Séminaire Henri Cartan
H. C ARTAN
Espaces avec groupes d’opérateurs. I : notions préliminaires
Séminaire Henri Cartan, tome 3 (1950-1951), exp. no11, p. 1-11
<http://www.numdam.org/item?id=SHC_1950-1951__3__A11_0>
© Séminaire Henri Cartan
(Secrétariat mathématique, Paris), 1950-1951, tous droits réservés.
L’accès aux archives de la collection « Séminaire Henri Cartan » implique l’accord avec les conditions générales d’utilisation (http://www.numdam.org/conditions). Toute utilisation commerciale ou impression systématique est constitutive d’une infraction pénale. Toute copie ou impression de ce fichier doit contenir la présente mention de copyright.
Article numérisé dans le cadre du programme Numérisation de documents anciens mathématiques
http://www.numdam.org/
11-01
ESPACES AVEC GROUPES
D’OPÉRATEURS
I. Notions
préliminaires.
H.
CARTAN,
(Exposé
de H.CARTAN, t9.2.195ï).
Séminaire
H.CARTAN
E.N.So,
91950/51 .
eTopologie algébrique.
Ces deux
exposés développent
le contenu de 2 Notes auxComptes
Rendus deH. CARTAN
(C.R.
Acad. Sci.Paris, 226~ 1948,
p.r48
et p.303).
Pour une biblio-graphie
de laquestion,
voir S.EILENBERG,
Bull. amer. math.Soc., 55, 1949,
p.
3-27 : numéros 6~7,~,991’C9~391~g9209~1~9259~6
de laBibliographie
de ce travail.t.-
Espace avec groupe d’opérateurs.
~.~ :
espacetopologique
danslequel
un groupe discret ’~opère (à droite).
~ s
espacetopologique quotient
Dire que
~.~
estfibre principal (de groupe 1 ) équivaut
à dire quechaque point
x E.X possède
unvoisinage
V tel que, pour tout s E ’~ distinct, del’élément
neutre e , V et Vs ne se rencontrent pas. Nousdirons,
pourabré-
ger le
langage, que
legroupe 03A0 opère
sans point fixe dans~ .
Dans ce cas,~
estl’espace
de base del’espace fibre
de fibrediscrète isomorphe
àet
~.;
est unrevêtement
Dans tous les cas, soit X le
complexe
deschaînes singulières
de=’
(à
coefficientsentiers,
ou,plus généralement,
à coefficients dans un groupe.
abélien).
Legroupe ~ opère
à droitedans X ,
d’unemanière compatible
avecle bord
a
de X =( ~x) , s~) 9
et enrespectant
lagraduation
de X .Lorsque n opère
sanspoint
fixe dans~‘~‘~,, ~
lecomplexe
deschaînes singulières de ß
s’identifie aucomplexe X- , quotient
ducomplexe X
par la relationd’équivalence définie
par 7T ."
Soit aussi Y le
complexe
descochaînes singulières
del’espace ~ (à
coefficients dans un groupe
abélien G ) .
Le groupe TIopère
àgauche
dansT ~
d’une
manière compatible
avec lecobord à
et lagraduation.
Le groupe ~i~opère
aussi dans lecomplexe
descochaînes
deech-Alexander
del’espaee X .
Dans un cas comme dans
l’autre,
lecomplexe
descochaînes
del’espace ~; , lorsque 03C0 opère
sanspoint
fixedans ~ , s’identifie
ausous-complexe Y03A0
des
éléments
de Y invariants par~tÎ
. On notera que si le groupe de coeffi- . cients G est muni d’une structured’anneau,
il en est demême
de Y et deY~‘~ , qui
deviennent desalgèbres différentielles graduées.
Ceci nous conduit à
étudier,
engénéral.9
l’une des situationsalgébriques
suivantes :
X est un
complexe graduée
muni d’unopérateur
bordc~
dedegré -t,
danslequel
un groupe Ti’opère
à droite d’unemanière compatible
avecc~
et avecla
graduation.
T est une
algèbre différentielle graduée, (dont
le cobDrd~~
est unedifférentielle
dedegré +1 ) ;
un groupe 03C0opère
àgauche
dansY 9
d’unemanière compatible avec ~‘
et avec lagraduation
et lamultiplication (N.B. :
le cas où Y ne
possède
pas de structuremultiplicative peut toujours être considéré
comme un casparticulier
de celui où il enpossède :
il suffit d’in- troduire unemultiplication nulle).
