Séminaire Henri Cartan
A. G ROTHENDIECK
Sur les faisceaux algébriques et les faisceaux analytiques cohérents
Séminaire Henri Cartan, tome 9 (1956-1957), exp. no2, p. 1-16
<http://www.numdam.org/item?id=SHC_1956-1957__9__A2_0>
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(Secrétariat mathématique, Paris), 1956-1957, tous droits réservés.
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2-01
SUR LES FAISCEAUX
ALGEBRIQUES
ET LES FAISCEAUXANALYTIQUES
COHERENTS.A.
GROTHENDIECK,
(Exposés
de ~.GROTHENDIECK,
les4.2.1957
et11.2.1957)
Séminaire
H.CARTAN, 1956/57.
Expose
n° 2Le but de cet
exposé
est degénéraliser
certainsthéorèmes
de SERRE. Il utilise defaçon
essentielle lestechniques
deSerre [ 1 ] 12 ] [3] .
1.-
Généralités
sur les fai s ceauxalgébriquE s cohér ent s . (Rappels)
Soit X un espace
topologique
muni d’un faisceau d’anneaux~.~
’. Un fais-ceau de
(p-modules
A(ou simplement
est dit detype fini
si surtout ouvert assez
petit
il estisomorphe
à unquotient d’un (!~ (n
entierfini ~ 0) , cohérent s’il
est detype
fini et si pour touthomomorphisme
f u
_~ A sur un ouvert U dex ,
le noyau est detype
fini. Si .0
.-.-...-~. ~~’
_ h" - 0 est une suite exacte de~~~ -Modules, et
si deux de ces modules sontcohérents,
il en est de même dutroisième ;
lenoyau,
conoyau,
image, coimage
d’unhomomorphisme
de~.~-mod ule s cohérents
est un-module cohérent.
Si A et B sont des-modules cohérents,
il en estde
même
du faisceauHom
des germes dehomomorphismes
de A dans B.Si
lui-même estcohérent 9
les -modulescohérents
sont lescf)
-modulesqui,
sur les ouverts assezpetits,
sontisomorphes
au conoyau d’unhomomorphis-
me
(.~
~~."
0 Pour tout ceci et d’autrespropriétés élémentaires,
cf[ 1 , chapitre ~., paragraphe 2 ] .
~ .’
Soit X un ensemble
algébrique (sur
un corpsalgébriquement
clospour fixer les
idées ;
mais lesrésultats
de cenuméro
et du suivant restent valables pour lesschémas,
et même lesschémas arithmétiques généraux ...).
Ondésigne
par~‘~ X
le faisceau des anneaux locaux deX,
ses sections sur un, ouvert U sont les fonctions
régulières
sur U . C’est un faisceau d’an-neaux, et
même
dek-algèbres.
.
THEOREME 1.-
est unfaisceau
cohérent d’anneaux.b) Si
X est affine d’anneaude coordonnées A(X) , alors
pour tout-
Module
cohérent
A surx ,
les modulesponctuels Ax
sontengendrés
parl’image canonique
de1 (X , A) .
. Deplus, r (X , A)
est unA (X)-module de- type fini,
et toutA(X)-module
detype
finiprovient
d’un-module cohérente
essentiellement
unique. (Rappelons que r (X , A) désigne
le module des sec-tions de A au-dessus de
X) .
c)
Sous les conditions deb)~
on aA) =
0 pour i>0 .Pour les
démonstrations, très élémentaires,
voir[1, chapitre 2,
paragra-phes2, 3, 4] ,
ou unexpose
de Cartier auSéminaire
Grothendieck1957.
2.- Un
théorème
dedévissage.
DÉFINITION
1.- Soient C unecatégorie abélienne,
C’ une sous-classe de C . On dit que C’ est unesous-catégorie
exacte si pour toute suiteexacte
. 0
__~A’__~.A~~A"_~.
0 dansC ,
dont deux ternes sont dansCI ,
le
troisième
terme est aussi dansC’ ,
et si tout facteur directd’un
A 6 C ’est dans C’ .
THÉORÈME
2.- Soit X un ensemblealgébrique;
supposonsdonné
pour toutepartie irréductible
Yde
Xj~ (.(-Module
cohérentFy
surY ~ ayant
poursupport
Y . SoitK(X)
lacatégorie abélienne
des faisceauxalgébriques
co-hérents
sur X . Alors toutesous-catégorie
exacte K deK(X)
contenant lesFy
estidentique
àK(X).
