Séminaire Henri Cartan
J EAN -P IERRE S ERRE
Formes bilinéaires symétriques entières à discriminant ± 1
Séminaire Henri Cartan, tome 14 (1961-1962), exp. no14-15, p. 1-16
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14-01
FORMES
BILINÉAIRES SYMÉTRIQUES ENTIÈRES À
DISCRIMINANT ± 1 par Jean-Pierre SERRESéminaire
Henri CARTAN(Topologie différentielle)
14e année, 1961/62, n° 14-15
26février et 5
mars1962
Il
s’agit
derésultats arithmétiques qui
sont utiles entopolôgie différen-
tielle. On a
pris
pourguide
lerésumé qu’en
donne MILNOR(cf. ~5~~
ainsi que~6~) , ..
I.
Préliminaires.
1.
Définitions*
Soit n un
entier> 0 .
On vaétudier
lacatégorie S définie
de la ma-‘
nière
suivante :Un
objet
E deS
est unZ-module
libre de rangn ~ muni
d’une forme bi-linéaire symétrique
E xE -~ Z ~ notée (x , y) -
xy ~ telle que :(i) L’application linéaire
de E dans son dualE* définie
par la f orme xy est unisomorphisme.
’
Cette condition
équivaut
à la suivante(cf. BOURBAKI, Algèbre, Chap. IX, § 2,
prop.
3) :
(ii)
Si(e.)
e st une base deE , et si
a.. = e. e. , ledéterminant
de la1 2014201420142014
ij i j matrice A =
(aij)
estégal
à ± 1 .. La notion d
isomorphisme
de deuxobjets E ,
E’~ Sn se définit
defaçon
évidente :
onécrit
alorsE ~
E’ . Il est commode d’introduire aussiS = U Sn’ n = 0 , 1 ~
...Si E ~ Sn ,
l’application
x ~ xx fait de E un modulequadratique.
Si(ei)
est une base de
E ,
et six - 1. x. e. ,
la formequadratique
f(x) =
xx estdonnée
par la formule’
Les coefficients de ses termes
rectangles
sont doncpairs.
Le discriminant de f(i.
e.det ~a.. ~ ~
estégal à ±
1 .Changer
la base(e . ~
revient àremplacer
la matrice
A - (a..)
par avec B E, GL n Z . Du point
de vue de laforme
f ,
cela revient à effectuer sur les variables(xi)
la substitution li-néaire
de matriceB ;
la forme obtenue est diteéquivalente
à la forme f.2. Opérations
sur S.2.1. - Si
E ,
E’ES,
la somme directe E ~ E’ et leproduit
tensorielE ~ E ~ !
munis des forcesbilinéaires définies
dans BOURBAKI(Algèbre, chap. IX,
§ ~ ~
n°3
et n°9~ , appartiennent
àS ;
il suffit en effet devérifier
la condi-tion
(i) ,
cequi
estimmédiat.
2.2. - Si E
E S ,
et si m est un entier> 0 ,
lapuissance extérieure
m-ième ^E
deE ,
munie de la formebilinéaire
définie dansBOURBAKI,
lococitato, appartient
à S .3. Invariants.
3.1..-
Si n l’entier ns’appelle
- " le rang de ~..~..E ,
ot se noter(E) .
.
’
3.2. -
Soit et soit V = leR-espace
vectoriel obtenu enéten-
dant les scalaires de Z à R . La formequadratique
de Vstécrit
sous la forme03A3 x. - 2- y.
parrapport
à une base convenable deV ;
on sait que lecouple
i=1 a. ~ ~l J
..(s , t)
nedépend
pas de la base choisie(c’est
lasignature
deV ,
cf.BOURBAKI,
Algèbre, Chap. IX, § 7,
n°2).
s - t estappelé
l’indice de E . On aLorsque 03C4(E) = ±
r(E) ,
on dit que E estdéfini (la
formequadratique
corres-pondante
a unsigne constant) ;
dans le cascontraire,
on dit que E estindé-
fini.3.3. -
Le discriminant de E parrapport
à une base nedépend
pas du choix de cette base. On le noted (E) .
Il estégal (Définition
inva-riante :
d(E) = + 1
si ^ E estdéfini positif, d(E)
= - 1 si ^ E estdéfini négatif,
avec r =r (E) .)
