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S´ eries de Dirichlet : une introduction

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Academic year: 2022

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(1)
(2)

Table des mati` eres

S´eries de Dirichlet : une introduction 1

1. S´eries de Dirichlet, l’exemple des s´eries de type z´eta 1

2. L’abscisse de convergence simple 2

3. Les abscisses de convergence uniforme ou born´ee 8

4. L’abscisse de concergence absolue 9

5. S´eries de Dirichlet et convolution 11

Bibliographie 27

v

(3)
(4)

S´ eries de Dirichlet : une introduction

1. S´eries de Dirichlet, l’exemple des s´eries de type z´eta

Soit (an)n≥1une suite de nombres complexes et (λn)n≥1une suite de nombres positifs ou nuls strictement croissante. Unes´erie de Dirichletde typeλ= (λn)n≥1 (cette suite est dite suite des exposants) est une s´erie S de fonctions enti`eres du type

S=X

n≥1

ane−λnz.

La suite des nombres complexes (an)n≥1 est dite suite des coefficients de la s´erie de DirichletP

n≥1ane−λnz.

Example1 (les s´eries de type z´eta). Si la suite (λn)n≥1est la suite (log(n))n≥1 est si (an)n≥1est une suite de nombres complexes arbitraire, la s´erie de Dirichet

X

n≥1

ane−(logn)z=X

n≥1

ann−z

est dites´erie de Dirichlet de type z´eta. On peut introduire (pour modifier la liste (an)n≥1des coefficients) le groupe dual du groupe multiplicatif discret (Q+∗,×). La donn´ee d’un homomorphisme$ : (Q+∗,×)→(T,×) ´equivaut (d’apr`es le th´eor`eme fondamental de l’arithm´etique) `a la donn´ee de la liste des nombres complexes de module un{$(pι) =eι}ι, o`u{pι}ιd´ecrit la liste des nombres premiers{2,3, ...}; on pose en effet, ´etant donn´ee une telle suite infinie ($ι =eι)ι de nombres com- plexes de module 1, pour toutx∈Q+∗,

$(x) =Y

ι

$ινx(pι),

o`u νx(pι)∈Z∪ {+∞}d´enote la valuationp-adique dex(kxkpι=p−νι x(pι)), ce qui d´efinit χ de mani`ere unique. Le groupe (Q+∗,×) s’identifie au groupe compact des caract`eres multiplicatifs χ : N → T, c’est-`a-dire des applications χ de N dansTv´erifiantχ(mn) =χ(m)χ(n) (on poseχ$(m) =Q

ι$ινm(pι), ce qui permet d’identifier $ au caract`ere χ$). Ce groupe dual (compact) est le polycercle unit´e (deC{pι}ι) de Bohrque l’on noteraT(on noteraDle polydisque, ditpolydisque de Bohr, dont ce polycercle est la fronti`ere de Shilov). ´Etant donn´e un pointχdu polycercle de Bohret une s´erie de DirichletS=P

n≥1ann−zde type z´eta, on d´efinit une nouvelle s´erie de DirichletSχ de type z´eta par

Sχ=X

n≥1

χ(n)ann−z=X

n≥1

an

Y

ι=1

p−zι χ(pι)νn(pι)

=X

n≥1

an

Y

ι=1

knkzpι

χ(pι)νn(pι)

.

1

(5)

La clause de multiplicativit´e impos´ee `a χest importante : par exemple la s´erie de Riemann altern´ee

X

n≥1

(−1)n−1n−z

ne s’exprime pas comme une s´erieSχ `a partir de la s´erie de RiemannP

n≥1n−z: il faudrait trouver un caract`ereχ`a valeurs dans{−1,1}tel queχ(n) = 1 sinest pair et χ(n) =−1 sinest impair ; or le produit de deux nombres impairs reste impair, tandis que (−1)×(−1) = 1. On peut envisager le pointχ du polydisque de Bohr sous l’angle stochastique : au lieu des nombres d´eterministes χ(pι) (coordonn´ees d’un point du polycercleT de Bohr), on peut envisager les coordonn´eesχ(pι) de ce point comme des variables al´eatoires χp1p2, ..., toutes d´efinies sur le mˆeme espace de probabilit´e, `a valeurs dansT=R/Z, mutuellement ind´ependantes.

Definition 2 (transformation de Mellin1 d’une s´erie de Dirichlet). Soit une s´erie de DirichletP

n≥1ane−λnz. Sa transform´ee de MellinM[f] est par d´efinition la s´erie de Dirichlet

M[f](z) =X

n≥1

ane−eλnz.

Example3. La transform´ee de Mellin d’une s´erie de Dirichlet de type z´eta est une s´erie de Dirichlet du type :

M X

n≥1

ann−z

=X

n≥1

ane−nz.

Il s’agit donc d’une s´erie enti`ere enw(de terme constant nul), dans laquelle on a op´er´e la substitution w=e−z.

2. L’abscisse de convergence simple Soitf =P

n≥1ane−λnz une s´erie de Dirichlet. Dans cette section, nous nous int´eressons `a la description des ouverts maximaux de convergence pour la s´erie de fonctionsP

n≥1ane−λnz.

Pour les s´eries enti`eres, on rappelle le lemme fondamental d’Abel : Lemma4 (lemme d’Abel). SoitP

n≥0anzn une s´erie enti`ere. Si cette s´erie de fonctions P

n≥0anzn converge en un point z0 du plan complexe, elle converge :

— simplement dans tout le disque ouvertD(0,|z0|);

— uniform´ement dans tout compact K(z0, κ) ={z∈C;|z−z0| ≤κ

|z0| − |z|

} (κ≥1) du disque ferm´e de centre0 et de rayon|z0|.