DÉMONSTRATION.-
Elle se fait parrécurrence
sur n =dim. X ,
le cas n = 0étant immédiat grâce
à ladeuxième
condition dedéf~
1.Supposons
donc n~0 ~
et le
théorème démontré
en dimension n . Onpeut considérer K(Y)
commeune
sous-catégorie
deK(X) (Y
étant unepartie fermée donnée
deX ) ~
alors
KnK(Y)
est unesous-catégorie
deK(Y)
satisfaisant aux conditions duthéorème 2,
donc si dim.Y ~ nl’hypothèse
derécurrence implique
K(Y) =K(Y)nK
i.e.K(Y)
c. K .Soient Y une
partie fermée de X , A
un((x
-modulecohérent
telque supp. A cY . Soit
Y
le faisceaud’idéaux
deWx défini
parY .
alorsil existe
upentier k tel
X 201420142014Par raison de
"compacité",
on estramené
au cas où X estaffine,
on uti-lise alors le
théorème 1, b)~
enremarquant
que si A estdéfini
par leA(x)-module
M=F(x ~ A) ~
alorsl’idéal
de supp. A est l’intersection desidéaux premiers
minimaux associés à l’annulateur deM ~
d’où aussitôt le ré- sultat.COROLLAIRE.- Souples conditions
précédentes,
A admet une suite decomposi-
tion avec des
A./A. l, ~K(Y).
Cela signifie que A./A., est annulé par : on prendra
Cela
signifie
queA./A.. est annulé
par.~y ;
onprendra
A. =~y~A .
Dans le cas où dim.Y n , raisonnant par
récurrence
sur lalongueur
decette suite de
composition,
utilisantdéf.
1 etK(Y)cK ?
on trouve que sidim. supp. A n , alorsSupposons
d’abord Xirréductible.
Pour soitT(A)
le sous-. module de torsion de
A ~ (dont
les modulesponctuels
sont les sous-modules de torsion deA, ).
LEMME 2.-
Si
alors le sous-module de torsion est~
A =T(A) équivaut
à supp.A ~
X .On est
aussitôt ramone
au cas où X estaffine,
où c’estimmédiat
àl’aide
del’interprétation
des(-modules cohérents
commeA(X)-modules
detype
fini.’ Utilisant la suite exacte 0 _~
T(A) _~A o
_~0 , et
T(A)
~.K ~
1 on trouve que A ~ Kéquivaut
à &K .’
Soit ~
le faisceau de corps sur X forme par les corps de fractions desL/ _ ~
i.e. le faisceau des germes de fonctionsrationnelles, c’est
unfaisceau
constant,
on a unhomomorphisme injectif
A° _~ A
°
~) Repré-
sentant localement A comme un conoyau d’un
homomorphisme
Xm
~ On trouve que leproduit
tensoriel dudeuxième
membre estlocalement isomorphe
à un faisceau de la forme(en
tant que faisceau de~ -modules),
on en conclutqu’il
estglobalement isomorphe
àgrâce
auLEMME
3. -
Sur un ensemblealgébrique irréductible X ~
un faisceau localement constant est constant.une
conséquence
facile du fait que tout ouvert de X est connexe(considérer
un ouvert maximal où le faisceauenvisagé
soitconstant 1)
Nous
identifierons
doncAo
à un contient le sous-X-module Xk . Considérons
lasuite
exacte0
-~~ A-~ A_ ~ _~0
où
Q est défini
comme le conoyau del’homomorphisme d’injection.
On voitaussitôt que
Q
=0 ,
doncQ
est un module de torsion doncsupp. Q ::J
X(lemme 2)
d’oùQ é
K .(On
s’est serviimplicitement
du fait queA
est un
(~-module cohérent,
cequi
sevérifie facilement).
Par suite A ~. Kéquivaut
àA~
& K .Demême,
la suite exacteanalogue
. o
0
__.0?~ ~ ~
+ __~Q’
_~0 , où
X d’oùQ’
6K,
implique
que +~
& Kéquivaut à ~ ~
K . .Supposons
enfin k >0 ,
Le. que A ne soit pas un
~-module
de torsion Le.supp.A=X ;
alorsE K
équivaut
à~
~K , comme
ilrésulte aussitôt
dedéfinition
1 .Donc,
leséquivalences précédentes impliquent
que si A est tel quesupp. A X,
alors A &Kéquivaut
àWx
~K . Faisant A=Fx
on trouvedonc
~
éK ,
donc toutA&K(X)
desupport
X est dansK,
et comme ilen est de même des de
support / X ,
on a bienK(X)
e K .Si maintenant X
n’est plus
nécessairementirréductible, soient X~
sescomposantes irréductibles.
Pour tout faisceaualgébrique cohérent
A surX,
soient A. le faisceau
coïncidant
avec A surX~ ,
avec 0 dans X -XJ.’ ,
c’est
un~-module cohérent s’identifiant
à unquotient
de A . On a un ho-momorphisme
naturel A 2014~ de A dans la somme directe desA~ ,
ho-momorphisme injectif, soit ~
son conoyau, on a donc une suite exacte 0 - A_==>Q 2014~0 .