Si V = est de
signature (s , t) ,
on voit tout de suite que lesigne
ded (E)
estégal
à(-1) .
Cornusd (E)
= i1 ,
on endéduit
la formule3.4. -
Soit E e S . On dit que E estpair (ou
detype II)
si la forme qua-dratique associée
à E neprend
que des valeurspaires ~
si A est la matricedéfinie
par une base deE ,
il revient au même de dire que tous le s terme s dia-gonaux de A sont
pairs.
;Si E n’est pas
pair,
on dit que E estimpair (ou
detype I). [Dans
la ter-minologie
des formesquadratiques,
letype
Icorrespond
av.X formes"propres"
("eigentlich")
et letype
II aux formes"impropres’~
.
3. 5. -
Soit E etsoit E = E/2E
laréduction
de E mod 2 . C’ost unespace vectoriel sur le corps
F~ = Z/2Z .
Par passage auquotient,
la forme xydéfinit
sur E une formequi
est encoresymétrique,
et de discriminant~’ 1 = 1 . La forme
quadratique associée ~
est additive s(~+~)~=~+~~
C’est donc un
élément
du dualMais,
la formebilinéaire xy définit
unisomorphisme
deE
sur son dual. On en conclutqu’il
existe unélément canonique
?
tel que l’on ait[Dans
lesapplications topologiques, u s’interprète
corme une classe deWu.]
Revenant
àE ,
on voit doncqu’il
existe L~ EE , défini
mod2E ,
tel queConsidérons l’élément
Si l’onremplace
u par u +2x ,
uu est rem-placé
par ,L’image
de uu dansZ/ffl
est donc un invariant deE ;
on le notea(E) .
SiE e st de
type II ~
onpeut prendre u = 0 ,
e t l’on a doncQ ~~ ~ o .
3.6. -
Soit E =El
®E~ .
Pour que E soit detype IT
il faut et il suffit queE~
etE 2
le soient. On a :4
Exemples.
4.1. -
On rote 1(resp. 1 )
le Z-module Z mini de la formebilinéaire
xy
(resp. - correspond
à la formequadratique
+x2 (resp* - x2).
Si s et t sont deux entiers
0 ,
on note si Ctl_
la somme directe deS
copies
de1
et de tcopies
de1 ;
laforme quadratique correspondante
est
x2i - y2j .
Les invariants de ce module sont les suivants :A
part
le cas trivial où(s , t)
=(0 , 0) ,
le moduletI~
est detype
I.4.2. -
On note Ul’élément
deS~ défini
par la matrice(~ ;) .
La forme
quadratique associée
est la forme2x~ x.~ :
U est detype
II. On a4.3. -
Soit k unentier ) 0 ,
soit n =4k ,
et soit Vl’espace
vectorielQ~ ~
muni de la formebilinéaire
standard1
x.correspondant
à la matriceunité*
SoitE
le sous-groupe de V formé despoints
àcoordonnées entières ;
muni de la forme
bilinéaire
induite par celle deV ~
E est unélément
deS~ ~
isomorphe
à n.I . SoitE
le sous-module de Eformé
deséléments
x tels que xx = 0 mod2 , c’est-à-dire 1 x.
E 0 mod 2 . On aE1)
= 2 . SoitE le sous-module de V
engendré
parE
et par e =(~ ... yl) *.0na
2e ~
E. (du
fait que n ~ 0 mod4 )
et’(E : E~) ==
2 . Pourqu’un élément
x =(xi)
de Vappartienne
àE ,
il faut et il suffit que l’onait
On a alors xe
= 1 2 03A3
xi~Z ;
comme ee =k ,
on en conclut que la forme xyprend
sur E de s valeursentières.
Deplus ,
le fait queE1
ait le indicedans E
0
et dans E montre que le discriminant de E est
égal
à celui deE ~
c’est-à-dire à + 1 . Le module
quadratique
E est donc unélément
de Sn =S4k ;
on le notera Vn .Lorsque
k estpair (i.
e.lorsque
n = 0mod 8 ) ,
ee = k est
pair,
et on endéduit
que xx estpair
pour tout x EE ; Vn est
donc de
type
IIlorsque
n ~ ~ mod 8 . On aLe cas de
Va
estparticulièrement
intéressant* Il y a240
vecteurs x ~Va
tels que xx = 2 : si
(ej désigne
la basecanonique
deQ ~
ce sont les vec-teurs :
Leurs
produits
scalaires mutuels sontentiers 9
ils forment donc ce que l’onappelle
en théorie des groupes de Lie unsystème
deracines,
et l’on montre fa- cilement que c’est celui dugroupe exceptionnel E (cf.
