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Aimantation permanente de l'acier par une décharge apériodique rapide

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Aimantation permanente de l’acier par une décharge

apériodique rapide

Raymond Chevallier, Marcel Laporte

To cite this version:

(2)

AIMANTATION PERMANENTE DE L’ACIER

PAR UNE

DÉCHARGE

APÉRIODIQUE

RAPIDE Par RAYMOND CHEVALLIER et MARCEL

LAPORTE,

Professeurs de

Physique

à la Faculté des Sciences de

Nancy.

Sommaire. - L’un de nous ayant étudié récemment la structure des éclairs lumineux obtenus en

déchargeant un condensateur à travers un tube à gaz, nous avons pensé atteindre la valeur maximum de l’intensité pendant la décharge en lui faisant traverser un fil rectiligne, en aimantant au voisinage de ce

fil des aiguilles d’acier parallèlement au champ et en cherchant enfin le courant continu susceptible de

communiquer à ces aiguilles le même moment permanent à la même distance.

Les résultats n’ont pas permis d’atteindre cette intensité maximum mais nous ont conduit à préciser

les points suivants :

1° L’aimantation d’éprouvettes d’acier de formes variées (couronnes, disques, aiguilles) par une

décharge apériodique rapide de 3.10-5 sec parcourant un fil rectiligne présente les caractères généraux

décrits en 1826 par

Savary

pour des décharges de nature imprécise:

L’aimantation est inversée dans la région’avoisinant le fil, elle s’annule au point neutre, puis devient

normale, passe par un maximum et décroît ensuite. L’inversion n’est donc pas liée au caractère périodique de la

décharge.

2° L’aimantation est portée par la même droite que le champ et n’admet pas de composante

transversale.

3° Le rôle des courants de Foucault semble négligeable dans les éprouvettes en tôle mince ou en

fils.

4° Le point neutre est d’autant plus éloigné du conducteur rectiligne que le coefficient démagnétisant

de l’éprouvette est plus faible. Sa position et celle du maximum ne dépendent pas du nombre de décharges

pour un type donné d’éprouvettes mais l’intensité du maximum croît avec ce nombre

5° Le champ équivalent He, à la même distance d, varie en général suivant une loi complexe qui

dépend de la nature et des traitements thermiques ou magnétiques de l’acier.

Exceptionnellement on trouve une valeur constante pour le produit

Hed.

La valeur maximum 500 observée pour ce produit correspond à une intensité équivalente de 2500 A, valeur considérable de

même ordre que l’intensité moyenne 2050 A.

L’un de nous

(’)

a étudié

récemment,

par la mé-thode du miroir

tournant,

les éclairs lumineux

obte-nus en

déchargeant

un condensateur à travers un

tube à gaz sous basse

pression.

Rappelons

que le condensateur est

chargé

progres-sivement à l’aide d’un

dispositif

classique,

transforma-teur-kénotrons ;

ses armatures sont

réunies,

à travers le tube à

étudier,

par un circuit de résistance et de self très faibles

(fils

gros, courts et autant que

possible

torsadés);

lorsque

la différence de

potentiel

entre les armatures et par suite entre les

électrodes,

atteint la tension

d’allumage

du

tube,

une

décharge jaillit qui

donne naissance à un éclair lumineux très intense et très court.

Le tube est

placé

dans une

boîte,

dont les

parois

intérieures sont noircies ; une lentille de

quartz,

en-chàssée dans une

paroi,

forme

l’image

du tube sur une

fente fine verticale. Un miroir concave

donne,

de cette

fente,

une

image

réelle que l’on

reçoit

sur une

plaque

photographique.

(1) J.

Physique,

i936, t. 7, p. 248.

Le miroir est mobile autour d’un axe vertical

en-traîné par une sirène. A

partir

de la hauteur du son

émis par la sirène et de la distance de la

plaque

au

miroir,

on calcule la vitesse de

l’image

de la fente sur

la

plaque.

Les

enregistrements photographiques

obtenus per-mettent de

distinguer

si la

décharge

est t oscillante ou

apériodique,

si elle

présente

ou non une « structure fine o, c’est-à-dire des fluctuations d’intensité non

liées à des inversions du sens du courant.

On

obtient,

en

particulier

une

décharge

apériodique,

sans structure

fine,

dans la

décharge

d’un condensa-teur de 46 mf à travers un tube à néon

(pression,

8

mm)

de 10 cm de

longueur,

(le 6 mm de diamètre muni d’électrodes

d’aluminium,

dont la tension

d’amorçage

est V1

=1 400 V.

L’intensité

lumineuse,

qui

accompagne l’intensité du courant de

décharge,

part

de

zéro,

atteint un

maxi-mum

puis

décroît

(cliché 1).

Les condensateurs ne se

déchargent

pas

complète-ment et

conservent,

après

le passage de

l’éclair,

une

tension résiduelle :

V2

= 150

V ;

la

quantité

(3)

454

cité mise en

jeu

clans la

décharge

est :

o

=

c (Vi

- V~),

soit

0,0576

coulombs.

(1)

D’autre

part,

la durée de la

décharge,

déduite de la

longueur

de

l’image photographique,

est ûe 28.10-6 s.

Si l’on admet que cette durée

correspond

à la durée réelle de la

décharge,

on calcule que l’intensité

moyenne du courant de

décharge

atteint 2 050 A.