D´emonstration. — La premi`ere assertion de ce lemme r´esulte du crit`ere de Cauchy pour la convergence des s´eries enti`eres : si

(1) R:= 1/lim sup

n→+∞

|an|1/n∈[0,+∞],

1. On justifiera plus loin (`a la section 5.4) la relation avec la transformation de Mellinf M[f] d´efinie formellement par

M[f] :λ7−→

Z

R+∗

tλ−1f(t)dt= Z

R+∗

e−λτf(e−τ)dτ.

sif :R+∗Cesigne une fonction num´erique ; la fonction m´eromorphe Γ est par exemple la transform´ee de Mellin detR+∗7−→e−t.

(6)

2. L’ABSCISSE DE CONVERGENCE SIMPLE 3

la s´erie enti`ereP

n≥0anzn converge pour toutz∈D(0, R) et diverge pour tout ztel que |z|> R.

— La seconde assertion de ce lemme r´esulte de la formule d’int´egration par parties discr`ete (aussi appel´eer`egle d’Abel) :

Lemma 5 (formule d’int´egration par parties discr`ete). Soient(an)n∈N et (bn)n∈N deux suites de nombres complexes.

Posons ∀m, m0, p∈N tels quem≤petm < m0 : Am,p=

p

X

n=m

an, Sm,m0 =

m0

X

n=m

anbn Alors :

Sm,m0 =Am,m0bm0+

m0−1

X

n=m

Am,n(bn−bn+1)

D´emonstration. Soient m et m0 des entiers naturels tels que l’on ait 1 ≤ m < m0. Remarquons que pour tout n dans [m, m0], on a an = Am,n−Am0,n−1. On en d´eduit, au moyen d’un changement d’indexation :

Sm,m0 =

m0

X

n=m

(Am,n−Am,n−1)bn=

m0

X

n=m

Am,nbn

m0

X

n=m

Am,n−1bn

=

m0−1

X

n=m

Am,nbn+Am,m0bm0

m0

X

n=m

Am,n−1bn

=Am,m0bm0+

m0−1

X

n=m

Am,nbn

m0−1

X

n=m−1

Am,nbn+1

=Am,m0bm0+

m0−1

X

n=m

Am,n(bn−bn+1).

Pour prouver la seconde assertion, on factorise

anzn=anzn0 ×(z/z0)n

et on valide le crit`ere de Cauchy uniforme pour la s´erie de fonctionsP

n≥0anzn dans K(z0, κ) en exploitant pr´eci´ement la r`egle d’int´egration par parties d’Abel.

Le lemme d’Abel sur les s´eries enti`eres est ainsi d´emontr´e.

Pour les s´eries de Dirichlet, ce lemme d’Abel 4 subsiste.

Lemma 6 (lemme d’Abel pour les s´eries de Dirichlet). Soit P

n≥1ane−λnz une s´erie de Dirichlet. Si cette s´erie de fonctions converge simplement en un point z0∈C, alors elle converge

— simplement dans tout le demi-plan{z∈C; Rez >Rez0};

(7)

— uniform´ement dans tout secteur conique

Γ(z0, γ) ={z∈C;|z−z0| ≤γ(Re(z)−Re(z0)} (γ≥1).

D´emonstration. La preuve est identique `a celle du r´esultat dans le cadre des s´eries enti`eres. On factorise

ane−λnz=e−λn(z−z0)×e−λnz0

(lorsque la s´erie de DirichletS converge simplement en z0).

On introduit ainsi l’abscissexcde simple convergence d’une s´erie de Dirichlet. Cette abscisse est d´efinie par

(2) xc:= inf{x∈R;X

n≥1

anxn converge simplement} ∈[−∞,+∞].

Si xc < +∞, le demi-plan {z ∈ C; Rez > xc} est dit demi-plan de convergence (simple) de la s´erie de Dirichlet.

L’abscisse de convergence simplexcd’une s´erie de Dirichlet se calcule via une paire de formules constituant le pendant de la r`egle de Cauchy (1) exprimant le rayon de convergence d’une s´erie enti`ere.

Theorem7 (r`egle de Cahen, 1894). SoitP

n≥1anznune s´erie de Dirichlet. On dispose des deux r`egles suivantes permettant de calculer l’abscisse de convergence simple xc.

(1) Si

(3) lim sup

n→+∞

log|Pn k=1ak|

λn =l >0, alorsxc =l; sinonxc∈[−∞,0].

(2) Sixc<0 , on a

(4) xc= lim sup

n→+∞

log|P k=n+1ak|

λn+1 .

Remarque8 (proc´edure de d´ecision de Cahen). Le couplage de ces r`egles fournit (malheureusement seulement th´eoriquement) un proc´ed´e algorithmique pour calculer l’abscisse de convergence simple d’une s´erie de Dirichlet . On commence par effectuer le premier test, `a savoir calculer la limite sup´erieure (3). Si le nombre obtenu (dansR∪ {+∞}) est strictement positif, on obtient bien la valeurxc. Sinon,

`

a condition toutefois que la s´erie num´erique P

k≥1ak soit convergente, on effectue le second test ; si le r´esultat de ce test donne une valeur strictement n´egative, alors la valeur retourn´ee est bien celle de xc; sinon, on peut en conclure que xc = 0.