WITT[8]) ;
commesystème simple
deracines,
onpeut prendre :
Ces vecteurs forment une base de
V 8 .
[On peut prendre
bien d 1 autresbase s,
parexemple :
ce
qui
conduit à la matricedonnée
parOn laisse au lecteur le soin de
démontrer
directement que V est définiepositive
et que
det (V) = 1 ,
...]
Pour
m 2 ,
les vecteurs delongueur
2 de sontles ± ei ± ek (i/k) ;
ils forment un
système
de racines dutype Bem’
ci.[8] ;
noterdrent pas V8m ,
contrairement à cequi
se passe dans le cas m = 1 . Enparti-
culier, V8 ~ V8
n’est pasisomorphe
à5. K (S) .
C’est le groupe de Grothendieck de S : par
définition,
c’est lequotient
dugroupe
abélien
libreengendré
par deséléments (E) correspondant
aux E E Spar le sous-groupe
engendré
par lesEn
particulier,
on a{E)
={E t ) dans
K{S)
s il existe un F E S tel queE
Fe F .
On verraplus
loin duth. 4)
queréciproquement,
si(E)
=(E’) ,
on a E e E t © F avec F =I+
ou F =I- .
Soit G un groupe
abélien,
et soit f : S ~ Gapplication
telle quef
(E) =
f{E )
+ f{E )
siE N E
©E .
On associe à f unhomomorphisme (noté
encore
f )
deK {S)
dans G tel que lecomposé
S -~ G soitl’applica-
tion
donnée.
[ K{S) "représente"
un foncteur dans lacatégorie
des groupesabéliens
que le lecteurexplicitera.]
Enparticulier, r s ~ ~ d ! ~ déf inissent
des. homomor-phismes
r : K
{S) ~ Z
~ : K{S) -~ Z ~
d : K{S) -~ ~ ± ~}
o s K{S~ -~
.On encore ~ ~ r mod
2 ,
d =(- 1) (r--c;) /2 .
Remarques.
.
m
1. Les
opérations E ~
E ~ etpermettent
de munirK(S)
d’une structure de au sens de GROTHENDIECK.2. La
catégorie
Speut
sedéfinir
pour un anneau commutatifquelconque (et
en fait pour un
schéma
de basequelconque,
ncnnécessairement. affine) ; un
élément
de S estl’analogue algébrique
d’unfibré
vectorielayant
pour groupestructural le groupe
orthogonal.
L ’ anne auK {S) c orre spondant remplace
avanta-geusement
l’anneau de Wittdéfini
dans[7].
II.
Énoncé
desrésultats.
6. Détermination du groupe K(S) .
THÉORÈME
1. - Le groupeK(S)
admet pour base(I+)
et(I-) .
(La dém.onstration
seradonnée
au n°13.)
En d’autres
termes,
tout f EK(S) décrit
defaçon unique
sous la formeOn a
r(f)
= s +t , 03C4(f) = s - t ,
cequi
montre que s et t sontdétermi- nés
par r et T . On enCOROLLAIRE 1. - Le
couple (r , i) définit
u.nisomorphisme
deK (3)
sur lesous-groupe
de Z x Z formé
deséléments (a , b)
tels que a ~ b mod 2 .D’ où :
COROLLAIRE
2. - Pour q ue deuxéléments
E et E’ de Sdéfinissent
lemême élément
deK(S) ,
il faut et il suffitqu’ils
aientmême
rang etmême
indice.[Noter
que celan’entraîne
nullement E ~ E’ . Parexemple
U =(01 10) définit
dans
K (S)
lemême élément
que(10 - 01) + I+ ~ I- ,
bien que U etsoient de
types différents.]
’THÉORÈME
2. - On a mod 8pour tout
E ES.En
réduit
mod8 ,
et a sont deshomomorphismes
deK(S)
dansqui
coïncident sur lesgénérateurs I+
etI-
deK(S) ;
ils coïncidentdonc sur tout
K(S) .
