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Exercice 3 : ´ Etudes d’une fonction et d’une suite r´ ecurrente

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

L.E.G.T.A. Le Chesnoy TB1−2011-2012

D. Blotti`ere Math´ematiques

Correction du concours blanc

Exercice 1 : ´ Etudes de syst` emes lin´ eaires ` a param` etres

1. On consid`ere le syst`eme lin´eaire

(S) :

x2 − x3 = y1 x1 + x3 = y2

−x1 + x2 = y3

d’inconnue

 x1 x2 x3

∈R3, o`u

 y1 y2 y3

∈R3est un param`etre.

1.1. Montrer que le syst`eme (S) est de Cramer.

1.2. Que peut-on en d´eduire quant `a son ensemble solutionSolS? 1.3. R´esoudre le syst`eme lin´eaire (S).

2. Pour toutλ∈R, on introduit le syst`eme lin´eaire

(Sλ) :

λ x1 + x2 − x3 = 0 x1 + λ x2 + x3 = 0

−x1 + x2 + λ x3 = 0

d’inconnues

 x1

x2

x3

∈R3.

2.1. R´esoudre le syst`eme (Sλ) lorsqueλ= 2.

2.2. R´esoudre le syst`eme (Sλ) lorsqueλ=−1.

2.3. D´eterminer l’ensembleU ={λ∈R : (Sλ) est de Cramer}.

2.4. Soitλ∈ U. D´eterminer l’ensembleSolSλ sans effectuer de calcul suppl´ementaire.

Correction

1.1. Le syst`eme (S) poss`ede 3 ´equations et 3 inconnues. Il est donc de Cramer si et seulement si son rang est 3. On calcule le rang de (S), en l’´echelonnant `a l’aide de l’algorithme du pivot de Gauß.

(S) ⇐⇒

x1 + x3 = y2 (L1↔L2) x2 − x3 = y1

−x1 + x2 = y3

⇐⇒

x1 + x3 = y2

x2 − x3 = y1

x2 + x3 = y2+y3 (L3←L3+L1)

⇐⇒

x1 + x3 = y2

x2 − x3 = y1

2x3 = −y1+y2+y3 (L3←L3−L2)

Ce dernier syst`eme, not´e (S0), est ´echelonn´e. On lit son rang : 3. Comme il est ´equivalent `a (S), le rang de (S) est lui aussi 3. On en d´eduit que (S) est de Cramer.

1.2. Un syst`eme de Cramer poss`ede une unique solution. Par suite, SolS poss`ede un unique ´el´ement ; c’est un singleton.

(2)

1.3. On a vu en 1.1. que (S) et

(S0) :

x1 + x3 = y2 (L1)

x2 − x3 = y1 (L2) 2x3 = −y1+y2+y3 (L3) sont ´equivalents. Ils ont donc mˆeme ensemble solution.

De (L3), on d´eduit :

x3=−1 2y1+1

2y2+1 2y3. Alors de (L2), on d´eduit :

x2=y1+x3=1 2y1+1

2y2+1 2y3. Enfin de (L1), on d´eduit :

x1=−x3+y2=1 2y1+1

2y2−1 2y3. L’ensemble solution de (S) est donc :

SolS=

















 1

2y1 + 1

2y2 − 1 2y3

1

2y1 + 1

2y2 + 1 2y3

−1

2y1 + 1

2y2 + 1 2y3

















 .

2.1. Le syst`eme (S2) (i.e. (Sλ) pourλ= 2) s’´ecrit :

(S2) :

2x1 + x2 − x3 = 0 x1 + 2x2 + x3 = 0

−x1 + x2 + 2x3 = 0 On le r´esout grˆace `a l’algorithme du pivot de Gauß.

(S2) ⇐⇒

x1 + 2x2 + x3 = 0 (L1↔L2) 2x1 + x2 − x3 = 0

−x1 + x2 + 2x3 = 0

⇐⇒

x1 + 2x2 + x3 = 0

−3x2 − 3x3 = 0 (L2←L2−2L1) 3x2 + 3x3 = 0 (L3←L3+L1)

⇐⇒

x1 + 2x2 + x3 = 0

−3x2 − 3x3 = 0

0 = 0 (L3←L3+L2)

Le syst`eme (S2) est de rang 2 et il poss`ede 3 inconnues. On choisit 1 param`etre :x3. De (L2) on d´eduit :

x2=−x3. Puis, de (L1) on d´eduit :

x1=−2x2−x3=x3. L’ensemble solution de (S2) est donc :

SolS2 =

 x3

−x3

x3

 : x3∈R

 .

2.2. Le syst`eme (S−1) (i.e. (Sλ) pourλ=−1) s’´ecrit :

(S−1) :

−x1 + x2 − x3 = 0 x1 − x2 + x3 = 0

−x + x − x = 0 .

(3)

On a :

(S−1) ⇐⇒

−x1 + x2 − x3 = 0

0 = 0 (L2←L2+L1) 0 = 0 (L3←L3−L1)

.

Le syst`eme (S−1) est de rang 1 et il poss`ede 3 inconnues. On choisit 2 param`etres :x2 etx3. De (L1) on d´eduit :

x1=x2−x3. L’ensemble solution de (S−1) est donc :

SolS−1 =

x2−x3 x2 x3

 : x2, x3∈R

 .

2.3. Remarque : D’apr`es les questions 2.1. et 2.2., on sait que le syst`eme (Sλ) n’est pas de Cramer pour λ= 2etλ=−1. En effet dans ces deux cas, l’ensemble solution de(Sλ)est infini. De ces deux questions, on peut donc d´eduire que−1∈ U/ et2∈ U/ , soit

U ⊂R\ {−1,2}.

Soitλ∈R. Le syst`eme (Sλ) poss`ede 3 ´equations et 3 inconnues. Il est donc de Cramer si et seulement si son rang est 3. On calcule le rang de (Sλ), en l’´echelonnant `a l’aide de l’algorithme du pivot de Gauß.