On

peut

penser que la valeur de la durée de

l’éclair,

déduite de 1 examen des

clichés,

est inférieure à leur

durée

réelle,

l’impression photographique

pouvant

cesser de se

produire,

par manque de sensibilité des

plaques,

avant que le courant ne soit devenu

nul;

mais il est

également possible

que des

phénomènes

de

post-luminescence

continuent à rendre le tube

lumi-neux

après

que le courant de

décharge

s’est annulé

et,

s’il en est

ainsi,

la durée du passage du

courant,

dé-duite de l’examen des

clichés,

serait au contraire

supé-rieure à la durée réelle. Pour ces

raisons,

il y a lieu de penser que l’estimation de l’intensité moyenne du

courant,

déduite de l’examen des

clichés,

est

approxi-mativement correcte.

L’intensité instantanée

part

de zéro et passe, avant

de

s’annuler,

par une valeur maxima

qu’il

nous a paru

intéressant de déterminer.

Nous avons

songé,

pour cette

détermination,

à

utili-ser des

phénomènes

d’aimantation,

A cette

fin,

une

portion

du circuit de

décharge

est formée d’un

fil,

ou

plus

exactement d’une

tige

de

lai-ton

rectiligne,

d’environ m de

long;

le

champ

magnétique

instantané, à une distance d de l’axe du fil est

(2)

Si le courant passe par une valeur

maximum ’lot

il en sera de même du

champ

qui

prendra

une valeur

correspondante

si l’on

place

une

petite aiguille

d’acier

tangentiellemeut

à une

ligne

de force du

champ

magnétique,

à une distance d du

courant,

on

peut

penser

qu’elle

prendra

une aimantation rémanente dont la valeur sera liée à celle du

champ

maximum

Ho.

D’autre

part,

il est

possible

de

communiquer

à une

aiguille identique

la même aimantation rémanente en

la soumettant à l’action d’un

champ magnétique

va-riant, lentement,

entre des limites 0 et Nous avons

espéré

que ce

champ He,

que nous

appellerons « champ

équivalent

o, serait

justement

égal

à

Ha,

en fournirait la valeur

et,

par

suite,

celle de l’intensité cherchée

io.

En

réalité,

les choses sont moins

simples

et il

con-vient de donner du

champ équivalent

une définition

plus générale

dans le cas de

décharges

répétées.

Supposons que l’éprouvette

soumise à iV

décharges

successives ait

pris

un certain moment

permanent,

on

peut communiquer

le même moment à une

aiguille

identique

en la soumettant au même nombre de

cycles

lents admettant comme limites 0 et

He.

C’est le

champ H,

ainsi déterminé que nous

appelle-rons d’une

façon générale

«

champ

équivalent

».

Mesures

magnétiques. -

a)

Moment

magné-tique.

-- En

principe,

un solénoïde

Ci

est fermé sur un

balistique.

Une

aiguille

aimantée de moment inconnu est

placée

suivant l’axe du solénoïde

qui reçoit

un flux d’induction

(1)

(cf. note)

L’aiguille

est extraite

rapidement

de

Ci,

le flux tombe à zéro et le

galvanomètre

accuse une déviation

pro-portionnelle

à ~, donc à 111. Cette déviation mesure

ainsi les moments en valeur relative. Si nous les vou-lions en valeur

absolue,

il suffirait de tarer l’ensemble

solénoïde-galvanomètre

avec un moment

magnétique

connu en

C.G.S.,

par

exemple,

le moment M =

S2i2

d’une

petite

bobine de surface

S2

parcourue par un

courant i9

U.E.M.

b) Champ équivalent.

- Un solénoïde de

cons-tantes

géométriques

connues, parcouru par un

cou-rant

défini,

fournit le

champ

inducteur H en gauss.

L’aiguille

témoin

placée

suivant l’axe est soumise à

plusieurs

cycles

o-H-0. Elle

prend

un moment

magnétique

i°Y/ Îonction de H et du nombre des

cycles.

Des mesures

répétées

fournissent la courber

(H) pour

un nombre donné de

cycles.

Les moments

permanents

obtenus à la suite de N

décharges

étaient

reportés

sur

la courbe

M(H)

pour N

cycles

d’une

aiguille

iden-tique.

A

chaque

moment

correspondait

un

champ

équi-valent

He

connu en gauss. Il

importait

pour l’étude à

grande

distance d’avoir un moment aussi élevé que

possible

et

pourtant

d’être loin de la

saturation,

afin d’obtenir une certaine

précision

sur

He.

Nous avons choisi nos aciers au mieux pour satisfaire à ces

condi-tions.

Reproductibilité

des

phénomènes. -

Nous

avons d’abord vérifié que les aimantations

produites

par une

décharge

sur

plusieurs aiguilles

identiques,

placées tangentiellement

aux

lignes

de force et à une

même distance du

courant,

étaient sensiblement les

mêmes.

(1) Une bobine plate C2 se trouve placée à l’intérieur d’un solénoïde C, de ni spires au centimètre, dans la région ofl le

champ est uniforme. La normale à C2 fait un angle 6 avec 1"axe Z

du solénoïde.