Reste le cas litigieux : celui o`u le premier test donne une valeur ≤0, mais o`u la s´erie P

k≥1ak diverge ; dans ce cas, il est impossible que xc < 0 et l’on a donc xc= 0.

Remarque 9 (la formule de Kojima (1914)). Une autre version de la formule de Cahen a ´et´e propos´ee par Kojima. On a en fait la formule suivante

xc= lim sup

x→+∞

1 xlog

X

{k;E[x]≤λk≤x}

ak

.

Cette formule pourra s’av´erer utile.

(8)

2. L’ABSCISSE DE CONVERGENCE SIMPLE 5

preuve du premier volet. On suppose tout d’abordl ≤0. De par la d´efi- nition de lim sup, on a :∀ >0 ,∃n0 tel que ∀n≥n0on a :

1 λn

log

n

X

k=1

ak

≤l+, c’est-`a-dire

n

X

k=1

ak

≤eλn(l+).

En prenant=−l/2>0, on a ainsi, pournassez grand,

n

X

k=1

ak

≤eλnl/2

avecλnl/2<0 et limn→+∞λnl/2 =−∞, ce qui nous assure bien la convergence de la s´erie de terme g´en´eralan, la somme de cette s´erie valant 0. Ainsi on a convergence de la s´erie de Dirichlet en 0, ce qui implique quexc≤0.

On suppose maintenant que l≥0. On a toujours∀ >0 ,∃n0 tel que∀n≥n0 on a :

n

X

k=1

ak

≤eλn(l+).

Soitx >0 tel quex > l+ 2. Pourq≥p≥1 on a (grˆce au lemme d’Abel 5) :

q

X

k=p

ake−λkx=

q−1

X

k=p

Ak(e−λkx−e−λk+1x)−Ap−1e−λpx+Aqe−λqx

avecAk =

k

X

j=1

aj. Or pour p assez grand (p≥n0+ 1 ) on a∀k≥p−1 :

|Ak| ≤eλk(l+).

Ainsi cela nous permet de dire que pourpassez grand on a, pour toutq > p,

q

X

k=p

ake−λkx

q−1

X

k=p

eλk(l+)(e−λkx−e−λk+1x) +eλp−1(l+)e−λpx+eλq(l+)e−λqx Or

x Z λk+1

λk

e−txdt=e−λkx−e−λk+1x.

Ainsi on a, pourpassez grand (sup´erieur ou ´egal `an0+ 1) etq > p,

q

X

k=p

ake−λkx

q−1

X

k=p

eλk(l+) x

Z λk+1

λk

e−txdt

+e(l+)λp−1−λpx+e(l+)λq−λqx, et donc :

q

X

k=p

ake−λkx

≤x

q−1

X

k=p

Z λk+1

λk

e(l+−x)tdt+e(l+)λp−1−λpx+e(l+)λq−λqx.

(9)

Comme x > l+ 2 , on a l+−x < − , de plus λp−1 ≤ λp (car la suite est croissante), on obtient :

q

X

k=p

ake−λkx

≤x

q−1

X

k=p

Z λk+1

λk

e−tdt+e−λp+e−λq.

Enfin, du fait quee−λq≤e−λpcarp≤qet (λn)n≥1croissante, on a, pourpassez grand :

X

k=p

ake−λkx

≤x Z

λp

e−tdt+ 2e−λp

Comme limn→∞λn= +∞on peut rendre le terme de droite aussi petit que l’on veut (en choisissantpassez grand, plus grand en tout cas que le premier choixp≥n0+1), et ainsi prouver que la s´erie qu’on ´etudie est de Cauchy, donc convergente. Ainsi on a convergence de la s´erie de Dirichlet enz=x+iy d`es que x > l+ 2, ce pour tout >0, ce qui implique :

xc≤l.

Si en particulierl= 0, on a bienxc≤0.

On va d´esormais supposerl >0 et montrer quexc≥l. Pour cela on suppose quez0

est un point de partie r´eelle strictement positive o`u la s´erie de Dirichlet converge.

On noteKun majorant des sommes partielles de cette s´erie convergente. On utilise encore une fois le lemme d’Abel :

n

X

k=1

ak

=

n

X

k=1

ake−λkz0eλkz0

≤K

n

X

k=1

(eλk+1Re(z0)−eλkRe(z0)) +KeλnRe(z0)

= 2KeλnRe(z0)−Keλ1Re(z0), d’o`u :

n

X

k=1

ak

≤2KeλnRe(z0). Ainsi, de par la d´efinition del, on a :

l≤lim sup

n→∞

1 λn

log(2KeλnRe(z0)) = lim sup

n→∞

log

(2K)λn1 eRe(z0)

.

Comme limn→∞λn= +∞, on a enfin que : l≤log

eRe(z0)

= Re(z0).

Ainsi, d`es que la s´erie de Dirichlet converge en un point d’abscisse strictement positive, l est inf´erieur ou ´egal `a l’abscisse de ce point, ce qui par d´efinition dexc

nous donne alorsl≤xc. Commexc≤l et quel≤xc, on a bienxc=l dans ce cas

(l >0).

preuve du second volet. On note l0= lim sup

n→+∞

log|P k=n+1ak| λn+1

.

(10)

2. L’ABSCISSE DE CONVERGENCE SIMPLE 7

Si l’on al0>0, on peut construire une sous suite d’entiers telle que log

P

k=np+1

ak

λnp+1

>l0 2. Ceci implique

X

k=np+1

ak ≥e

l0 λnp+1

2 ,

et donc la s´erie de Dirichlet diverge en 0 car son terme g´en´eral ne tend pas vers 0.

