Séminaire Henri Cartan
H. C ARTAN
Théorie des algèbres analytiques
Séminaire Henri Cartan, tome 6 (1953-1954), exp. n
o7, p. 1-23
<http://www.numdam.org/item?id=SHC_1953-1954__6__A7_0>
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7-1
THÉORIE
DESALGÈBRES ANALYTIQUES
H.
Cartan,
(Exposé
de H.Cartan, 25-1-1954,
revisé ultérieurement) Séminaire E.N.S., 1953-54
§1.
Anneauxnoethériens.
Nous
rappelons
iciquelques propriétés
fondamentales des anneauxnoethériens.
Ils’agit uniquement d’anneaux commutatifs, à élément unité 1 ~
o. Un anneau A est ditnoethérien
si toutidéal
de Apossède
unsystème
fini degénérateurs;
il est bien connu que tout sous-moduled’un
module detype
fini sur un anneaunoethérien
A estlui-même
detype
fini.On suppose aussi connu le
théorème
de Hilbert:l’anneau A[X]
despoly- nômes à
coefficients dans un anneaunoethérien
A estnoethérien; d’où
il
résulte,
parrécurrence
sur n, quel’anneau ~1[X1,..., Xn~ ]
despoly-
nômes à
n variables estnoethérien.
Proposition
1("Lemme d’Artin-Rees").
Soient A un anneau noe-thérien,
I unidéal
deA,
E un A-module detype fini,
F un sous-module de E.
Dès
quel’entier
r > 0 est assezgrand,
on a, pour tout entier n > r,Démonstration: l’inclusion F)
C F est triviale.Plus
généralement,
si rr’
n, on a trivialementIl suffira de montrer que, pour r assez
grand,
et n > r, on aSoit un
système
fini degénérateurs
del’idéal I;
et soit(e.)
un
système
fini degénérateurs
du A-module E. Le sous-moduleInE
secompose des
éléments
de laforme 03A3j
JP.(u.)e.,
J i Joù
les P. J sont despoly-
nomes homogènes
dedegré
n parrapport à
des variablesXi (en
corre -spondance biunivoque
avec leséléments
età
coefficients dans A.Considérons l’ensemble Bn
dessystèmes
depolynômes
P.homogènes
dedegré
n, tels
que 03A3j Pj(ui)ej ~ F;
ilsengendrent
un modulegradué
B surl’ an-
neau des
polynômes A[Xi],
que estnoethérien.
Donc B estengendré,
comme module sur par un nombre fini
d’éléments, qu’on
supposerhomogènes ;
soientra
leursdegrés.
Soit r leplus grand
desra,
etsoit n un entier > r; on a
D’après (2),
le second membre est contenu dansF),
et ceciéta-
blit
(3).
Laproposition
estdémontrée.
Soit
toujours
I unidéal
del’anneau
A. Pour tout A-moduleE,
on
considère
latopologie
danslaquelle
lesInE
constituent unsystème
fondamental de
voisinages
dezéro;
onl’appellera
laI-topologie
de E.Proposition
2. soient A un anneaunoethérien,
et E un A-modulede
type
fini. Si unidéal
I est contenu dans le radicalr(A),
la I-topologie
de E estséparée.
Démonstration: rappelons
que le radicald’un
anneau(non nécessaire-
ment
noethérien)
estl’intersection
desidéaux maximaux;
et que si a Er(A),
1 + a est inversible dans A. On veut montrer que
l’intersection
F des sous-modulesInE
estréduite à zéro.
Or la relation(1), où l’on
faitn = r +
i,
donneComme F est un A-module de
type fini,
et que I est contenu dans le ra-dical de
A,
cecientraîne
F =o,
en vertud’un
lemme connu, dont nous al- lonsrappeler
maintenant ladémonstration (et qui
est valable sans supposer que A soitnoethérien) :
Supposons d’abord
que F soitengendré
par unélément
x, et mon-trons que la relation F = IF
entraîne
x = o. Eneffet,
on doit avoirx = ax pour un a E
I,
et comme 1 - a est inversible dansA,
ceci en-traîne
x = o. Soit maintenant F un A-moduleengendré
par néléments;
montrons,
parrécurrence
sur n, que la relation F = IFentraîne
F = o.C’est
vrai pour n =1;
pour n >1,
on a une suite exacte de A-modulesoù F’
estengendré
par n - 1éléments,
etF"
par unélément.
