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Probl` eme 1. ´ Etude d’une fonction int´ egrale

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Correction du devoir surveill´ e

DS8

Probl` eme 1. ´ Etude d’une fonction int´ egrale

On ´ etudie dans ce probl` eme la fonction F d´ efinie par :

∀x > 0, F (x) = Z

x

1

ln(t) 1 + t

2

dt.

La courbe repr´ esentative de F sera not´ ee Γ.

1. (a) Posons g(t) = ln(t)

1 + t

2

pour tout t > 0. g est une fonction continue sur R

+

, donc F est bien d´ efinie comme l’unique primitive d’une fonction continue que s’annule en 1.

On a pour tout t ∈]1, +∞[, g(t) > 0, donc F (x) = Z

x

1

g(t)dt > 0 pour tout x > 1.

De mˆ eme, pour tout t ∈]0, 1[, g(t) < 0, donc F (x) = Z

x

1

g(t)dt = Z

1

x

(−g(t))dt > 0 pour tout 0 < x < 1.

Ainsi F (x) > 0 pour tout x ∈ R

+

\ {1}, et F(1) = 0.

(b) F est de classe C

1

sur R

+

comme primitive d’une fonction continue sur R

+

. (c) Pour tout x > 0, on a :

F

0

(x) = g(x) = ln(x) 1 + x

2

.

Comme g(x) < 0 si x ∈]0, 1[, g(1) = 0 et g(x) > 0 si x ∈]1, +∞[, on en d´ eduit que F est strictement d´ ecroissante sur ]0, 1[, puis strictement croissante sur ]1, +∞[. De plus, F (1) = F

0

(1) = 0 et Γ admet une tangente horizontale en 1.

(d) On d´ etermine le DL

2

(1) de g. Pour cela, on pose h = x − 1. On a : g(1 + h) = ln(1 + h)

1 + (1 + h)

2

= ln(1 + h) 2 + 2h + h

2

= 1

2

ln(1 + h) 1 + (h +

h22

) . On a :

ln(1 + h) = h − h

2

2 + o(h

2

).

1

1 + (h +

h22

) = 1−(h + h

2

2 )+(h+ h

2

2 )

2

+o(h

2

) = 1−(h+ h

2

2 )+h

2

+o(h

2

) = 1−h + h

2

2 +o(h

2

).

D’o` u : g(1 + h) = 1

2 (h − h

2

2 ) × (1 − h + h

2

2 ) + o(h

2

) = 1

2 (h − h

2

− h

2

2 ) + o(h

2

) = h 2 − 3h

2

4 + o(h

2

).

D’o` u en int´ egrant ` a pr´ esent (en suivant le cours, il faut dire que g est C

2

...) : F(1 + h) = F(1) + h

2

4 − h

3

4 + o(h

3

), soit finalement :

F (x) = (x − 1)

2

4 − (x − 1)

3

4 + o((x − 1)

3

).

(2)

2. Pour tout x > 0, on a F 1

x

= Z

1 x

1

ln(t) 1 + t

2

dt.

On effectue le changement de variables u = 1

t . On a alors du = − 1

t

2

dt, soit encore dt = − 1 u

2

du.

Et lorsque t : 1 → x, on a u : 1 → 1/x. On obtient donc : F

1 x

= − Z

x

1

ln(1/u) 1 + (1/u)

2

1 u

2

du =

Z

x

1

ln(u)

u

2

+ 1 du = F(x).

3. (a) On sait d´ ej` a que φ est d´ efinie et continue sur R

+

comme quotient de fonctions continues sur cet intervalle. Faisons de plus un d´ eveloppement limit´ e de φ ` a l’ordre 1 en 0 :

φ(x) = 1

x (x + o(x

2

)) = 1 + o(x).

Ainsi, φ est prolongeable par continuit´ e en 0 en posant φ(0) = 1.

Remarque. On peut mˆ eme en d´ eduire que ce prolongement est d´ erivable en 0 et que sa d´ eriv´ ee en 0 vaut 0.

(b) On effectue une int´ egration par parties :

+ ln(t) 1

1 + t

2

&

- 1

t

R

←− arctan(t)

Les fonctions t 7→ ln(t) et t 7→ arctan(t) sont bien de classe C

1

sur R

+

. D’o` u : F (x) = [arctan(t)ln(t)]

x1

Z

x

1

arctan(t)

t = arctan(x)ln(x) − Z

x

1

φ(t)dt.

