensemble de facteurs salutogènes qui concou- rent, dans la phase critique du cancer du sein, à expliciter la façon de penser des femmes et le maintien de la santé en situation extrême.

Méthodologie : La recherche est basée sur une méthode mixte de recherche et une approche analytique pour saisir la structure des différents types de femmes. Cet article pré- sente exclusivement les résultats du volet quantitatif.

Résultats principaux: La série d’analyse réalisée a mis en évidence trois types de protection : 1) une protection dite opérante dont le style cognitif montre un faible stress, une capacité à discerner l’événement et à s’engager, et de ce fait, à une perspective de santé positive. Le profil cognitif, quant à lui, présente un bon sens de la compétence personnelle, une croyance en un contrôle de l’évolution de la maladie et un soutien social qui provient du voisinage ; 2) une protection

dite mixte (qui produit deux effets) dont le style cognitif a comme attributs un fort stress, une confusion et un désenga- gement, donc, à une perspective de santé négative. Un profil cognitif qui démontre un faible sens de la compétence, une attribution causale interne et un soutien social émanant du voisinage ; 3) une protection dite inopérante dont le style cognitif met en évidence un stress faible, une confusion et un désengagement, et de ce fait, a une perspective de santé négative. Un profil cognitif marqué par une confiance moyenne en elle, une attribution causale interne et un soutien social émanant de la famille proche. En somme, dans la population à l’étude une femme sur deux atteintes d’un can- cer du sein rencontre des difficultés pour s’en protéger et une femme sur quatre n’y parvient pas.

Conclusion: Cette approche salutogène et holiste offre une perspective complémentaire à l’approche biologique pour aider les femmes dans leur lutte contre cette maladie en per- mettant aux professionnels de santé de repérer, d’une manière systématique et standardisée, les femmes qui ren- contrent des difficultés à se protéger de manière opérante et donc à mettre en place une démarche plus apte à répondre à leurs besoins. Pour citer cette revue : Psycho-Oncol. 5 (2011).

Mots clésCancer du sein · Salutogenèse · Holisme · Typologie ·Cluster analysis

Abstract The aim of this research is to better understand how women with breast cancer protect themselves against their disease; not only in a biological sense, but in a holistic way taking into account salutogene factors. This approach leads to the development of a typology of feminine protec- tion and a protection diagnosis, diagnosis today absent of the French health system.

Design: The protection concept refers to the wider saluto- gene theory. It brings together salutogene factors which help explain the way women think while going through their cancer and how they try to maintain themselves in good health in such an extreme situation.

A. Duboc (*)

Faculté d’éducation, université de Sherbrooke, Québec (Canada) e-mail : [email protected]

Cette recherche a été réalisée dans le cadre du doctorat en éducation préparé conjointement par la faculté d’éducation, université de Sherbrooke, Québec (Canada) et l’université catholique de l’ouest (UCO), Angers (France). Ce doctorat offre le programme qui conduit au grade dePhilosophiæ Doctor(PhD).

Je remercie vivement mes directeurs de recherche Messieurs Marcel Trudel et Jean-Pierre Boutinet pour la qualité de l’accompagnement humaniste dont j’ai bénéficié pendant mon travail de thèse ainsi que l’Université de Sherbrooke pour la qualité de l’enseignement reçu.

DOI 10.1007/s11839-011-0305-7

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Methodology: The research is based on a mix research method and on an analytic approach distinguishing different types of women’s protection. This article only discusses the results of the quantitative data analysis.

Results: The quantitative data analysis puts in evidence three types of protection : 1) an operant protection for which the cognitive style shows low level of stress, a capacity to understand the event (having breast cancer) and to engage with it, and, by doing so, to adopt a positive health perspec- tive. In this case, the cognitive profile demonstrates women’s high belief in their personal competence and in the fact that they can control the evolution of their disease; this is rein- forced by a social support from their neighbours; 2) a mixed protection for which the cognitive style shows high levels of stress as well as confusion and withdrawal leading to a nega- tive health perspective. In this case, the cognitive profile demonstrates women’s low levels of belief in their personal competence as well as high belief in being responsible for their disease; in this case, they also receive social support from their neighbours; 3) an ineffective protection for which the cognitive style shows low levels of stress as well as confusion and withdrawal leading to a negative health perception. In this case, the cognitive profile is characterised by a medium level of personal efficacy; these women benefit from social support from their families and relatives.

Conclusion: This salutogene and holistic approach offers a complementary perspective to help women with breast can- cer by allowing health professionals to identify those who do not protect themselves efficiently and consequently put- ting in place more adequate support.To cite this journal:

Psycho-Oncol. 5 (2011).

KeywordsBreast cancer · Salutogenesis · Holism · Typology · Cluster analysis

En France, la situation du cancer du sein est en cela particu- lière qu’elle supporte une incidence en constante augmenta- tion depuis 25 ans, une mortalité décroissante depuis 2000 et une survie élevée à cinq ans [19]. Malgré ces indicateurs porteurs d’espoir, un nombre important de femmes éprouve des niveaux très élevés d’anxiété/dépression pendant la période prédiagnostique (en raison de l’attente de la confir- mation du diagnostic) [26] et des symptômes élevés au diag- nostic [28]. L’incidence de ces symptômes est rapportée par 30 à 40 % de femmes, et ce taux est trois à quatre fois plus élevé que celui de la population générale [13]. Dans ce contexte de santé publique, le dispositif d’annonce du Plan cancer 2003–2007 [25] (mesure 40) a fait bénéficier les personnes touchées par le cancer de meilleures conditions d’annonce du diagnostic. Toutefois, il apparaît que ces mesures qualités sous-estiment largement le bouleversement émotionnel que provoque l’annonce d’un diagnostic de cancer et occulte le sentiment de menace de mort ressenti à

son annonce [20,24]. Pourtant, cette annonce est un acte de communication qui s’effectue en situation extrême. Cet acte a lieu au moment où le bouleversement émotionnel est à son paroxysme du fait d’attendre le diagnostic [26]. De plus, cette relation professionnelle est prise dans des rets déonto- logiques et législatifs, puisque le médecin doit obtenir le consentement libre et éclairé d’une femme en état de choc dont l’esprit est ailleurs, préoccupé à réguler l’émotion. Tout comme il recherche, pour la restauration de la santé, la par- ticipation active d’une femme envahie par la fulgurance de l’émotion et dans l’impossibilité de s’engager. Ces ambiguï- tés, le manque de prise en compte du vécu protecteur des femmes et l’absence subséquente d’une approche intégrée tenant compte de ce vécu dans la démarche médicale de soin justifient l’intérêt de développer une typologie de la protection féminine en situation de cancer du sein.

Le concept de protection se réfère au cadre théorique de la salutogenèse [1]. La protection peut se définir, en référence à Antonovsky [2], comme une disposition, relativement stable, à comprendre et à répondre à un événement apeurant comme le cancer. Elle se préoccupe des caractéristiques qui favorisent le développement de la santé et se relie à toutes les dimensions de la personne [2,3]. C’est donc une théorie tra- duisant une conception holistique de la santé de l’être humain [3].