Commesupp.Q
CU ~i~~-j ’ Q:K,
i ~ ’ i~j
, 1 Jpour prouver A e K il suffit de prouver que
H A.
6K , ou
encore quechaque A.
est dans K. Ord’après
cequ’on
a vu,appliqué
àXi,
on aK(X.)
6K ,
d’où on conclut encore que supp.A~2. X~ implique
gK ,
enutilisant le corollaire du lemme 1 . Le
théorème
2 estdémontré.
REMARQUE.-
Disons que lasous-catégorie
K deK(X)
est exacte àgauche
sipour toute suite exacte 0 20142014~ A’ 1 2014~ A
2014~A"
2014-~ 0 dansK(X) ,
A’resp. A est dans K pourvu que les deux autres termes soient
dans
K . Ladémonstration
duthéorème
2 prouve que la conclusion est encore valable si on suppose seulement K exact àgauche,
pourvu que lesFy considérés
comme~-Modules
soient sans torsion. Ceci suffit à prouver sansplus
que si Xest
complète,
lesP (X , A)
pour A EK(X)
sont dos espaces vectoriels de dimension finie(car
lacatégorie
K desAeK(X) ayant
cettepropriété
est exacte à
gauche,
et contient les c’est ladémonstration
de Serre.3.-
Compléments
decohomologie
des faisceaux.Soit X un espace
topologique, C désigne
lacatégorie
des faisceauxabéliens
sur X. On définit de lafaçon
usuelle les faisceauxinjectifs,
onprouve
l’existence,
pour tout A6.C ,
d’unerésolution C(A)
de A par des faisceauxinjectifs,
cequi permet
dedévelopper
la théorie des foncteursdéri-
vés
à droite. Enparticulier, considérons
le foncteur exact àgauche )(X ~ A)
de
CX
dans lacatégorie
C des groupesabéliens ; ses
foncteursdérives
sontnotés- A).
On a doncLes
Hl~~ , A)
forment un "foncteurcohomologique"
enA ,
nul pour i ~0 ,
satisfaisant à .
Si f : X
~
Y est uneapplication
continue de X dans un espaceY’ ,
on
définit
pour tout faisceauabélien
B surY ,
le faisceauabélien f (B)
sur X
image réciproque de B ,
etl ’homomorphisme canonique
se
prolonge
defaçon unique
en deshomomorphismes,
fonctoriels etcompatibles
avec les
opérateurs
cobords .’
Soit maintenant À un faisceau
abélien
surX ,
ondéfinit
sonimage
directe
f~ (à )
comme le faisceauabélien
sur Y dont les sections sur unouvert Y
sont
les sections de à surf-1(V) .
Evidemment f est un fonc- teur covariant additif exact àgauche
deCX
dans CY , etsÎ Ç,
resp.Vy
désignent
les foncteurs"sections"
suré
resp. CY, on a pardéfinition
De
plus,
onvérifie
trivialement quef~
transforme faisceauxinjectifs
enfaisceaux
injectifs.
Il enrésulte
facilement la suitespectrale
deLeray
del’application
continuef ~
iH~ (~ , A)
est l’aboutissementd’une
suite spec- tralecohomologique
de terme initialoù
les(A)
sont les faisceauxsur
Y obtenus enprenant
les foncteursdérives
à droite du foncteurf~ :
iC~
_~C~ ,
i.e. =H~(f~(C(A)) .
On trouve aussitôt que est le faisceau sur Y
associé
aupréfais-
ceau
V ~ Hq(f-1(V), A) .
..De la suite
spectrale
deLeray
résultent deshomomorphismes
,dont la définition directe est évidente
(en
notantqu’on
a unhomomorphisme
naturel *
(À)) k).
. Deplus,
- siRqf
*(à)
= 0 ~ -pour q>0 ,
leshomomorphismes (1)
sont desisomorphismes.
Celarésulte aussitôt
de la suitespectrale,
ou encoreplus simplement
du fait quef (C(A))
sera alors unerésolution injective
dePour les
résultats
de cenuméro,
voir Séminaire Grothendieck1957.
4.-
Résultats
auxiliaires sur les faisceauxalgébriques
surl’espace projectif.
Soient V un espace vectoriel de dimension finie sur
, P l’espace
projectif associée quotient
deV-(0)
par le groupealgébrique *
. Onvoit que
V-(0)
est un espacefibre algébrique principal
surP ,
de groupe structural~LK ~ qui définit
donc sur P un espacefibre associée
à fibresvectorielles de dimension
1 ;
le faisceau des germes de sectionsrégulières
dufibre
dual estnoté ~(l) ?
ondésigne
par(y(n)
lapuissance
tensoriellen-ième
de(1)
sin~0,
lapuissance
tensorielle(-n)-lème
du fais-ceau "dual" si n 0
(en particulier (0)
=(Pp) .