(c) On cherche la limite de F en 0. D’une part,

arctan(x) ∼

0

x d’o` u arctan(x)ln(x) ∼

0

xln(x).

Or par croissance compar´ ees, lim

x→0

xln(x) = 0, donc lim

x→0

arctan(x)ln(x) = 0.

D’autre part, puisque φ est prolongeable par continuit´ e sur R

+

, la fonction int´ egrale x 7→

R

x

1

φ(t)dt est continue sur R

+

et tend vers − R

1

0

φ(t)dt lorsque x → 0.

On en d´ eduit que F admet une limite finie en 0, ´ egale ` a R

1

0

φ(t)dt. Donc F est prolongeable par continuit´ e en 0 en posant F(0) = R

1

0

φ(t)dt.

Enfin, puisque F (x) = F(1/x), on en d´ eduit que

x→+∞

lim F (x) = lim

x→+∞

F (1/x) = F (0).

Donc Γ admet une asymptote horizontale en +∞, d’´ equation y = F(0).

(d) On a lim

x→0+

F

0

(x) = lim

x→0+

ln(x)

1 + x

2

= −∞. Donc F n’est pas d´ erivable en 0, et Γ admet une tangente verticale en 0.

4. (a) Soit k ∈ N et x > 0. On effectue une int´ egration par parties :

+ ln(t) t

k

&

- 1

t

R

←− t

k+1

k + 1

(3)

Les fonction t 7→ ln(t) et t 7→ t

k+1

sont de classe C

1

sur R

+

. D’o` u I

k

(x) =

t

k+1

k + 1 ln(t)

x

1

− Z

x

1

t

k

k + 1 dt = x

k+1

k + 1 ln(x) −

t

k+1

(k + 1)

2

x

1

= x

k+1

k + 1 ln(x) − x

k+1

(k + 1)

2

+ 1 (k + 1)

2

(b) On a pour tout n ∈ N et x > 0,

n

X

k=0

(−1)

k

x

2k

=

n

X

k=0

(−x

2

)

k

= 1 − (−x

2

)

n+1

1 + x

2

= 1

1 + x

2

− (−1)

n+1

x

2n+2

1 + x

2

, somme des termes d’une s´ erie g´ eom´ etrique de raison −x

2

6= 1. D’o` u :

∀n ∈ N , ∀x > 0, 1 1 + x

2

=

n

X

k=0

(−1)

k

x

2k

+ (−1)

n+1

x

2n+2

1 + x

2

. (c) Soit n ∈ N et x ∈]0, 1[, on a :

F (x) −

n

X

k=0

(−1)

k

I

2k

(x)

=

Z

x

1

1 1 + t

2

n

X

k=0

(−1)

k

t

2k

! ln(t)dt

=

Z

x

1

(−1)

n+1

t

2n+2

1 + t

2

ln(t)dt

≤ Z

1

x

(−1)

n+1

t

2n+2

1 + t

2

ln(t)

dt

= Z

x

1

t

2n+2

1 + t

2

ln(t)dt = I

2n+2

(x) (d) On a :

x→0

lim

+

I

2k

(x) = lim

x→0+

x

2k+1

2k + 1 ln(x) − x

2k+1

(2k + 1)

2

+ 1

(2k + 1)

2

= 1 (2k + 1)

2

.

D’o` u en passant ` a la limite dans la majoration pr´ ec´ edente (tous les termes convergent !) :

∀n ∈ N , |F (0) −

n

X

k=0

(−1)

k

(2k + 1)

2

| = |F(0) − u

n

| ≤ 1 (2n + 3)

2

(e) On cherche n tel que 1

(2n + 3)

2

≤ 10

−2

, on obtient n ≥ 4. Donc u

4

= 0, 92 est une valeur approch´ ee ` a 10

−2

pr` es de F (0).

5.

(4)

Probl` eme 2. Endomorphismes cycliques

Partie I. Exemples.

1. Dans cette question, on prend E = R

3

. Consid´ erons l’application suivante de R

3

dans R

3

: u(x, y, z) = (6z, x − 11z, y + 6z).