On aurait doncxc>0, ce qui est contraire `a l’hypoth`ese.

Supposons que la s´erie de Dirichlet P

n≥1ane−λnz converge en un point x0 r´eel strictement n´egatif. Ceci signifie que la s´erie num´erique P

n≥1ane−λnz0 converge et en particulier que la suite de terme g´en´eral

rn(x0) =

X

k=n+1

ake−λkz0

tend vers 0 lorsque ntend vers l’infini. Par cons´equent, pour passez grand, on a

|rk(x0)| ≤1 pour toutk≥p. On peut `a nouveau utiliser Abel et ´ecrire, siq > p,

q

X

k=p+1

ak = (rp(x0)−rp+1(x0))eλp+1x0+· · ·+ (rq−1(x0)−rq(x0))eλqx0 =

=rp(x0)eλp+1z0

q−1

P

k=p+1

rk(x0)(eλkx0−eλk+1x0)−rq(x0)eλqx0. On a donc l’estimation

X

k=p+1

ak

≤2eλp+1x0.

Ceci implique (en prenant le logarithme des deux membres) quel0 ≤x0. Ainsi on a toujoursl0≤xc lorsquexc ≤0.

Sixc <0, on a, d’apr`es ce qui pr´ec`ede,l0<0. On se donnestrictement positif, tel quel0+ 2 reste strictement n´egatif et l’on consid`erexde partie r´eelle strictement n´egative et au moins ´egale `al0+ 2. On a, pourpassez grand, pour toutk≥p,

X

k+1

ak

≤e(l0+)λk+1.

On noterk =ak+1+· · ·. On reprend la m´ethode d’Abel pour estimer, siq > p et pest assez grand

q

X

k=p+1

ake−λkx . On a

q

X

k=p+1

ake−λkx = (rp−rp+1)e−λp+1x+· · ·+ (rq−1−rq)e−λqx=

=rpe−λp+1x+

q−1

P

k=p+1

rk(e−λk+1x−e−λkx)−rqe−λqx.

(11)

Si l’on utilise l’estimationrk≤e(l0+)λk+1 pourk≥petpassez grand, on trouve

q

X

k=p+1

ake−λkx

≤e−λp+1(x−l0−)+x

k=q−1

P

k=p+1

e(l0+)λk+1Rλk+1

λk e−txdt+eλq+1(l0+)−λqx

≤e−λp+1(x−l0−)+x

k=q−1

P

k=p+1

Rλk+1

λk e−t(x−l0−)dt+e−λq+1(x−l0−)

≤e−λp+1x+xR

λp+1e−tdt+e−λq+1.

Lorsque p tend vers l’infini, cette quantit´e tend vers 0 et on a donc prouv´e la convergence en x de la s´erie de Dirichlet. Ceci nous prouve donc que l0 ≥ xc et

ach`eve la preuve.

Example 10 (application aux s´eries z´eta). L’abscisse de convergence d’une s´erie de type z´eta

X

n≥1

χ(n)ann−z

(o`u la suite (an)n≥1 est dans `p(N) et χ est un point du polycercle T de Bohr) est inf´erieur ou ´egal `a 1/q= 1−1/p. En effet, on observe en utilisant l’in´egalit´e de H¨older que|Pn

k=1χ(k)ak| ≤ kakpn1/q. On en d´eduit lim sup

n→+∞

log|Pn

k=1χ(k)ak| logn ≤1/q.

D’apr`es le premier volet du th´eor`eme 7, on a donc bienxc≤1/q.

3. Les abscisses de convergence uniforme ou born´ee

Apr`es avoir introduit l’abscisse de convergence xc d’une s´erie de Dirichlet, on introduit les abscissesxudite de convergence uniforme etxcde convergence born´ee.

Definition11 (abscisses de convergence uniforme et de convergence born´ee). L’abscisse xu de convergence uniforme de la s´erie de Dirichlet P

n≥1ane−λnz est d´efinie comme

xu:= inf

x∈R; X

n≥1

ane−λnzconverge uniform´ement dans Π+x ={z; Rez > x} . L’abscisse xb de convergence born´ee2 de la s´erie de Dirichlet P

n≥1ane−λnz est d´efinie comme

xb:=

inf

x∈R;X

n≥1

ane−λnzconverge dans Π+x vers une fonction born´ee dans Π+x . On a toujoursxc≤xb≤xu.

L’abscisse de convergence uniforme se calcule par une r`egle similaire `a la r`egle de Cahen, sur laquelle on greffe une clause d’uniformit´e.

Proposition 1 (r`egle de Cahen pour l’abscisse de convergence uniforme). L’abscisse de convergence uniformexu se calcule suivant les deux r`egles suivantes :

2. Introduite par Bohr dans sa th`ese en 1905.

(12)

4. L’ABSCISSE DE CONCERGENCE ABSOLUE 9

— Si

lim sup

n→∞

logkPn

k=1ake−iλkθk∞,Rθ λn

=l >0, alorsxu=`; sinon xu∈[−∞,0].

— Sixu<0, on a

xu= lim sup

n→+∞

logkP

k≥n+1ake−iλθk∞,Rθ

λn+1 .

On dispose aussi de la formule de Kunieda (1916), pendant de la formule de Ko- jima :

xu= lim

x→+∞

1

xlogk X

{k; [x]≤λk≤x}

ake−iλθk∞,Rθ.