Si A est un faisceaualgébrique
surP ,
on poseA(n)
= A(n),
on a alorsA(m)(n)
=A(m+n).
Les définitions
de(n)
ls’étendent aussitôt
. au cas de faisceaux sur un
produit
P xY ~
où Y est un ensemblealgébrique quelconque.
THÉORÈME
3.-a)
Soient Y un ensemblealgébrique affine,
A un faisceau al-gébrique
cohérent sur P x Y . Alors pour tout entier n assezgrand, A(n)
.est
engendré
par le module de sessections,
i.e.A(n)
estisomorphe
à unquotient
d’un faisceaub)
On a(!?(n))
= 0 pour n assezgrand.
La
démonstration
estélémentaire ;
poura)
voir[l~
page247, théorème
.
(où
est traité le cas où Y est réduit à unpoint,
mais ladémonstration
vaut tellequelle
pour Yquiconque)~
et pourb)
voir[l~
page259, théorème 2] .
On
peut procéder
directement par calcul de(n))
par laméthode
deCech, qui s’applique grâce
authéorème (cf. Séminaire
Grothendieck pource
point) ,
utilisant le recouvrement bien connu de P par r+1 ouverts affi-nes
isomorphes
à~ .
Supposons
maintenant que soit le corps descomplexes,
alors P est aussi muni d’une structured’espace analytique,
soitph,
et ce dernier estmuni de son faisceau
d’anneaux
locauxanalytiques , soit ~ ~
enfin on défi-nit comme ci-dessus les faisceaux
(~ (n) .
Celaétant,
on a :COROLLAIRE.-
a)
SoitAh un h-Module cohérent
sur alors our tout nassez
grand, Ah(n)
estisomorphe
â unquotient d’un
faisceaub)
On a 0 pour n assezgrand.
La
démonstration
estnettement plus profonde :
voir[ 2,
lemme5
page 21 et lemme 8 page24.] j.
Elleprocède
par récurrence sur ladimension,
et utilisede
façon
essentielle le fait que lacohomologie
deP
à valeurs dans unmodule cohérent est de dimension finie.
5.-
Lethéorème
de finitude :énoncé.
Soit f : X
~ Y
uneapplication régulière d’ensembles algébriques,
etsoit h un faisceau
algébrique,
i. e. un surX ;
alors sonimage
directe par
f,
etplus généralement
les R f n~3)
sont desL/~-.
modules. Dans le cas où A est cohérent
(ou plus généralement "quasi-cohérent"
au sens de
Cartier,
cf.Séminaire Grothendieck),
on montreélémentairement
que pour tout ouvert affine V dansY ,
on aet que les faisceaux
(A)
sont aussi"quasi-cohérents" .
Nous allonsdonner des conditions suffisantes pour
qu’ils
soient mêmecohérents.
°
. DEFINITION 2.- Un
morphisme
f : X‘ Y
d’ensemblesalgébriques
est ditpropre si pour toute
composante irréductible Xi de X,
leschéma
deXi
estcomplet
au dessus duschéma
def(X.) (cf. Séminaire Cartan-Chevalley 1955/56).
Une
définition plus géométrique
est la suivante : f est propre si pour tout ensemblealgébrique Z, l’application correspondante
X x Z ._....~. Y x Z estfermée.
Si f ô X -..~ Y et g s Y ;_-.~ Z sont desmorphismes d’ensembles
algébriques,
si f et g sont propresgf l’est ;
sigf
est propre, alors fl’est,
et g aussi pourvu quel’image
de f soit dense dans Y. Pour que X soitcomplète,
il faut et il suffit que lemorphisme
de X dans un ensemblealgébrique réduit
à unpoint
soit propre.Supposons
que X soit unepartie
lo-. calement fermée d’une
variété complète X’ ,
alors pour que f : X ~Y
soitpropre,
il
faut et il suffit que songraphe
soitfermé. Conjuguant
ceci avec lelemme de Chow
~n~ 7,
lemme4),
le faitqu’un
sous-ensemblealgébrique d’un
en-semble
algébrique
sur lescomplexes
est fermé si et seulement si il est fermé pour latopologie
del’espace analytique sous-jacent [2, proposition
7 page12 ~,
et le fait
qu’un
espaceprojectif complexe
estcompact,
on conclutaisément
ducritère précédent
que dans le "casclassique",
unmorphisme
est propre si et seulement sil’application
pour les espacesanalytiques sous-jacents
est pro-pre au sens usuel
(l’image réciproque
d’uncompact
estcompact) ;
comparer[2, proposition 12, proposition 6]
où estdémontre
le casparticulier :
Xcomplète ~20142014~X compacte.
’
THEOREME 4.-
Soit f : X__~Y
unmorphisme
propre d’ensemblesalgébriques.
