Séminaire Henri Cartan
H. C ARTAN
La notion d’espace analytique général et de fonction holomorphe sur un tel espace
Séminaire Henri Cartan, tome 4 (1951-1952), exp. n
o13, p. 1-16
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13-1
LA NOTION
D’ESPACE ANALYTIQUE GÉNÉRAL
ET DE FONCTION HOLOMORPHE SUR UN TEL ESPACE H. Cartan
(Exposés
de H.Cartan,
24 et 31 mars1952) Séminaire
H.Cartan,
1951-52
Dans tout cet
exposé,
ils’agit
de fonctionsanalytiques
sur lecorps
complexe
c.1.
Généralisation
de la notion defonction holomorphe.
Soit B une
variété analytique-complexe
de dimension(complexe)
n. Dans
12,
on adéfini l’espace topologique B,
dont lespoints
sontles
couples
formésd’un point
x E B etd’un
germe desous-variété prin- cipale
non vide aupoint
x.(N.B :
onappellera désormais "germe
de sous-variété analytique
aupoint
x" cequi,
dans12,
page2,était appelé
"variété analytique
aupoint x."
Le"germe"
est donc unélément
del’en-
semble
9 , quotient
del’ensemble
desparties
de B par la relationd’équivalence définie
par lepoint
x: deuxparties
sontequivalentes
aupoint
x si elles ontmême
intersection avec unvoisinage
convenable dex.)
Dans 12, on adémontré quelques propriétés importantes
del’espace
ê-Q.
On adéfini l’ensemble 0B
despoints "réguliers": c’est
unevariété
analytique-complexe
de dimension n-1,partout
densedans &B.
Définition
l. Soit U un ouvert Onappelle
fonctionholomorphe
dans U toute fonction f(â
valeursscalaires), définie
etcontinue
dansU,
et dont larestriction à
U n0B
esthodomorphe (au
sens
habituel) .
Cette
définition s’applique
notamment si U est1’"espace
desparamètres" d’une sous-variété principale
dans un ouvert de B.Définition
2. Soient B etB’
deuxvariétés analytiques-com- plexes,
U un ouvert deU’
un ouvert deê-D’ ’
Uneapplication
fde U dans
U’
est diteanalytique
si elle est continue etsi,
pour tout ouvertV’ C U’
et toute fonction(scalaire)
g"holomorphe"
dansV’,
lafonction
composée gof
est"holomorphe"
dansf (V’ ) .
Pour
qu’une application
continue f de U dansU’
soitanalyti-
que, il faut et il suffit que sa restriction
a l’ensemble
despoints
re-guliers
de U soitanalytique.
La notion
d’ analyticité’ a
uncaractère
local: pour que f soitanalytique
dansU,
il faut et il suffit que toutpoint
de Upossède
unvoisinage
ouvert tel que la restriction de fà
cevoisinage
soitanaly- tique.
Lorsque U’
se composeuniquement
depoints réguliers,
la conditionpour que f soit
analytique
est quechaque point
de Upossède
un voisi-nage ouvert V tel que les
coordonnées
locales(dans U’)
dupoint f(x)
soient des fonctions
"holomorphes"
dupoint
x E V.Transitivité:
Soient U un ouvertU’
un ouvertU"
un ouvert de~B" .
Lacomposée d’une application analytique
de U dansU’
etd’une application analytique
deU’
dansU",
est uneapplication
ana-lytique
de U dansU": c’est
triviald’après
ladéfinition.
Définition
3. Etantdonnés
un ouvert U de~B
et un ouvertU’
on
appelle isomorphisme
de U surU’ un homéomorphisme
f de Usur
U’,
tel que f etl’application réciproque f
soient"analytiques"
(au
sens de ladéf. 2).
On dit que U etU’
sontisomorphes s’il
existeun
isomorphisme
de U surU’.
Si U est
isomorphe a U’,
etU’ isomorphe à U",
alors U estisomorphe
aU". L’isomorphisme définit
donc une relationd’ éq.l_vaenc_
entre ouverts des espaces
ê-n.
Proposition
l. Si f est unisomorphisme
de U C~B
surU’
Ctout
point régulier
de U(sauf
ceuxd’une sous-variété principale
deU n est
appliqué
par f dans unpoint régulier
deU’.
En
effet,
soita’
unpoint
deU’,
c’est-à-direun point b’
EB’
et un germe de
sous-variété principale
enb’, définie
par uneéquation
P = o, P
étant
unpolynôme distingué irréductible (pour
un choix des coor-donnés
locales enb’).