COROLLAIRE
1 . - Si
E e st detype II,
0 mod 8.En effet
o~E~ ~
0 .(Noter
que ceci entraîne r(~~~ ,
0 mod 2 et d~E) - _ (- (E~ ~~ .)
COROLLAIRE
2. -Si
Eest défini
et detype on a
r~E) ~
0 mod 8 .En
effet,
on a alors~~E) -
t r(E) ~
’-.
Remarques.
1.
Inversement,
on a vu au n° 4 quo, pour tout nmultiple
de8 ~
il existeun E E
Sn qui
est défini et detype
II.2. Pour une autre
démonstration
de la congruence mod8 ,
voirVan der La congruence
plus
faible Q ~ i mod 4 avaitété rencontrée
à propos d’unproblème
detopologie
par HIRZEBRUCH et HOPF[2].
7.
Théorèmes de structure
Soit Ee S . Nous dirons que E
représente zéro
s’il existe x~E ~
tel que xx==0 .
THÉORÈME 3. -
Si Ee S estindéfinie
Ereprésente zéro.
(La démonstration
seradonnée
au n°11.)
THÉORÈME 4. - Si
Ee S estindéfini
et detype I,
E estisomorphe
àsi
où
set
t sont desentiers ~
1 .[La
formequadratique correspondante
est doncéquivalente
à la formex2j - y2j .]
1=1 ~
(La démonstration
sera donnée au n°12.)
COROLLAIRE. - Soient E
et
E’ deuxéléments
de S demême
rang et demême
indice. On a alorsC t e s t clair si E = 0 .
Sinon,
l’un des deux modules E ~I+ , E ~ lest
in-défini. Supposons
que ce soit lepremier.
Comme E et E’ ontmême signature,
T + est
également
indéfini. Enappliquant
lethéorème 4,
on voit que E © Z+et
I+
sontisomorphes
àsI+ ~ th
ets’I +
® t’h respectivement.
CommeE et Et ont
même signature ,
on a s = t = d’ où lerésultat cherché.
, ,
5. -.
Si E E Sde type II, et si 03C4(E) 0 , E
estisomorphe à pU
p où p et q sont desentiers
0 convenables.~Lorsque 0 ,
on a unrésultat correspondant,
obtenu enappliquant
lethéo-
rème:
au moduleE~
=I ~ E . ]
(La démonstration
seradonnée
au n°14.)
On notera que q
8
et p( (E) -
03C4(E)) .
Il enrésulte
que E estdéterminé
à unisomorphisme près
par son rang et son indice. Comne il en est de même pour letype
T(cf . théorème 4),
onpeut énoncer:
THÉORÈME 6. - Si
E ,
Et E Ssont indéfinis,
ont mêmeindice
etmême
type,
ils sontisomorphes.
8. Le cas
défini.
On n’a pas de
théorème
de structure. Onpeut simplement
affirmer que, pour cha- que entier n ,Sn
ne contientqu’un
nombre fini declasses 3
celarésulte
parexemple
duthéorème
de réduction donné au n° 10. Ladétermination explicite
deces classes n’a
été
. faite que pour lespetites
valeurs de n( n ~ 16 ,
cf.Pour le
type II,
c’estparticulièrement simple :
si r =
8 ~ Vs
est la seule classedéfinie positive ,
si r =
16 ~
etV 8
sont les seules classesdéfinies positive s..
Ensuite,
cela secomplique :
WITT affirmedans [8]
avoirtrouvé plus d’une
di-zaine de classes
différentes
de rang24.
III.
Démonstrations.
9.
Un lemmeSoit
E et soit F un sous-module deE ;
soit F’ l’ensemble desx E E
orthogonaux
auxéléments
de F .LEMME 1. -
Pour
queF ,
muni de la forme xy induite par c e lle deE , appar-
tienne à
S ~
il faut et il suffit que E soit somme directe de F et de F’ . Si E = on ad(E)
=d (F) . d ~F’ ) ~ d’ où d (E) _ ~’
1 .Réciproquement,
sid (~) ~ ~ ~ y
on aévidemment
F n F’= 0 ;
deplus y
si x EE ,
la formelinéaire
y -~ x. y
(y E F)
est définie par unélément
x 0
E F . On a alorsx = x 0 +x. ~
avec
xa
E F et d’où E = FCOROLLAIRE. - Soit x E E tel que xx =
± 1 ~
et soit ~Xl’ orthogonal
de xdans
E.Si
D =Zx , on a
E = D e X .On
applique
le lemme 1 avec F = D .[Si
parexemple
xx = +1 ,
on a D ~ I+ , d’oùE ~ I ~ X .]
