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Feuille d’exercices 6

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Academic year: 2022

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Texte intégral

(1)

Universit´e Joseph Fourier

MAT233 Fonction de plusieurs variables 2013-2014

Feuille d’exercices 6

Exercice 1 Pour tout entierd>1 et toutr>0, on d´esigne parBd(r) la boule ouverte de rayonrdansRd centr´ee en 0, d´efinie comme

Bd(r) :={(x1, . . . , xd)|x21+· · ·+x2d< r2}.

1) Montrer que 1lBd(r)∈L1(Rd).

Solution.L’enembleBd(r) est un ouvert born´e dansRd, donc 1lBd(r)est int´egrable.

2) Pour tout ´el´ement P ∈Rd, soit Bd(P, r) l’ensemble {P+Q|Q∈Bd(r)}.

Montrer que 1lBd(P,r)∈L1(Rd) et Z

Rd

1lBd(P,r)(x) dx= Z

Rd

1lBd(r)(x) dx.

Solution. Par d´efinition, on a 1lBd(P,r) = τ−P1lBd(r). D’apr`es un r´esultat de la s´eance 9 du cours, on obtient 1lBd(P,r)∈L1(Rd) ainsi que l’´egalit´e souhait´ee.

3) On d´esigne parVd(r) le volume deBd(r), d´efini comme Vd(r) :=

Z

Rd

1lBd(r)(x) dx.

Montrer queVd(r) =rdVd(1).

Solution.SoitA=rI∈Md×d(R), o`uIest la matrice d’identit´e. On a d´et (A) =rd. En outre, on a 1lBd(r)◦A= 1lBd(1). Donc

Vd(1) = Z

Rd

(1lBd(r)◦A)(x) dx=|d´etA|−1 Z

Rd

1lBd(r)(x) dx=r−dVd(r).

4) En utilisant le th´eor`eme de Fubini, montrer que Vd(1) =

Z 1

−1

Vd−1(p

1−t2) dt Solution.D’apr`es le th´eor`eme de Fubini, on a

Vd(1) = Z

R

Z

Rd−1

1lt2+k~xk2

`261d~xdt= Z

R

Z

Rd−1

1lk~xk

`26

1−t2d~xdt.

Comme

Vd−1(r) = Z

Rd−1

1lk~xk

`26rd~x, on obtient le r´esultat souhait´e.

(2)

5) En effectuant un changement de variables, montrer que Vd(1) =Vd−1(1)

Z π/2

−π/2

cos(θ)ddθ.

Solution.Par le changement de variablet= sinθpourθ∈]−π/2, π/2[, on obtient Vd(1) =

Z π/2

−π/2

Vd−1(cosθ) cosθdθ=Vd−1(1) Z π/2

−π/2

(cosθ)ddθ, o`u la seconde ´egalit´e r´esulte de la question 3)

6) D´eterminer les valeurs deV1(1),V2(1) etV3(1).

Solution.Par d´efinition,

V1(1) = Z 1

−1

1 dt= 2.

D’apr`es la question pr´ec´edente, V2(1) =V1(1)

Z π/2

−π/2

cos(θ)2dθ=V1(1) Z π/2

−π/2

cos(2θ) + 1

2 dθ=π.

V3(1) =V2(1) Z π/2

−π/2

cos(θ)3dθ=π Z 1

−1

(1−t2) dt=4π 3 . Exercice 2 SoitE la fonction d´efinie surRtelle que

E(x) =

(e1/x, x <0, 0, x>0.

1) Montrer que, siP est un polynˆome, alors on a

x→0limP(1/x)E(x) = 0.

Solution.Il suffit de v´erifier que

x→0−lim P(1/x)E(x) = 0.

Par le changement de variablesy=−1/x, cela revient `a la relation

y→+∞lim P(y)

ey = 0, qui est un r´esultat d´emontr´e dans le cours de L1.

2) En d´eduire que la fonctionEest de classeC.