(Sλ) ⇐⇒

λx1 + x2 − x3 = 0 x1 + λx2 + x3 = 0

−x1 + x2 + λx3 = 0

⇐⇒

x1 + λx2 + x3 = 0 (L1↔L2) λx1 + x2 − x3 = 0

−x1 + x2 + λx3 = 0

⇐⇒

x1 + λx2 + x3 = 0

(1−λ2)x2 + (−1−λ)x3 = 0 (L2←L2−λL1) (1 +λ)x2 + (1 +λ)x3 = 0 (L3←L3+L1)

⇐⇒

x1 + x3 + λx2 = 0

(−1−λ)x3 + (1−λ2)x2 = 0 (´echange de la place dex2 etx3) (1 +λ)x3 + (1 +λ)x2 = 0

⇐⇒





x1 + x3 + λx2 = 0

(−1−λ) x3 + (1−λ2)x2 = 0

(−λ2+λ+ 2) x2 = 0 (L3←L3+L2)

On en d´eduit que le syst`eme (Sλ) est de Cramer si et seulement si

−1−λ6= 0 et −λ2+λ+ 26= 0 soit si λ6=−1 etλ6= 2. On en d´eduit que :U =R\ {−1,2}.

2.4. Soit λ ∈ U. Le syst`eme (Sλ) est donc de Cramer, par d´efinition de U. Il poss`ede donc une unique solution. Comme il est de plus homog`ene, cette solution est

 0 0 0

. On a donc :

SolSλ =

 0 0 0

 .

(4)

Exercice 2 : Probabilit´ es et suites

Une urne contient 5 jetons indiscernables au toucher, dont 2 verts et 3 blancs. On effectue des tirages successifs de jetons de l’urne de la fa¸con suivante.

– Si l’on obtient un jeton blanc, ce jeton est remis dans l’urne avant de proc´eder au tirage suivant.

– Si l’on obtient un jeton vert, ce jeton est remplac´e dans l’urne par un jeton blanc, avant que l’on ne proc`ede au tirage suivant.

– Lorsque deux jetons verts ont ´et´e tir´es, on s’arrˆete.

On appelle phase la double op´eration qui consiste `a tirer un jeton puis `a le remettre ou `a le remplacer dans l’urne.

1. Les trois premi`eres phases

Pour toutn∈N, on introduit les ´ev´enements :

Bn = on a tir´e un jeton blanc lors de lan-i`eme phase; Vn = on a tir´e un jeton vert lors de lan-i`eme phase. 1.1. CalculerP(B1) etP(V1).

1.2. Montrer que :

P(B2) =3

5P(B1) +4

5P(V1) et P(V2) =2

5P(B1) +1 5P(V1).

En d´eduire les valeurs deP(B2) et de P(V2).

1.3. Justifier que :

P(B3 ∪ V3)<1.

2. ´Evolution de la composition de l’urne Pour toutn∈N, on introduit les ´ev´enements :

Dn = `a la fin de lan-i`eme phase, l’urne contient deux jetons verts; Un = `a la fin de lan-i`eme phase, l’urne contient un seul jeton vert; A≤n = le jeu s’arrˆete avant (au sens large) lan-i`eme phase

et on posedn=P(Dn) etun=P(Un).

2.1. Exprimer les ´ev´enementsD1et U1 `a l’aide d’´ev´enements pr´ec´edemment introduits, puis calculer les valeurs de d1 et deu1.

2.2. Exprimer les ´ev´enementsD2et U2 `a l’aide d’´ev´enements pr´ec´edemment introduits, puis calculer les valeurs de d2 et deu2.

2.3. Calculerdn pour toutn∈N.

2.4. Soitn∈N. Justifier que (Dn, Un, A≤n) est un syst`eme complet d’´ev´enements.

2.5. Montrer que pour toutn∈N :

un+1= 2 5dn+4

5un. 2.6. Pour toutn∈N, on pose :

vn=un+ 2 3

5 n

.

Montrer que la suite (vn)n∈N est g´eom´etrique de raison 4 5.

2.7. Donner une expression devn en fonction den, pour toutn∈N. 2.8. En d´eduire une expression deun en fonction den, pour toutn∈N. 3. Calcul de P(Bn)etP(Vn)pour tout n∈N

Soitnun entier naturel sup´erieur ou ´egal `a 2. Montrer que : P(Bn) = 3

5dn−1+4

5un−1 et P(Vn) =2

5dn−1+1 5un−1 et en d´eduire les valeurs deP(Bn) et deP(Vn).

4. Calcul de la probabilit´e que le jeu s’arrˆete Pour toutn∈N≥2, on introduit les ´ev´enements :

(5)

An = le jeu s’arrˆete `a lan-i`eme phase exactement; A = le jeu s’arrˆete.

4.1. Soitn∈N≥2.

4.1.1. Exprimer l’´ev´enementAn `a l’aide d’´ev´enements pr´ec´edemment introduits.

4.1.2. En d´eduire la valeur deP(An).

4.1.3. CalculerP(A≤n).

4.2. Justifier que pour toutn∈N≥2 :

P(A≤n)≤P(A).

et en d´eduire queP(A) = 1.

Correction

1.1. Le jetons ´etant indiscernables au toucher, ils ont tous la mˆeme probabilit´e d’ˆetre tir´es. On est donc en situation d’´equiprobabilit´e, d’o`u :

P(B1) = 3

5 et P(V1) = 2 5.

1.2. On effectue au moins une premi`ere phase, et lors de cette premi`ere phase, on a tir´e soit un jeton blanc, soit un jeton vert. Ainsi (B1, V1) est-il un syst`eme complet d’´ev´enements. D’apr`es la formule des probabilit´es totales relativement `a ce syst`eme complet d’´ev´enements, on a donc :

P(B2) =P(B2/B1)

| {z }

3/5

P(B1) +P(B2/V1)

| {z }

4/5

P(V1) et P(V2) =P(V2/B1)

| {z }

2/5

P(B1) +P(V2/V1)

| {z }

1/5

P(V1).

D’apr`es 1.1., on a donc : P(B2) = 3

5×3 5+4

5 ×2 5 = 17

25 et P(V2) = 2 5 ×3

5 +1 5×2

5 = 8 25. 1.3. On a l’´egalit´e d’´ev´enements :

B3 ∪ V3=on effectue au moins trois phases. Donc :

B3 ∪V3 = on effectue 1 ou 2 phase(s)

= on effectue exactement 2 phases (on ne peut pas effectuer une seule phase et s’arrˆeter)

= V1 ∩ V2. On en d´eduit que :

P(B3 ∪ V3) =P(V1 ∩ V2) =P(V2/V1)

| {z }

1/5

×P(V1)

| {z }

2/5

(formule des probabilit´es compos´ees)

et par suite que :

1−P(B3 ∪ V3) = 2 25. On en d´eduit que :

P(B3 ∪ V3) = 1− 2 25 =23

25 <1.