Soit A le discriminant deP; A induit,
dansun
voisinage V’
dea’ (V’ C U’),
une fonctionholomorphe (notée
encoreA),
et les
points
deV’ ou o ~
o sontréguliers (il peut
existerd’autres points réguliers,
mais peuimporte) .
La fonction estholomorphe
dans
f-1(V’),
et ellen’est
pasidentiquement
nulle(sinon
A =0394ff-1
serait
identiquement
nulle dansV’).
Lespoints réguliers
def-1(V’) ou
0394f = o constituent une
sous-variété principale
dansV .
Ceci prouve laproposition.
Corollaire: si U et
U’
sontisomorphes,
leurs dimensions sontégales (on appelle "dimension"
de U la dimensioncomplexe
de lavariété analytique -complexe
Remarque:
la notion depoint régulier n’est
pas invariante parisomorphisme.
Parexemple,
prenons n =2;
prenons pour Bl’espace C2
(deux coordonnées complexes
x ety),
et pour ouvert U lasous-variété principale
y = o; prenons pourB’ l’espace C2 (deux coordonnées x’
ety’),
et pour ouvertU’
lasous-variété principale x’3 - y’2.
La trans-formation
qui,
aupoint (x, o)
deU,
associe lepoint x’ = x2, y’ = x 3
de
U’,
est unisomorphisme analytique
de U surU’,
et lepoint
x = y= o,
qui
estrégulier,
esttransformé
enx’ = y’
= oqui
nel’est
pas.Définition 4.
On ditqu’un point
x estabsolument régulier
s’il possède
unvoisinage
ouvertisomorphe à
un ouvert del’espace numéri-
que
Tout
point régulier
est absolumentrégulier,
mais laréciproque
est
inexacte,
comme le montrel’exemple
ci-dessus.2. La notion
d’espace analytique-complexe général.
On va
généraliser
la notion devariété analytique-complexe (définie l’Exp.
1, p.10).
Unespace analytique-complexe général ( ou, plus briève-
ment,
espaceanalytique général)
est un espacetopologique séparé E,
munid’un
recouvrement par des ouvertsEl
etd’homéomorphismes q~l
deEi
surun ouvert
Ul
d’unespace Bi,
demanière
que soit satisfaite la condition suivante :chaque
fois que E. n 1E . ~ ~,
est unisomorphisme (au
u j 1
sens de la
déz". 3)
decp. (E. n E.)
surc~. (E. ~ E.).
J 1 J U 1 J
Etant
donné
unpoint
x deE,
chacun desEi qui
contient xdé-
finit un
système
de"coordonnées locales" liées
par une relationirréducti-
ble f = o
(il
fautprendre garde
que 2points
arbitrairement voisins dex
peuvent
avoir lesmêmes coordonnées
locales tout en étantdistincts).
La
déf.
4 conduità
la notion depoint
absolumentrégulier d’un
espace
analytique général
E(par contre,
iln’y
a pas de notion de"point régulier").
Lespoints
absolumentréguliers
forment un ouvertpartout
dense dans
E,
et cet ouvert est muni d’une structure devariété analytique- complexe (au
sens del’exposé l).
Un espace
analytique général
E est localement connexe.D’une
façon précise,
ilrésulte
du th. 6 de 12 quechaque point
de Epossède
un
système
fondamental devoisinages
ouverts dontl’intersection
avecl’en-
semble des
points
absolumentréguliers
est connexe. Lescomposantes
con-nexes
d’un
espaceanalytique général
sont desouverts,
donc sont des es-paces
analytiques généraux.
Ladimension d’un
espaceanalytique général
connexe est la dimension
(complexe)
de lavariété formée
de sespoints
absolument
réguliers, variété qui
est connexe.On a la notion de fonction
holomorphe (a
valeursscalaires)
sur unespace
analytique général E;
eneffet,
la notion de fonctionholomorphe
dans un ouvert U
d’un &B
est invariante parisomorphisme.
Plusgénérale-
ment, étant donnés
deux espacesanalytiques généraux
E etE’,
on a lanotion
d’application analytique
de E dansE’.
Lacomposée
de 2applica-
tions
analytiques
est uneapplication analytique.
Unisomorphisme
de Esur E’ est un
homéomorphisme
f tel que f etf
soientanalytiques.
L’isomorphisme définit
une relationd’équivalence
entre espacesanalytiques
généraux.
