Séminaire Henri Cartan
B ERNARD M ALGRANGE
Le théorème de préparation en géométrie différentiable. II.
Rappels sur les fonctions différentiables
Séminaire Henri Cartan, tome 15 (1962-1963), exp. no12, p. 1-9
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12-01
LE THÉORÈME DE PRÉPARATION EN GÉOMÉTRIE DIFFÉRENTIABLE
par Bernard MALGRANGE
Séminaire
Henri CARTAN(Topologie différentielle)
15e année, 1962/63,
n° 12 11février 1963
II.
Rappels
s urles fonctions différentiables.
1.
Fonctionsdifférentiables
au sens deWHITNEY.
Soit
X un sous-ensemble localementfermé
de prenons unouvert 0
cRn’
tel
qu’on
ait X c Q et que X soitfermé dans Q ; désignons
par l’es- pace des fonctions m foiscontinûment dérivables
dans Q et à valeursréelles
( m entier
0 ou+ ~ )
muni de satopologie habituelle,
ï, e. la convergence uniforme sur toutcompact
des fonctions et de leursdérivées jusqu1à
l’ ordre m ;désignons
encore par~’~~ ; Q) l’iàéal, évidemment fermée
daformé
desfonctions nulles ainsi que
leurs dérivées jusqu’à
l’ordre m sur X . Nous pose-rons,
pardéfinition,
e t nous munirons cet espace de la
topol ogie quotient
de ce lle de Il estimmédiat
devérifier
quel’espace
vectorieltopologique ë~(X)
nedépend
pas del’ouvert Q choisi,
à unisomorphisme canonique près.
Nousappellerons
sesélé-
ments
"fonctions
m foiscontinûment différentiables
sur X "(en
touterigueur,
il vaudrait mieux dire "sur le
voisinage infinitésimal
d’ ordre m deX ",
maiscela
n’amènera
dans la suite aucuneconfusion) 3 lorsque m ~ ~ ~ t
ondira
comme
d ’habitude, "fonctions différentiables
sur X " et l’onécrira f;(0), 3(X ; ~) ~ etc.,
au lieude ~ ~~~) ~ ~, ,
etc.Rappelons quelques résultats
relatifs à ces espaces :a. le dual de
Em(X)
est(canoniquement) isomorphe
à espace des dis-. tributi ons d’ ordre m à
support compact
e t c ontenu dansX .
Soit en effet f une formelinéaire
continue sur~m(X) ? ~ définit
uneforme
linéaire
continue surë~(0) ,
i . e , unélément de ~ ~ m ~ ,
Pourétablir
le
résultat;,
il suffit de prouver que leséléments
dequi s’annulent
sur~m(X ; Q)
sont exactement ceux dont lesupport
est contenu dansX ,
Or celarésulte immédiatement
du lemme suivant(cf. chap. 3, théorème XXVIII) :
LEMME
1. -
les fonctions dequi
s’annulent auvoisinage
de X sontdenses
0) .
~~ ~’ ~ ’
b.
Lorsque
k = ... ,k) ~ N~ ~
posons comme d’habitudeSoit
(espace
des"champs
deTaylor
d’ordre m sur X~~ ) l’enaemble
des famillesde fonctions continues sur X à valeurs
réelles, indexées
par les n-entiersd’ordre $ m ,
On obtient uneapplication ~m t~~ ~
en associant à toutf ~ la famille des fonctions sur X
Le noyau de cette
application
estévidemment Jm(X ; 03A9) ,
d’où uneinjection
w : ~(X ~ .~
Nous allonsrappeler
lacaractérisation
del’image
deW
Pour cela, remarquons qu’en
vertu de la formule deTaylor,
tout f E pos-sède
lapropriété suivante,
que nousdésignerons
par(W ) :
(i) Lorsque
m + oo : pour tout kavec |k| m ,
e t touta
Pour le cas " m
fini",
nous nous contenterons de renvoyer à[6J (voir
aussiou
[2])~
et nousindiquerons rapidement
comment passer de HA au cas nL== ~ co,Pour
cela,
remarquons que pourm ~
on a uneapplication évidente
W~ (X)
i et queW(X)
est la limiteprojective
des munies de cesapplications.
D’autrepart,
on aévidemment
Tout revient donc à montrer que l’on a
i.
e. que la suite exactereste exacte par passage à la limite
projective.