2.1. On a l’´egalit´e d’´ev´enements :

D1=B1 et U1=V1

d’o`u :

d1=P(D1) =P(B1) = 3

5 et u1=P(U1) =P(V1) = 2 5. d’apr`es 1.1..

(6)

2.2. On a l’´egalit´e d’´ev´enements :

D2=B1 ∩ B2 d’o`u :

d2 = P(D2)

= P(B1 ∩ B2)

= P(B2/B1)

| {z }

3/5

×P(B1)

| {z }

3/5

(formule des probabilit´es compos´ees).

Ainsi a-t-on :d2= 9 25. On a l’´egalit´e d’´ev´enements :

U2= (B1 ∩ V2) ∪ (V1 ∩ B2) d’o`u :

u2 = P(U2)

= P((B1 ∩ V2) ∪ (V1 ∩ B2))

= P(B1 ∩ V2) +P(V1 ∩ B2) (r´eunion disjointe)

= P(V2/B1)

| {z }

2/5

×P(B1)

| {z }

3/5

+P(B2/V1)

| {z }

4/5

×P(V1)

| {z }

2/5

(formule des probabilit´es compos´ees).

Ainsi a-t-on :u2=14 25.

2.3. Soitn∈N. On a l’´egalit´e d’´ev´enements :

Dn =B1 ∩ B2 ∩ B3 ∩ B4 ∩ . . . ∩ Bn

d’o`u :

dn = P(B1 ∩ B2 ∩ B3 ∩ . . . ∩ Bn)

= P(B1)

| {z }

3/5

×P(B2/B1)

| {z }

3/5

×P(B3/B2∩B1)

| {z }

3/5

×. . .×P(Bn/Bn−1∩. . .∩B1)

| {z }

3/5

| {z }

ntermes

formule des proba- bilit´es compos´ees

.

Ainsi a-t-on :dn= 3

5 n

.

Remarque : Ce r´esultat est coh´erent avec les valeurs de d1 etd2 trouv´ees pr´ec´edemment.

2.4. On fixen∈N.

Soit le jeu s’arrˆete avant (au sens large) la n-i`eme phase, soit le jeu continue apr`es (au sens strict) la n-i`eme phase. Dans ce dernier cas, `a la fin de lan-i`eme phase, l’urne contient soit une boule verte, soit deux boules vertes. On a donc :

A≤n ∩ Un ∩ Dn = Ω.

D’autre part les ´ev´enementsDn, Un, A≤n sont clairement deux `a deux disjoints.

En cons´equence, (Dn, Un, A≤n) est un syst`eme complet d’´ev´enements.

2.5. Soitn∈N. La formule des probabilit´es totales par rapport au syst`eme complet d’´ev´enements (Dn, Un, A≤n) donne :

(∗) P(Un+1)

| {z }

un+1

=P(Un+1/Dn)×P(Dn)

| {z }

dn

+P(Un+1/Un)×P(Un)

| {z }

un

+P(Un+1/A≤n)×P(A≤n).

On a clairementP(Un+1/Dn) = 2

5 et P(Un+1/Un) = 4 5.

D’autre part, si le jeu s’arrˆete avant (au sens large) la n-i`eme phase, alors il n’y a pas de (n+ 1)-i`eme phase. Par suite si le jeu s’arrˆete avant (au sens large) lan-i`eme phase, l’´ev´enementUn+1n’est pas r´ealis´e.

Par suite :P(Un+1/A≤n) = 0.

La formule (∗) se r´e´ecrit donc :

un+1=2 5dn+4

5un.

(7)

2.6. On doit montrer que pour toutn∈N :vn+1= 4 5vn. Soitn∈N.

vn+1 = un+1+ 2 3

5 n+1

(d´efinition devn+1)

= 2

5dn+4 5un+ 2

3 5

n+1

(d’apr`es 2.5.)

= 2

5 3

5 n

+4 5un+ 2

3 5

n+1

(d’apr`es 2.3.)

= 4

5un+2 5

3 5

n + 2

3 5

3 5

n

= 4

5un+ 2

5+ 2 3

5

| {z }

8/5

3 5

n

= 4

5

un+ 2 3

5 n

= 4

5vn (d´efinition devn) 2.7. La suite (vn)n∈N est g´eom´etrique de raison 4

5 et de premier terme :

v1 =

cf. d´efinition dev1 u1+ 2 3

5 1

=

cf. 2.1.

2 5 +6

5 = 8 5. Par suite, on a pour toutn∈N :

vn = 8 5

|{z}

45

4 5

n−1

= 2 4

5 n

2.8. Soitn∈N. On avn=un+ 2 3

5 n

et donc :

un =vn−2 3

5 n

=

cf. 2.7. 2 4

5 n

−2 3

5 n

= 2 4

5 n

− 3

5 n

. Remarque : Ce r´esultat est coh´erent avec les valeurs de u1 etu2 trouv´ees pr´ec´edemment.

3. Soitnun entier naturel sup´erieur ou ´egal `a 2. La formule des probabilit´es totales par rapport au syst`eme complet d’´ev´enements (Dn−1, Un−1, A≤n−1) donne :

(∗) P(Bn) =P(Bn/Dn−1)×P(Dn−1)

| {z }

dn−1

+P(Bn/Un−1)×P(Un−1)

| {z }

un−1

+P(Bn/A≤n−1)×P(A≤n−1).

On a clairementP(Bn/Dn−1) =3

5 et P(Bn/Un−1) =4 5.

D’autre part, si le jeu s’arrˆete avant (au sens large) la (n−1)-i`eme phase, alors il n’y a pas de n-i`eme phase. Par suite si le jeu s’arrˆete avant (au sens large) la (n−1)-i`eme phase, l’´ev´enement Bn n’est pas r´ealis´e. Par suite :P(Bn/A≤n−1) = 0.

La formule (∗) se r´e´ecrit donc :

P(Bn) =3

5dn−1+4 5un−1.