(a) Soient v = (x

1

, y

1

, z

1

), w = (x

2

, y

2

, z

2

) ∈ R

3

et λ, µ ∈ R . On a : λv + µw = (λx

1

+ µx

2

, λy

1

+ µy

2

, λz

1

+ µz

2

).

u(λv + µw) = (6(λz

1

+ µz

2

), (λx

1

+ µx

2

) − 11(λz

1

+ µz

2

), (λy

1

+ µy

2

) + 6(λz

1

+ µz

2

))

= λ(6z

1

, x

1

− 11z

1

, y

1

+ 6z

1

) + µ(6z

2

, x

2

− 11z

2

, y

2

+ 6z

2

)

= λu(v) + µu(w) Donc u est un endomorphisme de R

3

. (b) On a :

u(1, 0, 0) = (0, 1, 0) ; u

2

(1, 0, 0) = u(0, 1, 0) = (0, 0, 1).

Ainsi, (1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1) ∈ V ect(u

k

(1, 0, 0)/k ∈ N ). Comme ((1, 0, 0), (0, 1, 0), (0, 0, 1)) est une famille g´ en´ eratrice de R

3

(c’est la base canonique !), on a donc :

V ect(u

k

(1, 0, 0)/k ∈ N ) = R

3

. Ainsi u est un endomorphisme cyclique.

2. Dans cette question, on prend E = R

n

[X]. On consid` ere l’endomorphisme de d´ erivation u d´ efini pour tout P ∈ E par u(P ) = P

0

.

(a) Soit P

0

∈ E un polynˆ ome de degr´ e d ≥ 0. On a :

u

k

(P

0

) = P

0(k)

pour 0 ≤ k ≤ d et u

k

(P

0

) = 0 pour k > d.

Ainsi, pour tout k ∈ N, u

k

(P

0

) ∈ R

d

[X]. Comme de plus, R

d

[X] est un espace vectoriel, on obtient :

V ect(u

k

(P

0

)/k ∈ N ) ⊂ R

d

[X].

De plus, V ect(u

k

(P

0

)/k ∈ N ) = V ect(u

k

(P

0

)/0 ≤ k ≤ d), et la famille de polynˆ omes (P

0

, u(P

0

), . . . , u

d

(P

0

)) est ´ echelonn´ ee en degr´ e. C’est donc une famille libre, et dim(V ect(u

k

(P

0

)/k ∈ N )) = d + 1. Comme on a dim R

d

[X] = d + 1, on obtient finale- ment :

V ect(u

k

(P

0

)/k ∈ N) = R

d

[X].

(b) Prenons P

0

de degr´ e n (par exemple P

0

= X

n

). Alors d’apr` es ce qu’on a fait, on a : V ect(u

k

(P

0

)/k ∈ N ) = R

n

[X] = E.

Donc u est bien cyclique ´ egalement.

3. Dans cette question, E est un K -espace vectoriel de dimension n ≥ 2. Soit u un endomorphisme

nilpotent d’indice p ≥ 2 (i.e. u

p

= 0

L(E)

et u

p−1

6= 0

L(E)

).

(5)

(a) Prenons x

0

∈ E tel que u

p−1

(x

0

) 6= 0

E

(existe car u

p−1

6= 0

L(E)

). Montrons que (x

0

, u(x

0

), . . . , u

p−1

(x

0

)) est libre : soient λ

0

, λ

1

, . . . , λ

p−1

∈ K tels que :

λ

0

x

0

+ λ

1

u(x

0

) + · · · + λ

p−1

u

p−1

(x

0

) = 0

E

. On applique u

p−1

` a cette ´ egalit´ e :

λ

0

u

p−1

(x

0

) = 0

E

⇒ λ

0

= 0( car u

p−1

(x

0

) 6= 0

E

).

On obtient en rempla¸ cant λ

1

u(x

0

) + · · · + λ

p−1

u

p−1

(x

0

) = 0

E

. En appliquant u

p−2

, on obtient λ

1

= 0, et ainsi de suite, λ

k

= 0 pour tout k.

Ainsi la famille (x

0

, u(x

0

), . . . , u

p−1

(x

0

)) est libre. Son cardinal est donc inf´ erieur ou ´ egal ` a la dimension de E, soit p ≤ n.

(b) ⇒ Supposons que u est cyclique, alors il existe x

0

∈ E tel que :

E = V ect(u

k

(x

0

)/k ∈ N) = V ect(x

0

, u(x

0

), u

2

(x

0

), . . . , u

p−1

(x

0

)).