2.- Complexe à opérateurs ; homologie d’un groupe 03C0
à coefficients dans uncomplexe gradué où
03C0opère (à droite).
0Soit X un
complexe gradué (avec c~
dedegré .-I~ )
danslequel
TIopère
à
droite,
comme ci-dessus. On va faire une constructionalgébrique qui s’inspire
des
analogies topologiques
que voici : on sait(Séminaire 1949-50, Exposé 6, 6) qu’un
espacefibré principal ~~ (où % opère
àgauche)
et un espacetopologique
X opère
àdroite) définissent
un nouvel espacefibré,
demême
base queC ~
defibre $1 ,
de groupestructural 11. (N.B. :
parrapport
aux notationsde
49-50~
lagauche
et la droite sontéchangées).
Cet espace,noté ( ’~ g ~, ) ~ ,
est’le
quotient
duproduit ~~; x (~
par la relationd’équivalence définie
parles
opérations
suivantes de1’f :
.Ce
qui
vajouer
ici lerôle
d’un espacefibre principal C , c’est
uncomplexe
C pour le groupe TT(cf exposé 2~ ô
C est un ’~-complexe (à gauche) ,
H-libre et
acyclique (au
sens de~~o
0Rappelons
que, le groupe ’~étant donné,
un tel
complexe
C estdéterminé
à une03C0-homotopie près. Rappelons
aussiqu’on peut définir
un03C0-homomorphisme
’permis
C ~ C ~C ,
lui aussidéfini
Z
à une
03C0-homotopie près, qui
donnera naissance auxproduits
dans la cohomolo-gie
du groupe ~’( exposé 4, 4).
Voici maintenant la construction
algébrique
que l’on va faire avec X et C . Paranalogie
avecl’espace C ) , quotient
x~~ 9
nous consi-dérons
leproduit
tensorielX ~. C quotient
de C par la relationd’équi- valence définie
par TT :~ ~ ~
(x.s-1) ~ (s.y) ~
x ~ y. Ce groupe X ~ C estbi radué
par lesgraduations
de X et de
C ~
on endéduit
unegraduation
de C : unélément
x w y 9où x est de
degré
p et y dedegré
q , sera de"degré
total" p+q .Définissons
sur X ~ C unopérateur
"bord" par la formule habituelleAlors,
deviont uncomplexe gradué (par
ledegré total}9
muni d’un bord~
dedegré
-1.Définition
~ ~ 1 - Le grouped’homologie H(X
~~sC~ 9 qui
estindépendant
dun
choix de
C 9
se noteX)
ets’appelle
le grouped’homologie
du groupe 7i à coefficients dans lecomplexe
X où 03C0opère
à droite. C’ est un groupe( par
. ledegré
total de X ~~iC )
otf .
3.- Algèbre différentielle à
à coeffi-cients
dans unealgèbre différentielle graduée oû 03C0 opère (à gauche).
Soit Y une telle
algèbre différentielle graduée.
Onconsidère
le groupeY~ 9
sous-groupe deY~ .
C’est un groupebigradué :
,.
Hom_(C , Yq~
s’identifiecanoniquement
à un sous-groupe facteur direct de. ’i p
Y) .
Nous ne nousintéresserons qu’à
la somme(directe)
desdans
Hom03C0(C , Y) ;
ce c’est un groupe que nousdésignerons
parY) .
Il estgradué
par ledegré
total.r~
On
définit
unemultiplication
dansY) :
n _ n ~ ~ n
est obtenu
comme
suit.Soient 03C61
£Hom03C0(Cp1 , Yq1)
et03C62
" H°m(Cp2 , Yq2) ;
Prenons 03C6
6’ HOWCp2 , Yq1+q2) défini
parpuis ,
composons avecl’application
0p1+p2
~ Cp1 ~ Z
Cp2
: on obtient un homo-morphisme 03C6
deCp1 +p2
dans Yqui
sera pardéfini tion (03C61 ~ 03C62).
Enfin,
ondéfinit
dansY)
unopérateur 03B4 ,
dedegré +1 ,
comme suit : si f ~
Y) ~
on poseon
vérifie
quer~
est bien unedifférentielle vis-à-vis
de lamultiplication
. Ainsi
Y)
est unealgèbre différentielle graduée.