(8)

De cette ´egalit´e, de 2.3. et de 2.8., on d´eduit : P(Bn) = 3

5 3

5 n−1

+4 5 ×2

4 5

n−1

− 3

5 n−1!

= 3

5 3

5 n−1

+ 2 4

5 n

−8 5

3 5

n−1

= 2

4 5

n

− 3

5 n−1

.

De mˆeme, en appliquant la formule des probabilit´es totales relativement au syst`eme complet d’´ev´enements (Dn−1, Un−1, A≤n−1) pour exprimerP(Vn), on trouve :

P(Vn) =2

5dn−1+1 5un−1. Alors en utilisant `a nouveau 2.3. et de 2.8., on en tire :

P(Vn) = 2 5

3 5

n−1

+1 5×2

4 5

n−1

− 3

5 n−1!

= 2

5 3

5 n−1

+2 5

4 5

n−1

−2 5

3 5

n−1

= 2

5 4

5 n−1

.

4.1.1. Le jeu s’arrˆete exactement `a lan-i`eme phase si et seulement si `a la fin de la (n−1)-i`eme phase il y a un seul jeton vert dans l’urne et que l’on tire ce jeton vert lors de lan-i`eme phase. En d’autres termes, on a l’´egalit´e d’´ev´enements :

An=Un−1 ∩ Vn. 4.1.2. On a :

P(An) = P(Un−1 ∩ Vn) (d’apr`es 4.1.1.)

= P(Vn/Un−1)

| {z }

1/5

×P(Un−1)

| {z }

un−1

(formule des probabilit´es compos´ees)

= 1

5 ×2 4

5 n−1

− 3

5 n−1!

= 2

5 4

5 n−1

−2 5

3 5

n−1 .

4.1.3. On a l’´egalit´e d’´ev´enements

A≤n=A2 ∪ . . . ∪ An (le jeu ne peut pas s’arrˆeter `a la 1`erephase).

La r´eunion pr´ec´edente est disjointe (cf.exactement dans la d´efinition deAk pourk ∈J2, nK). On a donc :

(9)

P(A≤n) = P(A2) +P(A3) +. . .+P(An)

=

n

X

k=2

P(Ak)

=

n

X

k=2

2 5

4 5

k−1

−2 5

3 5

k−1

(cf. 4.1.2.).

= 2

5

n

X

k=2

4 5

k−1

−2 5

n

X

k=2

3 5

k−1

(lin´earit´e)

= 2

5

n−1

X

k0=1

4 5

k0

−2 5

n−1

X

k0=1

3 5

k0

(changement d’indicek0 =k−1)

= 2

5

n−1

X

k0=0

4 5

k0

−1

!

−2 5

n−1

X

k0=0

3 5

k0

−1

!

(relation de Chasles)

= 2

5

n−1

X

k0=0

4 5

k0

−2 5−2

5

n−1

X

k0=0

3 5

k0

+2 5

= 2

5 1−

4 5

n

1−4 5

−2 5

1− 3

5 n

1−3 5

(somme des termes cons´ecutifs d’une suite g´eom´etrique)

= 2

1− 4

5 n

1− 3

5 n

= 1−2 4

5 n

+ 3

5 n

4.2. Soitn∈N≥2. Si le jeu s’arrˆete avant (au sens large) la n-i`eme phase, alors le jeu s’arrˆete. On a donc A≤n⊂Aet par suite

P(A≤n)≤P(A) i.e.

(∗) 1−2

4 5

n +

3 5

n

≤P(A) d’apr`es 4.1.3..

Comme−1< 4

5 <1 et−1< 3

5 <1, on a : 4

5 n

n→+∞→ 0 et

3 5

n

n→+∞→ 0 et donc :

1−2 4

5 n

+ 3

5 n

n→+∞→ 1.

En passant `a la limite dans la relation dans (∗), il vient alors : 1≤P(A).

Or P(A) est la probabilit´e d’un ´ev´enement doncP(A)≤1.

Ainsi a-t-on prouv´e que 1≤P(A)≤1, soit :

P(A) = 1.

(10)

Exercice 3 : ´ Etudes d’une fonction et d’une suite r´ ecurrente

1. ´Etude de la fonction f:R→R; x7→

r 1 +x2

2 1.1. Montrer que la fonctionf est paire.

1.2. Etudier la limite ´´ eventuelle def en +∞.

1.3. Etudier la branche infinie de la courbe repr´´ esentative def dans un rep`ere du plan au voisinage de +∞.

1.4. Montrer que pour toutx, y∈R:

f(x)−f(y) = (x−y)×1 2

x+y r

1 +x2 2 +

r 1 +y2

2 .

1.5. En d´eduire quef est strictement croissante surR+ et que pour toutx, y∈[0,√ 2] :

|f(x)−f(y)| ≤

√2

2 |x−y|.

1.6. Dresser le tableau de variations def surR, en pr´ecisant les limites ´eventuelles aux bornes.

2. ´Etude de la suite (un)n∈N d´efinie par u0= 0 etun+1= r

1 + u2n

2 pour tout n∈N 2.1. Montrer que pour toutn∈N:

0≤un≤√ 2.

2.2. Montrer que la suite (un)n∈Nest croissante.

2.3. Montrer que la suite (un)n∈Nest convergente.

2.4. D´eterminer la limite de la suite (un)n∈N.

3. Estimation de la vitesse de convergence de la suite (un)n∈N 3.1. Montrer que pour toutn∈N:

|un+1−√ 2| ≤

√2

2 |un−√ 2|.

3.2. En d´eduire que pour tout n∈N:

|un−√ 2| ≤√

2 √2

2

!n .

3.3. Red´emontrer les r´esultats 2.3. et 2.4. `a l’aide de la question pr´ec´edente.

3.4. D´eterminer un entiern∈Ntel que :

|un−√

2| ≤10−6.

Correction

1.1. On commence par remarquer queRest sym´etrique par rapport `a 0.

Soitx∈R.

f(−x) = r

1 +(−x)2

2 =

r 1 + x2

2 =f(x).

La fonctionf est donc paire.

1.2. On a : 1 + x2

2 →

x→+∞+∞ (op´eration sur les limites)

X →

X→+∞+∞ (limite usuelle)





compos´ee

=⇒

de limites f(x) = r

1 +x2

2 →

x→+∞+∞.