Solution.La restriction de la fonctionEsur l’ouvertR\0 est de classeCcar elle est identiquement nulle sur ]0,+∞[ et s’´ecrit sur ]− ∞,0[ comme la composition

(3)

de deux fonctions de classes C. En outre, pour tout entier n > 0, il existe un polynˆomePn tel que

E(n)(x) =

(Pn(1/x)E(x), x <0,

0, x >0.

On peut montrer ce r´esultat par r´ecurrence surn, et les polynˆomesPn sont donn´es par la formule de r´ecurrence

P0(X) = 1, Pn+1(X) =−X2(Pn0(X) +Pn(X)).

D’apr`es la question pr´ec´edente, on obtient

x→0limE(n)(x) = 0 et lim

x→0 E(n)(x)/x= 0.

Cela montre (par r´ecurrence surn) que E(n) est diff´erentiable en 0 etE(n)0(0) = 0.

Par cons´equent, la fonctionE est de classeC surR.

3) Soienta < bdeux nombres r´eels. Montrer queF(x) =E(a−x)E(x−b) (x∈R) est une fonction de classeC et `a support dans [a, b].

Solution.La fonction E est identiquement nulle sur [0,+∞[. Pour queF(x) soit non-nul, il faut quea−x <0 etx−b <0. Donc

{x|F(x)6= 0} ⊂]a, b[

En outre, pour toutx∈]a, b[, on a effectivementE(a−x)>0 etE(x−b)>0. On obtient donc supp(F) = [a, b].

4) Montrer que la fonctionH :Rd→Rd´efinie comme

H(x1, . . . , xd) =E(x21+· · ·+x2d−1) est de classeC et est `a support compact.

Solution. La fonction H est la composition de deux fonctions E : R → R et (x1, . . . , xd)7→ k(x1, . . . , xd)k2`2 −1 deRd versR, donc est aussi de classe C. En outre, H(~x)6= 0 si et seulement sik~xk2`2 <1. Donc supp(H) =B(0; 1) est born´e.

La fonction est donc `a support compact.

Exercice 3 On d´esigne parCc(R) l’espace vectoriel des fonctions surRqui sont de classeCet `a support compact. Le but de cet exercice est de montrer queCc(R) est dense dansL1(R). On fixe une fonction positiveχ∈Cc(R) telle que

Z

R

χ(x) dx= 1.

1) Pour toutes fonctionsϕ∈Cc(R) etf ∈L1(R), on d´efinitϕ∗f :R→Rtelle que (ϕ∗f)(x) =

Z

R

ϕ(x−y)f(y) dy.

Montrer queϕ∗f est bien d´efinie et est une fonction de classeC. En outre, pour tout entiern>1, on a (ϕ∗f)(n)(n)∗f.

(4)

Solution. Montrons d’abord que ϕ∗f est une fonction continue. Consid´erons la fonction F : R2 →R qui envoie (x, y) en ϕ(x−y)f(y). Pour toutx ∈ R fix´e, la fonctiony7→ϕ(x−y) est continue et `a support compact, donc appartient `aL1(R) et est born´ee. On en d´eduit que la fonctiony7→ϕ(x−y)f(y) est int´egrable. La fonction ϕ∗f est donc bien d´efinie. En outre, pour touty∈Rfix´e, l’applicationx7→F(x, y) est continue, et il existe une constanteC (on peut choisirC= supx∈R|ϕ(x)|) telle que |F(x, y)| 6 C|f(y)| pour tout (x, y) ∈ R2. D’apr`es le th´eor`eme de continuit´e sous signe int´egrale, on obtient que la fonctionϕ∗f est continue.

Commeϕest une fonction de classeC et `a support compact, il en est de mˆeme de toutes ses d´eriv´ees ϕ(n)(n∈N). D’apr`es le raisonnement pr´ec´edent, on r´esulte du th´eor`eme de diff´erentiabilit´e sous signe int´egrale queϕ∗f est n fois d´erivable pour toutn, et que (ϕ∗f)(n)(n)∗f.

2) Montrer que, si ϕ∈Cc(R) et sif ∈L1(R) est `a support compact, alors ϕ∗f ∈ Cc(R).