Or cela se fait par leprocédé classique
deMittag-Leffler (il suffit,
pourpouvoir l’appliquer
de savoir queJm+1(X ; Q)
est dense dansJm(X ; 03A9) ,
cequi résulte aussitôt,
parrégulari- sati on,
du lemme1).
Naturellement,
ce raisonnement redonne enparticulier
lethéorème
deBorel
rap-pelé
dans leprécédent exposée
Pour m
fini,
munissons de latopologie définie
par les semi-normes suivantes(on
laisse le lecteurvérifier qu’elles
sont bien finies sur ïsup
1
et sup~20142014201420142014~- Z201420142014 ~(y) ~ T/~{
xeK
~~’
(
K uncompact quelconque
deX ) ;
nous obtenons un espacemétri-
sable(et même normé
si X estcompact)
dont onvérifie aussitôt qu’il
est com-plet.
Ilrésulte
alors duthéorème
dugraphe fermée
ou directement del’analyse
de la
démonstration
duthéorème 1,
queil
est unisomorphisme topologique
de6~(X)
sur Pour m = + cesrésultats
restent vrai si l’on munitM(X)
de latopologie définie
par les semi-normesci-dessus,
avec mremplacé
par
n’importe quel
entier naturel m’(~).
On
remarquera que,
engénérale
latopologie
de n’est pas induite par latopologie
naturelle dedéfinie
par les semi-normes sup|fk(x)| .
. xeK
la
propriété
enquestion
n’est vraie que si X est"suffisamment régulier",
2.
Ensembles régulièrement séparés.
Soit Z un sous-ensemble localement
fermé
deR~ ~
et soient X cZ ,
Y cZ ,
avec X et Y
étant
fermés dansZ . Considérons
la suite( )
Notons d’ailleurs que W(X) est exactement le sous-espace deT(X)
pourlequel
toutes ces semi-normes sont
finies,
et que lapropriété analogue
est fausse pourm + ce
(démonstration
laissée aulecteur).
où à est
l’application diagonale
f ~(f ’ ~ f ~’ } ~ i ~ (resp. étant
la restriction de f à X
(resp. Y ~~ définie
de lamanière évidente,
et ono est
l’application (f 9 g)
’~^~ f’ -.g ’ ,
f ’(resp. g’ ) désignant
la res-triction de f
(resp. g )
à X n Y ~Evidemment, 03C303B4 = 4 9
6 estsurjectif (donc
est unhomomorphisme ) ,
et à estinjectif.
Deplus, im(ô)
est dense dansker (a) :
soit en effetg) E ker(a) ;
enprolongeant
g eng E ~ (X
uY) ,
on aavec f ~ = f -
g ~
et la restriction de f ’ à X n Y estnulle ;
ilrésulte
alors du lemme 1 que f’ est
adhérant
à l’ensemble des h nuls au voi-sinage
de X nY ;
enprolongeant
h par0 ,
on obtient unélément de &(X
uY) ,
donc
(f’ ~ 0~
estadhérent
àConsidérons aussi, quoique
nous n’enn’ayons
pas absolumentbesoin,
la suitetransposée :
On
déduit
despropriétés précédentes
que0 ,
que a’ estinjectif
eta une
image fermée ;
que est dense dans doncégal
à(ce qu’ on pourrait
d’ailleursétablir
directement par lespropriétés
dusupport
des
distributions ) ;
et enfin queim(~ ~ ~
est dense dans ~t(X
uY~ .
Il
résulte
de tout cela que lespropriétés im(by"
et "03B4’
est sur-jectif"
sontéquivalentes 9
cela revient à dire que(L)
est exacte si et seule- ment si(L’ )
est exacte. Pardéfinition
nous dirons avecOJASIEWICZ
que " X . etY sont
régulièrement séparés"
si cespropriétés
sont vraies.THEOREME 2 Pour que X
et
Y soientrégulièrement séparés,
il faut et il suffit que X n ou que la condition suivante soit
vérifiée :
(A)
Pour toutcompact
K c X et toutcompact
L cY ,
il existe C > 0 eta > 0 tels que, pour tout x ~
K ,
on aitd(x , L) cd(x ,
X nY)03B1 , ( d dési-
gnant
la distance euclidienne dansR?) .
On laisse au lecteur le soin de
vérifier
directement que cette condition est biensymétrique
parrapport
à X et Y ~La
démonstration
deOJASIEWICZ
consiste à montrerl’équivalence
de(A)
avec lasurjectivité
de ô’~3~ ~
ou~4~ f exposé 21).