(11)

1.3. On commence par ´etudier la limite ´eventuelle de f(x)

x quand x tend vers +∞. On est en pr´esence d’une forme ind´etermin´ee.

Soitx∈]0,+∞[ (on s’int´eresse au comportement def dans un voisinage de +∞).

f(x)

x =

r 1 +x2

2 x

= s

x2 1

x2 +1 2

x

=

√ x2

r1 x2 +1

2 x

sia, b∈R+,√ ab=√

a√ b

= x

r1 x2 +1

2 x

x2=|x|=xcarxest positif

= r 1

x2 +1 2. On peut alors conclure cette premi`ere ´etude :

1 x2 +1

2 →

x→+∞

1

2 (op´eration sur les limites)

√X →

X→12

r1 2 =

√2 2

continuit´e de√ en 1 2









compos´ee

=⇒

de limites

f(x) x =

r1 x2 +1

2 →

x→+∞

√2 2 .

On poursuit en ´etudiant la limite ´eventuelle def(x)−

√ 2

2 xquandxtend vers +∞. `A nouveau, on est en pr´esence d’une forme ind´etermin´ee.

Soitx∈]0,+∞[.

f(x)−

√2 2 x =

r 1 +x2

2 −

√2 2 x

= r

1 + x2 2 −

√ 2 2 x

! r 1 + x2

2 +

√ 2 2 x

!

r 1 + x2

2 +

√ 2 2 x

(quantit´e conjugu´ee)

=

1 +x2 2 −1

2x2 r

1 + x2 2 +

√2 2 x

(3`emeidentit´e remarquable)

= 1

r 1 + x2

2 +

√2 2 x

Il reste `a d´eterminer la limite ´eventuelle du d´enominateurD(x) de la pr´ec´edente fraction, i.e. de D(x) =

r 1 +x2

2 +

√ 2

2 x=f(x) +

√ 2 2 x quand xtend vers +∞.

Def(x) →

x→+∞+∞(cf. 1.2.) et

√2

2 x →

x→+∞+∞on d´eduit que :

(12)

Par op´erations sur les limites on a donc : f(x)−

√2

2 x →

x→+∞0.

Conclusion : Un rep`ere du plan ´etant fix´e, la courbe repr´esentative de f admet pour asymptote oblique la droite d’´equationy=

√2

2 xen +∞.

1.4. Soientx, y∈R. f(x)−f(y) =

r 1 + x2

2 − r

1 +y2 2

= r

1 +x2 2 −

r 1 + y2

2

! r 1 + x2

2 + r

1 + y2 2

! r

1 + x2 2 +

r 1 +y2

2

(quantit´e conjugu´ee)

=

1 +x2 2 −

1 +y2

2 r

1 +x2 2 +

r 1 +y2

2

(3`emeidentit´e remarquable)

=

1

2(x2−y2) r

1 +x2 2 +

r 1 +y2

2

= 1

2(x−y)(x+y) r

1 +x2 2 +

r 1 +y2

2

(3`emeidentit´e remarquable)

= (x−y)×1 2

x+y r

1 + x2 2 +

r 1 + y2

2 .

1.5. Montrons tout d’abord quef est strictement croissante surR+. Soient x, y∈R+ tels quex < y. On a alors :

x−y <0 et x+y >0

la derni`ere in´egalit´e d´ecoulant du fait quex≥0 et quey >0 (car 0≤x < y).

De plus, comme une racine carr´ee non nulle est strictement positive, on a : r

1 + x2

2 >0 et r

1 + y2 2 >0.

De 1.4. et des signes d´etermin´es ci-dessus, on d´eduit que : f(x)−f(y)<0.

On a doncf(x)< f(y).

La fonctionf est donc strictement croissante surR+. Montrons `a pr´esent que pour tout x, y∈[0,√

2],|f(x)−f(y)| ≤

√2

2 |x−y|.

Soient x, y∈ [0,√

2]. D’apr`es 1.4., la multiplicativit´e de la valeur absolue et le fait que le nombre 1 2 et qu’une racine carr´ee soient positifs, on a :

(∗) |f(x)−f(y)|=|x−y| ×1

2 × |x+y|

r 1 + x2

+ r

1 + y2

(13)

Par hypoth`ese :

0≤x≤√

2 et 0≤y≤√

2.

En sommant ces deux in´egalit´es membre `a membre, on obtient : 0≤x+y≤2√

2.

Donc :

(∗∗) |x+y| =

x+y≥0 x+y≤2√ 2.

La fonctionf est (strictement) croissante surf. Donc de 0≤x≤√

2, on d´eduit : 1 =f(0)≤f(x) =

r 1 + x2

2 ≤f(√ 2) =√

2.

De mˆeme, on montre que :

1≤ r

1 + y2 2 ≤√

2.

En sommant les deux pr´ec´edentes in´egalit´es membre `a membre, on obtient alors : 2≤

r 1 +x2

2 + r

1 +y2 2 ≤2√

2.

La fonction inverse ´etant d´ecroissante (strictement) surR+∗, on en d´eduit :

(∗ ∗ ∗) 1

2√ 2 =

√2

4 ≤ 1

r 1 +x2

2 + r

1 + y2 2

≤ 1 2.

Mais alors en multipliant membre `a membre les in´egalit´es (∗∗) et (∗ ∗ ∗) qui ne mettent en jeu que des nombres positifs, on a :

0≤ |x+y|

r 1 + x2

2 + r

1 + y2 2

≤√ 2.

Enfin, en mutipliant chacun des membres de la pr´ec´edente in´egalit´e par 1

2|x−y| ≥0, on obtient :

|x−y| × 1

2× |x+y|

r 1 +x2

2 + r

1 +y2 2

| {z }

=|f(x)−f(y)| d’apr`es (∗)

√ 2 2 |x−y|

ce qui ach`eve la preuve de l’in´egalit´e demand´ee.

1.6. La fonctionf est strictement croissante surR+ et paire donc elle est strictement d´ecroissante surR. Comme f(x) tend vers +∞quand xtend vers +∞ et commef est paire,f(x) tend vers +∞quand x tend vers−∞.

On a donc le tableau suivant.

x −∞ 0 +∞

−∞ +∞

Variations def

& %

1

(14)

2.1. Montrons par r´ecurrence que pour tout n∈N: 0≤un≤√ 2.

Pour toutn∈N, on pose

Pn : 0≤un≤√ 2.