Pour tout faisceau
algébrique cohérent
A surX ,
les faisceauxalgébriques (A)
sur Y(et en particulier l’image
directef~(A))
sontcohérents.
. La
démonstration
seradonnée
au n~ 7.Signalons
ici le corollairesuivant,
obtenu en
prenant
Yréduit
à unpoint :
COROLLAIRE.- Soit A un faisceau
algébrique cohérent
sur un ensemblealgébri-
que
complet,
alors lesH~(X , A)
sont des espaces vectoriels dedimension
finie.’
6.-
Unthéorème
decomparaison algébrique-analytique: énoncé..
Soit X un ensemble
algébrique
sur le corps descomplexes,
ondésigne
par
X~ l’espace analytique sous-jacent (cf. [2]
pour desdéfinitions
enforme), par ~
ou~y
le faisceau des anneaux locaux(analytiques)
de X .L’application identique 1 : X ~ X
estcontinue,
onpeut
doncconsidérer l’image réciproque i ((~) , et on a un homomorphisme
naturel de faisceaux
d’anneaux i-1(X) ~xh , qui permet
de considérer (!/y
comme un fais-
ceau
d’algèbres
sur() .
Si maintenant A est unX-module,
alorsi 1 (A)
est uni" 1 ( -module,
et on posera :Ah
estappelé
le faisceauanalytique associé
à A . On montredans [2]
que lefoncteur covariant A .~-.~
A
est exact. On a unhomomorphisme fonctoriel
qui
est d’ailleursinjectif,
il donne naissance à deshomomorphismes (cf.
e n°3)
Nous allons voir que si X est
complète, (2)
sont desisomorphismes.
Maisnous allons
démontrer
unrésultat plus général.
Soitun
mor hisme d’ensembles algébriques ;
.considérons l’application Xn
~Yn.
Du
diagramme
commutatifon
déduit
facilement unhomomorphisme
fonctorielvalable pour tout faisceau À sur
X j
si À est unX-Module,
l’homomor-phiane canonique
~Ah définit
aussi unhomomorphisme
.~ , , .
Le
compose (A))
~ de ceshomomorphismes
estcompatible
avec
l’homomorphisme canonique
~(Y) des anneauxd’opérateurs,
d’où par tensorisation un
homomorphisme canonique
1 .Cet
homomorphisme
fonctoriel seprolonge
defaçon unique
en des homomor-phismes fonctoriels, permutant
auxopérations
cobord :Ces
homomorphismos
ont toutes lespropriétés
fonctoriellesdésirables
dontl’énoncé
fastidieux ne sera pasdonné
ici(bien qu’elles
serventévidemment
defaçon
essentielle dans ladémonstration).
THEOREME 5.- Supposons
lemorphisme d’ ensembles algébriques
f : X ~ Ypropre. Alors les
homomorphismes (4)
sont desisomorphismes.
La
démonstration
estdonnée
aunuméro
suivant.Prenant Y
réduit
à unpoint,
on trouve commeannoncé
leCOROLLAIRE 1.- Si X est un ensemble
algébrique complet,
alorsles homomorphis- mes (2)
so nt de sisomorphismes.
Comme A _. --~.
Ah
transformefaisceaux algébriques cohérents
en faisceauxanalytiques cohérents (conséquence immédiate
de l’exactitude de cefoncteur),
la
conjonction
desthéorèmes
4 et 5 donneCOROLLAIRE 2. - Sous les conditions du
théorème 5,
les sontdes
fais-ceaux
analytiques cohérents.
’Il est
très plausible
queplus généralement,
si g : V 2014~ W est uneapplication holomorphe
propre d’un espaceanalytique
V dans un autreW ,
etsi F est un faisceau
analytique cohérent
surV,
alorsg~(F)
est un fais-ceau
analytique cohérent.
C’est en tout cas vrai si les ensemblessont finis
(comme
on voit à l’aided’un théorème classique
deOka,
cf.Séminai-
re Cartan
1953/54).
ou si W estréduite
à unpoint (d’après
unrésultat
deSerre-Cartan,
lac.cité).
COROLLAIRE
3.-
Sous les conditions duthéorème 5,
supposons que Ysoit
un ensemblealgébrique affine, soient A(Y) (resp.
A(Y)) l’anneau
des fonc-tions
régulières sur
Y(resp. l’anneau
des fonctionsholomorphes
surAlors on a un
isomorphisme canonique
Nous avons
déjà signalé
queA) s’identifie
au module dessections
de surY,
demême je
dis queH~(X~ , A~) s’identifie
au moduledes
sections
de sur Y i pourceci,
il suffit d’utiliser la suitespectrale
deLeray
def~ (cf.
n°3),
et denoter
que,Y~ s’identifiant
àun
sous-ensemble analytique fermé d’un
espacesa cohomologie
à valeursdans les faisceaux
analytiques cohérents est
nulle endimensions >0,
d’après
unthéorème fondamental
de Cartan(cf. Séminaire Cartan 1951/52).