Si un courant il parcourt elle flux d’induction reçu par C2

est

En vertu de la réciprocité des coefficients d’induction mutuelle,

si C2 est parcouru par un courant iz le flux reçu par Cl sera

Mais S~ i~, est le moment magnétique de la bobine C;, 82 i2 cos 0 la composante illz suivant l’axe. donc

Il est évident que ce flux ne dépend pas de l’origine du

mo-ment qui peut être aussi bien dû à un aimant permanent ou

temporaire. D’où il résulte que :

Le flux envoyé par un système de moment

magnétique li1

dans le solénoïde C, est proportionnel à la composante M. du

(4)

Exemple :

corde à

piano,

diamètre

1,02

mm;

lon-gueur 16 mm; distance au courant 3 cm, les moments mesurés pour deux

aiguilles

sont en valeur relative :

3,5

et

3,4,

c’est.à-dire

égaux,

dans les limites des erreurs

d’expérience.

Nous verrons que cette

reproductibilité

des

phénu-mènes a

toujours

été vérifiée

(dans

les limites de la

précision

des mesures) pour l’aimantation

d’éprou-vettes

magnétiques

de natures et de formes différentes

(disques, couronnes).

Influence de la distance.

Inversion ;

point

neutre. - Dans

l’hypothèse

où le

champ

équivalent

est

égal

au

champ

maximum et

correspond

à l’intensité

maxima du courant de

décharge,

il y a lieu de s’at-tendre à ce que le

produit

II,.d = 2 io

reste

constant,

lorsque

les

aiguilles

sont

placées

à des

distances d,

différentes.

Fig. 4.

Les

expériences

ont été conduites de la

façon

sui-vante : le fil

rectiligne

est

disposé

horizontalement,

il traverse une

planchette

di

dont le

plan

est

perpendicu-laire au

courant, ;

sur cette

planchette

sont tracées des rainures

tangentes

aux

lignes

de

force,

à des distances exactement mesurées de l’axe du

fil ;

dans ces rai-nures, on

place

des

aiguilles

d’acier,

aussi

identiques

que

possible, ajustées

à la même

longueur,

par usure

des extrémités à la

meule,

une des extrémités étant

différenciée de l’autre par un

léger

trait de lime. Les distances ont varié enture 1 et 35 cm , les résul-tats obtenus sont les suivants :

A

petite

distance,

l’airraantation est iiiversée, c’est-à-dire que la c’est-à-direction sud-nord des

aiguilles

est en sens

inverse de la direction du

champ magnétique,. puis

l’aimantation

s’annule,

à une distance que nous

appel-lerons cc

point

neutre »,

prend

ensuite 2cra sens

norrnal,

croit,

passe par un maximuin et décroît à

qi-aîide

dis-tan,ce, La courbe 1

(fig. 1)

résume ces résultats. Nous retrouverons des courbes

analogues

pour les variations de l’aimantation d’échantillons de formes et de natures différentes. Les clichés

2,

3, 4,

5,

6 met-tent

qualitativement,

ces résultats en évidence pour

des

disques découpés

dans une tôle d’acier de

0,06

mm

d’épaisseur.

Ces

disques

ont été

disposés

tangen-tiellement à des

cylindres

de différents rayons, sui-vant l’axe

desquels

passait

le fil

rectiligne

parcouru par la

décharge.

Ils ont été

placés respectivement

aux

distances

10,

25,

80,

100 et 200 mm du

courant;

la différence de netteté des

spectres

manifeste les diffé-rences d’intensité d’aimantation: assez forte à 10 mm, presque nulle à 25

(distance

voisine du

point

neutre)

maxima vers 100 mm et

déjà

fortement affaiblie à 200 mm. Sur le cliché

7,

on a

rapproché

deux

disques,

aimantés

respectivement

à 10 et 80 mm ; la

répulsion

des

lignes

de force manifeste l’inversion de l’aimanta-tion.

Sur toutes ces

photographies,

la direction de l’ai-mantation est nettement

visible;

elle est confondue avec la direction du

champ ;

nous reviendrons

plus

loin sur ce résultat.

Le renversement très curieux du sens de

l’aimanta-tion dans des

champs

intenses et de courte durée a

déjà

été

signalé

par

Savary,

dans des

expériences

anciennes mais extrêmement intéressantes

(1).

Ce

physicien déchargeait

un condensateur dans un fil de

platine

et aimantait des

aiguilles

d’acier au

voi-sinage.

L’inversion

qui

se manifestait pour les fils gros et courts

disparaissait

pour les fils

longs

et de

petit

diamètre.

Pour

expliquer

les résultats de

Savary,

on a

sup-posé

(2)

que l’inversion était liée à l’existence d’oscilla-tions dans la

décharge;

cette

supposition s’appuyait

sur le fait que l’inversion

disparaissait lorsque

la résistance du circuit de

décharge

était

augmentée.

Cette

interprétation

ne

paraît

pas

pouvoir

être sou-tenue : on

conçoit

mal que le caractère oscillant de la

décharge puisse

rendre

compte

de l’inversion de l’ai-mantation et de ses variations avec la

distance ;

sans

doute,

lorsque

la résistance

augmente suffisamment,

la

décharge

devient

apériodique,

mais,

en même

temps,

sa durée

augmente

et, simultanément, l’inten-sité moyenne du courant de

décharge

diminue;

on ne

peut donc,

avec

certitude,

attribuer la

dispari-tion de l’inversion à la seule

disparition

des

oscilla-tions ;

nos

expériences apportent

contre cette

interpré-tation un

argument décisif,

puisque

l’inversion de

l’aimantation se

produit

dans des conditions

où,

de

(1) SAVAIT. Ann. de Phys. et de Chimie, 1821, 34, p. 5-57. ’

(5)

456

par l’examen des clichés

d’éclairs.

on est assuré que la

décharge

est

apériodique.