Pour rester dans le cadre des fonctionsdifférentiables,
nous allons en donner uneautre, fondée
sur lethéorème
1.
a.
(A)
==> f =(resp.
g =élément
de
W(X) (resp. W (Y) ~ ;
suppos onsqu’on
aitf=g
sur X n Y . Ondéfinit
h=
e T (X u Y)
parh = fk
surX, hk = ~
surY,
et il faut montrer que l’on a h EW(X
uY) . En prolongeant
g enW(X
uY) ~
e t enrempla-
çant
f parf - g ~
on seramène aussitôt
au cas où g = 0(et
parconséquent
f =0 sur
X nY ).
Soit alors ~f un
compact
de Xu Y ,
et posons X nM ~ X !
Y nM=L .Nous
devons
vérifier que,
pour toutm E N
et tout il existec’
> 0 telqu’on ait,
pour tout x ~ M et tout y EM :
(cela entraînera
bien h EW(X
uY) :
cf. note( y ) ~ .
Le cas eu x
et y appartiennent
tous les deuxà X ,
ou tous les deux àY f
est
immédiat. Supposons
doncY E Y (le
cas eux E Y,
setraiterait de
manière analogue) ;
dans ce,cas,
notreinégalité s’écrit simplement
Par
hypothèse,
onpeut
trouver z e X n Y telqu’on
ait{~ ~ y)t zf) ;
on
peut
supposerque, lorsque
x varie dans K et y dansL~
z varie dansun
compact
de X n Y ,. Soit m’ un entier telqu’on
ait03B1m m’ ;
comme~x - zjj
estbornée
on aura))x - $ c"ttx -
avec 0 . Enappli- quant (W)
àf ,
on trouvePar
hypothèse, l ’image
de 03B4 estfermée,
donc à est unhomomorphisme ;
soitalors ~i un
compact cX
u Y . Pour tout f eW(X
u il existera enparties
lier une semi-norme p sur et une semi..norme q sur
W(Y)
tellesqu’on ait,
pour tout xeM et touty E M :
En
particulier,
si f est nul surY ,
ilvient,
enposant
X n M =K ,
YnM=L:
S oit enfin 0 un ouvert de
Rn,
tel que X u Y s oit unformé de 03A9 . En
"remontant"
à E(03A9) l’inégalité précédente!
on trouve ceci : il existe un com-pact
unentier m z
0 et un C > 0 telsque,
pour tout FE ~ ~~~ ~
nt~.à l’ ordre infini s ur
Y ~
e t t out on ai tCela
étant,
soit (p une fonctionindéfiniment dérivable dans R?,
àsupport
dans la boule
unité,
ave c03C6(0)) = 1 ;
posonsest
toujours exacte, i,
e. X et Y sonttoujours "0-régulièrement séparés"
(évident!) ;
.b. pour
0m+~ , X
et Y sont"m-régulièrement séparés"
si et seulementsi la condition
(A)
estvérifiée
avec a =1 ,
cequi
est une conditionconsidé-
rablement
plus
restrictive que lacondition (~) elle-même!
Remarque 2. -
Enfait,
la notion derégulière séparation
est decaractère
local.Soient (2
un ouvert de etX ,
Y deuxfermés
Si X et Y sontrégulièrement séparés ,
pour tout ouvert 0~ 03A9 ,
O n X et O n Y sontréguliè-
rement
séparés. Inversement,
si~0. ~
est un recouvrement de Q telque,
X n
di
et Y n~i
soientrégulièrement séparés, X
et Y sontrégulièrement séparés.
Ces faitss’établissent immédiatement
en utilisant unepartition diffé-
rentiable de
l’unité (et
sont d’ailleurs tout aussiévidents
àvérifier
sur la condition~tl~ ~ .
Exemple : Ensemble s analyti que s ...
Si Q est-un ouvert de un sous-ensem-ble
fermé
X de ~î est dit"analytique" si,
auvoisinage
de toutpoint
de X(ou de 03A9 ,
cela revient au il estdéfini
par un nombre f inid’équations analytiques-réelles fi(x) = 0 ;
il suffitmême
deprendre
une seuleéquation
,~ f . 1 (x~ ~
0 .Rappelons
lerésultat
suivant[3] :
PROPOSITION 1. - Deux sous-ensembles
analytiques quelconques
X et Y de Q sontrégulièrement séparés.