La dimension d’un espaceanalytique général
connexe est inva-riante par
isomorphisme. (Cf.
coroll. de la prop.Si B est une
variété analytique-complexe, l’espace B
est évi-demment un espace
analytique général.
On verra, dansl’exposé suivant,
qu’il
en est demême, plus généralement,
del’espace FB:
espace des germesde sous-varietes
analytiques (non vides), principales
ou non.3. Fonctions
holomorphes
surun germe d’espace analytique général.
Un
germe d’espace analytique général est défini par la donnée
-
d’un
espace anal.
gén.
E etd’un
a E E. Deux germes(E, a)
et(E’, a’)
sontéquivalents s’il
existe unisomorphisme d’un
ouvert U contenant a sur unouvert
U’
contenanta’,
cetisomorphisme envoyant
a ena’.
Tout germed’espace analytique général
est doncéquivalent à
un germe(U, a),
où Uest un ouvert
Soit
(E, a)
un tel germe. Pourchaque
ouvert U de E contenanta,
considérons l’anneau A(U)
des fonctionsholomorphes (scalaires)
dans U.La limite inductive A des
A(U) s’appelle l’anneau’des
fonctions holo-morphes
sur le germe(E, a).
Toute fonctionholomorphe
sur le germe est donc définie par une fonctionholomorphe
dans un ouvert contenant a; unefonction
fdéfinie
dans un ouvert U et une fonctionf’ définie
dansun ouvert
U’
sontidentifiées
si elles coïncident dans tout unvoisinage
de a.
L’anneau
A des fonctionsholomorphes
sur un germe est un anneaud’intégrité (anneau
commutatif avecélément unité,
sans diviseur dezéro).
En
effet,
si f et g sont des fonctionsholomorphes
sur le germe, et si leurproduit fg
estidentiquement
nul auvoisinage
de a,l’une
au moins estidentiquement
nulle auvoisinage
de a(conséquence
du fait que E est localement connexe, et du th. 7 de12).
C
désignant toujours
le corps des nombrescomplexes,
on a deuxhomomorphismes d’anneaux (p
et s:C
~ A ~
Cdont le
composé
estl’identité: 03C6 associe a chaque
c ~ C la fonction constanteégale à
c; e associeà chaque
fonctionholomorphe
sur le germe(E, a)
sa valeur aupoint
a.(La
donnée de deux telshomomorphismes 03C6
et e
définit
surl’anneau
A cequ’on appelle
une structure deC -alge-
bre
augmentée.)
On
peut,
dans certainesconditions,
définir une fonction holomor-phe d’éléments
de A.D’une façon précise,
associonsà chaque système
fini(f1,..., f ) d’éléments
deA, l’anneau
H des fonctions de kvariables
complexes, holomorphes
aupoint ~(f1),..., ~(fk).
Si h ~H,
la fonc-tion
composée h(~’1,..., fk)
est une fonctionholomorphe
sur le germe, doncun
élément
de A.Ainsi,- f 1,
...,f. étant donnés,
on a uneapplication
h -~
h(f-. ~ ... ~
del’anneau
H dansl’anneau A, qui
est visiblement unhomomorphisme
d’anneaux satisfaisant aux conditions suivantes :...,
~’k) ) - h(s(~1) ~
...,~(fk) ) ~ h~ ~C~1) ~
...,cp(h (c~,...,
si h est une constante ~,
h(fi ~ - - - ~
est la constantecp(~) ( r )
si la fonctionh(xl, ... , x.)
est lai-ième coordonnée
x. ,h(f1,
...,fk)
estégale à fi ;
si h est une fonction
composée g(ul’
..., alors... ,
~k) -
... ,fk) ,
... , ... ,~’~) )
~Définition 5.
Onappellera
anneauanalytique
un anneaud’intégrité
A muni de deux
homomorphismes
cp comme ci-dessus(tels
que Eocpsoit l’identité),
et danslequel
sontdéfinies
les fonctionsholomorphes d’éléments
de A dans les circonstancesexpliquées ci-dessus,
de maniere que soient satisfaites les conditions(r).
Dans un anneau
analytique,
leséléments
non inversibles sont lesa tels que
e(a) =
o. Eneffet,
o, a n’est pasinversible;
réciproquement,
sis(a) 7~
o, montrons que a est inversible: on a alorsa = +
a’,
avec c,~
o ets (a’ ) =
o.Considérons
la fonction hd’une
variable x,holomorphe à l’origine
D’après
leshypothèses
faites surA, h(a’)
estdéfini
commeélément
deA,
et le
produit a.h(a’ )
est(p(l) ~ c’est-à-dire l’élément unité
del’an-
neau A.