Cette conclusion nous amènera à chercher d’autres

causes

possibles

à ce

remarquable

phénomène;

les

expériences

conduites à cette fin scront

exposées plus

loin.

Laissant de côté, pour

l’instant,

les

phénomènes

d’aimantation à courte

distance,

proposons-nous d’étu-dier avec

plus

de

précision

ce

qui

se passe à des dis-tances

beaucoup plus grandes

que la distance

d’inver-sion,

notamment à des distances où la courbe 1

prend

une allure

hyperbolique,

c’est-à-dire où l’aimantation semble suivre

plus

exactement la loi

He. c~ =

cons-tante.

Aimantation à

grande

distance. - Les

expé-riences ont d’abord

porté

sur deux échantillons

d’acier.

~)

Corde à

piano,

diamètre :

1,02

mm ;

b) Aiguilles

à tricoter,

diamètre:

1,35

mm

en segmen ts

de 30 mm de

longueur.

Pour ces

échantillons,

le

produit

reste

cons-tant,

aux erreurs de mesures

prés, lorsque

la distance varie entre ~.~ et 30 cm ainsi

qu’il

ressort du tableau

suivant :

Les

éprouvettes, coupées

et taillées à la

meule,

pré-sentent

quelquefois

une

petite

aimantation

initiale;

on

n’a utilisé que celles pour

lesquelles

cette aimantation était

négligeable.

Influence d’un traitement

préalable

des aciers.

- Pour

opérer

avec

plus

de

précision,

on

peut

essayer, par différents

procédés,

d’annuler l’aimanta-tion initiale des

éprouvettes.

Ces essais nous ont

mon-tré l’influence considérable des traitements

auxquels

a été soumis un

échantillon,

sur l’aimantation

qu’il

est

susceptible

de

prendre

dans un

champ magnétique

de

grande

intensité et de faible durée.

Si,

par

exemple,

les

éprouvettes

sont désaiman-tées dans un

champ

alternatif

(50 périodes)

d’ampli-tude

décroissante,

on trouve que le

produit

d reste

indépendant

de la nature de l’acier et du nombre des

décharges

qui

ont servi à

l’aimantation,

mais,

qu’au

lieu de rester

constant,

il décroît

régulièrement lorsque

la distance

augmente,

ainsi

qu’il

ressort du tableau

suivant,

relatif aux échantillons a et b.

~° Pour désaimanter les

éprouvettes,

on

peut

aussi les recuire au rouge

cerise,

dans un tube de

quartz

placé

dans un foor à

creuset,

puis

les laisser refroidir lentement dans le four.

Pour les échantillons ainsi

traités,

on trouve que le

produit

est le même pour les deux

aciers ;

il varie moins avec la distance

qu’après

la désaimantation par

champs alternatifs,

par contre il varie nettement avec

la

répétition

des

décharges.

Les nombres suivants sont des moyennes pour les deux aciers :

, ... ".. ..

3° Les

éprouvettes,

chauffées comme

précédem-ment,

ont été

trempées

par immersion

brusque

dans l’eau

froide ; après

ce

traitement,

les deux aciers se

comportent

de

façon

très différentes : pour la corde à

piano

le

produit

Red

dépend

énormément du nombre des

décharges ;

pour les

aiguilles

à

tricoter,

il est

remarquablement

constant.

L’ensemble de ces résultats montre que les

trai-tements,

tant

magnétiques

que

thermiques,

subis par un échantillon

d’acier,

modifient considérablement le

comportement

de cet acier dans des

champs

magné-tiques

de

grande

in tensité et de courte durée.

Relativement au but

primitif

de la

recherche,

qui

était de déterminer le

chàmp magnétique

maximum et par suite l’intensité maxima du courant

pendant

la

décharge,

ces résultats

paraissent

laisser peu

d’espoir;

nous verrons

cependant,

qu’en

se

plaçant

dans des conditions

particulières,

il est certainement

possible

d’utiliser des

éprouvettes magnétiques

pour détermi-ner,

approximativement,

l’intensité de courants très intenses et très brefs.

Sur les causes

possibles

de l’inversion de

l’ai-mantation. - Le

phénomène remarquable

de l’inver-sion de l’aimantation a ensuite retenu notre attention et nous nous sommes

proposés

d’en déterminer la

cause.