Définition 1
bis - L’anneau decohomologie ‘~) ) 9 qui
estindépendant
du choix de C et del’application
C .~-.~. C ~~C ,
se noteZ
Y)
ets’appelle
l’anneau decohomologie
du groupe ’~ à coefficients dansl’algèbre différentielle Y
où ’~opère
àgauche.
C’est un anneaugradué
(par
lagraduation
totale deY)) .
4.- Quelques homomorphismes
canoniques.-
En ce
qui concerne l’homologie,
on a leshomomorphismes
suivants :qui proviennent
deshomomorphismes permis :
que l’on va
expliciter :
Zdésigne
l’anneau des entiers danslequel opère trivialement ~ ~
estdéfini
par1’"augmentation"
C 2014~Z ~ composée
deC 2014~
C
et de 2014~ Z(cf exposé 2) ~ B
estdéfini
parl’homomorphisme
X 2014~
composé
de X 2014~X
et deX
2014~ pas oublier que tous leséléments
deX
sont descycles) .
Les
homomorphismes
de la suite(S)
sonttoujours définis,
dequelque
manière que Ti opère
sur X. Mais supposons maintenant que Xsoit ~ -libre~
et muni d’une
augmentation
X 2014~ Z pourlaquelle
X estacyclique (cf. 2).
Considérons
lecomplexe C y qui
n’est autre que C danslequel
on faitopérer
TT à droite par x2014~
7T ) . D’après l’exposé
4(numéro 1)
ilexiste un 03C0
-homomorphisme permis
de X dansC , compatible
avec les augmen- tations.Or,
d’unemanière générale,
on a descompatibilités, qu’exprime
l’énoncé
suivant i, ~../
Proposition 1 - Supposons
donne un03C0-homomorphisme permis
X ~C , d’où
,résulte
unhomomorphisme permis ~ s
Z 2014~ Z .Supposons
deplus
n ~
donnée
une"augmentation"
Z(compatible
avec lesopérations
de "fT ,qui opère
trivialement dansZ ) qui
soitcompatible
avec X ~C , c’est-à-
dire
qui
donne lieu audiagramme
commutatif sAlors le
diagramme
suivant est commutatif :Démonstration : Considérons
lediagramme
commutatifoù les deux
premiers homomorphismes
verticaux sontdéfinis
parl’homomorphisme permis
X 2014-~C ~
letroisième homomorphisme
vertical parl’augmentation
H (X)
~Z ,
et où 1 sontdéfinis
parl’augmentation
C ~,
Z ,
resp. C 2014s> Z . Si on passe à
l’homologie
dans cediagramme,
il est aise devoir que, en identifiant et à
et03B31*
sont~ Ï! ? ~
le
même homomorphisme
de Hq(C ~ C)
dans Hq(C03C0)
= Hq(03C0, Z) .
Cecidémontre
la
proposition.
Passons à la
cohomolosie.
On a deshomomorphismes analogues
qui proviennent
deshomomorphismes permis (et compatibles
avec la structuremultipl.)
.
En outre : .
Proposition
I bis - Dans leshypothèses
de laproposition 1 ,
supposons que Y =G) . L’augmentation
~.. Zdéfinit
unhomomorphisme
G .~.~ et le
diagramme
suivant est commutatif : ’5.-
Conditions suffisantes pour pueX)-2014~ j3~
Y) soient des isomorphismes
sur.Nous
partirons
encore del’analogie
avec le cas des espacesfibres :
revenons à
l’espace (~C )
dunuméro 2 ,
et supposons quef)C
soit aussifibre principal
de groupe TT . . Alors(’~~) peut
aussiêtre considéré
commeespace
fibre
debase ~ (quotient
de parC ) y
de fibreC .
Mais sil’homologie
de la fibre est triviale(i.e.:
H(C)
= 0 pourq 1. 1 ,
. =
Z ) ~ l’ homomorphisme
del’homologie de (3CyC )
dansH( )
est unisomorphisme
sur. C’est cette situation que nous voulonsétudier
maintenant d’unpoint
de vuepurement algébrique.
Examinons d’abord le cas où les
éléments
de X seraient tous dedegré 0 ,
l’opérateur r~ étant
donc nul.Alors,
dire queX)
-..~ est unisomorphisme
sur, revient à dire que HX) (groupe d’homologie de 03C0
àcoefficients dans
X )
estnul
pourq ~ 1 (H ( i I 9 X) étant
bien entendeX~ ).
On sait
qu’ il
en est bien ainsilorsque
Xest n
-libre(exposé 1, 1) .