Theorem 12 (Bohr). Pour une s´erie de Dirichlet P

n≥1ann−z, les abscisses xu etxb co¨ıncident.

D´emonstration. (voir par exemple [Ort]). Il suffit de prouverxu≤xb. Sup- posons que la s´erie de Dirichlet P

n≥1ann−z converge vers une fonction born´ee dans un demi-plan droit Π+x (ce qui ´equivaut `a supposer x > xb). Un r´esultat de Balasubramanian, Calado, Queff´elec (voir l’exemple 16 plus loin) assure que

sup

z∈Π+x

N

X

n=1

akk−z

≤C log(N+ 1) sup

Π+x

|f|

(avecCconstante absolue) sif d´esigne la somme de la s´erie de Dirichlet. Pour tout >0 et pour toutN∈N, on ´ecrit, si

SM(z) =

M

X

n=1

ann−z (M ∈N),

p+N

X

n=p+1

ann−z−=

p+N−1

X

n=p+1

Sn(z)(n−(n+ 1)) +NSp+N(z).

Comme logN = o(N), le crit`ere de Cauchy uniforme est satisfait pour la s´erie P

n≥1ann−z dans Π+x+. On a donc x+≥xu. Comme >0 est arbitraire, on a x≥xu. Ceci est vrai pour toutx > xb, doncxb≥xu.

4. L’abscisse de concergence absolue

C’est la plus grande de toutes les abscisses de convergence : on la d´efinit par xa= inf{x∈R;

X

n≥1

|an|e−λnx<+∞}.

On note bien sˆur quexa ≥xb ≥xu ≥xc. Six > xa, la somme de la s´erie de DirichletP

n≥1ane−λnz est born´ee parP

n≥1|an|e−λnx dans Π+x.

Les abscisses xa et xc diff`erent en g´en´eral, ce qui constitue un nouveau point o`u la th´eorie des s´eries enti`eres et celle des s´eries de Dirichlet divergent. Par exemple, pour la s´erie

X

n≥1

(−1)n−1n−z,

(13)

on observe quexc= 0 (d’apr`es le crit`ere de convergence des s´eries altern´ees) mais que xa = 1. Cependant, l’´ecart entre xa et xc se trouve toujours contrˆol´e par la proposition suivante.

Proposition 2. SoitP

n≥1ane−λnz une s´erie de Dirichlet. Si l’on note µ= lim sup

n→∞

logn λn

alors xa −xc ≤ µ; en particulier, si µ = 0, comme c’est le cas pour les s´eries enti`eres, on a :

xa =xc.

D´emonstration. On supposeµ fini (si µ = +∞ il n’y a rien `a prouver car tout nombre r´eel ou ´eventuellement +∞, commexa−xc, est major´e par +∞). On a :

µ= lim sup

n→∞

logn λn = lim

n→∞sup

k≥n

logk

λk (par d´efinition de limsup ) Ainsi∀ >0 ,∃n0∈Ntel que pourn≥n0 on a :

sup

k≥n

logk λk

≤µ+

2 ( par d´efinition de la limite ).

Ainsi on a pour nassez grand (n≥n0) que logk ≤λk(µ+2) pour tout k ≥n, c’est-`a-dire que l’on a en particulier pour toutk≥n0 :

−λk(µ+)≤ −logkµ+

µ+2 =−logk2(µ+) 2µ+ Soientz, z0∈Ctels que Re(z0)> xc et Re(z)>Re(z0) +µ+. On a, pour toutk≥1,

|ake−λkz|=|ake−λkRe(z)| ≤ |ake−λk(zo+µ+)|=|ake−λkz0|e−λk(µ+) cart∈R+→e−test d´ecroissante. Ainsi pourk≥n0, on a :

|ake−λkz| ≤ |ake−λkz0|elog(k)2(µ+)2µ+ =|ake−λkz0| 1 k2(µ+)2µ+

Or ake−λkz0 est le terme g´eneral d’une s´erie convergente (car Re(z0)> xc) , donc cette suite converge vers 0, donc son module aussi converge vers 0, ce qui implique que la suite (|ake−λkz0|)k≥n0 est born´ee.

Ainsi la s´erie de terme g´en´eralake−λkzest une s´erie absolument convergente, comme l’est la s´erie de Riemann

X

k=1

1 k2(µ+)2µ+

puisque

2(µ+) 2µ+ >1

Ceci est vrai pour tout z tel que Re(z)>Re(z0) +µ+, ce pour tout z0 tel que Re(z0)> xc et pour tout >0.

Ainsi on a bien absolue convergence enzd`es que la partie r´eelle dezest strictement sup´erieure `ax0+µ. Ce qui, du fait de la d´efinition dexa, nous donne bien :

xa≤µ+xc.

(14)

5. S ´ERIES DE DIRICHLET ET CONVOLUTION 11

Example 13 (le cas des s´eries de type z´eta). Pour une s´erie de type z´eta P

n≥1ann−z, on axa−xc≤1. Cette in´egalit´e est la meilleure possible en g´en´eral comme le montre l’exemple de la s´erieP

n≥1(−1)n−1n−z o`u xa= 1 etxc= 0.