Les recherches salutogènes, quoique multiples, n’ont pas étudié la protection de façon globale. C’est donc sur la base de certaines d’entre elles que cette recherche s’attache à mieux comprendre la façon de penser des femmes ou com- ment celles-ci raisonnent, réfléchissent, combinent idées et jugements pour se protéger en contexte extrême. Par consé- quent, le concept de protection fait référence à quatre dimen- sions salutogènes et complémentaires qui traduisent, par leurs composantes spécifiques, le raisonnement des femmes nouvellement diagnostiquées.

La dimension salutogènerenseigne sur le sens de la cohé- rence (SOC) ou la résistance persuasive durable à s’opposer aux effets du stress de la vie. Ce concept multidimensionnel informe par la compréhension que le défi est compris, par le sens donné à l’événement de la motivation à le relever et par l’administration de la disponibilité des ressources. Le SOC s’avère fortement lié à la santé perçue [15,17,35] spéciale- ment aux facteurs de santé mentale comme le lieu de contrôle, à l’autoefficacité et aux habilités sociales et favo- rise les comportements de santé [22].A contrario, le SOC est fortement et négativement relié à l’anxiété, au désespoir, à la dépression et au stress perçu [22]. En fait, plus le SOC est fort, plus le niveau des symptômes de dépression est bas [22].

La dimension transactionnelle, quant à elle, évalue le degré de stress perçu et dans quelle mesure les situations stressantes rencontrées sont jugées imprévisibles, incontrô- lables et excédant les ressources personnelles des personnes.

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La phase diagnostique est caractérisée par un haut niveau de détresse émotionnelle et d’intenses symptômes d’anxiété/

dépression [4,5,12,13,28]. De nombreuses études mettent en évidence que la mesure du stress perçu est un puissant prédicteur de la présence de symptômes physiques [6,7,29]

et d’affects négatifs [29] sur une période d’environ un mois [6,7]. De plus, les femmes jeunes présentent plus de symptômes d’anxiété/dépression [9,13] et une plus grande détresse à un an [34].

Ladimension psychosocialeétudie les croyances qui régu- lent le comportement, soit l’autoefficacité généralisée ou la confiance globale en ses compétences ; le lieu de contrôle du cancer (LOC) ou la croyance dans le fait que le contrôle du cancer dépend de la perception de contrôle interne, de l’attribution causale ou du contrôle religieux et du soutien social ou les transactions qu’effectue une personne avec son réseau social pour satisfaire son besoin de sécurité là où ses ressources font défaut. L’efficacité personnelle est fortement reliée à l’optimisme et à l’autorégulation, alors qu’elle est négativement associée à la dépression et à l’anxiété [23]. Un LOC centré sur l’évolution de la maladie est lié à moins de perte de contrôle et à un comportement en rapport avec la santé [37]. Toutefois, une attribution causale interne s’avère associée positivement à l’anxiété-trait et à uncopingcentré sur l’émotion et le problème [11]. Le soutien des proches, quant à lui, est l’appui le plus important [21]. L’aide du mari et le contact avec les amis sont jugés comme une valeur inesti- mable dans la lutte contre la maladie [21]. Il est significative- ment associé à une évolution favorable du cancer [10].

Les dimensions sociodémographique et oncologique informent de l’effet de l’âge sur la détresse et la perspective du futur pour la première et de l’influence d’un stade avancé sur les stratégies d’ajustement pour la seconde. Il existe une relation directe entre l’âge et le cancer du sein [10]. Au diag- nostic, un jeune âge prédit une plus grande détresse émotion- nelle [13,34] entièrement négociée par les pensées intrusives [13] et la perspective du futur est perçue d’une façon pessi- miste, ce qui n’est pas le cas des femmes plus âgées [27].

Relativement au lien entre les stades I et II, la procédure chirurgicale, l’atteinte ganglionnaire, les traitements de chi- miothérapie et de radiothérapie et l’ajustement au cancer du sein, il n’est pas trouvé de lien significatif [34]. Mais, un stade avancé du cancer au diagnostic est associé à un déga- gement centré sur l’émotion, et un stade avancé et un bas optimisme à trois mois sont reliés à un dégagement centré sur le problème [13].

Modèle multidimensionnel de la protection féminine

Chacun des types de protection constitue un modèle multidimensionnel de la protection féminine. Ce modèle

rassemble et organise les dimensions étudiées en vue d’une analyse quantitative des différents regroupements. Les dimensions sociodémographique et oncologique constituent le contexte du même nom. Les dimensions salutogène et transactionnelle associent le SOC et le stress appréhendent le style cognitif des femmes, c’est-à-dire la disposition, rela- tivement stable, à discerner s’il est possible de s’engager pour contrer les revers de l’existence. La dimension psycho- sociale réunit l’autoefficacité généralisée, le LOC et le soutien social perçu et constitue le profil cognitif ou un ensemble d’opérations psychosociales préférentielles et d’actions qu’une personne met en œuvre pour trouver des solutions aux problèmes nouveaux du cancer du sein.

Ainsi, ce modèle met en lien les différentes dimensions exposées pour avoir une vue intégrée des types de femmes.

En somme, la perspective théorique salutogène et holiste de cette recherche contribue grandement à l’avancée de la connaissance en psycho-oncologie par l’élaboration d’une typologie qui décrit les caractéristiques des différents types et considère ainsi la complexité organisée.

Méthode

Population et parcours de la recherche

La population à l’étude est constituée de 45 femmes. Les critères d’inclusion sont un premier diagnostic de cancer et une prise en charge thérapeutique située en aval de la pre- mière séance de chimiothérapie. La recherche s’est déroulée de janvier à août 2006 dans le réseau Oncosud 77 situé dans le département de Seine et Marne (France). L’échantillon est représentatif de la population féminine qui a eu recours à ce réseau, et de ce fait a qualité pour parler au nom des femmes de ce réseau d’oncologie.

La population étudiée est de fait féminine. La moyenne d’âge de la cohorte est de 52 ans au diagnostic pour un âge minimum de 31 ans et un âge maximum de 75 ans. L’exa- men des classes d’âge montre un pic d’incidence pour la tranche des 51–60 ans, alors qu’il se situe aux alentours de 65 ans dans la population générale [18]. Ce groupe est donc touché précocement par le cancer du sein. La situation fami- liale des femmes indique que 80 % d’entre elles sont mariées contre 20 % de célibataires, veuves ou séparées. Le niveau d’études, quant à lui, atteste que 50 % des femmes ont un niveau scolaire inférieur au baccalauréat français. Par contre, 24 % sont titulaires de ce diplôme et 20 % ont un niveau supérieur au baccalauréat (6 % de ces femmes n’ont pas souhaité répondre). Enfin, le statut social présente des fragi- lités, puisque la moitié des femmes sont sans qualification professionnelle. Dans ce sous-groupe plus fragile, 13 % des personnes sont sans emploi. L’autre moitié, quant à elle, appartient à une classe sociale plus favorisée. Concernant

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les caractéristiques oncologiques de la cohorte, la nature cytopathologique des tumeurs indique 100 % de carcinomes mammaires. La classification TNM de l’UICC [36], quant à elle, montre : 1) 42 % de tumeurs≤2 cm ; 2) 47 % de tumeurs > 2 cm et≤ 5 cm ; 3) 11 % de tumeurs > 5 cm.