On vatrouver maintenant des conditions
plus larges.
Notons
039B l’algèbre
de03C0
àcoefficients
entiers.Puisque
X est/~
-module àdroite,
on a uneapplication
considérons,
sur X &A ~
la structure deA -module
à droitedéfinie
par le. Z .
second facteur
A ;
il estévident
quep
est un A-homomorphisme
de modulesà
droite,
etapplique
X ~ /B sur X. Si X est03C0-libre,
le noyaude 03C6
. Z
est donc facteur direct
(au
sens de la structure deA -module).
Définition
2 -Un 03C0
-module à droite X est dit faiblementÎT-libre
si le noyaude 03C6
est facteurdirect;
autrementdit,
s’il existe un n-homomor-phisme X ~ X ~ 039B qui , composé
avecq , donne l’automorphisme identique
de X . ~
.
Proposition
2 - Si X est faiblement7~-libre~
les groupesd’homologie X)
sont nuls pour tout entier q ~ 1 .En effet les ?T
-homomorphismes
X 2014~A
20142014~ Xdéfinissent
des. Z
homomorphismes
X x C 2014~(X ~’ A ) ~
C 2014~C .
e’ est-à-dire7 z 11 ~
’
’
dont le
composé
estl’identité.
Passons à1’homologie ;
il vientdont le
composé
estl’identité.
Or H ~(X ~C)
est nul pour q~1 ~
parce queZ
"
H (C)
= 0 pourq ~. 1 . Il
enrésulte
bien queH (ï~ X)
= 0Passons maintenant au cas d’un
03C0-module
àgauche
Y dont tous leséléments
sont de
degré 0 , l’opérateur 03B4 étant
donc nul. Dire que ~ H*(03C0 , ~ H*(03C0,Y)
est un
isomorphisme
sur, revient à dire quey)
est nul pour tout entier q ~1 ;
bienentendu, H~(Y")
=Y~
est le groupe decohomologie H~(ï? ~ Y) .
Nous
allons
donner des conditions suffisantes pourqu’il
en soit ainsi.Y
étant identifié
àHom (~ ~ Y) ~
on a uneapplication biunivoque
si l’on
considère,
sur la structure de~!
-module àgauche défi-
nie par la structure
de A
-module à droite de/B
,t ~
estun A -homomorphis-
me. Si Y est
-injectif (exposé 1) , l’image
det~.~
est facteur direct(au
sens de la structurede ^ -module).
Définition
2 bis -Un 03C0
-module àgauche
Y est dit faiblement rt-injec- tif
sil’image
est facteurdirect ;
autrementdit, s’il
existe unif -homomorphisme Y)
...~. Yqui, suivant 4./ ,
donnel’automorphisme identique
de Y .Proposition 2 bis -
Si Y est faiblement~~~ -injectif 9
les groupes decohomologie Hq( r { 9 Y)
sont nuls pour tout entierq ~: ~ .
La
démonstration, analogue
à celle de laproposition 1 , est laissée
aulecteur.
Interprétation
de lc, notion de "faiblement 03C0-injectif". 0 Le àgauche Y)
n’est pas autre chose que le groupe desapplications, de ~ ~’
; dans
Y,
danslequel
on faitopérer
nr àgauche
de lamanière
suivante : uneapplication
f esttransformée
par un s ~ enl’application s f définie
par
s f(x)
=f(xs) .
Dire que Y est faiblementn-imectif
revient à direqu’il
existe une trace pour lesapplications
de ~~ dansY ~
c’est-à-dire unefonction
f ~~ Sp(f) qui,
àchaque f,
associe unélément Sp(f) ~: Y ,
avecles
propriétés
suivantes s1) Sp(sf) = s.Sp(f)
;2 )
Sif(x)
a la forme x.y(où
y est unélément
fixe deY) 9
alorsSp(f) =
y .Par
exemple,
si Y a la formeG) 9
où X est faiblement03C0-libre,
Y est faiblementTf-injectif (vérification laissée
aulecteur).