L’abscisse de convergence absolue joue un rˆole de seuil important pour les sommes de Dirichlet de type z´eta. Soit P

n≥1ann−z une telle s´erie d’abcisse de convergence absoluexa≤xc+ 1 etχ= (en)n∈N∈T. Sip= (pn)n∈N d´esigne la liste des nombres premiers rang´es dans l’ordre croissant, il r´esulte du th´eor`eme de convergence domin´ee de Lebesgue que, pourx > xa, on a laformule d’Euler:

X

n≥1

anχ(n)n−z= X

`∈N(N)

aeh`,logpi

Y

n=1

(p−zn en)`n o`uN(N

)d´esigne l’ensemble des suites`= (`n)n∈N d’´el´ements deNdont toutes les entr´ees sont nulles `a partir d’un certain cran.

5. S´eries de Dirichlet et convolution

5.1. Une derni`ere abscisse : l’abscisse l’holomorphie. On peut intro- duire pour les s´eries de Dirichlet une derni`ere abscisse, la plus d´elicate `a estimer, diteabscisse d’holomorphie. On met ici en ´evidence un point essentiel diff´erentiant s´eries enti`eres et s´eries de Dirichlet : du fait que le bord du disque de convergence D(0, R) d’une s´erie enti`ere est compact, il ne saurait exister (lorsque le rayon de convergenceR est fini) de possibilit´e de prolonger analytiquement la somme f de la s´erie enti`ere en une fonction holomorphe dans un domaine D(0, R)∪D(ζ, rζ) (avecrζ >0) pour chaque pointζ du cercle de rayonR. Au contraire, ceci s’av`ere possible pour la somme d’une s´erie de Dirichlet : on verra par exemple, comme cons´equence du th´eor`eme d’Hardy-Fekete (th´eor`eme 23, bas´e sur l’utilisation de la transform´ee de Mellin des s´eries de Dirichlet, voir la d´efinition 2) que la fonction

z∈Π+0 7−→X

n≥1

(−1)n−1n−z se prolonge en une fonction enti`ere (alors quexc= 0).

Definition 14 (abscisse d’holomorphie). Si P

n≥1ane−λnz est une s´erie de Dirichlet telle quexc<+∞, on d´efinit l’abcisse d’holomorphiexh comme la borne inf´erieure desx∈[−∞, xc] tels que la sommef de la s´erie de Dirichlet dans Π+xcse prolonge en une fonction holomorphe dans Π+x.

On dispose en ce qui concerne cette question d’abscisse d’holomorphie d’un concept plus pr´ecis, celui d’´etoile horizontale de Marcel Riesz:

Definition 15 (´etoile horizontale de Marcel Riesz). Soit P

n≥1ane−λnz une s´erie de Dirichlet d’abscisse de convergence simple −∞ < xc < +∞. Pour tout τ ∈ R, on note xh(τ) l’abscisse du premier point singulier xn(τ) +iτ que l’on rencontre lorsque l’on essaye de prolonger analytiquement la somme f de la s´erie P

n≥1ane−λnz depuis le demi-plan droit Π+xc le long de la demi-droite horizontale ]− ∞, xc] +iτ. L’´etoile horizontale de Marcel Riesz est le domaine simplement connexe

{σ+iτ; σ > xh(τ)}.

(15)

5.2. Transformation de Fourier et convolution verticale pour les som- mes de s´eries de Dirichlet de type ζ. Soit Ψ une fonction int´egrable surRet de spectre Φ `a support compact.

Proposition 3 (repr´esentation de Saksman des sommes partielles d’une s´erie de type z´eta, voir par exemple [QF2]). SoitP

n≥1ann−z une s´erie de type z´eta et x > xb. Si Ψest une fonction int´egrable sur Rde spectre Φ`a support compact, on a la formule

(5) ∀z∈Π+x,

X

n=1

anΦ(logn)n−z= Z

R

f(z+it) Ψ(t)dt.

D´emonstration. Le membre de gauche de cette formule se repr´esente sous forme int´egrale puisque

anΦ(logn)n−z=an

Z

R

Ψ(t)n−z−itdt.

Supposons que Rez > xa (on sait quexa−xc≤1, ce qui prouve que sixc<+∞, on a aussi xa < +∞). Pour un tel z, on justifie grˆace au th´eor`eme de Fubini l’interversion des int´egrales dans

X

n=1

an

Z

R

n−z−itΨ(t)dt=

X

n=1

anΦ(logn)n−z

(la fonction Ψ est en effet int´egrable). On obtient la formule voulue pour un telz.

Cette formule reste valide pour tout x > xb puisque les deux membres d´efinissent

des fonctions dez holomorphes dans Π+x.

Si l’on suppose quexb<0 (ce que l’on peut toujours supposer quitte `a modifier lesan), on obtient en prenant pour Ψ la fonction Ψλ=λΨ(λ(.)) la formule

N

X

n=1

anΦ(logn/λ)n−z=λ Z

R

f(z+it) Ψ(λt)dt ∀z∈Π+0 et par cons´equent (siλ= logN) l’in´egalit´e

N

X

n=1

anΦ(logn/logN) ≤sup

Π+0

|f| kΨk1.

Example16 (l’in´egalit´e de Balasubramanian-Calado-Queffelec).On peut pren- dre comme exemple de fonction Φ la fonction (N/2)χ[−1,1]χ[−1/N,1/N]. Le spectre de Φ est la fonction int´egrable

t7→2Nsin(t)/t×2 sin(t/N).

On v´erifie quekΦkb 1≤8 + 4N. Grˆace `a la formule d’inversion, on voit que Φ est le spectre d’une fonction Ψ telle quekΨk1≤(4+2N)/π. On obtient ainsi l’in´egalit´e de Balasubramanian -Calado - Queff´elec exploit´ee pour prouver le th´eor`eme de Bohr (xu=xb pour une telle s´erie de Dirichlet), voir [QF2].