Onest
donc, grâce
authéorème 5, ramené
à prouver que si B est un~-module
cohérent
sur lavariété
affineY,
on aOr on constate que les deux membres sont des foncteurs exacts en
B ,
cequi
nous ramène à vérifier (6) si
B =Y , auquel cas c’est trivial.
,7.-
Démonstration
desthéorèmes 4 et 5 .
Elle se fait
essentiellement
à l’aide duthéorème 3,
duthéorème
2"de
dévissage" (qui
est nécessaire parcequ’il
n’est pas certainque
X soitisomorphe
à unepartie
localementfermée
d’un espaceprojectif) , joint
auLEMME
4 (Chow).-
Soit X unensemble algébrique irréductibl~e
. alors ilexiste.
un ensemble
algébrique
X’ localementfermé
dans un espaceprojectif P , et
un
morphisme
propre birationnel g : X ’_.~.~. ~ .
’
Rappelons (n° 5)
que"propre" signifie aussi,
yici,
que legraphe
de gest une
partie fermée
de P x X .Ici,
nous nous servirons seulement du fait que g est propre etsur jectivo.
Démonstration
du lemme 4.- On recouvre X par des ouverts affinesXi’
cha-que
Xi
est localementfermé
dans un espaceprojectif
d’où uneapplica-
tion
diagonale Xi ~ !i
P.. Onprend
pour X’l’adhérence
dansX x
P,
dugraphe
de cetteapplication,
ouplutôt
sonnormalisé.
..Les
théorèmes 4
et5 affirment
que tout faisceaualgébrique cohérent
il.sur X
possède
une certainepropriété.
Or on constateaussitôt
dans les deuxcas, que la classe K dos li ~
ayant
lapropriété
enquestion
est unesous-catégorie
exacte(no 2, définition 1),
en utilisant la suite exacte desRqf (et correspondant
à une suite exacte de faisceaux0 ~,, ...~ ,~ _..~.~ ...~.~,
0 ,
et onutilisant,
soit le fait que si dansune
suite
exacte deX-Modules
A~ B ~C ~D ~E
les4
termes ex-trêmes sont
cohérents,
il en est de même du termemédian C ;
soit(pour
cas du
théorème 5)
leclassique
lemme des 5. En vertu duthéorème 2,
on estdonc
ramené
àtrouver,
pour toutepartie fermée irréductible Z de X ,
un ,faisceau
algébrique cohérent
surZ ,
desupport ~ 9
etappartenant
à K .Notant que la restriction de f à Z est encore propre, on
peut
supposer Z =X ,
cequi
nousramené
à trouvercohérent
A desupport X ~
tel
Considérons
lemorphisme
f : : X’...~. X envisagé
dans lelemme
4 .
Comme x’ estplongé
dansP,
onpout envisager
les faisceauxsur X’ obtenus en
réduisant les 0/p(n) (cf.
n°4)
mod, le faisceaud’idéaux défini
par X’ dans P . . Je di s que pour n assezgrand,
le fais-ceau A = f
( ~’ , (n) ) (ce qui achèvera
ladémonstration, puisque
lefaisceau
envisagé a
évidemment poursupport X ).
Cecirésultera
duLEMME
5.-
Soit g :v.~...~. W
unmorphisme
propred’ensembles algébriques,
v ~étant
unepartie
localementf ermée d’ un
espaceprojectif
P . Soit G un fais-ceau
algébrique cohérent
sur v , Alors pour n assezgrand?
on a= 0 pour
p ~ 0 ,
etf (G(n))
estcohérent.
Si les scalaires sont lescomplexes,
on aura deplus
0pour
p >o ,
et( f ( G ( n )) h
~f ~( G ( n ) )
est unisomorphisme.
- -Montrons comment ce lemme
implique
notre assertionantérieure. Appliquant
le lemme à f’ ~ t
x’..~. X ,
on tire aussitôt desdéfinitions,
et des rela-tions 0 pour
p ~ ~ 0 . ,
que l’on aor le
premier
membre est nul pour p > 0 et ngrande
en vertu dumême
lemme 5applique
à ff : X’ _~Y ~
donc on aura =0 pourp~O ~
afortiori est
cohérent
pour p >0 ;
et de mêmef (A)
estcohérent
puisque f (A)
=((n)) ,
de sortequ’il
suffitd’appliquer
le lemme5
à ff. Cela prouve donc A ~.K dans le cas du
théorème
4 . Dans le cas duthéorème 5,
le même raisonnement prouve que(si
n est choisi assezgrand)
ona 0 pour p ;>
0 ,
a fortiori leshomomorphismes (4)
sont des iso-morphismes
pour q >0 ;
et demême l’homomorphisme (f (A)) ~fh* (Ah)
est°
un
isomorphisme,
car ses deux membress’identifient respectivement
à((ff)J~(n)))~
et àf~(A~=f~(f~(~(n)~)) (car A~=(f((9(n)))~=
f~ ( G7(n)~ ) ,
en vertu du lemme5 applique
à f : X’ 2014~X ) ,
donc= (ff)~((J?(n)~)
=((ff)~(~(n)))~ (d ’ aprè s
le lemme5 applique
àff : X’__~Y) .