En vertu de la remarque
précédente~
onpeut
supposer X(resp. Y ) défini
parune
équation f (x~ ~ C (resp, g(x) = 0 ) .
Laproposition résulte
alors duthéorème
suivant([3~ ?
ou[~~ ~ exposé
22. Nousrappellerons
aussi ladémonstration
dans leprochain exposé) :
THÉORÈME
3
Soit f une f onctionanalytique
dans un ouvertet X 1 ~ensemble des
zéros
de f . Pour toutcompact
il existeC > 0
e t a
> 0tels que,
pour tout x eK ,
on aitf (x > Cd (x ,
Pour
démontrer
laproposition 1,
onapplique
cethéorème
àf~
+g ; quel que
soit M
compact de 0 s
on auradonc,
pour tout x E MMais la formule des accroissements finis montre
qu’il
existe 0 telqu’on ait,
V x ~ M V y e M n Y :|g(x)| c’~x - yj) .
H enrésulte aussitôt
que la condition
(A)
estvérifiée~
d’ou lerésultat..
3. Multiplicateurs.
Soient Q un ouvert de
R~ ~
et X unfermé
deQ ,
Définition. -
On noteQ)
le sous-espace deê(Q - X) formé
des fonc-tions f
possédant
lapropriété
suivante :. Pour tout K
compact
de03A9 ,
et tout k eNn ,
il existe C > 0 et 03B1réel
telsqu’on ait,
V x e K - XExemple . -
Soient f une fonctionanalytique dans ~ ~
et Xl’ensemble
deses
zéros ;
on a1/f
Em(x ; Q) (résulte
duthéorème 3
at de la formule deLeibniz).
THEOREME
4.-Si 0) ,
lamultiplication par f opère continûment
dans
3(X ;Q) ~
Autrement dit i
pour tout g E~(~ ; ~~ ~
la fonctionfg , définie
dans~ ~Z » ~ ,
seprolonge (d’une manière évidemment unique)
en une fonctionde (X; ~~~
et
l’application
ainsidéfinie
est continue.Démonstration. »
Soit~’ (~ ; Q) l’espace
des fonctions de&(0)
nulles auvoisinage
de X . Lamultiplication
par fdéfinit
uneapplication
J’(X ; 03A9) ~ J’(X ; Q) ; grâce
au lemme1,
il suffitd’établir
que cetteapplica-
tion est continue pour la
topologie
induite sur~’ (X ; Q) Or,
soit~’ (~ ; Q) ~
et k E ParLeibniz,
on a(avec
des notationsévidentes) :
il suffit donc
d’établir
quelorsque
k et 1 sontfixés,
et que x varie dansun
compact ~ ~ ~ ~
il existe uncompact ~ ~ ~ ~
un entier m > 0 et un C >0 ,
tels
qui on ait
Vg ~ ~ i ~X ; ~ ~~ ~
VComme g est nul au
voisinage
dex ~
la formule deTaylor
montrequ’on
pourratrouver un
compact
telqu’on ait,
pour touten choisissant m assez
grand,
et en tenantcompte
del’hypothèse
f EJ~(X ; 0) ,
on trouve le résultat
cherché ,
Soient maintenant Y et Z deux sous-ensembles
fermés
avec Z c Y . Nousdésignerons Y) l’espace
des fc ~ (Y)
dont la restriction à~ tZ )
est nulle e.qui
sont"plates
sur Z" ).
Lethéorème
4 a le corollairesuivant :
COROLLAIRE. - Soient
Xet
Y deuxsous-ensembles fermés régulière-
ment
séparés ;
et soit f ~ Alors lamultiplication
par fopère
dans
(X
nY ; Y) .
En
effet,
comme X et Y sontrégulièrement séparés,
laprojection
E(03A9) ~ E(Y) envoie J(X ; Q) Y ; Y) .
lerésultat.
Il serait
possible
dedéfinir
un espace demultiplicateurs
lorsque
Y et Z sont desfermés de 03A9 ,
avecZ c Y ,
etde
démontrer d’ans
ce cas unanalogue
duthéorème
4. Comme nous n’aurons pas àutiliser de tels
espaces,
nous laisserons au lecteur le soind’examiner
cettequestion.
12-09
BIBLIOGRAPHIE
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