La famille (x

0

, u(x

0

), u

2

(x

0

), . . . , u

p−1

(x

0

)) est donc g´ en´ eratrice, et son cardinal est sup´ erieur ` a la dimension de E, soit p ≥ n. Comme on a de plus p ≤ n, on obtient ainsi que p = n.

⇐ Supposons que p = n. On sait qu’il existe x

0

tel que (x

0

, u(x

0

), . . . , u

n−1

(x

0

)) soit une famille libre. Comme elle est de cardinal n, c’est donc une base de E. Ainsi,

V ect(u

k

(x

0

)/k ∈ N ) = V ect(x

0

, u(x

0

), u

2

(x

0

), . . . , u

n−1

(x

0

)) = E et u est bien un endomorphisme cyclique.

Partie II. ´ Etude g´ en´ erale.

Dans cette partie, on note u un endomorphisme cyclique de l’espace vectoriel E, avec E de dimension n ≥ 1. On fixe x

0

∈ E tel que E = V ect(u

k

(x

0

)/k ∈ N).

1. (a) La famille (x

0

, u(x

0

), . . . , u

n

(x

0

)) est de cardinal n + 1 dans un espace vectoriel E de di- mension n, elle est donc li´ ee.

(b) Tout d’abord, notons que comme E 6= {0

E

} et que E = V ect(u

k

(x

0

)/k ∈ N), alors x

0

6= 0

E

. Consid´ erons l’ensemble A = {k ∈ K /(x

0

, u(x

0

), . . . , u

k

(x

0

)) libre}. C’est un ensemble non vide de N (car 0 ∈ A, la famille (x

0

) ´ etant libre), et major´ ee par n ((x

0

, u(x

0

), . . . , u

n

(x

0

)) est li´ ee, et toute surfamille de cette famille est donc li´ ee). On en d´ eduit qu’il existe un entier p, maximal, pour lequel la famille (x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)) soit libre.

(c) Par d´ efinition de p, la famille (x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)) est libre et (x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

), u

p+1

(x

0

)) est li´ ee. Par le cours, on sait alors que u

p+1

(x

0

) ∈ V ect(x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

))

(d) On proc` ede par r´ ecurrence.

ˆ Initialisation. Pour tout 0 ≤ k ≤ p, on a bien u

k

(x

0

) ∈ V ect(x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)) donc la propri´ et´ e est vraie aux rang 0 ≤ k ≤ p. Elle est vraie ´ egalement au rang p + 1 par la question pr´ ec´ edente.

ˆ H´ er´ edit´ e. Soit k ≥ p et supposons la propri´ et´ e vraie au rang k. Montrons la propri´ et´ e au rang k + 1.

Par hypoth` ese de r´ ecurrence, on a u

k

(x

0

) ∈ V ect(x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)). Il existe donc (λ

0

, . . . , λ

p−1

, λ

p

) ∈ K

p+1

tels que :

u

k

(x

0

) = λ

0

x

0

+ · · · + λ

p−1

u

p−1

(x

0

) + λ

p

u

p

(x

0

)).

On compose par u :

u

k+1

(x

0

) = λ

0

u(x

0

) + · · · + λ

p−1

u

p

(x

0

) + λ

p

u

p+1

(x

0

)).

Or on a u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

), u

p+1

(x

0

)) ∈ V ect(x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)), donc u

k+1

(x

0

) ∈

V ect(x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)). D’o` u la propri´ et´ e au rang k + 1.

(6)

On conclut par principe de r´ ecurrence.

(e) On a montr´ e que pour tout k ∈ N, u

k

(x

0

) ∈ V ect(x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)). Ainsi, on a : E = V ect(u

k

(x

0

)/k ∈ N) = V ect(x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)).

La famille (x

0

, u(x

0

), . . . , u

p

(x

0

)) est donc g´ en´ eratrice de E. Comme c’est une famille libre par d´ efinition de p, c’est donc une base de E. Son cardinal est donc ´ egal ` a la dimension de E, soit p + 1 = n.