10.
Rêduction
des formesquadratiques.
Soit V un
Q-espace
vectoriel de dimension finie n ~ muni d’une forme bili-néaire symétrique
nondégénérée ,
notée(x ~ ~r) -~
xy . Soit E unréseau
deV ,
c’est-à-dire un sous-S-module de V de
type
fini tel que V ==Q.E . Si (ei)
estmie base de
E ,
le discriminant de la forme xy parrapport
à(ei)
estindépen-
dant du choix de
(e.) ;
on le noted(E) ;
c’est un élément deQ *
Soit
e.
lepremier
vecteur de la base(e.) ~
et supposons que le nombre ra-tionnel
a.
==e. e.
soit non nul. SoitV. l’orthogonal
dee.
dansV ;
soitE. l’image
de E par laprojection orthogonale V ->V..
Il est clair queE.
eat un
réseau
de admettant pour base lesimages e2 ,
... ye
dese..
LEMHE 2. - On a ==
(a.)" d(E) .
Soit E~ ==
E..
C’est unréseau
deV ~
admettant pour basee. ~~ ~...~e $
La matrice
qui
fait passer de la base(e.)
à la baseprécédente
esttriangu- laire,
et n’a que des 1 sur ladiagonale ;
sondéterminant
est donc1 ,
cequi
montre que
d(E’)
=d(E) .
D’autrePart ,
on ad(E’)
=d(Ze1).d(E1) ,
et commed(Ze.)
= on obtient la formule voulue*Soient
encore V et E comme ci-dessus. Nous allonsdéfinir
la notion de baseréduite
duréseau
E . Onprocède
parrécurrence
sur n ~ Sin~ 1 ~
toute base de E est diteréduite.
Dans le casgénéral,
une base(e.)
de V est diteré-
duite si ellevérifie
les trois conditions suivantes :(i)
Le scalairea.
=e. e.
est nonnul ; si
x e E est tel quexx ~ 0 ,
on a)xx) ~ )aJ .
(ii)
On al
pouri~2.
(iii) (~ ~
*** ~e )
est une base réduite duréseau E.
deV..
On a
THÉORÈME
7* - Toutréseau possède
une baserédu.ite.
On raisonne par
récurrence
sur n = dimV ~
le cas n = 0étant
trivialeSup-
posons n > 0 . Parmi tous les x ~ E tels que
xx ~ 0 ,
choisissons-en un, soit tel quee. e.
=a.
soit minimum en valeur absolue(c’est possible~
car lesvaleurs
prises
par la formequadratique
xx sur E sont des nombres rationnels àdénominateur borné) .
Il est clair quee.
est indivisible dansE ~
autrementdit fait
partie
d’une base de E . La donnée dee.
définitV.
etE..
Onchoisit ensuite une base
réduite (~ ~ ... ~ ~ )
de cequi
estpossible~
vu
l’hypothèse
derécurrence ;
sie.
~ E seprojette en ei
sur E1 , les vec-teurs
(e1 ,
... ye )
forment une base de E vérifiant évidemment les conditions(i)
et(iii) .
Deplus~
onpeut remplacer chaque
e. par e. + k. aveck. e Z~;
leproduit
scalairee. e.
est alorsremplace
pare. e. + k. a. ;
enchoisissant convenablement
ki ,
ons’arrange
pour que la condition(ii)
soit vé-rifiée.
C.
Q.
F. D.Si V ne
représente
paszéro,
et si(ei)
est une baseréduite
du
réseau
E deV ,
on aOn raisonne par
récurrence
sur n ~ le cas n = 1étant
trivial. On pose :On a
(car a~ ~
0 vul’hypothèse
faite surV ).
part~
on a~=e? +ke. ~
et~i’~o=0 ~ -b/a~
* On ena. =a~, -b~/a..