Pour ce qui est du pourcentage de présence ou une absence d’atteinte ganglionnaire, il est équivalent, soit environ 50 %.

En outre, le rapport entre les indications de tumorectomie (ablation de la tumeur) et de mastectomie (ablation du sein) est de 49 % de tumorectomie pour 31 % de mastecto- mie. On note également 16 % de double indication opéra- toire (tumorectomie/mastectomie).

Le parcours de la recherche s’est déroulé en plusieurs étapes. Il a commencé par l’identification des femmes en amont de la première séance de chimiothérapie. Cette pre- mière rencontre, moment décisif, fait suite au diagnostic, à l’intervention chirurgicale et au temps de repos nécessaire entre l’intervention et la mise enœuvre du traitement. Elle explicite et organise la recherche pour chacune des femmes.

L’organisation de cette rencontre comprend : 1) la signature du formulaire de consentement de la recherche avec les êtres humains ; 2) l’explicitation du questionnaire et sa passation ; 3) la vérification des informations sociodémographiques recueillies précédemment. Le questionnaire est récupéré trois jours plus tard lors de la première séance de chimiothérapie.

Instrumentation

L’instrumentation de la recherche utilise un questionnaire et une enquête sociodémographique et oncologique. Le ques- tionnaire comprend 60 questions pour un temps de réponse de 15 minutes. Il comprend cinq instruments dédiés à mesu- rer les cinq dimensions salutogènes à l’étude. Ainsi, Le SOC-13 mesure le SOC ; la PSS14, le stress perçu ; la Gene- ral Self-Efficacy Scale (GSE), l’autoefficacité généralisée ; la CLCS, le LOC et la SSQ6, le soutien social perçu. L’en- quête, quant à elle, recueille les données sociales et médicales.

Questionnaire de la recherche

Sense of Coherence Questionnaire

La manière dont les femmes regardent le monde et leurs vies comme intelligibles, maniables et significatifs a été évaluée avec la version courte à 13 items du Sense of Coherence Questionnaire (SOC-13) [2]. Sur les 13 articles du SOC- 13, cinq d’entre eux mesurent la compréhension, quatre le sens et quatre la maîtrise. Les scores de chaque item sont rangés de 1 (SOC faible) à 7 (SOC fort). La valeur de l’alpha de Cronbach se situe entre 0,70 et 0,90 dans 127 études [14].

La moyenne du SOC-13 est de 35,39 (ET : 0,10) à 77,60

(ET : 13,80) points. L’échelle du SOC est fiable, valide et applicable à de multiples cultures [14].

•Perceived Stress Scale (PSS)

La PSS à 14 items (PSS14) [6] mesure « le degré de stress avec lequel les personnes évaluent les situations stressantes comme imprévisibles, incontrôlables et excédant leurs capa- cités » [7]. Sept des items mesurent les aspects du contrôle, et les sept autres le stress. Les scores des items du stress sont rangés de 1 (stress faible) à 5 (stress fort). Par contre, les sept articles du contrôle sont rangés en sens inverse. La PSS14 semble être la version qui présente les meilleures qualités psychométriques. La valeur de l’alpha de Cronbach est ran- gée de 0,75 à 0,86 et sa validité distinctive est bonne [8]. La fiabilité et la validité de l’instrument sont excellentes.

•GSE

La croyance générale des personnes en leur efficacité à exé- cuter avec succès des tâches nouvelles et à gérer l’adversité dans une large gamme d’événements représentant un stress et un défi [31] a été mesurée avec la GSE [33]. La GSE apparaît comme un construit universel [32]. Les scores de la GSE s’additionnent de telle sorte que 1 = faux ; 2 = plutôt faux ; 3 = plutôt vrai ; 4 = vrai. La valeur de l’alpha de Cron- bach était de 0,79 pour les États-Unis d’Amérique ; de 0,88 pour l’Allemagne et de 0,90 pour le Costa Rica. La haute fiabilité, la stabilité et la validité de la GSE ont été confir- mées dans plusieurs études entre 1997 et 2000 [23].

•Cancer Locus of Control Scale

La croyance dans le fait que l’adoption d’un comportement de santé est influencée par le lieu de contrôle interne des femmes a été évaluée avec le Cancer Locus of Control Scale (CLCS17) [37]. La CLCS est appréhendée par 17 items per- mettant d’évaluer trois composantes : la perception de contrôle interne concernant l’évolution de la maladie, l’attri- bution causale interne concernant l’origine de la maladie et le contrôle religieux. Il y a respectivement sept items pour l’évo- lution de la maladie et l’attribution causale, et trois éléments pour le contrôle religieux. Les scores du LOC s’échelonnent ainsi : 1 = pas du tout d’accord ; 2 = pas d’accord ; 3 = plutôt d’accord et 4 = tout à fait d’accord. La valeur de l’alpha de Cronbach pour la composante de l’attribution causale est ran- gée de 0,80 à 0,71, pour le contrôle religieux de 0,77 à 0,75, et pour l’évolution de la maladie est de 0,77 [16,37]. La validité et la fiabilité du questionnaire sont acceptables, la valeur discriminante est bonne et la fiabilité est évidente [26].

•Social Support Questionnaire

La disponibilité des personnes sur lesquelles les femmes peuvent compter et qui expriment leur inquiétude, la valeur

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qu’elles leur attribuent et l’amour qu’elles leur portent a été évaluée avec le Social Support Questionnaire (SSQ6) [30].

Le SSQ6 investigue deux aspects du support social : 1) la perception qu’il y a un nombre suffisant d’appuis sociaux vers qui l’on peut se tourner en cas de besoin ; 2) le degré de satisfaction lié à cette disponibilité [30]. Cette évaluation se rapporte à six situations de vie : avoir besoin d’aide, être sous pression, être acceptée avec ses bons et mauvais côtés, être prise en charge quoi qu’il arrive, broyer du noir et être bouleversée. Les scores de la disponibilité s’additionnent à hauteur de six catégories de réponses. Les scores de la satis- faction, quant à eux, sont rangés de 1 = très insatisfait, 2 = insatisfait, 3 = plutôt satisfait, 4 = satisfait à 5 = très satisfait.

Le SSQ6 a une excellente validité de construit, et sa consis- tance interne est de 0,97 pour le nombre de personnes iden- tifiées et de 0,94 pour la satisfaction. La fidélité et l’homogénéité de la SSQ sont satisfaisantes [30].