On voit
qu’un
anneauanalytique
est un anneau local(anneau
danslequel
leséléments
non inversibles forment unidéal).
Cet idéal I est le noyau del’homomorphisme
s.Soient donnes deux anneaux
analytiques
A etA’.
Un homomor-phisme
F de A dansA’
est uneapplication qui
est unhomomorphisme
pour les structures
d’anneau, compatible
en outre avec lesapplications
(p~ s et
q)’ ~ ~’ ,
et tel enfin que si h est une fonctionholomorphe
dek variables au
poi nt ~ (al) , ... , E(ak) (les ai étant
dansA),
on ait~
En
particulier,
on a la notiond’isomorphisme
de deux anneauxanalytiques.
Revenons aux germes
d’espaces analytiques généraux.
Soient(E, a)
et
(E’, a’)
deux tels germes, A etA’
les anneauxassociés.
Il estclair
qu’une application analytique
de(E, a)
dans(E’, a’) (envoyant
aen
a’) définit
unhomomorphisme
del’anneau analytique A’
dansl’anneau analytique
A. Enparticulier,
unisomorphisme
de(E, a)
sur(E’, a’) dé-
finit un
isomorphisme
del’anneau A’
surl’anneau
A.Théorème
1. Soient(E, a)
et(E’, a’ )
deux germesd’ espaces analy- tiques généraux,
Al’anneau
des fonctionsholomorphes
sur(E, a), A’ l’an-
neau des fonctions
holomorphes
sur(E’, a’).
Si F est unisomorphisme
de
l’anneau analytique A’
surl’anneau analytique A,
il existe un iso-morphisme
du germe(E, a)
sur le germe(E’, a’),
et unseul, qui
donne naissanceà
F.Ce
théorème
prouve quel’isomorphie
des anneauxanalytiques
asso-ciés
aux germes(E, a)
et(E’, a’)
estnécessaire
et suffisante pourl’iso- morphie
de ces germes.Démonstration:
cherchons uneapplication analytique ~
de Edans
E’, définie
auvoisinage
de a, etenvoyant
a ena’ ,
demanière
que, j, pour toute fholomorphe
dansE’
auvoisinage
dea’,
on ait(l) F(f) =
auvoisinage
de a.Une fois
prouvée l’existence
etl’unicité d’une telle $,
on pourra raison-ner de
meme
pourl’isomorphisme réciproque F-1,
ce qui donneraun ~’;
etsera
l’application identique
de(E, a),
seral’application
iden-tique de
(E’, a’);
donc C sera bien unisomorphisme.
Représentons
E comme"espace
desparamètres" &(V)
de la sous-variété principale
Vdéfinie,
auvoisinage
del’origine
dansl’espace
(z, x-, ~ ... ~ Xk) ,
par uneéquation
où
P est unpolynôme distingué irréductible.
Soit p1 application
canonique
de&(V)
sur V. Lescoordonnées
z,x 1 ,..., x k
del’espace
am-biant de V sont des fonctions
holomorphes
dansE’,
nulles aupoint d,
qui définissent l’application canonique
p deê(V)
dans le sous-ensemble V del’espace
ambiant. Les fonctionstransformées
de z,xl, ... , x k
parl’homomorphisme
F sontholomorphes
dansE,
nulles aupoint
a; ellesappliquent
E dans lasous-variété
V. Si onapplique
la condition(l)
en y
remplaçant
successivement f par z,xl,..., x,
on trouve quel’ap-
/
plication
composee 03C103A6 est connue, et quec’est
. uneapplication analyti-
que. Ceci
détermine
sansambiguïté
la valeur de 03A6 auxpoints
b E Etels que
p(~(b))
soit unpoint
de Voù
le discriminant A dupolynôme
P est ~
o. Or cespoints
sont ceuxoù
la fonctionF(A), qui
est holomor-phe
et nonidentiquement
nulle surE,
est nulle. Ainsi ~ estdéfinie
et
analytique
auxpoints
b de Eoù F(A) 7~
o; en cespoints, (1)
estalors
vérifiée
pour toute fholomorphe
surE’ (voir
n°5).