• Initialisation

La proposition P0 s’´ecrit 0≤0≤√

2.Elle est donc vraie.

• H´er´edit´e

Supposons la propri´et´ePn vraie pour un entiern∈Nfix´e, i.e. : 0≤un≤√

2 et montrons que Pn+1 est vraie, i.e. que :

0≤un+1

| {z }

f(un)

≤√ 2.

D’apr`es 1.5., la fonctionf est (strictement) croissante surR+. Donc : 0≤un ≤√

2 =⇒ f(0)

|{z}

=1≥0

≤f(un)

| {z }

un+1

≤f(√ 2)

| {z }

2

.

Par transitivit´e de la relation d’ordre, on a donc : 0≤un+1≤√

2.

• Conclusion

De l’initialisation au rang 0, de l’h´er´edit´e et de l’axiome de r´ecurrence, on d´eduit que :

∀n∈N, 0≤un≤√ 2.

2.2. Par d´efinition, la suite (un)n∈N est croissante si et seulement si :

∀n∈N, un≤un+1. Montrons cette propri´et´e par r´ecurrence.

Pour toutn∈N, on pose

Pn : un≤un+1.

• Initialisation

La proposition P0 s’´ecritu0≤u1.Commeu0= 0 etu1=f(u0) =f(0) = 1, la propri´et´eP0 est vraie.

• H´er´edit´e

Supposons la propri´et´ePn vraie pour un entiern∈Nfix´e, i.e. : un≤un+1 et montrons que Pn+1 est vraie, i.e. que :

un+1

| {z }

f(un)

≤ un+2

| {z }

f(un+1)

.

D’apr`es 2.1., on sait queunetun+1sont positifs. D’autre part, d’apr`es 1.5., la fonctionfest (strictement) croissante surR+. On a donc :

un≤un+1 =⇒ f(un)

| {z }

un+1

≤f(un+1)

| {z }

un+2

d’o`u un+1 ≤un+2.

(15)

• Conclusion

De l’initialisation au rang 0, de l’h´er´edit´e et de l’axiome de r´ecurrence, on d´eduit que :

∀n∈N, un≤un+1.

La suite (un)n∈Nest donc croissante.

Remarque : En adaptant la preuve pr´ec´edente, on peut en fait montrer que la suite(un)n∈Nest strictement croissante.

2.3. La suite (un)n∈Nest croissante et major´ee par√

2 (cf. 2.1.). Elle est donc convergente. De plus, si l’on note lsa limite, en passant `a la limite dans l’in´egalit´e 2.1., on a :

0≤l≤√ 2.

2.4. Il s’agit ici de d´eterminer l. On a pour tout n∈N:

(∗) un+1=f(un).

Commeun

n→+∞l, on a :

(∗∗) un+1

n→+∞l.

La fonctionf est la compos´ee de

f1:R→R+; x7→1 +x2

2 (polynˆome) et

f2:R+→R; x7→√

x (racine carr´ee)

qui sont des fonctions continues sur leurs ensembles de d´efinition. La fonctionf est donc continue surR, comme compos´ee de fonctions continues.

On a :

(∗ ∗ ∗)

un

n→+∞l f(x) →

x→lf(l) (continuit´e def enl)





compos´ee

=⇒

de limites f(un) →

n→+∞f(l).

En passant `a la limite dans (∗) et en utilisant (∗∗) et (∗ ∗ ∗), il vientl=f(l).

Mais, on a :

l=f(l) =⇒ l= r

1 + l2 2

=⇒ l2= 1 + l2

2 (´el´evation au carr´e)

=⇒ l2= 2

=⇒ √ l2

|{z}

|l|

=√

2 (application de la fonction racine carr´ee).

Or l≥0 (cf. 2.3.). Doncl=√ 2.

3.1. Soitn∈N. On aun∈[0,√

2] (cf. 2.1.) et √

2∈[0,√

2]. On peut donc appliquer l’in´egalit´e obtenue en 1.5. avecx=un ety=√

2 pour obtenir :

f(un)

| {z }

un+1

−f(√ 2)

| {z }

2

√2

2 |un−√ 2|.

(16)

3.2. On raisonne par r´ecurrence. Pour toutn∈N, on pose Pn : |un−√

2| ≤√ 2

√ 2 2

!n .

• Initialisation

La proposition P0 s’´ecrit

|u0−√ 2| ≤√

2

√2 2

!0

ou encore : √

2≤√ 2 caru0= 0 et

√ 2 2

!0

= 1. La propri´et´eP0 est donc vraie.

• H´er´edit´e

Supposons la propri´et´ePn vraie pour un entiern∈Nfix´e, i.e. :

(∗) |un−√

2| ≤√ 2

√2 2

!n

et montrons que Pn+1 est vraie, i.e. que :

|un+1−√ 2| ≤√

2 √2

2

!n+1 .

D’apr`es 3.1., on a :

(∗∗) |un+1−√ 2| ≤

√2

2 |un−√ 2|.

En multipliant chacun des membres de (∗) par

√2

2 ≥0, il vient : (∗ ∗ ∗)

√2

2 |un−√ 2| ≤

√2 2

√ 2

√2 2

!n

=√ 2

√2 2

!n+1 .

De (∗∗), (∗ ∗ ∗) et de la transitivit´e de la relation d’ordre, on d´eduit :

|un+1−√ 2| ≤√

2 √2

2

!n+1

.

• Conclusion

De l’initialisation au rang 0, de l’h´er´edit´e et de l’axiome de r´ecurrence, on d´eduit que :

∀n∈N, |un−√ 2| ≤√

2 √

2 2

!n .

3.3. Soitn∈N. De 3.2., on d´eduit que :

−√ 2

√2 2

!n

≤un−√ 2≤√

2

√2 2

!n

(siX ∈RetA∈R+,|X| ≤A⇐⇒ −A≤X≤A) puis :

(∗) √

2−√ 2

√2 2

!n

≤un≤√ 2 +√

2

√2 2

!n

(17)

en ajoutant√

2 `a chaque membre.

On a −1<

√2

2 <1. En effet, la premi`ere in´egalit´e est claire et la deuxi`eme est ´equivalente `a : 1

2 = √2

2

!2

<12= 1 (la fonction carr´ee est strictement croissante surR+) qui est vraie. Par suite :

√2 2

!n

n→+∞→ 0 et donc :

(∗∗) √

2−√ 2

√2 2

!n n→+∞

2 et √

2 +√ 2

√2 2

!n n→+∞

√ 2.