Enquêtes sociodémographique et oncologique

L’anamnèse médicale permet de décrire les types de femmes dégagés des différents regroupements en se basant essentiel- lement sur les données retenues par les femmes suite à la consultation médicale et qui alimentent ensuite leur conversa- tion et leur inquiétude. Cette réduction subséquente assure la véracité empirique des résultats. En ce sens, l’enquête onco- logique investigue la classification TNM et le type d’interven- tion chirurgicale. Quant à l’enquête sociale, elle explore l’âge, la situation sociale et le niveau socioéconomique.

Résultats

La présentation des résultats comprend trois sections. La première fournit d’abord l’analyse typologique des représen- tations cognitives des femmes au regard des profils au SOC et au stress, puis la configuration des styles cognitifs de cha- cun des regroupements issus de l’analyse par grappes hiérar- chiques. La seconde section présente, pour ces mêmes regroupements, les profils sociodémographiques et oncolo- giques. La troisième section décrit, quant à elle, les profils cognitifs associés à chacune des grappes à l’étude.

Analyse de la relation entre les construits du SOC et du stress

Analyse topologique

L’analyse montre que le résultat de la corrélation entre le SOC et le stress s’établit à 0,65, ce qui traduit une certaine interdé- pendance entre le SOC et le stress. Ce calcul est effectué à partir du score global moyen de chacun de ces construits.

Quant à l’analyse par grappes hiérarchiques, elle se base sur

les distances euclidiennes et la méthode Ward calculées à par- tir des valeurs standardisées des variables du SOC et du stress.

Cette méthode se distingue des autres, car elle utilise l’analyse de variance pour évaluer les distances entre les femmes asso- ciées aux typologies obtenues. Les regroupements entre les participantes sont dégagés sur la base des similitudes des pro- fils intra-individuels. Dans la présente étude, l’examen du dendogramme met en évidence un regroupement à trois grap- pes. La Figure 1 donne une représentation imagée des varia- tions entre les femmes et entre les grappes. La représentativité des femmes associées à chacun des trois sous-groupes est inégale, puisque la grappe 2 prédomine en taille sur les grap- pes 3 et 1. Ainsi, le nombre de participantes est respective- ment de 22, 11 et 12.

Analyse descriptive des styles cognitifs en fonction du SOC et du stress

La démarche analytique se poursuit par l’examen des indices descriptifs associés aux énoncés du SOC et du stress qui discriminent davantage les trois regroupements, et ce, à l’aide d’analyses de variance univariées (Anova).

L’indice global du SOC révèle des moyennes de 3,55, 3,77 et 5,31 respectivement pour les grappes 1, 2 et 3 (Tableau 1). Ces résultats confirment que la grappe 2 se distingue nettement des deux autres. Ainsi, ces femmes s’attribuent une plus grande capacité à appréhender les évé- nements comme logiques, compréhensibles et contrôlables que ne le rapportent les femmes des grappes 1 et 3. Le style cognitif des femmes associées aux grappes 1 et 3 tra- duit l’impact délétère de la perte de contrôle (items #03, #08 et #10) comme le fait de se sentir impuissante et la déception de ne pas pouvoir compter sur les personnes de l’entourage.

De plus, ils montrent les conséquences néfastes de la perte de contrôle (#01 et #09) comme le repli sur soi ou le fait de ne pas se sentir concerné, de même que de penser que les évé- nements n’ont pas beaucoup de sens, pas beaucoup d’intérêt.

De fait, les femmes de ces types sont frappées d’impuissance et expriment leurs difficultés à résoudre des difficultés qui, pour elles, n’ont aucun sens. À noter cependant que les fem- mes du groupe 3 sont les seules à obtenir un faible score à l’item #11 concernant l’orientation des buts poursuivis jusqu’ici dans la vie. Cet énoncé est le seul indice différen- ciant les grappes 3 et 1. Autrement dit, les femmes associées à la grappe 3 ont une vue extrêmement confuse des buts qu’elles poursuivent dans la vie. Enfin, les femmes du groupe deux obtiennent des scores élevés aux sept énoncés qui se réfèrent aux aspects positifs de la résistance persuasive dont elles font preuve (#01, #04, #05, #06, #07, #08 et #09).

Ces femmes ont développé un sens du contrôle de l’environ- nement intimement relié au sentiment de justice que procure le fait d’agir correctement. De fait, elles savent ce qui est important, y portent beaucoup d’intérêt et de conviction,

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gèrent l’imprévu et les situations complexes. De plus, elles peuvent compter sur certaines personnes de l’entourage.

L’indice global du stress révèle une moyenne de 1,83, 1,52 et 2,55 respectivement pour les grappes 1, 2 et 3 (Tableau 2).

Ces résultats confirment que les trois groupes se distinguent entre eux. Ainsi, les femmes associées au groupe 3 rapportent un haut degré de stress et perçoivent la situation comme imprévisible, incontrôlable et excédant leurs ressources, alors que celles du groupe 2 perçoivent moins de perturbation vis-à-vis de cette situation qu’elles pensent pouvoir contrôler.

L’examen des indices descriptifs liés aux énoncés de la PSS14 met en évidence que 11 des 14 variables discriminent les groupes. Les résultats des analyses de variance et post- hoc révèlent que c’est l’item #14 qui distingue davantage les trois groupes. Cet énoncé questionne les femmes au regard du niveau de contrôle qu’elles exercent face au cumul des problèmes rencontrés au cours du dernier mois. Les femmes de la grappe 3 apparaissent les plus démunies face aux évé- nements survenus. Le style cognitif de ces femmes révèle les effets négatifs liés au stress. Le contenu de ces énoncés, en l’occurrence les items #02, #03, #08, #11 et #14, se réfère essentiellement à l’impossibilité de contrôler l’événement, l’irritation qui découle de ce manque de contrôle et la nervo- sité occasionnée par les circonstances. De plus, ce groupe obtient des résultats très atténués à l’énoncé faisant référence à la confiance au plan de la prise en charge du problème (#06). Les items #11 et #14 réfèrent à l’impression négative de crouler sous les difficultés (#14) et au sentiment d’irrita- bilité qui en découle (#11). Le groupe 2 se distingue du groupe trois par rapport à cinq énoncés (#05, #06, #07, #09 et #10) qui décrivent plutôt des impacts positifs du stress perçu lors de ces dernières semaines. Ces énoncés font notamment référence au niveau de confiance ou de maîtrise face à l’adversité, de même que le sentiment de contrôle de soi. Enfin, tous les énoncés dont la différence s’avère signifi- cative à l’analyse de variance contribuent à discriminer les groupes deux et trois. Ainsi, les femmes de la grappe 2 (rap- pelons que ce groupe rapporte un SOC fort) obtiennent des scores élevés aux cinq énoncés qui se réfèrent aux aspects positifs de leur expérience (#05, #06, #07, #09 et #10) ; ce qui n’est pas le cas pour la grappe 3. De plus, les scores des grappes 2 et 1 sont comparables sur l’ensemble des items à l’exception de ceux se référant au cumul des difficultés adve- nues pendant cette période (#14) et à l’irritabilité qui en découle (#11). De fait, les participantes du groupe 2 sont les seules à obtenir un faible score à ces énoncés.