Il reste
à vérifier
que ~ seprolonge
parcontinuité
aux autrespoints
de E(voisins
dea),
la relation(1) étant
alorsremplie
par pas-sage a
la limite. Or la fonction 03C103A6 seprolonge
parcontinuité; donc,
si un
point
b de E tend versbo, ~(b)
nepeut
avoir pourpoints d’ac-
cumulation que ceux de
l’image réciproque p-l
dep(c(b..) ) ~ qui
sont ennombre fini. Il
résulte
du th. 6 de 12(locale connexion)
que~(b)
a unlimite. Ceci
achève
ladémonstration.
4.
Structure del’anneau
les fonctionsholomorphes
sur un germed’espace analytique général.
Supposons
ce germedéfini
par uneéquation
P
étant
unpolynôme distingué
en z,irréductible à l’origine.
Ainsi legerme
(E, a)
estdéfini
parl’espace
E =~(V) ~
Vdésignant
lasous-variété d’équation
P = o, et aétant l’origine.
Soit p ledegré
dupolynôme
P.L’anneau ~( (xl, ... , x )
des fonctionsholomorphes a l’origine
estun anneau
d’intégrité ;
soit K son corps des fractions(fonctions méromor- phes à l’ origine) .
Lepolynôme irréductible P(z), à
coefficients dansK, permet
de fairel’adjonction
à K d’uneracine ~
de P: soitK(s)
lecorps ainsi obtenu. Dans ce corps on a la notion
d’élément
entier surl’an-
neau
~(txl, ... , x ) : c’est
unélément
deK(~) qui
est racine d’unpoly-
nome unitaire â
coefficients dans(x1,..., xk), polynôme qu’on peut
sup-poser irréductible parce que
l’anneau (x1,..., xk)
est factorielth.
IL) .
Il est clairquel
est un tel entier.Les
éléments
deK( ~)
entiers sur~({xl,..., xk)
constituent un an-neau
d’intégrité (~ ~ qui
contientK(x ~ ... ~ x.) ~
et estintégralement clos
(i.e.,
si unélément
du corps desfractions, qui
ici estK{~),
est entiersur
C~,
ill’est déjà
dansD’après
unthéorème classique,
toutélément
ex E df a la formeQ(03B6)/P’ (03B6), où Q
est unpolynôme
dedegré
p - 1 auplus, à
coefficients dans ...,xk) ;
un telQ
estunique.
Rappelons rapidement
ladémonstration: pour P
EK(1),
soitTr{~)
la somme des
conjugués
de P parrapport à
K. Si a E~,
estentier,
donc est dans~((x ,
...,x ) ,
soit =u~
pour h = 0, ...,p-l.
On aJ
les
b.(~~ étant
despolynômes
dedegrés p-1, â
coefficients dans1 -
..., Dans cette
relation, remplaçons
z successivementpar 03B6
etses
conjugués, puis
sommons; il vientet le second membre est un
polynôme Q( ~)
dedegré p-l. L’unicité
deQ
est
évidente,
car si~( ’ ~ -
o,Q étant
dedegré
estidentiquement
nul,puisque
lepolynôme
minimal Pde §
est dedegré
p.Les
éléments
deK(03BE) qui
ont laforme Q(03BE) P’(03BE)
forment un module(libre)
detype
fini surl’anneau noethérien
...,xk). L’anneau
Sest un sous-module de ce
module,
donc est aussi un module detype
fini surK(x- ~ ... ~ xk).
Tout sous-module deC~,
comme module surK(x ~ ... ~ xk)
estde
type fini,
et a.fortiori est detype
fini comme a-module: ceci prouve que etest un
anneaunoethérien.
Théorème
2.L’anneau
Qprécédemment défini
estcanoniquement isomorphe à l’anneau
A des fonctionsholomorphes
sur le germed’espace analytique défini
parl’équation P ( z, xl, ... , x.) ==
o àl’origine.
Définissons
uneapplication
a --~fa
del’anneau
et dansl’anneau
A:
chaque
a E as’écrit Q( ~) /P’ ( ~) , Q étant
dedegré p-1;
la fonction(z)
estholomorphe
auxpoints réguliers
deou
o, etelle se
prolonge
parcontinuité à
tous les autrespoints
deë(V) .
