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Gourdon, Analyse, page 278 Exercice : Pour tout s > 1, on pose

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Fonction ζ de Riemann

Gourdon, Analyse, page 278 Exercice : Pour tout s > 1, on pose

ζ(s) =

+∞ X

n=1

1 n s

1. Montrer que ζ dénit une fonction de classe C sur ]1, +∞[ et exprimer ses dérivées successives.

2. Montrer que ζ converge en +∞ et que lorsque s 1 + , ζ(s) = 1

s 1 + γ + o(1)γ désigne la constante d'Euler.

3. On note (p n ) n∈N

la suite des nombres premiers rangés dans l'ordre croissant.

Montrer alors que

∀s > 1, 1 ζ(s) =

+∞ Y

n=1

µ 1 1

p s n

4. Montrer que la série X 1

p n diverge.

1. Pour démontrer que ζ est de classe C sur ]1, +∞[ , il sut de montrer qu'elle est de classe C sur [a, +∞[ pour tout a > 1 .

Fixons donc a > 1. La fonction ζ est limite simple de la série de fonctions P 1

n

s

sur ]1, +∞[. Pour tout p 1 , montrons que la série des dérivées p -ièmes P

(−1) p ln n

ps

n converge uniformément sur [a, +∞[ . Pour p N xé, on a, en écrivant a = 1 + 2h ( h > 0 )

lim n∞

ln p n

n h = 0 donc ln p n

n a = ln p n n h

1 n 1+h = o

µ 1 n 1+h

donc la série P ln

p

n

n

a

converge. Comme ln n

ps

n ln n

pa

n pour tout s a , on en déduit que P

(−1) p ln n

ps

n

converge normalement donc uniformément sur [a, +∞[ . Ainsi, la fonction ζ est de classe C sur [a, +∞[ et sur cet intervalle, on a

∀p N , ζ (p) (s) =

+∞ X

n=1

ln p n n s

2. On commence par une classique comparaison série-intégrale,

∀s > 1, ∀n N , 1 (n + 1) s

Z n+1

n

dt t s 1

n s donc ζ(s) 1 Z +∞

1

dt t s = 1

s 1 ζ(s) (par sommation sur n 1 de la première inégalité). Ceci entraîne que 1

s 1 ζ(s) 1 + 1 s 1 pour tout s > 1 . On en déduit que ζ(s) s−1 1 lorsque s 1 + , et come 1 ζ(s) 1 + 1

s 1 , ζ converge vers 1 vers +∞.

Pour obtenir le second terme du développement asymptotique de γ en s = 1 + , il faut raner la technique. Comme s−1 1 = R +∞

1 dt t

s

, on a

∀s > 1, ζ(s) 1

s 1 = f (s) où f (s) =

+∞ X

n=1

µ 1 n s

Z n+1

n

dt t s

Or

∀s > 0, 1 (n + 1) s

Z n+1

n

dt t s 1

n s donc 0 1 n s

Z n+1

n

dt t s 1

n s 1

(n + 1) s = Z n+1

n

sdt

t s+1

1

(2)

On en conclut que la série dénissant f (s) converge pour tout s > 0 . De plus, cela montre que 0 1

n s Z n+1

n

dt t s 2

Z n+1

n

dt

t 2 pour tout s [1, 2]. On en conlut que la série dénissant f (s) converge normalement sur [1, 2], donc que f est continue sur [1, 2], en particulier en 1 + . On en déduit

s→1 lim

+

ζ(s) 1

s 1 = f (1) = lim

n∞

X n

k=1

à 1 k

Z k+1

k

dt t

!

= lim

n∞ 1 + 1

2 + . . . + 1

n ln(n + 1) = γ 3. Pour tout s > 1, ln

µ 1 1

p s n

1 p s n 1

n s lorsque n +∞, donc P

n ln(1 + p 1

s

n

) converge, ce qui assure l'existence du produit inni pour tout s > 1. L'idée dans ce qui suit repose sur le fait que pour tout k et pour tout s > 1,

µ 1 1

p s k

=

+∞ X

n=0

1 p ns k .

Pour tous les entiers naturels non nuls m et M , pour tout s > 1, on a Y m

k=1

à M X

i

k

=0

1 (p i k

k

) s

!

= X

0≤i

1

,...,i

m

≤M

1

(p i 1

1

. . . p i m

m

) s (∗)

Maintenant, donnons-nous N N . Soit p m

0

le plus grand nombre premier p i et M 0 la plus grande des puissances i k apparaissant dans toutes les décompositions en facteurs premiers des N premiers entiers 1, . . . , N . Considérons m m 0 et M M 0 . Tous les entiers compris entre 1 et N se retrouvent dans les entiers p i 1

1

. . . p i m

m

( 0 i 1 , . . . , i m M ), donc le dernier terme de (∗) est supérieur à P N

n=1 1

n

s

. Par ailleurs, les nombres p i 1

1

. . . p i m

m

représentent des entiers disctincts (unicité de la décomposition en facteurs premiers), et nalement, (∗) montre

∀s > 1, X N n=1

1 n s

Y m

k=1

à M X

i

k

=0

1 (p i k

k

) s

!

+∞ X

n=1

1

n s = ζ(s)

Cette expression est valable pour tout m m 0 et pour tout M M 0 . En faisant tendre M puis m vers +∞, on en déduit

∀s > 1, X N

n=1

1 n s

+∞ Y

k=1

à +∞

X

i

1

=0

1 (p i k

k

) s

!

=

+∞ Y

k=1

µ 1 1 p −s k

ζ(s)

Cette expression est valable indépendamment de N N , on peut donc faire tendre N vers +∞, ce qui fournir l'égalité voulue.

4. Raisonnons par l'absurde. Si P 1

p

n

converge, l'équivalent ln µ 1

1 p −1 n

1

p n montre que +∞ Q

n=1

³ 1 p 1

n

´ −1

converge. Notons l la valeur de ce produit inni. Pour tout s > 1 ,

ζ(s) =

+∞ Y

n=1

µ 1 1 p −s n

+∞ Y

n=1

à 1 1 p 1

n

!

= l

ce qui montre que ζ est majorée sur ]1, +∞[ . Ceci est impossible puisque l'on a montré que ζ(s) s−1 1 lorsque s 1 + , d'où le résultat.

2

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