Le moduleF"/IF"
estquotient
deF/IF,
donc estnul;
par suiteF" =
0, et F estisomorphe à F’,
doncengendré
par n - 1éléments; d’après l’hypothèse
derécurrence,
on a F = o.Corollaire. Dans un anneau
noethérien A, l’intersection
despuis-
sances
In d’un idéal
contenu dans le radicalr(A)
estréduite à zéro.
Proposition
3. Soient A un anneaunoethérien,
E un A-module detype fini,
F un sous-module de E. Si unidéal
I est contenu dans le radicalr (A),
laI-topologie
de F est latopologie
induite par la I-topologie
deE,
et F estfermé
dans E.Démonstration: l’entier
rétant
choisi comme dans laproposition l,
la relation(1)
donnece
qui
prouve bien que la1-topologie
de F est lamême
que latopologie
induite sur F par la
I-topologie
de E.D’autre part,
laI-topologie
deE/F
est latopologie quotient
de laI-topologie
deE,
etpuisque E/F
est
séparé (Proposition 2),
F estfermé
dans E.§2. Eléments
entiers sur un anneau.Nous
rappelons
iciquelques
notionsclassiques.
Soit A un anneauavec
élément unité l,
et soit B un sous-anneau de A contenant l. On ditqu’un
élément a E A est entier sur Bs’il
existe unpolynôme
uni-taire
P(X)
à coefficients dansB,
tel queP (a) =
o.Cette condition
équivaut à
chacune des deux suivantes:(i)
le sous-anneauengendré
par B et a est un B-module detype fini;
(ii)
il existe un sous-anneauA’
deA,
contenant a etB,
etqui
soit un B-module detype
fini.En
effet,
il estévident
que si a est entier surB,
la condition(i)
estsatisfaite;
et que(i) entraîne (ii).
Il restea
prouver que(ii) entraîne
que a est entier surB;
or soit(a.)
unsystème
finid’éléments
de
A’ qui engendrent A’
commeB-module;
on suppose que 1 estl’un
desa.,
et on
écrit
d’où [det(u.. -
s..a) ] ’a. =
0 pour touta. ;
poura. = 1,
cela donnedet(u.. -
iJ03B4i,j
Ja) = o,
cequi
prouve que a est entier sur B.Si
al
est entier surB,
et sia2
est entier surl’anneau (B, al)
engendré
paral
etB,
alors le sous-anneau(B, al, a2) engendré
paral, a2
et B est un B-module detype fini,
donca2
est entier sur B. Sial
et
a2
sont entiers surB,
leur somme et leurproduit
sont dans(B, al, a2),
donc sont entiers sur
B ;
ainsil’ensemble
deséléments
de A entiers sur B est un sous-anneau deA, qu’on appelle
la fermetureintégrale
de Bdans A.
On dit
qu’un
anneau A est entier sur un sous-anneau B(ayant même
élément unité)
si toutélément
de A est entier sur B.Proposition 4.
Si A est entier surB,
toutidéal
maximal de A coupe B suivant unidéal maximal,
et pour toutidéal
maximal m de B il existe unidéal
maximal de Acoupant
B suivant m.Cela
résulte aussitôt
duthéorème
deKrull-Cohen-Seidenberg, (1) qui
affirme que tout
idéal premier q
de Bpeut être "relevé"
en unidéal
premier p
de A(c’est-à-dire
tel quep n B = q).
Corollaire. Le radical
r(B)
estégal à l’intersection
B nr(A).
Si A est un corps, B est un corps.
~ ~
Voirpar ex.
Bourbaki, Alg. commutative, Chap. V, §2~ Théorème
1.Soit A uni anneau, et soit
F(A) l’anneau complet
des fractions deA
(c’est-à-dire l’ensemble
des classesd’équivalence
desquotients
formelsuw, où
u EA,
v EA,
vn’étant
pas diviseur dezéro
dansA;
lesopéra-
tions
d’addition
et demultiplication
desquotients
formels sontdéfinies
de lamanière usuelle). L’anneau
As’ identifie ~,
un sous-anneau deF(A) ;
N
l’ensemble
deséléments
deF(A)
entiers sur A est un sous-anneau A deF(A), appelé
laclôture intégrale
de A. On ditqu’un
anneau A est in-tégralement
clos si .A = A.Lorsque
A estintègre, F(A)
est un corps, et laclôture intégrale
A estintègre.