2. (a) On a montr´ e pr´ ec´ edemment que u

n

(x

0

) ∈ V ect(x

0

, u(x

0

), . . . , u

n−1

(x

0

)), donc il existe (p

0

, . . . , p

n−1

) ∈ K

n

tels que :

u

n

(x

0

) = p

0

x

0

+ p

1

u(x

0

) + · · · + p

n−1

u

n−1

(x

0

).

Dans la suite, on posera P (X) = X

n

− p

n−1

X

n−1

− · · · − p

1

X − p

0

∈ K [X].

(b) On a P (u) = u

n

− p

n−1

u

n−1

− · · · − p

1

u − p

0

Id

E

∈ K [X], d’o` u en ´ evaluant : P (u)(x

0

) = u

n

(x

0

) − p

n−1

u

n−1

(x

0

) − · · · − p

1

u(x

0

) − p

0

x

0

= 0

E

. P (u)(u(x

0

)) = u

n

(u(x

0

)) − p

n−1

u

n−1

(u(x

0

)) − · · · − p

1

u(u(x

0

)) − p

0

u(x

0

)

= u(u

n

(x

0

) − p

n−1

u

n−1

(x

0

) − · · · − p

1

u(x

0

) − p

0

x

0

) = u(0

E

) = 0

E

. De mˆ eme, on a P (u)(u

k

(x

0

)) = 0

E

pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1.

Ainsi P(u) est un endomorphisme de E qui s’annule sur la base (x

0

, u(x

0

), . . . , u

n−1

(x

0

)), c’est donc l’endomorphisme nul : P (u) = 0

L(E)

.

On dit que P est un polynˆ ome annulateur de u.

(c) Montrons que (Id

E

, u, . . . , u

n−1

) est une famille libre de L(E) : soient (λ

0

, . . . , λ

n−1

) ∈ K

n

tels que :

λ

0

Id

E

+ λ

1

u + · · · + λ

n−1

u

n−1

= 0

L(E)

. On ´ evalue en x

0

:

λ

0

x

0

+ λ

1

u(x

0

) + · · · + λ

p−1

u

n−1

(x

0

) = 0

E

.

Or la famille de vecteurs (x

0

, u(x

0

), . . . , u

n−1

(x

0

)) est libre dans E. Donc λ

0

= λ

1

= · · · = λ

n−1

= 0. Ainsi (Id

E

, u, . . . , u

n−1

) est une famille libre de L(E).

(d) ˆ Supposons qu’un tel polynˆ ome Q = a

0

+a

1

X+· · ·+a

q

X

q

existe : q < n et Q(u) = 0

L(E)

. Alors on aurait :

a

0

Id

E

+ a

1

u + · · · + a

q

u

q

= 0

L(E)

Comme Q 6= 0, il existe a

i

6= 0, et la famille (Id

E

, u, . . . , u

q

) serait li´ ee. Mais alors la surfamille (Id

E

, u, . . . , u

n−1

) serait li´ ee ´ egalement, ce qui est faux car (Id

E

, u, . . . , u

n−1

) est libre.

ˆ Soit Q = X

n

− a

n−1

X

n−1

− · · · − a

1

X − a

0

un polynˆ ome unitaire de degr´ e n tel que Q(u) = 0

L(E)

. Alors :

u

n

− p

n−1

u

n−1

− · · · − p

1

u − p

0

Id

E

= u

n

− a

n−1

u

n−1

− · · · − a

1

u − a

0

Id

E

. D’o` u :

p

n−1

u

n−1

+ · · · + p

1

u + p

0

Id

E

= a

n−1

u

n−1

+ · · · + a

1

u + a

0

Id

E

.

Par unicit´ e de la d´ ecomposition d’un vecteur dans la famille libre (Id

E

, u, . . . , u

n−1

), on en d´ eduit :

p

k

= a

k

pour tout 0 ≤ k ≤ n − 1.

Ainsi P = Q, et P est bien l’unique polynˆ ome unitaire de degr´ e n tel que P (u) = 0

L(E)

.

Le polynˆ ome P est appel´ e le polynˆ ome minimal de u.

(7)

(e) On proc` ede comme pr´ ec´ edemment pour trouver ce polynˆ ome : on ´ ecrit u

3

(1, 0, 0) en fonction de (1, 0, 0), u(1, 0, 0), u

2

(1, 0, 0). Or on a :

u(1, 0, 0) = (0, 1, 0) ; u

2

(1, 0, 0) = (0, 0, 1) ; u

3

(1, 0, 0) = (6, −11, 6).