Analyse descriptive des profils sociodémographiques et oncologiques

La seconde section présente en premier lieu les indices descriptifs sociodémographiques liés à l’âge qui différen- cient davantage les trois regroupements, et ce, à l’aide d’ana- lyses de variance univariées (Anova). Elle se poursuit par l’examen des indices descriptifs liés à la situation sociale, au statut socioéconomique qui discriminent davantage les grappes, et ce, à l’aide d’analyses descriptives.

Fig. 1 Structure arborescente (dendogramme) issue de lanalyse par grappes hiérarchiques des variables du SOC et du stress (n= 45)

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L’indice global de l’âge révèle des moyennes de 49,91, 52,50 et 55,17 respectivement pour les groupes 3, 2 et 1 (Tableau 3). Les résultats de l’analyse de variance confir- ment que les grappes se distinguent entre elles. Ainsi, les femmes de la grappe 3 comptent plus de femmes jeunes, puisque l’âge moyen est inférieur à 50 ans, tandis que les femmes des deux autres groupes dépassent la cinquantaine, voire 55 ans pour les femmes de la grappe 1. Les résultats des tests du Chi2pour les autres variables sociodémographi- ques n’ont révélé aucun effet. Les résultats de l’analyse

descriptive montrent que le niveau d’études du groupe 2 se distingue des autres grappes parce qu’il rassemble 36 % de diplômées de deuxième et troisième cycles universitaires, ce qui n’est pas le cas pour les grappes 1 et 3 où la ventilation des diplômes est similaire et de l’ordre d’environ 18 %. Le statut familial indique un nombre très important de femmes mariées pour l’ensemble des grappes. À noter, la prédomi- nance de femmes célibataires, séparées ou veuves des grou- pes 2 et 3, avec une prédominance en grappe 2. Concernant la profession des femmes, la grappe 2 compte 41 % de Tableau 1 Résultats des analyses de variance se rapportant aux variables du SOC-13 en fonction des regroupements en grappe

Grappe 1 (n= 12)

Grappe 2 (n= 22)

Grappe 3 (n= 11)

F Différences entre les groupes (NK)b

Global moyen 3,55 5,31 3,77 31,78a 1 = 3 < 2

# Énoncés du SOC

05 Avez-vous le sentiment dêtre dans une situation inhabituelle et de ne pas savoir quoi faire ? (C)

2,42 5,25 2,40 25,34a 1 = 3 < 2

06 Cela vous arrive-t-il davoir des sentiments et des idées assez confuses, assez embrouillées ? (C)

3,00 5,60 2,91 24,24a 1 = 3 < 2

07 Vous arrive-t-il déprouver des sentiments que vous préféreriez ne pas ressentir ? (C)

2,83 5,50 3,00 16,28a 1 = 3 < 2

11 Jusquici, votre vie a été orientée vers des objectifs, des buts pas très clairs, pas très définistrès clairs, très définis (S)

4,75 5,82 3,60 10,90a 3 < 1 < 2

08 Beaucoup de personnes, même celles qui ont du caractère, se sentent parfois impuissantes dans certaines situations. Avez-vous ressenti cela ? (M)

2,27 4,29 2,91 10,12a 1 = 3 < 2

04 Avez-vous le sentiment dêtre traitée de façon injuste ? (M)

4,17 6,33 4,82 10,05a 1 = 3 < 2

10 Vous arrive-t-il davoir le sentiment que vous nêtes pas sûre de pouvoir contrôler ? (M)

3,42 5,14 3,09 8,06a 1 = 3 < 2

01 Avez-vous le sentiment que ce qui se passe autour de vous ne vous concerne pas ? (S)

4,08 6,05 4,73 7,39a 1 = 3 < 2

03 Est-il arrivé que des gens sur lesquels vous comptez vous aient déçu ? (M)

2,75 4,77 3,45 6,04a 1 = 3 < 2

09 Vous arrive-t-il de penser que les choses que vous faites quotidiennement nont pas beaucoup de sens, pas beaucoup dintérêt ? (S)

4,08 5,86 4,27 5,36a 1 = 3 < 2

02 Vous est-il arrivé dêtre surprise par le

comportement de personnes que vous pensiez bien connaître ? (C)

3,25 4,18 3,40 1,49 1 = 3 < 2

13 Quand quelque chose vous arrive, vous avez tendance à le surestimer/sous-estimerlévaluer correctement (C)

4,42 5,09 5,18 1,28 1 = 3 = 2

12 Faire ce que vous faites chaque jour est une source de très grand déplaisir/très grand plaisir (S)

4,58 5,09 4,91 0,68 1 = 3 = 2

M : maîtrise ; S : sens ; C : compréhension.

ap < .01

bNK = NewmanKEULS

(8)

métiers diplômants pour seulement 25 % en grappe 1 et 18 % en grappe 3. De fait, la grappe 3 recense un nombre consé- quent de femmes non qualifiées.

Les indices oncologiques, quant à eux, estiment dans quelle mesure la sévérité du cancer différencie les trois types de femmes. Les tests du Chi2, là aussi, n’ont révélé aucun effet. Les résultats de l’analyse descriptive concernant la nature cytopathologique des tumeurs montrent une pro- portion homogène de carcinomes non infiltrants dans les trois groupes (Tableau 4). En référence à la taille de la tumeur (T0–T1), les résultats mettent en évidence 50 % de

tumeurs≤2 cm pour la grappe 2, 42 % pour la grappe 1 et 27 % pour la grappe 3. Quant aux pourcentages d’absence d’atteinte ganglionnaire (N0), ceux-ci vontdecrescendode la grappe 2 à la grappe 3. Relativement aux indications de tumorectomie (ablation de la tumeur), le groupe 1 présente le pourcentage le plus élevé des trois grappes, soit 67 % pour 37 % en grappe 3. Le pourcentage d’indication de mastecto- mie (ablation du sein) est de l’ordre de 33 % en grappe 1, de 36 % en grappe 2 et de 18 % en grappe 3. Pour cette dernière grappe, on adjoint le pourcentage le plus élevé de double indication opératoire (27 %)

Tableau 2 Résultats des analyses de variance se rapportant aux variables du stress (PSS14) en fonction des regroupements en grappe Grappe 1

(n= 12)

Grappe 2 (n= 22)

Grappe 3 (n= 11)

F Différences entre les groupes (NK)c

Stress moyen 1,83 1,52 2,55 41,17b 2 < 1 < 3

# Énoncés du stress

14 Avez-vous trouvé que les difficultés saccumulaient à tel point que vous ne pouviez plus les contrôler ? (S)

1,75 0,86 3,18 22,75b 2 < 1 < 3

06 Vous êtes-vous sentie confiante dans vos capacités à prendre en main vos problèmes personnels ? (C)

3,25 3,14 1,91 12,98b 3 < 1 = 2

10 Avez-vous senti que vous dominiez la situation ? (S) 2,33 2,68 1,10 11,51b 3 < 1 = 2 07 Avez-vous senti que les choses allaient comme vous

le vouliez ? (C)