(16)

5. S ´ERIES DE DIRICHLET ET CONVOLUTION 13

5.3. Transformation de Laplace et convolution circulaire pour les sommes de s´eries de Dirichlet. On consid`ere dans cette section une s´erie de Dirichlet P

n≥1ane−λnz de sommef(z), d’abscisse de convergence xc <+∞. Ce n’est pas cette s´erie de Dirichletf que nous allons tenter de repr´esenter sous forme int´egrale mais, comme dans la sous-section pr´ec´edente, une version transform´eefΦ

de la s´erie de Dirichletf (on pr´eserve les exposantsλn def, seuls les coefficients an def sont modifi´es).

Pour effectuer cette transformation, on introduit cette fois une fonction Φ, enti`ere surC, telle que

∃B >0, t.q.∀ >0,∃C>0, |z|> C=⇒ |Φ(z)| ≤e(B+)|z|

(la fonction Φ est dite de type exponentiel). Comme Φ est une fonction enti`ere, on peut ´ecrire :

Φ(z) =

X

n=0

cnzn, cn = Φ(n)(0)/n! ∀n∈N.

On se propose de calculer cette fois la transform´ee de Laplace de Φ[0,∞[, d´efinie (pour l’instant formellement) par :

Laplace (Φ)(z) = Z

0

Φ(t)e−tzdt= Z

0

X

n=0

cntn e−tzdt lorsque Re (z)> B.

Commen¸cons par montrer que cette transform´ee de Laplace est vraiment d´efinie en un telz. On a

Z

0

|Φ(t)| |e−tz|dt= Z C

0

|Φ(t)| |e−tz|dt+ Z

C

e(B+−Re (z))tdt.

Si B +−Re (z) < 0, l’int´egrale ci-dessus est convergente. Comme > 0 est arbitraire, la fonction

z∈Π+B 7−→

Z

0

Φ(t)e−tzdt

est d´efinie et holomorphe. On peut ainsi intervertir s´erie et int´egrale (th´eor`eme de Fubini) pour obtenir, pour toutz∈Π+B,

Laplace (Φ)(z) =

X

n=0

Z

0

cntne−tzdt=

X

n=0

cn

Z

0

tne−tzdt

=

X

n=0

cnn z

Z

0

e−tztn−1dt

(la derni`ere ´egalit´e correspond `a une int´egration par parties). On peut d’ailleurs r´ep´eter l’int´egration par parties et obtenir ainsi par r´ecurrence

∀z∈Π+B, Laplace (Φ)(z) =

X

n=0

cnn!

zn Z

0

e−tzdt=

X

n=0

cn n!

zn+1. On notera

∀z∈Π+B, H(z) =

X

n=0

cn n!

zn+1 =

X

n=0

Φ(n)(0) n!

zn+1.

(17)

Etant donn´´ ee la s´erie de Dirichletf(z) =P

n=1ane−λnz d’abscisse de convergence xc <+∞ et une telle fonction enti`ere Φ, on introduit la s´erie de Dirichlet trans- form´ee fΦd´efinie par

fΦ(z) =

X

n=1

anΦ(λn)e−λnz.

On va d´esormais montrer un th´eor`eme de Cramer (que l’on g´en´eralisera ensuite `a un th´eor`eme de P´olya-Cramer une fois introduit le concept de fonctionnelle ana- lytique), nous donnant une repr´esentation int´egrale de la s´erie de Dirichlet trans- form´ee fΦ(permettant ult´erieurement d’envisager ´eventuellement le prolongement analytique de cette s´erie de DirichletfΦau dela de son demi-plan de convergence).

Theorem17 (th´eor`eme de Cramer). Soientf une s´erie de Dirichlet d’abscisse de convergencexc<+∞etΦune fonction enti`ere comme pr´ec´edemment. La s´erie de Dirichlet fΦ a aussi une abscisse de convergence Xc ≤ xc +B < +∞ et sa somme (not´ee aussifΦ) v´erifie

∀z∈Π+x

c+B, ∀r > B, fΦ(z) = 1 2iπ

Z

|ζ|=r

f(z−ζ)H(ζ)dζ, o`uH est la fonction holomorphe dansC\D(0, B)d´efinie par

H(z) =

X

n=0

Φ(n)(0)

zn+1 si |z|> B.

D´emonstration. On va tout d’abord montrer que la s´erie de fonctions d´efinis- santH(z) est bien normalement convergente sur domaine{|z|> B+ 3}pour tout >0, ce qui impliquera queH ainsi d´efinie dans {|z|> B} est bien une fonction holomorphe.

Pour tout >0, on a, grˆace aux in´egalit´es de Cauchy

(n)(0)|

n! ≤ inf

r>C

er(B+) rn . Or la fonctiong :r∈]0,∞[→ er(B+)rn a pour d´eriv´ee

r∈]0,∞[→ rn−1er(B+)

r2n (r(B+)−n)

et donc atteint son minimum lorsqueg0(r) = 0 ce qui ´equivaut `at=n/(B+). On a donc, pournassez grand (en fonction de)

(n)(0)|

n! ≤ inf

r>C

er(B+) rn = inf

r>0

er(B+)

rn =e(B+) n

n

. On va montrer que pournassez grand (d´ependant encore de ), on a

e(B+) n

n

≤(B+ 2)n n! .