Les trois

hypothèses

suivantes ont été successi-vement

envisagées :

lo Le

champ

magnétique produit

par un courant de très

grande

intensité et extrêmement bref

présente

des anomalies au

voisinage

immédiat du conducteur dans

lequel

le courant se propage ;

~~~ Des courants de Foucault

prennent

naissance dans le métal de l’échantillon

magnétique

et y pro-duisent un

champ magnétique

de sens inverse à celui que

produit

le courant de

décharge

et suffisant pour

renverser le sens de

l’aimantation ;

31 Les aimants élémentaires de la matière

magné-tique reçoivent

un choc violent et se fixent suivant une

orientation moyenne différente de celle du

champ

(6)

L"hypothèse,

d’ailleurs fort

improbable,

d’une

ano-malie du

champ rnagnétictue

doit être

rejetée

en raison

des résultats de

l’expérience

suivante : le fil

rectiligne,

parcouru par la

décharge,

étant

disposé

verticalement,

on forme sur une feuille de

papier

le

spectre

de

limaille;

deux ou trois

décharges

suffisent pour

orien-ter les

grains qui

se

disposent

sur des circonférences

cen trées sur le

courant ;

on n’observe pas autour du fil

l’existence d’un anneau où les

grains

de limaille ne sont pas

orientés,

comme cela arriverait si

le champ

magné-tique

s’annulait à une certaine distance.

Le cliché 8 est la

reproduction

d’un tel

spectre

pris

directement sur

papier

photographique.

Le cliché 9 montre ce que devient le

spectre

au bout d’une trentaine de

déc’harges,

au cours

desquelles

on

observe que les

grains

de

limaille,

ou bien se

préci-pitent

sur le fil et tombent dans l’interstice

compris

entre le fil et le

papier,

ou bien sont

repoussés

sur une circonférence d’environ 17 mm de rayon.

Ce résultat

s’explique

aisément : un

grain

de

limaille est attiré ou

repoussé

par le courant, à l’ins-tant d’une

décharge,

suivant que son moment

magné-tique

permanent,

produit

par les

décharges

précé-dentes,

est

dirigé

dans le ~ens du

champ

ou en sens

inverse. La

région

avoisinant le fil se trouve ainsi peu à peu

balayée;

le rayon du cercle

balayé

donne une mesure

approximative

de la distance du

point

neutre

(1).

L’hypothèse

attribuant aux courants de Foucault l’inversion de l’aimantation est

plus vraisemblable ;

pour élucider le rôle de ces

courants,

on

peut

choisir la forme et les dimensions des

éprouvettes

de

façon

à diminuer au maximum leur effet.

Nous avons

découpé

à

l’emporte-pièce,

dans une feuille d’acier pour

ressort,

de

0,06

mm

d’épaisseur,

des couronnes de

7,5

mm de diamètre intérieur et de ‘~U mm de diamètre extérieur. Six de ces couronnes ont t été serrées l’une contre l’autre de

façon

à former une

couronne

unique d’épaisseur sextuple

qui

a été

placée

normalement au courant et centrée sur

lui;

après

pas-sage de la

décharge,

les mesures faites pour trois d’entre

elles, après séparation,

ont donné comme moment

magnétique spécifique : -730,

-70, - 26,

c’est-à-dire une aimantation inverse sensiblement la même pour

chaque

couronne. On a ensuite aimanté deux

cou-ronnes

disposées

comme la

précédente

mais

séparées

l’une de l’autre et l’on a encore trouvé une aimantation inverse avec un moment

spécifique

du même ordre (1) Au voisinage du fil. on ohserve que les attractions ou

répulsions produites à chaque décharge sont brusques; par suite du frottement avec le papier, les grain3 s’immobilisent

après chaque impulsion avec des orientations variables par

rapport aux lignes de forces du champ ; suivant le sens de leur moment magnétique, ils sont ou fortement attirés on fortement

repoussés à la decharge suivante ; on peut voir certains grains

s’approcher ou s’écarter alternativement du courant. Ceux qui

sont rPpoussés jusqu’à la zone neutre, s’immobilisent dans cette région puisque leur aimantation rémanente étant nulle ils ne sont plus attirés ou repoussés par les décharges

succes-sives.

que pour les couronnes accolées : -744 et -7à2.

Cette

expérience

conduit à penser

qu’il n’y

a pas lieu

d’attribuer aux courants de Foucault le

phénomène

de l’inversion de l’aimantation. Pourtant le rôle des

cou-rants de Foucault n’est certainement pas

négligeable

et il semble bien

qu’il

faille leur

rapporter

les résultats de certaines

expériences

de

Savary qu’il

nous

paraît

inté-ressant de

rappeler

ici.

1-

Savary

place

à l’intérieur d’un

solénoïde,

traversé par la

décharge

d’un

condensateur,

deux

aiguilles

d’acier,

l’une nue, l’autre

enveloppée

d’un

cylindre

épais

de

cuivre;

la

décharge

qui

aimante fortement la

première

est sans action sur la seconde.

2° Il refait la même

expérience

en

enveloppant

la seconde

aiguille

de couches

plus

ou moins nombreuses de

papier

d’étain : le

moment,

nul pour les

grandes

épaisseurs,

croît

quand

cette

épaisseur

diminue,

dépasse

celui de la

première aiguille,

atteint un

maxi-mum et revient au moment de

l’aiguille

nue.

3~~ Deux

aiguilles identiques (diamètre

0,4

mm, lon-gueur : 15

mm)

sont