’
Reste à prouver le lemme
5.
Comme legraphe
V de g est unepartie fermée
de P x Misomorphe
àV ,
onpeut,
en identifiant les faisceaux surV à des faisceaux sur V donc sur P x
W ~
supposer que V = P xM ~
etque g est
l’homomorphisme
deprojection.
Deplus,
onpeut
supposer que W estaffine,
etmême
M =m.
Prouvons le lemme 5
d’abord
dans le cas où F =(j?(k) . Quand
les sca- laires sontquelconques~
celasignifie
donc que xW ~ (~(n))
= 0 pour p ~>0 et ngrande
et que xW ~ C?(n))
est un module detype
fini surl’anneau
decoordonnées A(W)
de W . Comme est le"produit
ten-soriel"
(au
sens des faisceauxalgébriques)
desfaisceaux
sur P etw
surW ,
la formule de Künneth(qui
sedémontre très élémentairement
dansce contexte) s’applique,
on obtient lerésultat annoncé compte
tenu de .H~(M ,C?) =0
pour i > 0(théorème
et duthéorème 3,b) :
~p~(n)) = H~(P , (~p(n)) g;- A(w)
est nul0 .
et ngrand,
et est detype
fini surA(W)
si i =0 ~
car il estimmédiat
que .H (P , P(n))
est de dimension finie.Quand
les scalaires- sontcomplexes,
ilfaut prouver que pour n assez
grand,
on a xM’ ,(n)h)
= 0 pouret tout ouvert de Stein W dans
W~ ,
et que f((~(n)~) s’identifie
à(f*((n)))h ,
i . e . àH"(P ,(9(n)) hw , c’est-à-dire qu’on
aH~
xM~ , (~(n))
=H~P , C?(n)) ~ H"(X’ ,~ )
pour tout ouvert de Stein W de W . Or xW’ ~ L/(n) ) peut
en effet se calculer par une variantevectorielle-topologique
duthéorème
de Künneth(utilisant
le fait quel’espace
est
nucléaire ;
cf.Séminaire Schwartz, 1953/54) ~
on trouvetenu. = 0 pour i >
0 ,
en vertu d’un
théorème
fondamental de Cartan sur lesvariétés
de Stein(qu’il
suffit de connaître ici pour un
polycylindre
et le faisceau des anneaux locaux où il est uneconséquence
facile de ce mêmethéorème
deKünneth
vectoriel-topologique).
Les assertions faitesrésultent
alors du corollaireb)
authéo-
rème 3 , compte
tenu de =~(n)) , (qui
sedémontre
enmême temps
que le corollaire enquestion).
Pour
démontrer
le lemme 5 dans le casgénérale
onprocède
par récurrence descendante sur p ~ le lemme étant trivial pour pgrand
en vertu de raisons de dimension. En vertu duthéorème 3, a)~
A estisomorphe
à unquotient d’un
faisceau =
L ,
on a une suite exacte 0 2014~ il’ 2014~ L2014~A 2014~0 ~
d’où pour tout n une suite exacte
donnant naissance à une suite exacte
Le dernier terme écrit e st nul pour n
grand d’après l’hypothèse
derécurrence,
il en est de
même
deRpf *(L(n) )
si p >o ,
en vertu de cequi
adéjà été prouvé,
d’oùRpf *(A(n)) =
0 pour ngrand lor sque p
’> 0 . Et si p =0 ,
la même suite exacte prouve que pour n
grand,
f*(A(n))
estcohérent, puis-
que
f*(L(n))
l’ e st et quef*(A’(n))
est en tous casquasi-cohérent.
Dansle cas où les scalaires sont les
complexes,
on prouve de la mêmefaçon
que 0 pour P > 0 si n e stgrand.
o Reste à montrer que pour nC ~ ) )
~ p> s a qep nrand f
* ~ fh(Ah) estbijectif.
Pour ceci onécrit
A comme co-noyau d’ un
homomorphi sme
L’ ~L ,
où L et L’ sontisomorphes
à desfaisceaux sommes directes de faisceaux
(m) (c’est possible grâce
authéo- rème 3 a .