Soit A un
anneau~noethérien
sansélément nilpotent. Rappelons
que les
éléments
minimaux dansl’ensemble
desidéaux premiers
de A sonten nombre
fini (2);
ce sont desidéaux premiers .
dontl’intersection
estréduite à
o.L’application
naturelle.
produit
desapplications
est donc une
injection;
elle Identifie1’anneau
Aà
un sous-anneau duproduit
13 des anneauxintègres A/ p. = Bi
Proposition 5.
Sous leshypothèses precédents, l’application
fInduit un
isomorphisme
de laclôture intégrale
A sur leproduit
desclô-
N .
tures
intégrales B.
des anneaux13. =
Démonstration:
les a E Aqui
sont non -diviseurs dezéro
sontévidemment
ceuxqui n’appartiennent EL
aucun despi.
Doncfi
seprolonge
en un
homomorphisme (noté
encoref_ )
deF(Aj
surd’ où
un homo-morphisme produit F(A)
-~Ih qui prolonge f,
etqu’
on noteraencore f. Il est clair que
Ih F(B1) s’identifie à l’anneau complet
defractions
F(B) . D’ autre part,
f est uneinjection
deF(A)
dansF(B) . (2)
Voirpar ex.
Bourbaki, Alg. commutative, Chap. II, §4,
Coroll. 3 de laProposition
14.Comme pl n’est
pas contenu dans1 ’ intersection
desp.
pourj
i(sinon pi
serait contenu dansl’un
de cesp.,
cequi
estabsurde) ,
i J
il existe un tel que
pl
et~.
pour °L’élément
u =03A3i ul n’appartient â
aucun des03C1i,
donc =el
appar-tient
à F(A).
On ad’où f( (e. ) ) = f(e.),
et par suite(e.)2 -
e.. Ainsi e. est entier surA,
doncel
E A.Montrons que f est un
isomorphisme
deF(A)
surF(B).
Soitdonné
un
système d’éléments b.
EF(B.);
choisissonsa.
EF(A)
tel quef.(a.)
=
b. ;
prenons a =03A3i a.e.
EF(A).
Alorsf.(a) = b.
pour touti,
cequi démontre l’assertion.
De
plus,
sichaque bi
E onpeut choisir ai
EA,
et alors a=
~i a.e.
est entier sur A. Donc si on identifieF(A) à F(B)
au moyende
f,
on voit quel’anneau
B est entier sur A. Ces deux anneaux ont doncmême
fermetureintégrale
dansF(B),
cequi achève
ladémonstration.
Rappelons
un autrerésultat classique:
Proposition 6.
Soit A un anneaunoethérien, intègre
etintégra-
lement
clos;
soitF’
un corps, extensionalgébrique séparable
et dedegré
fini du corps
F(A).
Alors la fermetureintégrale A’
de A dansF’
estun A-module de
type
fini(c’est
donc un anneaunoethérien).
Démonstration :
onpeut
supposer quel’extension F’
estengendrée
sur
F(A)
par unélément
u(théorème
de1 "’élément primitif"),
et il est loisible de choisir u entier sur A. SoitP(X)
lepolynôme
minimal deu par
rapport
au corpsF(A);
ses coefficients sont entiers surA,
doncappartiennent à
Apuisque
A estintégralement
clos. On aP’(a) ~ 0,
puisque
les racines deP(X)
sontsimples (P’ désigne
lepolynôme dérivé
de
P).
On va utiliser le lemme suivant:Lemme 1. Soit A un anneau
intègre
etintégralement
clos. SoitP(X)
unpolynôme
unitaireirréductible
à coefficients dansA,
dont toutesles racines sont
simples (dans
uneclôture intégrale
du corps des fractionsF(A)).
Soit Bl’anneau quotient A[X]/(P),
et soit u la classede
X dansB.
Alors,
pour toutélément
a de laclôture intégrale
deB,
leproduit aP’ (u) appartient à
B.Admettons ce lemme pour un
instant,
et achevons ladémonstration
de laProposition 6. L’application A-linéaire injective
de lafermeture
intégrale A’
dansl’anneau
B identifieA’ à
un sous-A-module deB;
comme B est un A-module detype
fini et que A estnoethérien
parhypothèse, A’
est un A-module detype fini,
cequi démontre
laProposition
6.