Les
propositions
2 et 2 bis donnent des conditions suffisantes pour que leshomomorphismes X)
,.~H(X~.)
etH~(Y’’ )
_~Y)
soient desisomorphismes
sur, mais seulement dans le cas où leséléments
de X(resp. Y )
sont de
degré
0 . Passons maintenant au casgénérale
parexemple
pour X a On hotera X’ le groupegradué sous-jacent
ducomplexe
X(on
fait donc abstrac-tion de
l’opérateur c~
deX 9 quand
onconsidère X’ ) . Lorsque,
pour tout entier n , le 03C0-module à droiteX’n
est faiblement on dira que lecomplexe
X est faiblement~--libre ~
on a alors(5.1) Hq(03C0 , X’n) = 0 pour
tout n(il s’agit
des groupesd’homologie de ~ j~ g ~
coefficients dansoù ;T
opère
àdroite).
Théorème 1.-
Si les conditions(5.1)
sontremplies, l’homomorphisme
est un
isomorphisme
sur.Démonstration :
posons pour un instantA et B sont ainsi munis d’une structure
filtrée (les
A forment une suitemonotone et sont stables pour le "bord"
~ ;
demême
lesB ) . L’augmentation
C ~ Z
définit,
on l ’ a vu, unhomomorphisme 03B2
de Adans B , d’où
unhomomorphisme /3
deH(A)
dans et ils’agit
de montrer que,moyennant
l’hypothèse (5.1), 03B2*
est unisomorphisme
sur.applique A
dansBp ,
et
définit
donc deshomomorphismes Ap/Ap-1
~B /B . compatibles
avec lebord.
~ C ,
etB /B . ~X’p ~ Z . L’homomorphisme
H(Ap /A p-1)
~ H(Bp/Bp-1)défini par 03B2
est unisomorphisme
sur, en vertu de(5.1).
Or cecientraîne
que/3
:H(A)
~H(B)
est unisomorphisme
sur ; celarésulte
en effet des deuxlemmes
suivants(qui
auraientdû
trouverplace
dansl’exposé général consacré
à la"suite spectrale")
sLemmel: Soient A et B deux groupes
abélions
avec"bord",
et soit fun
homomorphisme permis
de A dans B("permis"
=compatible
avec lebord).
Supposons données
deux filtrationstelles que les
A (respe
soient stables pour lebord ;
et supposons B pour tout entier p .Si,
pour tout p ,l’homomorphisme
P p
H(A p*r
p ~H(B p+~
Pdéfini
par f est unisomorphisme
sur,alors,
pour tout entierq ~
1 et tout entier p , l’homomorphisme
H~A
p+q/A ~ P
.~...~ p *qest un
isomorphisme
sur.Démonstration :
parrécurrence
sur q . C’est vrai pour q= 1 ;
supposons--le vrai pour q 9 et montrons-le pour
q+1 .
Les suites exactesdéfinissent
deux suites exactes pour les groupesd’homologie,
et fdéfinit
unhomomorphisme
de lapremière
suite dans la seconde. Autrementdit,
on a undiagramme
commutatifoù les suites horizontales sont
exactes,
et où leshomomorphismes
verticaux sontceux
définis
par f . 0D’après l’hypothèse
derécurrence,
les 2premiers
et les2 derniers
homomorphismes
verticaux sont desisomorphismes
sur ; il enrésulte
("lemme
descinq")
quel’homomorphisme
u est aussi unisomorphisme
suro .C.Q.F.D.
,Lemme 2 : Les
hypothèses
du lemme 1étant conservées,
supposons en outreque A et B soient
gradués :
A= ~ A~ ~
B =~ B~ ~
lesgraduations étant
. n n
n n
compatibles
avec les filtrations(i.e. s
si on poseA p
=A , A
estsomme directe des
An ;
demême
pourB ) . Supposons
enfin que, pourchaque
n. ,Anp =
0 pour p assezpetit, Anp = An
pour p assezgrand.
Dans ces condi-tions, l’homomorphisme H(A)
.~..~H(B) défini
par f est un isomorphisme sur..
En
effet,
il suffitde vérifier 9
pourchaque
n 9 queH(An)
.~,..~~H(Bn)
est un
isomorphisme
sur ; celarésulte aussitôt
du lemme 1 .Il ya,
pour lacohomologie,
unthéorème analogue
authéorème 1 ;
nous nouscontentons de
l’énoncer :
.Théorème
1 bis.- Soit Y uncomplexe gradué
avecopérateur
cobord dedegré +1 ,
et soit Y’ le groupegradué sous-jacent. Supposons
(ce qui
sera notamment le cas si les sontfaiblement 03C0-injectifs).