Ainsi, u

3

(1, 0, 0) = 6(1, 0, 0) − 11u(1, 0, 0) + 6u

2

(1, 0, 0) et le polynˆ ome minimal de u est donc :

P (X) = X

3

− 6X

2

+ 11X − 6.

Partie III. ´ Etude du commutant.

1. Tout d’abord C(u) ⊂ L(E) est non vide car l’endomorphisme nul commute bien avec u.

Soient f, g ∈ C(u) et (λ, µ) ∈ K

2

. Montrons que λf + µg ∈ C(u) :

u ◦ (λf + µg) = λu ◦ f + µu ◦ g = λf ◦ u + µg◦ = (λf + µg) ◦ u.

Donc le commutant C(u) = {v ∈ L(E)/u ◦ v = v ◦ u} est un sous-espace vectoriel de L(E).

2. On a d´ ej` a de mani` ere ´ evidente que pour tout k ∈ N , u

k

∈ C(u). Comme de plus C(u) est un sous-espace vectoriel de L(E), les combinaisons lin´ eaires de tels vecteurs sont aussi dans C(u).

Ainsi pour tout P ∈ K [X], on a bien P(u) ∈ C(u). D’o` u l’inclusion K [u] ⊂ C(u)

3. (a) Soient deux endomorphismes v et w de C(u). Supposons que v(x

0

) = w(x

0

), et montrons que v = w. On a pour tout k ∈ N

,

v(u

k

(x

0

)) = v ◦ u

k

(x

0

) = u

k

◦ v(x

0

) = u

k

◦ w(x

0

) = w(u

k

(x

0

)).

Ainsi v et w co¨ıncident sur la base (x

0

, . . . , u

n−1

(x

0

)). Elles sont donc ´ egales.

(b) Soit v ∈ C(u).

i. Comme (x

0

, . . . , u

n−1

(x

0

)) est une base de E, donc une famille g´ en´ eratrice de E, il existe bien (a

0

, . . . , a

n−1

) ∈ K

n

tel que v(x

0

) = a

n−1

u

n−1

(x

0

) + · · · + a

1

u(x

0

) + a

0

x

0

. ii. Posons w = a

n−1

u

n−1

+ · · · + a

1

u + a

0

Id

E

. On a clairement que w commute avec u

(c’est un polynˆ ome en u !). De plus on a v(x

0

) = w(x

0

). Par la question pr´ ec´ edente, on en d´ eduit imm´ ediatement que v = w.

4. On a d´ ej` a que K[u] ⊂ C(u). R´ eciproquement, on vient de montrer que si v ∈ C(u), alors v ∈ K[u].

On en d´ eduit donc que C(u) = K [u].

5. On sait d´ ej` a que la famille (Id

E

, u, . . . , u

n−1

) est libre, et qu’il existe un unique polynˆ ome P de degr´ e n et unitaire tel que P (u) = 0

L(E)

(c’est le polynˆ ome minimal). On va montrer que :

K[u] = V ect(Id

E

, u, . . . , u

n−1

).

Prenons un ´ el´ ement de K[u], il est de la forme A(u) avec A ∈ K [X]. On fait la division euclidienne de A par P : il existe un couple (Q, R) ∈ K [X]

2

tels que :

( A = QP + R deg(R) < n On ´ evalue en u :

A(u) = Q(u) ◦ P (u) + R(u).

Or P (u) = 0

L(E)

, donc A(u) = R(u). Comme enfin deg(R) < n, on en d´ eduit que R(u) ∈ V ect(Id

E

, u, . . . , u

n−1

). Finalement, on a bien que :

C(u) = K[u] = V ect(Id

E

, u, . . . , u

n−1

).

La famille (Id

E

, u, . . . , u

n−1

) ´ etant libre et g´ en´ eratrice de C(u), c’est donc une base de cet espace,

et dim(C(u)) = n.

(8)

Remarque. On peut en fait montrer les ´ equivalences suivantes : soit u ∈ L(E),

u est cyclique ⇔ C(u) = K [u] ⇔ dim(C(u)) = n ⇔ le polynˆ ome minimal de u est de degr´ e n.

La preuve de ces ´ equivalences pourra ˆ etre vu en deuxi` eme ann´ ee.

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