En vertu de cequi précède,
pour ngrand, f .A n
ets’identifient
au conoyau def* (L’ (n) )
~ f(L (n))
et de°
fh L’ ,compte tenu
du fait que le foncteurB . Bh
estexact,
on en conclut un
homomorphisme
de suitos exactesComme les deux
premières flèches
verticales sont desisomorphismes
pour ngrand,
il en est de même de latroisième
en vertu du lemme descinq,
cequi achève
ladémonstration
dulemme 5.
REMARQUE.-
Ladémonstration
de ce dernieralinéa
sesimplifie
si on utilise lefait
que A
admet unerésolution
finie par des faisceaux sommes directes de faisceaux dutype (!)(m) ;
mais ce fait est moinsélémentaire
que lethéorème 3, a ~ ,
aussi avons-nous vouluéviter
de nous en servir.8.- Faisceaux
algébriques
et faisceauxanalytiques
sur unevariété algébrique compacte.
°
Nous allons
compléter
le corollaire 1 duthéorème 5 :
THÉORÈME 6.-
Soit X un ensemblealgébrique complet
sur le corps descomplexes.
Alors tout faisceau
analytique cohérent
F surXh
estisomorphe
à un fais-ceau où A est un faisceau
algébrique cohérent sur X,
essentiellementunique.
L’unicité
de Arésulte
duCOROLLAIRE 1.- X
étant
commeci-dessus,
soient A et B deux faisceaux al-gébriques
cohérentssur X ,
alorsl’homomorphisme
naturelest
bijectif.
~ "
En
effet,
cethomomorphisme
sedéduite
par passage aux espaces desections
du
monomorphisme
de faisceaux .(où
Homdésigne
le faisceau des germesd’homomorphismes),
or on a(conséquence
à peuprès immédiate
du fait que estexact),
etappli- quant
alors lethéorème 5,
corollaire 1 au faisceau Hom(A, B)
et i =0 ,
le résultat
s’ensuit.
o~X
Du corollaire 1 et de Inexactitude du foncteur C ~
C résulte
aussi que siF,
G sont des faisceauxanalytiques cohérents
sur Xqui proviennent
de faisceaux
algébriques,
et si u est unhomomorphisme
de F dansG ,
alors les faisceaux noyau, conoyau,image, coimage
de uproviennent
ausside faisceaux
algébriques.
Enparticulier,
si X estplongé
dans un espace pro-jectif P ,
tout faisceauanalytique cohérent
sur X estisomorphe
au conoyaud’un homomorphisme L
~L’ ~
où L et Lisant des faisceaux sommes di- rectes finies de faisceaux dutype (!~(k) (théorème 3, corollaire , a)) ;
ilen
résulte
doncque
lethéorème 6
est vrai si X estprojective (Serre).
Soit 0 m F’ ~ F ~ F" ~ 0 une suite exacte de faisceaux ana-
lytique cohérents
surXh,
supposons que F’ et Filproviennent
de faisceauxalgébriques cohérents ; je
disqu’il
en est demême
de F.Supposons
en effetF’ =
À’ ~
Fil =A" ~
où A’ et A" sont des faisceauxalgébriques cohérents,
il suffit de montrer que l’ensemble
Ext1oX (X ; Il’’ , A’)
des classes de modulesextensions
de pars’identifie
àl’ensemble analogue
A~ ~
o Orplus généralement,
on a deshomomorphismes canoniques
’~Y
.(définis
sans conditionssur X ,
sA’, A"),
ce sont ici desisomorphismes,
comme il
résulte
de la suitespectrale
des Ext de faisceaux de modules(cf.
Séminaire Grothendieck, 1957),
des relations localesélémentaires
généralisant (8) (les
Extsoulignés désignent
les faisceaux et du coro-llaire 1 au
théorème 5, impliquant
que les termes initiaux des suitesspectra-
les relatives aux deux membres de
(9)
sontidentiques.
Nous pouvons maintenant prouver le
théorème 6,
enprocédant
parrécurrence
sur n = le
théorème étant
trivial si n = 0 .Supposons
donc n >0 ,
et le
théorème démontré
pour les dimensions n .Procédant
comme dans la fin de ladémonstration
duthéorème 2,
on estramené
au cas où X estirréductible.
Considérons
alorsInapplication
f : X’ 20142014~ Xenvisagée
dans le lemme deChow
(lemme 4L
X’ est une variétéprojective
ot fest
unmorphisme
bira-tionnel. Pour tout faisceau
analytique
F surX,
soitF’ = 8
. ~
(~v ~ (le produit
tensoriel a un sens,puisque
3stf~(~) "
Xun nodule sur
f" (~ ) ~ qui s’identifie
à un sous-faisceaud’anneaux
de~t).
Il est facile de
vérifier
que si F estcohérente
il en est de même de F’ eDe