2,17 2,57 1,36 10,11b 3 < 1 = 2

05 Avez-vous senti que vous faisiez face efficacement aux changements importants qui surviennent dans votre vie ? (C)

2,92 2,82 1,82 9,50b 3 < 1 = 2

11 Vous êtes-vous sentie irritée parce que les choses échappaient à votre contrôle ? (S)

2,25 1,45 2,90 9,12b 2 < 1 = 3

03 Vous êtes-vous sentie nerveuse et stressée ? (S) 3,03 2,45 3,64 7,28b 2 < 3 02 Vous a-t-il semblé difficile de contrôler les choses

importantes de votre vie ? (S)

2,42 1,90 3,09 7,09b 1 = 2 < 3

08 Avez-vous pensé que vous ne pouviez pas assumer toutes les choses que vous deviez faire ? (S)

2,00 2,00 3,09 6,51b 1 = 2 < 3

09 Avez-vous été capable de maîtriser votre énervement ? (C)

2,58 2,68 1,73 4,95a 3 < 1 = 2

13 Avez-vous été capable de contrôler la façon dont vous passiez votre temps ? (C)

2,50 3,15 2,45 3,98a 2 > 1 = 3

01 Avez-vous été dérangée par un événement inattendu ? (S)

1,83 1,52 2,40 2,79 1 = 2 = 3

04 Avez-vous affronté avec succès les petits ennuis quotidiens ? (C)

2,75 2,81 2,55 0,52 1 = 2 = 3

12 Vous êtes-vous surprise à penser à des choses que vous deviez faire ? (S)

2,75 2,76 2,45 0,23 1 = 2 = 3

S : Stress ; C : contrôle.

ap < .05

bp < .01

cNK = NewmanKEULS

(9)

Analyse descriptive des profils psychosociaux

Cette troisième section clôt la présentation des résultats et examine les indices descriptifs au regard de l’autoefficacité généralisée, du LOC et du soutien social perçu qui séparent davantage les trois regroupements abordés précédemment, et ce, à l’aide d’analyses de variance univariées (Anova). Le Tableau 5 intègre uniquement les variables significatives associées aux trois construits, ce qui permet d’observer d’emblée leurs variations en fonction des trois grappes à l’étude.

L’indice global moyen de l’autoefficacité généralisée indique une moyenne de 2,45, 2,83 et 2,97 respectivement pour les grappes 3, 1 et 2. Ces résultats confirment que les groupes se distinguent entre eux. Ainsi, la confiance globale que portent les femmes en leur capacité à organiser et à exé- cuter les actions requises pour faire face à toute sorte de situations stressantes vadecrescendodu groupe 3 au groupe 2. Le profil cognitif des femmes du groupe 2 révèle une croyance en des compétences basées sur l’anticipation et la prévision de résultats pour diminuer la menace du cancer (#10), une faculté à imaginer des scénarios positifs et à Tableau 3 Analyse descriptive des variables sociodémographiques en fonction des regroupements en grappe (n= 45)

Grappe 1 (n= 12)

Grappe 2 (n= 22)

Grappe 3 (n= 11)

F Différence entre les groupes (NK)

Âge moyen 55,17 52,50 49,91 0,737 3 < 2 < 1

Nombre de femmes Pourcentage

Variables sociodémographiques Grappe 1 (n= 12)

Grappe 2 (n= 22)

Grappe 3 (n= 11)

Grappe 1 Grappe 2 Grappe 3

Niveau détudes

(ou > au baccalauréat)

Pas de diplôme 0 1 1

Certificat détudes 3 1 3

BEPC 4 1 1

CAP/BEP 3 3 1

Baccalauréat 0 8 3

Total 10 14 9 83 64 82

Deug/École normale 1 1 0

Licence/maîtrise/doctorat 1 4 2

Pas de réponse 3

Total 2 8 2 17 36 18

Situation sociale

Mariée 11 18 7 92 82 64

Célibataire 1 2 1

Séparée 0 2 0 8 18 36

Veuve 0 0 3

Profession

Sans emploi 2 1 3 17 5 27

Mère au foyer 0 0 1

Femme de ménage 1 0 0

Agent administratif 4 6 4

Total 5 6 5 42 27 46

Secrétaire 1 4 1

Comptable 2 0 0

Enseignante 0 5 1

Total 3 9 2 25 41 18

Fonction de direction 1 2 0 8 9 0

Retraitée 1 2 1 8 9 9

Pas de réponse 2 9

(10)

prendre des initiatives pour atteindre le but escompté (#02) et l’aptitude à rechercher de l’information afin de gérer l’ad- versité (#04).A contrario, les femmes des deux autres grou- pes, et notamment celles du groupe 3, apparaissent plus démunies face aux imprévus de la vie. Leur faible sentiment d’efficacité dénote l’aptitude à élaborer plutôt des scénarios négatifs, donc un doute quant aux résultats attendus avec corollaire un manque d’anticipation.

Quant à l’indice global moyen du LOC, il montre une moyenne globale de 2,44, 2,58 et 2,49 pour les types 1, 2 et 3. Les résultats de l’analyse de variance indiquent toutefois que les trois grappes ne se distinguent pas entre elles. Afin de nuan- cer ces résultats, les analyses qui suivent abordent davantage les variations au niveau des énoncés du questionnaire. L’ana- lyse de variance signale des effets favorables aux deux pre- miers groupes pour l’item #04 et aux types 1 et 3 pour l’énoncé #11. L’item #04 réfère aux événements ultérieurs qui dépendent du médecin, et l’item #11 à l’origine de la mala- die que les femmes interprètent comme étant associé aux

déconvenues et mécomptes passés. Ainsi, les grappes 1 et 2 ont une croyance généralisée dans le fait que les événements ultérieurs dépendent de l’action des experts de santé, croyance que ne partage pas la grappe 3. De même, les groupes 1 et 3 ont une attribution causale interne, tendance que ne dévoile pas la grappe 2. En somme, la grappe 2 a plutôt une perception qui s’oriente vers le rôle prépondérant du médecin, le groupe 1 perçoit favorablement l’influence de l’expertise médicale sur le cours de la maladie tout en ayant l’intime conviction que de tristes événements auraient contribué à la survenue de leur maladie. Le groupe 3, quant à lui, a une perception plus inté- riorisée et n’adhère pas à l’idée que le médecin puisse influen- cer le cours de la maladie et recherche, comme la grappe 1, des causes pouvant expliquer la survenue du cancer.