On va maintenant
démontrer
le Lemme 1. Si un y du corps des fractionsF(B)
est entier surB,
la traceTr(y) (somme
desconjugués
de y parrapport à F(A)
dans uneclôture algébrique
Q deF(B))
est unélément
deF(A)
entier surA,
doncc’est
unélément
de Apuisque
A aété supposé intégralement
clos. Ecrivonsl’identité polynomiale
où
ridésigne
ledegré
dupolynôme
unitaireP~
etoù
lesc.(Y)
sont despolynômes
dedegré
n~a
coefficients dans A. Dans(4)~ remplaçons
Ypar u~ et. X par
l’un quelconque
des n-lconjugués u.
clé u~distincts
clé u:
D’autre part, dérivons
les deux membres de(4)
parrapport à X, puis remplaçons
X et Y par u:Soit alors a entier sur
B;
soital
letransformé
de a parl’automor- phisme
de 03A9qui
transforme u enul. Multiplions
les deux membres de( 5)
para.,
sommons suri, puis ajoutons (6) multiplié
par a; il vientet le second membre
appartient
bienà l’anneau B,
cequi
prouve le lemme.Il sera utile
d’expliciter
leCorollaire au Lemme 1. Soit A un anneau factoriel. Soit
P(X)
un
polynôme
unitaire del’anneau
dont les facteursirréductibles
soient tous distincts. Et soit Bl’anneau quotient
deA[x]
par
l’idéal engendré
par P. Alors si a ~ B(clôture intégrale
deB),
on a
u
désignant
la classe de X dansl’anneau quotient
B.Démonstration: puisque
A estfactoriel,
il estintègre
etinté- gralement clos;
deplus, A[X]
estfactoriel,
donc toutpolynôme
unitaireà
coefficients dans As’écrit d’une
seulemanière
commeproduit
depoly- nômes
unitairesPi irréductibles.
Soitpuisque
les P.sont
distincts,
B seplonge
dansl’anneau produit Ih Bi,
etd’après
laProposition 5,
laclôture intégrale
Bs’iàentifie
auproduit IL Bi
desclôtures intégrales
des anneauxintègres B..
Il suffit donc de montrer que sial
EBi,
on aor
P’ (n) ’a. = Q_ (u)P’ (u) ’a_ (avec Q.
=compte
tenu du fait queo.
D’après
le Lemme1, P~ (u) ’a.
est dansB1, d’où
lerésultat.
§3. Algèbres
locales.On sait
qu’un
anneau local est un anneau A(que
nous supposonstoujours commutatif,
avecélément unité o) qui possède
un seulidéal
maximal, noté m(A).
Cetidéal
estévidemment
le radical de A.L’anneau quotient A/m(A)
est un corps,appelé
corps des restes deA; l’applica-
tion ~: A -+
A/m(A) s’appelle 1’augmentation
del’anneau
local A. Pourqu’un
anneau A soit un anneaulocal,
il faut et il suffit queA/r(A)
soit un corps.
Proposition
7. Soit A un anneaulocal,
et soit B un sous-anneau de
A,
tel que A soit entier sur B. Alors B est un anneaulocal dont
1 ’ idéal
maximal est B nm(A). Si de plus
B est un anneaunoethérien
et A un B-module detype fini, l’anneau
A estnoethérien,
la
m (A) -topologie
de A induit sur B lam(B)-topologie, et
B estfermé
dans A.Démonstration:
lapremière partie
del’énoncé résulte aussitôt
de laProposition 4. Supposons
maintenant que B soit un anneaunoethérien
et A un B-module de
type fini;
alors toutidéal
de A est un B-modulede
type fini,
et a fortiori un A-module detype fini;
donc A est noe-thérien. Appliquons
laProposition
3 en yremplaçant
A parB,
E parA,
Fpar B,
et I parm(B).
On voit que lam(B)-topologie
de A in-duit sur B la
m(B)-topologie
deB,
et que B estfermé
dansA;
ilreste donc
simplement à
montrer que lam(B)-topologie
de A coïncide avecsa
m(A)-topologie.
Or la
m(B)-topologie
de An’est
autre que saI-topologie,
Idé- signant l’idéal
de Aengendré
parm(B) ;
on a I Cm (A) .
On va prouver que I contient unepuissance
dem(A).
OrB/m(B), qui
est un corpsK,
se
plonge
dansA/I,
etA/I
est un K-module detype fini,
autrement dit est un espace vectoriel de dimension finie sur K. La suite desimages
de dans
A/I
est une suitedécroissante d’espaces
vectoriels dontl’intersection
estnulle, puisque
lam(A)-topologie
deA/I
estséparée
(Proposition 2).