En ef-fet,
si ex est racined’un polynôme
unitaireR(a),
on aR{Q{z) ~P’ (z))) =
osur
l’espace ~(V), donc, lorsqu’ un point
M de~(V)
tend vers unpoint
Mo, Q(z)/P’(z)
nepeut
avoirqu’un
nombre fini de valeursd’accumulation;
de
la
on conclut queQ(z) /P’ (z)
a unelimite,
en vertu du th. 6 de 12.Ainsi
Q/P’ définit
une fonctionholomorphe
surê(V)
auvoisinage
del’origine. C’est
cette fonctionf e
A que nousassocierons à l’entier
algébrique
ex E Q. On va montrer quel’application
a -~fa
est un iso-morphisme
del’anneau
ff surl’anneau
A. Toutd’abord,
cetteapplica-
tion est
évidemment C-linéaire.
Elle estbiunivoque,
car si la fonctionQ(z)/p’(z)
estidentiquement nulle, Q(z)
est nul auxpoints oh P’ { z) ~
o,points qui
sont en nombreégal à
p; donc les coefficients deQ(z)
sontnuls en tout
point ou
le discriminantA(xl,..., x ) est ~
o, et aussi auxautres
points
parcontinuité.
Il enrésulte
quel’élément ~( ~ ) ~P’ ( ~ )
== aest nul.
L’application
a -~f a applique
et surA;
eneffet,
un raisonne-ment
analogue à
celui du bas de la page 9 montre que toute fonction fholomorphe
surë(V) satisfait a
une relation de la formeP’(z)f
=Q(z),
Q
etant unpolynôme
dedegré p-1,
età
une relation... ,
x ) -
o , Rétant
unpolynôme
unitaire( Voir
prop.2 ,
page11 ) . Enfin, l’application ~’a
estmultiplicative :
car sil’on
a f ={z)~~ {z)
auxpoints oû ~ (z) ~
o, on a a =p~ { ~)~~ ( ~)
etrécipro-
quement.
Ceci
achève
ladémonstration
duthéorème
2.Remarque: l’isomorphisme
de C~ sur A prouve queA,
comme mo-dule sur le sous-anneau
N.(xl,...,
estengendré
par un nombre finid’ éléments, qu’on peut
supposer nulsà l’origine.
Toutélément
de As’écrit
donc comme fonctionholomorphe h(yl,...,
hétant
une f’onc-tion de m variables
holomorphe à l’origine,
et lesy. 1
étant deséléments
de A
appartenant à l’ idéal
I(noyau
del’ homomorphisme
s; cf .ci-dessus,
p.
6).
Ainsi A estisomorphe a
unquotient
del’anneau
des fonctionsholomorphes (a 1’ origine)
de mvariables,
par unidéal qui
estsairement
premier (puisque
A est un anneaud’intégrité). Rappelons d’autre part
que A estintégralement
clos.5.
Quelques compléments.
Au cours de la
démonstration
duthéorème 2,
p.10,
on a eu besoindu
résultat
suivant:Proposition
2. Soit V lasous-variété analytique d’équation
P(x; x1,...,
x ) =
o(P polynôme distingue
a"l’origine,
dedegré
-p.Si f est
holomorphe sur &(V)
auvoisinage
del’ origine,
il existe unpolynôme
unitaireR, à
coefficientsholomorphes
enx 1,..., xk,
tel queR { ~’) -
o. Deplus ,
leproduit P’
r( z)f
estégal a
unpolynôme Q(z) (à
coefficients
holomorphes
enxl, ... , x ) ,
dedegré
p-1 en z.Soit un
point (x ~ ...~ xk)
voisin del’origine,
et tel que le discriminant ...,xk)
deP(z) soit 7~
0.L’ éqUation P(z) =
0 aalors p racines
distinctes,
auxquellescorrespondent
p valeurs de f.Les fonctions
symétriques élémentaires
de ces p valeurs sont des fonctionsh olomorphes
dexl,..., x~, bornées,
auxpoints où A 7~
o; donc elles seprolongent
auxpoints
ou A = o . Ainsi f est racined’ un polynôme
uni -,
~ ,
taire R
à
coefficientsholomorphes
enxl,..., xk,
et ceci demontre lapremière partie
de laproposition.
De
même,
si unpoint xl’...’ x ) n’annule
pas A,considérons
la somme des valeurs de
zhf
aux ppoints
de Vayant
cescoordonnées x- , ..., xk.
Ce sont des fonctionsuh(xl,..., holomorphes meme
auxpoints ou A =
o. En raisonnant comme au bas de la page 9, on en conclut queP’ (z)f
est unpolynôme Q(z)
dedegreé p-1, à
coefficients holo-morphes
enx- , ..., xk.