Alors
l’homomorphisme
est un
isomorphisme
sur.6.- Exemples.-
On sait que si le
groupe 03C0 opère
sanspoint
fixe dans un espaceiL ,
et si Y
désigne
lecomplexe
descochaînes singulières
de~.~ ~
Y est~ -inj ectif 9 puisque
Y =HomZ(X , G) ,
Xdésignant
lecomplexe
deschaînes
singulières
à coefficientsentiers, qui
est 03C0 --libre. Donc lethéorème
1 biss’applique dans
ce cas :H*(03C0 , Y)
s’identifie à lacohomologie singulière
del’espace 03B2
,quotient
par le groupe TI .On va montrer
qu’il
en est demême lorsque
Y est lecomplexe
descochaî-
nes de
ech-Alexander,
etaussi, lorsque
legroupe 03C0
estfini
et que Y est lecomplexe
descochaînes singulières (resp.
deech-Alexander) à support
compact ;
on supposetoujours que 03C0 opère
sanspoint
fixe dansl’espace ~ .
Démonstration :
on saitdéfinir
leproduit
d’unecochaîne (à
valeurs dansG )
par une fonction depoint
neprenant
que les valeurs 0 Or il existe une tellefonction ~~ 9
satisfaisant à03A303C6s
= 1 (03C6sdésigne
latransformée
parl’opération
sdu groupe TI
) ;
eneffet,
il suffit de choisir unpoint
danschaque
classed’équivalence
de~~f
suivantpuis
deprendre pour cf
la fonction carac-téristique
de l’ensemble desreprésentants.
Soit alors 03C9 unecochaîne (de degré quelconque) 9
et satransformée
par s . On va montrer que le groupeYn
descochaînes
dedegré
n estfaiblement 03C0-injectif, et, pour cela, .définir
une"trace".
Uneapplication
f de n dans Y n’est autrequ’une
cochaîne ~~ (s) , dépendant
d’une variable s ~.~ 9
pardéfinition, Sp(f)
sera.la
cochaîne
Il est
immédiat
.quec’est
bien une trace. Deplus,
si 7i estfini,
etsi est,
pourchaque
s, une’cochaîne à support compact,
il en est demême
de la"trace" de la fonction
~.~(~s) ;
donc lecomplexe
descochaines
àsupport compact
est
faiblement fi-injectif quand
le groupe ’~ est fini(et opère
sanspoint fixe).
Rectification ~
cequi précède
estparfaitement
correct en cequi
concerneles
cochaînes singulières.
Pour lescochaînes
deCech-Alexander,
il faut s’assu-rer que
si,
pourchaque
s 9 est unecochaîne de support vide, l’expres-
sion
(6)
est aussi unecochaîne
desupport
vide. Pour ledémontrer 9
on doitfaire
l’hypothèse
suivante : toutpoint
del’espace jï~, possède
unvoisinage
11-11 tel que les soient
identiquement
nulles dans cevoisinage~
sauf pourun
nombre fini de valeurs de s . Cette condition
peut
seréaliser lorsque
estlocalement compact et paracompact. Telle est donc
l’hypothèse supplémentaire
que nous ferons
lorsqu’il s’agira
decohomologie
deCech-Alexandero
La
méthode précédente s’applique
aussi aux formesdifférentielles
sur’ unevariété différentiable (paracompacte) :
il suffit deprendre pour ~
une fonc-tion
différentiable,
à valeursréelles comprises
entre 0 et1 ,
et telle que~~~
= 1(la
sommeétant
"localementfinie").
La sommation(6)
est alors~s
applicable,
etdéfinit
une trace dans les formesdifférentielles (resp,
dansles formes
différentielles
àsupport compact quand
le groupe ~’ estfini).
7.-
Remarque finale :
Dans tout cet
exposé
on aconsidéré
des groupesabéliens
danslesquels opère
le groupe Les groupesabéliens
ontété envisagés
commo modules surl’anneau Z des entiers. 0 On
pourrait remplacer Z
par un anneau commutatif Kavec
élément unité,
et neconsidérer
alors que des K-modules danslesquels opère 03C0
. On pourra9 parexemple, prendre
pour K un 0Dans
l’exposé suivant,
on verra comment les groupesH(~~ , X)
etH~(’^’~ , Y) peuvent être munis
d’unefiltration,
telle que les groupesgradués
associés
soient les termesEo°
de suitesspectrales
que l’onexplicitera.
Celafournit un mode de "calcul" des groupes et
lorsque
ceux-cis’identifient à et
Y) respectivement ( cf théorèmes
1 et1 bis