Il existe donc un entier n tel quel’image
dedans
A/I
soitnulle;
ceciachève
ladémonstration.
Définition:
soit K un corps. Onappelle K-algèbre
locale unealgèbre (commutative)
A surK, qui
est un anneaulocal,
etqui
est som-me directe de K et de son
idéal
maximal(cette dernière
condition re-vient
à
dire quel’augmentation
de A identifie K au corps des restes deA) .
Sur une
K-algèbre
localeA,
onconsidérera toujours
latopologie définie
par lespuissances
del’idéal
maximalm (A) ;
on dira que A estséparée
si cettetopologie
estséparée (c’est-à-dire
sil’intersection
despuissances
dem(A)
estréduite à o).
TouteK-algèbre
localenoethérien-
ne est
séparée.
Proposition
8. Soient A etA’
desK-algèbres locales;
touthomomorphisme
deK-algèbres
f: A --~A’
envoiem (A)
dansm (A’ ) ,
doncest continu. Si B est une
sous-algèbre d’une K-algèbre
localeA,
et siA est
entière
surB,
B est uneK-algèbre locale;
si deplus
B estnoethérienne
et si A est un B-module detype fini,
latopologie
de Ainduit celle de
B,
et B estfermée
dans A.Démonstration: l’application composée
de f:A -~ A’
et del’aug-
mentation
e ’ : A’ -~ A~ / m (A’ j ~
Kapplique
A surK,
donc son noyau estun
idéal maximal, c’est-à-dire m (A) ;
fapplique
doncm(A)
dansm (A’ ) .
Les autres assertions de
l’énoncé résultent immédiatement
de laproposition
7.
§4. Algèbres analytiques
A
partir
demaintenant,
le corps K est un corpsvalue complet,
non
discret, fixé
une fois pour toutes. Toutes lesalgèbres considérées
sont des
K-algèbres; "algèbre locale" signifiera K-algèbre
locale.On notera
Hn(X1,...,
e e ousimplement Hn, l’algèbre
desséries
convergentes à
n lettresXl,..., Xn
età
coefficients dans K.C’est
un anneau
noethérien
etintégralement
clos(cf. Séminaire 1951-52, Exposés
10 et
11).
Etc’est
unealgèbre locale,
dontl’idéal
maximal se compose desséries
dont le"terme constant"
est nul. Plusgénéralement, étant
don-née
une famillequelconque
de lettresXi (1
EI),
on notera(ou
simplement HI) l’algèbre
desséries convergentes
en les lettresXi,
cha-que
série
necomportant qu’un
nombre fini desX. ;
cettealgèbre s’identi-
fie
à
une limite inductived’algèbres
de la formeH .
Il estpresque
im-médiat
queHI
est une anneau factoriel(comme
lesH)
j, doncintégralement
clos;
et que latopologie
deHI
estséparée.
Définition:
onappelle K-algèbre analytique (ou simplement: algè-
bre
analytique)
uneK-algèbre
localeséparée
Aqui possède
lapropriété
suivante:
(AN)
pour toutsystème
fini de péléments
a.
Em(A) (p
entierquelconque),
il existe unhomomorphisme
deK-algèbres
tel que
~(xi) - ai .
Il est clair
qu’un
telhomomorphisme
estunique:
eneffet, ~
est biendéterminé
sur lasous-algèbre
despolynômes KfXl,..., qui
estdense dans
H . Or 03C6
est continu(Prop. 8).
Notation: pour tout
f (xl, ... , ) E H ,
on noteraf (al,
... ,a )
l’image
de f parl’unique homomorphisme ~
del’axiome (AN).
Cette no-tation se
justifie
par lesconsidérations
suivantes:L’algèbre H~
est unealgèbre analytique:
carc’est
unealgèbre
locale
séparée, qui vérifie (AN) (substitution
deséries convergentes
sansterme
constant,
aux variablesd’une série convergente).
Si lesgi (1
i
p)
sont dess-éries convergentes
sans terme constant enY1,..., Yn,
lafonction
composée
... ,g )
est bienl’ élément
de ... ,image
de f parl’unique homomorphisme
03C6:H - H qui
envoieX.
enYn).
Plusgénéralement,
toutealgèbre H I
est unealgèbre
ana-lytique. Remarquons
aussi que toutealgèbre
deséries
formelles est unalgèbre analytique.
Proposition
9. Soient A et B deuxalgèbres analytiques,
etsoit ~V: A ~ B un
homomorphisme d’ algèbres .