Nous sommes en mesure
d’achever
un raisonnement de la fin du n° 3: ils’agit
de prouver que si la relation(1) F( f) =
fo estvérifiée
lorsque
f estl’une quelconque
des fonctions z,x. , ..., xk, (1)
estvérifiée
pour toute fonctionholomorphe
surE’ = ~(V),
auvoisinage
dupoint a’ pris
pourorigine.
Or(l)
estvérifiée
si f est une fonctionholomorphe
dex ,..., xk, puisque
F est unisomorphisme
pour les struc- turesd’anneau analytique.
Donc(1)
est vraie si f est unpolynôme
en,
z, a coefficients
holomorphes
enx ,..., xk.
Soit maintenant f unefonction
holomorphe quelconque
sur le germe(E’ , a’).
En vertu de laprop. 2
ci-dessus,
on aP’ (z)f - Q(z) =
o,Q étant
unpolynôme ; puisque
F est un
homomorphisme d’anneaux,
on a doncF(P’ (z) ) ’F{~) - F{Q(z) ) ~ d’où F(P’ (z) ) .(F(f) -
0, et commel’anne.au étudié
est un anneaud’intégrité,
on conclut bienF(f) -
~’° ~ - o.Remarque finale :
avec les notations du th. 2,l’isomorphisme
deA sur et
définit
sur et une structured’anneau analytique.
Enfait,
cette
structure
estentièrement déterminée
par la structured’anneau
ana-lytique
du sous-anneau S deet, formé
des fonctionsholomorphes
enx , ..., x..
En effet : toutd’abord, l’homomorphisme s
estuniquement détermina
par la condition des’annuler
sur leséléments
non inversibles del’anneau
(Ï.
D’ autre part,
si on a deséléments a.
dea,
et si h est une fonc-tion
holomorphe
auvoisinage
dupoint { ~ ( ai) ) , l’élément h ( al , a2 , ...)
est bien
déterminé
par la connaissance des a.; car, pardivision,
ondé-
termine un
polynôme
parrapport
auxa. (à
coeff.holomorphes
enx , ... ,
xk qui
estégal,
dans1’ anneau
C~,à a2’ ...) :
cela tienta
ce quechaque a.
annule unpolynôme
unitaireà
coeff.holomorphes
en x-. ~...~x k (d’après
la prop.2).
6. Un
théorème
fondamental sur les anneauxanalytiques.
Soit A un anneau
analytique (déf. 5,
p.6) .
Soit Ii’idéal
des
éléments
noninversibles;
pour tout sous-espace vectoriel V de I.(il s’agit d’espace
vectoriel sur le corps C desscalaires),
soitLV~
lesous-anneau
analytique
de Aengendré
parV, c’est-à-dire l’ensemble
deséléments
de Aqui s’écrivent
comme fonctionholomorphe d’éléments
de V.Théorème
3. Soit A un anneauanalytique jouissant
dela.pro-
priété
suivante:l’idéal
I contient un sous-espace vectoriel V de di- mensionfinie,
tel que A soit contenu dans laclôture intégrale
du sous-anneau
analytique [V] engendré
par V. Soit A cetteclôture intégrale,
qui
est aussi laclôture intégrale
de A. Alors la structured’anneau
ana-lytique
de A seprolonge d’une
seulemanière
en une structured’anneau analytique
surA,
et il existe un germed’espace analytique général (E, a)
tel que A soit
isomorphe (comme
anneauanalytique) à l’anneau
des fonc- tionsholomorphes
sur ce germe. Un tel germe estunique à
uneisomorphie
pres.
L’unicité
du germerésulte
duthéorème
l. Pourdémontrer
sonexistence,
introduisons la notion de sous-espacegénérateur
V: unsous-
espace vectoriel V de
l’idéal
I est ditgénérateur
si A est contenudans
l’anneau
des entiersd’une
extensionalgébrique
finie del’anneau [V].
Les
hypothèses
du th. 3impliquent l’existence d’un
sous-espacegénérateur
de dimension finie.
D’autre part,
unsous-espace V
sera ditanalytique- ment libre
si pour toute fonctionholomorphe (a l’origine)
h telle queh(al’...’ a ) ~=
o dans A(avec a.