De (∗), (∗∗) et du th´eor`eme d’encadrement, on d´eduit que la suite (un)n∈Nconverge et que lim

n→+∞un=√ 2.

3.4. Soitn∈N. On sait, d’apr`es 3.2., que :

|un−√ 2| ≤√

2

√2 2

!n .

Donc pour que

|un−√

2| ≤10−6 il suffit que :

√ 2

√2 2

!n

≤10−6.

√2 √2

2

!n

≤10−6 ⇐⇒

√2 2

!n

≤10−6

√2 (division de chaque membre par√ 2>0)

⇐⇒ nln √

2 2

!

≤ln 10−6

√2

(ln est strictement croissante surR+∗)

⇐⇒ n≥ ln

10−6

√ 2

ln √2

2

! division de chaque membre par ln

√ 2 2

!

<0 car

√ 2 2 <1

!

⇐⇒ n≥ −6 ln(10)−ln(√ 2) ln√

2−ln(2) (propri´et´es alg´ebriques de ln)

⇐⇒ n≥ 6 ln(10) ln(√

2) + 1

ln(2) = ln(√

22) = 2 ln(√ 2)

On peut donc prendre pour nle premier entier naturel sup´erieur `a 6 ln(10)

ln(√ 2) + 1 soit b6 ln(10)

ln(

2) + 1c+ 1 =b6 ln(10)

ln(

2)c+ 2.

(18)

Exercice 4 : ´ Etude d’une fonction polynomiale de degr´ e 3

1. ´Etude du sens de variation de la fonction f:R→R; x7→x3+ 3x−6

1.1. Soity∈R. On consid`ere le polynˆomePy =X2+yX+y2 en la variableX. ´Ecrire le polynˆomePy

sous forme canonique.

1.2. En d´eduire que pour tout x, y∈R:

x2+xy+y2≥0.

1.3. Soientx, y∈R. Montrer que :

f(x)−f(y) = (x−y)(x2+xy+y2+ 3).

1.4. Montrer quef est strictement croissante surR. 2. Bijectivit´e de f

2.1. Montrer quef r´ealise une bijection deRsur un intervalle que l’on pr´ecisera. On notef−1sa bijection r´eciproque.

2.2. Justifier que l’´equation f(x) = 0 d’inconnue x∈R admet une unique solution. On notera x0 cette solution dans la suite.

3. Changement de variable

D´emontrer que pour toutx∈R, il existe un uniqueα∈R+∗ tel que : x=α−1

α. 4. D´etermination de x0

4.1. On noteα0 l’unique ´el´ement deR+∗ tel quex00− 1 α0

. Montrer que : α60−6α30−1 = 0.

4.2. En d´eduire que :

x0= 3 q

3 +√

10− 1

3p 3 +√

10 .

5. D´etermination de f−1

S’inspirer de la d´emarche expos´ee en 4. pour montrer que pour touty dans le domaine de d´efinition de f−1:

f−1(y) = 3 s

6 +y+p

y2+ 12y+ 40

2 − 1

3

s

6 +y+p

y2+ 12y+ 40 2

.

Correction

1.1. Soity∈R. On a :

Py = X2+yX+y2

=

X+y 2

2

−y 2

2 +y2

=

X+y 2

2

+3

4y2 (forme canonique dePy).

1.2. Soitx, y∈R. D’apr`es 1.1., on a :

x2+xy+y2=

x+y2

+3 y2.

(19)

Un carr´e de nombre r´eel ´etant positif ou nul, on a :

x+y 2

2

≥0 et 3 4y2≥0.

Par suite,x2+xy+y2≥0.

1.3. Soientx, y∈R.

On calcule s´epar´ement f(x)−f(y) et (x−y)(x2+xy+y2+ 3). D’une part, on a : f(x)−f(y) = x3+ 3x−6−(y3+ 3y−6)

= x3+ 3x−

6−y3−3y+ 6

= x3−y3+ 3x−3y.

D’autre part, on a :

(x−y)(x2+xy+y2+ 3) = x3+x2y+xy2+ 3x−(x2y+xy2+y3+ 3y)

= x3+ x2y+

xy2+ 3x− x2y−

xy2−y3−3y

= x3−y3+ 3x−3y.

De ces deux calculs, on d´eduit que :f(x)−f(y) = (x−y)(x2+xy+y2+ 3).

1.4. Soientx, y∈Rtels quex < y. Montrons quef(x)< f(y), i.e. quef(x)−f(y)<0.

D’apr`es 1.3., on a :

f(x)−f(y) = (x−y)(x2+xy+y2+ 3).

Commex < y, on a :x−y <0.

D’apr`es 1.2.,x2+xy+y2≥0 et doncx2+xy+y2+ 3≥3>0.

Ainsi f(x)−f(y) est-il le produit d’un nombre strictement n´egatif (x−y) par un nombre strictement positif (x2+xy+y2+ 3) ; c’est donc un nombre strictement n´egatif, i.e. :

f(x)−f(y)<0.

2.1. On a :

• Rest un intervalle ;

• f est une fonction continue surR(polynˆome) ;

• f est strictement croissante surR(cf. 2.1.).

D’apr`es le th´eor`eme de la bijection, la fonctionf r´ealise donc une bijection deRsur l’intervalle

x→−∞lim f(x), lim

x→+∞f(x)

.

Par op´erations sur les limites, on calcule :

x→−∞lim f(x) =−∞ et lim

x→+∞f(x) = +∞.

Ainsif r´ealise-t-elle une bijection deRsurR. 2.2. La fonctionf r´ealise une bijection deRsurR.

Comme 0 appartient `a l’image def (qui estR), 0 poss`ede au moins un ant´ec´edent par f, i.e. l’´equation f(x) = 0 d’inconnuex∈Rposs`ede au moins une solution.

Comme l’application f est injective, 0 poss`ede au plus un ant´ec´edent parf, i.e. l’´equationf(x) = 0 d’in- connue x∈Rposs`ede au plus une solution.

On d´eduit des deux points pr´ec´edents que l’´equationf(x) = 0 d’inconnuex∈Radmet une unique solution.