Pour toutsystème
de péléments
a.
Em(A)
et pour tout on ai - P - -
C’est
uneconséquence immédiate
del’unicité
del’homomorphisme
H
p
qui
envoie lesX.
dansles 03C8(ai).
Quotients d’algèbres analytiques.
Soit J unidéal fermé d’une
algèbre analytique A,
avecJ 7~
A. AlorsA/J
est unealgèbre analytique.
En
effet, c’est
unealgèbre
localeséparée,
et la condition(AN)
est satis- faite : car si on se donne desbi
Em(A/J),
il suffit de les relever dans desa. l
Em(A).
Proposition
10. Pourqu’une sous-algèbre
Bd’une algèbre analy - tique
A soit unealgèbre analytique,
il faut et il suffit que, pour toutsystème
fini péléments bi
E B nm(A),
et tout f EH. l’élément f(bl,
...,
b )
soit dans B.(On exprime
cette condition en disant que B estanalytiquement stable.)
Démonstration:
la condition estnécessaire;
eneffet,
lesélé-
ments
bi
sont non-inversibles dansB, puisqu’ils
ne sont pas inversibles dansA;
donc il existe unhomomorphisme H
-~ 13qui
envoiechaque X. i
enb.,
et encomposant
cethomomorphisme
avecl’injection
B--~A,
on obtientnécessairement l’unique homomorphisme Hp~A qui
envoieX.
en b..Ré-
ciproquement,
soit B unesous-algèbre analytiquement
stable deA;
B estsomme directe de K et B n
m(A);
leséléments
non-inversibles de B sont exactement ceux de B nm(A),
car toutélément
k + b(avec
k EK, k ~ 0,
b E B nm(A) ) possède
un inverse dans B. Eneffet,
soitf(X)
lafonction analytique f(X) = l/(k+X);
il est clair quef(b)
E B est inverse de k+b.Ainsi B est une
algèbre locale, d’idéal
maximal B nm(A) ;
elle estévidem-
ment
séparée, puisque
Al’est,
et la condition(AN)
est satisfaite par Bpuisque
B est unesous-algèbre analytiquement
stable de A.Soit A une
algèbre analytique.
Pour toutepartie B C A, l’in-
tersection des
sous-algèbres analytiquement
stables de A contenant B estune
sous-algèbre analytiquement
stable. Il existe donc uneplus petite
sous-algèbre analytique
contenantB;
on dit quec’est
lasous-algèbre analyti-
quement engendrée
par B. On ditqu’une algèbre analytique
A est degéné-
ration finie
s’il
existe unepartie
finie B telle que A soitanalytique-
ment
engendrée
par B.Il est
évident
que lesalgèbres analytiques
degénération
finiesont celles
qui
sontisomorphes à
unealgèbre
de la forme(n
entierquelconque,
Jidéal
deH).
Toutes’ cesalgèbres
sontnoethériennes.
Soit
donnée
unealgèbre analytique
A degénération
finie. Cher-chons
à quelle
condition deséléments a- ~ ... ~ a P
del’idéal maximal m (A)
engendrent analytiquement
A.Proposition
11. Pour queal’ ..., a p
Em (A) =
mengendrent analy- tiquement A,
il faut et il suffit que leursimages
dans leK-espace
vec-toriel
m/m2 engendrent
cet espace vectoriel.Démonstration:
sial,..., a p engendrent analytiquement A, tout
x E m
s’écrit 03C6(a1,..., ap)’ où 03C6(x1,..., x )
est unefonction holomor-
phe (au voisinage
del’origine)
dont ledéveloppement
deTaylor
commence parune
fonction linéaire fl(xl’
...,x ).
Donc x est congruà a )
modulo m2,
et par suite lesimages
dea 1 ,..., a
dansengendrent l’espace
vectorielm/m2.
Réciproquement,
supposons que lesimages
desa. 1
dansm/m l’en-
gendrent
commeK-espace
vectoriel.Quitte à
negarder qu’une partie
desai,
on
peut
supposer que lesimages
desai
forment une base del’espace
vec-toriel
m/m2.
Soientb 1 ,..., b n
deséléments
de mqui engendrent analy- tiquement l’algèbre
A.Chaque a. 1
est congru, modulom2, à
une fonctionlinéaire homogène Li(bl,..., bn).