EV),
lesa.
sontlinéairement dé-
pendants,
ou bien h est identiquement nulle. Montrons leLemme. Tout sous-espace
générateur
de dimension finie contientun sous-espace
générateur analytiquement
libre.En
effet,
soit V un sous-espacegénérateur
de dimension finie.Si V
n’est
pasanalytiquement libre,
il existe unsystème
finid’éléments
a. ~ ... ~ an,
constituant une base deV,
et une fonction h de nvariables, holomorphe a l’origine
et nonidentiquement nulle,
telle queh(al,..., an)
= o.
D’après
lethéorème
de Weierstrass(cf.
prop. 4 et th. 1 bis del’ex-
posé1o),
onpeut
choisir une autre base de V(que
nousappellerons
en-core
a ~ ...~ an)’
demanière
quel’on
ait une relational’ ...,
0,P
étant
unpolynôme distingué
enan (à
coefficientsholomorphes
ena 1 ,..., an-l’ appartenant tous,
sauf celui de laplus
hautepuissance
dean, â l’idéal I ) .
Doncl’élément a n
est entieralgébrique
surl’anneau [V’],
en notant
V’
le sous-espace vectoriel de Iengendré
para ~ ... ~
Ainsi le sous-espace
V’
estengendrant.
SiV’
estanalytiquement libre,
le
théorème
estdémontré; sinon,
on recommence surV’
cequi
aété
faitsur V. Ces
opérations
ont unefin,
car les dimensions des espaces vec- toriels vont endécroissant.
On arrive doncnécessairement à
un sous-es-pace
engendrant
etanalytiquement
libre.Le lemme
étant
ainsiprouvé,
soit(a ,..., ak)
une based’un
es-pace V
engendrant
etanalytiquement
libre. Le sous-anneau[vJ
est iso-morphe à l’anneau X(xl’
...,xk)’
auquel nousIL’
identifierons. Ainsi A est contenu dansl’anneau
des entiers d’une extensionalgébrique
finie de(x1,
... ,x ) . D’après
le"théorème
del’ élément primitif,"
cette exten- sionpeut être
obtenue paradjonction d’un unique élément ~, qu’on peut,
supposer dans
I; ~
sera racined’un polynôme irréductible P(z ) ~ à
coef-ficients dans
x ) ;
P est unpolynôme distingue.
On voit que la
clôture intégrale
As’identifie à l’anneau noté
S au n°
4,
anneauqui (en
vertu du th.2)
esti s omorphe à l’anneau
desfonctions
holomorphes
sur le germedéfini
parl’équation
xl,..., ~-1~~ =
O .Cet
isomorphisme
de A sur C~permet
detransporter à
A la structured’anneau analytique
deC;
elleprolonge
la structured’anneau analytique
de A.
C’est,
surA,
la seule structured’anneau analytique prolongeant
celle de
A;
carl’image
de A dans C~ contient le sous-anneauanalyti-
que ... , et on a vu
(p.
12,"remarque finale") qu’il
existe surS une seule structure
analytique prolongeant
celle de~,(xl,..., xk).
Ainsi le
théorème
3 estentièrement démontré.
On observera que
l’entier
k estégal à
la dimension du germed’ espace analytique associé à l’anneau
A.C’est
un invariant del’anneau analytique A, analogue
au"degré
detranscendance"
pour un anneaud’inté-
grité
ordinaire.Corollaire
du théorème
3. Pourqu’un
anneauanalytique
A soitisomorphe à l’anneau (analytique)
des fonctionsholomorphes
sur un germed’espace analytique,
il faut et il suffit que A soitintégralement
clos,et que
l’idéal
I deséléments
non inversibles contienne un sous-espace vectorielV,
de dimensionfinie,
tel que A =L~~.
En
effet,
ces conditions sontsuffisantes,
en vertudu théorème
3;elle sont
nécessaires, d’après
la remarque finale du n°4.
7.
Exemples simples de germes d’espaces analytiques.
Tous les germes de
dimension un sont isomorphes.
Eneffet,
untel germe
peut être défini
par uneéquation P(z; x) =
o,P étant
unpoly-
nôme
en z,distingué
etirréductible.
Soit p ledegré
deP;
il estimmédiat
que sil’on
pose x =yP,
zs’exprime
comme fonctionholomorphe f(y) à l’origine.
Sià
la variable y on associe lepoint
x =yP,
z =
f(y),
ondéfinit
unisomorphisme
du germedéfini
par C(variable
y,au
voisinage
del’origine)
sur le germedéfini,
dansl’ espace (x, z),
parl’équation P(z; x) =
o.Le germe de