Enfin, l’examen de l’indice global moyen du soutien social indique une moyenne globale de 2,08, 2,12 et 2,07 pour les types 1, 2 et 3. Ces résultats confirment que les trois grappes ne se distinguent pas entre elles. Par ailleurs, les analyses de variance concernant les indices globaux Tableau 4 Analyse descriptive des variables oncologiques en fonction des regroupements en grappe (n= 45)

Nombre de femmes Pourcentage

Variables oncologiques Grappe 1 (n= 12)

Grappe 2 (n= 22)

Grappe 3 (n= 11)

Grappe 1 Grappe 2 Grappe 3

Nature cytopathologique Carcinome

Non infiltrant 11 22 11

Infiltrant 1 0 0

Intracanalaire 10 17 9

Lobulaire 2 4 1

Dg non indiqué 1 1

In situ 3 1 1

Non in situ 9 21 10

Classification TNM de lUICC

T0 1 0 0

T12 cm 4 11 3 42 50 27

T2 > 2 cm5 cm 6 9 6

T3 > 5 cm 1 2 2 58 50 73

N0 6 12 5 50 55 46

N1 (ganglions homolatéraux mobiles) 5 9 5 42 41 45

N2 (ganglions homolatéraux fixés) 1 1 1 8 4 9

M0 11 22 11 91 100 100

M1 (atteinte métastatique) 1 0 0 9

M2 0 0 0

Indications opératoires

Tumorectomie 8 10 4 67 46 37

Mastectomie 4 8 2 33 36 18

Tum/mast 0 4 3 0 18 27

Pas dindication 2 18

T : taille de la tumeur ; N : adénopathies régionales ; M : métastase ; Tum : tumorectomie ; mast : mastectomie.

(11)

associés aux différents groupes du réseau social mettent en évidence que deux des quatre variables discriminent les types. Ainsi, les femmes du groupe 1 privilégient davantage la famille immédiate, tandis que les deux autres grappes accordent une place prépondérante au voisinage et aux col- lègues de travail. Toutefois, l’analysea posterioriNewman- Keuls ne permet pas de conclure que ces différences entre les groupes sont probantes. Les résultats de l’analyse de variance concernant les énoncés révèlent que ce sont les items #03 et

#04 qui distinguent significativement les groupes. Ainsi, les femmes de la grappe 3 rapportent être plus admises dans la strate du voisinage que dans celle de leur famille proche, alors que cette situation s’inverse pour les femmes de la grappe 1, puisqu’elles sont d’abord admises auprès de la famille proche.

Quant aux femmes de la grappe 2, on relève un effet signifi-

catif à l’énoncé #04 se rapportant à la famille immédiate. Tou- tefois, la comparaisona posteriorine permet pas de confirmer un écart entre les trois groupes.

Discussion

Les résultats actuels fournissent des perspectives nouvelles sur les différents types de protection féminine ou la façon de penser des femmes associées à chacun d’eux dans le contexte d’un cancer du sein. En ce sens, le propre de la typologie est qu’elle décrit trois paradigmes centrés sur le rôle de la pensée en situation de cancer du sein à partir des rapports qu’entretiennent les caractéristiques qui recouvrent les activités de la cognition. De cette manière, il devient pos- sible de repérer les femmes qui se protègent du cancer de Tableau 5 Résultats des analyses de variance se révélant significatives aux variables de lautoefficacité généralisée, du lieu de contrôle du cancer et du soutien social en fonction des regroupements en grappe

Grappe 1 (n= 12)

Grappe 2 (n= 22)

Grappe 3 (n= 11)

F Différences entre les grappes1 Autoefficacité

Indice global moyen 2,83 2,97 2,45 5,58b 3 < 1 < 2

# Énoncés

10 Quoi quil arrive, je sais en général comment men sortir

2,92 3,10 2,45 5,20b 3 < 1 = 2

02 Si quelquun me fait obstacle, je trouve toujours des moyens pour obtenir ce que je veux

2,58 2,95 2,18 4,39a 2 > 1 > 3

04 Je sais que je peux maîtriser les événements imprévus de façon efficace

2,75 2,90 2,18 4,01a 3 < 1 = 2

Lieu de contrôle du cancer

Indice global moyen 2,44 2,58 2,49 0,55 1 = 2 = 3

# Énoncés

04 Mon docteur peut certainement influencer le cours de ma maladie

3,33 3,14 2,27 6,75b 3 < 2 = 1

11 Des événements malheureux ou des déceptions dans mon passé ont contribué à la survenue de ma maladie

3,00 2,38 3,27 3,64a 3 > 1 > 2

Le soutien social

Indice global moyen 2,08 2,12 2,07 0,02 1 = 2 = 3

Famille proche (global) 7,92 5,00 4,91 3,77a 3 = 2 < 1

Voisinage (global) 1,17 3,82 3,82 3,43a 3 = 2 > 1

# Énoncés

03 Qui vous accepte telle que vous êtes, cest-à-dire avec vos bons et vos mauvais côtés ?

Voisinage 0,08 0,64 0,91 3,84a 3 > 2 >1

Famille proche 1,42 1,14 0,73 2,93a 1 > 2 > 3

04 Sur qui pouvez-vous réellement compter pour soccuper de vous quoi quil arrive ?

Famille proche 1,50 0,95 1,00 3,19a 1 > 3 > 2

ap < .05

bp < .01

(12)

celles qui rencontrent des difficultés. La série d’analyses réa- lisées a dégagé trois regroupements sur la base des construits majeurs de l’étude c’est-à-dire le SOC et la représentation du stress. Elle met en évidence :

une protection dite inopérante ;

une protection qualifiée de mixte1;

une protection nommée opérante (Tableau 6).

Les aspects protecteurs et non protecteurs des profils sociodémographiques et oncologiques des types de protection féminine

L’examen des ressemblances et des dissemblances des caracté- ristiques sociodémographiques et oncologiques entre les types de protection permet de formuler les observations suivantes.

Le contraste le plus important est attaché à la variable âge.

Les types se différencient en fonction de l’âge moyen, le type 1 étant le plus âgé et le type 3 le plus jeune. Les femmes

jeunes du type 3 rapportent un haut degré de stress négocié par des ruminations anxieuses concentrées sur le caractère menaçant du cancer du sein, et les femmes plus âgées de la grappe 1 expriment un faible degré de stress. Ces résultats corroborent ceux de la littérature [34]. Toutefois, ils les nuancent sur un point. La cessation de l’hostilité revêt, dans notre étude, un caractère non protecteur et est un des signes majeurs de non-protection. Relativement au lien entre métier et protection, nos résultats appuient ceux de la littéra- ture [13]. Les femmes peu diplômées du type 3 présentent une protection inopérante centrée sur l’émotion.

Au titre des dissemblances oncologiques, une différence est constatée entre le type 3 et le type 2 sous l’angle de la sévérité du cancer. Le type 2 présente le pourcentage le plus élevé de petites tumeurs et d’absence d’atteinte ganglion- naire, tandis que le type 3 révèle le pourcentage le plus bas de petites tumeurs et d’absence d’atteinte ganglionnaire.