Donc lesL.(b-. ~...~ b ) engendrent m/m2
commeespace
vectoriel. Onpeut
alors faire surb 1,..., bn
une sub-stitution
linéaire
de facon que a.- b. soit congruà
0 modm2
pour1 - - i p, et que "
bp+1 ,..., p
b n soient dansm2.
On a donc des fonctionsholomorphes (p. (x-. ~ ...~ xn)
auvoisinage
del’origine, d’ordre > 2 à l’ori-
gine,
telles queD’après
lethéorème
des fonctionsimplicites,
lesystème d’équations
équivaut,
auvoisinage
del’origine, à
où
lesw.
sontholomorphes, d’ordre >
2à l’origine.
On adonc,
dansl’algèbre A,
les relationsAinsi
bl,..., b s’expriment
commefonctions analytiques
deal,...,
a ,et par suite
al,..., a p engendrent analytiquement l’algèbre
A.C. Q.F .D.
Corollaire. Pour que
l’algèbre analytique A (supposée
degénéra-
tion
finie) puisse s’écrire
commequotient de H, il
fautet il
suffitque
l’entier
n soit au moinségal à
la dimension duK-espace
vectorielm(A)/m(A) .
§5.
Utilisation du"théorème
depréparation"
de Weierstrass(cf. Sémi-
naire
1951-5 2, Exposé 10)
Considérons l’anneau
desséries convergentes à
n+1 varia-bles
X, X. ~ ... ~ Xn,
et notonsHn l’anneau
desséries convergentes
enXl’
...,X .
Si f ~BL -. ~
fdéfinit
unesérie entière
en Xà coeffi-
cients dans
H ; l’augmentation
s:Hn -> K, appliquée à chaque coefficient
de cettesérie,
donne unesérie entière (convergente) f(X) = f(X, 0,,... , 0).
En
particulier, à
toutpolynôme P(X) à
coefficients dansHn, l’augmen-
tation associe un
polynôme P(X) à
coefficients dans le corps K. Unpoly-
nôme P(X)
estdistingué
dedegré
ps’il
est unitaire dedegré
p, et siP(X) = Xp.
Lethéorème
depréparation
dit que si f E est telle que lasérie f(X)
soitd’ordre
exactementégal à
p(c’est-à-dire
siXp
esten facteur dans
f(X),
mais non alors fs’écrit d’une
seule ma-nière
comme unproduit uP, où
u est inversible dans et P est unpolynôme distingué
dedegré
p. Deplus,
si P est unpolynôme distingué
de
degré
p, alors toute g EI~+1 s’écrit d’une manière
etd’une
seuleoù
h EHn+1
et R est unpolynôme
enX,
dedegré
p,à
coefficients dansH.
Dans le casparticulier où
g est unpolynôme
en Xà
coef-ficients dans
H, l’identité précédente n’est
autre quel’identité
de la division despolynômes à
coefficients dansl’anneau Hn (le
diviseur Pétant
unpolynôme unitaire).
Remarque :
La notion depolynôme distingué
dedegré
ps’étend évidemment
au casplus général
despolynômes
en Xà
coefficients dans un anneau localquelconque.
Lemme 2. Soit B une
K-algèbre analytique.
Toutpolynôme
unitaireP(X) à
coefficients dans Bpeut
se mettre sous laforme d’un produit
Q(X)R (X), où Q et
R sontunitaires, Q étant distingué,
etR(O)
étant
inversible dans B.Démonstration:
soit pl’ordre
dupolynôme P(X) (à
coefficients dans le corpsK).
Lepolynôme P(X)
est somme deP(X)
etd’un polynôme à
coefficientsb.
Em(B). Considérons
des variablesX.;
substituons-lesaux coefficients
bi
dans lepolynôme P(X) ;
on obtient unpolynôme 7r(X) à
coefficients dansH (n désigne
le nombre desX.),
et~F(X) ~ P(X)
est
d’ordre
p.D’après
lethéorème
depréparation,
est de la formeuv,
où
u et vappartiennent à
Uétant
unpolynôme distingué
enX
(à
coefficients dansH ). L’identité 03C0 =
uv est alorsnécessairement
celle de la division des
polynômes à
coefficients dansH ;
autrementdit,
vest un
polynôme
enX, à
coefficients dans Parl’homomorphisme H
Bqui
envoiechaque X.
enb. , v(X) définit
unpolynôme R(X) à
coefficients dansB,
etdéfinit
unpolynôme distingué Q(X),
dedegré
p. On a ainsiet ceci montre que
R(O)
estégal
au coefficient dexP
dansP(X),
doncn’est
pas nul. DoncR(O)
est inversible dans B.Remarque :
le Lemme 2 est en relation avec le"lemme
deHensel"
(voir Appendice).