;
Si l’on
applique l’hypothèse
derécurrence
à on obtientl’inégalité
c’est-à-dire
(lemme 2) :
Comme
)cj>,’~-ja.) ~
on trouve :ou encore :
c ~ e st~à-dire
C. Q.
F. D.COROLLAIRE. - Soit E ~ Sn ,
n 5 .
Si E nereprésente
paszéro,
Est
isomorphe
à ni ou à ni(et
enparticulier
E estdéfini).
On raisonne par récurrence sur n ~ le cas
n~ ~ étant
trivial. On pose V =E ~ Q ,
et l’on choisit une baseréduite (ei)
deE ,
cequi
estpossible
diaprés
lethéorème
7. Comme E nereprésente
pas0 ,
il en est demême
deV ; comme )d(E) ) ( .~ ~ ~
lethéorème
8 montre que4) ~n.~.~~2
2~c ~ e st
ici quen ~ 5 intervient)
~Comme
e~ e~ appartient à ~ ~
cecientraîne el el = t 1 . Si,
parexemple,
ona
e. el =
+1 ~
le corollaire au lemme 1 montre que1
@L’hypothèse
de
récurrence , appliquée
àEl ’
montre que(n - 1) 1
ouI_ ~
en
fait,
le second cas estexclu,
car ilentraînerait E ~ 1
©(n - 1) 1~ ,
etE représenterait séro.
On a donc E ~ nI+ .C.Q.F.
D.11.
Démonstration
duthéorème
3.Rappelons
d’abord unrésultat classique
sur les formesquadratiques
à coeffi-cients rationnels : .
~
THEOREME
DE Soit V un espace vectorielquadratique
nondégénéré
surQ .
Si V e stindéfini
e t dedimension 5 ’
Vreprésente zéro.
On montre drabord que
l’hypothèse
dimV ~ 5 entraîne
quereprésente
zéro
pour tout nombrepremier
p ~ d’autrepart, puisque
V estindéfinie
V
~ R représente zéro.. On
endéduit
que Vreprésente zéro grâce
authéorème
de Hasse. Voir parexemple
WITT[7] (qui
traite le cas des corps denombres),
ou JONES[3] (qui
se limiteà Q, mais
donne desdémonstrations "élé-
mentaire s") .
Passons maintenant au
théorème
3. Soit E ~ Sn , E indéfini. Sin 5 ,
Ereprésente
zérod’après
le corollaire théorème 8. Sin 5 a
Ereprésente
zéro d’après
le théorème de C. Q. F. D.12.
Théorème
de structure(cas indéfini impair).
(La méthode
suivie ci-dessous m’aété indiquée
par .3. -
Soit E eSn . Supposons E
indéfini et detype
I. Il existe alors F ES
tel que.
D’après
lethéorème 3,
il existe x EE ~ x ~ 0 ,
tel que xx =0 ; quitte
à di-viser x par un
entier,
onpeut
supposer x indivisible. La formelinéaire
y -~ xy est alors unélément
invidisible du dualE*
deE ;
il existe donc un y E E tel que xy == 1 .Onpeut
choisir y de telle sorte que yy soitimpair.
En
effet,
supposons que yy soitpair ; puisque
E est detype I,
il existetEE tel que tt soit
impair.
Posonsy’
= t +ky ,
et choisissons k de telle sorte quexy’ = 1 ,
i. e. k = 1 -xt ;
on a tt mod2 ,
ety’y’
estimpair.
Onpeut
donc supposer que yy = 2m + 1 . Posons alorsOn constate
immédiatement
quee. e.
=1 ~ e. e~
=0 y e~ e~
= - 1 . Le sous-module G de E
engendré
par(e. ~ e~)
estisomorphe
à1 ~1 ; d’après
lelemme
1 ~ on
a donc3l @F ~
C.Q.
F. DeDémonstration
duthéorème
4. - On raisonne parrécurrence
sur n Soit E eSn ,
avec E
indéfini
et detype
I.Diaprés
lelemme 3 , E ~ I+ ~ I_ oF .
Si n= 2 ,
on a F =
0 ,
et lethéorème
estdémontré.
Si n >2 y
on aF ~ 0 y
et l’un desmodules 1 @F est
indéfini ~
supposons parexemple
que ce soit lepremier.
Comme 1+
est de
type I,
il en est de même de 1 + ceF ,
etl’hypothèse
de
récurrence
montre que I+~ F
est de la forme aI+~ bI- ;
d’oùC. Q. F. D.