enveloppées :

la

première

a)

dans

un

cylindre

de cuivre de 5 mm de rayon ; la seconde

b) dans

un

cylindre

d’étain

identique;

une troisième

aiguille

semblable est utilisée sans

enveloppe;

on les

place

toutes les trois dans un même

solénoïde;

après

passage d’une forte

décharge

on observe des moments

proportionnels

à

1,8,

et - 2 ;

l’aiguille

nue a son

mo-ment

inversé ;

40 L’action des

enveloppes

est presque annulée si l’on y

pratique

cles sections méridiennes.

Toutes ces

expériences

J1lontrent que les de Foticetult

q2ci

prennent

naissance

ont pour

eflet

de

dimi-7iiieî- le

champ magnétisccrct

dû à la

décharge

et de à

l’apparition

dit

phénoméne

d’inversion au

lieu de cnracourir à le

jJroduire;

on est donc conduit à supposer que l’inversion pourra encore se manifester à des distances

plus

grandes,

c’est à dire pour des

champs

magnétisants

plus faibles,

lorsque

l’action des courants de Foucault sera mieux

évitée; effectivement,

nous avons constaté que le

point

neutre

qui

est seule-ment à 13 mm avec les

aiguilles,

s’écarte à 17 mm avec

les files de

limaille,

atteint 22 mm avec les

disques

et

se

déplace jusqu’à

45 mm dans le cas des couronnes de tôle

mince,

pour

lesquelles

l’action des courants de Foucault est

particulièrement

diminuée.

Il résulte de ces

expériences

que le rôle des courants

de Foucault tend à faire

disparaître

le

phénomène

d’inversion de l’aimantation

plutôt

qu’à

lui donner naissance.

La troisième

hypothèse

que nous avons

envisagée

pour rendre

compte

de l’inversion consiste à

imaginer

que les aimants élémentaires de la matière

magné-tique

reçoivent

pendant

la durée très brève de la

décharge,

un choc

brusque

à la suite

duquel

ils se

fixent suivant une orientation moyenne différente de

celle du

champ magnétique

et variable avec les condi-tions du « choc

magnétique ».

L’orientation du moment résultant ne

peut

être mise en évidence avec des

aiguilles

qui prennent

toujours

(7)

458

un moment

magnétique dirigé

suivant leur axe ; nous avons alors utilisé des

disques

découpés

à

l’emporte-pièce ;

ces

disques,

comme il a été

indiqué,

ont été

disposés tangentiellement

à des

cylindres

de différents rayons

ayant

pour axe le conducteur traversé par la

décharge.

Deux diamètres

rectangulaires

ont été tracés sur

chaque disque ;

l’un des diamètres orienté cOl1une un

vecteur,

a été

disposé

dans la direction et le sens du

champ inagnétique.

l,es iesiti-es de

ili(igiiéti,,Iîtes

n10ntrCJlt que

n’obtient aucune

cotïipos(iiiie

de l’ainloulation

perjJelldicu/airenleJlL

« la direction du

cltroll p.

Un résultat

analogue

a été obtenu avec les couronnes,

dans

lesquelles nprès

aimantation,

on

pent

t

découper

des fragments ;

le moment ue ce>

fragments

ne

présente

pas de

composante

radiale, c’est-à-dire normale au

champ;

i’aimantation

spécifique

est

indépendante

de l’azimut du

fragment.

On ne

peut

cependant

pas conclure de ces

expé-riences que l’inversion de l’aimantation n’est pas due à

l’impulsion

des aimants élémentaires sous le choc

magnétique

produit

par la

décharge,

mais elles

éta-blissent, qu’à

la suite de tels

chocs,

ces aimants sont

« en moyenne »

disposés symétriquement

par

rapport

à la direction du

champ.

Répétition

des

décharges. -

L/aimantation pro-duite par une

décharge

étaiil nulle au

point

neutre, il

nous a paru intéressant de vérifier

qu’elle

restait nulle en ce

point,

après

des

décharges répétées;

c’est en effet sensiblement ce que l’on observe.

La

position

du

point

neutre ne se

déplace

que de

à 9 0 mm pour les

aiguilles,

et de 22 à 20 seulement pour les

disques,

lorsque

le nombre des

décharges

passe de 1 à

250 ;

ces

petits déplacements

peuvent

tenir à des variations des conditions de la

décharge

dans le tube à gaz pour des

décharges

répétées

très nombreuses.

A des distances autres que celles du

point

neutre,

l’aimantation

augmente

avec la

répétition

des

dé-charges,

mais elle tend vers une

limite,

ainsi

qu’il

ressort du tableau suivant :

Corde à

piano,

aimantée à une distance de 30 mm.

la courbe

III,

figure

1 rend

compte

de ces variations. La distance

qui

correspond

au maximum de

l’aiman-tation est

indépendante

du nombre des

décharges ;

ce

résultat ressort de la

comparaison

des courbes 1 et

II,

figure

1

qui

représentent,

en fonction de la

distance,

les moments

obtenus, respectivement après

1 ou 250

décharges.

Ce résultat a été retrouvé avec les

disques,

pour

lesquels

le maximum d’aimantation se

produit

à 60 mm aussi bien pour une que pour 250

décharges.

A

grande

distance,

l’effet des

répétitions

diminue de

plus en

plus.

Intensité

équivalente. -

Soit

He

gauss le

champ

équivalent

il la distance d cm du courant

rectiligne ;

nous avons constaté que le maximum atteint par le

produit

était de l’ordre de encore ce

chiffre

n"est-il

obtenu que pour un

petit

nombre de séries. On le trouve pour la corde à