Lemme 3. Soient B une
algèbre analytique,
A unealgèbre
conte-nant
B,
et a E A unélément
entier sur B. Pour que a soit racined’un
polynôme distingué à
coefficients dansB,
il suffit que soitremplie l’une
des deux conditions suivantes:
1)
aappartient
au radicalr(A);
2)
A estintègre,
et an’est
pas inversible dans A.Démonstration: puisque
a est entier surB,
il existe unpoly- nôme
unitaireP(X), à
coefficients dansB,
tel queP (a) =
o. Soit unedécomposition P(X) = Q(X)R(X)
comme dans le Lemme 2. On a doncQ(a)R(a)
=
o,
et de cela on veut conclure queQ(a) =
0 dans chacun des cas1)
et2).
OrR(o)
est inversible dansB;
dans le casl) , R(a)
est de laforme
R{o) {1+a’ j , où a’
Er(A),
doncR(a)
est inversible dansA,
et ona donc bien
Q(a) =
o. Dans le cas2),
on aR(a) 1 0,
sinonl’on
auraitR(a) = ak +
" , +0, où
lesbi E B,
avecb k
inversible dansB;
leproduit
de a park a + b-, a " + ’’’ )
serait doncégal à l,
et a serait
inversible,
contrairementà l*hypothèse.
Ainsi on a= 0 et
R (a.) / o,
etpuisque
A estintègre,
on conclut queQ(a) =
o.Le lemme est donc
démontré.
Ce lemme admet une
réciproque partielle:
Lemme
4.
Si un anneau A est entier sur un sous-anneauB,
et siB est un anneau
local,
tout a E Aqui
est racined’un polynôme distingué à
coefficients dans Bappartient
au radicalr(A).
En
effet,
on ar(A) n
B =m(B) (Coroll.
de laProp. 4).
SiQ(a)
= 0
(Q polynôme distingué),
et si onréduit
cette relation modulor(A),
on trouve que la classe
a’
de a modulor (A)
satisfaità a’P =
0(p entier), d’où a* =
0puisque r(A)
est intersection(1 idéaux premiers
(maximaux) .
Théorème
1. Soient A unealgèbre locale, et
B unesous-algè-
bre de
A, qui
soit unealgèbre analytique.
Toutesous-algèbre A
de Aqui
contient B et estentière
sur B est unealgèbre analytique.
Démonstration:
montronsd’abord
queA’
est unealgèbre
locale.Soit a E
m(A) ;
a est racined’un polynôme distingué à
coefficients dans B(Lemme 3),
doncappartient
au radicalr(A’) (Lemme 4). Récipro-
quement,
toutélément
a Er(A’)
est contenu dansm(A), sinon
il seraitde la forme k + r
(avec
k EK, k 7
o, r Er(A’)),
donc il serait in-versible dans
A’.
Ainsir (A’ ) = A’n m(A),
etA’
est somme directe deK et de
r(A’) ; A’
est donc unealgèbre locale, d’idéal
maximalA’ n m(A).
Il reste
à
montrer quel’algèbre A’
satisfaità
la condition(AN).
Soient
donnés
desai
Em(A’),
en nombreégal
à n; pourchaque i,
il existe unpolynôme distingué Q_ (X), à
coefficients dansB,
tel que~1(al) -
0(Lemme 3).
SoitIntroduisons des lettres
X.
i etY..,
tj et soitP. (X. ;
2014*2014 -*-Y..)
ij lepolynôme
Considérons-le
commepolynôme
en X.à
coefficients dansl’anneau H(Y..)
des
séries convergentes
en les lettres Y... j Parapplication répétée
du"théorème
depréparation,"
on voit que, dansl’anneau H(X,...,
1X ; Yi,j),
20142014 j toute
série convergente f(X~ ...~ X)
est congrue~ module lesà
unpolynôme R(X-.~
... ~X ) a
coefficients dans1.’
anneauH(Y..) ~ poly- nôme
dont ledegré
enX.
estp_ .
Parl’unique homomorphisme (1(3 l’algè-
bre
H(Y. _)
dans Bqui
envoieY..
enR(X~ ... ~ X )
devient unpolynôme S(X. ~ ... ~ X) a
coefficients dansB~
clédegré p.
enX_ .
Cela