13. Détermination
du ouK (S) .
Soit E
E /; 0 .
Alors E ~ I+ ou E eI-
est indéfini etde-type
I.Appliquant
le théorème4,
on en déduit quel’image
de E dansK(S)
estcombinaison
linéaire
de(I+)
et de(I_) .
Il s’ensuit que(I+)
et(I_)
en-gendrent K(S) .
Comme leursimages
parl’homomorphisme
sont
linéairement indépendantes, (I+)
et(ij
forment une base deK(S) .
14. Théorème
de structureSoit E~ S .
Supposons
Eindéfini
et detype
II. Il existe alors F e S tel que E~U
e F .On
procède
comme dans ladémonstration
du lemme3~
On choisit d’abord un x eE ~ x ~ 0 ~
xindivisible~
tel que xx =0 ~
on choisit ensuite un y ~ E tel quexy =1 . Si
yy=2m y
o.nremplace
y par y- iQX et l’on obtient un nouvel y tel que yy = 0 . Le sous-module ’G de Eengendré
par(x ~ y)
est alors iso-morphe
àU ~ d’après
le lemme1~
on a°
C~
Q.
F. D.LEMME
5. -
Soient e S .Supposons
queF~ ~ F~
soient detype 11~
et que e
1 OF~ . ~U~F .
Pour
simplifier
lesnotations,
on posera W == I+ oI- , Ei = W ~ Fi ,
Vi = Ei ~ Q .
DansEi
soitEoi
le sous-groupeformé
deséléments
x tels quexx = 0 mod
2 ;
c’est un sous-groupe d’indice 2 deE..
On voit tout desuite
qu’en
faitE?
=Wo ~ Fi ,
oùWo
est l’ensemble deséléments
x =(x1 , x2)
deW tels que x1 ~ x2 mod 2 . Soit
E+i
le "dual" deEoi
dansVi ,
c’est-à-dire l’ensemble des y = Vi tels que xy eZ
pour tout x =Eoi.
Il est clair queE+i
=W+
e ouW+
estl’ensemble
des(x1 , xj
tels que2x~= Z ~ 2x~=Z ~ x~ -x e Z . E~ ~
et lequotient
est
isomorphe
à c’est un groupe detype (2~2) .
Il existe donc troissous-groupes strictement
compris
entreE?
etE~ ;
ilscorrespondent
aux troissous-groupes d’ordre 2 d’un groupe de
type (2 , 2) . L’un
d’eux estE
lui-même ;
les deux autres serontnotés
E! et E’J . Ici encore, on aou ~J~ et W" sont,
définis
defaçon
évidente. On constate immédiatement que W~et W" sont
isomorphes
à U(on peut
parexemple prendre
pour base de W fles vecteurs a==
(~’~’~) ~ b= ~ ~"~) ~
on aab==l ;
pour W" onprend (~~ -~
et(1 ~ 1) ).
Soit alors f : unisomorphisme.
Il seprolonge
en unisomorphisme
deV.
surV~ ~ qui applique E.
sur donc aussiE~
surE~
etE~
surE~
vu lesdéfinitions
de cessous-groupes. Il
applique
donc aussi(E~ ~ E")
soit sur(E ~
soit sur(E" ~ E’) .
ComiceEï
etE"
sont eF. ~
on voit bien queC~
Q.
F. D.Démonstration
duthéorème
5* - On va d’abord prouver que, siE
e S sontindéfinis, de type II, et ont même rang et
mêmeindice,
ils sontisomorphes.
E~ =U~F. ~
il est clair queF.
etF2 sont
detype
II et ont même rang et même indice. Les modules1
0I- ~ F.
etI+ ~ I- ~ F2
sontindéfinis,
detype I,
demême
rang etde même
indice.D’après
le
théorème 4~
ils sontisomorphes. Appliquant
le lemme5~
on voit alors queE
et
E2
sontisomorphes,
cequi démontre
notre assertion.Le
théorie 5
estmaintenant immédiat : si
E estdéfinie
detype 11~
et si03C4(E) 0 ,
ondétermine
des entiers p et q par les formulesEn
appliquant
lerésultat
ci-dessus aux modules E etqV~ !
on voit queces modules sont
isomorphes.
’. C.
Q. F.
D.BIBLIOGRAPHIE
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