Solution.D’apr`es la question pr´ec´edente, il suffit de v´erifier que le support deϕ∗f est born´e. SoitD1= [a1, b1] etD2= [a2, b2] deux intervalles ferm´es et born´es dans R tels que supp(ϕ) ⊂ D1 et supp(f) ⊂ D2. On a F(x, y) = 0 si y 6∈ D2 ou si x−y6∈D1. Par cons´equent,F(x, y) est identiquement nulle d`es quex6∈D1+D2= [a1+a2, b1+b2]. Par cons´equent,ϕ∗f est aussi `a support compact.

3) Pour tout entiern>1, soit χn ∈Cc(R) d´efinie commeχn(x) =nχ(nx). Montrer que

Z

R

χn(x) dx= 1

Solution.On effectue un changement de variabley=nxpour obtenir Z

R

χn(x) dx= Z

R

nχ(nx) dx= Z

R

χ(y) dy= 1.

4) Soitf une fonction continue `a support compact surR. Pour tout entier n>1, soit fnn∗f. Montrer que la suite de fonctions (fn)n∈Nconverge uniform´ement vers f, autrement dit,

n→+∞lim sup

x∈R

|fn(x)−f(x)|= 0.

En d´eduire queCc(R) est dense dansCc(R) relativement `a la normek.ksup, d´efinie commekfksup= supx∈R|f(x)|.

Solution.D’abord on a fn(x) =

Z

R

χn(x−y)f(y) dy= Z

R

χn(z)f(x−z) dz,

o`u on a effectu´e un changement de variablesz=x−y. D’apr`es la question pr´ec´edente, on a

fn(x)−f(x) = Z

R

χn(y)(f(x−y)−f(x)) dy.

Soit r > 0 un nombre r´eel tel que supp(χ) ⊂ [−r, r]. Par la d´efinition de χn, on

(5)

obtient queχn(y) = 0 d`es que |y|> r/n. Par cons´equent,

|fn(x)−f(x)|6 Z

R

χn(y)|f(x−y)−f(x)|6 sup

|z−x|6r/n

|f(z)−f(x)|

Z

R

χn(y) dy

= sup

|z−x|6r/n

|f(z)−f(x)|.

Commef est continue et `a support compact, elle est uniform´ement continue, donc

n→+∞lim kfn−fksup6 lim

n→+∞ sup

(x,z)∈R2

|z−x|6r/n

|f(z)−f(x)|= 0.

Enfin, d’apr`es la question 2), chaque fonctionfn appartient `a Cc(R). Le r´esultat est donc d´emontr´e.

5) Soit g une fonction dansL1(R). Pour tout entiern>1, soit gnn∗g. Montrer quegn∈L1(R) et que

n→+∞lim kgn−gkL1= 0.

En d´eduire queCc(R) est dense dansL1(R) pour la semi-normek.kL1.

Solution.La fonction|gn|est continue, donc elle s’ecrit comme une limite croissante de fonctions continues `a support compact. On peut donc calculer

Z

R

|gn(x)|dx= Z

R

Z

R

χn(y)g(x−y) dy

dx6 Z

R

Z

R

χn(y)|g(x−y)|dxdy

= Z

R

χn(y) Z

R

|g(x−y)|dxdy=kgkL1.

On obtient donc gn ∈ L1(R). En outre, comme toute fonction de la forme 1l]a,b]

s’´ecrit comme la limite d’une suite de fonctions dansCc(R), on obtient que l’espace Cc(R) est dense dansL1(R). Pour toutε >0, il existe alors une fonctionh∈Cc(R) telle quekh−gkL16ε. Un calcul direct montre que

n∗g−χn∗hkL16kg−hkL1

Enfin, comme (χn ∗ h)n∈N est `a support uniform´ement born´e et converge uni- form´ement versh(cf. la question 4)), on obtient

n→+∞lim kχn∗h−hkL1 = 0.

Donc

lim sup

n→+∞

n∗g−gkL162ε.

Commeεest arbitraire, on obtient

n→+∞lim kχn∗g−gkL1= 0.

En particulier,Cc(R) est dense dansCc(R) pour la semi-normek.kL1et donc dense dansL1(R).

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