Les aspects protecteurs et non protecteurs des styles cognitifs des types de protection féminine

Au titre des différences, un certain éloignement est observé dans la constitution des styles cognitifs entre le type 2 et les types 3 et 1. Ce qui différencie le style cognitif de ces deux Tableau 6 Présentation synthétique des types de femmes en fonction de leurs caractéristiques sociodémographiques, oncologiques et de leurs styles et profils cognitifs

Type 1 Type 2 Type 3

Caractéristiques sociodémographiques et oncologiques

Âges > 55 ans 52 ans < 50 ans

Situation familiale Mariées Mariées Mariées (prédominance de

femmes célibataires, séparées et veuves)

Métiers diplômants 33 % 50 % < 20 %

T1 (Tumeurs2 cm) % moyen % le plus élevé % le plus bas

N0 (Absence datteinte ganglionnaire)

% moyen % le plus élevé % le plus bas

Tumorectomie % élevé % moyen % le plus bas

Mastectomie % moyen % le plus élevé % le plus bas

Tum et mas absence % le plus bas % le plus élevé

Styles cognitifs

Non protecteur Protecteur Non protecteur

SOC/stress SOC faible/stress faible (neutralisation de la tension)

SOC fort/stress faible SOC faible/stress fort Profils cognitifs

AE/LOC/SS AE moyenne AE élévée AE basse

LOC = at causale LOC = évol de la maladie LOC = at causale

SS = famille SS = voisinage SS = voisinage

Tum : tumorectomie ; mas : mastectomie ; SOC : sens de la cohérence ; stress : stress perçu ; AE : autoefficacité généralisée ; LOC : lieu de contrôle du cancer ; at causale : attribution causale interne ; évol de la maladie : évolution ultérieure de la maladie ; SS : soutien social perçu.

1Une protection dite mixte produit deux effets. Dans cet article, nous ne décrivons que le premier effet, parce qu’il se produit lors des activités stressantes de la vie quotidienne, et de ce fait a été mesuré par la PSS14. Le second effet, révélé par l’analyse qualitative de la recherche, n’est pas décrit dans cet article.

(13)

derniers types est qu’il combine un SOC faible avec un stress fort ou faible, alors que le type 2 associe un SOC fort et un stress faible.

Une seconde différence est observée entre ces styles. Ce qui les distingue, cette fois-ci, est le jugement porté sur les aspects menaçants de la réalité. Le contraste majeur est atta- ché aux styles cognitifs inopérants des types 1 et 3. Les fem- mes concernées ont une tendance à évaluer confusément les événements menaçants. Ce trouble du raisonnement conclut à la difficulté momentanée de ne pouvoir modifier l’aspect menaçant de la situation et de contrôler l’événement. Ce jugement, fondé sur le caractère dangereux du problème, conduit vers un pôle de vulnérabilité.A contrario, les fem- mes au style cognitif opérant du type 2 ont une disposition à juger clairement les événements inopinés. Leur discerne- ment les engage à contrôler le problème et à le gérer d’une façon proactive. Ces résultats mettent en évidence les fortes relations négatives entre le SOC et la perception du stress et le désespoir et appuient la littérature [15]. En somme, plus le SOC est fort, plus le niveau des symptômes de détresse est bas [15].

Une troisième différence est constatée entre les styles cognitifs. Ce qui éloigne les femmes, cette fois, c’est le contrôle ou la perte de contrôle des situations aversives.

Les femmes au style cognitif inopérant sont incohérentes du fait de leur SOC faible. Leur trouble rend la situation inintelligible et incontrôlable à proportion de leur déficit de ressources généralisées de résistance (GRRs). Les femmes au style cognitif opérant, à l’inverse, sont cohérentes suivant l’importance de leurs GRRs. Elles sont plus à même de com- prendre la situation stressante et d’y faire face avec succès d’autant qu’elles la jugent stimulante. En somme, une femme cohérente définit le stimulus comme non stressant et est disposée à faire front au problème, alors qu’une femme incohérente le définit comme stressant et a des diffi- cultés à l’affronter.

Les aspects protecteurs et non protecteurs des profils cognitifs des types de protection féminine

Au titre des dissemblances, un certain éloignement est observé entre le type 2 et les types 3 et 1. Ce qui différencie le profil cognitif opérant du type 2 est qu’il combine un style cognitif opérant à une haute autoefficacité et un LOC centré sur l’évolution de la maladie. Alors que les profils cognitifs inopérants des types 3 et 1 associent un style cognitif inopé- rant à un LOC centré sur la recherche des causes à une basse autoefficacité pour le premier type, et à une moyenne auto- efficacité pour second. En somme, ce qui différencie les types inopérants 3 et 1 c’est le gradient (bas ou moyen) de l’efficacité personnelle. De plus, le contraste le plus impor- tant concerne la teneur des opérations psychosociales entre le type 2 et les types 3 et 1. Le premier s’autodétermine,

nourrit la croyance de pouvoir accomplir avec succès un ensemble de tâches et contrôler l’évolution de la maladie.

Les seconds montrent une indétermination à se prendre en main et ont la conviction d’être peu compétents et de ne pouvoir contrôler le cours de la maladie. Ces résultats mon- trent le lien entre le SOC et des facteurs de santé mentale comme l’autoefficacité, le lieu de contrôle et la maîtrise et rejoignent ceux d’autres chercheurs [15]. Tout comme ils corroborent les liens entre un LOC centré sur l’évolution de la maladie et un comportement de santé, d’une part, et les liens entre une attribution causale interne et plus de perte de contrôle [37]. Finalement, il est possible d’avancer qu’un style cognitif faible prédit un profil cognitif faible qui, loin de mettre les femmes à l’abri des dangers du cancer, les y expose grandement.

Au titre des ressemblances, l’ensemble des femmes expri- ment leur souhait d’être acceptées telles qu’elles sont. Elles sont cependant différentes dans le recours au réseau de réfé- rence susceptible d’offrir cette acceptation. Ainsi, les fem- mes des types 2 et 3 privilégient le voisinage et les collègues de travail, les femmes du type 1, la famille proche. Ces résul- tats appuient les recherches qui ont documenté que face au cancer le soutien des proches et des amis a une valeur ines- timable et qu’il est l’appui le plus important [21].

Conclusion

Le repérage des styles cognitifs non protecteurs en amont d’un éventuel diagnostic représente un intérêt majeur pour le dépistage et la prévention des problématiques protectrices du cancer du sein. Les femmes de 50 à 74 ans pourraient être invitées, au cours des campagnes de dépistage organisées chaque année dans le courant du mois d’octobre en France, à remplir le questionnaire de la présente étude. Ce moyen peu coûteux et facile à mettre enœuvre garantirait un accès égal au dépistage sur l’ensemble du territoire et ferait béné- ficier chaque femme de la même garantie de qualité et d’ac- compagnement. En cas de diagnostic avéré, les professionnels de santé, et notamment les médecins, seraient plus à même de prendre en compte les femmes dans leur globalité et de poser un diagnostic de protection.

Conflit d’intérêt :l’auteur déclare ne pas avoir de conflit d’intérêt.

Références

1. Antonovsky A (1982) Health, stress and coping. Jossey-Bass Publishers, Washington, pp 182–97

2. Antonovsky A (1990) Personality and health: testing the sense of coherence model. In: Antonovsky A (dir), Friedman S (eds) Per- sonality and Disease Howard. John Wiley and Sons, New York, pp 155–77

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