piano

trempée

et pour les

aiguilles

a tricoter

trempées

et désaimantées. Pour les

disques

aimantés

jusqu’à

d== 20 cm, le

maxi-mum atteint vers 12 cm a encore été de 4)0 pour une

décharge

et de 500 pour

décharges.

Ilésignons

par

I,

l’intensité du courant continu

recti-ligne

susceptible

de

produire

le

chalnp He

à la dis-tance d :

Nous

appellerons

1,

l’intensité

équivalente.

On voit que le maximum

f~~~= 50O

fournit une

intensité

équivalente

nombre de même ordre que le courant moyens 1 moyen == 2 000

ampères.

Il n’est pas sans intérêt de retrouver par voie

magné-tique

cette intensité considérable. Cela confirme que le

tube à gaz est traversé

pendant

la

décharge

par une

intensité très élevée et que la

pointe

atteint sans doute

plusieurs

fois la valeur

précédente.

Le sen-s

physique

de l’intensité

équivalente

se

précise

quand

on

représente

le

phénomène

par le schéma

suivant :

Supposons

que le

champ

H en un

point

varie en

fonction du

temps t

suivant une loi

où k est un nombre. La fonction

f

part

de

zéro,

passe par un maximum et s’annule au bout d’un

temps fini;

nous dirons

qu’elle

représente

une

percussion

magné-tique.

Soit

H,

la valeur de H à

l’instant t,

pour k

- f. Si retrouvons la même valeur

Ht

à l’ins-tant

en sorte que tout se passe comme si l’axe des t avait été dilaté. Le

champ

prend

les mêmes

valeurs,

il atteint en

particulier

le même

maximum,

mais sa

variation est de

plus

en

plus

lente et la

percussion

magnétique

dure de

plus

en

plus longtemps.

Supposons

maintenant

qu’une

semblable

percussion

aimante une

éprouvette.

Le moment

permanent

com-muniqué

est maximum

quand

la

décharge

est infiniment

lente;

il ne

dépend

alors que de la valeur maximum

du

champ

nullement de la forme de la fonction

f.

Nous

l’appellerons

moment

statique.

Mais si la

percussion

devient

plus rapide

le moment

permanent

diminue et

peut

même s’inverser.

(8)

inférieur au moment

statique ;

le

champ

équivalent

e~t

au

plus égal

au

champ

vrai maximum et l’inten-sité

équivalente

est

plus

faible que le maximum dïnten-sité atteint au cours de la

décharge.

Les 2 500

alllpères

trouvés

plus

haut sont donc une limite inférieure de l’intensité maximum dans la

dé-charge

apériodique.

Comme l’intensité et le

champ

équivalent dépendent

largement

d.’s traitements

thermiques

et

magnétiques,

il n’est pas

impossible

à

priori

de trouver une matière

qui

obéisse il une

percussion magnétique rapide

beaucoup

mieux que les aciers utilisés dans nos

expé-riences. On

conçoit

tout l’intérêt

qui

s’attache à la recherche d’une semblable matière

qui jouerait

pour le

champ magnétique

le rôle d’un thermomètre à maxima pour les

températures.

Retour sur

l’analyse

des

champs

composants.

-~ Il convient d’insister

sur ce résultat fondamental

qui

semble se

dégager

des faits Le moment

permanent

d’une

éprouvette

est

complètement

déterminé par le

-champ

intérieur H

qu’elle

subit.

Comme

Il est

la résultante de trois

champs

compo-sants :

->-Il’ le

champ

extérieur

appliqué

créé par le courant

rectiligne

-11" le

champ

démagnétisant

provenant

du

magnétisme

libre de

l’éprouvette

Y

/7 le

champ

dù aux courants de Foucault.

Quand

la somme de ces trois

champs reprend

la même

valeur,

on doit retrouver le même

moment,

qui

->-doit varier avec suivant une loi

analogue

à sa varia-tion avec la distance au fil

rectiligne.

Les faits confirment

qualitativement

ce

point

de vue,

en effet :

Quand

l’intensité de la

décharge

devient

plus

+

-faible,

on retrouve la même valeur de H’ et de H à une distance

plus

proche

du fil.

)0

Quand,

la

décharge

restant

constante,

le

coeffi

-cient

démagnétisant

de

l’éprouvette

au-meiite,

H"

aug

-mente et pour retrouver encore la même valeur de

H

il faut se

rapprocher

du fil.

Or voici ce que dit

Savary (p. 29).

« Au lieu des

changements

de

signe qu’offrent

les

aiguilles

minces,

les

aiguilles

moyennes n’offrent

qu’un

minimum en contact avec le fil même et les grosses

aiguilles

un décroissement continu d’intensité à"mesure

qu’elles

s’éloignent

de ce fil.

« Les séries que

présentent

les

aiguilles

moyennes et

les

plus

épaisses

sont celles que l’on obtiendrait avec

les

petites aiguilles

pour des

décharges

de

plus

en

plus

faibles ; pour des

décharges

de

plus

en

plus fortes,

les

aiguilles

épaisses

olfriraiellt elles-mêmes des

chaii-gelnents

de

signe.

»

Rappelons

que nons avons nous mêmes constaté que

le

point

neutre est d’autant

plus

loin du fil que le coef-ficient

démagnétisant

de

l’éprouvette

est

plus

faible.

3"

Quand

la

décharge

reste constante et que

l’éprou-Yette ne varie pas, mais

qu’on

l’enveloppe

de

cylindres

-plus

ou moins

conducteurs,

on diminue Il en

aug-1

- j 1

mentant j

et les moments

parcourent

la courbe

1 ;

4° Une

décharge

d’intensité croissante

parcourant

un solénoïde