3. On introduit la fonction

ϕ:R+∗→R; t 7→t−1 t. La fonction

ϕ1:R+∗→R; t7→t

est continue et strictement croissante surR(fonction affine de pente 1 strictement positive).

La fonction

ϕ2:R+∗→R; t7→ 1

(20)

est continue et strictement d´ecroissante surR+∗ (fonction inverse).

La fonction

ϕ3:R→R; t7→ −t

est continue et strictement d´ecroissante surR(fonction affine de pente−1 strictement n´egative).

Par composition, la fonction ϕ3◦ϕ2, qui est bien d´efinie est continue et strictement croissante sur R+∗. Par somme, la fonction

ϕ=ϕ13◦ϕ2 est continue et strictement croissante surR+∗.

On a :

• R+∗= ]0,+∞[ est un intervalle ;

• ϕest une fonction continue surR+∗;

• ϕest strictement croissante surR+∗.

D’apr`es le th´eor`eme de la bijection, la fonctionϕr´ealise donc une bijection deR+∗ sur l’intervalle

lim

x→0+ϕ(x), lim

x→+∞ϕ(x)

.

Par op´erations sur les limites, on calcule : lim

x→0+ϕ(x) =−∞ et lim

x→+∞ϕ(x) = +∞.

Ainsiϕr´ealise-t-elle une bijection deR+∗ surR. Par cons´equent, tout ´el´ement xde l’image deϕ(qui est Rd’apr`es ce qui pr´ec`ede) admet un unique ant´ec´edent αparϕ, i.e.

∀x∈R, ∃!α∈R+∗, ϕ(α)

| {z }

α−α1

=x.

Remarque : Pour r´epondre `a cette question, on a introduit une fonction ϕdont on a prouv´e la bijectivit´e, grˆace au th´eor`eme de la bijection.

On aurait pu proc´eder autrement, en r´esolvant l’´equation

x=α− 1 α

d’inconnue α ∈ R+∗ et de param`etre x ∈ R, par analyse/synth`ese. Pour cela, on aurait commenc´e par remarquer que :

x=α− 1

α =⇒ αx=α2−1 (multiplication de chaque membre par α)

=⇒ α2−αx−1 = 0 (soustraction `a chaque membre deαx) afin de se ramener `a une ´equation polynomiale de degr´e 2 que l’on sait r´esoudre.

4.1. Par d´efinition dex0,x0 est l’unique solution def(x) = 0 dansR. On a doncf(x0) = 0, soit : x30+ 3x0−6 = 0.

Par d´efinition deα0, on a : x00− 1 α0. Par suite, on a :

(∗)

α0− 1 α0

3 + 3

α0− 1

α0

−6 = 0.

D’apr`es la formule du binˆome de Newton, on a :

α0− 1 α0

3

= α30+ 3α20

−1 α0

+ 3α0

−1 α0

2 +

− 1 α0

3

= α30−3α0+ 3 1 α0 − 1

α30.

L’identit´e (∗) peut donc se r´e´ecrire :

α30−3α0+ 3 1 α − 1

α3 + 3α0−3 1

α −6 = 0

(21)

ce qui donne, apr`es simplification :

α30−6− 1 α30 = 0 puis en multipliant chaque membre parα30 :

α60−6α30−1 = 0.

4.2. On sait que :α60−6α30−1 = 0 (cf. 4.1.), soit :

30)2−6α30−1 = 0.

On en d´eduit queα30 est une solution de l’´equation : t2−6t−1 = 0

qui est une ´equation polynomiale de degr´e 2. On la r´esout et l’on trouve deux solutions : t1=6−√

40

2 = 6−2√ 10

2 = 3−√

10 et t2= 3 +√ 10.

On en d´eduit que :

α03= 3−√

10 ou α30= 3 +√ 10.

Or α0>0 (cf. d´efinition deα0). Doncα30>0.

D’apr`es l’in´egalit´e 9< 10 et la stricte croissance de la fonction racine carr´ee sur R+, on a 3 <√ 10 et donc 3−√

10<0.

On en d´eduit finalement que :

α30= 3 +√ 10 et donc :

α0= 3 q

3 +√ 10.

Mais on a x00− 1

α0, d’o`u :

x0= 3 q

3 +√

10− 1

3p 3 +√

10 .

5. D’apr`es 3., le domaine de d´efinition def−1 estR. De plus, pour touty∈R:

f−1(y) est l’unique solution de l’´equationf(x) =y d’inconnuex∈R. Soity∈R. D´eterminons l’uniquex=f−1(y) tel quef(x) =y. Par d´efinition mˆeme, on a :

x3+ 3x−6 =y.

Soitαl’unique ´el´ement de R+∗ tel que :

x=α−1 α. On a donc :

α−1

α 3

+ 3

α− 1 α

−6 =y.

En suivant la mˆeme d´emarche qu’en 4.1., on en d´eduit que : α6−(6 +y)α3−1 = 0 soit :

3)2−(6 +y)α3−1 = 0.

On voit donc que α3 est solution de l’´equation :

t2−(6 +y)t−1 = 0.

d’inconnue t∈R. Le discriminant du trinˆome du second degr´eT2−(6 +y)T−1 est

∆ = (−(6 +y))2−4×1×(−1) = (y+ 6)2+ 4>0.

(22)

Ses deux racines sont donc : t1=6 +y−p

y2+ 12y+ 40

2 et t2= 6 +y+p

y2+ 12y+ 40

2 .

On en d´eduit que :

α3= 6 +y−p

y2+ 12y+ 40

2 ou α3= 6 +y+p

y2+ 12y+ 40

2 .

Or α >0 (cf. d´efinition deα). Doncα3>0.

Or

6 +y−p

y2+ 12y+ 40

2 <0.

En effet :

py2+ 12y+ 40 =p

(y+ 6)2+ 4>p

(y+ 6)2=|y+ 6| ≥y+ 6.

On en d´eduit finalement que :

α3=6 +y+p

y2+ 12y+ 40 2

et donc :

α= 3 s

6 +y+p

y2+ 12y+ 40

2 .

Mais on a x=α− 1 α, d’o`u :

x

|{z}

f−1(y)

= 3 s

6 +y+p

y2+ 12y+ 40

2 − 1

3

s

6 +y+p

y2+ 12y+ 40 2

.

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