Pour cela on utilise la formule de Stirling, nous donnant une ´equivalence de n! en +∞:

n!∼n→∞

n e

n√ 2πn.

Ainsi on obtient que

e(B+) n

n

n→∞(B+)n

√2nπ n! .

(18)

5. S ´ERIES DE DIRICHLET ET CONVOLUTION 15

Or, commeB+ 2 > B+, on a pournassez grand (d´ependant toujours de) : (B+)n

2πn≤(B+ 2)n et donc

e(B+) n

n

≤(B+ 2)n n! .

En revenant `a notre in´egalit´e on obtient pournassez grand (disonsn > N())

(n)(0)|

n! ≤ (B+ 2)n n!

et donc

X

n=N()

Φ(n)(0) zn+1

X

n=N()

(B+ 2)n zn+1

.

Or la s´erie du second membre converge normalement dans{|z|> B+ 3}, ce pour tout > 0. La s´erie de fonctions d´efinissant H converge donc vers une fonction holomorpheH dans{|z|> B}.

Soit z ∈ C et r > B. On a alors (grˆace `a la convergence normale de la s´erie de fonctions d´efinissantH sur le cercle de rayonr) :

1 2iπ

Z

|ζ|=r

eH(ζ)dζ = 1 2iπ

X

n=0

Z

|ζ|=r

Φ(n)(0) e ζn+1

= 1

2iπ

X

n=0

Φ(n)(0) Z

|ζ|=r

e ζn+1dζ.

On calcule maintenant, pourn∈N: In =

Z

|ζ|=r

e ζn+1dζ=

Z

0

ezRe

(e)n+1(ire)dθ= Z

0

ierze rneniθdθ.

Comme la s´erie enti`ere d´efinissant l’exponentielle converge normalement sur le cercle de rayonr|z|, et que l’on on a

ierze rneniθ =i

X

k=0

rk−nzk

k!eiθ(k−n) ∀θ∈[0,2π]

et, pour toutn6=k, Z

0

eiθ(k−n)dθ=

eiθ(k−n) i(k−n)

0

= 0, on en d´eduit que :

In=i Z

0

h rn−kzn

n!eiθ(n−k)i

k=ndθ=i Z

0

zn

n!dθ= 2iπzn

n! ∀n≥0.

En reportant ce r´esultat on obtient finalement, pour toutz∈C, 1

2iπ Z

|ζ|=r

eH(ζ)dζ = 1 2iπ

X

n=0

Φ(n)(0) 2iπzn n! =

X

n=0

Φ(n)(0)zn

n! = Φ(z)

(19)

(On obtient ici une formule r´ealisant l’inversion de la transform´ee de Laplace ex- plicit´ee plus haut). On remarque ainsi que pour toutN ∈N :

1 2iπ

Z

|ζ|=r

XN

n=1

ane−λn(z−ζ)

H(ζ)dζ = 1 2iπ

N

X

n=1

Z

|ζ|=r

ane−λn(z−ζ))H(ζ)dζ

= 1

2iπ

k

X

n=1

ane−λnz Z

|ζ|=r

eλnζH(ζ)dζ

=

N

X

n=1

ane−λnzΦ(λn).

On a par hypoth`eses queP

n≥1ane−λnzconverge uniform´ement dansD(z, r) pourvu que l’on ait Re (z)> xc+rcarD(z, r) est alors un compact du demi-plan de conver- gence simple de la s´erie de Dirichletf ce qui implique dans ce compact la conver- gence uniforme de cette s´erie de Dirichletf. Ainsi, en fixant un telzde partie r´eelle strictement sup´erieure `axc+r,ζ→P

n≥1ane−λn(z−ζ)converge versζ→f(z−ζ) uniform´ement sur{|ζ|=r}. On peut donc prendre la limite lorsqueN →+∞dans la derni`ere ´egalit´e obtenue en pr´eservant cette ´egalit´e afin d’obtenir :

X

n=1

anΦ(λn)e−λnz= 1 2iπ

Z

|=r

X

n=1

ane−λn(z−ζ)H(ζ)dζ= 1 2iπ

Z

|ζ|=r

f(z−ζ)H(ζ)dζ.

Ceci prouve la convergence simple au pointz de la s´erie de Dirichlet transform´ee fΦ (et explicite sous forme int´egrale l’expression de la somme de cette s´erie de DirichletfΦen un tel pointzde partie r´eelle strictement sup´erieure `axc+r). Ceci

´

etant applicable pour toutr > B on a bienXc≤xc+B et la formule voulue pour l’expression de la sommeF defΦau pointztel que Re (z)> xc+B.

Remarque 18. Grˆace `a la repr´esentation de la somme fΦ de la s´erie de Di- richlet P

n≥1ane−λnz sous forme int´egrale (on reconnait d’ailleurs l’op´eration de convolution), on voit que l’on peut ´eventuellement prolonger fΦ en une fonction holomorphe sur un domaine plus large que celui du th´eor`eme (`a savoir le demi-plan Π+x

c+B), ce en ´etudiant de pr`es les singularit´es de la fonction H figurant dans le noyau int´egrant, ainsi que le domaine maximal d’holomorphie def. Voir l’exemple ci-dessous.

Example 19. On prend Φ(z) = cos(Bz), avec B > 0, et on v´erifie qu’elle respecte bien les hypoth`eses : comme |cosz| ≤ e|z|, elle respecte les conditions.

Calculons alors la fonctionH.

cos(Bz) =

X

n=0

(−1)nB2n (2n)! z2n.

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