communique

successivement aux

aiguil les

les moments de la courbe 1. Tous ces faits semblent

-bien montrer que le

champ

intérieur 11 détermine

corn-plètement

le

phénomène.

2013>-En réalité Il varie durant la

décharge

de même que les

champs

composants

et sa loi de variation est un des facteurs du

phénomène.

Nous ne pousserons donc pas

plus

loin

l’analyse,

mais il était intéressant de

signaler

ce

groupement

de faits.

Conclusion. - Les résultats de cette étude sont les suivants :

i" 0

L’aimantation

d’éprouvettes

d’acier de formes variées

(couronnes, disques,

aiguilles)

par une

décharge

apériodique rapide

de 3.10-e sec

parcourant

un fil

rectiligne, présente

les caractères

généraux

décrits

en 1H2G par

Savary

pour des

décharges

de nature

im-précise.

L’aimantation est inversée dans la

région

avoi-sinant le

fil,

elle s’annule au

point

neutre,

puis

devient normale, passe par un maximum et décroît ensuite.

L’inversion

n’est

donc pas liée ait caractère

périodique

de la

décharge;

‘~~ L’aimantation est

portée

par la même droite que le

champ

et n’admet pas de

composante

trans-versale ;

3° Le rote des courants de Foucault semble

négli-geable

dans les

éprouvettes

en tôle mince ou en

fils;

4° Le

point

neutre est d’autant

plus éloigné

du fil que le coefficient

démagnétisant

de

l’éprouvette

est

plus

faible ;

sa

position

et celle du maximum ne

dé-pendent

pas du nombre de

décharges

pour un

type

donné

d’éprouvettes,

mais l’intensité du maximum croît avec ce

nombre ;

5° Le

champ équivalent

He

à la distance d varie en

général

suivant une loi

complexe qui dépend

de la

na-ture et des traitements

thermiques

ou

magnétiques

de l’acier.

Exceptionnellement

on trouve une valeur constante pour le

produit H,,I.

La valeur maximum 500 observée pour ce

produit

correspond

à une intensité

équivalente

de 3 500

aiiipères,

valeur considérable de même ordre que l’intensité moyenne de 2 050

ampères.

Sans nous hasarder dans une

explication

hâtive avec un aussi

petit

nombre de

faits,

il semble bien que l’in-version ne soit liée

qu’à

la

rapidité

de variation d’un

(9)

subs-460

tance aimantable

qui

obéit

plus

ou moins bien à la

percussion magnétique. L’image

habituelle que l’on se

fait des

ferromagnétiques

conduit en effet au

point

de vue suivant :

Le

problème

de l’aimantation par un

champ

lente-ment variable est le

problème

statique

de

l’équilibre

dans ce

champ

d’un

système

de doublets

placés

aux noeuds d’un réseau : les forces de

rappel

interviennent

seules. Tandis que pour un

champ variant rapidement,

c’est le

problème

dynanlique

des mouvements du même

système,

conduisant,

après

annulation du

champ,

à

un état

d’équilibre qui

définit le moment

permanent.

On comprend

que cet état final

dépende essentiellement

d’une

part

de la loi de variation du

champ,

d’autre

part

de l’inertie des doublets et des forces

visqueuses

qui s’opposent

à leur

déplacement,

toutes

grandeurs

qui

n’interviennent pas dans le

problème statique.

On

conçoit

donc que, pour une loi de

champ

donné,

le résultat final

dépende

essentiellement des

propriétés

de la matière et

spécialement

de sa viscosité

magné-tique.

Les

présentes expériences

montrent ce

qu’il

faut entendre par variation

rapide

ou lente. Il est certain

qu’une

variation durant 10-5 sec doit être considérée

comme

rapide

au

point

de vue de l’aimantation

pernlanente.

L’acier n’atteint pas la valeur

statique

et les doublets

élémentaires,

par

conséquent,

ne suivent pas le

champ.

D’autre

part

des

expériences

d’Arkadiew montrent que la

perméabilité

initiale d’un acier conserve sa

valeur habituelle à des

fréquences

de 106. Il

n’y

a pas

là contradiction car dans ce dernier cas nous sommes

en

régime

permanent,

tandis que dans le nôtre nous sommes en

régime

variable. Or si l’on considère

une excitation

périodique

de

période

T

qui

met en

jeu

les oscillations propres des doublets et une

impulsion

de durée

T’, qui

fait

jouer

les

périodes

du

système

de

doublets,

on

conçoit

que l’ doive être très

supérieur

à

T pour amener à un état final limite

indépendant

de

la durée de l’excitation. La durée de la

décharge

apé-riodique qui

conduirait au moment

permanent

statique

serait donc une constante

intéressante,

qui

rensei-gnerait

sur les oscillations d’ensemble du

système

des doublets. Nous l’aborderons dans une nouvelle série de recherches.

Manuscrit reçu le 15 juillet 1936.

LÉGENDESjDES

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Photographie de l’éclair du tube à néon. Clichés 2, 3, 4, 5, 6. -

Spectres magnétiques de disques aimantés

à diverses distances. Cliché 7. -

Répulsion des lignes de force du disque aimanté à 10 mm (inversé) et de celui aimanté à 80 mm (direct).

Cliché 8. -

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Spectre magnétique après trente décharges

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